Sahara. Les autorités syriennes confirment la fermeture des locaux du polisario à Damas

Les autorités syriennes ont réaffirmé, par ce geste, leur engagement à respecter la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Royaume, rejetant toute forme de soutien aux entités séparatistes.

Cette démarche témoigne aussi de la ferme volonté de la Syrie de renforcer sa coopération bilatérale avec le Maroc et de promouvoir la stabilité régionale.

La décision du Roi Mohammed VI de rouvrir l’ambassade du Maroc à Damas marque une nouvelle ère dans les relations maroco-syriennes.

La fermeture du bureau du « polisario » en Syrie constitue, elle, une traduction tangible de cet engagement mutuel en faveur de l’intégrité territoriale du Royaume.

La rue qui abritait les anciens locaux du polisario à Damas avec la fermeture.
Le quartier qui abritait les anciens locaux du polisario à Damas avant la fermeture.

Et réouverture de l’ambassade marocaine à Damas

Conformément à la décision du Roi Mohammed VI de rouvrir l’ambassade du Royaume du Maroc à Damas, une mission technique du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger s’est rendue dans la capitale syrienne pour finaliser les modalités pratiques liées à cette réouverture.

Dans ce cadre, la délégation marocaine a engagé des discussions avec de hauts responsables du ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, portant sur les aspects logistiques, juridiques et diplomatiques de cette opération.

Ces entretiens s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des hautes instructions royales visant à renouer les relations diplomatiques entre les deux pays frères.

Il y a lieu de rappeler que le Roi Mohammed VI a annoncé, dans son message au 34ᵉ sommet arabe, tenu le 17 mai à Bagdad, la décision de rouvrir l’ambassade du Royaume du Maroc à Damas, fermée depuis 2012.

Le Souverain avait souligné que cette mesure « contribuera à élargir les perspectives des relations historiques entre les deux pays et les deux peuples frères ».

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2025/05/18/le-maroc-decide-de-rouvrir-son-ambassade-en-syrie/

Le Maroc décide de rouvrir son ambassade en Syrie

Dans une déclaration à la presse en marge de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, le chef de la diplomatie syrienne a qualifié de « très bonnes » les relations entre le Maroc et la Syrie.

« Nous remercions Sa Majesté le Roi et le gouvernement marocain pour l’intérêt accordé au développement de ces relations que nous aspirons à rendre distinguées sur le plan économique et en matière d’investissements dans le monde arabe », a-t-il souligné.

Pour sa part, M. Bourita a réitéré, lors de cette entrevue, la décision du Roi Mohammed VI annoncée dans le discours adressé par le Souverain au 34ᵉ Sommet Arabe, dont les travaux se sont déroulés samedi à Bagdad.

Dans son discours, le Roi a annoncé la décision du Royaume portant sur la réouverture de son ambassade à Damas, fermée en 2012, soulignant que « ce pas permettra d’ouvrir de plus larges perspectives dans les relations historiques entre nos deux pays et nos deux peuples ».

À cette occasion, le Souverain a réaffirmé la position historique immuable du Royaume du Maroc vis-à-vis de la Syrie, exprimée auparavant dans la lettre adressée par le Roi au président Ahmed Acharaa, faisant part du soutien au peuple syrien frère dans sa quête de liberté, de sécurité et de stabilité, ainsi que de l’attachement à la préservation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Syrie.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la décision royale, M. Bourita a fait savoir qu’une délégation technique se rendra la semaine prochaine en Syrie pour faire le point sur les préparatifs liés à l’ouverture de l’ambassade, qui servira de canal de communication et de coordination dans les divers domaines.

M. Al-Chaibani a également annoncé l’envoi d’une équipe technique pour l’ouverture de l’ambassade de Syrie à Rabat.

https://medias24.com/2025/05/17/le-roi-mohammed-vi-adresse-un-discours-au-34%E1%B5%89-sommet-arabe/

À La Mecque, Nasser Bourita s’entretient avec son homologue syrien

Dans une déclaration à la MAP, Nasser Bourita a indiqué avoir affirmé au cours de cette entrevue le soutien du Maroc à l’unité et à la souveraineté nationale de la Syrie, rappelant que le Roi Mohammed VI avait assuré le Président syrien de son appui pour la réalisation des ambitions du peuple syrien.

Le Front de salut national syrien appelle le nouveau régime à reconnaître la marocanité du Sahara

Cet appel a été relayé via un communiqué signé par Fahad Al Masri, président du Front de salut national.

Le front y salue les initiatives prises par le nouveau régime d’Ahmed Charaa pour construire des relations « saines » avec les pays de la région et, au-delà, avec tous les pays.

Dans cet appel, une grande partie a été réservée au Maroc qui a toujours soutenu le peuple syrien et ses aspirations à la démocratie et à la liberté.

« La position honorable du Royaume du Maroc, exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans ses félicitations au Président Al-Sharaa, constitue une nouvelle confirmation de la fermeté des positions politiques et humanitaires du Royaume, qui ont été et sont toujours exprimées dans le soutien et l’accompagnement du peuple syrien, pour réaliser ses aspirations à la liberté, à la paix et à la stabilité, et l’aider à franchir cette étape délicate et décisive, en parfaite harmonie avec sa position de principe, soutenant l’unité nationale et territoriale de la Syrie », écrit Fahad Al Masri dans cet appel.

 

« Nous saisissons cette bonne occasion pour renouveler notre profonde reconnaissance à l’honorable Royaume du Maroc et à son peuple frère, et nous adressons une invitation à M. Ahmed Al-Sharaa en sa qualité de Président de l’État, et à M. Asaad Al-Shaibani en sa qualité de Doyen de la diplomatie syrienne, par gratitude et souci de la fraternité syro-marocaine, à corriger toutes les graves erreurs commises par le régime défunt contre les relations historiques entre la Syrie et le Maroc », poursuit le président du Front de salut national.

Pour Fahad Al Masri, instaurer une nouvelle dynamique entre les deux pays passe d’abord par la reconnaissance de la marocanité du Sahara et par la rupture des relations avec le polisario.

« Nous appelons donc les nouvelles autorités de Damas à prendre l’initiative de rompre les relations avec le front polisario, qui était un proche allié du régime Assad« , écrit Fahad Al Masri.

« Nous appelons également les dirigeants syriens, au vu des réalisations successives dont nous avons été témoins, qui méritent d’être saluées depuis la chute du régime d’Assad, à reconnaître officiellement la pleine souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara, à ouvrir un bureau consulaire dans la ville de Laâyoune, la plus grande ville des provinces du Sahara marocain, et à prendre les mesures nécessaires pour renforcer les relations bilatérales », poursuit-il.

Fahad Al Masri a également appelé les nouveaux dirigeants syriens à bénéficier de l’expertise et de l’expérience marocaines dans la reconstruction des institutions et des appareils de l’État civil et militaire syrien, ainsi que des capacités du secteur privé marocain dans le processus de reconstruction et de relance de l’économie syrienne.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2025/02/04/le-roi-mohammed-vi-felicite-ahmed-al-charaa-a-loccasion-de-son-accession-a-la-presidence-de-la-syrie/

Le Roi Mohammed VI félicite Ahmed Al-Charaa à l’occasion de son accession à la présidence de la Syrie

Dans ce message, le Souverain exprime ses félicitations et son appréciation à Ahmed Al-Charaa à la suite de son accession à la magistrature suprême de la République arabe syrienne durant la période de transition, implorant le Tout-Puissant de lui accorder succès et réussite dans l’exercice de ses hautes fonctions et de ses lourdes missions.

Le Roi saisit cette occasion pour réaffirmer la position du Maroc qui a, de tout temps, été celle de soutenir le peuple syrien frère pour réaliser ses aspirations à la liberté, à la quiétude et à la stabilité. Une position constante qui incite, aujourd’hui comme hier, le Royaume à se tenir aux côtés du peuple syrien alors qu’il traverse une étape délicate et décisive de son histoire, et ce, en parfaite harmonie avec sa position de principe en faveur de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de la Syrie.

Tout en réitérant ses félicitations à Ahmed Al-Charaa, le Souverain prie le Très-Haut que son accession à la présidence de la Syrie puisse contribuer à consolider la paix et à jeter les bases de la stabilité et de la sécurité du pays, de sorte à répondre aux aspirations du peuple syrien frère, toutes composantes et toutes communautés confondues, à la sécurité, au développement et à la prospérité.

Quelques centaines d’ex-jihadistes marocains bloqués en Syrie et en Turquie dans l’attente d’un éventuel retour (experts)

Quel sort le Maroc doit-il réserver à ses centaines de ressortissants partis combattre en Syrie et ayant acquis des compétences en guérilla urbaine et en fabrication d’explosifs après le début de la révolution de 2011 ? Une question plus que d’actualité, sachant que leur retour sans contrôle préalable ou suivi pourrait constituer un défi sécuritaire majeur pour le Royaume.

Des réponses au cas par cas 

Invité à livrer sa lecture, une source de premier plan, spécialiste marocain des flux migratoires des terroristes, nous révèle que les réponses qui devront se faire « au cas par cas » sont actuellement à l’étude par une commission parlementaire dédiée à cette problématique.

« Que ce soit en Syrie ou en Turquie, nos concitoyens emprisonnés ou libres ainsi que leurs enfants nés sur place font actuellement l’objet d’un recensement », déclare notre source en ajoutant que cette démarche a été également initiée par plusieurs autres pays voulant établir les responsabilités de leurs ressortissants.

« Ce sera à la justice de déterminer lesquels seront poursuivis »

Tout en refusant de se substituer à la justice en se prononçant sur la dangerosité de ces anciens combattants marocains en cas de retour dans leur patrie d’origine, le responsable estime que ceux qui sont suspectés d’avoir du sang sur les mains devront répondre de leurs actes.

Et d’ajouter qu’après la période de recensement des individus impliqués dans des activités illégales, une enquête sera ouverte par la justice marocaine pour collecter auprès de plusieurs services de sécurité, y compris étrangers, des éléments biographiques sur chaque combattant.

L’occasion de rappeler que le Maroc, en étroite coordination avec les États-Unis, dont il est un partenaire essentiel au sein de la Coalition mondiale contre Daech, avait déjà rapatrié de Syrie, en mars 2019, huit jihadistes marocains qui avaient été ensuite jugés avec fermeté.

Sur le temps qu’il faudra pour enquêter, rapatrier et juger l’ensemble des nationaux impliqués dans des actes terroristes, notre source conclut en avançant que les investigations internationales ne pourront pas se faire du jour au lendemain et que la balle est donc dans le camp de la justice.

« Un emprisonnement moyen compris entre 6 et 8 ans »

De son côté, l’ancien salafiste Mohamed Rafiki, condamné en 2003 à 30 ans de prison pour activités terroristes puis gracié en 2012, estime également que la résolution de la problématique du retour des combattants prendra le temps nécessaire pour éliminer tout risque de violences au Maroc.

« Le Maroc a longtemps éludé ce sujet en laissant chaque combattant rentrer au pays avant d’être poursuivi et condamné à une peine moyenne comprise entre 6 et 8 ans de prison », affirme le surnommé Abou Hafs en rappelant la déclaration du directeur général du BCIJ qui avait révélé que, jusqu’en 2022, 137 combattants, 99 femmes et 82 mineurs avaient pu être rapatriés.

Et de rappeler que, faute de chiffres officiels, on estime à un total de 1.662 le nombre de Marocains qui ont rejoint depuis 2011 les groupes combattants extrémistes en Syrie et en Irak.

Une procédure de retour encadrée par un examen minutieux de chaque parcours

Si la plupart des familles de ces combattants ont été, après un interrogatoire serré, autorisées à rentrer au Maroc sans être inquiétées, il n’en est pas de même pour ceux suspectés de terrorisme.

Leur retour est en effet encadré par une procédure particulière qui passe par « un criblage préalable » de leur parcours de radicalisation par des enquêteurs de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) avant d’être déférés devant le procureur en charge des affaires terroristes auprès de la Cour d’appel de Rabat (Annexe de Salé).

Selon Abou Hafs, les services de sécurité marocains sont largement en mesure de retracer l’historique criminel de chaque combattant et de déterminer s’il représente un danger pour le pays.

« Une classification s’impose avant toute décision de rapatriement »

Interrogé à son tour sur leur niveau de dangerosité pour le Maroc, l’ancien salafiste se dit incapable de le déterminer sachant qu’il y a plusieurs catégories de Marocains qui sont partis en Syrie.

« Si certains n’ont jamais eu de visées terroristes et ont même fini par s’enfuir dès la première année de leur arrivée en Syrie, il est vrai que d’autres ont participé activement à des activités condamnables », estime le chercheur en sciences islamiques pour qui l’État marocain doit mettre en place une classification de chaque individu ayant migré en Syrie.

La solution consiste à faire en sorte qu’après la période actuelle de rapprochement diplomatique avec le nouveau régime syrien, les autorités marocaines essayent d’obtenir des informations sur chaque Marocain qui a contribué à la victoire de la rébellion islamiste.

« Des dizaines d’éléments sont dangereux car toujours imprégnés de l’idéologie extrémiste »

Face à la menace potentielle que quelques dizaines d’entre eux font peser sur la stabilité de leur pays d’origine, l’ancien salafiste estime que le Maroc ne pourra pas faire l’économie de recherches approfondies sur les profils les plus dangereux afin d’éviter une importation de leurs idées.

Et de rappeler que ces derniers ont acquis des compétences opérationnelles dangereuses, mais qu’en plus, certains d’entre eux ont occupé des postes importants au sein de l’organigramme criminel et mortifère de Daesh qui représente un vrai danger pour un pays comme le Maroc.

Selon Hassan Kettani, installé en Syrie et proche de mouvances jihadistes, plusieurs Marocains ex-combattants assument désormais des responsabilités dans la nouvelle direction du pays (tweet ci-dessous).

 

 

« L’avènement d’un régime syrien proche du Maroc pourrait accélérer leur retour »

Sur le délai nécessaire pour régler définitivement cette problématique, Mohamed Rafiki tient à rappeler que si ce sujet traîne, à juste raison, depuis plusieurs années, l’arrivée d’un gouvernement proche du Maroc devrait certainement accélérer sa résolution avec une nouvelle approche de travail basée sur l’échange d’informations relatives aux cas litigieux.

Suivant l’actualité syrienne de très près, l’ancien activiste salafiste avance qu’une partie des combattants ne rentreront plus au Maroc en rappelant plusieurs déclarations des nouveaux responsables qui n’excluent pas de les naturaliser pour services rendus au nouveau régime. Un problème en moins pour le Royaume.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2014/08/25/ahmed-chaara-itineraire-dun-jihadiste-de-nouveau-en-prison-au-maroc/

Nasser Bourita : « Le Maroc soutient toute solution politique conforme aux aspirations du peuple syrien »

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 9 décembre en marge de ses entretiens avec 𝐑𝐚𝐢𝐥𝐚 𝐀𝐦𝐨𝐥𝐨 𝐎𝐝𝐢𝐧𝐠𝐚, candidat au poste de président de la Commission de l’Union africaine, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé que « le Royaume du Maroc suit attentivement les récents développements en Syrie« . « Le Royaume, sous les directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a toujours adopté une position claire : celle de la préservation de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale et de l’unité du peuple syrien« , a-t-il déclaré.

Nasser Bourita a également exprimé l’espoir du Maroc de voir ces évolutions récentes contribuer à « instaurer une stabilité durable pour le peuple syrien, répondre à ses aspirations légitimes et ouvrir la voie à un avenir meilleur ».

Le ministre a rappelé que le Maroc avait fermé son ambassade en Syrie en 2012, et avait demandé à la Syrie de faire de même pour son ambassade au Maroc.

Et de conclure :  » Tout en réaffirmant son attachement à la souveraineté de la Syrie sur son territoire et en rejetant toute ingérence dans ses affaires intérieures, le Maroc soutient toute solution politique qui garantirait les droits du peuple syrien ».