Mondial 2026. Maroc-Tanzanie, les clés du match et d’une 3ᵉ qualification consécutive

Le Maroc et la Tanzanie ne se quittent plus. La 6ᵉ journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 sera la troisième confrontation entre ces deux nations lors des deux dernières années. Ce mardi 25 mars au stade d’honneur à Oujda, les Lions de l’Atlas visent une troisième victoire consécutive face aux Taifa Stars.

L’occasion également d’étirer leur impressionnante série de neuf victoires d’affilée et d’asseoir leur domination dans le groupe E des éliminatoires. Stratégiquement, ce rendez-vous est une nouvelle opportunité pour les hommes de Walid Regragui d’aiguiser leurs armes face à un assez solide bloc défensif. Une configuration défensive contre laquelle les coéquipiers de Brahim Diaz peinent parfois.

Suspendu pour une accumulation de cartons jaunes, Achraf Hakimi n’a cependant pas sauté dans le premier avion à destination de Paris. Le capitaine de l’équipe nationale avait à cœur de soutenir ses coéquipiers et il prendra donc place en tribune. Une nouvelle manifestation du leadership positif dont fait preuve le latéral marocain.

Son absence permettra à Noussair Mazraoui de retrouver son poste de prédilection sur le flanc droit de la défense du Onze national et ouvrira certainement la voie à une titularisation de Youssef Belaamri sur le côté gauche. À moins que Walid Regragui ne décide de lancer Omar El Hilali. Auquel cas, N. Mazraoui, auteur de sa première passe décisive en équipe nationale, le soir de sa 32e sélection face au Niger, devra prendre son mal en patience au poste d’arrière gauche.

Totalement absent des débats vendredi dernier, Azzedine Ounahi risque de prendre place sur le banc au profit d’un milieu de terrain en plus grande forme, à l’instar d’Ismaël Saibari, mais encore de Bilal El Khannouss. Ce serait une belle récompense pour ce dernier, après avoir offert la victoire aux Lions de l’Atlas dans les arrêts de jeu du dernier match.

Devant, même s’il s’est démené pendant l’heure de jeu qu’il a passée sur le terrain face au Niger, Soufiane Rahimi risque de faire banquette pour cette fois au profit d’un profil plus à l’aise dans les un contre un. En ce sens, Abdessamad Ezzalzouli a une belle carte à jouer. Malgré un début d’année en dents de scie, la capacité d’élimination du Sévillan sera utile dans l’optique de déstabiliser la défense des Tanzaniens.

Tanzanie, un collectif limité techniquement

Le succès glané au match aller (0-2) à Dar Es-Salaam, ainsi que la victoire (3-0) lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations, ont mis en relief les ingrédients à mettre en œuvre pour s’assurer les trois points. Avoir des joueurs dotés d’une importante capacité d’élimination en est un. Après deux victoires en trois matchs (contre une défaite), la Tanzanie occupe la dernière marche du podium dans ce groupe E. Le pays d’Afrique de l’Est ne partira sûrement pas à l’abordage, afin de maintenir ses espoirs de qualification pour les barrages.

Car si le premier de chaque groupe valide directement son billet pour la Coupe du monde 2026, les quatre meilleurs deuxièmes s’affrontent lors d’un second tour chaud bouillant, répartis en deux demi-finales (sur un match chacune), puis une finale (sur un match également). Le vainqueur final de ce deuxième tour participera au tournoi de barrage de la FIFA.

« Chaque Tanzanien, chaque enfant qui tape dans un ballon, rêve de jouer en Coupe du monde. C’est un espoir que nous portons en nous et qui pourrait bouleverser l’histoire du football tanzanien », a assuré Hemed Suleiman dans un entretien accordé à la FIFA. Suleiman a pris la relève d’Adel Amrouche, limogé par la sélection tanzanienne après la défaite face au Maroc lors de la CAN 2023 (0-3). Il avait laissé entendre que le Maroc choisissait ses arbitres, ce qui lui avait valu huit matchs de suspension par la Confédération africaine de football (CAF).

Depuis, Hemed Suleiman reste sur un bilan positif de 3 victoires, 2 nuls et une défaite, en s’appuyant sur un noyau de joueurs locaux, soutenus par des attaquants qui ont exporté leur talent. Notamment au Maroc, comme Selemani Mwalimu qui porte les couleurs du WAC, dans la lignée de son coéquipier Simon Msuva (2020-2021), est passé également par le Difâa El Jadida (2018-2020). 

Le technicien tanzanien a réussi à créer un collectif qui brille plus par sa hargne et son état d’esprit que par sa qualité technique. L’animation offensive du système de jeu en 1-4-2-3-1 se heurte aux limites techniques de joueurs qui ratent une passe sur deux dans les 30 mètres adverses.

Des trous béants dans la défense tanzanienne

Pour les Marocains, il faudra bien évidemment faire attention à la vitesse des attaquants de couloir des Taifa Stars et être vigilants sur les coups de pied arrêtés. Cela dit, les Lions de l’Atlas seront à l’offensive la plupart du temps. Au-delà d’un niveau élevé de concentration et d’intensité à l’entame des deux mi-temps, qui ont failli coûter la victoire aux Marocains, le vendredi 21 mars contre le Niger, le staff de l’équipe nationale aura sans doute souligné auprès des joueurs l’importance de tenter leur chance de loin.

C’est ainsi que Hakim Ziyech a ouvert le score lors du match aller à Dar Es-Salaam et que Nayef Aguerd a failli le faire, vendredi dernier, contre le Niger. Une équipe dont l’animation défensive est certes bien plus performante que celle de la Tanzanie, mais qui présente certaines similitudes, que ce soit au niveau de la hauteur de la ligne défensive, mais aussi au vu de l’espace laissé à l’abord de la surface de réparation.

 

Même en supériorité numérique, la défense tanzanienne laisse des espaces aux abords de la surface de réparation.

Des espaces qui sont également exploitables dans deux autres zones du terrain. D’abord, entre le latéral et son défenseur central les plus proches. Une zone intermédiaire (half-space) où les milieux de terrain marocains auront la possibilité de s’engouffrer avant de trouver un de leurs coéquipiers, de préférence grâce à des centres en retrait.

 

Aspiré par l’appel de l’attaquant adverse, le latéral laisse un espace libre dans son dos.

Sinon, il faudra viser le second poteau, dans le dos des arrières, à l’instar des deux buts inscrits face au Niger. Toutefois, il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète si les Lions de l’Atlas ne rehaussent pas leur niveau technique afin d’assurer des transmissions justes dans le camp adverse.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les Marocains ont été plus dangereux en seconde mi-temps vendredi dernier, puisque leur pourcentage de passes réussies dans le dernier tiers du terrain est passé de 78 à 89 % au retour des vestiaires.

Maroc-Tanzanie : à quelle heure et sur quelles chaînes

Cette rencontre sera diffusée à partir de 21 h 30 sur Arryadia Live HD, Al Aoula HD et SSC Extra 1 HD.

Les Lions de l’Atlas étaient difficilement venus à bout du Niger vendredi dernier sur le score de 2-1 grâce à un but salvateur inscrit par Bilal El Khannous à la 92ᵉ minute.

Après 4 matchs, la sélection nationale occupe la tête du groupe E avec 12 points et pourrait déjà avoir un premier pied dans la prochaine Coupe du monde en s’imposant ce soir contre la Tanzanie.

Éliminatoires Mondial 2026. Regragui dévoile sa liste, nouveaux visages en attaque

Pour cette première fenêtre internationale de l’année, Walid Regragui n’a pas tout chamboulé. Afin d’affronter le Niger et la Tanzanie, le vendredi 21 et le mardi 25 mars pour le compte des 5ᵉ et 6ᵉ journées des éliminatoires du Mondial 2026, à Oujda, le sélectionneur national a dévoilé une liste de 26 joueurs. 

Dans sa liste, Walid Regragui a conservé une ossature qui a pris forme lors d’une année 2024 convaincante, malgré l’élimination à la CAN 2023. Mais il semble vouloir profiter du premier des quatre rassemblements avant la CAN 2025 au Maroc pour donner leur chance à de nouvelles têtes. « À chaque fois qu’on prend des nouveaux joueurs, c’est soit pour évaluer leurs performances ou bien leur intégration dans le groupe », a affirmé le sélectionneur national à l’occasion de la conférence de presse qui s’est tenue ce vendredi 14 mars au complexe Mohammed VI à Salé.  

À commencer par le secteur offensif, où Hamza Igamane, Bilal Nadir, Omar El Hilali et Chemsdine Talbi ont été convoqués pour la première fois de leur jeune carrière. Au-delà de ses performances avec les Glasgow Rangers, la blessure d’Ayoub El Kaâbi a certainement pesé dans la décision du sélectionneur d’appeler le premier nommé. 

« Ayoub El Kaâbi est blessé. Il a fait un test avec son équipe, mais il ressent encore une gêne et il en a pour dix jours d’absence. Sans blessure, il aurait été avec nous », a assuré Walid Regragui. En attendant son retour, Hamza Igamane a une belle carte à jouer. D’autant qu’il a montré des qualités de finition, de déplacement et de combinaison dans les petits espaces de très haut niveau. 

Le Marseillais Bilal Nadir, qui prend de plus en plus de place au sein de l’effectif pléthorique de l’Olympique de Marseille, devra lui aussi saisir sa chance. « Bilal Nadir présente un profil différent. C’est un joueur qui a du temps de jeu au sein d’un club où il y a d’excellents joueurs », affirme le sélectionneur national.  

Ziyech victime du temps de jeu

Aux antipodes de Hakim Ziyech qui ne voit toujours pas son temps de jeu décoller malgré le fait qu’il ait fait le choix de rallier un championnat moins compétitif. « J’ai fait le déplacement au Qatar pour voir le match de Hakim et Romain. Romain s’est blessé », a, dans un premier temps, révélé Walid Regragui. 

« Hakim est un grand joueur qui a beaucoup donné à l’équipe nationale. Il est important pour nous, mais il faut qu’il revienne à sa forme, car c’est un joueur de talent et il pourra nous aider. Mais pas avant qu’il ne soit au top de sa forme ». Une incertitude qui ne semble pas concerner l’arrière-garde de l’équipe nationale. 

Le retour d’El Yamiq

« Le défenseur n’est pas un problème urgent. Nous avons une arrière-garde solide », a précisé le sélectionneur à propos d’un secteur de jeu qui enregistre le retour de Jaouad El Yamiq. En somme, Walid Regragui s’est montré rassurant à huit mois du début de la CAN 2025.

« Nous avons encore huit mois pour être prêts. Sur le plan offensif, il y a une nette progression. On a du travail dans les transitions et dans l’animation face à des blocs bas. Il faut plus d’intensité et de rythme en possession du ballon. Mais pour l’instant, “notre objectif est de se qualifier le plus rapidement possible à la Coupe du monde 2026”, a-t-il conclu.

Voici la liste des 26 joueurs convoqués :

Gardiens : Munir El Kajoui, Yassine Bounou, Mehdi Benabid ;

Défenseurs : Achraf Hakimi, Noussir Mazraoui, Abdel Abqar, Jamal Harkass, Nayef Aguerd, Jawad El Yamiq, Omar El Hilali, Adam Aznou ;

Domaines : Bilal El Khannous, Ismail Saibari, Sofyan Amrabat, Oussama Targhaline, Azzedine Ounahi, Bilal Nadir ;

Avec : Brahim Diaz, Chams Eddine Talbi, Hamza Igamane, Soufiane Rahimi, Youssef En-Nesyri, Abdessamad Ezzalzouli, Eliesse Ben Seghir, Oussame Sahraoui, Amine Adli.

CAN 2023. Voici comment le Maroc a vaincu la Tanzanie (analyse)

Le succès du Maroc face à la Tanzanie (3-0) dans le groupe F de la Coupe d’Afrique des nations, le mercredi 17 janvier, a été bâti sur des schémas de jeu exploitant la faiblesse des Tanzaniens en matière de placement et d’utilisation du ballon. Des lacunes identifiées par le staff de l’équipe nationale lors de la victoire à Dar es-Salaam, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

Deux mois plus tard, Walid Regragui a encore une fois mis en place des stratégies ayant plusieurs avantages : 

– des appels en profondeur pour attaquer l’espace dans le dos des défenseurs et faire reculer le bloc de la Tanzanie ;

– des combinaisons à trois sur le côté droit, qui a été l’épicentre des attaques marocaines;

– éviter de perdre le ballon dans des zones dangereuses et annihiler toute possibilité de contre-attaque adverse.

Une tactique aux résultats probants, rendue possible grâce notamment aux prestations majuscules des joueurs de couloir marocains. Sans oublier la participation énergique des milieux de terrain sur les plans offensif et défensif. Explications. 

Des appels coordonnés pour aspirer les pistons adverses 

Déployée dans un système en 4-3-3 qui se déformait au gré des mouvements des joueurs qui le composait, l’équipe nationale n’a pas tergiversé avant d’appliquer le plan de jeu mis en place par Walid Regragui. Celui-ci consistait à s’engouffrer dans les espaces abandonnés sur les côtés par les pistons aux deux extrémités de la ligne défensive à 5, instaurée par le technicien algérien de la Tanzanie, Adel Amrouch. 

Néanmoins, pour attaquer ces espaces, encore faut-il les créer dans une arrière-garde tanzanienne réputée camper devant ses propres cages. La solution est née des déplacements coordonnés des ailiers, milieux relayeurs et attaquants marocains, avec pour premiers relanceurs, les défenseurs centraux, Nayef Aguerd et Romain Saïss. 

Comme l’illustre l’image ci-dessous, sur la première action du match, intervenue au bout de 30 secondes de jeu, Azzedine Ounahi a aspiré le défenseur axial droit des Taifa Stars. Hakim Ziyech a fait un appel de l’extérieur vers l’intérieur pour attirer le piston droit. Le temps que ce dernier se rende compte de l’espace qui s’était créé dans son dos et lâche le marquage du gaucher marocain, Achraf Hakimi avait d’ores et déjà appelé le ballon en profondeur. 

Azzedine Ounahi a aspiré le défenseur axial droit des Taifa Stars. Hakim Ziyech a fait un appel de l’extérieur vers l’intérieur pour attirer le piston droit. Achraf Hakimi a avalé l’espace créé.

Hakimi, Ounahi et Ziyech à la manœuvre 

Ce schéma offensif est communément appelé « le coup du tiroir », dans le jargon du ballon rond. Une sorte de transition artificielle, puisqu’elle est créée par les mouvements des joueurs en possession du ballon, et non par le positionnement haut des adversaires dans le camp marocain. 

Cependant, cette ruse a été facilitée par la hauteur médiane du bloc défensif de la Tanzanie et fut notamment à l’origine du troisième but marocain. Bien que la capacité d’Achraf Hakimi à avaler les espaces a fait pencher la balance des attaques du Maroc sur l’aile droite, Abdessamad Ezzalzouli a lui aussi été servi à plusieurs reprises en profondeur. 

Sauf qu’à l’inverse du flanc droit, le Sévillan s’est retrouvé systématiquement en un contre un. Tout simplement car la défense des Taifa Stars a pris le parti d’apporter une supériorité numérique sur le côté droit de sa défense, en vue de contenir l’influence du trio composé de Azzedine Ounahi, Hakim Ziyech et Achraf Hakimi. 

Même si au bout du compte, les hommes de Adel Amrouch ont échoué dans les deux cas. Et pour cause, au fil du temps, la défense tanzanienne a reculé d’une dizaine de mètres pour réduire l’apport du latéral du PSG. Dès lors, le Maroc a usé d’un deuxième schéma de jeu, reposant sur des combinaisons en triangle entre Hakimi, Ziyech et Ounahi. 

L’objectif était de trouver une fenêtre de centre vers la surface de réparation. À l’instar d’un quarterback de football américain, l’ailier gaucher de Galatasaray a souvent eu la responsabilité d’alerter ses coéquipiers dans la surface de réparation adverse, où ils étaient en nombre. Youssef En-Nesyri a eu quelques opportunités à travers cette séquence de jeu, mais il a manqué globalement de réalisme, jusqu’à son but de la 80’. 

Hakim Ziyech alerte les Marocains en nombre dans la surface de réparation adverse.

La Tanzanie ne s’est procurée aucune contre-attaque 

La volonté du sélectionneur national de voir ses joueurs progresser dans le camp adverse sans passer par le milieu de terrain, à travers du jeu court, a non seulement mis la pression et fait reculer la défense adverse, mais elle a eu également pour vertu de ne pas accorder des munitions aux attaquants tanzaniens en phase de transition. 

Pari réussi, puisque les adversaires n’ont pas pu cadrer leurs deux tentatives, et n’ont eu aucune contre-attaque à se mettre sous la dent. Asymétrique, car il penchait clairement côté droit, le bloc marocain était équilibré à chaque perte de ballon.

Vous l’aurez sans doute remarqué, l’apport offensif de Mohamed Chibi et Selim Amallah a été quasiment nul, en raison de leur prudence, cherchant toujours à se positionner derrière le ballon pour avoir la possibilité d’enrayer les transitions offensives adverses. La façon de presser a également été déterminante. 

La consigne était d’enclencher le pressing à partir de la ligne médiane. Ici Selim Amallah et Youssef En-Neysiri attendent que le ballon arrive au milieu de terrain Tanzanien pour le presser.

Lors du premier quart d’heure, le Maroc a cherché l’adversaire assez haut. Ne réussissant pas à ouvrir le score, en dépit de nombreuses opportunités, le bloc défensif de l’équipe nationale a reculé d’une vingtaine de mètres. Dès lors, la consigne était d’enclencher le pressing à partir de la ligne médiane. 

Une tactique payante, car elle a privé d’espace les Tanzaniens en profondeur. Le Maroc a justement récupéré la majorité de ses ballons au niveau de la ligne médiane.

Il convient toutefois de noter que cette manœuvre a un inconvénient qui pourrait avoir de lourdes conséquences face à des adversaires mieux armés techniquement et tactiquement. À savoir, une possession du ballon partagée qui augmente le risque de se mettre en danger.

En effet, quoi qu’on en dise, la meilleure défense reste l’attaque. Et quoi de mieux que de confisquer le ballon pour ne pas offrir d’occasions à l’adversaire ? En plus de l’efficacité devant le but, augmenter le temps de jeu avec ballon est un axe de progression majeure avant d’affronter la République démocratique du Congo, le dimanche 21 janvier (15 h), lors de la deuxième journée du groupe F. 

CAN 2023. Walid Regragui : « On a fait le plus dur en ouvrant le score »

L’équipe nationale a idéalement lancé son aventure à la Coupe d’Afrique des nations 2023, en s’imposant (3-0) face à une faible équipe de la Tanzanie, en ouverture du groupe F. En conférence de presse d’après-match, Walid Regragui, le sélectionneur national, a logiquement affiché sa satisfaction. 

« Les premiers matchs sont toujours difficiles. Celui-ci n’a pas été facile non plus en raison de l’humidité », a-t-il avancé, avant d’ajouter : « On a su respecter cette équipe de Tanzanie. L’état d’esprit de l’équipe était bon. » En atteste le calme et la sérénité dégagés par le Onze national, en dépit de la multiplication des occasions manquées. 

« On voulait marquer rapidement. On a eu des occasions, mais le but est finalement arrivé sur un coup de pied arrêté. On a fait le plus dur en ouvrant le score« , indique M. Regragui. « A certains moments en seconde période », reprend-il, « on a accepté de ne pas avoir le ballon. Et on a bien géré. Comme une grande équipe. »

Tout au long de sa carrière de joueur et d’entraîneur, Walid Regragui a fait preuve de solides capacités d’analyse et d’adaptation. C’est donc une aubaine que l’équipe nationale soit l’une des dernières nations à entrer en lice dans cette compétition.  « Le fait de jouer les derniers nous a permis de voir les matchs des autres équipes et surtout de ne pas faire les mêmes erreurs. On a remarqué que la plupart des équipes ont baissé le pied physiquement en seconde période. On a travaillé sur ça pour garder la fraîcheur et la bonne condition physique« , a-t-il révélé. 

Je pense que nous sommes prêts à aller le plus loin possible 

Justement, cette dimension physique a permis à l’équipe nationale d’accentuer son avance en seconde mi-temps. Azzedine Ounahi a eu du déchet technique, mais il a été omniprésent, en offrant toujours une solution à ses partenaires. L’homme du match a d’ailleurs tenu à saluer la performance collective de son équipe. « C’était important de bien débuter. Je suis content de ma performance personnelle et de celle de l’équipe. Nous travaillons durement. Je pense que nous sommes prêts à aller le plus loin possible », a-t-il estimé.

Le Marseillais a également pris le temps de rassurer les supporters sur son état de forme : « Je n’étais pas à 100% avec mon club ces dernières semaines à cause de ma blessure au dos. Aujourd’hui, je me sens bien. Je dois continuer à travailler pour retrouver mon meilleur niveau. » En ce sens, il a souligné le travail du coach et du préparateur physique pour garder les joueurs en forme, en dépit du climat humide et chaud. « Nous avons deux ou trois jours de récupération et souhaitons être en bonne forme pour le prochain match », s’est-il projeté. 

Ce sera le dimanche 21 janvier à 15h, face à la R.D. du Congo. Quelques heures avant la deuxième rencontre du groupe F entre la Zambie et la Tanzanie. Le sélectionneur des Taifas Stars, Adel Amrouche, a admis après la défaite contre le Maroc que son plan était tombé à l’eau. « Notre plan de jeu a échoué. On ne s’attendait pas à ce scénario, mais je félicite l’équipe du Maroc pour son bon match et leur résultat. La qualité de leurs joueurs a fait la différence et ils méritent de gagner », a-t-il concédé. 

Et de conclure : « J’essaie de rester optimiste. Nous allons corriger nos erreurs et nous concentrer sur les prochaines échéances. Ce ne sera pas facile mais on a encore toutes nos chances. »

CAN 2023. Le Maroc surclasse la Tanzanie et prend une option pour les huitièmes (3-0)

A défaut de briller, le Maroc a assuré l’essentiel ce mercredi 17 janvier, lors de son match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations 2023, après avoir battu une équipe de la Tanzanie d’une faiblesse abyssale. En attendant le résultat de la rencontre entre la R.D. Congo et la Zambie (21h), les Lions de l’Atlas prennent les commandes du groupe F, grâce en première période à une réalisation du capitaine Romain Saïss, qui a repris un ballon repoussée par Aishi Manula, le gardien de la Tanzanie, suite à un tir vicieux sur coup franc de Hakim Ziyech très remuant (31’).

En seconde période, Azzedine Ounahi a conclu plein axe, une sublime combinaison lancée sur le côté gauche, sur un service de Ziyech, encore lui (77’). Trois minutes plus tard, Youssef En-Neysiri a réglé la mire pour clore la marque en étant à la réception dun centre au cordeau dAchraf Hakimi (80’). Son cinquième but en quatre éditions de la CAN.

Globalement, l’équipe nationale a maîtrisé son sujet lors d’une rencontre hachée et truffée de fautes (25). Discipliné et sérieux dans son expression défensive, le Maroc n’a laissé aucune chance aux Taifa Stars qui n’ont cadré aucun tir en plus de 90’. Le changement tactique de l’entraîneur de la Tanzanie, Adel Amrouche, avant la mi-temps (38’) pour passer d’une organisation en 5-4-1 à un système en 4-2-3-1, n’a pas eu l’effet escompté.

A la domination territoriale du Onze national s’est ajouté un ascendant technique et numérique, avec l’exclusion méritée (70’) de Novatus Miroshi, jusque-là l’un des meilleurs joueurs de la Tanzanie. Ainsi, les hommes du technicien algérien Amrouche auront souffert de la comparaison sur plusieurs plans. Même physiquement, les Taifa Stars ont paru en dessous des Lions de l’Atlas.

Une entame énergique 

Comme on pouvait s’y attendre, dès l’entame du match, le Onze national a tenté à plusieurs reprises d’attaquer la défense de la Tanzanie dans la profondeur. Une stratégie grâce à laquelle les protégés de Walid Regragui ont failli prendre l’avantage sur une belle remise de la tête de Abdessamad Ezzalzouli pour Youssef En-Neysiri. Mais le Sévillan a raté sa reprise du gauche (10’).

Dans un souci de préserver une condition physique mise à mal par les conditions climatiques et un taux d’humidité élevé, les Lions de l’Atlas ont réduit la voilure jusqu’à la demi-heure de jeu. Moment choisi par les Marocains pour enchaîner les combinaisons et accentuer leur pression sur la défense adverse. 

Une pression qui avait pour centre de gravité le côté gauche, dont la dynamique positive a été maintenue tout au long de la rencontre par Hakim Ziyech et Achraf Hakimi. Il y a eu la tête manquée de Youssef En-Neysiri (33’) ou encore la reprise manquée du Sévillan sur un centre millimétré de Hakim Ziyech (50’).

Le pensionnaire du championnat turc a eu l’occasion d’ouvrir son compteur de buts à plusieurs reprises mais a péché dans le dernier geste, à l’image de son tir enroulé qui n’était pas assez bien placé pour inquiéter le portier adverse (36’). Intenable à l’opposé, Abdessamad Ezzalzouli a mis au supplice son adversaire direct. Son festival dans la surface de réparation aurait mérité un meilleur sort qu’un tir trop enlevé (38’). 

Tout comme la reprise de Bilal El Khannouss dans la surface de réparation (85’). En tout cas, si le score avait pu être plus sévère, léquipe nationale a rempli son contrat et annonce clairement la couleur, se reposant sur une stabilité défensive indispensable dans ce genre de compétition. Au-delà de la charnière centrale (Aguerd-Saïss) qui a été impériale, Mohamed Chibi, titularisé quasiment au dernier moment, a fait un match tout en sobriété mais plein défensivement. 

Même chose pour Sofyan Amrabat et Selim Amallah dont le bagage tactique a éteint dans l’œuf toutes velléités offensives adverses. Toutefois, on pourrait déplorer un manque de contrôle (52% de possession) sur l’ensemble de la rencontre. Lefficacité des attaquants est aussi à améliorer, puisque les Lions de l’Atlas n’ont cadré que la moitié de leurs tirs (14).

D’autant qu’ils n’auront certainement pas autant d’occasions face à des équipes mieux armées défensivement, à l’instar de la République démocratique du Congo, prochain adversaire du Maroc le dimanche 21 janvier à 15h, et contre lequel il faudra une approche plus chirurgicale dans la surface de réparation.

Walid Regragui : “Nous devons être humbles et laisser de côté l’aventure du Mondial 2022”

Pour le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, les conférences de presse ont toujours été l’occasion d’envoyer des missives en public à ses propres joueurs. Le rendez-vous avec les médias précédant l’entrée en lice du Maroc en Coupe d’Afrique des nations 2023, dans le groupe F, face à la Tanzanie, mercredi 17 décembre, n’a pas dérogé à la règle.

S’il a d’abord confirmé le forfait du latéral Noussair Mazraoui, le technicien marocain a également émis des doutes sur la disponibilité de trois autres joueurs, dont il n’a pas souhaité révéler l’identité.

« Je ne peux pas dévoiler les noms de ces joueurs mais je pense qu’on prendra une décision finale sur leur participation, ce soir », a précisé le sélectionneur. En cas de confirmation, le forfait du capitaine risque de peser car « ce premier match est très important dans cette CAN 2023, où il y a eu beaucoup de surprises », a affirmé M. Regragui.

Important et aussi différent. Car le hasard du calendrier a mis la Tanzanie sur la route du Maroc à deux reprises en l’espace de deux mois. Avant la rencontre de ce mercredi 17 janvier, les Lions de l’Atlas avaient gagné en déplacement à Dar Es Salaam, la capitale tanzanienne (0-2). C’était fin novembre 2023, pour le compte de la première journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

« Le premier match est très important, on a vu beaucoup de surprises lors de cette CAN », a souligné le sélectionneur dans un premier temps. Et d’ajouter : « Je pense que les Tanzaniens s’inspireront des résultats qu’a réalisés le Cap Vert face au Ghana, le Mozambique contre l’Egypte ou la Guinée équatoriale », a-t-il déclaré.

Cela dit, Walid Regragui a assuré que la préparation a été optimale. Notamment au niveau mental. Par crainte que ses joueurs ne tombent dans l’excès de confiance, Coach Regragui n’a pas hésité à répéter devant les caméras ce qu’il a sûrement dit à ses joueurs ces dernières heures. « Nous devons être humbles en affrontant la Tanzanie et surtout laisser de côté l’exploit du Mondial 2022 au Qatar« , a-t-il prévenu. Une ligne de conduite qui trouve son prolongement dans le discours de ses joueurs, à l’image de Amine Harit.

Quelques jours auparavant, le milieu de terrain marocain soulignait au micro de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) que la Coupe du monde « était derrière nous. Elle fait désormais partie du passé. Nous devons penser aux matchs qui arrivent« . Un discours à même de dégonfler les têtes, même si on ne serait pas contre une aventure similaire pendant la CAN 2023. Voire plus.

Maroc-Tanzanie : à quelle heure et sur quelles chaînes

L’équipe marocaine se prépare à ce match avec un effectif au complet, sauf le latéral Noussair Mazraoui, qui se remet d’une blessure au mollet qu’il avait contractée avec son club, le Bayern Munich.

La rencontre sera diffusée sur Al Aoula TNT, Arryadia TNT, Bein Sport HD 1 Max, Bein Sport HD 3 Max, Bein Sport 2 FR et Canal + CAN mercredi 17 janvier à partir de 18h (heure marocaine).

Lors de la deuxième journée, les Lions de l’Atlas affronteront la RD Congo, le dimanche 21 janvier à 15h, avant de croiser le fer avec la Zambie, le mercredi 24 du même mois à 21h.