Paris illégaux : pourquoi la justice astreint les opérateurs télécoms

CAN 2025 : Maroc Telecom sort le grand jeu

À l’heure où la CAN place le Maroc sous les projecteurs africains, l’opérateur télécom déploie une technologie d’envergure, conçue pour offrir une vitrine numérique à la hauteur des attentes internationales. Cette mobilisation s’inscrit dans une logique plus large : participer activement au rayonnement du pays et accompagner son envie d’accueillir des manifestations mondiales dans les meilleures conditions.

Bien avant le coup d’envoi, les équipes de Maroc Telecom se sont engagées de manière méthodique, faisant de cette édition un véritable chantier national. Objectif : garantir une connectivité stable, rapide et sécurisée, capable de soutenir l’afflux de visiteurs, l’intensité médiatique et l’usage massif du digital. Cet engagement s’appuie sur un savoir-faire hérité d’une longue expérience.

Une préparation de grande envergure

Au cœur du process, les stades et leurs environs bénéficient d’un renforcement exceptionnel de la couverture mobile, avec des solutions 4G et 5G optimisées pour le streaming en direct, le partage de contenus ou encore les transactions numériques. Les villes hôtes, les fan zones, les centres médias et les structures d’accueil profitent également d’un réseau fixe et mobile consolidé pour absorber d’importants pics de trafic.

Cette montée en capacité s’étend jusqu’à l’international grâce à l’interconnexion du Maroc sur quatre câbles sous-marins offrant un débit important, diversifié et sécurisé.

Pour les supporters, l’expérience se veut fluide, immersive et sans interruption. Le groupe a ainsi mis à disposition des organisateurs les capacités Internet nécessaires à l’exploitation d’applications officielles, au fonctionnement de plateformes digitales et au Wi-Fi sécurisé dans les zones sensibles (espaces presse, organisations, loges VIP…). En parallèle, les diffuseurs nationaux et internationaux bénéficient de transmissions haut débit garantissant une couverture en direct continue, essentielle à la visibilité mondiale de la compétition.

Paré pour briller

Le rôle de Maroc Telecom dépasse toutefois la seule connectivité. L’entreprise assume aussi une mission stratégique en matière de cybersécurité. Des dispositifs avancés protègent les équipements clés, les plateformes de gestion, la billetterie ou encore les flux médias. Cette vigilance s’appuie sur une coordination étroite avec les autorités et sur une supervision permanente des réseaux.

En mettant ses compétences et technologies à contribution, Maroc Telecom contribue à son échelle à façonner le soft power marocain et envoie un signal fort : celui d’un pays où l’organisation d’événements phares rime avec une infrastructure fiable et moderne. Derrière les exploits sportifs, c’est une démonstration de puissance numérique qui se prépare, portée par un opérateur déterminé à faire de cette Coupe d’Afrique des Nations un épisode historique.

Maroc Telecom. Le passage sous les 100 MMDH de capitalisation est temporaire et purement technique

Maroc Telecom (IAM) est passé sous le seuil symbolique des 100 milliards de DH de capitalisation boursière, pour s’établir autour de 98,4 MMDH. Cette évolution intervient dans une phase où la Bourse de Casablanca connaît une correction générale après plusieurs mois de hausse. Le titre IAM se négocie actuellement autour de 112 DH, affichant malgré tout une progression remarquable de 36,5% depuis le début de l’année.

S’agit-il d’un mouvement essentiellement technique, lié à la dynamique de marché, ou du signe d’un repositionnement plus profond des investisseurs à l’égard du titre ?

Une baisse avant tout technique

Un analyste de la place précise que ce passage sous les 100 MMDH est temporaire et n’a rien à voir avec les fondamentaux de IAM. Il s’agit d’une baisse qui suit simplement la tendance du marché. Le marché est volatil, mais aussi en correction.

« Ce n’est pas la première fois que Maroc Telecom passe sous les 100 MMDH : en juin, le titre était déjà sous ce seuil, et même au mois de novembre avant de se rattraper vers la fin du mois ».

« La période de fin d’année accentue ce mouvement. Comme expliqué à plusieurs reprises, il y a un manque de liquidité lié aux opérations d’IPO et aux arbitrages de fin d’année ».

« La baisse ne concerne pas IAM seule, mais plusieurs entreprises de la cote. Attijariwafa bank, première capitalisation du marché, est aujourd’hui autour de 155 MMDH alors qu’elle atteignait 167 MMDH le mois dernier. Ce sont des baisses qui touchent l’ensemble du marché ».

« Une reprise est anticipée après la fin des arbitrages et l’entrée en 2026, avec le retour attendu de la liquidité et d’une meilleure profondeur de marché. Il n’y a donc rien d’inquiétant pour IAM : le titre reste solide pour les investisseurs de long terme. En termes de valorisation, il demeure sous-valorisé par rapport au marché, ce qui laisse entrevoir un potentiel d’évolution important ».

« IAM arrive dans une phase où plusieurs leviers jouent en sa faveur : la montée en puissance des usages data, la 5G et la modernisation du réseau. Tout cela crée un environnement plus porteur qu’il ne l’était il y a quelques années », conclut-il.

Des résultats T3 solides qui confirment la résilience du groupe

Les résultats au troisième trimestre 2025 confirment que Maroc Telecom reste sur une trajectoire opérationnelle robuste. Le groupe affiche une base clients en hausse de 1,8%, dépassant désormais les 81 millions de clients. Sur les neuf premiers mois, le chiffre d’affaires atteint 27,27 MMDH, en progression de 1,2%, porté principalement par la dynamique des filiales Moov Africa.

L’EBITDA du groupe ressort à 14 MMDH, avec une marge de 50,2%, un niveau qui se maintient malgré les pressions fiscales et réglementaires dans plusieurs pays d’implantation. Le résultat opérationnel avant amortissements au Maroc reste stable, tandis que les filiales continuent de contribuer à la croissance globale du groupe.

Le RNPG s’établit à 5,6 MMDH à fin septembre, bénéficiant notamment des rétrocessions perçues dans le cadre des accords mettant fin au litige sur le dégroupage. Le cash-flow opérationnel (CFFO) atteint 6,5 MMDH, intégrant le paiement des licences dans certaines filiales.

L’investissement repart nettement à la hausse (+36%), avec un effort porté sur la modernisation du réseau, la fibre et les très hautes fréquences, dans la perspective du lancement de la 5G.

Au Maroc, l’activité reste stable : les revenus baissent légèrement de 3,3%, à 13,9 MMDH, mais l’EBITDA demeure solide à 7,6 MMDH, soit une marge de 55,1%. La data fixe continue de tirer la croissance, tandis que le mobile reste pénalisé par la pression concurrentielle.

Les filiales Moov Africa confirment leur rôle moteur : leurs revenus progressent de 5,7%, grâce à l’essor du mobile, du fixe et de la data. L’EBITDA des filiales ressort à 6 MMDH, en hausse de 3,9% à change constant.

https://medias24.com/2025/09/09/maroc-telecom-rebond-boursier-5g-et-nouvelles-ambitions/

Maroc Telecom annonce l’opérationnalisation de la 5G

« Les clients Maroc Telecom disposant d’un smartphone compatible basculeront automatiquement vers le réseau 5G, sans frais supplémentaires, dans les zones couvertes », précise le communiqué.

Cette transition leur permettra de profiter instantanément d’une connectivité « ultra-rapide, d’une latence réduite, et d’une expérience réseau sans précédent, et ce, dès le lancement », promet l’opérateur.

Pour accompagner le lancement de cette nouvelle technologie, IAM propose de nouveaux forfaits 5G à partir de 119 DH. Les utilisateurs bénéficieront également d’offres intégrant des services premium, tels que TOD (la plateforme de streaming officielle de beIN Sports), StarzPlay ou Glovo Prime. Le service Roaming est inclus dès les forfaits 5G à partir de 199 DH.

L’opérateur propose également « El Manzil 5G », une box nouvelle génération, qui garantit « une connexion Wi-Fi stable, rapide et de grande capacité, permettant à toute la famille de naviguer et streamer en simultané, sans compromis sur la qualité ».

Le déploiement de la 5G repose sur les investissements massifs réalisés par Maroc Telecom dans ses infrastructures de télécommunications au cours des dernières années, rappelle le communiqué. Le groupe a modernisé son réseau mobile et fixe, renforcé la capacité de ses plateformes de transmission, et déployé une infrastructure de dernière génération reliant l’ensemble du territoire.

Ces efforts soutenus permettent aujourd’hui à Maroc Telecom de disposer d’un réseau résilient, sécurisé et évolutif, prêt à accompagner les besoins croissants du pays en matière de connectivité et de transformation digitale.

Par ailleurs, la 5G ouvre la voie à de nouveaux usages, souligne l’opérateur, notamment la réalité augmentée, les jeux en ligne en temps réel, la télémédecine, l’éducation à distance ou encore les véhicules connectés. Elle constitue également un levier majeur de transformation digitale pour les entreprises et les administrations, en facilitant le développement de solutions intelligentes dans les secteurs de l’industrie, de la logistique, de l’énergie ou de l’agriculture.

Maroc Telecom : « La 5G déjà intégrée dans le cours, mais encore du potentiel en bourse »

Maroc Telecom signe une année boursière solide. Le titre s’est apprécié de plus de 46% depuis le début de 2025, surclassant la progression du MASI, en hausse d’environ 33%. Deuxième capitalisation de la Bourse de Casablanca, l’opérateur attire de nouveau les regards.

Le gouvernement a donné, le 30 octobre, son feu vert au déploiement de la 5G au Maroc, à travers trois décrets attribuant les licences d’établissement et d’exploitation de réseaux 5G à Maroc Telecom, Medi Telecom et Wana Corporate.

Une étape majeure pour le secteur, mais sur le plan boursier, une question demeure : jusqu’où le titre peut-il aller ? La 5G représente-t-elle encore un levier de valorisation… ou bien cette perspective est-elle déjà intégrée dans le cours actuel ?

Maroc Telecom : la 5G, un catalyseur déjà valorisé, mais encore porteur

« La 5G est un facteur et un catalyseur ayant contribué à la hausse du cours en bourse. Cela veut dire une chose : qu’une partie de ce facteur était déjà intégrée dans le cours actuel. Avant la clôture, l’action vaut autour de 120 DH. Rappelons qu’après la nomination de Mohamed Benchaâboun à la tête du groupe, fin février, le titre a progressivement augmenté pour atteindre ce niveau. Et durant les mois où le marché a connu des phases de repli, l’action a suivi les mouvements sans perdre son élan », explique un analyste de la place.

« Ce comportement témoigne de la solidité structurelle du titre et du rôle de la 5G comme élément de confiance plus que de spéculation. Le marché a anticipé le feu vert du gouvernement bien avant le 30 octobre. L’attribution officielle des licences à Maroc Telecom, Medi Telecom et Wana Corporate n’a donc pas provoqué de réaction notable : la perspective était déjà dans les prix. Cela n’enlève rien à son importance. La 5G consolide l’image d’un groupe capable d’évoluer dans un marché mature, en combinant modernisation technologique et gestion disciplinée du capital », ajoute-t-il.

« Personnellement, je fais confiance au titre Maroc Telecom. C’est une valeur solide, à accumuler dans les phases de repli, compte tenu de la qualité du management et de la visibilité sur les résultats ».

Selon plusieurs analystes de la place, « l’évolution du titre dépendra désormais de la matérialisation concrète de ce projet. Les catalyseurs existent : la montée en gamme des forfaits peut soutenir l’ARPU, la 5G fixe (FWA) offre une solution complémentaire à la fibre dans les zones moins couvertes, et le segment entreprises ouvre la voie à des services B2B ou IoT à forte valeur ajoutée« .

Autant de leviers qui, s’ils se concrétisent, pourraient maintenir une dynamique positive sur le moyen terme. En parallèle, la maîtrise des investissements reste un point crucial. IAM a toujours su équilibrer innovation et discipline financière, et la possibilité d’un déploiement phasé ou mutualisé de la 5G permettrait de préserver le cash-flow et le dividende, deux arguments centraux de sa valorisation actuelle.

Les limites, elles, sont connues. « Le marché marocain est arrivé à maturité : la croissance organique sur le mobile reste faible, la concurrence des trois opérateurs est frontale, et les obligations de couverture nationale pèseront nécessairement sur les coûts ».

« L’enjeu ne réside donc pas dans une explosion du chiffre d’affaires, mais dans la capacité du groupe à transformer cette nouvelle génération technologique en relais progressif et rentable. En d’autres termes, la 5G n’est plus un pari de court terme ; c’est un moteur de stabilité à long terme, déjà partiellement valorisé, mais encore porteur s’il s’inscrit dans une trajectoire de rendement et de génération de cash durable », explique un analyste de la place.

Valorisation, prévisions et trajectoire probable du titre

Les prévisions de marché pour 2025-2026 dessinent un profil de normalisation, avec un chiffre d’affaires attendu autour de 36,5 MMDH en 2025.

Le résultat d’exploitation remonterait nettement en 2025 sous l’effet de base favorable lié aux éléments non récurrents des exercices précédents, avant de se stabiliser. Le résultat net part du groupe est projeté autour de 6,3 MMDH en 2025, puis à un niveau plus normalisé en 2026.

Côté actionnaires, le dividende par action est anticipé en nette hausse en 2025, avec un rendement qui resterait attractif dans le contexte local. Du point de vue de la valorisation, « le ratio cours/bénéfice de Maroc Telecom, autour de 14,8 fois, demeure inférieur à la moyenne du marché, estimée à 22,6 fois ».

Dans ce cadre, un analyste de la place estime que « le cours pourrait atteindre près de 130 DH dans les prochaines semaines, porté par la visibilité des résultats, la stabilité de la distribution et les premiers signaux commerciaux de la 5G ».

Programmes de rachat d’actions : un outil encadré, peu activé et souvent marginal dans l’équation boursière

À la Bourse de Casablanca, la possibilité pour les sociétés cotées de racheter leurs propres actions existe bel et bien. La réglementation encadre de manière stricte ces opérations, en précisant leurs objectifs, leurs conditions d’exécution et leurs limites opérationnelles. Pourtant, en pratique, cet outil demeure marginal dans le comportement des émetteurs marocains.

Au cours de ce premier semestre 2025, seules deux sociétés ont activé des programmes de rachat : la Banque centrale populaire (BCP) et Maroc Telecom.

Trois programmes sont actuellement en cours, couvrant respectivement une fenêtre de 18 mois pour BCP et deux périodes successives pour Maroc Telecom.

Or, ces opérations, bien que légalement ouvertes, ne donnent lieu qu’à des volumes modérés sur le marché central. Ainsi, la BCP a procédé sur les mois d’avril et mai 2025 à des achats cumulés d’environ 530.000 titres, soit une fraction marginale de son capital social.

Maroc Telecom, de son côté, bénéficie d’une autorisation sur 1,5 million de titres par programme, sans qu’un volume significatif d’exécution ne soit encore constaté dans les derniers rapports mensuels.

Il faut comprendre que le cadre marocain n’a pas été conçu pour permettre aux sociétés d’utiliser ces rachats comme un levier de soutien actif du cours ou de gestion financière des fonds propres.

La circulaire 01-11, qui régit les modalités pratiques, limite expressément les interventions à un objectif unique de régularisation du marché. Le recours à cet outil vise exclusivement à lisser les excès de volatilité, à fluidifier la liquidité ponctuellement, sans chercher ni à accumuler des titres en vue de les annuler, ni à influencer structurellement le prix de l’action.

Avant toute intervention, l’émetteur doit obtenir un visa de l’AMMC sur une notice précisant les conditions du programme : durée maximale de 18 mois, fourchette de prix, volume maximal d’actions et société de bourse désignée pour exécuter les ordres.

Les transactions s’effectuent exclusivement sur le marché central, dans la limite de 25% des volumes quotidiens moyens, sauf dérogation. L’émetteur ne peut donner aucune instruction ; la société de bourse agit de manière totalement indépendante.

« Ce type de programme reste pertinent dans un marché comme le nôtre où la liquidité est parfois réduite. Il permet d’assurer un minimum d’échanges sur le titre, de limiter les mouvements de prix trop brutaux quand la volatilité s’emballe, et même, dans certains cas, de générer un gain comptable si des actions rachetées à bas prix sont revendues plus tard. Cela dit, le vrai intérêt reste avant tout d’apporter de la stabilité et de la fluidité aux transactions quotidiennes, sans chercher à influencer artificiellement le cours », explique un professionnel de la place.

Pourquoi les programmes de rachat restent si peu utilisés au Maroc 

« Si le dispositif existe depuis plusieurs années, il faut comprendre que sa faible utilisation tient d’abord à une question de culture de marché. Beaucoup d’émetteurs n’ont pas forcément intégré cet outil dans leur gestion courante. Certains ne connaissent même pas précisément le cadre réglementaire qui encadre ces rachats ».

Ainsi, malgré la disponibilité du mécanisme, seules quelques grandes capitalisations y recourent ponctuellement.

Mais au-delà de ce déficit de diffusion, le cadre légal lui-même constitue une forme de barrière. Depuis la circulaire 01-11, publiée en 2011, le dispositif est devenu beaucoup plus rigoureux. « Avant cette réforme, certains émetteurs utilisaient les rachats de manière opportuniste, parfois même pour influencer le cours. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Le régulateur a verrouillé le système pour éviter tout risque de manipulation de marché », explique l’analyste.

Dès lors, même pour les sociétés intéressées, la mise en œuvre opérationnelle reste contraignante. « On ne peut pas intervenir librement. L’intermédiaire boursier agit seul, avec des limites strictes sur les volumes et sur les niveaux de prix autorisés. Pour certains émetteurs, cela enlève tout simplement l’intérêt économique du dispositif », poursuit-il.

Néanmoins, le principe même de régularisation de marché pourrait trouver davantage de sens dans un environnement comme celui de la Bourse de Casablanca, où la liquidité est souvent limitée sur certains titres.

« C’est justement dans un marché étroit qu’un programme de rachat régulier et bien calibré peut jouer un rôle utile sur la liquidité. Mais il faut que les sociétés en fassent un véritable outil de pilotage et pas uniquement une formalité ponctuelle validée par l’AMMC », conclut notre interlocuteur.

L’exemple BCP : quand le rachat reste marginal face aux dynamiques de marché

Entre avril et mai 2025, la banque a acquis près de 530.000 titres dans le cadre de son programme en cours, tout en respectant les plafonds réglementaires fixés. Toutefois, l’impact de ces interventions sur le cours de l’action est resté modeste sur cette période, le titre évoluant autour de 265 DH.

Ce n’est qu’au début du mois de juin que le marché a connu un mouvement marqué, avec un passage rapide du titre au-dessus de 300 DH, porté cette fois par des volumes de marché bien supérieurs et d’autres catalyseurs externes. Ainsi, l’exemple montre que le programme de rachat, pris isolément, ne constitue pas un levier décisif sur le prix lorsque d’autres facteurs fondamentaux s’imposent dans la dynamique boursière.

Maroc Telecom change son mode de gouvernance

Le conseil d’administration de Maroc Telecom, réuni ce jeudi 19 juin 2025, a noté la transformation du mode de gouvernance du groupe, actée par l’assemblée générale extraordinaire tenue le 18 juin 2025, avec le passage d’un modèle dualiste (conseil de surveillance/directoire) à une gouvernance unifiée par conseil d’administration, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Dans ce cadre, l’ensemble des membres du conseil de surveillance ont été reconduits en qualité de membres du conseil d’administration, assurant ainsi une transition fluide et une continuité dans la supervision stratégique du groupe, lit-on dans un communiqué de Maroc Telecom.

Le conseil d’administration nouvellement constitué a confirmé Mohamed Benchaâboun en qualité de directeur général du groupe Maroc Telecom, fonction qu’il exerçait auparavant en tant que président du directoire.

Cette évolution de gouvernance vise, selon Maroc Telecom, à renforcer l’efficacité décisionnelle et la cohérence de la gouvernance du groupe, dans un contexte de transformation et de développement stratégique accéléré.

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Maroc Telecom change de gouvernance : vers une société anonyme à conseil d’administration

Maroc Telecom a engagé une transformation importante de sa forme juridique. Selon l’avis de convocation à son assemblée générale mixte du 18 juin 2025, il est proposé aux actionnaires de transformer la société de société anonyme à conseil de surveillance et directoire en société anonyme à conseil d’administration.

Ce changement de gouvernance vise à simplifier l’organisation et la prise de décision au sein de l’entreprise. Le modèle à conseil d’administration permet en effet une gestion plus centralisée, avec un président-directeur général (PDG) ou un président non exécutif accompagné d’un directeur général, contrairement au système bicéphale du directoire et du conseil de surveillance qui repose sur une séparation des fonctions de gestion et de contrôle.

Cette transformation juridique est soumise à l’approbation des actionnaires lors de l’AGM et s’inscrit dans une volonté d’adaptation stratégique.

Connectivité et solutions digitales : Vodafone et Maroc Telecom au service de la transformation des entreprises

Vodafone Business et Maroc Telecom ont signé un protocole d’accord (MoU) visant à fournir des services de connectivité et des solutions digitales aux clients entreprises au Maroc, avec une première phase axée sur les solutions de ville intelligente et de gestion de l’énergie.

Ce partenariat renforce la présence actuelle de Vodafone dans huit pays africains via Vodacom et soutient l’ambition du Maroc de devenir un pôle digital majeur d’ici 2030, indique un communiqué conjoint.

Ce partenariat s’élargira progressivement pour couvrir toute une gamme de produits et de services à destination des entreprises, notamment les réseaux étendus définis par logiciel (SD-WAN), les réseaux mobiles privés, les solutions cloud et la cybersécurité.

Les clients pourront personnaliser les services de connectivité et les plateformes digitales de Vodafone Business, en les combinant avec l’expertise locale de Maroc Telecom, afin de répondre à leurs besoins spécifiques et aux exigences réglementaires du pays.

Selon la même source, les deux entreprises adresseront également les besoins des clients multinationaux et régionaux de Maroc Telecom opérant dans des secteurs clés tels que la logistique, l’industrie manufacturière, le commerce de détail et les services publics, en leur proposant un portefeuille unifié de services managés, rapidement déployables sur plusieurs marchés.

Un accompagnement complet avant et après-vente, incluant la facturation, la mise en œuvre et la gestion, sera assuré avec pour objectif principal la réussite des clients, conclut le communiqué.

Maroc Telecom réalise 8,9 MMDH de chiffre d’affaires au premier trimestre 2025

Au 31 mars 2025, le chiffre d’affaires consolidé du groupe Maroc Telecom atteint 8,9 MMDH, en légère progression de 0,1% à change constant. Cette évolution résulte d’une croissance de 4,1% au sein des filiales africaines, venue compenser le recul de 3,7% enregistré sur le marché marocain.

L’EBITDA ajusté ressort à 4,39 MMDH, avec une marge proche de 50%, témoignant d’une rentabilité toujours élevée.

Le résultat opérationnel ajusté s’élève à 2,71 MMDH, soit un taux de marge de 30,5%. Le résultat net ajusté part du groupe atteint 1,44 MMDH.

Les flux de trésorerie opérationnels ajustés (CFFO) s’établissent à 2,5 MMDH. La dette nette ressort à 20,9 MMDH, avec un ratio dette nette sur EBITDA de 1,1 fois.

La base clients du groupe atteint près de 80 millions à fin mars 2025, en progression de 3,6%, tirée principalement par le parc des filiales Moov Africa (+6,5%).

Activités au Maroc

Les activités domestiques enregistrent un chiffre d’affaires de 4,55 MMDH. L’EBITDA s’élève à 2,41 MMDH, avec une marge de 53,1%, tandis que le résultat opérationnel s’établit à 1,6 MMDH. Le flux de trésorerie généré par les activités au Maroc est de 1,57 MMDH.

Sur le plan commercial, la base clients mobile s’établit à 18,8 millions, et les accès haut débit fixe à 1,43 million. Le développement du FTTH se poursuit sur le territoire, dans un environnement commercial marqué par une pression concurrentielle sur les segments mobile et ADSL.

Le partenariat stratégique conclu avec Inwi marque une évolution majeure dans le modèle d’investissement. Deux entités communes seront créées. L’une, dédiée au déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné, prévoit l’installation d’un million de prises en deux ans, puis trois millions à l’horizon de cinq ans.

L’autre, centrée sur le développement des infrastructures passives pour la 5G, projette 2.000 tours à trois ans et 6.000 d’ici dix ans.

Le montant engagé pour cette première phase atteint 4,4 MMDH. L’accord reste soumis à l’autorisation de l’ANRT. Il inclut également une résolution amiable du contentieux opposant Maroc Telecom à Inwi, avec un ajustement à la baisse de l’indemnité versée.

Maroc Telecom a également lancé sa nouvelle offre mobile 100% digitale « iNJOY », conçue pour les jeunes utilisateurs. Cette offre sans engagement permet de composer son forfait de manière personnalisée via une application mobile ou le site dédié, à partir de 59 dirhams par mois. Le groupe a par ailleurs signé un partenariat avec Visa pour développer des solutions de digital banking dans l’ensemble des pays où il est implanté.

Dans le segment B2B, Maroc Telecom a conclu des accords avec Zoho, fournisseur de solutions cloud pour la gestion des entreprises, ainsi qu’avec Vodafone Business pour le développement de services autour de l’Internet des objets, de la cybersécurité, du cloud et du SD-WAN.

Filiales Moov Africa

Les filiales Moov Africa affichent un chiffre d’affaires de 4,63 MMDH.

L’EBITDA ajusté atteint 1,97 MMDH, et le résultat opérationnel s’établit à 1,1 MMDH. Les flux de trésorerie générés ressortent à 939 MDH.

La base clients Mobile s’élève à 57,3 millions, avec des progressions marquées sur plusieurs marchés comme le Niger, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Tchad.

Le parc Haut Débit fixe franchit le seuil des 280.000 accès. Ces performances reposent sur l’expansion du mobile money, la généralisation des smartphones, et la demande croissante en data, notamment pour le streaming et les réseaux sociaux.

Le développement de la fibre se poursuit dans les zones urbaines, avec pour objectif de répondre aux besoins des entreprises, du télétravail, du e-commerce et des services cloud. Les investissements dans l’extension des réseaux et la modernisation des infrastructures se poursuivent, avec une attention particulière portée aux zones rurales, où la couverture reste encore limitée.

Fait marquant 

Le conseil de surveillance a nommé, à compter du 1er mars 2025, Mohamed Benchaâboun en tant que président du directoire, succédant à Abdeslam Ahizoune. Les autres membres du directoire ont vu leurs mandats reconduits jusqu’en mars 2027. Cette nouvelle gouvernance accompagne l’entrée du groupe dans une nouvelle phase stratégique, orientée vers la modernisation des réseaux, l’innovation digitale et l’élargissement des partenariats à l’international.

Perspectives

Maroc Telecom engage une nouvelle étape de son développement. Le renforcement de la couverture fibre, la structuration du marché 5G à travers des infrastructures partagées, l’intégration de services numériques innovants et l’essor du mobile money sur le continent africain figurent au cœur de sa stratégie.

Dans un environnement technologique et concurrentiel en mutation rapide, le groupe mise sur une croissance plus intégrée, ancrée dans les usages et ouverte à des collaborations renforcées, pour consolider ses performances à moyen terme.

Visa s’allie à Maroc Telecom pour intégrer ses solutions de paiement à MT Cash

Ce partenariat permettra l’intégration des solutions de paiement Visa dans les portefeuilles numériques de MT Cash. Grâce à cette innovation, les utilisateurs pourront effectuer des paiements électroniques sécurisés, transférer de l’argent, régler leurs achats chez les commerçants, et bien plus encore, indique un communiqué de l’opérateur télécom.

Ce partenariat stratégique vise à élargir l’accès aux services financiers digitaux, à accélérer la transformation numérique sur le continent africain et à proposer des solutions de paiement innovantes, particulièrement adaptées aux besoins des populations sous-bancarisées, poursuit la même source.

Procès beIN au Maroc. Révélations sur le mode opératoire des sites de streaming illégal

Le procès opposant beIN Sports à Maroc Telecom, Orange et Wana Corporate connaît ses premiers balbutiements devant les tribunaux de Casablanca et de Rabat. Mais on peut déjà en anticiper les débats. En toile de fond : les techniques des sites de streaming illégaux qui siphonnent les programmes de la chaîne qatarie. Une expertise technique, jointe à la requête et consultée par Médias24, révèle les méthodes sophistiquées de ces plateformes pirates.

BeIN Sports en appelle à la responsabilité des opérateurs télécoms, qualifiés d’ »intermédiaires techniques », et exige qu’ils bloquent eux-mêmes l’accès à ces sites, les considérant comme les seuls outillés techniquement pour agir.

L’analyse met en avant le cas de Live-Kooora.com, très populaire au Maroc et visé par l’action de beIN. Selon l’expert, cette plateforme viole les droits de propriété intellectuelle en retransmettant sans autorisation des événements comme les matchs de la Liga et de la Premier League.

Selon l’expertise, le procédé repose sur plusieurs techniques combinées :

Diffusion non autorisée via des sites Web dédiés : Les pirates exploitent des sites Web spécifiquement créés pour offrir un accès gratuit au contenu de beIN Sports, incluant les matchs de football en direct des championnats pour lesquels la chaîne détient l’exclusivité. Ces sites sont accessibles à tout internaute sans nécessiter d’abonnement.

Techniques de « free live tv online – live streaming » (الوسائط المتدفقة) : L’expertise décrit l’utilisation de la technologie du streaming qui permet la diffusion en continu de contenu vidéo (en direct ou enregistré) via des systèmes informatiques compatibles. Cette méthode facilite le visionnage de compétitions sportives protégées par des droits d’auteur sans que les utilisateurs aient à s’abonner, à payer ou à utiliser un code d’accès.

Redirection de noms de domaine : Les sites pirates utilisent des techniques de redirection de noms de domaine. Un nom initialement bloqué ou identifié peut être redirigé vers un autre, permettant de maintenir l’accès au contenu illégal sous une adresse Web différente.

Utilisation de multiples noms de domaine : Pour assurer une accessibilité continue et rendre le blocage plus complexe, ces plateformes exploitent un large éventail de noms de domaine différents pointant vers le même contenu illégal.

Mise en place de sites miroirs :
L’expertise révèle également le recours à des « sites miroirs », qui sont des copies exactes du site pirate principal, hébergés sur différents serveurs. Cette stratégie permet de distribuer le trafic et de garantir la disponibilité du contenu illégal même si l’un des serveurs est bloqué, rendant le piratage difficile à juguler.

En comparant le fonctionnement de ces sites pirates avec celui de la plateforme légale de beIN Sports, l’expertise souligne une différence fondamentale : tandis que beIN Sports requiert un abonnement, une authentification par code et un enregistrement officiel pour accéder à son contenu, les sites pirates offrent un accès gratuit et direct via les techniques de streaming illégal.

Pour beIN Sports, ces procédés constituent une « violation flagrante de ses droits de propriété littéraire et artistique », protégés par la loi marocaine. Son objectif est d’obtenir une décision contraignant les opérateurs télécoms à mettre en œuvre « des mesures techniques pour bloquer l’accès à ces plateformes pirates et à leurs multiples adresses Web, afin de protéger ses droits et de lutter contre ce piratage à grande échelle ».

Au Maroc, c’est un dossier inédit qui pourrait aboutir à une décision de principe. La chaîne s’appuie sur des précédents internationaux : en France, elle a obtenu en janvier 2024 le blocage par les fournisseurs d’accès à internet (FAI) (Orange, SFR, Free, Bouygues Télécom, etc.) de 70 sites diffusant illégalement la Coupe d’Afrique des nations.

Aux États-Unis, un tribunal fédéral a ordonné en 2022 à tous les FAI, comme Comcast ou Verizon, de bloquer trois services pirates, une première nationale. Ailleurs, comme contre BeoutQ au Moyen-Orient ou via des opérations avec l’Alliance for Creativity and Entertainment (ACE), beIN a fait fermer des réseaux pirates, impliquant souvent les opérateurs télécoms.