Signature à Bruxelles de l’échange de lettres amendant l’accord agricole Maroc-UE

Le Maroc et l’Union européenne ont signé, ce vendredi 3 octobre au siège de la Commission européenne à Bruxelles, l’échange de lettres amendant l’accord agricole liant les deux parties.

L’accord, signé du côté marocain par l’ambassadeur du Roi auprès de l’UE, Ahmed Réda Chami, entre immédiatement en application provisoire, en attendant la finalisation des procédures internes des deux parties.

En vertu de cet accord, dont les termes ont été négociés dans un esprit de partenariat et de compromis, les produits agricoles des provinces du Sud bénéficient des mêmes conditions d’accès préférentiel au marché européen que ceux du reste du Royaume, conformément à l’Accord d’Association Maroc-UE.

L’accord introduit des ajustements techniques destinés à faciliter l’accès des produits et à les valoriser, notamment en matière d’information du consommateur par un étiquetage mentionnant les régions de production au Sud du Royaume – « Laayoune-Sakiat el Hamra » et « Dakhla-Oued Eddahab ».

Conclu dans le même esprit de l’échange de lettres signé en 2018 entre les deux parties, le texte vient ainsi conforter une relation commerciale forte et consolider un partenariat solide et dense, le Royaume du Maroc étant le principal partenaire économique de l’UE en Afrique et dans le monde arabe.

La conclusion de cet accord traduit la volonté commune du Maroc et de l’UE d’approfondir un partenariat de longue date, sachant que sa mise en œuvre est à même de contribuer d’une manière significative au produit intérieur brut agricole national, tout en soutenant l’emploi et l’investissement, en particulier dans les provinces du Sud du Royaume.

La signature de cet accord ouvre la voie à une coopération plus ambitieuse et plus structurée avec Bruxelles, en renforçant les mécanismes politiques existants et en posant les bases d’un partenariat stratégique encore plus approfondi.

Nasser Bourita reçoit le représentant spécial de l’UE pour le Sahel

Dans une déclaration à la presse à l’issue de cet entretien, Joào Cravinho a indiqué que l’UE entretient avec le Maroc « une relation féconde, très forte, qui a beaucoup de polyvalence et dispose de différentes dimensions », relevant que l’échange et la coopération avec le Royaume revêtent une « priorité de très grande importance ».

« Les relations de voisinage que le Maroc entretient avec les pays du Sahel constituent pour nous une source très importante de connaissances, de compréhension et aussi d’identification de pistes de travail conjoint pour le bien des peuples du Sahel« , a souligné Joào Cravinho.

Le diplomate a relevé, dans ce sens, que la région du Sahel est « fragile des points de vue sécuritaire et socio-économique, qui sont deux questions liées, ce qui représente un défi de taille », ajoutant que l’UE et le Maroc ont un rôle majeur à jouer dans la région.

Il a aussi noté que l’objectif de sa visite est d’explorer les voies pour approfondir la dimension de la relation entre l’Union européenne et le Maroc concernant la région du Sahel, afin d’atteindre des objectifs communs de paix et de sécurité au service des populations de cette région.

https://medias24.com/chronique/ni-puissance-ni-ingerence-ce-que-signifie-la-strategie-marocaine-au-sahel/

Verdict de la CJUE : « Il ne peut pas y avoir de diktats imposés au Maroc » (Christophe Lecourtier)

Lors de son passage à la Fondation Links, l’ambassadeur de France au Maroc a été interpellé au sujet des verdicts de la Cour de justice de l’Union européenne contre les accords Maroc-UE (1 h 25). La question a été posée par Zakaria Garti.

« Même au moment où le dialogue politique entre la France et le Maroc était beaucoup plus commun, nos juristes, les juristes du Quai d’Orsay, se sont portés partie civile aux côtés du Maroc, dans le contentieux, et ont élaboré des mémoires, en échange avec le Maroc. Malheureusement, nos arguments n’ont pas été entendus, mais peu importe, aujourd’hui, les Français, et aussi les Espagnols, tous les amis du Maroc, vont travailler d’arrache-pied pour rapprocher les bonnes vues et agir pour que la Commission mette sur la table des solutions aux problèmes que la Cour de justice nous a posés, mais qui soient des solutions acceptables par le Maroc« , rappelle M. Lecourtier.

« Et il n’y aura pas, je peux vous le dire sans vouloir trahir le secret, il ne peut pas y avoir, avec le Maroc, de diktats qui consisteraient à imposer une solution. Et d’ailleurs, tout va être fait pour faire en sorte que les effets des arrêts de la Cour de justice puissent être aménagés de manière à permettre à la fois la poursuite des échanges dans des conditions interférentielles, et le respect de ce qui, à juste titre pour le Maroc, pouvait être considéré comme des lignes rouges », révèle le diplomate français.

« Donc il y a un chemin, les techniciens y travaillent. Je suis optimiste sur le fait que ça puisse se résoudre dans le délai qui nous a été fixé, parce qu’on a 12 mois à compter des arrêts de la Cour (…) On est déjà pas mal avancés, mais nous en parlons très souvent avec les ministères marocains des Affaires étrangères, avec la fédération (agricole Comader, NDLR). On travaille beaucoup (…) pour que ce délai-là, cette solution, arrive vite et bien, et qui nous permette de tourner la page de cette triste histoire », promet M. Lecourtier.

Avant d’attaquer cette question de fond, le diplomate français a rappelé la longue tradition de coopération entre les deux pays en matière d’agriculture, les réussites des uns et des autres et ce que l’un apporte à l’autre et vice-versa.

« Le Maroc (…) est bien mieux classé que nous dans la réutilisation des eaux usées. Tous les Français qui viennent à Rabat disent que c’est incroyable. On nous parle de sécheresse (mais il y a) des espaces verts partout. Oui, mais c’est de l’eau usée, réutilisée. Et donc, là aussi, il y a un savoir-faire dans l’autre sens », admet M. Lecourtier pour clarifier son propos et expliciter le fait que le Maroc et l’Hexagone ont tant à partager et à apprendre l’un de l’autre.

Le diplomate prône les vertus du dialogue continu entre les deux pays et à tous les niveaux, chez les officiels comme chez les professionnels, pour le bien commun des deux partenaires.

https://medias24.com/2024/10/10/des-euro-deputes-francais-denoncent-la-decision-de-la-cjue-et-reiterent-leur-soutien-a-lintegrite-territoriale-du-maroc/

Sahara. Ni l’UE, ni aucun de ses États membres ne reconnaissent la « rasd » (porte-parole)

Cette déclaration est intervenue en réponse à une question sur la réunion ministérielle Union européenne-Union africaine, prévue mercredi prochain à Bruxelles.

Rappelant que les « ministériels UE/UA sont coprésidés et coorganisés par l’Union européenne et l’Union africaine », le porte-parole de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité a attribué à l’Union africaine une éventuelle présence de cette entité dans la réunion ministérielle UE-UA, niant par-là que l’UE ait invité la pseudo-« rasd » à ladite réunion.

Dans ce cadre, il a tenu à mettre au clair que « la position de l’UE est bien connue : ni l’UE ni aucun de ses États membres ne reconnaissent la rasd », et que la présence éventuelle de cette entité « à la réunion ministérielle UE-UA n’a aucune influence sur cette position ».

L’UE impose des droits compensateurs sur les jantes en aluminium du Maroc, Rabat conteste la décision

La Commission européenne a décidé d’imposer des « droits compensateurs » sur les importations de jantes en aluminium en provenance du Maroc. Elle affirme appliquer cette mesure contre des « pratiques commerciales déloyales » et vise ainsi à « protéger les producteurs de l’UE et 16.600 emplois ».

La Commission affirme avoir mené une enquête qui lui a permis de  constater « que le gouvernement marocain soutenait systématiquement son secteur automobile par le biais de subventions incompatibles avec les règles de l’OMC et que les importations étaient injustement subventionnées, notamment via l’initiative chinoise Belt and Road (BRI), et qu’elles nuisaient donc à l’industrie européenne ».

Selon le communiqué de la Commission, les droits imposés sont comme suit :

Ces droits compensateurs s’ajoutent aux droits antidumping imposés sur le même produit en provenance du Maroc le 12 janvier 2023 (ces derniers allant de 9% à 17,5%). Des droits antidumping sont aussi actuellement en vigueur sur les importations de jantes en aluminium en provenance de Chine.

À l’origine de l’affaire, une plainte de l’Association des fabricants européens de jantes

La Commission a ouvert l’enquête , le 16 février 2024, à la suite d’une plainte déposée le 3 janvier 2024 par l’Association des fabricants européens de jantes.

Selon le règlement d’exécution de la décision, « avant l’ouverture de l’enquête antisubventions, la Commission a avisé les pouvoirs publics marocains qu’elle avait été saisie d’une plainte dûment documentée et les a invités à engager des consultations ».

« Des consultations sont tenues le 12 février 2024 avec les pouvoirs publics marocains. Toutefois, aucune solution mutuellement convenue n’a pu être dégagée ».

Selon la Commission, « en 2020, les importations en provenance du Maroc représentaient environ 878.000 unités, pour une part de marché de 2%. Elles ont considérablement augmenté, atteignant un volume d’importation de 5,9 millions d’unités au cours de la période d’enquête (du 1er janvier 2023 au le 31 décembre 2023) et une part de marché de 9% ».

« Cette croissance est intervenue alors même que des droits antidumping étaient entrés en vigueur en juillet 2022, avec l’entrée en vigueur du règlement provisoire », ajoute la même source.

L’argumentaire marocain

La partie marocaine a apporté ses observations. Selon le document consulté par Médias24, les pouvoirs publics marocains ont contesté la procédure sur la forme et le fond.

Ils ont précisé que la procédure « violait certaines dispositions de l’accord d’association entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc instituant un mécanisme de règlement des différends ».

Ils ont également fait valoir que les droits de douane, y compris les droits compensateurs, sont interdits en vertu des articles 8 et 9 de l’accord d’association.

Sur le fond, la partie marocaine a expliqué que « de manière générale, la demande ne contient pas d’éléments de preuve suffisants pour ouvrir une enquête antisubventions, ainsi que l’exige la jurisprudence de l’OMC ».

En particulier, les pouvoirs publics marocains ont « expliqué que la plainte ne contient pas de preuve spécifique de ce que les deux producteurs-exportateurs actifs au Maroc auraient bénéficié des prétendus régimes de subventions ».

« Ils ont affirmé que les subventions prétendument accordées aux producteurs-exportateurs sont, au mieux, spéculatives et ne répondent pas aux critères énoncés aux articles 11.2 et 11.3 de l’accord SMC de l’OMC ».

Le Maroc a également soutenu « qu’instituer des mesures compensatoires contre le prétendu soutien financier de la Chine imputé au Maroc était contraire aux règles de l’OMC, et que la Commission n’avait pas obtenu suffisamment d’éléments de preuve avant l’ouverture de l’enquête pour imputer le prétendu financement chinois aux pouvoirs publics marocains ».

Un argumentaire qui n’a pas été pris en compte par la Commission. D’ailleurs, dans ses observations formulées à la suite de l’information finale, les pouvoirs publics marocains ont déclaré que, « la Commission avait indûment rejeté la plupart des arguments qu’ils avaient soulevés concernant l’ouverture illégale de l’enquête en l’absence d’éléments de preuve suffisants de l’existence de pratiques de subvention préjudiciables, entre autres ».

Le Maroc a relevé « que plusieurs des arguments cruciaux n’ont pas du tout été examinés, par exemple le fait que la Commission avait accepté, au stade de l’ouverture de la procédure, des informations insuffisantes et inexactes du plaignant quant à l’existence d’une subvention sous forme de droits à l’importation et de TVA sur les marchandises importées ». Ce qui montre, selon les pouvoirs publics marocains, « que la Commission a ouvert une enquête sans connaître la portée exacte des régimes qu’elle entendait examiner ».

À la suite de l’information finale, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), DMA et les pouvoirs publics marocains ont affirmé que leurs droits de la défense n’avaient pas été garantis, soutenant que, dans certaines sections des réponses non confidentielles au questionnaire communiquées par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon, aucun résumé utile n’avait été fourni. Ils ont également fait valoir que les versions non confidentielles des rapports de vérification de la Commission ne garantissaient pas non plus leurs droits de la défense.

En 2024, la BEI a accordé 500 M€ de financements au Maroc

À l’occasion de la présentation de son bilan 2024, la Banque européenne d’investissement met en avant son engagement renforcé au Maroc, marqué par un volume de financements inédit.

Dans un contexte de reconstruction post-séisme et de transition économique, la Banque européenne d’investissement (BEI) a renforcé son soutien aux priorités stratégiques du Maroc, avec 500 millions d’euros de financements en 2024, en hausse de 56 % par rapport à 2023, selon un communiqué de la BEI.

Depuis le début de son partenariat avec le Maroc, la Banque a franchi la barre des 10 milliards d’euros d’investissement, finançant des projets majeurs dans l’énergie, l’eau, les transports, l’éducation et le soutien aux entreprises, ajoute la même source.

En octobre 2024, la BEI a signé la première tranche de 500 millions d’euros sur un engagement d’un milliard d’euros, destiné à la reconstruction des écoles, hôpitaux et routes endommagés par le séisme d’Al Haouz.

Ce financement s’inscrit dans le programme global de reconstruction mis en place par le Maroc. Il vise à rétablir les infrastructures essentielles dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des transports, tout en intégrant des normes sismiques renforcées et des solutions énergétiques durables conformément aux priorités du Partenariat vert Union européenne-Maroc, ajoute le BEI. Il contribuera directement à la réhabilitation des infrastructures essentielles et à la résilience des populations touchées. Ce soutien vient en complément d’un don de 225 millions d’euros de l’Union européenne (UE).

Par ailleurs, pour renforcer l’accès à l’éducation en zone rurale, la BEI, la délégation de l’UE au Maroc et le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports ont lancé un programme d’assistance technique de 6 millions d’euros sur cinq ans pour accompagner la construction et la réhabilitation de 150 établissements communautaires en milieu rural.

La BEI a également apporté une assistance technique à l’Office national des chemins de fer (ONCF) pour l’élaboration d’une stratégie de résilience et d’adaptation climatique du réseau ferroviaire marocain, afin de mieux faire face aux aléas météorologiques extrêmes et garantir la pérennité du transport ferroviaire.

Enfin, en décembre 2024, lors d’une rencontre de haut niveau, la BEI et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) ont réaffirmé leur partenariat visant à mobiliser des investissements essentiels pour soutenir les zones industrielles, renforcer le financement des PME et promouvoir la durabilité.

Depuis le début de leur collaboration, plus de 455 millions d’euros ont été engagés par la BEI pour accompagner des projets stratégiques menés par la CDG et ses filiales, illustrant ainsi une ambition commune d’accélérer la transition vers une économie plus résiliente et durable.

En 2025, la BEI poursuivra son appui aux infrastructures stratégiques du Maroc, en mettant l’accent sur le financement des PME, les énergies renouvelables et le transport durable. Elle continuera également d’accompagner la transition verte et la modernisation des réseaux d’eau et d’électricité, afin de renforcer la résilience du pays et d’améliorer l’accès aux services essentiels.

Cité dans le communiqué, Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI, a déclaré : « Le Maroc est un partenaire stratégique pour la BEI et l’Union européenne. En renforçant notre engagement et nos collaborations, notamment avec des acteurs clés comme la CDG et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, nous encourageons l’investissement dans les infrastructures stratégiques, soutenons la transition énergétique et favorisons un développement inclusif et durable, au bénéfice direct des citoyens, des entreprises et du tissu économique marocain ».

Adrien de Bassompierre, chef de la représentation de la BEI au Maroc, a ajouté : « Franchir le cap des 10 milliards d’euros engagés avec le Maroc témoigne de la solidité de notre partenariat et de notre engagement à long terme. Ces investissements ont un impact tangible : ils améliorent le quotidien des citoyens, renforcent la compétitivité des entreprises et accélèrent la transition vers une économie plus résiliente et durable ».

Le Conseil d’État français rejette une demande d’interdiction des importations marocaines en raison de l’étiquetage

La Confédération paysanne avait saisi le Conseil d’État en l’absence de réponse du gouvernement français quant à sa demande d’interdire les tomates cerises et les melons charentais sur le marché hexagonal. L’association estimait que leur étiquetage, mentionnant le Maroc comme pays d’origine, « ne respectait pas le droit européen en matière d’information des consommateurs », indique un communiqué du Conseil d’État français.

Interrogée sur cette question, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a statué que l’interdiction de ces importations relèverait de la politique commerciale commune de l’Union européenne, et non d’un État membre pris individuellement. « La CJUE a jugé qu’un État membre ne peut, unilatéralement, interdire l’importation de produits agricoles […] car une telle décision relève de la politique commerciale commune et de l’Union européenne », ajoute le communiqué.

En conséquence, la France ne pouvait pas décider unilatéralement d’interdire ces produits sur son territoire, précise le Conseil.

Le Conseil d’État a donc suivi cette interprétation et a conclu que les ministères français de l’Économie et de l’Agriculture n’étaient pas en mesure de prononcer une interdiction d’importation des tomates cerises et des melons charentais marocains. « Pour cette raison, le Conseil d’État rejette le recours de la Confédération paysanne », conclut le communiqué du Conseil.

Pour rappel, la CJUE a confirmé, le 29 septembre 2024, l’annulation des accords commerciaux UE-Maroc de 2019. La Cour a également statué sur l’étiquetage des produits agricoles, indiquant que ceux-ci doivent mentionner exclusivement « Sahara » comme pays d’origine, sans référence au Maroc.

https://medias24.com/2021/10/01/accords-maroc-ue-ce-que-lon-retient-de-larret-du-tribunal-europeen/

Nouvelle feuille de route pour la relance des relations entre les parlements marocain et européen

Le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, et la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, ont convenu, le mardi 3 décembre à Bruxelles, d’une feuille de route pour la relance des relations entre les parlements marocain et européen.

« Nous avons examiné plusieurs sujets et convenu d’une feuille de route et d’une méthode de travail pour relancer la coopération entre les parlements marocain et européen et surmonter tous les dysfonctionnements qui ont entaché ces relations« , a souligné dans une déclaration à la MAP Rachid Talbi Alami, à l’issue de ses entretiens avec Roberta Metsola.

Respect des « conditions marocaines »

Rachid Talbi Alami, qui effectuait une visite dans l’hémicycle européen, à l’invitation de la présidente du Parlement européen, a mis en avant la « volonté certaine, exprimée par Mme Metsola, pour rétablir et relancer les relations », après les dernières élections européennes et la restructuration du Parlement européen.

Il a insisté, à ce sujet, sur la nécessité du respect des « conditions marocaines » à même d’assurer de meilleures relations entre les deux institutions législatives, « dans le cadre du respect mutuel ».

Et d’ajouter que Roberta Metsola a mis en avant « la place qu’occupe le Maroc dans le voisinage européen, à la faveur de sa stabilité politique, économique et sociale, ses multiples acquis dans de nombreux domaines et sa politique extérieure, sous le leadership de S.M. le Roi Mohammed VI ».

(Avec MAP)

Maroc-UE : une convention de plus de 2 MMDH pour la reconstruction des zones sinistrées par le séisme d’Al Haouz

La convention a été signée par Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, et Olivér Varhelyi, commissaire européen au Voisinage et à l’élargissement. Ce financement est destiné à soutenir les efforts de reconstruction dans les régions touchées par le tremblement de terre du 8 septembre 2023.

Cette convention vient compléter un premier versement de 380 millions de MDH (35,6 millions d’euros) effectué en décembre 2023, portant ainsi l’aide totale de l’UE à plus de 2,4 MMDH en dons (225 millions d’euros). Un appel à propositions destiné aux organisations de la société civile, doté d’un budget de plus de 60 MDH (5,7 millions d’euros), a été lancé pour promouvoir la préservation et la valorisation du patrimoine local ainsi que pour renforcer la participation communautaire dans les efforts de reconstruction.

​La signature de cette convention s’inscrit dans les efforts liés à la mobilisation des ressources nécessaires pour la réhabilitation des infrastructures essentielles et des services de base dans la région, indique un communiqué du ministère des Finances et de l’économie.

Ce programme s’étalant sur deux ans (2024-2025), vise à:

– Soutenir les individus identifiés comme affectés par le séisme afin qu’ils accèdent à une habitation réhabilitée ou reconstruite,
– Contribuer au redémarrage des services publics (santé et éducation) dans des bâtiments fonctionnels,
– Contribuer à la relance et au dynamisme de l’activité économique et à la cohésion territoriale dans les zones touchées par le tremblement de terre.

Le commissaire européen au Voisinage et à l’élargissement Olivér Várhelyi en visite au Maroc

Lors de cette visite, le commissaire rencontrera le ministre des Affaires étrangères marocain, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, et le directeur général du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, Mohamed Benchaâboun.

Durant la visite, le commissaire signera avec le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaâ, un accord de 190 millions d’euros alloués à un programme intégré de reconstruction et de mise à niveau générale des zones sinistrées par le séisme de septembre 2023. Ce programme d’une valeur totale de 225 millions d’euros porte sur le soutien des populations affectées par le séisme, ainsi que la relance des services publics essentiels et la revitalisation l’économie locale.

En fin de journée, le commissaire Várhelyi visitera le centre de traitement des eaux usées d’El Menzeh de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), qui fait partie du soutien fourni par l’Union européenne et l’équipe Europe au Plan national d’assainissement marocain dans le cadre du Plan économique et d’investissement pour le voisinage Sud. Ce plan accompagne depuis 2020 les efforts de réformes prioritaires du Royaume par des programmes d’appui dans plusieurs secteurs, entre autres le partenariat vert, l’agriculture, la protection sociale, l’emploi, l’éducation et la migration.

Un point de presse conjoint avec le commissaire Várhelyi et le ministre Bourita se tiendra vers midi à la suite de leur rencontre.

Le Conseil européen réaffirme « la grande valeur » que l’UE attache à son partenariat stratégique avec le Maroc

Le Conseil européen a également réitéré la nécessité de préserver et de continuer à renforcer les relations étroites avec le Royaume dans tous les domaines du partenariat Maroc-UE.

Il s’agit de la troisième fois depuis la décision de la Cour de justice de l’UE, il y a deux semaines, que l’UE réaffirme cet attachement au plus haut niveau.

En effet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Haut-représentant de l’UE, Josep Borrell, avaient réaffirmé, dans une déclaration conjointe, l’engagement du bloc européen en faveur de davantage de préservation et de renforcement des relations étroites avec le Maroc dans tous les domaines, conformément au principe « pacta sunt servanda ».

Cet engagement a été réitéré, cette semaine, par le chef de la diplomatie de l’UE, qui présidait le Conseil des Affaires étrangères de l’UE, insistant sur l’ »immense valeur » que l’UE accorde au partenariat stratégique avec le Maroc.

(Avec MAP)

LIRE AUSSI

La décision de la CJUE est “en déphasage avec la réalité » et « sans impact” sur la question du Sahara marocain (Nasser Bourita)

Reconstruction post-séisme : la BEI débloque une première tranche de 5,4 MMDH de son prêt au Maroc

La Banque européenne d’investissement (BEI) a signé, ce jeudi 10 octobre, avec le ministère de l’Economie et des finances, un accord portant sur une enveloppe de 500 millions d’euros (environ 5,4 milliards de DH).

Il s’agit de la première tranche d’un prêt total de 1 milliard d’euros destiné à contribuer à la reconstruction des infrastructures publiques dans les régions touchées par le séisme du 8 septembre 2023.

Cet engagement marque un « soutien fort de la BEI pour accompagner le Maroc dans la réhabilitation des infrastructures essentielles et la revitalisation des zones sinistrées après cette catastrophe », indique un communiqué de la BEI.

Ce soutien s’inscrit ainsi dans le cadre du programme global de reconstruction du Maroc. Il se concentre sur trois axes prioritaires : d’abord, la réhabilitation des écoles, des hôpitaux et des réseaux routiers dans les zones les plus touchées ; ensuite, l’amélioration des normes sismiques afin d’assurer une meilleure résilience aux catastrophes ; enfin, l’intégration de solutions énergétiques durables pour renforcer l’adaptation aux changements climatiques et l’efficacité énergétique, conformément aux priorités du Partenariat vert Union européenne-Maroc, ajoute le communiqué.

Selon la même source, cet appui comprend également une subvention d’assistance technique dédiée à la mise en œuvre du projet, afin de renforcer la structure du programme et de garantir une reconstruction durable.

« Ce financement inédit en faveur du Maroc est un exemple concret de notre engagement à accompagner nos partenaires dans des moments de crise. Après la tragédie du séisme et les efforts remarquables déjà déployés par le Royaume du Maroc, ce financement permettra non seulement de rétablir des services vitaux dans les régions les plus durement touchées, mais aussi de reconstruire des infrastructures modernes, résistantes et écologiques », a déclaré Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI, cité dans le communiqué.

Il a ajouté : « Notre objectif est que les habitants des régions sinistrées puissent retrouver des conditions de vie décentes, en bénéficiant notamment d’écoles, de routes et d’hôpitaux modernes répondant aux meilleures normes internationales. La BEI se tient aux côtés du Maroc pour assurer une reconstruction durable et bénéfique pour les générations futures ».

En marge de la signature de cet accord, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, a tenu une réunion de travail avec Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI. Les discussions ont porté sur le soutien de la Banque à la trajectoire de développement du Maroc et à son programme de réformes, notamment dans les projets relatifs aux infrastructures.

Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des finances, et Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI.

À cette occasion, la ministre a souligné « l’importance du partenariat stratégique » qui consolide les relations de coopération entre le Maroc et la Banque européenne d’investissement.

De son côté, Ioannis Tsakiris a exprimé la « détermination de la Banque à renforcer davantage les liens de coopération avec le Maroc et à contribuer au financement des projets de développement en ligne avec les priorités sociales et économiques du Royaume ».