CAN 2025. Dans la tête des Lions de l’Atlas après l’échec en finale

Si elle a traumatisé tout un pays, on peut imaginer l’impact que la défaite en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a pu avoir sur les Lions de l’Atlas, et en particulier sur Brahim Diaz.

Cette CAN devait être celle de la consécration à domicile. Elle s’est finalement transformée en une épreuve mentale d’une rare intensité, marquée par plusieurs séquences clés, dont le penalty manqué par le Madrilène, devenu la cible de toutes les critiques.

Par-delà le geste technique, c’est tout un contexte émotionnel qui s’est condensé en quelques secondes, dont la pression d’un stade acquis à la cause marocaine, l’attente d’un pays, le poids d’une finale à domicile, la tension des évènements précédant le tir et la solitude extrême du tireur face à son choix.

Un instant où la lucidité le dispute à l’instinct, où la décision n’est plus uniquement sportive mais aussi psychologique.

Pour comprendre ce qui peut se jouer dans la tête d’un joueur à un tel moment, mais aussi les répercussions d’un échec sur l’ensemble d’un groupe, Médias24 a échangé avec Karim Boukallouch*, docteur en psychologie du sport, spécialiste de la performance mentale et de l’accompagnement des athlètes de haut niveau.

Dr Karim Boukallouch, psychologue du sport, spécialiste de la performance mentale et de l’accompagnement des athlètes de haut niveau.

Médias24 : Quels mécanismes psychologiques peuvent pousser un joueur à tenter une panenka à un moment aussi important du match ?

Karim Boukallouch : C’est un geste hautement symbolique qui mobilise plusieurs dispositifs psychologiques. Le joueur cherche à protéger son identité sportive. Montrer qu’il est créatif, audacieux et sûr de lui. Il transforme la peur en excitation et la menace en défi personnel.

Le geste implique une forte tolérance au jugement, l’acceptation possible de l’humiliation publique et une personnalité à forte prise de risque. 

– Peut-on parler d’excès de confiance ?

– Oui, un excès de confiance peut exister si le joueur surestime ses capacités ou sous-estime le contexte (finale, enjeu collectif, attentes du pays, famille ou club).

– Dans ces moments-là, est-ce que le joueur pense encore à l’équipe ou est-il déjà dans une logique individuelle ?

– Même s’il tire pour l’équipe, le joueur vit la situation seul, à travers un silence intérieur et un isolement perceptif. Il reste dans une logique d’équipe s’il se sent représentant du groupe. Sinon, sa logique devient individuelle, centrée sur lui, son image et sa carrière.

– Le contexte influence-t-il la prise de décision au moment du tir et le choix du geste technique ?

– Le contexte – finale à domicile, statut de star et attente populaire – influence fortement le choix du geste. Il transforme le champ attentionnel et détermine si le joueur optera pour un geste prudent ou spectaculaire. Les profils anxieux privilégient la sécurité, les profils expressifs le spectaculaire.Juste après l’échec, le joueur est temporairement paralysé, comme interrompu dans l’action par la secousse émotionnelle

– Que se passe-t-il psychologiquement juste après un penalty raté ?

– Le joueur subit un choc émotionnel brutal. Il est en état de sidération et de honte. Il a le sentiment d’avoir trahi tout le monde. Son attention se fige sur l’erreur, tandis que le regard du public et des coéquipiers est perçu comme un jugement.

Le fait que l’échec soit public aggrave considérablement le choc. Le joueur doit gérer sa propre déception et l’anticipation du jugement des médias et du public, intensifiant honte, culpabilité et sentiment d’infériorité.

Il peut revivre la scène en boucle, surtout dans les heures qui suivent, par des images mentales intrusives. C’est ce qu’on appelle la rumination post-événement. Avec le soutien social et un travail psychologique, ces images peuvent se réduire ou se transformer en expérience intégrée.

– Comment cet échec individuel peut-il affecter le groupe ?

– L’effet émotionnel se diffuse au sein de l’équipe. La tristesse, la frustration et la colère diffuse se propagent, car l’échec d’un individu est perçu comme une défaite collective.

Le groupe doit choisir entre défendre le joueur et renforcer l’unité, ou chercher un coupable, au risque de fragiliser l’ambiance.

Un non-dit peut s’installer si l’échec n’est pas abordé – avec des tensions vagues, des évitements ou des modifications discrètes dans les interactions. Cela détériore la confiance et affaiblit l’unité du groupe.Le joueur peut développer une défiance envers ses compétences

– Peut-on parler de traumatisme psychologique après une finale perdue de cette manière ?

– Oui, dans certains cas, surtout si l’événement dépasse les capacités de gestion du joueur ou de l’équipe. Les symptômes sont : flashback, hypervigilance, perte de confiance ou crainte de se retrouver dans la même situation.

Le joueur peut développer une défiance envers ses compétences, éviter les situations à risque, diminuer sa capacité à prendre des initiatives et se construire une identité de « joueur fragile sous pression ».

La posture et la position de Brahim Diaz lors de la photo avec Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid illustrent la difficulté de gérer un échec public.

– Le suivi psychologique est-il nécessaire ?

– Absolument. Immédiatement après, il faut contenir et protéger grâce à de la présence humaine et à des messages simples comme « tu fais partie de l’équipe », sans analyse technique ni reproche.

Quelques jours plus tard, on analyse l’échec, on restaure la confiance et on transforme l’expérience.

– Un échec aussi douloureux peut-il devenir un levier de progression mentale ?

– Un échec aussi douloureux peut devenir un levier de progression mentale, à condition d’être accompagné. Il développe résilience, clarté émotionnelle et robustesse face à la pression. Le soutien du groupe et du staff est décisif pour éviter l’isolement.

– Si vous deviez résumer en une phrase ce que traverse aujourd’hui l’équipe nationale marocaine sur le plan mental… 

« L’échec d’aujourd’hui forge la victoire de demain ». La sélection marocaine traverse une période de vulnérabilité émotionnelle où frustration et déception doivent être assimilées pour se transformer en force collective.

*Docteur en psychologie du sport, professeur associé à l’Institut des sciences du sport de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, Karim Boukallouch accompagne depuis plus de quinze ans des athlètes de haut niveau, des sélections nationales et des clubs professionnels, au Maroc comme à l’étranger. Son expertise, à la croisée de la performance et de la santé mentale, offre un regard précieux sur les mécanismes qui façonnent les victoires et les échecs.

Équipe nationale. Si près du bonheur (CAN 2025)

National team. So close to happiness (CAN 2025)

Sunday, January 18, 2026, was meant to be a dream. Instead, it will remain etched in our memories — filed under nightmares.

It must be said that, emotionally, we were not caught off guard. Since 2004, we have known the difference between losers and winners in a final — the gap between players and heroes. Between a deep collective pride, hard to wrest from defeat, and the choice to be content with everything else.

The highest continental peak reached by the national team in more than twenty years thus merged with the deepest of disappointments.

This is the second final lost by the Lions of the Atlas, after the 2004 AFCON. A new setback that ushers in an era of nuance.

It is the best result for a Moroccan side in a home AFCON final tournament, after the semi-final elimination against Cameroon in 1988. And reaching the final is a fine achievement. But it was a bitter way to lose.

In reality, the national team players have little to regret. Their coach, Walid Regragui, probably has more to answer for.

The national team left great memories

It is true that the national team’s journey shows clear progress compared to the last edition, and to that of 1988.

The national team went beyond the round of 16 and carried the pressure of host-nation status all the way to the end — a burden Cameroon had lifted from them back in 1988.

They came through the tricky round of 16 against Tanzania unscathed. They overcame a vengeful Cameroon. They knocked out Nigeria, one of the tournament favorites. In short, they left lasting memories.

But they lacked a bit of freshness, a touch of luck, and above all, the serenity needed in the final minutes of the match.

Especially at the moment when Brahim Diaz thought more about the impact of winning AFCON with a panenka than about simply securing victory.

Let’s not fool ourselves: in situations where selfishness outweighs the collective interest, optimism counts for little.

But it is evident that Moroccan football has a future as bright as the recent past of its different categories.

And this, even if the value of this run remains below that of 2004, when talent and popular support were far less.

During this AFCON, the national team seldom lived up to expectations on the pitch. Yet they still occupy a distinguished place in Moroccan football history.

Walid Regragui does not come out strengthened from this AFCON

Reaching the final despite so many flaws reveals a profound merit and a genuine collective effort.

The question remains whether this result is enough to keep Walid Regragui in charge. History shows that winning a final grants impunity — but does losing invite reproach?

The coach weathered violent storms in the build‑up to the competition, fewer during its course. Yet he emerges from this AFCON no stronger than before.

Had victory come, his mandate would have continued serenely, at least until the 2026 World Cup in North America (United States, Canada, Mexico). But victory never came.

The wins over Cameroon — and above all Nigeria — bolstered the belief that Walid Regragui had both direction and method.

An impression likely overstated, given his constant contradictions and the instability of his game plan.

How can one explain, for example, that apart from Ayoub El Kaabi, no center‑forward scored during the competition?

This strength from the bench was arguably what Morocco lacked most in this AFCON — as much as coherence.

The question arises as to why the Moroccan coach, ever since the round‑of‑16 elimination in the previous edition, worked to build a possession‑based team — only to abandon that approach from the quarter‑finals of the 2025 AFCON.

Indeed, from the match against Tanzania onward, Morocco consistently had less possession than their opponents.

A squad of 26, far from its best

Difficult, under such conditions, to harness the extraordinary offensive talent this team possesses — more than any previous generation.

And above all, how to reconcile the coach’s satisfaction with his bench, when he fielded the same starting eleven from the round of 16 to the final, across four matches in less than two weeks?

The final revived a regret voiced even before the competition began: the call‑up of several injured or out‑of‑form players at the expense of others, perhaps less dazzling but far more competitive.

It would be unfair to deny Walid Regragui his ability to build a team — in clubs as well as with the national side.

Yet too often, that collective strength is built on the altar of individual brilliance, rather than on the chemistry among all the talents that compose it.

In any event, the generation of Achraf Hakimi and Brahim Diaz will face Brazil in six months, in the opening match of Group C at the 2026 World Cup. They will strive to ensure that the feat of 2022 does not fade into a mere memory.

There is no doubt that, from the March friendlies, the Atlas Lions will reunite with joy. They will remember that the adventure of this AFCON was not, after all, so catastrophic.

Above all, because of their ability to unite and to foster an atmosphere charged with hope and ambition — an atmosphere in which the belief that anything was possible truly took root.

An organization with little room for improvisation

The organization and the surge of popular enthusiasm left a lasting impression. Though not every one of the 51 matches was played in a full stadium, the vast majority were.

Fan zones brimmed with supporters, and despite occasional setbacks, the quality of the base camps and pitches helped sustain the festive spirit of the competition.

Improvisation was almost absent — save for a final that resembled a parachute jump more than an emotional rollercoaster.

The events that marked the most important match of Africa’s biggest competition will leave a lasting imprint on collective memory. They will also fuel the discourse of those who argue it was not the greatest edition in history.

But the financial and human investments, together with the warm welcome of the Moroccan people, confirmed instead that the Kingdom is a football nation — endowed with the expertise and the assets needed to host the 2030 World Cup in four years’ time.

Meanwhile, we would have loved the celebration to last until dawn. Yet to live the final day of such a competition as a day of grandeur will remain, all the same, a privilege.

Équipe nationale. Si près du bonheur (CAN 2025)

Le dimanche 18 janvier 2026 devait être une journée de rêve. Elle restera à jamais gravée dans nos mémoires, rangée dans la case cauchemar.

Il faut dire que nous n’avons pas été pris au dépourvu sur le plan émotionnel. Depuis 2004, on connaît la différence entre les perdants et les vainqueurs d’une finale. L’écart entre des joueurs et des héros. Entre une profonde fierté collective, difficile à arracher à la défaite, et la décision d’être heureux pour tout le reste.

Le plus haut sommet continental atteint par l’équipe nationale depuis plus de vingt ans s’est ainsi mêlé à la plus grande des déceptions. 

C’est la deuxième finale perdue par les Lions de l’Atlas, après celle de la CAN 2004. Un nouveau revers qui nous fait entrer dans une ère de nuance. 

C’est le meilleur résultat d’une sélection marocaine dans une phase finale de CAN à domicile, après l’élimination en demi-finale face au Cameroun en 1988. Et c’est très beau d’aller en finale. Mais c’est un peu moche de la perdre de cette manière.

En réalité, les joueurs de l’équipe nationale ont peu de choses à regretter. Leur entraîneur, Walid Regragui, en a sans doute davantage à se reprocher.

L’équipe nationale laisse de beaux souvenirs

Il est vrai que le parcours de l’équipe nationale marque une progression nette par rapport à la dernière édition, et à celle de 1988.

Elle a dépassé le stade des huitièmes de finale et assumé jusqu’au bout la pression liée au statut de pays organisateur, alors qu’elle s’en était fait délester par le Cameroun en 1988.

Elle est sortie indemne du match piège face à la Tanzanie en huitième de finale. Elle a terrassé un Cameroun revanchard. Elle a éliminé le Nigeria, l’un des favoris de la compétition. En somme, elle a laissé de beaux souvenirs.

Mais il lui a manqué un peu de fraîcheur, un peu de chance, et surtout davantage de sérénité dans les dernières minutes de la finale.

En particulier ce moment où Brahim Diaz a davantage pensé à l’effet que cela ferait de remporter une CAN sur une panenka, plutôt que de penser à la gagner, tout simplement.

Inutile de vous mentir, dans ce genre de situation, où l’égoïsme prend le pas sur l’intérêt collectif, l’optimisme ne sert pas à grand-chose. Mais il est évident que le football de sélection marocain possède un avenir aussi radieux que le passé récent de ses différentes catégories.

Et ce, même si la valeur de ce parcours reste inférieure à celle de 2004, où la quantité de talent et le soutien populaire étaient nettement moins importants.

Durant cette CAN, l’équipe nationale n’a que très rarement été à la hauteur dans le jeu. Pourtant, elle occupe une place très élevée dans l’histoire du football marocain.

Walid Regragui ne sort pas renforcé de cette CAN

Arriver en finale avec autant d’imperfections relève d’un mérite profond et d’une véritable construction collective.

Reste à savoir si ce résultat suffira à conforter Walid Regragui sur le banc. Si, historiquement, gagner une finale vaut l’impunité, la perdre autorise-t-il les reproches ?

Le sélectionneur a traversé de violentes intempéries à l’approche de la compétition, moins pendant son déroulement. Mais il ne sort certainement pas renforcé de cette CAN.

En cas de victoire, il était assuré de poursuivre son mandat dans la sérénité, au moins jusqu’au Mondial 2026 en Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique). Mais de victoire, il n’y en a pas eu.

Le succès face au Cameroun, et surtout celui contre le Nigeria, avait pourtant renforcé l’idée que Walid Regragui savait où il allait, et comment y aller.

Une impression sans doute exagérée, au regard de ses sempiternelles contradictions et de l’instabilité dans la gestion de son plan de jeu. Comment expliquer, par exemple, qu’à l’exception d’Ayoub El Kaabi, aucun avant-centre n’ait marqué durant la compétition ? Cette force venue du banc est ce qui a certainement le plus manqué dans cette CAN, autant que la cohérence.

Se pose justement la question de savoir pourquoi le technicien marocain a tout fait, depuis l’élimination en huitième lors de la précédente édition, pour construire une équipe de possession, avant de décider subitement de ne plus en vouloir à partir des quarts de finale de la CAN 2025.

En effet, depuis le match face à la Tanzanie, le Maroc a systématiquement eu moins le ballon que ses adversaires.

Un groupe de 26 loin d’être au top de sa forme

Difficile, dans ces conditions, d’exploiter l’incroyable talent offensif dont jouit cette équipe, plus que toute autre version précédente.

Et surtout, comment donner du sens à la satisfaction affichée par le sélectionneur quant à la performance de son banc, tout en alignant le même Onze de départ du huitième jusqu’à la finale, soit quatre rencontres disputées en moins de deux semaines ?

La finale a ravivé un regret que nous avions exprimé avant même le début de la compétition. Celui d’avoir convoqué plusieurs joueurs blessés ou en méforme, au détriment d’autres, peut-être moins brillants, mais bien plus compétitifs.

Il serait toutefois injuste de nier à Walid Regragui sa capacité à construire une équipe, partout où il est passé, en club comme en sélection. Mais, trop souvent, cette force collective se construit sur l’autel des qualités individuelles, plus que sur l’alchimie entre tous les talents qui la composent.

Quoi qu’il en soit, la génération d’Achraf Hakimi et de Brahim Diaz jouera dans six mois face au Brésil, en match d’ouverture du groupe C de la Coupe du monde 2026, et tentera de ne pas transformer l’exploit du Mondial 2022 en simple souvenir sans lendemain.

Et on peut vous assurer que, dès les matchs amicaux du mois de mars, les Lions de l’Atlas seront heureux de se retrouver. Ils se rappelleront que l’aventure de cette CAN n’était finalement pas si catastrophique. Notamment par leur capacité à fédérer et à créer une atmosphère emplie d’espoir et d’ambition. Une atmosphère où l’idée que tout était possible s’est installée durablement.

Une organisation où il y avait peu de place à l’improvisation

L’organisation et l’engouement populaire ont, eux aussi, marqué les esprits. Si les 51 rencontres ne se sont pas toutes disputées dans des stades pleins à craquer, une large majorité d’entre elles l’ont été.

Les fan-zones ont souvent affiché complet. Malgré quelques couacs, la qualité des camps de base et celle des pelouses ont largement contribué à l’esprit festif de la compétition.

Il n’y a quasiment pas eu d’improvisation. Excepté lors d’une finale plus proche d’un saut en parachute que de l’ascenseur émotionnel.

Les événements ayant émaillé la rencontre la plus importante de la plus grande compétition africaine laisseront des traces dans la mémoire collective. Ils nourriront le discours de ceux qui assurent que ce n’était pas la plus grande édition de l’histoire.

Mais les investissements financiers et humains, tout comme l’accueil chaleureux du peuple marocain, ont au contraire confirmé que le Royaume est un pays de football, doté de l’expertise et des atouts nécessaires pour organiser, dans quatre ans, la Coupe du monde 2030.

En attendant, on aurait aimé faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Mais vivre le dernier jour d’une telle compétition comme un très grand jour restera, malgré tout, un privilège.

AFCON 2025: Senegal Crowned Champions After Beating Morocco

Morocco had waited half a century to reclaim the Africa Cup of Nations, but the long wait continues after a 1–0 defeat to Senegal in the final of the 35th edition, played Sunday, January 18, at the Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat.

Great promises were made, yet the wonders vanished. All that remained was a Senegalese mountain too hard to climb, where a nation’s hopes crumbled.

Morocco pushed in the final moments, finishing with ten men after Hamza Igamane was forced off injured. Yassine Bounou excelled in keeping them in the game, but it wasn’t enough.

Brahim Diaz could have changed the course of history if he hadn’t squandered the opportunity, sending his Panenka straight into Édouard Mendy’s hands.

But before that, the final threatened to turn into a drama, as Senegalese fans erupted over the referee’s penalty call for Morocco and tried to invade the pitch until security intervened.

One supporter required urgent evacuation. The players, meanwhile, were left bewildered after the referee had just disallowed a goal from a corner for a slight foul on Achraf Hakimi.

The end of the match was completely wild. The Lions of Teranga even began to walk off the pitch, before returning to deny Diaz’s penalty and seal victory with Pape Gueye’s sublime strike.

It was a final of few chances, where the stakes clearly overshadowed the game. Yet there was a certain logic to Senegal’s victory: they were far superior to the Atlas Lions, who fought until the end but failed to equalize.

A Crazy Atmosphere with 65,000 Supporters

Walid Regragui once again named an unchanged starting eleven, identical to that of the knockout phase.

A consistent team applying the same principles: a low-to-medium block in a compact 4-1-4-1, designed to close spaces and cut passing lanes.

And once possession was regained, the immediate aim was to exploit depth before the opposing defense could reorganize.

All of this, of course, in a crazy atmosphere, with 65,000 Moroccan supporters driving the Atlas Lions forward as much as they unsettled the Senegalese.

Even though the latter threatened Yassine Bounou’s goal far more than the reverse in the early stages.

To the point that the Moroccan goalkeeper had to rescue his team, deflecting a Senegalese header at the far post from a perfectly delivered Sadio Mané corner (5’).

To be fair, Senegal would not have been undeserving of the lead, given their more enterprising play in the opening quarter-hour and throughout the first half.

Mainly because Neil El Aynaoui’s teammates struggled to contain Sadio Mané’s movements between the lines and in the half-spaces, compounded by some easily avoidable turnovers.

However, at one stage, it seemed Pap Thiaw’s protégés had squandered their chance, allowing Morocco to regroup.

Ismaïl Saibari Stands out for Defensive Effort

It was Abdessamad Ezzalzouli who first sparked danger with a run and a dangerous cross that unfortunately found no takers (8’).

This inspired Ismaïl Saibari to try his luck with a central run, but his shot flew well wide (13′).

The PSV Eindhoven attacking midfielder stood out more for his defensive work than for his actions on the ball.

His work rate was immense, often sparking Morocco’s quick transitions with ball recoveries in midfield.

But, like his teammates, he did not always make the right choices in the most crucial moments.

Especially since, for nearly half an hour, Brahim Diaz — expected to lead Morocco’s attack — was invisible.

He was absent from the exchanges and from the titanic battle between the two teams — a battle fought at every moment and one that nearly swung in favor of the Lions of Teranga.

But that was without reckoning with the efficiency of the Moroccan goalkeeper.

Released by Nicolas Jackson, Iliman Ndiaye missed his one-on-one with Bounou, whose quick rush deflected the Everton forward’s shot for a corner (38’).

Morocco Content Simply Not to Be Behind

Considering Senegal’s missed chances, it increasingly seemed they would pay for them. Our premonition nearly came true when Nayef Aguerd only grazed a pinpoint cross from Abdessamad Ezzalzouli (40’).

Overall, Morocco could take solace in reaching halftime level, after a first half in which none of their three shots found the target.

On the other hand, national coach Walid Regragui repeatedly showed his frustration on the sidelines. He was clearly unhappy — and understandably so.

He was even less so when Ayoub El Kaabi completely missed the target from just two meters out, failing to convert Bilal El Khannouss’s precise delivery (59’).

Indeed, this match at times felt like harvest season. That impression was reinforced when Ayoub El Kaabi, once again, and Abdessamad Ezzalzouli both squandered chances to take the lead after a well-executed counter led by Brahim Diaz, who finally began to show in the second half (64’).

Neil El Aynaoui’s injury in an aerial duel briefly halted the Atlas Lions’ momentum, just as they were beginning to gauge their opponents and pose a threat.

The introduction of Ismaïla Sarr on the right side of Senegal’s defense was a bold move by Pap Thiaw. Combined with Abdoulaye Seck’s entry, it enabled the Lions of Teranga to shift to a five-man back line with three center-backs.*

Pap Thiaw Won the Tactical Battle Against Regragui

But it was Ibrahim Mbaye’s introduction that caused the greatest problems for Morocco’s defense. His dazzling dribbles in the box, capped by a magnificent curling shot, sent shivers through the stands (90’).

Fortunately for Morocco, Yassine Bounou once again produced a world-class save.

In the ensuing play, Abdessamad Ezzalzouli had the chance to stun Senegal, but failed to hit the target.

Tension mounted late on, with the referee under pressure as he disallowed a Senegal goal before awarding Morocco a penalty — one squandered by Brahim Diaz, whose ill-judged Panenka went astray.

On the other side, Senegalese fans, feeling aggrieved, attempted to invade the pitch and clashed briefly with security forces.

The match eventually resumed, with Édouard Mendy denying Brahim Diaz’s Panenka before Pape Gueye extinguished the Atlas Lions’ last hopes.

Aided, admittedly, by Youssef En-Nesyri’s incredible miss deep in extra time.

Édouard Mendy was heroic in the 108th minute, denying a certain goal. Morocco pushed hard, but they were ultimately thwarted by a brilliant goalkeeper and, above all, a resolute Senegalese side.

Équipe nationale. Fin de saison pour Hamza Igamane

Le Maroc a perdu bien plus qu’un trophée en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. L’équipe nationale devra sans doute également faire sans Hamza Igamane en vue de la Coupe du monde 2026.

Arrivé, touché à l’adducteur au rassemblement des Lions de l’Atlas, l’attaquant du LOSC en est reparti blessé encore plus gravement.

Entré quelques minutes en jeu face au Sénégal, dimanche 18 janvier, Hamza Igamane a quitté le terrain quelques minutes plus tard, ayant des difficultés à poser le pied droit à terre.

En conférence de presse d’après-match, Walid Regragui a évoqué une possible rupture des ligaments croisés pour le natif de Rabat, sur un contact avec le gardien des Lions de la Teranga, Edouard Mendy.

Une hypothèse confirmée par le club lillois. « Les examens réalisés sur le joueur ont malheureusement confirmé une blessure sérieuse. Hamza Igamane souffre en effet d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit », précise un communiqué du LOSC.

« Hamza sera indisponible plusieurs mois. Le LOSC souhaite un prompt et total rétablissement à Hamza et accompagnera au mieux son joueur afin de le voir revenir plus déterminé encore aux côtés de ses coéquipiers », ajoute la même source.

Une indisponibilité d’au moins six mois

Une rupture du ligament croisé antérieur est l’une des blessures les plus lourdes pour un footballeur professionnel.

Elle nécessite une intervention chirurgicale, suivie d’une longue phase de rééducation, dont la durée varie généralement entre six et neuf mois, parfois davantage selon la réponse du joueur au protocole de soins.

Au-delà du temps strictement médical, le retour à la compétition dépend aussi de la récupération musculaire, de la confiance retrouvée et du rythme de jeu, autant de paramètres qui rendent toute date de reprise incertaine et imposent une gestion prudente sur le long terme.

Arrivé au LOSC en début de saison en provenance des Glasgow Rangers, le natif de Témara a été auteur d’un début de saison tonitruant avant de voir son niveau baisser progressivement en raison de pépins physiques.

Cela a commencé par une blessure à l’adducteur quelques jours avant le début de la CAN 2025. Ce qui n’a pas empêché le sélectionneur national, Walid Regragui, de le convoquer pour le grand raout continental.

Remis sur pied à la fin de la phase de groupes, l’international marocain, aux dix sélections, deux buts et une passe décisive, n’aura finalement disputé que 44 minutes durant cette CAN dont les dix minutes qu’il a passées sur la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah à Rabat en finale, avant de devoir sortir, laissant ses coéquipiers à dix.

CAN 2025. Pourquoi le Maroc a perdu en finale contre le Sénégal (analyse vidéo)

La défaite du Maroc face au Sénégal (0-1) en Coupe d’Afrique des nations 2025, le dimanche 18 janvier à Rabat, est multifactorielle. Elle symbolise toutes les carences d’une équipe qui a payé la note de ses errements en une fois. Au plus mauvais moment.

Avant que nous nous penchions sur les raisons tactiques et stratégiques de cette défaite, il convient de noter que les Lions de l’Atlas ont également péché sur le plan physique. Ce qui n’est pas totalement surprenant.

Et pour cause, depuis les huitièmes de finale, le Maroc a enchaîné quatre rencontres à haute intensité en moins de deux semaines, avec le même Onze.

Ce pari risqué et perdu est une pierre dans le jardin du sélectionneur national Walid Regragui et interroge sur la gestion du groupe, son choix des 26 sélectionnés, dont plusieurs revenaient de blessures tandis que d’autres se sont blessés pendant la compétition.

L’usure physique a pesé, notamment sur les courses de pressing que les milieux offensifs devaient effectuer pour soutenir Ayoub El Kaabi, face à la construction sénégalaise à trois derrière.

Le Maroc s’appuie généralement sur un pressing efficace pour perturber la construction adverse. Face au Sénégal, ce point fort s’est transformé en faiblesse.

Médias24

 

Un pressing marocain inopérant

Les milieux marocains n’ont pas toujours réussi à sortir pour soutenir El Kaabi, laissant le Sénégal progresser avec des solutions faciles.

Alors que de l’autre côté du terrain, les difficultés éprouvées par les Lions de l’Atlas dans la relance ont empêché la progression du jeu dans des zones avancées et ont réduit considérablement l’influence de Brahim Diaz.

Le Sénégal oriente la relance du Maroc sur le côté.

Tout simplement parce que la pression sénégalaise, elle, a été beaucoup plus efficace. L’axe central a été fermé et la relance des Lions de l’Atlas, notamment celle de Nayef Aguerd, défenseur central droit alors qu’il est gaucher, a été orientée sur des positions inconfortables. Cette stratégie a ainsi limité les options marocaines.

Des espaces derrière la première ligne de pression

Revenons aux lacunes dans le pressing marocain. Comme le bloc de l’équipe nationale n’était pas compact, car la ligne défensive était un peu trop éloignée de celle du milieu de terrain, à chaque fois que les milieux relayeurs (Saibari et El Khannouss) sortaient pour presser la ligne de trois sénégalaise, un espace se libérait dans des zones dangereuses.

Les milieux relayeurs marocains étaient obligés de sortir du bloc pour accompagner le pressing d’Ayoub El Kaabi.

Ces zones n’étaient pas sur les lignes de touche ni dans le cœur du jeu, mais entre les deux, dans les zones médianes où le meilleur joueur sénégalais, Sadio Mané, a pu évoluer tranquillement, libre de tout marquage.

Ce positionnement a permis au Sénégal de créer des situations dangereuses, de combiner dans les intervalles et d’exploiter les décalages laissés par le bloc marocain, notamment derrière les latéraux ou au niveau des milieux épuisés par les courses incessantes.

D’ailleurs, sur le but de la victoire du Sénégal, on remarque un manque de couverture flagrant et une balance offensive extrêmement déséquilibrée. Le tout agrémenté d’une absence de repli.

Achraf Hakimi a bien tenté de perturber la course de Pep Gueye, mais le latéral marocain a étrangement perdu son duel. C’est comme s’il avait eu peur de s’engager complètement. On peut le comprendre, car il se relève d’une blessure.

Mais il est beaucoup plus difficile de ne pas en vouloir à Walid Regragui qui a trop misé sur un joueur pas au top de sa forme.

Vous l’aurez compris, au-delà de l’inefficacité chronique illustrée par la prestation ratée d’Ayoub El Kaabi, la finale de la CAN 2025 perdue par le Maroc a révélé plusieurs limites du plan de jeu marocain :

Ces facteurs combinés ont permis au Sénégal de trouver les solutions nécessaires pour s’imposer et de concrétiser ses opportunités malgré un match serré.

En résumé, la défaite du Maroc en finale de la CAN 2025 n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète un ensemble de limites tactiques, physiques et des choix stratégiques du staff.

CAN 2025. Le Sénégal champion d’Afrique aux dépens du Maroc

Le Maroc a attendu un demi-siècle pour remporter une nouvelle fois la Coupe d’Afrique des nations et il attendra encore quelques années après avoir été battu par le Sénégal (0-1), lors de la finale de la 35e édition, ce dimanche 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

On nous avait promis monts et merveilles, mais les merveilles se sont envolées. Il ne restait plus qu’une montagne sénégalaise difficile à grimper, sur laquelle se sont fracassés les espoirs de tout un peuple.

Le Maroc a poussé dans une fin de match qu’il a terminée à dix, en raison de la sortie sur blessure de Hamza Igamane. Yassine Bounou s’est démultiplié pour les maintenir dans le match. Mais cela n’a pas suffi.

Brahim Diaz aurait pu changer le sens de l’histoire s’il n’avait pas complètement manqué cette opportunité en envoyant le ballon dans les mains d’Édouard Mendy, sur une Panenka totalement ratée.

Mais auparavant, cette finale aurait pu virer au drame. Les supporters sénégalais ont très peu goûté à la décision de l’arbitre de siffler un penalty en faveur du Maroc, et l’ont exprimé en tentant d’envahir la pelouse avant que les services d’ordre n’interviennent.

Un supporter a même été évacué de toute urgence. Les joueurs étaient également dans l’incompréhension alors que, quelques minutes auparavant, l’arbitre leur avait annulé un but sur corner à cause d’une faute légère sur Achraf Hakimi.

La fin de match était complètement folle. Et les Lions de la Teranga avaient même entrepris de quitter la pelouse. Avant de revenir, de stopper le penalty de Diaz et d’inscrire un sublime but par l’intermédiaire de Pape Gueye.

C’était une finale avec peu d’occasions où l’enjeu a clairement pris le pas sur le jeu. Mais il y avait une forme de logique dans le succès des Sénégalais, qui ont été bien meilleurs que les Lions de l’Atlas, lesquels ont poussé jusqu’au bout sans réussir à revenir au score.

 

Une atmosphère de folie avec 65.000 supporters

Walid Regragui a une nouvelle fois pris le parti de lancer le même onze que celui aligné depuis le début de la phase à élimination directe.

Une équipe type qui applique les mêmes principes, à savoir un bloc bas/médian et compact en 4-1-4-1 pour fermer les espaces et les lignes de passe.

Et, une fois le ballon récupéré, la première intention est d’attaquer la profondeur avant que la défense adverse ne se mette en place.

Le tout, bien évidemment, dans une atmosphère de folie où les 65.000 supporters marocains ont autant poussé les Lions de l’Atlas qu’ils ont perturbé les Sénégalais.

Même si ces derniers approchaient bien plus les cages de Yassine Bounou que l’inverse en début de rencontre.

Au point que le portier de l’EN a dû sauver son équipe en repoussant une tête sénégalaise au second poteau à la suite d’un corner parfaitement botté par Sadio Mané (5’).

Inutile de vous mentir, les Sénégalais n’auraient pas démérité d’ouvrir le score tant ils ont été les plus entreprenants lors du premier quart d’heure et tout au long du premier acte.

Principalement en raison de l’incapacité des coéquipiers de Neil El Aynaoui à contrôler les déplacements de Sadio Mané entre les lignes et dans les demi-espaces, mais aussi à cause de certaines pertes de balle largement évitables.

Sauf qu’à un moment donné, nous avions eu l’impression que les protégés de Pap Thiaw avaient laissé passer leur chance et donné l’occasion aux Marocains de reprendre leurs esprits.

Ismaïl Saibari a brillé par son abattage défensif

C’est Abdessamad Ezzalzouli qui a été le premier à sonner la charge par un débordement puis un centre très dangereux qui n’a malheureusement pas trouvé preneur (8’).

Cela a donné des idées à Ismaïl Saibari, qui a tenté sa chance après une course plein axe. Mais son tir est passé largement à côté des cages d’Édouard Mendy (13’).

Le milieu offensif du PSV Eindhoven a davantage brillé par son travail défensif que par ses actions avec le ballon.

Son abattage a été énorme et il a souvent été à l’origine des transitions rapides du Maroc grâce à des récupérations au niveau de la ligne médiane.

Mais, à l’image de ses coéquipiers, il n’a pas toujours pris la bonne décision dans les moments les plus importants.

Surtout que, pendant près d’une demi-heure, Brahim Diaz, qui est censé être le capitaine de l’attaque marocaine, a brillé par sa transparence.

Il était absent des débats et du combat titanesque que menaient les deux équipes. Une bataille de tous les instants qui a failli un temps tourner en faveur des Lions de la Teranga. Mais c’était sans compter sur l’efficacité du portier de l’EN.

Lancé en profondeur par Nicolas Jackson, Iliman Ndiaye a manqué son face-à-face contre Bounou, dont la sortie en croix a permis de dévier le tir de l’attaquant d’Everton en corner (38’).

Le Maroc pouvait se satisfaire de ne pas être mené au score

Au vu des manqués sénégalais, plus le temps passait, plus on se disait qu’ils allaient le payer. Notre prémonition était à deux doigts de se réaliser, mais Nayef Aguerd n’a fait qu’effleurer un centre millimétré d’Abdessamad Ezzalzouli (40’).

Dans l’ensemble, le Maroc pouvait se satisfaire de ne pas être mené au score en rentrant au vestiaire après une mi-temps où il n’a cadré aucun de ses trois tirs.

De son côté, le sélectionneur national Walid Regragui n’a pas caché son courroux à plusieurs reprises sur le bord du terrain. Il n’était vraiment pas content, et on le comprend.

Il l’était encore moins lorsque Ayoub El Kaabi a complètement manqué le cadre à deux mètres des cages d’Édouard Mendy, sur un service au cordeau de Bilal El Khannouss (59’).

Décidément, cette rencontre semblait avoir été programmée pendant la saison des vendanges. Une impression confirmée par Ayoub El Kaabi, encore lui, et Abdessamad Ezzalzouli.

Ils ont tour à tour laissé passer l’opportunité d’ouvrir le score après un contre rondement mené par Brahim Diaz, qui a commencé à sortir la tête de l’eau en seconde mi-temps (64’).

La blessure de Neil El Aynaoui sur un duel aérien a quelque peu coupé les Lions de l’Atlas dans leur élan, alors qu’ils commençaient tout juste à prendre la mesure de leurs adversaires et à se montrer menaçants.

L’entrée d’Ismaïla Sarr sur le côté droit de la défense sénégalaise a été un choix assez osé de Pap Thiaw. Conjuguée à celle d’Abdoulaye Seck, elle a permis aux Lions de la Teranga de passer à une défense à cinq avec trois centraux.*

Pap Thiaw a remporté la bataille tactique face à Regragui

Mais c’est bel et bien l’apparition d’Ibrahim Mbaye qui a fait le plus de mal à la défense de l’EN. Sa série de dribbles dans la surface, conclue par un magnifique ballon enroulé, a fait passer des frissons dans les gradins (90’).

Heureusement pour le peuple marocain que Yassine Bounou a encore une fois sorti un arrêt de classe mondiale.

Dans la continuité, Abdessamad Ezzalzouli a eu l’occasion d’estoquer les Sénégalais, mais il n’a même pas cadré sa tentative.

Sur un fil, la fin de match était tendue comme un arc et l’issue de la rencontre pouvait basculer d’un côté comme de l’autre, comme en témoigne le but refusé au Sénégal en raison d’une poussette très limitée sur Achraf Hakimi (93’).

C’est le moment choisi par Walid Regragui pour apporter un ajustement et adopter le même système de jeu que son adversaire avec l’entrée d’Anas Salah-Eddine afin de former une défense à cinq.

La suite fut incroyable, avec un arbitre aux abois qui a annulé un but aux Sénégalais avant de siffler un penalty aux Marocains. Un tir au but manqué par Brahim Diaz, qui a tenté une Panenka inappropriée.

De l’autre côté, les supporters sénégalais, ressentant une injustice, ont tenté d’envahir la pelouse avant d’échanger quelques coups avec les autorités qui les empêchaient de rentrer sur le terrain.

Le match avait finalement repris. Édouard Mendy a arrêté la Panenka de Brahim Diaz avant que Pape Gueye n’anéantisse les derniers espoirs des Lions de l’Atlas.

Bien aidé, il est vrai, par l’incroyable manqué de Youssef En-Nesyri, au cœur des prolongations.

Edouard Mendy a été héroïque en sortant un but tout fait à la 108’. Car le Maroc poussait très fort mais ils ont buté sur un grand gardien et surtout une grande équipe du Sénégal.

CAN 2025. Maroc-Sénégal, une finale pour l’histoire

Ce dimanche 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les Lions de l’Atlas doivent renverser le Sénégal, en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 afin d’offrir au Maroc une deuxième CAN après l’édition 1976.

Ce sont des journées que l’on aimerait retenir et, en même temps, voir filer, tant elles donnent une autre mesure du temps et nous rapprochent d’une sensation d’excitation que l’on n’a plus connue depuis plus de vingt ans, et la finale perdue à Radès en 2004.

Au lieu de tenter sans cesse de se souvenir de la dernière fois que l’équipe nationale a failli gagner quelque chose, à une époque où nous avions plus de cheveux et moins de rides, il s’agit d’écrire une nouvelle page d’histoire, qui porte cette fois davantage de joie que de déception.

L’équipe nationale dispute la finale de la CAN 2025, ce soir, et c’est comme si tout recommençait. Les rues sont de nouveau envahies par le bonheur et l’écume d’une vague rouge et verte.

Un furia populaire et des tranches de mémoires qui remontent à la surface et disent qu’il n’y a qu’une seule manière de vivre ces moments-là, en levant les bras et un trophée magnifiquement encombrant.

Personne n’ignore que c’est la seule manière de ne pas s’enfoncer dans une nuit baignée de regrets et de larmes de tristesse.

Le Maroc a ressorti des tiroirs la bonne vieille recette du Mondial 2022

Quelques jours après avoir fait chuter le Nigéria, l’un des favoris de la compétition, les Lions de l’Atlas doivent à nouveau se hisser à des hauteurs qu’ils n’ont plus visitées depuis des lustres, pour repousser le Sénégal et remporter ce qu’ils ont eux-mêmes désigné comme le match d’une vie.

« Disputer une finale de Coupe d’Afrique à domicile est le rêve de tout entraîneur et de tout joueur », a admis le sélectionneur national, Walid Regragui, en conférence de presse.

Par-delà la prolongation en plus dans les jambes, il est impossible pour les Lions de la Teranga d’ignorer la force qui accompagne leurs adversaires et tout ce que les Lions de l’Atlas ont vécu depuis l’élimination en huitième de finale de la précédente CAN.

Il leur fallait écarter les fantômes de cette désillusion et supporter les critiques sur une prétendue piètre qualité de jeu, sans jamais rompre. Accepter que l’on doute d’eux, après les avoir vus si beaux et les avoir portés si haut.

Mission réussie. Car dans cette CAN, dont le niveau technique et spectaculaire a été souvent renversant, sous l’effet conjugué de la fraîcheur des acteurs en milieu de saison et du très bon état des pelouses, ainsi que d’une compétition élargie à des pays sachant mieux attaquer que défendre, le Maroc atteint la finale face au Sénégal, une affiche qui était d’emblée plus que probable.

« C’est une bonne chose pour le football africain que les deux meilleures équipes du continent se rencontrent à ce stade de la compétition », s’est réjoui le technicien marocain.

En face, le Sénégal a atteint sa 4e finale de la CAN en étant mené au score moins d’une demi-heure cumulée. Les Sénégalais sont invaincus.

À l’image du Maroc, qui a ressorti des tiroirs la bonne vieille recette du Mondial 2022 dès le lancement de la phase à élimination directe, où sa discipline et sa force collective l’a menée plus loin que son panache.

La force de l’équipe nationale tient en grande partie au fait que c’est une équipe

En tout cas, les hommes de Walid Regragui n’auront pas seulement à maîtriser l’événement, une donnée majeure des jours de finale.

Il leur faudra contrôler Sadio Mané et les zones d’où viennent les centres en retrait, jusqu’à ces tentatives lointaines dont raffolent les Sénégalais, en particulier Pap Gueye.

Et malgré l’absence de Kalidou Koulibaly, blessé et suspendu, il leur faudra faire le tour du bloc défensif des Lions de la Teranga qui n’ont encaissé que deux pions jusqu’ici.

Mais si l’équipe nationale reste, en partie, un mystère, sa force tient dans le fait que c’est justement une équipe.

Elle n’a certes pas livré de match totalement abouti dans le jeu, son style est peu définissable mais c’est comme si elle n’en avait pas besoin pour s’élever.

Comme si sa force collective compensait ses manques, comme si sa manière de respecter le jeu et l’adversaire la rapprochait indéniablement d’une grande victoire.

Le mérite en revient aux joueurs mais aussi au staff qui en prend soin, dirigé par un sélectionneur qui a parfaitement géré le retour de blessure d’Achraf Hakimi.

Walid Regragui a surtout su reconstruire un milieu de terrain en raison de la cheville en vrac de Sofyan Amrabat puis du forfait de Azzedine Ounahi.

Il a fini par trouver une équipe, et par s’y tenir, en donnant les clés et sa liberté à l’homme qu’il avait mis sur le banc lors du premier match de la compétition, à l’instar d’Adam Masina, Ayoub El Kaabi et Bilal El Khannouss.

Brahim Diaz a inscrit cinq buts, déjà, dans cette CAN. Alors même que Neil El Aynaoui a fait le beau sacrifice de la lumière pour se tourner vers la simplicité et le don de soi dans une position plus basse.

Le sentiment est fort que, pour gagner une telle finale, il faut beaucoup de sueur et un peu de magie.

Des ingrédients que les Lions de l’Atlas ont su combiner tout au long de la compétition. Et bien que la journée s’annonce longue, on espère surtout qu’elle se terminera en apothéose.

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AFCON 2025: How Morocco controlled their semi-final against Nigeria (video analysis)

Morocco reached the final of the 2025 Africa Cup of Nations after a tense night and a dramatic penalty shootout (0-0, 4-2 on penalties), defeating Nigeria on Wednesday, January 14, in Rabat.

The Atlas Lions imposed their game plan, largely neutralizing Nigeria’s attack and carving out the match’s best chances.

Yassine Bounou once again made the difference, stopping two Nigerian attempts. He has now saved four of the last seven penalties faced across Morocco’s last two shootouts, after already making two crucial saves in the 2022 World Cup round of 16. But the qualification was mainly shaped during the game.

For over 120 minutes, Morocco stuck to a clear plan, steadily reducing the Super Eagles’ influence.

Nigeria, deprived of its offensive power

The first lesson from this semi-final is statistical, but above all, it clearly reflects the balance of power on the pitch.

Nigeria managed only two shots in 120 minutes, with just one on target — their lowest tally in an Africa Cup of Nations match since Opta began tracking the competition in 2010.

Nigeria’s last shot came in the 51st minute, a statistic that highlights Morocco’s ability to control space, shut down the center and deny some of the tournament’s most dangerous attackers the ball in threatening areas.

This defensive dominance did not stem from a passive low block but from structured pressing, applied in defined zones by harassing the first passes and shutting down midfield lanes.

Ayoub El Kaabi played a crucial role, launching intense pressing that forced Nigeria into hurried play.

At the same time, Ismaïl Saibari and Bilal El Khannouss anticipated passing trajectories, cutting off midfield lanes and enabling Morocco to win the ball high up the pitch — as illustrated by Saibari’s early chance.

Although the move did not end in a goal, thanks to Ajayi’s excellent recovery, it perfectly illustrated Morocco’s plan: forcing errors through collective pressure and transitioning forward at once.

Two figures are enough to show the effectiveness of Morocco’s plan. The first concerns Alex Iwobi, who usually completes more than 90% of his progressive passes since the start of the tournament but fell to just 60% against Morocco.

Constantly pressured and forced backwards or wide, he struggled to play forward or link up with his strikers.

The second statistic is even more revealing and concerns Victor Osimhen. The Nigerian striker failed to register a single shot, misplaced all his passes in the final third, and touched the ball only three times inside Morocco’s penalty area.

Deprived of usable service and tightly contained in his movements, he never threatened Morocco’s defense.

Morocco exploited the flaws in Nigeria’s diamond midfield

In attack, Morocco also exposed the structural limitations of Nigeria’s 4-4-2 diamond.

Le 4-4-2 en losange densifie l’axe.

The system packs the middle but inevitably leaves the flanks exposed, particularly on the far side of the ball.

The 4-4-2 diamond opens up space on the flanks, especially on the far side of the ball.

It is precisely in these zones that the Atlas Lions looked to create an imbalance.

By stretching the play and switching quickly, Morocco created openings — especially on the right, where Brahim Diaz found greater freedom.

In one of these moves, the chance was carved out perfectly. The Madrid player’s shot skimmed Stanley Nwabali’s post, just inches from breaking the deadlock.

By the end of the semi-final, it was clear Morocco had not only booked their place in the final but had largely dictated the match.

The penalty shootout carried tension and symbolism, but ultimately rewarded a coherent game plan — backed by solid collective organization and once again embodied by Yassine Bounou’s decisive interventions at key moments.

 

CAN 2025. Maroc-Sénégal, les clés du match (analyse vidéo)

On peut partager des principes de jeu similaires et pourtant les décliner de manière très différente. C’est une manière de résumer la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, opposant le Maroc au Sénégal et programmée dimanche 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.

Les Marocains comme les Sénégalais ont pour objectif principal de mettre leurs meilleurs joueurs dans des conditions optimales.

Dès lors, leur jeu se concentre sur les flancs, avec Brahim Diaz d’un côté et Sadio Mané de l’autre. Ils cherchent à y créer des déséquilibres et à isoler les défenseurs pour créer des situations de un contre un.

Mais défensivement, les approches diffèrent. Certes, les deux sélections évoluent dans un système en 4‑3‑3. Cependant, son animation varie.

Le Maroc adopte un bloc médian, solide et compact en 4‑1‑4‑1, qui limite les espaces et le temps dans les zones centrales.

Le Sénégal, lui, n’hésite pas à chasser très haut. Cette stratégie permet de couper les transitions adverses dans l’œuf et récupérer rapidement le ballon. Néanmoins, le revers de la médaille est qu’il expose parfois sa défense aux appels en profondeur.

La flexibilité du système sénégalais

En phase offensive, le Sénégal démarre généralement en 1‑4‑3‑3, avec quatre défenseurs derrière, trois milieux et trois joueurs offensifs. Mais lorsqu’il attaque, le système se transforme.

La ligne défensive peut se rétracter en une ligne de trois, permettant à Gana Gueye ou à un latéral de s’insérer pour soutenir le jeu et créer une supériorité à la relance.

Cette flexibilité offre au Sénégal plusieurs options pour progresser et contourner la pression adverse.

En phase défensive, le système évolue vers un 4‑4‑2, afin d’assurer un quadrillage optimal du terrain et de limiter les espaces. Le pressing n’est pas permanent, mais intervient par séquences.

Cela permet de gêner la construction adverse, mais peut également créer des brèches derrière la ligne défensive. Le Maroc devra les exploiter avec des transitions rapides.

Une phase de jeu où les hommes de Walid Regragui sont assez performants, pour peu qu’ils gagnent en efficacité.

Des décalages sur les ailes

Le Sénégal s’appuie sur ses milieux relayeurs et ses latéraux pour progresser et créer des situations de danger.

Les milieux jouent un double rôle. Avec le ballon, ils réalisent des passes ou des courses qui cassent les lignes défensives adverses.

La position des milieux de terrain sénégalais permet de fixer l’entrejeu adverse avant de basculer sur les côtés.

Sans le ballon, ils fixent les défenseurs dans l’axe, ouvrant des espaces sur les côtés pour que les latéraux puissent dédoubler et combiner avec les ailiers.

Les centres en retrait et les frappes de loin, en particulier de Pap Gueye, constituent un danger permanent.

Sa capacité à ajuster des tirs depuis l’extérieur de la surface ou à se placer pour récupérer un ballon mal renvoyé par la défense peut rapidement mettre le Maroc sous pression.

Une ligne défensive hautement dangereuse

Malgré sa solidité générale (2 buts encaissés), le Sénégal peut se montrer vulnérable. Son pressing haut par séquence gêne certes la construction adverse, mais il n’est pas toujours efficace.

Lorsqu’il est contourné ou que le ballon est allongé pour sauter la première ligne de pression, la défense sénégalaise se retrouve quasi systématiquement sous pression.

Sur cette action, le bloc-équipe du Sénégal manque de compacité.

Dans ce genre de situation, des espaces se créent derrière dans le dos de la ligne défensive centrale. D’autant que l’alignement de la défense sénégalaise est loin d’être un modèle en la matière.

La ligne défensive du Sénégal n’est pas un modèle en termes d’alignement défensif.

En somme, les Lions de l’Atlas devront rester concentrés sur la couverture des lignes de passe et éviter des situations de un contre un sur le côté. En phase de possession, l’idée est d’exploiter intelligemment les brèches laissées par le pressing sénégalais en profondeur.

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CAN 2025. DATA: Le rapport de forces Maroc-Sénégal

L’affiche de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, prévue le dimanche 18 janvier à Rabat, tombe sous le sens du prisme statistique. Le Maroc et le Sénégal présentent quasiment les meilleurs indices de performance collective du tournoi.

Pour autant, derrière cette proximité statistique, les deux équipes affichent des intentions de jeu quelque peu différentes. Les Lions de l’Atlas et ceux de la Téranga partagent une défense quasi inexpugnable.

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Offensivement, leurs approches divergent. Depuis le début de la phase à élimination directe, le Maroc adopte un jeu un peu plus direct afin d’éviter de perdre le ballon dans des zones dangereuses.

Pour sa part, le Sénégal n’a pas dévié de sa volonté de construire patiemment ses actions depuis le milieu de terrain, en utilisant ses relayeurs comme point d’ancrage.

Mais aussi en exploitant la verticalité dès que l’opportunité se présente, avec des passes en profondeur et des renversements rapides.

Une solidité défensive commune 

La défense est un point fort partagé par les deux équipes. La rigueur des Lions de l’Atlas réduit les opportunités adverses à peau de chagrin. Ils concèdent en moyenne moins de trois tirs par match.

La stratégie défensive du Maroc repose sur la fermeture de l’axe et l’orientation des attaques adverses vers les côtés.

Son efficacité se reflète dans les chiffres, avec 64% de duels défensifs remportés et un volume d’interceptions supérieur à celui du Sénégal.

Le pressing marocain, légèrement moins intense, privilégie la dissuasion et la gestion des temps faibles. Le Sénégal, pour sa part, allie solidité défensive et contrôle du tempo.

Son PPDA quelque peu inférieur traduit un pressing organisé et efficace, tandis que sa possession moyenne de 62,1% lui permet de limiter les situations dangereuses tout en préparant ses séquences offensives.

Des intentions offensives différentes

Dans la construction, le contraste est plus net. Le Sénégal privilégie une circulation de balle souvent horizontale, mais capable de se transformer en verticalité dès que l’occasion se présente.

Les passes en profondeur, les courses progressives et le volume de tirs traduisent une équipe capable de créer régulièrement des situations dangereuses. Les xG et passes clés confirment son influence offensive constante.

Le Maroc, à l’inverse, a adopté un style plus direct lors du second tour. Depuis la récupération, il accélère le rythme pour exploiter les espaces, tout en affichant une grande précision technique dans les zones avancées.

Les Lions de l’Atlas réussissent davantage de passes dans les 30 derniers mètres avec un taux de réussite supérieur, traduisant une maîtrise technique et une capacité à conserver la possession dans des zones avancées du terrain.

En définitive, aucun favori clair ne se dégage des données. Le Sénégal paraît mieux armé pour contrôler le tempo et installer une pression offensive continue, tandis que le Maroc apparaît comme l’équipe la plus à même de résister, de contenir et de frapper au moment opportun.

Mais les deux nations partagent une solidité défensive d’airain. Dans un tel contexte, la marge d’erreur est infime. La décision pourrait se jouer sur un détail, une transition ou un duel perdu.

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CAN 2025. Comment le Maroc a contrôlé sa demi-finale face au Nigeria (analyse vidéo)

Le Maroc s’est qualifié en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au bout de la nuit, du suspense et d’une séance de tirs au but irrespirable (0-0, 4-2 t.a.b.), aux dépens du Nigeria, le mercredi 14 janvier à Rabat.

Les Lions de l’Atlas ont surtout imposé leur plan de jeu, neutralisant presque totalement la puissance offensive nigériane et se créant les situations les plus dangereuses de la rencontre.

Si Yassine Bounou a, une nouvelle fois, fait la différence en stoppant deux tentatives nigérianes, portant son total à quatre arrêts sur sept lors des deux dernières séances de tirs au but, après déjà deux arrêts en huitième de finale du Mondial 2022, la qualification s’est surtout dessinée dans le jeu.

Car pendant plus de 120 minutes, le Maroc a appliqué une stratégie claire et maîtrisée, réduisant progressivement l’influence des Super Eagles.

Le Nigeria, privé de son pouvoir de nuisance

Le premier enseignement de cette demi-finale est statistique, mais surtout révélateur du rapport de force observé sur le terrain.

Le Nigeria n’a tenté que deux tirs sur l’ensemble de la rencontre, dont un seul cadré, soit son total le plus faible dans un match de Coupe d’Afrique des nations depuis que la compétition est analysée par Opta (2010).

Le dernier tir nigérian est intervenu à la 51e minute. Un chiffre qui illustre la capacité du Maroc à contrôler les espaces, à fermer l’axe et à empêcher les attaquants nigérians, pourtant parmi les plus performants du tournoi, de recevoir dans des zones dangereuses.

Cette domination défensive ne s’est pas construite sur un bloc bas passif, mais sur un pressing structuré, déclenché dans des zones bien identifiées, notamment par le harcèlement des premières relances et la fermeture des lignes de passe vers le milieu de terrain.

Ayoub El Kaabi a été prépondérant dans ce registre, initiant un pressing intense qui a contraint les Nigérians à jouer dans l’urgence.

Dans le même temps, Ismaïl Saibari ou Bilal El Khannouss anticipaient les trajectoires de passe, coupaient les lignes vers les milieux de terrain et permettaient au Maroc de récupérer le ballon assez haut, à l’image de l’occasion d’Ismaïl Saibari en début de match.

Si l’action n’aboutit pas, grâce à un excellent retour défensif d’Ajayi, elle témoigne du plan marocain. À savoir provoquer l’erreur par la pression collective et se projeter immédiatement vers l’avant.

Deux chiffres suffisent à illustrer l’efficacité du plan de jeu marocain. Le premier concerne Alex Iwobi. Habituellement au-dessus des 90% de réussite dans ses passes progressives depuis le début du tournoi, le milieu nigérian est tombé à 60% face au Maroc.

Constamment agressé, orienté vers l’arrière ou les côtés, il n’a presque jamais pu jouer vers l’avant ni connecter avec ses attaquants.

La seconde statistique est encore plus parlante et concerne Victor Osimhen. L’attaquant nigérian n’a tenté aucun tir, a manqué l’intégralité de ses passes dans les 30 derniers mètres et n’a touché que trois ballons dans la surface marocaine.

Privé de ballons exploitables et parfaitement contrôlé dans ses déplacements, il n’a jamais pu peser sur la défense marocaine.

Le Maroc a exploité les failles du losange nigérian

Offensivement, le Maroc a également su identifier les limites structurelles du 4-4-2 en losange nigérian.

Le 4-4-2 en losange densifie l’axe.

Ce système permet de densifier l’axe, mais expose naturellement les couloirs, notamment à l’opposé du ballon.

Le 4-4-2 en losange libère des espaces sur les côtés, notamment à l’opposé du ballon.

C’est précisément dans ces zones que les Lions de l’Atlas ont cherché à créer le déséquilibre.

En élargissant le jeu et en renversant rapidement, le Maroc a trouvé des situations favorables, notamment côté droit, où Brahim Diaz a bénéficié de davantage de liberté.

Sur l’une de ces séquences, le décalage est parfaitement créé. L’enroulé du Madrilène frôle le montant de Stanley Nwabali, à quelques centimètres de l’ouverture du score.

Au terme de cette demi-finale, il apparaît clairement que le Maroc n’a pas simplement arraché sa qualification, il a globalement contrôlé la rencontre.

La séance de tirs au but a offert son lot de tension et de symboles, mais elle n’a fait que récompenser un plan de jeu cohérent, porté par une organisation collective solide et incarnée une nouvelle fois par un Yassine Bounou décisif dans les moments clés.