Produits pétroliers : le PLF propose un nouveau report du marquage fiscal à 2028

Il s’agit du second report de ce projet, si le PLF 2026 est adopté en l’état. Prévu initialement en 2025, le projet de marquage des produits pétroliers a été reporté une première fois à 2026, « vu la complexité de sa mise en œuvre ».

Il sera de nouveau reporté pour 2028, propose le PFL 2026, « afin de permettre aux opérateurs de disposer du temps nécessaire pour se conformer à cette obligation, étant donné les aspects techniques liés à la mise en place du marquage sur le gasoil et l’essence super ».

Complexité technique et élargissement du marquage à d’autres produits pétroliers

Consulté par nos soins, le PLF 2026 explique ce nouveau report par la complexité technique propre au système de marquage, mais aussi par la volonté d’étendre ce dispositif à d’autres catégories de produits.

Il précise ainsi qu’à présent, et « compte tenu de l’étude des meilleures pratiques à l’international dans le domaine du marquage fiscal des produits pétroliers, il s’est avéré que le système de marquage fiscal mis en place au Maroc ne couvre pas certains combustibles dont le suivi et la traçabilité revêtent une importance stratégique ».

Par conséquent, il est proposé « d’étendre l’obligation de marquage fiscal sur les produits pétroliers au carburéacteur, aux fuel oils, au propane liquéfié commercial et au butane liquéfié commercial ».

Par ailleurs, « tenant compte de la spécificité technique particulière liée à la mise en place d’un système de marquage fiscal de ces produits, et afin de donner plus de temps aux opérateurs du secteur pour adapter leurs installations à ce système, il est proposé de reporter la date d’entrée en vigueur du marquage fiscal de ces produits pétroliers au 1ᵉʳ janvier 2028« , lit-on sur le document.

Cette proposition nécessite également de reporter au 1ᵉʳ janvier 2028 la date de l’instauration de l’infraction relative au non-respect de l’obligation du marquage fiscal de ces produits pétroliers.

Un projet qui échappe à deux gouvernements successifs

Ce dispositif devait en effet entrer en vigueur l’année dernière, mais selon nos informations, les opérateurs n’étaient pas tous prêts.

Ce projet implique, théoriquement, que chaque société distributrice de pétrole dispose d’un traçage unique qui la distingue des autres. Cela permettrait de suivre le produit pétrolier depuis les dépôts de stockage jusqu’aux camions qui l’acheminent vers les stations-service, ce qui nécessite une technicité élevée. En effet, ces contrôles devront couvrir l’ensemble du Maroc et ses 3.500 stations-services, l’objectif étant de vérifier en temps réel que le produit vendu correspond bien à celui distribué par la société.

Ce projet devrait donc garantir que le produit pétrolier ne soit pas distribué ailleurs que dans le cadre du contrat liant la société de distribution au gérant de la station. Il permettrait ainsi de prévenir les fraudes, notamment lorsque certains gérants, sous contrat avec une société, achètent des produits d’autres sociétés sans que cela ne soit détecté lors des échantillonnages et prélèvements.

Les discussions autour de ce projet devaient être lancées en septembre dernier avec la Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants des stations-service au Maroc, laquelle avait refusé d’assister à une rencontre prévue avec le ministère de la Transition énergétique.

La Fédération avait justifié cette décision par le fait d’avoir adressé à la ministre plusieurs demandes de rencontres concernant ses revendications, lesquelles sont restées sans réponse. Selon elle, d’autres dossiers importants sont plus urgents.

Il a ainsi été décidé de reporter cette rencontre. Le ministère de tutelle s’était donc engagé à s’accorder avec la Fédération sur les revendications urgentes à examiner, avant d’entamer les discussions autour du projet de marquage.

Une source professionnelle ajoute que « les choix faits par la tutelle étaient très compliqués. Ajouter le marquage fiscal et l’identification de chaque produit de chacun des distributeurs, cela supposait la manipulation de plus de 80 marqueurs. Ce qui est très lourd ».

Rappelons que le précédent gouvernement n’avait pas réussi à concrétiser ce projet. Il en sera de même, semble-t-il, pour le gouvernement actuel, dont le mandat s’achève en 2027. Pourtant un appel à manifestation à la concurrence a été lancé en juillet 2024 pour lequel deux sociétés étaient en lice. Aucune information officielle sur l’avancement du dossier n’a toutefois été dévoilée depuis ni par le ministère de tutelle ni par le gouvernement.

Une circulaire détaillant la procédure de prélèvement et d’analyse de ces produits avait également été publiée par la Douane en 2025. Et plus récemment, en juillet 2025, le ministère de la Transition énergétique a soumis à l’appréciation du public un projet de décision portant sur le contrôle de la qualité des produits pétroliers liquides, qui a été publié sur le portail du Secrétariat général du gouvernement (SGG).

Affaire à suivre…

Marquage des produits pétroliers : les discussions bientôt relancées, en prévision du PLF 2026

Après l’échec de la tentative du précédent gouvernement, l’actuel exécutif a remis sur la table le projet de marquage fiscal des produits pétroliers. Après son report en 2025, son entrée en vigueur est prévue pour 2026.

En prévision de cette entrée en vigueur, le ministère a récemment adressé des courriers aux acteurs concernés, les conviant à des réunions dédiées à la préparation de l’opérationnalisation de ce projet, mené en collaboration avec l’Administration des douanes (ADII).

La réunion prévue entre le ministère et la Fédération des stations-service reportée

C’est le cas notamment de la Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants des stations-service au Maroc, qui a été conviée à une rencontre ce vendredi 26 septembre par le secrétariat général du secteur de la Transition énergétique. Cependant, dans un courrier adressé le 24 septembre à la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, la Fédération a annoncé sa décision de boycotter cette réunion. 

La Fédération justifie cette décision par le fait d’avoir adressé à la ministre plusieurs demandes de rencontres concernant ses revendications, lesquelles sont restées sans réponse. Les dernières remontent au 28 octobre 2024, au 5 décembre 2024, ainsi qu’au 1er juillet 2025. Elle a donc annoncé, dans un premier temps, son refus de prendre part à la rencontre prévue ce vendredi sur le marquage des produits pétroliers ; une décision qui risque de retarder ce chantier qui accuse déjà un grand retard.

Contactée par nos soins, une source au ministère de la Transition énergétique nous affirme toutefois avoir contacté la Fédération, qui a finalement accepté de participer à une nouvelle réunion prévue la semaine prochaine. La rencontre de ce vendredi a donc été reportée d’une semaine.

Notre interlocuteur nous confie qu’au-delà du projet de marquage, le ministère entend également s’accorder avec la Fédération sur les autres revendications à examiner.

Reprise des discussions « probablement en préparation du PLF 2026 »

Ces réunions marqueront ainsi la reprise des discussions autour de ce projet, « probablement dans le cadre de la préparation du PLF 2026 », nous confient des sources informées.

En effet, présenté dans la loi de finances 2024, ce projet avait été voté par le Parlement, lequel avait fixé son entrée en vigueur à compter du 1ᵉʳ septembre 2025.

Pour sa mise en œuvre, un appel à la concurrence a été lancé en juillet 2024, pour lequel deux sociétés étaient en lice. Une circulaire détaillant la procédure de prélèvement et d’analyse de ces produits avait également été publiée par la Douane en 2024.

Dans le même sillage, le PLF 2025 avait prévu, parmi ses mesures fiscales, la mise en place d’un dispositif de marquage, qui devait être élaboré par le ministère de la Transition énergétique, en collaboration avec la Douane. Le dossier suivait son cours, sauf que lors des discussions du PLF à la Commission des finances, il a été décidé de reporter son entrée en vigueur pour 2026, « vu la complexité de sa mise en œuvre », nous avait-on expliqué.

Ce report avait notamment pour objectif de permettre aux opérateurs de disposer du temps nécessaire pour se conformer à cette obligation, étant donné les aspects techniques liés à la mise en place du marquage sur le gasoil et l’essence super.

Par ailleurs, outre ces démarches, le ministère de la Transition énergétique a soumis à l’appréciation du public un projet de décision portant sur le contrôle de la qualité des produits pétroliers liquides. Ce dernier a été publié en juillet 2025 sur le portail du Secrétariat général du gouvernement (SGG).

Cette décision, qui viendra en application du décret 2.23.962 portant sur le contrôle de la qualité desdits produits, précise les produits concernés, ainsi que les modalités de contrôle.

Plusieurs opérateurs n’étaient pas prêts l’année dernière, mais la situation a évolué aujourd’hui

Jointe par nos soins, une source professionnelle, en faveur de ce dispositif de marquage, nous rappelle que « ce projet devait, en effet, entrer en vigueur l’année dernière, mais les opérateurs n’étaient pas tous prêts ». Elle estime que « la situation a évolué aujourd’hui ».

Et d’expliquer : « Théoriquement, chaque société distributrice de pétrole devrait disposer d’un traçage unique qui la distingue des autres. Cela permettrait de suivre le produit pétrolier depuis les dépôts de stockage – car nous ne le fabriquons pas, nous l’importons – jusqu’aux camions qui l’acheminent vers les stations-service. Ce produit ne devrait pas être distribué ailleurs que dans le cadre du contrat liant la société distributrice au gérant de la station ».

« Ce système présente un double intérêt. D’abord, il permet de prévenir les fraudes, notamment lorsque certains gérants, sous contrat avec une société, achètent des produits d’autres sociétés sans que cela soit détecté lors des échantillonnages et prélèvements. Théoriquement, ce type de pratique est interdit par les clauses de contrat d’exclusivité signées entre distributeurs et gérants. Sinon, il s’agit d’une fraude manifeste, malheureusement encore présente sur le marché marocain ».

« Certaines sociétés trouvent parfois, dans le stock de certaines stations, des produits qui ne leur appartiennent pas. Vérifier cela est souvent très difficile, car une fois importés, les produits sont identiques. Le traçage devrait donc éviter ce type d’amalgame et garantir que le produit distribué appartient bien à la société contractante ».

« Je pense que le ministère de tutelle sera très ferme cette fois dans ses décisions. Il ne peut plus permettre, dans un marché qui se veut transparent, de telles manœuvres. La vraie problématique reste le contrôle effectif sur le terrain ».

Où en est l’appel à la concurrence relatif à ce projet de marquage ?

L’appel à la concurrence lancé en juillet 2024 portait sur l’agrément par l’ADII et le ministère de tutelle d’un prestataire pour la fourniture, la mise en place et la gestion d’un système de marquage intégré pour le contrôle de certains produits pétroliers liquides.

Ce système de traçabilité, via des technologies modernes, a pour objectif de contrôler la disponibilité des produits pétroliers et leur qualité, et de limiter les responsabilités des différents intervenants dans la chaîne de distribution des produits en question.

Ce système devrait, par conséquent, prévenir les pratiques illégales, telles que le détournement d’usage ou encore l’adultération, mais aussi renforcer la confiance des consommateurs et des constructeurs de véhicules en matière de qualité des produits pétroliers commercialisés, et assurer le suivi de l’état des mouvements et des stocks des produits pétroliers en temps réel. La solution proposée devrait aussi renseigner sur la qualité des carburants commercialisés au Maroc depuis l’importation jusqu’à leur mise à la disposition des consommateurs.

Lors de la discussion du PLF 2025, il a été expliqué que les sociétés qui vont procéder à ce marquage existent, mais qu’il leur faut du temps pour trouver la solution pour l’application de ce marquage, étant plus compliqué que celui des cigarettes et de l’alcool, sur lesquels il suffit de coller une étiquette.

Selon nos informations, les deux candidats ayant soumissionné à ce marché sont Authentix et Sicpa. La seconde se charge déjà du marquage fiscal pour les boissons et le tabac depuis 2019. Le processus est toutefois toujours en cours, mais au moment de la publication du présent article, il n’a pas été possible de connaître l’état d’avancement du dossier.

Un dossier complexe

La complexité de ce dossier réside donc dans la mise en œuvre concrète de ce système de marquage. Dans un article précédent, le ministère nous avait expliqué qu’il sera réalisé par l’ajout de marqueurs chimiques, répondant aux spécificités exigées par l’appel à la concurrence. Ces marqueurs seront spécifiques pour chaque type de produit, chaque société de distribution et chaque destination.

Cette opération devrait se faire au niveau des raffineries, des terminaux de réception dans les ports et des dépôts de stockage des produits pétroliers. Les marqueurs seront injectés dans les produits pétroliers concernés avant leur commercialisation.

Dans sa circulaire, l’Administration des douanes détaille pour sa part cette procédure de prélèvement. Elle est effectuée par la société importatrice ou son mandataire habilité à cet effet. La liste des préleveurs sera établie par le ministère de la Transition énergétique.

Notre source professionnelle estime que, pour assurer un contrôle optimal, « il faudra disposer de laboratoires mobiles afin de vérifier les produits sur place. En principe, le ministère devrait avoir signé des contrats avec des prestataires spécialisés pour réaliser ces contrôles. Mais on ignore, à ce stade, où en est le processus. Ce que l’on peut dire, c’est que s’il décide de se lancer, c’est que tout est prêt ».

Et de conclure : « Il ne faut pas oublier que ces contrôles doivent couvrir l’ensemble du Maroc et ses 3.500 stations-service. L’objectif est de pouvoir vérifier en temps réel que le produit vendu correspond bien à celui distribué par la société. Nous verrons toutefois quelles décisions concrètes prendra le ministère ».

Marquage fiscal des produits pétroliers : l’entrée en vigueur reportée à 2026

Le marquage fiscal pour les produits pétroliers devait entrer en vigueur le 1er janvier 2025. Pour sa mise en œuvre, un appel à la concurrence a été lancé en juillet 2024 et pour lequel deux sociétés étaient en lice. Une circulaire détaillant la procédure de prélèvement et d’analyse de ces produits a également été publiée par la Douane.

Le dossier suivait alors son cours, sauf que lors de la discussion du projet de loi des finances (PLF) 2025, avec les amendements adoptés le mardi 12 novembre, il a été décidé de reporter l’entrée en vigueur pour 2026, « vu la complexité de sa mise en œuvre », selon nos sources

Les raisons de ce report

La Commission des finances au Parlement (Chambre des représentants) a adopté le 12 novembre l’amendement de l’article 5 relatif à la taxe intérieure de consommation (TIC). Il s’agit d’une infraction relative à la mise en vente des produits pétroliers sans apposition de marquage qui devait être mise en place dès début 2025 pour accompagner l’entrée en vigueur du marquage fiscal desdits produits.

Ce report vise à permettre aux opérateurs de disposer du temps nécessaire pour se conformer à cette obligation, étant donnés les aspects techniques liés à la mise en place du marquage sur le gasoil et l’essence super.

Durant la discussion du PLF en commission, il a été expliqué que « les sociétés qui vont procéder à ce marquage existent. Il leur faut simplement du temps pour trouver la solution pour son application« , nous confient nos interlocuteurs.

« L’application du marquage fiscal pour les carburants est compliquée, contrairement aux cigarettes et à l’alcool, où une simple étiquette collée fait l’affaire ».

Les exigences du ministère de la Transition énergétique

En effet, dans un article précédent, des sources bien informées nous avaient confié que deux sociétés avaient soumissionné au marché relatif au marquage fiscal lancé par le ministère de la Transition énergétique : Authentix et Sicpa. La deuxième se charge déjà du marquage fiscal pour les boissons et le tabac depuis 2019.

Concrètement, le ministère, joint par nos soins, nous avait expliqué que ce marquage « sera réalisé à travers l’ajout de marqueurs chimiques sui seront spécifiques pour chaque type de produit, chaque société de distribution et chaque destination (secteur détaxé partiellement ou totalement, conformément aux dispositions fiscales en vigueur) ».

« Ce marquage devrait s’opérer au niveau des raffineries, des terminaux de réception dans les ports et des dépôts de stockage des produits pétroliers », avait ajouté le ministère.

D’autres sources du secteur nous avaient, pour leur part, expliqué que le « marquage des produits pétroliers n’est pas difficile, et la logistique à mettre en place n’est pas lourde. C’est plutôt le marqueur chimique qui doit être un produit de haute technologie et résistant.

Où en est l’AO lancé par le ministère ?

Selon nos sources, cet appel d’offres était toujours en cours le lundi 11 novembre. La séance d’ouverture des plis techniques a été tenue le 4 septembre dernier.

Au 30 septembre 2024, les plis financiers n’avaient pas encore été ouverts.

Marquage fiscal des produits pétroliers : deux soumissionnaires en lice, la procédure de prélèvement dévoilée

Après une vaine tentative du précédent gouvernement, le projet de marquage fiscal pour les produits pétroliers a été remis sur le tapis par l’actuel exécutif. Il a pour objectif de répondre aux enjeux fiscaux liés aux hydrocarbures, mais aussi de prévenir les fraudes dans ce secteur.

Présenté dans la loi de finances 2024, ce projet a été voté par le Parlement qui a fixé son entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2025. Pour ce faire, le PLF 2025 prévoit, parmi ses mesures fiscales, la mise en place d’un dispositif de marquage qui sera élaboré par le ministère de la Transition énergétique, en collaboration avec l’Administration des douanes et des impôts directs (ADII).

En parallèle, pour baliser le terrain, et « pour s’assurer de la mise en œuvre de ce projet à l’échéance convenue, un appel d’offres a été lancé conjointement par le ministère de la Transition énergétique et l’ADII en juillet dernier« , nous apprend ledit ministère. « Il s’agit d’un appel à la concurrence, relatif à l’agrément par l’Administration des douanes et des impôts indirects et le ministère de la Transition énergétique et du développement durable d’un prestataire pour la fourniture, la mise en place et la gestion d’un système de marquage intégré pour le contrôle de certains produits pétroliers liquides« .

Outre ce marché, une circulaire détaillant la procédure de prélèvement d’un échantillon de produits pétroliers liquides à l’importation a également été publiée par l’ADII le 31 juillet dernier.

Entre Authentix et Sicpa, il faudra choisir

En ce qui concerne l’appel à la concurrence, « la séance d’ouverture des plis a été tenue le 4 septembre dernier », nous confie le ministère de la Transition énergétique. « Les offres présentées sont en cours d’examen par une commission nommée à cet effet ».

D’après nos informations, l’ouverture des plis concerne les offres techniques. L’ouverture des enveloppes financières n’a pas encore eu lieu.

Deux sociétés ont soumissionné à ce marché, à savoir Authentix et Sicpa. Cette dernière gère déjà le marché de marquage fiscal pour les boissons et le tabac depuis 2010. En 2019, la société suisse avait rempilé pour cinq années supplémentaires, à l’issue d’un appel d’offres.

Quelle est alors la finalité de cet appel à la concurrence, d’autant qu’on parle là de produits pétroliers, et donc liquides ? « Cet appel à la concurrence a été lancé dans l’esprit de mettre à la disposition de l’ADII une solution permettant le contrôle de la destination du gasoil et du supercarburant, notamment ceux livrés à certains secteurs détaxés, ainsi que la conformité de ces produits aux spécifications réglementaires en vigueur, et leur disponibilité à travers toute la chaîne d’approvisionnement », nous explique le ministère.

« Il s’inscrit dans le cadre du renforcement des mesures préventives mises en œuvre par l’Administration des douanes pour lutter contre la fraude, la contrebande et pour la protection du consommateur », ajoute notre source.

« La solution de marquage attendue doit alors permettre l’authentification des produits concernés, fabriqués localement ou importés, tout au long de la chaîne logistique, depuis la production ou l’importation jusqu’à la consommation finale. Elle doit ainsi être mise en place afin de :

–  mieux cerner la mise à la consommation des produits pétroliers concernés par le marquage, lorsqu’ils sont destinés à des secteurs bénéficiant de l’exonération de la taxe intérieure de consommation (pêche maritime, production d’électricité, ravitaillement des navires, etc.) ;

– garantir l’intégrité de ces produits pétroliers mis sur le marché national ;

– assurer le marquage et la traçabilité desdits produits tout au long de la chaîne logistique ;

– fournir, en temps réel, à l’échelle nationale, les informations relatives aux flux des carburants et des stocks par produits et par opérateurs pétroliers ».

Renforcer le contrôle de la destination des secteurs détaxés et de la qualité des produits

Et de poursuivre : « Comme il s’agit de produits liquides, la prestation sollicitée consiste en la mise en place et la conduite d’une solution intégrée et fiable pour le contrôle, le suivi et la traçabilité de certains produits pétroliers liquides (gasoil et supercarburant, additivés ou non) ».

Les objectifs de l’appel à la concurrence peuvent donc être résumés comme suit :

– l’accompagnement de l’ADII en vue de renforcer davantage le contrôle de la destination des secteurs détaxés ainsi que le contrôle de la qualité des produits pétroliers mis à la consommation ;

– la prévention des pratiques illégales : détournement d’usage, adultération, etc. ;

– le renforcement de la confiance des consommateurs et des constructeurs de véhicules en matière de qualité des produits pétroliers commercialisés ;

– la fourniture en temps réel, à l’échelle nationale, des informations relatives aux flux des carburants, des stocks par produits et par opérateurs pétroliers ;

– le renforcement des compétences des agents de l’ADII en matière de contrôle des produits pétroliers ;

– la contribution à l’amélioration de la qualité de l’air et à la protection de l’environnement.

Des marqueurs chimiques à la rescousse

Concrètement, « ce marquage sera réalisé à travers l’ajout de marqueurs chimiques qui seront spécifiques pour chaque type de produit, chaque société de distribution et chaque destination (secteur détaxé partiellement ou totalement, conformément aux dispositions fiscales en vigueur). Ces marqueurs doivent répondre aux spécifications particulières exigées par l’appel à la concurrence », souligne le ministère.

« Le marquage ne peut se faire que sur des produits pétroliers liquides conformes à la réglementation en vigueur. Il doit s’opérer au niveau des raffineries, des terminaux de réception dans les ports et des dépôts de stockage des produits pétroliers », ajoute-t-il. « Bien évidemment, les marqueurs seront injectés dans les produits pétroliers concernés avant leur commercialisation« .

L’appel à la concurrence note également qu' »un programme de tests des marqueurs au niveau des sites de contrôle sur l’ensemble du territoire national sera établi et réalisé par les équipes techniques du prestataire. Ce programme est préalablement validé par l’ADII, qui peut demander le renforcement de la fréquence des contrôles dans certaines zones jugées sensibles. Des tests et des contrôles seront effectués afin de vérifier l’existence ou non des marqueurs ».

En d’autres termes, « c’est comme si l’on disposait d’un verre d’eau auquel on va ajouter un cachet effervescent. Sauf que la cuve de l’essence ou du gasoil est beaucoup plus grande, et que le cachet, c’est plutôt la molécule chimique », nous explique une source proche du dossier.

« Techniquement, le marquage des produits pétroliers n’est pas difficile, et la logistique nécessaire à mettre en place n’est pas lourde », ajoute notre source. « L’opération est simple. Il s’agit d’injecter la molécule chimique aux produits pétroliers. C’est plutôt le marqueur chimique qui doit être un produit de haute technologie et résistant. Il doit être relevé durant toutes les étapes de la chaîne logistique, depuis la production ou l’importation à la consommation finale ».

Une procédure de prélèvement unifiée

Pour mener à bien ce chantier, l’Administration des douanes a mis en ligne une circulaire détaillant la procédure de prélèvement d’un échantillon de produits pétroliers liquides à l’importation. Celle-ci a pour objectif de coordonner les activités de contrôle à l’importation au niveau des bureaux douaniers spécialisés en matière de contrôle de la qualité de certains produits pétroliers avec le ministère de la Transition énergétique.

Il s’agit d’une procédure unifiée d’analyse de l’échantillon par le laboratoire officiel – le Laboratoire national de l’énergie et des mines (LNEM) –, notamment de sa conformité aux caractéristiques des produits pétroliers liquides en vigueur. Elle permettra de mettre à la disposition des différents intervenants du secteur, lors de la mise à la consommation des produits pétroliers, un document unique et adapté décrivant d’une manière claire et explicite les circuits qu’il y a lieu d’emprunter pour l’échantillonnage de ces produits.

Cette circulaire s’applique pour le prélèvement des échantillons des produits pétroliers liquides (gasoil, supercarburant, fuel…) au niveau des navires pétroliers à l’importation et des entrepôts de stockage pour la mise à la consommation sur le marché.

Comme pour le ministère de la Transition énergétique, les objectifs fixés par la Douane à ce contrôle sont les suivants :

– analyser les paramètres de la qualité des produits pétroliers liquides conformément à la réglementation en vigueur ;

– lutter contre les pratiques illicites afin d’améliorer la confiance des opérateurs économiques et des consommateurs ;

– contribuer à la protection de l’environnement contre les effets des émissions polluantes liées à la non-conformité aux normes en vigueur ;

– réduire les risques inhérents pour le consommateur (endommagement des véhicules, pannes …).

 Les procédures de prélèvement des échantillons

Le prélèvement des échantillons des produits pétroliers liquides est effectué par la société importatrice ou son mandataire habilité à cet effet. L’accès au quai pétrolier pour les opérations de prélèvement des échantillons au niveau des navires est réservé aux préleveurs, dont la liste sera établie par le ministère de la Transition énergétique, et communiquée à l’ADII, sous autorisation des autorités compétentes, et ce, conformément à la procédure en vigueur.

Les récipients utilisés pour effectuer les prélèvements des échantillons sont des bidons métalliques d’une capacité d’un litre délivrés par le Laboratoire national de l’énergie et des mines.

Le préposé au prélèvement est tenu de les garder propres et intacts afin d’éviter toute contamination. Seuls les récipients non endommagés et vérifiés sont à utiliser pour les prélèvements des échantillons.

Chaque échantillon doit être étiqueté de la manière à contenir les mentions suivantes :

– le nom de la société importatrice ;

– le nom du mandataire de la société importatrice ;

– la date, l’heure de prélèvement ;

– le lieu ;

– le type d’échantillon ;

– le numéro de l’échantillon ;

– le nom du préleveur ;

– la référence de la Déclaration unique des marchandises (DUM) ;

– le nom du navire et/ou de l’entrepôt.

Les procédures de prélèvement des échantillons doivent être conformes aux bonnes pratiques nationales décrites par les dispositions de l’article 74 de l’arrêté du ministre des Finances n° 1309-77 du 9 octobre 1977.

Le préleveur doit prélever trois échantillons au moyen d’une éprouvette. Chaque échantillon est prélevé à trois endroits différents de la masse du liquide, au fond, au milieu et à quelques centimètres au-dessous de la surface :

Echantillon 1 (E1) : pour analyse au Laboratoire national de l’énergie et des mines. L’acheminement des échantillons doit être opéré dans les meilleurs délais. Le véhicule de transport doit être équipé d’un réfrigérateur pour conserver les échantillons à une température inférieure à 18°C.

Echantillon 2 (E2) : témoin pour les services douaniers.

Echantillon 3 (E3) : retenu par le mandataire de la société importatrice (préleveur) pour ses propres besoins.

Le prélèvement des échantillons a lieu en présence des agents de l’ADII et, le cas échéant, des représentants du département de la Transition énergétique. Dès finalisation des prélèvements, les contenants des échantillons sont fermés immédiatement à l’aide de bouchons hermétiques et mis sous scellés.

Tout prélèvement donne lieu, séance tenante, à la rédaction d’un bulletin d’analyse. À cet égard, il y a lieu de préciser que dans le cas où la société importatrice présente un certificat qui atteste la conformité du produit pétrolier liquide objet de l’importation, délivré par un laboratoire du pays de provenance, le produit importé peut être stocké temporairement dans l’attente des résultats d’analyse du LNEM.

Toutefois, et en l’absence dudit certificat, aucun mouvement dudit produit n’est autorisé qu’après l’octroi du résultat d’analyses du LNEM, qui atteste la conformité dudit produit aux caractéristiques réglementaires en vigueur.

Les échantillons conformes déchargés définitivement pour consommation après dédouanement

Le LNEM est ensuite tenu de transmettre à l’ADII dans les délais impartis, via PORTNET ou par courrier électronique, le PV d’analyse des échantillons, dont une copie est remise également à la société importatrice du produit en question ou à son mandataire.

Ce résultat détermine le traitement réservé aux produits pétroliers liquides importés, selon les cas de figure suivants :

– Si E1 (échantillon envoyé à LNEM) est conforme, le produit pétrolier liquide importé peut être déchargé définitivement en vue de sa commercialisation après dédouanement. S’il est non conforme, le LNEM atteste la non-conformité au niveau du procès-verbal d’analyses transmis à l’ADII. Par conséquent, la Douane instruit le préleveur pour acheminer l’échantillon E2 (le témoin pour les services douaniers) vers le LNEM afin d’effectuer une deuxième analyse. L’expression ‘échantillon témoin’ doit être mentionnée sur le bulletin d’analyse servi par les services douaniers.

– Si l’échantillon E2 est conforme, le produit importé peut être déchargé définitivement en vue de sa commercialisation après dédouanement. S’il est non conforme, le produit concerné doit être réexporté ou traité. Toutes les opérations de réexportation ou d’acheminement pour traitement des produits pétroliers non conformes s’effectuent en présence des représentants de l’ADII et du ministère de la Transition énergétique.

Les échantillons témoins (E2) détruits après 30 jours de stockage

Tous les échantillons témoins (E2) prélevés pour le compte de l’ADII et reconnus conformes font l’objet d’un recensement et d’un stockage pour une période n’excédant pas 30 jours. Passé ce délai, ils seront transmis au LNEM, moyennant une contre-décharge, en vue de leur destruction conformément aux normes en vigueur.

Le LNEM communiquera à l’ADII un calendrier de destruction des échantillons de produits pétroliers établis à cet effet.

Logigramme de la procédure d’échantillonnage des produits pétroliers liquides.