Cérémonie de clôture du projet SMMMART au niveau de la plateforme R&D de Masen

La cérémonie a été suivie d’une visite sur site d’une des installations minigrid déployées dans les provinces de Ouarzazate et de Taroudant.

La mobilisation du gouvernement de la République de Corée et de la Koica confirme l’engagement continu des partenaires en faveur du développement des énergies renouvelables et de l’électrification inclusive au Maroc.

Cet événement a connu la participation de l’ambassade de la République de Corée, de la Koica, du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, des représentants des autorités locales des provinces concernées, des partenaires institutionnels, de l’ONEE, de la SRM Souss Massa, de la SRM Drâa Tafilalt et de la SDL Ouarzazate Aménagement, ainsi que des partenaires industriels, Huawei, JA Solar, Jinko Solar et LONGi Solar.

Les énergies renouvelables au service du développement territorial

Masen poursuit son engagement en faveur du déploiement de solutions énergétiques durables et innovantes, mises en œuvre avec le soutien du Gouvernement de la République de Corée et de ses partenaires industriels.

Ces projets visent à répondre aux besoins des communautés locales en renforçant l’accès à des systèmes énergétiques modernes et durables.

L’appui apporté dans ce cadre vient soutenir les actions menées par Masen et contribuer aux priorités nationales en matière de transition énergétique et de développement des territoires.

Projet SMMMART : accélérer le déploiement des microgrids au profit des populations rurales

Financé par la KOICA et mis en œuvre par Masen le projet SMMMART a permis de mettre en place une première structure dédiée à la recherche et à la démonstration de smart microgrids.

Ce programme de coopération technologique, qui s’est étendu sur une durée de six années, constitue un socle important pour l’industrialisation de ces solutions résilientes, en faveur de l’innovation et de l’accélération de la transition énergétique.

Il a permis notamment :

• La création d’un laboratoire R&D de pointe au sein du complexe Noor Ouarzazate, doté de plusieurs équipements de simulation avancée ;
• La construction et mise en service d’un site de démonstration unique au Maroc et en Afrique, composé de microgrids interconnectés au niveau de la plateforme R&D de MASEN au sein du complexe Noor Ouarzazate ;
• Le renforcement des compétences nationales, à travers des formations spécialisées au Maroc et en République de Corée ;
• Le développement de modèles techniques et économiques de smart microgrids adaptés aux conditions marocaines et africaines.

À l’occasion de cette cérémonie, les participants ont visité à Anmid la mini-centrale solaire photovoltaïque (200 kWp) couplée à un système de stockage électrique (800 kWh). Cette installation illustre de manière tangible la mise en œuvre de solutions solaires intelligentes, au service des territoires, déployée également sur trois autres villages au niveau de la province de Taroudant.

À travers ces projets, Masen réaffirme son engagement à accompagner, aux côtés de ses partenaires nationaux et internationaux, y compris le Gouvernement de la République de Corée et la Koica, le développement de solutions énergétiques durables et intelligentes contribuant à la résilience des territoires, à l’inclusion énergétique et au développement socio-économique local.

170 M€ de financement de la BEI pour l’ONEE : signature prévue ce jeudi 22 mai pour renforcer le réseau électrique

Il est prévu que le vice-président de la BEI rencontre plusieurs membres du gouvernement marocain et s’entretienne également avec les dirigeants de plusieurs institutions partenaires, dont le groupe CDG, l’ONEE et MASEN. Cette visite accorde une attention particulière aux secteurs de l’énergie, de l’eau potable et de l’éducation.

Pour Ioannis Tsakiris, le Maroc est considéré comme « un partenaire stratégique de la BEI dans la région Sud de la Méditerranée ». « Cette mission marque une nouvelle étape dans notre partenariat de confiance fondé sur une vision à long terme. Elle réaffirme notre engagement en faveur d’un développement durable, inclusif et résilient au Maroc, pleinement aligné sur les priorités nationales et les grandes transitions économiques et environnementales en cours du pays ».

Pour en savoir plus sur cette visite et les investissements potentiels envisagés, Médias24 s’est entretenu en exclusivité avec Ioannis Tsakiris.

Médias24 : Pourquoi la BEI choisit-elle aujourd’hui d’intensifier sa présence au Maroc ? Qu’est-ce qui rend ce pays stratégique dans votre portefeuille d’investissement ?

Ioannis Tsakiris : le Maroc est un partenaire stratégique de la Banque européenne d’investissement depuis plus de quarante ans. Ce partenariat s’inscrit pleinement dans le cadre de la coopération entre le Royaume et l’Union européenne, dont la BEI est le bras financier.

Au fil du temps, notre coopération s’est renforcée, en conjuguant une approche projet par projet – qui reste au cœur de notre action – et, dans certains cas, des instruments plus globaux comme les prêts-cadres, lorsque cela s’avère pertinent.

Aujourd’hui, le Maroc fait face à des défis structurants et porte des ambitions fortes en matière de transition énergétique, de gestion durable de l’eau, d’innovation digitale et de développement du capital humain. Ce sont précisément ces priorités que nous accompagnons, dans une logique d’alignement stratégique avec les engagements européens, notamment dans le cadre du Partenariat vert UE–Maroc.

L’année 2024 a été marquée par un niveau d’engagement significatif, avec 500 millions d’euros mobilisés pour des projets structurants. Ce chiffre traduit une volonté commune d’intensifier notre coopération et de répondre, ensemble, aux besoins de financement durables du pays. Au-delà du volume, c’est la qualité des projets et leur impact qui illustrent notre engagement renouvelé.

Nous sommes à la fois une banque publique, une banque de développement et la banque de l’Union européenne. Cela nous permet de proposer des conditions financières très avantageuses

– Le Maroc reçoit aussi des financements de la Banque mondiale, de la BAD, ou du FMI. Qu’est-ce qui distingue la BEI dans sa manière d’intervenir ? Quelle est votre valeur ajoutée spécifique ?

La BEI se distingue d’abord par son statut unique : nous sommes à la fois une banque publique, une banque de développement et la banque de l’Union européenne. Cela nous permet de proposer des conditions financières très avantageuses, grâce à notre notation AAA et à la combinaison d’instruments européens que nous mobilisons régulièrement – notamment les garanties et subventions de l’UE dans le cadre du Partenariat vert ou de Global Gateway.

Notre modèle intègre également une expertise capitalisée à la fois dans et en dehors de l’Union européenne, ce qui nous permet de partager des savoir-faire éprouvés dans des contextes variés. Cette capacité à faire le lien entre des expériences européennes et des projets internationaux constitue une réelle valeur ajoutée pour nos partenaires.

Enfin, notre offre couvre l’ensemble des besoins du secteur public comme du secteur privé, de manière complémentaire et intégrée : financement d’infrastructures à long terme, soutien aux PME à travers la microfinance ou des lignes de crédit, investissements dans les fonds propres, appui à la structuration de projets via des services de conseil (souvent cofinancés par l’UE). Cette approche sur mesure, associée à un accompagnement rapproché, nous permet d’adapter nos outils aux spécificités de chaque projet et de chaque partenaire.

– Comment jugez-vous la qualité de la coopération avec les institutions marocaines, notamment en matière de gouvernance des projets et de suivi de leur exécution ?

La qualité de notre partenariat avec les autorités marocaines est remarquable. Elle repose sur une relation de confiance construite dans la durée, une forte convergence de vues sur les priorités de développement, et un niveau élevé d’engagement de nos interlocuteurs. Que ce soit avec le ministère de l’Économie et des finances, l’ONEE, MASEN, la CDG ou d’autres institutions publiques, nous constatons une grande rigueur dans le suivi des projets, une volonté de réforme constante et une réelle capacité d’exécution.

Cette coopération de qualité permet à nos financements de se traduire concrètement sur le terrain, dans des délais maîtrisés et avec un impact réel. C’est un élément essentiel dans notre décision d’intensifier notre présence au Maroc.

– Comment la BEI veille-t-elle à ce que ses financements bénéficient réellement aux citoyens, en termes de retombées locales, d’emploi et de lutte contre les inégalités ?

À la BEI, chaque projet est sélectionné avant tout sur la base de son impact socio-économique. Notre objectif n’est pas seulement de financer, mais de créer des conditions durables pour améliorer le quotidien des populations. C’est pourquoi nos équipes d’experts conduisent une évaluation approfondie de chaque opération, en intégrant dès le départ des critères liés à l’emploi, à l’équité territoriale, à l’environnement et aux retombées sociales.

Nous veillons à ce que nos financements produisent des résultats concrets sur le terrain. C’est le cas, par exemple, du prêt de 500 millions d’euros signé en 2024 pour accompagner la reconstruction post-séisme, qui a été conçu pour rétablir des services publics essentiels — écoles, hôpitaux, routes — avec des standards de résilience accrus. C’est aussi le cas dans le secteur de l’eau, où nos investissements soutiennent l’extension des réseaux d’accès à l’eau potable dans des zones particulièrement exposées aux effets du changement climatique.

Ce souci d’impact local guide l’ensemble de notre action. Il se traduit également par le soutien actif au secteur privé, notamment aux PME, qui sont un levier essentiel de création d’emplois et d’opportunités économiques, en particulier pour les jeunes et dans les territoires moins favorisés.

À la BEI, notre priorité est claire : chaque euro que nous investissons doit avoir un impact réel dans la vie des citoyens. Nous ne finançons pas simplement des projets, nous soutenons des actions concrètes qui améliorent le quotidien, créent des emplois, renforcent la cohésion sociale et luttent contre les inégalités.

Avant de financer un projet, nos équipes examinent de près son utilité pour le territoire et sa capacité à répondre à des besoins concrets : accès à l’éducation, aux soins, à l’eau potable, ou encore à des infrastructures sûres et durables.

Dans le domaine de l’eau aussi, nos investissements permettent de développer l’accès à l’eau potable dans les régions les plus exposées au changement climatique. Ce sont des projets très concrets, pensés pour avoir un effet immédiat et durable sur la vie des gens.

Un nouveau financement de 170 millions d’euros (plus de 1,77 MMDH) en faveur de l’ONEE sera signé demain (22 mai 2025) pour renforcer le réseau de transport électrique national

– La création de « BEI Monde » marque un tournant vers l’extérieur. Quelle est votre vision pour l’Afrique à long terme, et le Maroc peut-il servir de hub pour vos opérations régionales ?

La création de BEI Monde s’inscrit dans une volonté d’amplifier l’action extérieure de l’Union européenne, en mettant l’accent sur l’impact, la proximité terrain et la logique partenariale. Il est cependant important de rappeler que notre engagement au-delà de l’UE n’est pas nouveau. La BEI soutient le Maroc depuis 1979, et nous fêtons cette année vingt ans de présence physique à Rabat, avec un portefeuille d’investissements qui dépasse aujourd’hui 10 milliards d’euros.

L’Afrique est aujourd’hui une priorité stratégique pour la BEI, et notre vision à long terme repose sur un partenariat d’égal à égal, au service d’une croissance durable, inclusive et résiliente. Dans cette perspective, le Maroc joue un rôle singulier et précieux. Son positionnement géographique, sa stabilité, son engagement en faveur de la coopération Sud-Sud et son rayonnement diplomatique en font un acteur régional structurant, tant en Afrique qu’au sein du bassin méditerranéen.

Le Maroc peut ainsi contribuer à renforcer les synergies régionales autour de la Méditerranée, dans le prolongement du Pacte méditerranéen (Med Pact) porté par l’Union européenne. Notre action au Maroc s’inscrit aussi dans une logique de capitalisation. Les projets, les expertises et les modèles développés ici peuvent inspirer des initiatives ailleurs sur le continent, tout en renforçant la coopération interrégionale entre les deux rives.

– Quels sont les projets d’énergies renouvelables que la BEI accompagne actuellement au Maroc, et comment évaluez-vous leur impact à la fois climatique et économique ?

La BEI accompagne depuis de nombreuses années la stratégie du Maroc en matière de transition énergétique. Nous avons contribué à plusieurs projets structurants dans ce domaine, à commencer par le parc éolien de Jbel Lahdid, cofinancé avec la KfW, qui s’inscrit dans le cadre du Programme éolien intégré de l’ONEE. Nous soutenons également le programme Noor Atlas, porté par MASEN, qui vise à améliorer l’accès à une énergie propre et fiable dans des zones rurales aujourd’hui peu desservies.

Dans le prolongement de ces investissements, un nouveau financement de 170 millions d’euros (plus de 1,77 MMDH) en faveur de l’ONEE sera signé demain (22 mai 2025) pour renforcer le réseau de transport électrique national, et ainsi faciliter l’intégration des capacités renouvelables dans le mix énergétique.

Ces projets ont un impact direct sur les objectifs climatiques du Maroc. Ils permettent de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de renforcer la stabilité du système électrique, et d’accélérer l’atteinte des engagements pris dans le cadre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN).

Mais leur portée va au-delà du climat. Ils participent aussi à l’attractivité économique du territoire, à la création d’emplois qualifiés et à la structuration d’un écosystème industriel local autour des énergies vertes. C’est dans cet esprit que la BEI entend poursuivre son rôle de catalyseur de la transition énergétique, au service d’un développement durable et souverain.

Nous prévoyons d’accompagner davantage le transport urbain et interurbain, levier essentiel de développement territorial, de cohésion sociale et de réduction des émissions

– Dans quels secteurs la BEI compte-t-elle intensifier ses investissements au Maroc dans les prochaines années ?

Dans les années à venir, nous continuerons à concentrer nos efforts sur les secteurs qui sont au cœur des priorités du Maroc et de son partenariat stratégique avec l’Union européenne. La transition énergétique demeurera un axe structurant, avec un soutien renforcé aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et aux infrastructures bas carbone.

L’adaptation au changement climatique et la gestion durable de l’eau figureront également parmi nos priorités, dans un contexte de stress hydrique accentué. Nous serons particulièrement attentifs aux projets qui renforcent la résilience des territoires, tout en assurant un meilleur accès aux ressources essentielles.

Le développement du capital humain restera un pilier important de notre engagement, à travers l’appui à l’éducation, à la formation professionnelle et au numérique, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.

En parallèle, nous poursuivrons nos actions en faveur d’une croissance économique plus inclusive. Cela passe par un appui accru au secteur privé, notamment via des instruments adaptés pour les PME, les projets industriels durables et l’entrepreneuriat à fort impact. Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, tout comme des partenaires de long terme tels que la CDG, jouera un rôle clé dans cette dynamique.

Nous coopérons également avec plusieurs institutions financières marocaines dans le cadre de nos financements intermédiés, qui jouent un rôle essentiel grâce à leur connaissance fine du tissu économique local et à leur capacité à relayer efficacement notre soutien vers les entreprises.

Enfin, nous prévoyons d’accompagner davantage le transport urbain et interurbain, levier essentiel de développement territorial, de cohésion sociale et de réduction des émissions.

Notre objectif demeure constant : soutenir un développement plus inclusif, plus résilient et plus durable, au bénéfice direct des citoyens marocains.

La centrale Noor Ouarzazate III de nouveau opérationnelle après une remise en état

L’arrêt de février 2024 est survenu à la suite d’une fuite détectée dans le réservoir de sels fondus chauds, composant essentiel pour la production et le stockage thermique, rappelle Masen dans un communiqué.

Ce dysfonctionnement sur un équipement critique soumis à de fortes sollicitations thermiques et mécaniques, a nécessité une intervention de haute technicité pour sa réparation.

Mise en service en 2018, la centrale repose sur une technologie de concentration solaire des miroirs héliostats vers une tour centrale, avec stockage de la chaleur par sels fondus à très haute température (jusqu’à 565°C) pour produire de l’électricité même après le coucher du soleil.

La remise en service a suivi une démarche rigoureuse, mobilisant l’expertise technique de Masen et de ses partenaires, des interventions ciblées et des opérations de contrôle renforcé, poursuit la même source. Chaque étape a été conduite dans le respect des exigences de sûreté et de sécurité, avec un souci constant de garantir des conditions de redémarrage maîtrisées et un fonctionnement optimal de l’installation, ajoute Masen.

Dans une logique de fiabilisation à long terme, un second réservoir avec une conception améliorée est en cours de construction. Il viendra compléter l’infrastructure existante et renforcer la résilience de l’exploitation.

« Cette remise en service est le fruit de la forte mobilisation de nos équipes sur le terrain. Ce sont des opérations menées dans un contexte technique exigeant. Cette réalisation reflète notre capacité à faire face à des situations complexes avec méthode et responsabilité, dans le respect des standards internationaux de performance et de durabilité. Elle permet ainsi de réaffirmer le savoir-faire et l’expertise marocaine dans le domaine des Energies Renouvelables », a déclaré Tarik Ameziane Moufaddal, président directeur général de MASEN, cité dans un communiqué.

Offre Maroc pour l’hydrogène vert : les premières explications de Masen

319 MMDH d’investissements projetés dans l’hydrogène vert par cinq investisseurs sélectionnés dans le cadre de l’Offre Maroc. L’annonce a été faite ce jeudi 7 mars 2025 à la suite de la réunion du comité de pilotage chargé de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert.

Ces investisseurs nationaux et mondiaux projettent la réalisation de six projets dans les trois régions du sud du Royaume. La prochaine étape est le démarrage des négociations en vue de la signature de contrats préliminaires permettant de mobiliser l’assiette foncière. Ces projets s’ajoutent aux deux signés entre le Maroc et la France en octobre dernier.

Huit projets ont donc été retenus par l’État dans le secteur de l’hydrogène vert. Plusieurs questions se posent sur la suite à donner à cette annonce. Quelles sont les prochaines étapes ? D’autres investisseurs pourront-ils bénéficier de l’Offre Maroc ? Les projets visent-ils l’export, le marché local ou les deux ? Qu’en est-il des infrastructures ? Quelles seront les retombées économiques pour le Maroc… ?

Des interrogations que nous avons adressées à Masen, qui est le point focal de l’Offre Maroc et l’interlocuteur des investisseurs. Son président directeur général, Tarik Moufaddal, a répondu aux questions de Médias24 au lendemain de l’annonce. Interview.

Le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection interviendront dans un avenir proche

Médias24 : Quels critères ont fait pencher la balance en faveur des entreprises sélectionnées parmi les 40 demandes déposées ?

Tarik Moufaddal : Grâce à l’Offre Maroc, appelée de ses vœux par Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, nous avons pu attirer un nombre significatif d’investisseurs et de projets particulièrement prometteurs.

Afin de sélectionner les partenaires les mieux adaptés aux intérêts stratégiques de l’État marocain dans ce secteur émergent, les instances de gouvernance, établies par la circulaire, ont défini des critères de sélection rigoureux. Ceux-ci incluent, entre autres, la solidité financière des partenaires, leur expertise dans les différents maillons de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène vert, la pertinence de leur projet pour le Maroc, ainsi que les retombées économiques, sociales et environnementales attendues pour le Royaume.

Le choix des partenaires s’est appuyé sur un principe fondamental de diversification des risques, en veillant à un équilibre dans la répartition régionale des projets, à la diversification des débouchés sur les marchés consommateurs d’hydrogène vert, ainsi qu’à l’élargissement de la gamme des produits finis proposés.

Les entreprises sélectionnées sont celles qui se sont les mieux positionnées au regard de ces critères.

Il est aussi important de noter, que le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection interviendront dans un avenir proche.

– Tous les projets sélectionnés sont-ils des projets intégrés ? Le cas échéant, sont-ils orientés vers une intégration horizontale (maximisant le contenu local et la production nationale de tout ce qui est nécessaire à la production d’hydrogène vert), verticale (dérivés tels que l’ammoniac vert, l’acier vert, l’aluminium vert, le PVC vert) ou les deux ?

– L’Offre Maroc s’applique aux projets intégrés de l’amont, depuis la génération d’électricité à partir d’énergies renouvelables et l’électrolyse, jusqu’à l’aval avec la transformation de l’hydrogène vert en ammoniac, méthanol, carburants synthétiques, etc., ainsi que la logistique y afférente.

Les projets sélectionnés sont donc alignés avec le champ d’application défini pour l’Offre Maroc, et proposent des projets intégrés qui visent non seulement la production d’hydrogène vert, mais également d’autres dérivés tels que : l’ammoniac, les e-fuels et l’acier vert.

Cette diversification renforcera la compétitivité et l’attractivité de la filière marocaine de l’hydrogène vert sur les marchés internationaux.

Les projets présélectionnés visent également à maximiser le taux d’intégration industrielle et le contenu local. Des objectifs ambitieux qui seront affinés dans le cadre des études à mener par les investisseurs, tout en tenant compte des besoins identifiés dans les régions d’implantation des projets.

– Ces projets visent-ils principalement le marché local ou l’export ?

– La position géostratégique du Royaume est un atout indéniable pour l’export vers d’autres régions du monde, notamment l’Europe, mais aussi l’Asie ou les Amériques. Donc, les projets sont orientés vers l’export, mais visent aussi naturellement des industries du marché local.

– Quelles retombées financières concrètes pour le Royaume (redevances, loyers, participation aux bénéfices, etc.) ont été proposées par les projets sélectionnés ?

– Les projets sélectionnés proposent plusieurs externalités positives pour le Royaume en matière d’intégration industrielle, de création d’emplois, de développement socio-économique des territoires d’implantation, ainsi que des retours financiers pour l’État qui doivent faire l’objet de négociations conformément au processus contractuel défini dans l’Offre Maroc.

Au terme de ces contrats préliminaires de réservation de foncier, et dès lors que les parties auront respecté leurs engagements, l’investisseur et l’État entreront en négociations finales pour la conclusion d’une convention d’études avancées

– Quels sont les coûts de production de l’hydrogène (H2) indiqués dans les projets retenus ?

– Les données des investisseurs sont confidentielles. Ce que l’on peut néanmoins affirmer, c’est que le coût de la molécule d’hydrogène produite au Maroc est parmi les plus compétitifs au monde. Ce coût sera précisément déterminé en fonction de plusieurs paramètres, notamment la ressource énergétique disponible sur le site attribué, la technologie choisie, les infrastructures à déployer, ainsi que d’autres facteurs influençant l’investissement et l’exploitation. Par conséquent, ces coûts peuvent évoluer.

– Quelle est la prochaine étape ?

– Les négociations vont être engagées avec les investisseurs sélectionnés. Une fois que les parties se seront accordées sur tous les termes, ces négociations aboutiront à la conclusion d’un contrat préliminaire de réservation de foncier. Lesdits contrats seront conclus entre l’investisseur et l’État marocain. Au terme de ces contrats préliminaires de réservation de foncier, et dès lors que les parties auront respecté leurs engagements, l’investisseur et l’État entreront en négociations finales pour la conclusion d’une convention d’études avancées.

Comme je vous le disais, le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection pourront intervenir dans un avenir proche.

– La circulaire prévoyait une répartition précise des rôles entre ministères et institutions pour les infrastructures. Où en est concrètement cette coordination ?

– Le succès de l’Offre Maroc repose sur un parcours simplifié pour les investisseurs, garantissant clarté et visibilité dans la mise en œuvre de leurs projets. Masen joue un rôle de point focal et d’interlocuteur privilégié des investisseurs, en coordination avec plusieurs ministères impliqués dans la gouvernance de l’Offre Maroc.

Cette collaboration est renforcée par divers comités de suivi et ateliers thématiques (techniques, industriels, investissements, budget…), où l’ensemble des ministères et institutions concernés collaborent activement et apportent des propositions constructives. La gouvernance en place, structurée autour d’un Comité de pilotage, d’un Comité d’investissement et de sous-comités, dont celui dédié aux infrastructures, facilite l’intégration des projets et renforce la compétitivité de la filière hydrogène vert.

La chaîne de valeur de l’hydrogène vert pourrait ainsi offrir aux industriels de vastes opportunités d’intégration

– A-t-on mesuré les besoins nationaux en hydrogène vert ? 

– Plusieurs études classent le Maroc parmi les cinq pays présentant le plus grand potentiel en matière de production d’hydrogène vert. Un potentiel qui se confirme au regard du vif intérêt suscité par l’Offre Maroc depuis sa publication auprès d’acteurs majeurs du secteur énergétique. En moins d’un an, nous avons attiré plus d’une quarantaine de projets.

Le développement de la filière hydrogène vert au Maroc, soutenu par l’Offre Maroc, offre de belles perspectives en termes de création d’emplois, d’implantation d’industries locales et d’attraction d’investissements étrangers.

L’intégration horizontale et verticale de cette industrie émergente peut stimuler la création d’industries locales tout le long de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène vert, contribuant, d’une part, à la compétitivité des projets et, d’autre part, à l’essor d’un écosystème industriel national. La chaîne de valeur de l’hydrogène vert pourrait ainsi offrir aux industriels de vastes opportunités d’intégration.

Les possibilités d’intégration verticale sont également significatives : des industries énergivores à forte empreinte carbone pourraient délocaliser une partie de leur production consommatrice d’hydrogène vert au Maroc, permettant ainsi de décarboner leurs activités tout en réduisant considérablement leurs coûts.

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Énergie-ANRE. Un chantier royal pour doter le secteur d’une instance puissante et améliorer sa lisibilité réglementaire

Le secteur énergétique marocain en général – électrique en particulier – vit, depuis plusieurs années, au rythme d’une série de réformes qui vont dans le sens de la modernisation et de la libéralisation du marché. Il s’apprête à passer un nouveau cap en matière de régulation. Lors du dernier Conseil des ministres, tenu ce mercredi 4 décembre, le Roi Mohammed VI a donné des instructions pour se pencher sur une refonte de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).

Le Souverain appelle à transformer cette instance en « Autorité nationale de régulation du secteur de l’énergie, à travers la révision de la loi y afférente et l’élargissement de ses attributions ». La nouvelle ANRE devra « englober, outre l’électricité, toutes les composantes du secteur de l’énergie, à savoir le gaz naturel, les énergies nouvelles telles que l’hydrogène et ses dérivés, ainsi que les domaines de production, de stockage, de transport et de distribution ».

L’objectif est de doter le Maroc « d’un outil institutionnel de régulation indépendant et plus puissant », affirment des sources interrogées par Médias24. C’est que le secteur de l’énergie marocain a connu d’importantes évolutions et s’apprête à en vivre de nouvelles, notamment avec l’ouverture du segment de la moyenne tension (MT) aux EnR, et donc aux privés, la montée en puissance des Sociétés régionales multiservices (SRM), l’arrivée d’importants projets dans l’hydrogène… pour ne citer que ces exemples.

« La trajectoire de la transformation du secteur énergétique marocain, grâce aux reformes et chantiers structurants menés sur instructions royales, fait que le secteur est arrivé à un stade de maturité nécessitant de repenser sa régulation pour la faire converger avec les meilleures pratiques internationales en la matière », contextualise notre source.

La vision sous-jacente à cette refonte est d’avoir une « régulation intégrée » de l’énergie, qui « permet de mieux prendre en compte les équivalences et complémentarités entre les systèmes énergétiques et d’accélérer la transition énergétique », ajoute notre interlocuteur.

L’ANRE a pour mission de s’assurer du bon fonctionnement du marché de l’électricité, mais avec des prérogatives limitées. Elle a actuellement pour rôle de :

– s’assurer de l’accès équitable au réseau électrique national de transport et aux réseaux électriques de la distribution ;

– fixer le tarif d’utilisation du réseau électrique national de transport et les tarifs d’utilisation des réseaux électriques de la distribution ;

– arbitrer les différends entre les utilisateurs des réseaux de transport ou de distribution et les gestionnaires concernés ;

– sanctionner en cas d’infractions avérées ;

– accompagner la mise en œuvre de la transition énergétique nationale ;

– approuver les règles et le tarif d’accès aux interconnexions.

Son intervention se limite donc à la régulation du transport de l’électricité. La refonte demandée par le Souverain devra élargir le champ de régulation et le périmètre d’action de l’ANRE de la seule électricité à l’ensemble des segments de l’énergie : électricité, gaz naturel, hydrogène… et à toute la chaîne de valeur : production, stockage, transport, distribution…

Cette réforme est une avancée que l’écosystème ne peut que saluer, car cela donnera une meilleure lisibilité réglementaire à un secteur aux multiples acteurs et intervenants.

Cette visibilité est d’autant plus importante que le Maroc est sur le radar de nombreux investisseurs internationaux qui projettent d’y investir dans les énergies renouvelables ou encore l’hydrogène.

Elle permettra également d’améliorer l’efficience du secteur et de l’ensemble de sa chaîne de valeur. « La réforme qui sera engagée capitalisera sur l’expérience récente de l’ANRE [3 ans d’activité, ndlr], qui se distingue par rapport à de nombreux pays comparables », assurent nos sources.

EnR : du nouveau au sujet des projets de quatre futures centrales solaires

Les emplacements et les superficies des quatre futures centrales solaires ont été fixés par trois décrets du chef du gouvernement datés du 22 octobre et publiés au Bulletin officiel du 25 novembre.

Ces trois décrets, pris sur proposition du ministère en charge de la Transition énergétique, stipulent que les futures centrales solaires soient basées à :

Hydrogène vert : des projets sélectionnés dans les trois régions du sud du Royaume

Il s’agit des régions de Guelmin-Oued Noun, de Laâyoune Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Eddahab, indique un communiqué du département du Chef de gouvernement, précisant que l’examen de ces projets sera approfondi avec leurs porteurs.

En application des hautes instructions royales visant à accélérer la mise en œuvre de « l’offre Maroc » dans le domaine de l’hydrogène vert avec la qualité requise et à répondre aux porteurs de projets nationaux et étrangers dans ce secteur prometteur, le comité de pilotage a examiné lors de cette réunion, sous la présidence du Chef du gouvernement, le cadre contractuel relatif à l’assiette foncière publique dédiée à la réalisation de ces projets et les mécanismes à même d’optimiser son usage.

Cette étape intervient après la discussion par le comité de pilotage, au cours de sa précédente réunion, de la méthodologie adoptée pour évaluer et sélectionner les offres de projets déposées auprès de l’Agence marocaine pour l’Énergie durable (MASEN), qui sont au nombre de 40 offres présentées par des porteurs de projets marocains et étrangers désireux de produire de l’hydrogène vert et dérivés, destiné au marché intérieur, à l’exportation ou aux deux, souligne le communiqué.

En vue d’assurer le succès de la mise en œuvre de « l’offre Maroc », en application des hautes orientations royales, les conventions-cadres d’investissement entre l’État et les investisseurs comprennent des clauses relatives à l’échéancier des réunions dans le souci de garantir une évaluation régulière des avancées réalisées dans la mise en œuvre de ces projets.

Ont pris part à cette réunion Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, Riad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, et Tarik Moufaddal, président directeur général de MASEN.

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Le gouvernement assainit l’assiette foncière pour deux stations solaires dans la province de Khouribga

Un décret de Aziz Akhannouch, avec le contreseing de Leila Benali, ministre de la Transition énergétique, daté du 29 août et publié au Bulletin officiel du 12 septembre, autorise l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN) à exproprier, pour utilité publique, plus de 241 hectares.

Cette assiette foncière servira à la construction de deux stations solaires. Le foncier sera prélevé sur le titre 18/74287 portant le nom des deux collectivités ethniques (collectivités soulaliyate) Oulad Gouaouech et Beni Zentel-Oulad Youssef Charkia.

L’expropriation au profit de MASEN portera sur plus de 241 hectares.

Selon un document de MASEN, le projet Noor Bejaad constitue un élément du programme plan Noor PV II et consiste en la mise en place et la mise en œuvre d’une centrale de production d’électricité d’origine solaire d’une puissance minimale de 100 MW.

Initialement, ce projet devait être déployé sur un terrain d’environ 400 ha via une acquisition par expropriation qui ne devait pas engendrer de déplacement de la population locale ou des activités économiques.

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Avec l’annonce de la perte estimée à 47 millions de dollars par Acwa Power suite à l’avarie constatée dans la centrale Noor Ouarzazate III, les paris sont ouverts au sein du microcosme énergétique national sur les implications de cette annonce. Et l’enjeu n’est pas des moindres. Il s’agit de savoir quel est l’avenir de la centrale solaire de Ouarzazate, qui n’en est pas à son premier couac.

Cette question peut paraître extrême, mais en regardant de plus près les comptes, ou du moins ceux rendus publics, on se rend compte du déficit financier dans lequel se sont embourbées les sociétés de projets qui constituent le « complexe Noor Ouarzazate ».

Des sociétés de projets déficitaires

Ainsi, si l’on prend individuellement les derniers comptes publiés pour l’exercice 2021 au niveau de l’OMPIC, les sociétés de projets Acwa Power Ouarzazate (APO) I, II et III, portant respectivement sur les centrales Noor Ouarzazate I, II et III, affichent toutes des pertes à des degrés divers.

Concernant Noor Ouarzazate IV, basée sur la technologie du photovoltaïque, aucun bilan n’est disponible au greffe depuis son entrée en production en 2019.

Concernant spécifiquement APO III, la société de projet portant la centrale Noor Ouarzazate III, actuellement à l’arrêt, elle a affiché une perte d’exploitation de 239 millions de dirhams en 2021 et de 381 millions en 2020. Ses charges d’exploitation sont ainsi largement supérieures à ses produits. Autrement dit, la centrale revend largement à perte ce qu’elle produit, et ce depuis son démarrage.

Ses charges d’exploitation affichent près de 500 millions de dirhams en 2021 contre 260 millions de produits. En y ajoutant les charges financières, soit 304 millions de dirhams la même année, plus les impôts, on se retrouve avec une perte nette de près de 542 millions de dirhams en 2021. La perte nette en 2020 était de 642,5 millions de dirhams. Avec la dernière annonce d’ACWA Power concernant la perte de 47 millions de dollars pour 2024, la société de projet continue de consommer ses fonds propres … déjà négatifs.

Ainsi, avec la formule standard de calcul des fonds propres, c’est-à-dire le capital social + les réserves légales + les reports à nouveau + le bénéfice/perte de l’exercice, on se retrouve en 2021 avec des fonds propres négatifs de (-) 968 millions de dirhams pour un capital social de 856 millions de dirhams.

Concrètement, cette entreprise, au vu de la loi sur les SA, doit être recapitalisée ou soutenue financièrement par ses actionnaires et ses créanciers ; faute de quoi elle doit être déclarée en cessation de paiement et emprunter la voie de la sauvegarde ou du redressement judiciaire. Il est à signaler qu’elle a déjà été recapitalisée en 2020, puisque son capital est passé de 71 millions de dirhams à 856 millions durant cet exercice.

APO I et II affichent, elles, des résultats d’exploitation positifs mais des résultats nets négatifs ; conséquence de leur endettement et donc de leurs charges financières. Ainsi, APO I affiche en 2022 un résultat d’exploitation positif de près de 2 millions de dirhams, mais un résultat net de (-) 189 millions de dirhams en 2022 contre (-) 148 millions en 2021. Cette situation fait que la société de projet affiche aussi des fonds propres négatifs de (-) 925 millions de dirhams pour un capital social de 35 millions.

APO II n’échappe pas à la règle. En 2022, elle affiche un résultat d’exploitation de 55 millions de dirhams contre un RN de (-) 361 millions de dirhams. Ses fonds propres sont de (-) 473 millions pour un capital social de près de 1,1 milliard de dirhams.

Des productibles en berne

Ces recapitalisations devront être réalisées par Acwa Power, qui détient les sociétés de projets APO à hauteur de 75%, et par Masen Capital (filiale de Masen) qui détient les participations dans les sociétés de projets APO à hauteur de 25%.

Dès lors, la question est la suivante : quelles seraient les conséquences de cette situation pour les centrales construites grâce à une dette garantie par l’Etat marocain à hauteur de plus de 24 milliards de dirhams ?

Réponse de l’une de nos sources proches du dossier : « Les structurations prévues prévoyaient des rentabilités à long terme et pas forcément à court terme. C’est le business model qui a été construit dès le départ. Lorsque l’on regarde les états financiers des IPP, c’est un amortissement linéaire. La sortie au bout de 25 ans fait qu’à ce terme, au niveau des investisseurs, la centrale n’a plus de valeur (puisqu’elle doit être transféré à Masen à l’échéance du contrat) ».

En d’autres termes, pour cette source, ces déficits sont normaux en phase de démarrage de projet, en maximisant les postes de charges, même s’ils n’étaient pas forcément attendus avec une telle ampleur.

Mais en y regardant de plus près, le problème fondamental de ce complexe, c’est que le productible n’est toujours pas à la hauteur du potentiel théorique de ces centrales. Selon les données que nous avons pu nous procurer, très rares sont les années où le complexe a atteint son potentiel de production.

Sur la base des ventes d’électricité des trois centrales solaires thermodynamiques (ou CSP, pour concentrated solar power) entre 2018, l’année où elles ont toutes été productives, et 2022, la moyenne de la performance de ces trois centrales n’a pas dépassé 60% du productible estimé, notamment, par les bailleurs de fonds internationaux qui ont financé le projet.

D’après les rapports d’achèvement de projet publiés sur le site de la Banque africaine de développement (BAD) en 2019 (NOORo I) , 2020 (NOORo II)  et 2021 (NOORo III), les productibles estimés étaient respectivement pour chacune des centrales de 500, 699 et 515 GWH, soit un productible total de 1.714 GWH chaque année pour les trois composantes CSP. Or il se trouve que dans le meilleur des cas, l’électricité effectivement vendue par ces centrales était de 1.268 GWH en 2021, soit 74% de performance, avant de chuter à 855 GWH en 2022, soit 50%.

Selon les précisions apportées à Médias24 par une source proche du dossier, cette production a relativement bien performé en 2023, atteignant des niveaux de performance de 105%, 84% et 89% par rapport aux niveaux de performances contractuelles respectivement pour Noor Ouarzazate I, Noor Ouarzazate II et Noor Ouarzazate III avant sa mise à l’arrêt.

Malgré cela, si l’on calcule une moyenne de six ans depuis le démarrage des dernières centrales, la performance opérationnelle du complexe atteint à peine 65% de l’objectif escompté. Ces données expliquent en grande partie les difficultés des sociétés de projets du complexe Noor à être en équilibre d’exploitation ou à générer des chiffres d’affaires à même de les mettre en équilibre.

Cependant, « les niveaux de production aujourd’hui disponibles permettent le paiement de la dette des centrales concernées », assure notre source au fait de la situation financière du complexe.

Une continuité de l’exploitation « préservée et garantie » ?

C’est donc plutôt la rentabilité pour l’actionnaire (ACWA) qui n’est pas encore au rendez-vous.

Et une de nos sources va encore plus loin : selon elle, la documentation contractuelle de chacune des centrales peut atteindre plus d’une centaine de sous-contrats, aussi bien pour le financement, la conception, la mise en place, l’exploitation et la maintenance des centrales.

« Concernant le productible, même si celui-ci n’est pas au rendez-vous, soit pour cause de panne ou de mauvaises conditions climatiques par exemple, il est backé par un contrat d’assurance qui rembourse l’investisseur. Ce remboursement peut ne pas apparaître sur les comptes de la société de projet, mais plutôt chez sa société mère, Acwa Power, en Arabie Saoudite. Il en va de même en cas de panne ou de défaut de construction ou de conception ; les garanties courent toujours. Il y a aussi des assurances pour couvrir le productible contractuel au cas où il y aurait un problème d’ordre climatique ou de pannes », nous explique-t-on.

Notre source donne d’ailleurs en exemple le dernier communiqué d’Acwa Power annonçant la mise à l’arrêt de la centrale et affirmant que la réception finale de l’usine n’a pas encore été accordée aux constructeurs, laissant entendre que ce sont eux qui vont prendre en charge les surcoûts et réparations programmées.

Cette justification signifie-t-elle que la faiblesse de production sera constamment appuyée par un mécanisme assuranciel ? Auquel cas, à quel coût pour le complexe ?

Quoi qu’il en soit, comme nous l’affirme notre source, « la continuité de l’exploitation des centrales sera préservée et garantie ». Elle rappelle que « les projets EnR sont généralement des projets capitalistiques dans lesquels la part de l’investissement est importante au début du cycle de vie du projet et la rentabilité ne peut être jugée que sur le terme de la période d’exploitation. En contrepartie les projets EnR ne sont pas impactés par la volatilité des coûts des intrants (source renouvelable Vs coût du charbon, du gaz etc.). Les résultats d’exploitation de ces sociétés des premières années s’écartent en partie des projections initiales pour des raisons différentes comme la variation d’année en année de la ressource solaire disponible ou le niveau de la performance enregistrée lors de la période de fiabilisation graduelle de ce type d’actifs industriels ».

Il faut savoir que chaque centrale est constituée de plusieurs milliers de miroirs étalés sur plus de 3.000 hectares, qu’il faut aligner parfaitement avec la course du soleil, nettoyer et maintenir, ainsi que des chaudières, des bacs de stockage, des systèmes d’information à optimiser pour maximiser les rendements. Une technologie complexe donc, surtout à cette échelle.

Et les six années déjà écoulées ne semblent pas encore suffisantes pour fiabiliser les centrales NOORo II et III.

NOORo I, quant à elle, a nécessité au total huit années pour atteindre son potentiel théorique. Reste à savoir si cela va durer ou pas.

La situation n’est pas spécifique au Maroc. Elle a trait à la technologie des centrales CSP. Celles-ci poursuivent une logique de gigantisme afin de réduire les coûts de production d’électricité. Plus elles grandissent, plus les infrastructures sont complexes à mettre en place et à fiabiliser, et plus elles requièrent des investissements énormes et de longues périodes d’amortissement, surtout en comparaison au photovoltaïque ou à l’éolien qui ont connu une baisse continue de leurs coûts.

A titre de comparaison, la centrale CSP à tour d’Ivanpah, en Californie, avec ses 386 MW, a coûté 2,2 milliards de dollars. Elle a souffert de performances réelles inférieures aux attentes. Elle n’a atteint que 91% de son objectif après sept ans d’exploitation. Des problèmes techniques tels que les fuites de sels fondus ont aussi été constatés à la centrale à tour solaire de Crescent Dunes dans le Nevada. Un échec largement médiatisé qui a conduit le développeur de la centrale à abandonner son projet d’extension.

« Le constat aujourd’hui est que les centrales CSP, partout au monde, nécessitent plus de temps pour la stabilisation de leur exploitation. Ce temps observé est relativement supérieur comparé à une centrale thermique classique. Cette stabilisation passe par une phase d’alignement étant donné qu’une centrale est composée d’un circuit de plusieurs équipements techniques, tous constituant un procédé industriel », résume un expert énergétique.

Masen, un modèle économique risqué

A ces problématiques de coûts et de rentabilité s’ajoutent d’autres liées au modèle économique, notamment la nécessité du soutien public, que ce soit à travers la garantie des prêts ou en termes de subvention des prix.

C’est le modèle qui a été adopté par NOOR Ouarzazate I, II et III, et partiellement par la centrale Midelt 1 (hybride CSP+PV). Un schéma de financement complexe et qui demande une subvention constante pour maintenir Masen à flot.

Agence publique bénéficiant de la garantie de l’Etat, Masen agit comme un emprunteur souverain. Elle lance les appels d’offres pour les projets à développer en choisissant un consortium de « producteurs indépendants d’énergie » (IPP) sur la base d’un prix d’achat (le fameux PPA). Elle lève ensuite au nom de l’Etat les financements nécessaires pour la réalisation du projet sous forme de dettes auprès des bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement, la Banque allemande de développement (KfW), le Fonds Climat des Nations Unies.

Une fois ces accords de financements accordés sur la base d’un niveau de rémunération et de performance, Masen rétrocède ces financements aux sociétés de projets où elle est actionnaire minoritaire (25%), via sa filiale à 100% Masen Capital, comme nous l’affirme une source sûre : « pour les premiers projets du Plan Noor, Masen a levé de la dette concessionnelle, à des conditions avantageuses, et l’a rétrocédée à l’investisseur  privé sélectionné pour le développement de chaque Projet. Ces conditions de financement ont également contribué à optimiser les tarifs des Projets. Ce schéma a concerné essentiellement les premiers projets solaires de Masen, ainsi que des projets éoliens portés par l’ONEE ».

Et d’ajouter, « pour ces premiers projets solaires, il fallait optimiser le coût de sortie d’électricité. Les financements concessionnels avaient des taux et des maturités intéressants, et permettaient également de bénéficier de dons… Pour le projet Noor Ouarzazate, Masen a pu bénéficier de plus de 100 millions d’euros de dons ». Les périodes de grâce et de remboursement peuvent atteindre 40 ans.

En contrepartie, cette rétrocession permet à Masen, vis-à-vis du concessionnaire, d’une part de réévaluer à la hausse le taux et les conditions de financement des prêts souverains qu’elle a obtenus, et d’autre part, de facturer aux sociétés de projet une commission de gestion, ce qui lui permet en principe de dégager un petit bénéfice nécessaire à son équilibre financier.

La subvention, elle, permet à Masen de payer le gap, constitué de la différence entre le prix du PPA signé avec les sociétés de projets et le prix de revente à l’ONEE. Cette subvention est censée permettre à Masen de se maintenir en équilibre, voire de dégager de la valeur en cas d’excellence opérationnelle.

« A l’origine, le deal qui a été fixé entre l’ONEE et Masen, c’est que l’ONEE achète l’électricité produite à NOOR Ouarzazate I sur la base du prix de revente de l’ONEE en très haute tension (THT) », nous explique une autre source proche du dossier.

Ce qui fait un prix d’achat de l’électricité compris entre 0,80 et 0,90 dirhams/kwh alors que le coût de production et la base sur laquelle la concession a été accordée à Acwa Power était de 1,62 dirhams/kwh.

La différence entre le prix d’achat d’électricité signé entre Masen et l’ONEE et le prix du PPA devait être prise en charge par Masen lors des premières années d’exploitation sur la base d’un prêt accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), une filiale de la Banque mondiale pour subventionner cette perte et ne pas plomber la situation de Masen.

On retrouve d’ailleurs ce schéma dans le deuxième accord de financement signé par Masen et la Banque mondiale en 2014, qui a bénéficié de la garantie de l’Etat marocain.

Selon notre source proche du dossier, « pour les autres centrales, un accord tripartite entre l’Etat, via le ministère des Finances, Masen et l’ONEE a permis de poursuivre sur le schéma d’achat convenu pour la centrale Noor I, avec cette fois-ci la prise en charge par l’Etat du différentiel de prix entre le prix des PPA et le prix de vente réel de Masen à l’ONEE, c’est-à-dire le prix de la THT ».

Or, d’après notre interlocuteur, cet accord n’a pas été honoré par le ministère des Finances, qui n’a pas versé de subventions à Masen. Ce qui a fait que l’ONEE a continué à acheter l’électricité à 50 ou 60% du prix du PPA, et le bilan de Masen continuait à se creuser.

« Le gap entre les prix de vente de Masen et les tarifs des PPA était connu dès le début. Le prêt de la Banque mondiale était censé compenser la différence dans un premier temps, alors que l’abandon des subventions sur les hydrocarbures, notamment le fioul utilisé dans les centrales de l’ONEE, devait prendre le relai et permettre, via la subvention de l’État, d’assurer l’équilibre de Masen », souligne encore notre interlocuteur.

Une autre source tient, quant à elle, à voir le verre à moitié-plein. « Il faut rappeler que la structuration retenue pour le développement des premiers projets NOOR en 2010 a permis d’impulser le développement du solaire dans un contexte où le PV seul était à 0,378 $/kWh, la batterie à plus de 1.000 $/kWh et le CSP à 0,346 $/kWh (source IRENA). Le schéma retenu a ainsi permis d’optimiser le soutien au secteur à travers un processus d’appels d’offres, contrairement à la pratique de Feed In Tarifs qui était d’usage au moment du lancement du programme solaire et qui définissait une subvention fixe qui ne profitait pas des optimisations apportées par la mise en concurrence et qui a montré ses limites dans la majeure partie des pays. A titre d’information, ces subventions ont atteint un montant de 23 milliards d’euros en Allemagne et 8 milliards d’euros en France. Pour Noor Ouarzazate I, ce schéma a permis d’obtenir un tarif compétitif pour Noor Ouarzazate I (160 MW et 3 h de stockage) de 1,42 MAD/kWh (tarif moyen), par rapport au marché de l’époque ».

Le choix politique de la subvention est ainsi largement assumé comme coût d’entrée de cette technologie et de surcroit soutenu par les bailleurs de fonds.

Le pari perdu du CSP

En effet, dans le plan initial, l’utilisation du CSP, bien qu’elle génère des pertes financières prises en charge par une subvention, devait générer à long terme des gains économiques avec la baisse progressive des coûts du CSP à travers une plus grande intégration industrielle locale et une baisse mondiale du coût de cette technologie sur le modèle du photovoltaïque, dont les prix diminuaient annuellement de plus de 13%.

La Banque mondiale et Masen ont ainsi abandonné les principes d’évaluation « classique », de type coûts-avantages, pour se concentrer sur le potentiel du projet, aussi bien au niveau national à travers l’intégration industrielle dans la technologie du CSP, que mondial avec le « bénéfice » de cette technologie encore balbutiante, portant sur sa « contribution à la courbe d’apprentissage au niveau mondial pour la technologie CSP » et devant conduire, in fine, à la baisse de leurs coûts.

En résumé, le financement de cette technologie par la Banque mondiale et par les autres bailleurs de fonds, alors même qu’ils savaient que les projets étaient extrêmement risqués, était justifié par le gain latent au niveau mondial de ce type de centrale et leur potentiel plutôt que pour leur pertinence économique et leur viabilité financière.

>>>>ICI L’INTÉGRALITÉ DU RAPPORT D’ÉVALUATION DES BP DES STATIONS NOOR II ET III. 

Toutefois, avec l’entrée en production de NOOR I, ce schéma de subvention financé par un prêt de la BIRD ne semble pas avoir été appliqué. Et le déficit croissant de la station Noor I a fini par rattraper Masen.

Prenant en considération ce gap de prix et la dépendance à la subvention pour maintenir l’équilibre de Masen, l’Etat a opté dès 2016 pour une autre solution afin de viabiliser tout le programme. L’accord entre l’Etat, Masen et l’ONEE, sanctuarisé par :

Cet accord consiste à donner l’exclusivité à Masen de développer les capacités d’EnR publiques et de transférer à titre gracieux toutes les centrales d’énergie renouvelable développées, gérées ou concédées par l’ONEE à Masen pour pouvoir baisser le prix du mix électrique de cette dernière ; C’est-à-dire permettre à Masen de profiter de centrales développées par l’ONEE avec des coûts de production inférieurs au solaire à concentration ou largement amortis, comme ceux de l’hydraulique, y compris les barrages, et surtout de l’éolien (notamment le plan des 850 MW dont le PPA entre le concessionnaire et l’ONEE a été signé à 0,3 dh/kwh) et le mélanger avec le prix du solaire à concentration qui coûte beaucoup plus cher, et à la fin revendre à l’ONEE plus ou moins au prix du THT.

« Selon ce schéma, Masen devait pouvoir se retrouver avec un résultat équilibré si ce n’est bénéficiaire », rapporte ainsi notre expert.

Un déficit caché

Toutefois, avec le retard de la mise en place de ce schéma et le non-versement de l’Etat de la subvention, le déficit de Masen continue de se creuser. Il a été estimé par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) à plus de 800 millions de dirhams par an. Un chiffre qui semble aujourd’hui bien moins important. Selon une source sûre, le déficit de Masen en 2022 était de l’ordre de 200 millions de dirhams. Au niveau des sources publiques, les comptes de Masen ne sont plus disponibles depuis 2020 auprès du greffe du tribunal.

Une source ayant participé au lancement du programme Noor confirme ce qui précède : « Le déficit généré par l’exploitation des centrales CSP Ouarzazate est une conséquence de l’écart entre le tarif d’achat par Masen de l’énergie produite de chez les sociétés de Projet et le tarif de vente de Masen à l’ONEE, écart qui était nécessaire pour attirer au Maroc les premiers investissements de cette taille lors du lancement du Plan solaire Noor en 2010 sans impacter l’équilibre financier de l’ONE. Cet écart est réduit en partie par des produits financiers générés par ces Projets compte tenu de leur structuration financière. Aujourd’hui, le gap enregistré est moindre que ce qui était prévu, ce gap devrait tendre vers zéro avec la volumétrie induite par les projets ENR à venir. Aujourd’hui, il faudrait plutôt se focaliser sur le développement de nouveaux projets compétitifs pour atteindre cette volumétrie le plus tôt possible tout en accroissant d’avantage la décarbonation du mix électrique et partant la compétitivité de notre économie. »

Pour une autre source proche du dossier, « Masen aujourd’hui est sur une nouvelle trajectoire. Son modèle de départ prévoyait que les projets futurs équilibrent la structure dans sa globalité. Des instruments ont été par ailleurs mis en place par l’Etat et auxquels un recours n’est fait que si nécessaire. L’objectif aujourd’hui devrait être d’optimiser le prix de revient global du kWh et limiter la dépendance énergétique. EnTout en limitant la sollicitation du soutien de l’Etat. Avec les projets en cours de développement aujourd’hui et annoncés (plus de 4300 MW entre solaire et éolien devant entrer en production en 2028) cet équilibre devrait être atteint bientôt ».

Et d’ajouter : « L’optimum pour les finances de Masen est de capitaliser sur l’évolution du marché renouvelable qui est devenu très compétitif par rapport au fossile et de développer de plus en plus de projets rentables. Cette rentabilité viendrait compenser et équilibrer l’ensemble et minimiser le recours à l’Etat pour subventionner et ce, même si c’était prévu initialement. »

En d’autres termes, développer davantage de projets plus rentables pour éponger le déficit généré par les premières centrales CSP et équilibrer les comptes de Masen. Mais quid du prix du mix électrique de Masen qui se positionne comme intermédiaire entre les producteurs et l’ONEE ?

A fin 2023, plus de 41% de la capacité installée dans le mix électrique nationale marocain est de source renouvelable avec un total de près de 4.680 MW de projets opérationnels (16% hydraulique, 18% éolien et 8% solaire) sur un total de plus de 11 GW.

Selon les données dont nous disposons, plus de 4.300 MW sont en développement par Masen (engagé ou en construction) programmés pour une mise en service avant 2028.  Il s’agit de pour la partie éolienne de :

– Nassim Repowering Koudia al Baida 100 MW qui est en phase de mise en service

– Nassim Jbel Lahdid 270 MW dont la mise en service est prévue courant l’été 2024.

– Masen a également lancé en Avril 2024, le Programme Nassim Nord 400 MW comprenant l’Extension du parc éolien de Koudia Al Baida pour 150 MW et Nassim Dar Chaoui pour 250 MW d’éolien, tous deux prévus pour 2027.

Pour la partie solaire, il est prévu :

– Le début de la construction des projets NOOR Midelt I (800 MW) et Noor Atlas (290 MW) sera lancé cette année

– Les projets NOOR Midelt II et Noor Midelt III se trouvent en phase avancée d’appel d’offres pour une mise en service prévue en 2026.

Plus de projets pour dépasser les déficits du passé ?

Selon nos informations, ces nouveaux projets ne devront plus se baser ni sur la garantie publique, ni sur la subvention, ni d’ailleurs sur la technologie CSP, une technologie non mature qui a montré ses limites.

« Au lancement des projets Noor Ouarzazate le besoin était d’avoir une capacité électrique d’origine solaire avec stockage pour répondre à la pointe le soir, c’était la technologie CSP qui offrait les conditions les plus intéressantes pour répondre à ce besoin et qui a permis d’atteindre des niveaux de tarif bien en deçà du marché de l’époque. Personne n’anticipait par ailleurs l’amplitude de la baisse des prix qu’a connu la technologie PV, ni celle des batteries observées actuellement. Maintenant les projets Noor Midelt II et Noor Midelt III sont prévus en PV avec batterie. Masen a ainsi suivi l’évolution technologique pour accompagner à la fois l’optimum économique et technologique en lien avec l’évolution du marché. La capacité de stockage prévu à date est plus courte, avec environ 2h afin de couvrir la super pointe du soir [18h à 20h en hiver, 19h à 21h en été ; NDLR] avec des batteries lithium », estime une source sûre.

Pour cette dernière, « l’impulsion initiale était donc nécessaire pour lancer le plan solaire et placer le Maroc sur la carte des pays de référence en matière de développement des énergies renouvelables ».

Encore faut-il que les taux de performance soient atteints rapidement afin de couvrir les déficits passés et les ardoises nées de certains investissements hasardeux, comme Alsolen, filiale française de Masen aujourd’hui en redressement judiciaire.

Après 15 ans d’existence, Masen semble toujours chercher un modèle économique mature à même de répondre à sa mission, en l’occurrence le développement du mix énergétique national afin d’atteindre 52% de capacité en renouvelable à l’horizon 2030.

Une source d’énergie nouvelle au Maroc, et qui comporte plusieurs risques ; économiques, technologiques ou relatifs à la gouvernance. Le pays, en tout cas, a décidé de l’expérimenter afin d’assurer sa souveraineté énergétique et de réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures.

Un pari qui semble aujourd’hui sur la bonne voie. Reste à savoir à quel prix l’électricité verte produite par cette configuration sera vendue, et surtout quel coût la collectivité va encore supporter et jusqu’à quand, la ressource solaire et foncière étant un bien commun.

Hydrogène vert : Masen lance un appel d’offres aux investisseurs intéressés

Consulté par Médias24, ce document fournit des orientations indicatives aux investisseurs et consortiums potentiels.

Les capacités techniques et financières à démontrer

Dans leur candidature, les investisseurs doivent :

– démontrer leur capacité technique à développer, financer, mettre en œuvre et exploiter des projets énergétiques et/ou industriels à grande échelle. Chaque candidat est ainsi invité à fournir un historique de projets techniques principalement dans les secteurs des énergies renouvelables, industriels (énergie conventionnelle, produits chimiques, engrais, pétrochimie, raffinerie, sidérurgie, industrie du ciment, etc.) et des infrastructures (notamment le dessalement de l’eau, transport d’énergie, etc.). En ce qui concerne les consortiums, les références de chaque membre seront considérées en fonction de leur rôle prévu dans le projet et de leur implication dans la chaîne de valeur.

– démontrer leur capacité financière à entreprendre le projet proposé et/ou son rôle dans la chaîne de valeur dans le cas d’un consortium. Cela comprend le chiffre d’affaires, le taux de rentabilité et le ratio d’endettement (dette de financement/capitaux propres).

– expliquer leur vision du projet. Cette partie englobe plusieurs aspects clés, notamment techniques, financiers, environnementaux et sociaux, y compris notamment la composition et les rôles du consortium, la capacité de production (si en phases, la capacité pour chaque phase), ainsi que la taille du terrain requis, le produit final, les choix technologiques pour la centrale électrique à énergie renouvelable et l’électrolyseur, le coût estimé, l’infrastructure et la logistique requises (y compris les attentes et les contributions potentielles du soumissionnaire) et le calendrier du projet. Toute utilisation partielle de combustibles fossiles doit également être divulguée.

– fournir un aperçu global de la stratégie commerciale et financière du projet, y compris les marchés ciblés et les accords d’achat, le positionnement sur le marché (importation ou exportation), le financement (type de dette, capitaux propres, subventions et sources attendues pour chacun), etc.

– évaluer les impacts sociaux et environnementaux des projets, ainsi que la promotion de l’approvisionnement local, la création d’emplois et le développement et/ou la contribution des infrastructures.

Priorité à l’approvisionnement local et à la création d’emplois

En donnant la priorité au développement local, l’objectif est de garantir que les bénéfices des projets d’hydrogène vert soient étendus aux communautés à travers le Maroc, contribuant ainsi à une croissance socio-économique inclusive et durable. Seront ainsi évalués les critères suivants :

L’objectif est de garantir que le développement de projets d’hydrogène vert contribue de manière significative à la croissance industrielle et socio-économique du Royaume à travers la création d’emplois.

L’intégration horizontale implique des partenariats fournisseurs (réels ou prévus). Il s’agit notamment de collaboration avec des fournisseurs et partenaires locaux déjà existants que les investisseurs ou consortiums ont l’intention de faire venir au Maroc pour les matières premières, les équipements et les composants nécessaires à la production d’hydrogène vert et de ses dérivés, ainsi qu’avec les fournisseurs ou partenaires étrangers, que les investisseurs ont l’intention d’amener à fabriquer leurs produits au Maroc.

L’intégration verticale implique quant à elle l’investissement ou les partenariats pour le développement d’installations de fabrication pour les industries consommatrices d’hydrogène vert et/ou ses dérivés au Maroc, l’investissement dans des centres de recherche et développement axés sur les technologies de l’hydrogène vert, en collaboration avec les universités locales, les instituts de recherche et les acteurs de l’industrie.

Notons que ce marché intervient après la publication par le chef du gouvernement, le 11 mars dernier, de la circulaire de mise en œuvre de « l’Offre Maroc » pour le développement de la filière de l’hydrogène vert.

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Hydrogène vert. Lancement prochain d’une plateforme dédiée aux investisseurs intéressés

Masen sapprête à lancer une plateforme dédiée aux investisseurs potentiels leur permettant de déposer leur dossier.

Selon nos informations, elle sera mise en ligne dans les prochains jours. En attendant, les équipes de Masen ne chôment pas. Elles ont déjà rencontré une cinquantaine dinvestisseurs intéressés par le secteur.

Pour rappel, le gouvernement sest engagé dans le cadre de la circulaire à signer les premiers contrats préliminaires au troisième trimestre 2024. Ces contrats dits préliminaires ont pour objectif de permettre aux investisseurs dengager les phases détudes qui sont coûteuses.

Masen lance la préqualification pour sélectionner le partenaire privé du programme éolien Nassim Nord 400MW

« Dans le cadre de son action d’accélération de la mise en oeuvre des Projets EnR et dans la continuité des récentes avancées importantes relatives au développement des projets solaires avec stockage Noor Midelt I, Noor Midelt II et Noor Midelt III, d’une capacité cumulée de 1.600MW, des six centrales du Programme solaire Noor Atlas (300MW) ainsi que du Parc éolien Nassim Koudia Al Baida (100MW) dont la construction est achevée, Masen procède vendredi 26 avril 2024 au lancement de la pré-qualification pour la sélection du partenaire privé qui sera en charge du financement, de la construction et de l’exploitation du Programme éolien Nassim Nord 400MW », annonce un communiqué de Masen.

Ce nouveau programme comprend deux parcs éoliens : le Parc éolien Extension Nassim Koudia Al Baida, d’une capacité d’environ 150 MW, situé dans les provinces Fahs-Anjra et M’diq-Fnideq, et le Parc éolien Nassim Dar Chaoui, d’une capacité d’environ 250 MW, situé dans les provinces de Tanger et de Tétouan.

Une plus grande implication du secteur privé

De par sa structuration en financement de projet, ce nouveau programme favorisera une plus grande implication du secteur privé dans le déploiement des EnR avec la participation des banques commerciales, marocaines et internationales dans son financement, ajoute Masen.

Masen estime qu’une fois ces projets achevés, « le Royaume avancera à grande vitesse vers la réalisation de ses objectifs de décarbonation du système électrique en anticipant avant 2030 l’atteinte de l’objectif d’un mix électrique dont au moins 52% de la capacité est d’origine renouvelable ».

Les sociétés intéressées sont invitées à télécharger le document de préqualification sur le lien suivante : https://etendering.masen.ma.