Accès au master et réforme de l’enseignement supérieur : les principaux changements à venir (El Midaoui)

Le gouvernement prépare une nouvelle réforme de la loi 01.00 sur l’enseignement supérieur. Le ministre Azzedine El Midaoui a annoncé plusieurs changements lors de son passage au Parlement, le lundi 2 juin.

L’objectif est d’adapter le système universitaire marocain aux standards internationaux. Dans ce sens, “gouvernance”, “carte universitaire”, “accès au master et au doctorat” sont à revoir.

Révision de la gouvernance universitaire

Un des points saillants concerne la création d’un “conseil stratégique”, qui aura pour mission d’assurer la redevabilité des universités. Le ministre rappelle que, dans la configuration actuelle issue de la loi 01.00, “l’université est la seule institution publique non présidée par le chef du gouvernement ou le ministre de tutelle”.

En effet, “le nouveau conseil stratégique sera présidé par une personnalité de haut niveau, et jouera un rôle d’orientation stratégique. Les présidents d’universités devront y présenter un programme d’action, un bilan de gestion et participer aux discussions stratégiques”, annonce le ministre.

De plus, le responsable gouvernemental a insisté sur la nécessité de revoir la structure de l’enseignement supérieur et la carte universitaire nationale, en l’alignant sur les normes internationales.

Réforme des cycles master et doctorat

Le ministère prévoit de nouveaux mécanismes de gestion pour les cycles du master et du doctorat. Mais il consultera d’abord les instances concernées avant de les adopter.

Concernant spécifiquement le cycle du master, le ministre a pointé du doigt son mode d’accès actuel qui serait à l’origine de nombreuses difficultés. En évoquant l’affaire du master d’Agadir, il déclare que celui-ci doit être “fermé”.

Il a pris pour exemple le modèle français : “En France, tout étudiant titulaire d’une licence a un droit automatique d’accès au master, et il incombe au président d’université de lui garantir une place”.

Azzedine El Midaoui propose la mise en place de deux types de masters :

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Ce qu’il faut retenir :

En partenariat avec l’ENCG-Settat, Marjane lance un master en alternance « Distribution moderne »

Marjane a annoncé le lancement, jeudi 6 juillet, de son master en alternance « Distribution moderne », en partenariat avec l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Settat, lit-on dans un communiqué du groupe. « Cette formation en alternance est la première du genre à être accréditée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation », précise-t-on.

Ce master permettra aux alternants de développer une connaissance approfondie du fonctionnement des grandes et moyennes surfaces, de maîtriser les techniques de gestion d’une unité de commerce et son animation commerciale au service du client, et de développer une posture managériale professionnelle favorisant l’intelligence collective au sein des équipes, ajoute la même source.

Intégrer Marjane à l’issue de la formation

La première formation par alternance sera lancée en 2024, souligne le groupe Marjane. « Un contrat tripartite ENCG de Settat-élèves alternants-groupe Marjane formalisera le statut des élèves admis et inscrits dans cette filière. Cette première promotion bénéficiera, pendant les deux années de master, des cours à l’ENCGS en alternance avec une activité professionnelle dans l’une des filiales du groupe Marjane », poursuit le communiqué.

Les lauréats qui répondront aux exigences et aux conditions académiques et professionnelles définies conjointement par l’ENCG-Settat et le groupe Marjane, recevront une proposition d’intégrer l’entreprise, précise-t-on de même source.

Par anticipation du master en alternance, le groupe Marjane a lancé en 2022 un programme de formation co-construit avec l’ENCG-Settat. Ce programme a concerné une cinquantaine d’étudiants qui ont bénéficié d’un programme hybride de formation complémentaire spécialisé dans les métiers de la grande distribution.

Africa Business School lance la 2e édition du programme de formation en politiques publiques

Ce programme met l’exigence scientifique au service de l’action publique et vise à former de futures cadres et spécialistes de l’action publique au service du développement soutenable et inclusif. Le but est d’apporter des savoirs et savoir-faire pour permettre à des institutions, des organisations internationales, des associations ou des groupements d’intérêt de prendre des décisions équilibrées et cohérentes avec les moyens et les objectifs retenus.

Le MAPA-M constitue ainsi un tremplin vers des métiers à haut niveau de responsabilité dans l’ensemble des domaines de la gestion publique développés sous un angle durable: développement économique soutenable et inclusif, emploi, aménagement du territoire, ville durable, logement, agriculture, prévention des risques, environnement, gestion de l’eau et des milieux, mer, transports, énergie.., précise un communiqué.

La formation se déroule sur 20 mois en alternance (format Executive). Les participants sont mobilisés à hauteur de 20% de leur temps en période de cours et terminent leur formation par une mission professionnelle de 4 mois.

La pédagogie repose sur un enseignement académique pluridisciplinaire et professionnalisant, des travaux de groupe et une mission en prise directe avec les réalités et les évolutions de l’Action publique.

Les cours et séminaires sont animés par des enseignants-chercheurs et experts reconnus qui placent chaque enseignement dans le contexte marocain aussi bien au niveau national que local.

 

 

 

Un professeur universitaire dénonce les irrégularités de fonctionnement des Masters

Professeur de Droit pénal à la FSJES de Meknès relevant de l’Université Moulay Ismaïl, Abdelakbir Sossi El Alaoui a, dans une vidéo publiée le 13 octobre sur sa chaîne Youtube, dénoncé certains mécanismes malsains au sein des universités marocaines, principalement autour du fonctionnement des masters, allant de sa création à l’évaluation des étudiants. 

Pourtant, il ne s’agit que « d’une partie de tous les problèmes qui existent en matière de création et d’obtention du Master ou encore du doctorat », nous explique-t-il.

Les autres problème feront l’objet d’autres vidéos respectivement dédiées à la réalité du fonctionnement du cycle doctoral et concours de recrutement des professeurs universitaires, a-t-il fait comprendre dans cette première vidéo. 

Joint par Médias24, Professeur Sossi El Al Alaoui déclare qu’il ne compte pas réagir pour l’instant à la décision prononcée contre lui qu’il décrit comme étant « injustifiée » et « prise par une commission incompétente qui ne l’a même pas notifié”. 

“J’enseigne le Droit, je suis un homme de droit et je me dois donc de le respecter. J’ai décidé d’attendre la rentrée universitaire pour voir si je figure ou non dans la programmation des cours. Si je suis évincé, ce n’est qu’à ce moment là que je pourrais réagir, toujours dans le respect du droit”, nous annonce-t-il. 

Création de Masters : Une procédure enchevêtrée à encadrer

Sans nommer qui que ce soit et sans viser une université en particulier, Pr Sossi El Alaoui a, pendant une heure et quarante minutes et sans langue de bois, décortiqué le fonctionnement des masters au Maroc en commençant par la procédure de création. 

“Pour créer un Master, il faut qu’un professeur répondant à certains critères présente un « dossier descriptif », dans lequel il détaille, entre autres, les conditions d’accès. De ce fait, c’est lui qui détermine le nombre de mentions requises pour que le candidat soit sélectionné. C’est aussi ce même professeur qui propose les modules et les matières et qui compose l’équipe pédagogique. Cette dernière est, sans généraliser, souvent constituée de “professeurs-amis”. Certains sont privilégiés, non pas pour leurs compétences mais pour leurs relations amicales”. 

Une pratique que le professeur décrit comme “inconcevable et injuste à l’égard d’autres professeurs méritants qui peinent à compléter leurs heures obligatoires, alors que d’autres arrivent à atteindre le plafond des 20 heures supplémentaires”. 

Pour revenir au parcours que doit suivre le « dossier descriptif », M. Sossi El Alaoui précise qu’une fois prêt, le dossier doit être présenté au chef de filière.

“Il y a des cas où lorsque le professeur entretient une relation cordiale avec le chef de filière, son projet peut être approuvé sur le champ. Par contre, dans le cas inverse, le projet risque de ne pas aboutir”. 

La même problématique se pose au niveau de l’étape suivante, lorsque le dossier est transmis au doyen de la faculté. Pour le professeur, « là encore, la nature de la relation entre le professeur et le doyen peut jouer en sa faveur ou, au contraire, le désavantager”. 

Pour M. Sossi El Alaoui, le flou autour de ces relations explique, en partie, la dégradation de la recherche scientifique dans notre pays. “C’est pourquoi il est nécessaire de les organiser et les encadrer de manière à assurer un maximum de transparence”. 

Avant d’arriver à l’étape finale, qui est l’évaluation effectuée par le ministère de tutelle, le dossier descriptif passe sur la table du conseil de l’établissement. Celui-ci est composé par des membres désignés (qui constituent la majorité) et d’autres qui sont élus. 

“Cela ne change rien”, déclare le professeur. “Au final, la décision revient au doyen de l’établissement”. 

“Cette année, le ministère a refusé tous les dossiers de nouveaux masters”

Une fois arrivé au ministère, le dossier doit être évalué avant de faire l’objet d’une décision. 

“Cette année, ils ont rejeté tous les dossiers, justifiant cela par le Covid-19”, s’insurge-t-il. 

De son côté, le professeur avait pour projet de créer un master sur “les tribunaux et les métiers judiciaires”. Celui-ci a été rejeté en 2017, ce qui n’a pas découragé Abdelakbir Sossi El Alaoui. 

Le professeur a, de nouveau, soumis sa proposition pour l’année universitaire 2019-2020 mais n’a, à ce jour, reçu aucun retour. 

Pour plus de transparence, M. Sossi El Alaoui propose que ces dossiers descriptifs soient publiés en ligne, « afin que tout le monde puisse les consulter, surtout les principaux concernés qui ont le droit d’accès à l’information ». 

“Pour découvrir un master, les étudiants doivent demander à leurs aînés de leur faire un topo afin de connaître les matières, les critères de sélection, la forme du concours, etc. Pourtant, ils pourraient en un clic tout savoir”. 

Par ailleurs, le professeur s’est également attardé sur la forme que doit prendre le concours d’accès et sur l’incohérence actuelle entre les différents masters au Maroc. 

“Certains imposent l’oral, d’autres l’écrit, alors qu’il y en a qui combinent les deux. Entre les décisions ministérielles et les dossiers descriptifs on se perd. Pourquoi ne pas prendre une décision générale et définitive, qui devrait émaner du ministère de tutelle ? C’est à lui de trancher sur une forme de concours pour tous les masters. C’est ce qui a été fait pour les examens à distance durant la pandémie, une forme imposée par le ministère alors qu’aucun dossier descriptif ne prévoit un tel type de concours”. 

En plus d’uniformiser les concours, le professeur appelle à la suppression des mentions parmi les critères de sélection et propose de mettre en place un concours national dont le déroulement serait similaire à celui du baccalauréat, notamment en matière de correction. 

“Le master est à prendre avec autant de sérieux que le baccalauréat. Il est inconcevable que les personnes qui posent les questions d’examens soient celles qui corrigent”. 

Le professeur ne cible ici que les concours d’accès aux masters, il ne s’agit pas des partiels ou des évaluations au cours de l’année universitaire. 

Pour ces derniers, M. Sossi El Alaoui estime “que c’est au professeur de juger ses étudiants en fonction de ce qu’il leur a appris et expliqué durant les cours. Or, dans le cadre d’un concours national et pour assurer un maximum de transparence il faut séparer entre l’équipe qui propose le sujet d’examen et celle qui corrige les copies”, nous explique-t-il. 

24h après la vidéo, la sanction tombe

Le lendemain de la publication de ladite vidéo, la commission scientifique de la filière du Droit privé relevant de l’Université Moulay Ismaïl a décidé d’interdire les cours magistraux du professeur Abdelakbir Sossi El Alaoui, sans préciser la durée de cette sanction. 

“Cette commission est compétente pour traiter des sujets d’ordre pédagogique uniquement. Il peut s’agir, par exemple, d’un désaccord entre deux professeurs sur le contenu d’une matière, sur les divergences entre le cours magistral et les travaux dirigés, etc. Par contre, pour sanctionner, c’est à la commission scientifique de l’Université que revient cette mission. Cette décision a été prise par une commission qui n’est pas apte à le faire, qui ne la justifie et ne la notifie même pas au principal concerné”. 

Pr Sossi El Alaoui nous explique que suite à la réunion de ladite commission, un mail a été envoyé à tous les professeurs de l’Université sauf… le concerné. 

“Ce sont mes collègues qui m’ont averti. J’ai vérifié ma boîte e-mail et constaté que je n’avais rien reçu. Je leur ai aussi demandé de s’assurer si mon courriel figurait parmi les destinataires du mail, mais ce n’était pas le cas”. 

A la suite de cette décision, une vague de solidarité a envahi les réseaux sociaux. Anciens étudiants et collègues du professeur ont partagé des publications de soutien. 

Agro-alimentaire. Ruée internationale sur le marché russe

Dans cette nouvelle redistribution des cartes, la Chine, le Brésil, l’Egypte ou encore le Chili ont déjà pris une longueur d’avance…

 

Le Maroc se retrouve devant l’opportunité de booster ses exportations de fruits et légumes en profitant de cet embargo. D'après les calculs actualisés de la Commission européenne, l’embargo russe causera un préjudice de 12 milliards d'euros par an aux exportations agro-alimentaires européennes, souligne le quotidien La Voix de la Russie.

Officiellement, la Russie affirme que c'est surtout le secteur agricole local qui va en bénéficier. Dans cette optique, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a annoncé le 8 août le déblocage d’une aide de 50 milliards de roubles (environ 11 milliard de DH). 

Mais en attendant de lancer sa production locale jusqu’à l’autosuffisance, Moscou négocie d'ores et déjà une redirection de ses importations sur d’autres pays.

La Russie est déjà le premier client du Maroc pour les agrumes

Le volume des échanges commerciaux bilatéraux dépasse actuellement les 2 milliards de dollars, faisant du Maroc le second partenaire commercial de la Russie en Afrique, après l’Egypte.

Les fruits et légumes, et notamment les agrumes représentent l’essentiel des exportations marocaines vers la Russie.

Avec 50 à 55% du volume exporté, la Russie est en effet le premier client du Maroc pour les agrumes. Hors agrumes, le marché russe absorbe 15% des exportations marocaines de fruits et primeurs. 

Or, depuis l’annonce de l’embargo, aucune action coordonnée n’a été entreprise par les professionnels, qui semblent attendre la tenue de la 5e session de la commission mixte maroco-russe qui se réunira du 15 au 17 septembre à Rabat et qui verra la présence du ministre russe de l'Agriculture Nikolaï Fedorov.

A l’évidence, le Maroc n’est pas le seul pays à vouloir améliorer sa part de marché. Selon le quotidien La Voix de la Russie, les pays où la Russie achètera désormais des fruits et légumes seront la Turquie, l'Argentine, l'Arménie, l'Egypte, le Maroc, le Chili, la Chine, l'Ouzbékistan et l'Azerbaïdjan, tandis que le Brésil se trouve en pôle position pour renforcer ses ventes de viandes.  

La Russie et l’Egypte renforcent leurs échanges

Profitant de la visite du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en Russie, les deux pays ont décidé mardi de renforcer leurs échanges de biens alimentaires. En effet, Moscou va fournir au Caire au moins 5 à 5,5 millions de tonnes de blé et augmenter de 30% ses importations de produits agricoles égyptiens, souligne l’agence Reuters.

La Chine ouvre un nouveau terminal

Pékin ouvrira un nouveau terminal pour envoyer des fruits et légumes en Russie. Il s’agit d’une nouvelle zone de contrôle douanier avec une procédure accélérée de vérification des produits passant la frontière russe, écrit mercredi le quotidien Kommersant, cité par l'agence russe d'information internationale RIA Novosti

Le Brésil veut exporter plus de viandes

Le Brésil se prépare à intensifier ses exportations de viande en direction de la Russie. Ce vaste pays qui a exporté pour plus de 2 milliards d’euros de produits agroalimentaires vers la Russie en 2013, voit déjà dans l’annonce de cet embargo l’occasion de s’implanter davantage sur le marché russe et dynamiser sa balance commerciale.

Ainsi, une centaine de producteurs alimentaires brésiliens ont reçu un permis d'exportation vers la Russie au cours de la semaine écoulée, a indiqué mardi Nikolaï Fiodorov cité par l’agence Reuters.

Le quotidien Folha de São Paulo a pour sa part annoncé que le service sanitaire russe avait, dès le 7 août, «augmenté approximativement de 30 à 90 le nombre d’opérateurs brésiliens autorisés à exporter de la viande bovine, porcine et de la volaille».

Le Chili négocie la vente de fruits et de Saumon

Des producteurs de l'agroalimentaire chilien négocient la vente de fruits et de saumon à la Russie, espérant ainsi profiter du vide créé par l'embargo de Moscou sur les produits agroalimentaires européens, ont indiqué le 11 août des responsables du secteur, selon l’AFP.

«Les Russes ont demandé notre aide pour leur trouver des fournisseurs. Nous sommes dans un processus de négociation et de recherche de producteurs», a expliqué à l'AFP Diego Vicente, responsable de la Business Development Platform (BDP), une plateforme crée par la Société nationale d'agriculture pour promouvoir les exportations du Chili à la Russie.