Les dentistes en conflit ouvert avec les praticiens illégaux sur l’accès aux actes médicaux

Le corps médical dentaire monte au créneau. Les syndicats des médecins dentistes, notamment celui de la région du Souss et la Fédération nationale des syndicats des médecins dentistes du secteur libéral du Maroc, protestent vigoureusement contre une proposition de loi controversée, soumise au ministère de la Santé par « l’Association des spécialistes en santé bucco-dentaire ». Certes, il s’agit d’une proposition de loi au sein de la Chambre et non d’un projet de loi proposé par le gouvernement. Statistiquement, rares sont les propositions de loi qui aboutissent à un vote.

Ce texte vise à reconnaître officiellement des professions comme celle de prothésiste ou « spécialiste en santé bucco-dentaire » et à leur permettre d’intervenir directement dans la bouche des patients. Une ligne rouge, selon les dentistes.

Pour les dentistes, une ligne rouge est franchie

À travers deux communiqués fermes, les syndicats dénoncent une tentative de légaliser des pratiques illégales et potentiellement dangereuses pour les patients.

Selon le Dr Hinane Boussouab, chirurgien-dentiste et membre du Syndicat des médecins dentistes du Souss, cette initiative revient à « donner accès à l’acte médical à des personnes non qualifiées, qui n’ont ni la formation académique adéquate ni les compétences cliniques nécessaires pour intervenir dans la cavité buccale ».

La loi actuelle est pourtant claire : la pratique de la médecine dentaire est réservée aux titulaires d’un doctorat en chirurgie dentaire, inscrits à l’Ordre national des médecins dentistes. Or, les prothésistes, dont le rôle est de confectionner des prothèses en laboratoire sur prescription du dentiste, souhaitent aujourd’hui accéder au contact direct avec les patients, une fonction exclusivement médicale.

« MST, hémorragies, paralysies » : les conséquences d’une pratique clandestine

Les professionnels alertent sur les dérives déjà observées sur le terrain. Des cas d’infections sexuellement transmissibles, d’hémorragies, voire de paralysies faciales, ont selon eux été enregistrés chez des patients traités clandestinement par des prothésistes. « Ces pratiques informelles, réalisées sans compétence médicale, mettent en danger la vie des citoyens », avertit le Dr Boussouab.

L’argument avancé par les promoteurs du texte, qui s’inspirent des modèles étrangers (comme les hygiénistes dentaires au Canada ou en Europe), ne convainc pas. « Ces professionnels n’agissent jamais de manière indépendante, ils travaillent sous la supervision du médecin-dentiste et dans un cadre strictement défini, qui n’a rien à voir avec ce que proposent les prothésistes ici », explique-t-elle.

Une manœuvre jugée « illégitime et provocatrice »

Les syndicats contestent également la légitimité même de l’association à l’origine du projet de proposition de loi. Dans son communiqué, la Fédération nationale rappelle que cette association n’a aucune reconnaissance légale ni institutionnelle pour proposer des réformes dans une profession strictement encadrée par des textes de loi, notamment la loi 07.05 et le Dahir de 1960. Le fait que le ministère ait transmis cette proposition à l’Ordre national pour avis est qualifié de « provocation » par les dentistes.

Le Syndicat des médecins dentistes du Souss va plus loin, accusant certaines parties de vouloir instaurer la « fête du chaos » dans une profession médicale historiquement régulée et cruciale pour la santé publique.

Autre argument de poids : la capacité nationale de formation. Avec l’ouverture de nouvelles facultés publiques et privées, le Maroc forme désormais entre 1.500 et 2.000 dentistes par an, en plus des diplômés de l’étranger. « L’offre en professionnels qualifiés est largement suffisante pour répondre à la demande nationale », assurent les syndicats, qui refusent toute justification à l’intégration de profils non conformes.

Ainsi, les syndicats appellent à une mobilisation générale : praticiens, facultés, étudiants et institutions représentatives sont invités à se dresser contre toute tentative de légalisation des pratiques illégales. Ils annoncent être prêts à recourir à toutes les formes de lutte, y compris une escalade du conflit « au plus haut niveau », pour défendre la légalité de l’exercice médical et la sécurité des patients.

Enfin, ils exhortent le ministère de la Santé à « assumer ses responsabilités » et à ne pas accorder de légitimité à des entités illégales, tout en rappelant leur attachement à la vision royale en matière de réforme du système de santé, une vision qui, selon eux, ne peut cohabiter avec des initiatives menaçant directement la qualité et la sécurité des soins.

En grève, les étudiants en médecine dentaire à Casa protestent contre les conditions de formation

Depuis le lundi 10 mars 2025, les étudiants en médecine dentaire du Centre de consultations et de traitements dentaires de Casablanca, affilié au CHU Ibn Rochd, ont entamé une grève des stages cliniques. Ce mouvement, qui pourrait durer deux semaines ouvrables, vise à dénoncer la détérioration des conditions de formation et l’absence de réponses concrètes de l’administration à leurs revendications.

Selon une source estudiantine, cette mobilisation est le résultat de frustrations face à une situation qui ne cesse d’empirer. « Nous avons alerté à plusieurs reprises l’administration sur les dysfonctionnements qui entravent notre formation, mais nos doléances restent lettre morte. Nous manquons de matériel essentiel, les fauteuils dentaires sont dans un état déplorable, et les produits nécessaires aux soins sont souvent indisponibles », déplore un étudiant gréviste.

Les étudiants affirment avoir tenté, à plusieurs reprises, d’ouvrir le dialogue avec les responsables, multipliant les sit-in et les manifestations. Pourtant, aucune solution durable n’a été mise en place, ce qui les a poussés à durcir leur mouvement en boycottant les stages cliniques.

La grève, prévue pour durer initialement deux semaines, pourrait être prolongée si l’administration ne prend pas d’engagements concrets pour améliorer leurs conditions de travail. En attendant, les étudiants en médecine dentaire restent déterminés à faire entendre leur voix et à obtenir des mesures effectives pour garantir une formation de qualité.

Médecine dentaire : la guerre contre les « denturistes » se poursuit, colère des dentistes contre le ministère de la Santé

Il s’agit d’un nouvel épisode de la guerre qui oppose depuis plusieurs années les médecins dentistes à des praticiens qui s’octroient différents titres comme celui de dentiste, mécanicien dentaire, ingénieur dentiste, technicien, arracheur de dents, fabricant de dents ou encore denturologue (prothèses dentaires amovibles)…

Ces derniers se sont organisés en association, intitulée « l’Association marocaine de denturistes« , et s’octroient à présent le titre de « denturistes ». Ils ont tenu le 15 juillet dernier une rencontre consultative autour de l’avenir de cette « catégorie de professionnels du secteur dentaire », à laquelle ont été conviés et ont répondu présents plusieurs représentants du gouvernement, à leur tête la responsable du service de l’hygiène bucco-dentaire relevant du ministère de la Santé.

Dans un communiqué récent, la Fédération nationale des syndicats des médecins dentistes du secteur libre du Maroc déplore cette présence, « qui donne une légitimité à ces individus, dont certains pratiquent sans aucune formation ni autorisation, et alerte ainsi sur les risques que peut engendrer une telle action ».

« Le ministère donne une légitimité à une activité illégale »

Contacté par Médias24, un membre de la Fédération nous explique que « ces personne veulent se convertir, et changer leur nom en denturistes. Ils ont alors créé leur Fédération et leur Association ».

« Pour ce faire, ils ont organisé une réunion [en février dernier, ndlr] à Sidi Slimane lors de laquelle ils se sont affiliés à une Association internationale [International federation of dentusits, ndlr], qu’ils ont invitée à les accompagner. Nous étions alors intervenu pour arrêter cette mascarade ».

« Une autre réunion a alors été organisée récemment à Rabat [le 15 juillet, ndlr], à laquelle ils ont convié notamment la Direction générale des impôts, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ainsi que certains ministères, notamment celui de la Santé, qui ont assisté à cet événement, alors que certains des membres desdites Association et Fédération ne disposent même pas de diplômes pour exercer cette profession ».

« Nous sommes à la veille d’un évènement planétaire que nous préparons, et de tels agissements vont à l’encontre du chemin emprunté par le Maroc. Ces charlatans peuvent nuire à la santé des citoyens et des touristes notamment, ce qui est grave », conclut notre source.

Dans son communiqué publié le 21 juillet dernier, la Fédération estime « qu’il s’agit d’un comportement incompréhensible et inacceptable de la part d’une fonctionnaire du ministère de tutelle, qui a légitimé l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc« .

La Fédération déplore également le fait que le « ministère de la Santé ait ignoré la demande d’audience que nous lui avions adressée le 12 juin dernier. Alors que la Fédération attend du ministère de s’engager pour faire progresser le secteur et doter le Maroc de lois réglementant la profession, ce dernier est représenté par sa responsable du service d’hygiène bucco-dentaire à l’activité d’une Association qui inclut des personnes qui se font passer pour des dentistes, et qui exercent illégalement une profession réglementée. Cela constitue une violation des lois en vigueur ».

« Face à ces violations graves, la Fédération exprime sa ferme condamnation de cette participation, exige la dissolution par les autorités locales de toutes les associations de ‘denturologues’ ou de ‘fabricants de dents’ qui ne possèdent pas d’autorisation du Secrétariat général du gouvernement (SGG) pour exercer cette profession, et appellent le ministère de la Santé et tous les ministères concernés, à prendre une position claire face à ce fléau de l’exercice illégale de la profession dans le secteur privé au Maroc ».

Enfin, la Fédération exige du ministère « la réforme efficace du secteur, en ouvrant la porte d’un dialogue constructif et sérieux, à travers des réunions périodiques pour trouver des solutions réalistes aux demandes des professionnels ».

Contacté par Médias24 à ce sujet, le ministère de la Santé n’avait, au moment de la publication du présent article, pas encore répondu à nos sollicitations.

« Notre activité a toujours été jugée illégale »

Si l’on consulte la page Facebook de l’Association marocaine de denturistes, l’on comprend que celle-ci, présidée par El Mehdi Belabbas, n’a finalisé sa structure aux niveaux national et international qu’en juin dernier, « pour ouvrir la voie au dialogue institutionnel ».

La première « réunion consultative » incluant des membres du gouvernement s’est ainsi tenue le 15 juillet dernier à la Chambre de commerce à Rabat, autour de l’avenir de cette catégorie de « professionnels ».

Dans une déclaration à la presse à l’issue de ladite réunion, le président de l’Association a souligné que parmi les entités gouvernementales ayant pris part à cet évènement figurent le ministère des Finances, le ministère de la Santé, et la CNSS… L’objectif de l’ouverture de ce dialogue est que le professionnel [denturologue ou prothésistes, ndlr] sache qu’il fait partie du système. Aujourd’hui, nous avons permis aux professionnels qu’on représente d’ouvrir le dialogue avec certaines administrations ».

Selon d’autres intervenants, l’évènement a également connu la participation du SGG et du ministère de l’Intérieur.

L’une des membres de cette Association a pour sa part déclaré ce qui suit : « Nous nous sommes rencontrés aujourd’hui avec certains ministères, auxquels nous avons pu poser plusieurs questions. On espère que cette réunion donnera de bons résultats, et que ce secteur sera enfin réglementé et encadré, notamment au profit des nouveaux arrivants comme les anciens, mais aussi pour les professionnels disposant d’autorisations et de diplômes, ainsi que ceux ne disposant d’aucune autorisation ni diplôme, qui ont appris le métier sur le tas, et qui ne sont protégés par aucune loi ».

Dans d’autres vidéos publiées sur la page Facebook de l’Association, son président explique que l’Association marocaine de denturistes représente les prothésistes. « Notre travail consiste à accueillir les patients, pour prendre les mesures de leurs prothèses dentaires, que l’on peut leur installer. C’est un métier qui n’est pas enseigné, et qui existe dans plusieurs pays dans le monde. Nous avons toujours été critiqués, ainsi que notre activité, jugée d’illégale. Nous souhaitons ainsi qu’il commence à être enseigné« .

Ce dernier estime également que « la principale problématique de la profession est le chevauchement entre les spécialités, vu qu’il en existe plusieurs ».

La vision future de l’Association

L’Association partage également sa vision future du métier, qui se présente comme suit :

Pour ce qui est du professionnel : l’Association exige que ce dernier soit âgé de plus de 25 ans, titulaire d’un certificat, d’une formation ou d’une formation continue qualifiante au métier de fabricant de dents ayant suivi une formation d’au moins un an ;

– En ce qui concerne les formes d’exercice : le professionnel reçoit le client, prend les mesures de sa bouche et de ses dents, fabrique les prothèses partielles et totales, installe ces dernières, remplit la fiche de traitement ainsi que les attestations d’invalidité, répare les prothèses partielles, et participe à des formations, formations continues et recherches scientifiques dans le domaine de sa spécialisation ;

– Pour le local : ce dernier doit respecter toutes les normes techniques en assurant des conditions de sécurité sanitaire pour le client et le praticien, avec un matériel répondant aux conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire ;

– Interdiction : l’Association interdit aux professionnels de travailler en tant que laboratoire dentaire avec un dentiste car c’est la spécialité des laboratoires dentaires. Il est également interdit d’exploiter plus d’un atelier professionnel (agréé), de mandater un autre professionnel pour effectuer le travail confié au propriétaire du magasin sauf dans le cadre d’un contrat de travail qui stipule que l’employé doit avoir une certification. Enfin, il est aussi interdit de faire de la publicité ou de faire connaître de quelque manière que ce soit les services fournis par le professionnel.

– En termes d’engagement : le professionnel s’engage au respect du secret professionnel, à respecter toutes les professions médicales, paramédicales et techniques et à respecter leur indépendance. Le professionnel s’engage aussi à respecter le prix de référence des prestations réalisées, et à réaliser une formation continue.

Une réglementation défaillante

L’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc est dénoncé depuis plusieurs années par l’Ordre national des médecins dentistes. Ce fléau cause chaque année des dégâts importants chez le citoyen, avec de graves séquelles pour certains cas, allant jusqu’à la mort. Ces personnes, sans aucun diplôme, disent hériter cette profession, alors qu’elle est normalement basée sur une formation scientifique.

Afin de dépasser cette grave problématique, le gouvernement avait préparé le projet de loi n° 25-14, visant la protection de la pratique légale et réglementée de l’exercice des professions des préparateurs et manipulateurs des produits de santé y compris celle des prothésistes dentaires au Maroc. Ce texte est malheureusement toujours bloqué au parlement.

La médecine dentaire est aujourd’hui régie par le Dahir 1960, portant réglementation de l’exercice des professions de pharmacien, chirurgien-dentiste, herboriste et sage-femme. Ce dahir inclut plusieurs catégories qui ont fini par avoir leurs propres lois, excepté la médecine dentaire. De plus, la loi 07-05 relative à l’Ordre national des médecins dentistes date de 2007. Elle doit être amendée.

Pour mettre fin au flou qui persiste dans ce secteur, la nouvelle loi doit absolument définir les actes propres à la médecine dentaire, pour que personne d’autre ne puisse les appliquer.

5e édition du Salon international de la dentisterie à El Jadida

Cet événement, organisé sous l’égide du ministère de la Santé et de la protection sociale, réunira des professionnels et experts de la dentisterie issus de 11 pays : le Brésil, la Chine, la France, les États-Unis, l’Égypte, l’Espagne, le Maroc, la Turquie, le Pakistan, l’Inde et l’Italie.

Le salon se veut une plateforme d’échange où se rencontrent les acteurs majeurs du secteur. Les participants pourront découvrir les dernières innovations en matière de dispositifs médicaux, assister à des conférences scientifiques animées par des experts et établir des partenariats stratégiques avec des opérateurs locaux​.

Les visiteurs pourront également rencontrer plus de 85 exposants, y compris des fabricants de matériel dentaire, des concepteurs de solutions numériques pour les chirurgiens-dentistes, et bien d’autres acteurs clés de l’industrie.

Enseignants-chercheurs en médecine : un nouveau texte pour l’amélioration de l’accès à la profession

Ce texte vise à consacrer l’excellence scientifique et académique en tant que critère fondamental pour l’accès à la profession d’enseignant-chercheur et à la promotion professionnelle.

Il a aussi pour objectif de rationaliser les procédures de promotion professionnelle et à accorder une indemnité de fonction aux enseignants chefs de départements et de centres au sein des établissements hospitaliers militaires, à l’instar des enseignants chefs de services hospitaliers au sein de ces établissements.

Le secteur de la santé est en pleine réforme dont l’un de ses piliers est la valorisation des ressources humaines.

Amélioration de l’attractivité de la profession et du rendement des médecins et pharmaciens

Il s’agit d’une version actualisée du projet de décret, dont une première mouture a été adoptée en juin 2023 en Conseil de gouvernement. Cette nouvelle version a été réexaminée en Conseil de gouvernement samedi 1er juin, avant sa présentation par le ministre de l’Enseignement supérieur en Conseil des ministres.

Consulté par Médias24, ce projet de décret modifie et complète le décret 2.98.458 publié en 1999, portant statut particulier du corps des enseignants-chercheurs de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire. Il intervient dans un contexte de volonté d’amélioration de l’attractivité de la profession d’enseignant-chercheur dans les facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire.

Il a également pour but d’encourager cette catégorie à mener à bien leurs fonctions, notamment en ce qui concerne l’éducation, l’encadrement des étudiants dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), ainsi que la présentation des services de soins, ce qui nécessite la mise en place de toutes les mesures disponibles d’encouragement pour les inciter à un meilleur rendement.

D’un autre côté, il s’agit de permettre à cette catégorie de bénéficier d’une bonification pour corriger en quelque sorte la différence créée à la suite de l’autorisation par le ministère de la Santé de l’indice 509 en janvier 2023, au profit des médecins.

Principales dispositions du projet de décret

Plus précisément, ce texte vise :

– la mise en place d’un système annuel de promotion dans le degré, selon un quota de 40%, des enseignants-chercheurs disposant de deux ans d’ancienneté au moins dans le troisième grade ;

– la création d’un nouveau système d’accès aux cadres « d’enseignant du supérieur » et « maître de conférences », qui repose sur l’enregistrement dans la liste nationale habilitant le passage des concours de recrutement ;

– l’ouverture sur les Marocains du monde, avec la possibilité de les employer dans le cadre « d’enseignant du supérieur » ;

– l’augmentation des montants d’indemnisation octroyés aux enseignants-chercheurs ;

– offrir des indemnisations de fonction aux enseignants chefs de départements et présidents des pôles ou centres au sein des établissements hospitaliers militaires ;

– permettre aux enseignants-chercheurs en médecine, pharmacie et médecine dentaire employés avant janvier 2023  de profiter d’une bonification de 9 ans, calculée pour la promotion dans le degré, sans impact financier.

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Études de médecine : une nouvelle session d’examens annoncée pour le mois de février

Les examens de la première session avaient été reportés jusquà nouvel ordre dans toutes les facultés de médecine et de pharmacie du Royaume après qu’ils ont été boycottés par lensemble des futures blouses blanches. Le boycott des examens du premier semestre a été réussi à hauteur de 100%, à léchelle nationale, avait annoncé la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie (CNEMEP).

Après la réunion des conseils détablissement, les facultés de médecine et de pharmacie ont décidé de la programmation d’une nouvelle session d’examens, prévue pour le mois de février. Les conseils détablissement ont été convoqués sur ordre du ministère de lEnseignement supérieur.

À Casablanca, une nouvelle session programmée à partir du 12 février

« Une nouvelle session dexamens partiels a été programmée à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca à partir du 12 février », apprend Médias24 auprès de Narjiss El Hillali, membre de la CNEMEP.

« En principe, les examens dans les autres facultés sont prévus au cours du mois de février ; chaque faculté disposant en effet d’une autonomie pédagogique qui lui permet de fixer une date spécifique », précise cette étudiante en médecine. La programmation de cette nouvelle session dexamens partiels fait suite à la tenue des réunions de conseil détablissement dictée par le ministère de tutelle, notamment le ministère de lEnseignement supérieur.

Les étudiants appellent au maintien du boycott, une décision finale sera rendue dans les prochains jours 

En réaction à lannonce de la nouvelle session dexamens partiels, les étudiants appellent la CNEMEP à ne pas lever le boycott. « La commission rendra une décision finale sur le boycott, ou non, de la nouvelle session dexamens« , indique notre interlocutrice.

Notons également que les facultés ont été interpellées par les ambassades sur les raisons pour lesquelles leurs ressortissants n’ont pas passé les examens. « Nous avons tenu au courant les étudiants étrangers de l’évolution de la situation. Normalement, ces derniers n’étaient initialement pas impliqués dans le boycott. Si les étudiants étrangers décident de passer les examens de la nouvelle session, cela ne changera pas le cours des choses. Les deux catégories d’étudiants qui ne participent pas au boycott, en principe, sont les étudiants étrangers et les étudiants en médecine militaire« , explique Narjiss El Hillali.

L’AMDH soutient les futures blouses blanches

Les tensions constatées dans les facultés de médecine ont fait réagir l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui affiche son soutien aux étudiants.

« Le bureau exécutif de lAssociation marocaine des droits humains suit avec une grande préoccupation lévolution des manifestations des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie, surtout après que les étudiants en médecine et en pharmacie ont décrété le boycott ouvert des stages hospitaliers, des cours théoriques et pratiques, ainsi que le boycott des examens depuis le samedi 16 décembre 2023. En parallèle, les étudiants en médecine dentaire se sont aussi engagés dans une lutte continue adaptée aux spécificités de leur filière », indique lAMDH.

« Les manifestations des étudiants se poursuivent en raison de l’absence de réponse de la part des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé à leurs revendications légitimes et urgentes, en particulier le rejet catégorique de la réduction de la durée de la formation de sept à six ans, en labsence de textes réglementaires et légaux clairs garantissant la qualité de lenseignement et de la formation théorique et pratique ; le refus du décret réduisant le nombre d’années de formation émis unilatéralement sans concertation avec les étudiants ; le refus de porter atteinte à la valeur morale et scientifique du diplôme de docteur en médecine ; l’obligation de fournir des infrastructures, notamment des laboratoires et des équipements médicaux suffisamment capables daccueillir le nombre croissant détudiants nouvellement inscrits ; et l’augmentation du montant des bourses compte tenu de la hausse vertigineuse des prix des matières premières », rappelle lAMDH.

LAMDH responsabilise in fine le gouvernement, en particulier les ministères de tutelle, qu’elle appelle à ouvrir un dialogue responsable et immédiat avec les étudiants sur les problèmes persistants, aboutissant au règlement de leurs revendications.

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