Médecine et IA : un ouvrage pionnier interroge la place du praticien dans un monde d’algorithmes

Publié en mai 2025 chez Prestige Diffusion, cet ouvrage se distingue par sa portée : il s’agit du premier livre sur ce thème écrit par une praticienne médicale francophone africaine. À la croisée de la médecine, de l’éthique et de la prospective, il s’adresse aussi bien aux professionnels de santé qu’aux étudiants, décideurs et citoyens intéressés par l’évolution du système de soins.

Médecine augmentée ou déshumanisée ?

L’autrice, la Pr Amal Bourquia, néphrologue et figure reconnue de la santé au Maroc, y explore les grands bouleversements induits par les technologies d’intelligence artificielle : diagnostic assisté, médecine personnalisée, prédiction des risques, automatisation des décisions cliniques, etc.

Si ces outils promettent des gains en efficacité et en précision, ils soulèvent aussi des questions de fond : que devient la relation médecin-patient ? L’intuition et l’écoute peuvent-elles être reproduites par des machines ? Comment garantir une utilisation éthique des données de santé ?

Face à ces interrogations, la Pr Amal Bourquia plaide pour une médecine équilibrée, où l’humain reste au centre de la décision, et où l’IA agit comme un outil d’assistance et non de substitution. « Loin d’opposer technologie et humanisme, ce livre invite à penser une complémentarité entre intelligence artificielle et intelligence humaine », souligne-t-elle.

Une perspective marocaine et africaine

L’un des apports majeurs de cet ouvrage réside dans son ancrage local. En s’appuyant sur son expérience de terrain, la Pr Amal Bourquia examine les défis spécifiques des systèmes de santé marocains et africains face à cette transition technologique : fracture numérique, accès aux données, formation des soignants, gouvernance de l’IA, etc. Elle rappelle que toute innovation technologique doit être accompagnée d’une réflexion éthique et adaptée aux réalités locales.

À la fois pédagogique et engagé, Le Médecin à l’ère de l’intelligence artificielle ouvre une discussion nécessaire sur l’avenir de la médecine. Il s’impose d’ores et déjà comme une référence pour comprendre les transformations en cours, sans céder ni à l’enthousiasme aveugle ni à la méfiance systématique.

Médecine de précision : le Maroc dévoile son projet de génome de référence

Cette étude pose les fondations d’un génome de référence propre au Maroc, un outil essentiel pour le développement d’une médecine de précision à l’échelle nationale, indique un communiqué de la Fondation Mohammed VI des Sciences de la Santé (FM6SS).

Pilotée par des chercheurs de la FM6SS au sein du Centre Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation (CM6RI), l’étude repose sur le séquençage complet du génome de 109 individus issus de différentes régions du Royaume, ajoute la même source, notant que ce travail a permis d’identifier plus de 27 millions de variantes génétiques, dont 1,4 million inédites à l’échelle mondiale.

Les chercheurs ont mis en évidence 15.378 mutations fréquentes spécifiques à la population marocaine, et construit un génome de référence baptisé MMARG (Moroccan Major Allele Reference Genome), précise-t-on, relevant que ce dernier constitue une alternative locale au génome international standard (GRCh38), inadapté aux spécificités génétiques du pays.

Le travail a mobilisé divers chercheurs nationaux dans le domaine de la génomique, de la bio-informatique et de la médecine et a engagé un dispositif avancé pour l’interprétation et la sécurisation des données.

Cette publication marque une accélération de la recherche biomédicale au Maroc. La suite du programme prévoit l’élargissement de la cohorte étudiée, afin d’affiner davantage le modèle génétique de référence à l’échelle nationale et d’améliorer la connaissance sur les prédispositions héréditaires aux maladies dans la population marocaine, conclut le communiqué.

La FM6SS lance un Hub de médecine de précision

Après avoir fait ses preuves en tant qu’acteur majeur dans le domaine de la Médecine 4.0, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS) annonce la création d’un Hub de médecine de précision.

Ce projet ambitieux vise à renforcer les capacités de diagnostic, de traitement et de services de pointe en intégrant des technologies de nouvelle génération et une approche interdisciplinaire, indique un communiqué de la Fondation.

Le Hub sera structuré autour de trois unités complémentaires :

– Une plateforme génomique, équipée de technologies de séquençage de nouvelle génération (NGS), de génotypage avancé et de monitoring permettant des analyses approfondies pour un diagnostic précis et personnalisé.

– Un laboratoire de culture cellulaire, dédié au développement de nouvelles options en matière de thérapies cellulaires.

– Une unité clinique, qui sera intégrée à l’Hôpital universitaire international Mohammed VI de Rabat, qui assurera la prise en charge des patients et la mise en œuvre des avancées de la médecine de précision.

Le tout supporté par une biobanque avec un datacenter dédié, qui constituera une ressource nationale pour la conservation des échantillons biologiques et des données associées.

En intégrant la médecine de précision dans le parcours de soins, ce projet permettra d’améliorer significativement la détection précoce, le diagnostic et le suivi des maladies complexes, notamment en oncologie et dans les maladies rares.

Réimplantation avec succès d’une main entièrement amputée au CHU Mohammed VI de Marrakech

Cette intervention chirurgicale a permis la remise en place de la main droite d’un patient, entièrement amputée au niveau du poignet suite à un accident de travail à cause d’une scie électrique, indique un communiqué du CHU Mohammed VI.

Cette opération chirurgicale complexe a duré près de sept heures, précise la même source, ajoutant que le patient, âgé de 52 ans, a été, par la suite, placé sous contrôle médical rigoureux pendant dix jours afin que la main retrouve sa vitalité.

Et de poursuivre que le patient, qui se trouve actuellement en bonne santé, est toujours hospitalisé au service de traumato-orthopédie à l’hôpital Arrazi, où il bénéficie des soins nécessaires, y compris des séances de rééducation.

(Avec MAP)

Lancement d’un diplôme de médecine en milieu carcéral, une première en Afrique et dans le monde arabe

Ce diplôme universitaire, mis en place en partenariat avec l’Université Hassan II et la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca et avec le soutien du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), constitue une « initiative pionnière et inédite en Afrique et dans le monde arabe, reflétant l’importance de cette spécialité médicale unique », indique la DGAPR dans un communiqué.

Le programme du diplôme a été élaboré de manière à être global et pluridisciplinaire, permettant ainsi au personnel médical exerçant dans les établissements pénitentiaires d’acquérir les compétences nécessaires adaptées aux exigences de leur environnement professionnel, tout en tenant compte des dimensions éthique, réglementaire et médicale en la matière.

Dans ce cadre, poursuit la même source, la première unité de formation de ce diplôme sera lancée les 21 et 22 février à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, au profit de 20 médecins de la DGAPR, sélectionnés pour constituer la première promotion de ce programme.

Ce diplôme universitaire, qui représente une étape majeure dans le processus de formation du personnel de santé travaillant en milieu carcéral au Maroc, ouvre des perspectives prometteuses de coopération, notamment dans le cadre de la coopération Sud-Sud, conclut le communiqué.

Le Nobel de médecine récompense la découverte du « microARN »

Le prix Nobel de médecine a ouvert, ce lundi 7 octobre, le bal de la remise des célèbres récompenses.

Il a été attribué à Victor Ambros et Gary Ruvkun pour la découverte du microARN et son rôle dans la régulation post-transcriptionnelle -l’ensemble des modifications qu’un ARN subit après avoir été transcrit- des gènes.

Concrètement, les scientifiques ont étudié comment cette nouvelle classe de minuscules molécules d’ARN jouant un rôle crucial dans la régulation des gènes.

Études médicales : les nouvelles dates des examens annoncées, toujours pas d’accord final avec le gouvernement

Le jeudi 13 juin, dans l’après-midi, les facultés de médecine et de pharmacie ont publié, tour à tour, les nouvelles dates des examens. Le nouveau calendrier concerne à la fois les examens de la session normale du printemps et ceux de la session de rattrapage.

Il s’agit d’une annonce « nationale« , autrement dit, généralisée à toutes les facultés de médecine et de pharmacie du Royaume, nous confirme une source sûre.


Les futures blouses blanches n’ont toujours pas tranché

L’affichage du nouveau calendrier des examens intervient après que les nouvelles propositions gouvernementales ont été soumises aux représentants des étudiants en médecine.

Différents points ont été examinés grâce à la médiation gouvernementale. En tête de liste, la réduction de la durée des études médicales de 7 à 6 ans, principale pomme de discorde entre les étudiants et les ministères de tutelle. Outre ce point, la médiation a également débouché sur d’autres suggestions.

Ces propositions ont fait l’objet d’une assemblée générale nationale organisée par la Commission nationale des étudiants en médecine, le lundi 10 juin. Elles ont été soumises au vote à l’ensemble des étudiants le lendemain.

Joint par nos soins pour savoir où en est le vote, un membre de la Commission nous répond : « Les étudiants préfèrent clarifier quelques points. La proposition gouvernementale est très sérieuse mais il manque quelques détails et des assurances qui ont poussé des étudiants à hésiter ou à voter contre. Le vote est très serré. »

Consultées point par point par Médias24, les dernières propositions du gouvernement pour surmonter la crise des étudiants en médecine laissent présager une trêve, d’autant qu’elles répondent à l’ensemble des doléances du corps étudiant.

Les étudiants, exigeants, veulent néanmoins être rassurés au maximum. Ils demandent la signature d’un procès-verbal (PV) et des accords fixant les modalités de reprogrammation des cours et clarifiant le sort des zéros attribués aux étudiants qui avaient boycotté les examens.

En tenant compte de tout ce qui précède, un vote négatif pourrait conduire au maintien du boycott, y compris des nouveaux examens. A suivre…

Crise des étudiants en médecine : enfin, l’espoir d’un accord

Des propositions gouvernementales visant à surmonter la crise des étudiants en médecine se sont dégagées des dernières réunions de médiation tenues avec les représentants des étudiants en médecine, en présence du porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

Ces propositions ont fait l’objet d’une assemblée générale nationale organisée par la Commission nationale des étudiants en médecine, le lundi 10 juin. Elles sont soumises au vote à l’ensemble des étudiants ce mardi.

Différents points ont été examinés grâce à la médiation gouvernementale. En tête de liste, la réduction de la durée des études médicales de 7 à 6 ans, principal point de discorde entre les étudiants et les ministères de tutelle.

Une 7e année facultative 

Joint par notre rédaction, un membre de la Commission nationale des étudiants en médecine raconte : « Pour le moment, les étudiants n’ont pas encore tranché sur les propositions gouvernementales, dont la principale proposition concerne une 7e année au choix. Le gouvernement suggère que les étudiants ayant terminé leurs six ans d’études de base, et souhaitant avoir des stages supplémentaires, déposent un avis pour faire une 7e année au choix ».

Les étudiants de 6e année bénéficieront à ce titre de tous les privilèges et acquis matériels et moraux conférés par le statut des étudiants en médecine en charge de la fonction de médecin interne.

Les propositions gouvernementales prévoient en outre la mise en place de stages cliniques internes à temps plein, facultatifs, pour les étudiants en médecine ayant terminé les stages de la 6e année avant de soutenir leur thèse. Ils bénéficieront, sur une année, d’un certain nombre de stages d’une durée minimale d’un mois pour chaque stage (renouvelable).

Pendant cette période, les étudiants vont jouir du même statut juridique qu’au cours de leur dernière année. Ils bénéficieront également, pour ces tâches, des mêmes indemnités qu’ils percevaient durant la 6e année. Les étudiants choisiront les services hospitaliers pour effectuer les stages complémentaires avant la fin de la 6e année, après notification à la faculté. Ils seront affectés dans les services hospitaliers selon la liste qu’ils ont soumise. Les stagiaires vont recevoir une attestation de la faculté après avoir complété chaque période de stage.

Les deux unités de médecine de famille, durant la 6e année, ne seront pas considérées comme des unités obligatoires pour l’obtention du diplôme de doctorat en médecine ou pour la soutenance de la thèse, mais plutôt comme des unités complémentaires donnant lieu à une attestation de formation.

Pas de levée du boycott avant la signature d’un PV

Certes, l’option d’une 7e année au choix est une solution gagnant-gagnant, mais elle ne déterminera pas à elle seule la levée définitive du boycott. Exigeants, les étudiants veulent être rassurés au maximum. Ils ne céderont pas sans la signature d’un procès-verbal (PV) et sans accords fixant les modalités de reprogrammation des cours et concernant la note zéro attribuée aux étudiants qui avaient boycotté les examens.

« En principe, les propositions seront votées ce mardi par les étudiants, mais le vote ne sera pas forcément décisif, parce qu’il y a beaucoup de contraintes. Les étudiants demandent en effet plus de détails et de visibilité, chose que nous avions remontée au médiateur gouvernemental. Ils veulent un programme détaillé qui va les rassurer », souligne notre interlocuteur.

« Le boycott ne sera pas levé automatiquement après le vote. La levée de celui-ci ne peut se faire sans la signature d’un PV et sans accords par rapport aux modalités de reprogrammation des cours et au zéro attribué aux étudiants ayant boycotté les examens ».

Si le tour n’est pas encore joué, les propositions gouvernementales laissent toutefois présager une trêve. Outre la 7e année facultative, la médiation a également débouché sur d’autres suggestions, dont voici l’essentiel à retenir.

Mise à jour du système d’études médicales dans tous ses cycles

Modification du cahier des charges pédagogiques national pour le diplôme de docteur en médecine selon ce qui suit : maintien de la valeur juridique, académique, morale, matérielle, nationale et internationale du diplôme, avec un volume horaire total de formation d’au moins 4.800 heures d’enseignement et d’évaluation ; mise en œuvre des procédures relatives aux accréditations internationales des formations au niveau de chaque faculté d’ici la prochaine année universitaire.

Mise à jour du système d’études médicales dans tous ses cycles, tout en conservant les accords précédents, pour qu’il prenne la forme suivante : restructuration du système de formation dans les premier et deuxième cycles, et harmonisation des unités d’étude et des unités de stages hospitaliers pour qu’elles correspondent aux compétences et capacités attendues d’un médecin généraliste. L’obtention du diplôme de doctorat en médecine par le biais de cette formation sera considérée comme une qualification pour exercer la médecine de famille.

– La formation pendant le cursus médical se divisera comme suit : les quatre premiers semestres sont consacrés à l’enseignement des unités scientifiques de base et des sciences fondamentales précliniques, incluant une immersion dans le système de santé et une immersion en médecine sociale ; les semestres 5 à 8 sont dédiés aux stages cliniques externes à mi-temps et aux cours théoriques, visant à permettre à l’étudiant d’acquérir et de développer des compétences cliniques ; les semestres 9 à 12 sont consacrés aux stages cliniques à temps plein.

Ce système s’applique aux étudiants inscrits en première et deuxième année durant l’année universitaire 2023-2024, à condition que le dossier descriptif de la formation soit publié avant la rentrée universitaire prochaine. L’ancien dossier descriptif s’applique aux étudiants en troisième, quatrième et cinquième année durant l’année universitaire 2023-2024.

Gestion des thèses et de la sortie de deux promotions

Concernant les thèses :

– accepter les thèses purement théoriques et ne pas limiter le nombre de cas étudiés dans la partie analytique, afin d’augmenter le nombre de thèses pouvant être encadrées simultanément ;

– réduire les contraintes temporelles concernant la soutenance de la thèse à un maximum de 3 mois ;

– mettre en place une plateforme numérique pour faciliter l’accès aux sujets de thèse au niveau de chaque faculté avant la rentrée universitaire 2024-2025.

S’agissant de l’année qui va connaître la sortie de deux promotions :

– s’engager à doubler le nombre de postes budgétaires pour le concours de résidanat en médecine, sur la base du nombre de places ouvertes lors du concours de résidanat de la session de janvier 2024, à travers deux concours correspondant au nombre de diplômés des deux promotions pendant l’année universitaire de transition 2025-2026 pour chaque spécialité, tout en continuant à respecter les augmentations convenues précédemment ;

– augmenter le nombre de places pour les concours de résidanat et d’internat dans toutes les spécialités de médecine, en fonction du pourcentage d’augmentation du nombre d’étudiants et des nouveaux inscrits ;

– doubler le nombre de postes pour le concours d’internat pendant l’année universitaire de transition 2026-2027, en fonction du taux d’accès de ces deux promotions ;

– doubler les terrains de stage hospitaliers agréés pour les spécialités, selon des proportions respectant des critères objectifs.

Maintien des cursus d’internat et de résidanat

Le gouvernement suggère, pour ce qui est de l’accès au troisième cycle, la modification du contenu, des modalités de passage et de l’organisation des concours du troisième cycle, avec une participation active des représentants des bureaux et des conseils des étudiants.

Le maintien des cursus d’internat et de résidanat est l’autre proposition qui s’est dégagée des réunions de la médiation :

– Les étudiants bénéficient des cursus d’internat et de résidanat dans leur forme actuelle jusqu’à la publication de la nouvelle version, dont la mise en œuvre débutera à la rentrée universitaire suivant sa publication.

– Les étudiants ayant complété les quatre premières années peuvent passer le concours d’internat dans la nouvelle structure. Ce système s’applique aux étudiants inscrits en première et deuxième année durant l’année universitaire 2023-2024. Le système actuel reste en vigueur pour les étudiants en troisième, quatrième et cinquième année durant l’année universitaire 2023-2024.

3e cycle : le cahier des charges pédagogiques est attendu avant janvier 2025

Voici les propositions relatives au cahier des charges pédagogiques pour le 3e cycle :

– publication du cahier des charges pédagogiques national pour le troisième cycle et élaboration de l’arsenal juridique qui l’encadre avant le 1er janvier 2025, avec la participation active des représentants des bureaux et des conseils des étudiants ;

– assurer des opportunités de formation à l’étranger pour les résidents pendant la durée du résidanat en leur permettant de bénéficier de ces stages à partir de l’année universitaire prochaine ;

– formulation et activation d’une procédure claire pour le changement de spécialité et le transfert pendant la période du résidanat, à partir de l’année universitaire prochaine.

Échéances fixées pour la livraison des futurs CHU 

Les terrains de stage ont également fait l’objet des réunions de médiation. Voici les propositions s’y afférant :

– Fournir les terrains de stage hospitalier nécessaires à la formation des étudiants en médecine et en pharmacie à partir de l’année universitaire prochaine, au niveau de chaque faculté, en impliquant activement les représentants de la Commission nationale des étudiants en médecine au sein des comités régionaux conjoints pour la coordination de la formation dans les professions de santé, tout en respectant les normes convenues.

– Élaborer les textes réglementaires relatifs aux superviseurs des stages effectués par les étudiants et établir des comités régionaux conjoints pour la coordination de la formation, en préparant les projets de décrets suivants ; décret sur les comités régionaux conjoints pour la coordination de la formation dans les professions de santé, décret sur les superviseurs de stages et les formateurs dans les établissements de santé appartenant aux groupements de santé territoriaux au bénéfice des étudiants dans les professions de santé, avec une participation active des représentants des étudiants en médecine.

– Fournir la liste des hôpitaux capables d’accueillir les étudiants dans le cadre de la commission chargée d’approuver les terrains de stage chaque année, avant le début de chaque année universitaire, à partir de l’année universitaire prochaine.

– Définir des quotas à ne pas dépasser concernant le nombre d’étudiants accueillis dans chaque unité hospitalière, en se basant sur le nombre du personnel, de lits et de patients.

– Terminer les travaux de construction, l’équipement et la réhabilitation des centres hospitaliers : le CHU d’Agadir avant la prochaine rentrée universitaire 2024-2025 ; les CHU de Laâyoune, Errachidia, Guelmim et Béni Mellal à l’horizon 2027.

– Équiper les centres hospitaliers régionaux et provinciaux à Laâyoune, Errachidia, Guelmim et Béni Mellal pour les adapter aux exigences de la formation.

Augmentation des sièges pédagogiques et des bourses

Ci-dessous les suggestions relatives à l’augmentation des sièges pédagogiques au sein des facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie et aux bourses :

– adapter l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits dans les facultés de médecine, médecine dentaire et de pharmacie via les commissions régionales conjointes hospitalo-universitaires, à partir de l’année universitaire 2025-2026 ;

– réguler l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits en respectant la capacité d’accueil des amphithéâtres, des installations de la faculté et des terrains de stage hospitalier ;

– accompagner l’augmentation du nombre de nouveaux inscrits en augmentant la capacité d’accueil des terrains de stage hospitalier, celle des amphithéâtres et des salles de classe ;

– garantir une bourse d’enseignement supérieur aux étudiants méritants tout au long des différentes années de formation, en tenant compte des conditions approuvées dans le cadre du registre social unifié à partir de la prochaine année universitaire ;

– développer et approuver une plateforme informatique au niveau du ministère de la Santé pour gérer les indemnités pour les tâches, permettant leur versement sur une base mensuelle à partir de janvier 2025 ;

– augmenter les indemnités pour les tâches avec effet rétroactif à partir de septembre 2024, dont le versement commencera en janvier 2025 ;

– plus de 1.000 DH pour la troisième, quatrième et cinquième année ;

– plus de 2.000 DH pour la sixième année et l’année de stage complémentaire.

Facultés de médecine : report des examens, un pas vers la fin de la crise ?

Dans différents avis consultés par Médias24, les facultés de médecine au Maroc ont annoncé le report des examens du deuxième semestre (2023-2024) – session normale, initialement prévus au début de ce mois de juin.

Les nouvelles dates des examens seront annoncées « prochainement », selon les avis de report.

Depuis plusieurs mois, les étudiants en médecine boycottent les cours et les stages pour protester contre la réforme du système de formation annoncée par le gouvernement.

Après un long blocage, Aziz Akhannouch a récemment exprimé la prédisposition du gouvernement au dialogue et promis des solutions « claires » pour moderniser la formation médicale et améliorer les conditions des étudiants. La commission des étudiants a réagi positivement à ces annonces, exprimant sa « volonté de collaborer avec le gouvernement ».

Études en médecine : Akhannouch promet des solutions « claires » concernant la future forme de formation

Dans une déclaration à la presse à l’issue d’une réunion tenue avec les doyens des facultés de médecine et de pharmacie du Royaume, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, et consacrée à passer en revue les « efforts déployés dans le cadre de la réforme du secteur de la formation dans le domaine de la santé », Aziz Akhannouch a souligné qu’ »un grand travail a été accompli à cet égard, au cours des dernières semaines ».

Dans ce cadre, le chef du gouvernement a relevé l’existence d’une vision claire pour aller de l’avant et de façon positive sur la voie de la réforme, afin de fournir tous les moyens et de créer des « conditions favorables pour les étudiants en médecine et en pharmacie, pour la poursuite de leurs études et la réalisation de la réussite escomptée, la formation des médecins du futur, et l’instauration d’une médecine au niveau requis ».

Dans ce contexte, Aziz Akhannouch a indiqué qu’il existe des solutions qui seront présentées prochainement portant sur la qualité de la formation et l’élargissement de la base du stage, tout en apportant une vision claire sur la future forme de formation dans le domaine de la médecine au cours des prochaines années afin que les étudiants aient une vision claire de leur avenir académique.

 

Depuis plusieurs mois, les étudiants en médecine enchaînent les protestations pour dénoncer la réforme lancée par les ministères de tutelle et exiger des réponses concrètes à leurs revendications.

Études de médecine : une nouvelle session d’examens annoncée pour le mois de février

Les examens de la première session avaient été reportés jusquà nouvel ordre dans toutes les facultés de médecine et de pharmacie du Royaume après qu’ils ont été boycottés par lensemble des futures blouses blanches. Le boycott des examens du premier semestre a été réussi à hauteur de 100%, à léchelle nationale, avait annoncé la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie (CNEMEP).

Après la réunion des conseils détablissement, les facultés de médecine et de pharmacie ont décidé de la programmation d’une nouvelle session d’examens, prévue pour le mois de février. Les conseils détablissement ont été convoqués sur ordre du ministère de lEnseignement supérieur.

À Casablanca, une nouvelle session programmée à partir du 12 février

« Une nouvelle session dexamens partiels a été programmée à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca à partir du 12 février », apprend Médias24 auprès de Narjiss El Hillali, membre de la CNEMEP.

« En principe, les examens dans les autres facultés sont prévus au cours du mois de février ; chaque faculté disposant en effet d’une autonomie pédagogique qui lui permet de fixer une date spécifique », précise cette étudiante en médecine. La programmation de cette nouvelle session dexamens partiels fait suite à la tenue des réunions de conseil détablissement dictée par le ministère de tutelle, notamment le ministère de lEnseignement supérieur.

Les étudiants appellent au maintien du boycott, une décision finale sera rendue dans les prochains jours 

En réaction à lannonce de la nouvelle session dexamens partiels, les étudiants appellent la CNEMEP à ne pas lever le boycott. « La commission rendra une décision finale sur le boycott, ou non, de la nouvelle session dexamens« , indique notre interlocutrice.

Notons également que les facultés ont été interpellées par les ambassades sur les raisons pour lesquelles leurs ressortissants n’ont pas passé les examens. « Nous avons tenu au courant les étudiants étrangers de l’évolution de la situation. Normalement, ces derniers n’étaient initialement pas impliqués dans le boycott. Si les étudiants étrangers décident de passer les examens de la nouvelle session, cela ne changera pas le cours des choses. Les deux catégories d’étudiants qui ne participent pas au boycott, en principe, sont les étudiants étrangers et les étudiants en médecine militaire« , explique Narjiss El Hillali.

L’AMDH soutient les futures blouses blanches

Les tensions constatées dans les facultés de médecine ont fait réagir l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui affiche son soutien aux étudiants.

« Le bureau exécutif de lAssociation marocaine des droits humains suit avec une grande préoccupation lévolution des manifestations des étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie, surtout après que les étudiants en médecine et en pharmacie ont décrété le boycott ouvert des stages hospitaliers, des cours théoriques et pratiques, ainsi que le boycott des examens depuis le samedi 16 décembre 2023. En parallèle, les étudiants en médecine dentaire se sont aussi engagés dans une lutte continue adaptée aux spécificités de leur filière », indique lAMDH.

« Les manifestations des étudiants se poursuivent en raison de l’absence de réponse de la part des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé à leurs revendications légitimes et urgentes, en particulier le rejet catégorique de la réduction de la durée de la formation de sept à six ans, en labsence de textes réglementaires et légaux clairs garantissant la qualité de lenseignement et de la formation théorique et pratique ; le refus du décret réduisant le nombre d’années de formation émis unilatéralement sans concertation avec les étudiants ; le refus de porter atteinte à la valeur morale et scientifique du diplôme de docteur en médecine ; l’obligation de fournir des infrastructures, notamment des laboratoires et des équipements médicaux suffisamment capables daccueillir le nombre croissant détudiants nouvellement inscrits ; et l’augmentation du montant des bourses compte tenu de la hausse vertigineuse des prix des matières premières », rappelle lAMDH.

LAMDH responsabilise in fine le gouvernement, en particulier les ministères de tutelle, qu’elle appelle à ouvrir un dialogue responsable et immédiat avec les étudiants sur les problèmes persistants, aboutissant au règlement de leurs revendications.

https://medias24.com/2024/01/29/les-etudiants-en-medecine-en-boycott-ouvert-des-etudes-et-des-stages/

https://medias24.com/2024/01/05/les-etudiants-en-medecine-en-boycott-ouvert-les-examens-reportes-jusqua-nouvel-ordre/

Médecine d’urgence au Maroc : voici les recommandations pour la gestion des catastrophes naturelles

Ces recommandations ont été publiées à l’issue de la 7e édition du Congrès international de la Société marocaine de médecine d’urgence (SMMU) en lien avec le séisme d’Al Haouz le 8 septembre.

Dans le domaine de la santé, les recommandations de bonne pratique sont des propositions développées méthodiquement pour aider les différents acteurs du système de santé (professionnels, patients et usagers, décideurs) à rechercher les soins les plus appropriés dans des circonstances cliniques données.

Une dizaine de recommandations

Les recommandations élaborées par le groupe de travail constitué lors de cette édition sont les suivantes :

> Le déploiement du plan d’urgence : les experts recommandent de déclencher, sans délais, le plan d’urgence en cas d’évènement majeur ; s’il y a des accidents ayant causé un nombre élevé de victimes, blessés ou morts, et des dégâts importants (humains, infrastructurels et environnementaux) et ayant conduit à des impacts sur une longue durée. Il faut ajouter les accidents ayant nécessité la mise en place d’importants moyens de secours et d’interventions diverses ou d’une organisation particulière pour la réparation des conséquences.

> Concernant les besoins en santé en temps de catastrophe, les experts soulignent que les objectifs à prendre en compte pour une intervention en temps de catastrophe, sont, entre autres : l’évaluation des aspects sanitaires concernant les populations à risque, avant l’apparition d’une crise et pendant que la situation évolue, de façon à permettre à tous les partenaires de fixer les priorités et de suivre les progrès ; le recensement des lacunes en matière de riposte à la crise et le fait de veiller à les combler ; la remise en état des institutions essentielles et la formation du personnel de santé.

> Le poste médico-chirurgical avancé (PMCA) est la structure de soins de santé temporaire qui est généralement déployée dans des situations d’urgence ou de catastrophe pour fournir des soins médicaux avancés et de proximité aux personnes touchées.

Selon les experts, cette structure doit assurer plusieurs rôles, dont l’accueil, le triage et l’orientation des patients ; la stabilisation et les soins intensifs des détresses vitales ; les soins médicaux et chirurgicaux nécessaires à la situation d’urgence ; la communication avec les autorités locales, les organismes de secours et de soutien et le grand public (médias) ; la gestion logistique des médicaments, des dispositifs médicaux, des produits sanguins labiles, des équipements et des déchets.

> Le relevage et le brancardage en catastrophe : les experts recommandent de respecter la signalisation, de s’assurer que la zone est sécurisée et que les risques environnementaux sont maîtrisés. Ils recommandent également l’évaluation des victimes, l’équipement de relevage approprié, la stabilisation, l’esprit d’équipe.

> Concernant les enfants, un seul et même secouriste doit assurer une continuité de soins auprès de l’enfant et éviter de lui mentir ; l’obliger à parler ; banaliser ou dramatiser ; encourager les attitudes héroïques ; ne pas accepter ses réactions normales liées à la douleur, à la peur et aux émotions ou le menacer.

> Le triage en catastrophe : le triage des victimes lors d’une catastrophe est réalisé chaque fois que l’on se trouve en présence de plusieurs victimes graves et que leur nombre dépasse celui du personnel de secours présent. Les experts recommandent l’utilisation d’un code couleur pour les équipes mobiles en interventions pré-hospitalières. Le codage peut se faire soit par des fiches d’identification, soit par la mise en place de bracelets colorés

> La gestion des ensevelis : la plupart des survivants sont dégagés dans les 48 premières heures, le temps moyen de dégagement des victimes vivantes est de 6,8 jours et la survie maximum des ensevelis est de 14 jours. Les experts définissent quatre étapes dans la gestion des ensevelis qui n’ont pas été extraits des décombres : le recensement et sectorisation, le ratissage, la détection, le dégagement.

> La régulation médicale en temps de catastrophe est un acte médical pratiqué au téléphone (ou au moyen de tout autre dispositif de télécommunication) par un médecin régulateur. Elle est complexe et exige une planification préalable, une formation adéquate et une coordination efficace, et vise à fournir des soins médicaux essentiels aux victimes de la catastrophe tout en minimisant les pertes humaines et en garantissant la sécurité du personnel médical, soulignent les experts.

> Le transport médical en temps de catastrophe : crucial pour assurer l’évacuation sûre et rapide des blessés. Les experts recommandent en cas de catastrophe l’élaboration d’un plan d’urgence, l’identification des intervenants et des points de ralliement, une coordination entre les acteurs du transport, une flexibilité et une innovation opérationnelle.

> La gestion initiale des blessés graves : les experts recommandent l’usage de scores d’évaluation de la gravité des blessés, qui dictent la nécessité de recourir à des mesures diagnostiques ou thérapeutiques urgentes et déterminent l’orientation des patients. Le choix du score dépend des maillages territoriaux influençant les délais de prise en charge, de la régulation médicale, des moyens humains mis en œuvre et de la qualité du plateau technique.

> Le crush syndrome est l’ensemble des manifestations locales et générales secondaires à une rhabdomyolyse traumatique massive avec ischémie de grosses masses musculaires par compression prolongée, à l’origine d’un syndrome compartimental ou syndrome des loges. Les experts recommandent d’évoquer ce syndrome dans tout contexte traumatique grave, surtout en cas d’apparition des signes cliniques comme une fatigue, une douleur associée à un œdème musculaire, des muscles tendus et douloureux à la palpation et des urines foncées. Tout retard diagnostique peut conduire à des complications d’insuffisance rénale aiguë, d’ischémie et de paralysies sensitivomotrices.

> La gestion de l’insuffisance rénale post-traumatique, une complication des plus redoutées lors de la rhabdomyolyse dans un contexte traumatique majeur, pouvant mettre en jeu le pronostic vital.

> Le soutien psychologique et social : une catastrophe naturelle constitue une mutation d’un état, d’un moment ou d’un type d’organisation à un autre, par exemple d’une situation stable ou critique à une situation catastrophique.

> La réadaptation précoce des victimes d’une catastrophe naturelle se définit comme une action qui intervient dès le moment de la blessure initiale et le début des soins médicaux aigus. Elle débute dès l’admission dans un établissement de santé, et, dans certains cas, peut même commencer au sein de la communauté. Cette approche inclut souvent des composantes de prévention et de réadaptation, mettant l’accent sur l’éducation des patients et de leurs aidants, tout en étant complexe du fait que les patients peuvent encore être gravement malades.

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