Élections Ordre des médecins : retard, tensions et bras de fer autour de la loi 08-12

De nombreux médecins dénoncent, depuis plusieurs jours, le retard des élections du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), qui les représente. Élu en 2018, le Conseil actuel, présidé par le Dr Mohammadin Boubekri, se retrouve « dans l’illégalité » depuis trois ans, selon les mots de plusieurs médecins avec qui nous avons eu des échanges.

Son mandat est achevé depuis le mois de décembre 2022. Des élections auraient dû avoir lieu pour renouveler le bureau du Conseil, mais depuis, rien n’a été fait. Contactés par Médias24, des médecins nous assurent que des élections devaient être organisées récemment, lesquelles « ont été retardées à la demande du chef du gouvernement ». « Le chef du gouvernement a adressé un courrier en mai 2025  au président actuel du CNOM, lui demandant de retarder les élections », affirment-ils.

Au sein de la profession, on parle alors « d’interférence » et parfois « d’ingérence ». Certains d’entre eux assurent qu’une consultation juridique a ainsi été réalisée à ce sujet. Les médecins exigent également de réformer la loi 08-12 qui régit ce Conseil, en y apportant plusieurs modifications majeures.

Le chef du gouvernement est-il réellement intervenu dans ce processus ?  Quelles sont les raisons derrière le récent report ? Pourquoi les élections de l’ordre des médecins n’ont-elles pas été tenues depuis 2022 ? Et le CNOM, désormais considéré comme « illégal », est-il encore habilité à organiser de nouvelles élections ?

Médias24 a tenté de joindre toutes les parties concernées par ce dossier. Voici ce qu’il en est.

« Un avis consultatif du chef du gouvernement, sollicité par le CNOM »

Le CNOM est l’institution qui régit l’Ordre national des médecins au Maroc. Il s’agit d’un organisme indépendant, doté de la personnalité morale, qui regroupe obligatoirement tous les médecins exerçant la profession médicale au Maroc dans le secteur privé et dans le secteur public, soit dans les services de l’État, des collectivités locales et des établissements publics, soit en qualité d’enseignants-chercheurs dans les centres hospitaliers universitaires, soit dans les Forces armées royales.

Il s’agit donc d’une institution importante, chargée de réguler l’exercice médical, de veiller au respect des droits des patients et de garantir l’éthique professionnelle.

L’actuel bureau est le deuxième bureau du Conseil, élu depuis la publication au Bulletin officiel de la loi 08-12, relative à l’Ordre national des médecins, en 2013.

Le premier bureau, présidé par le Dr. Houcine Maaouni, avait été élu en 2014, pour un mandat de 4 ans, comme prévu par ladite loi (article 6). Le second et actuel bureau a été élu en 2018. Logiquement, comme le prévoit la loi en vigueur, des élections devaient être organisées en 2022, lesquelles n’ont jamais eu lieu.

D’après des médecins libéraux joints par Médias24, de nouvelles élections devaient se tenir récemment, « mais le chef du gouvernement a adressé un courrier au président actuel du CNOM lui demandant de les retarder ». Aucune de nos sources n’a été en mesure de nous envoyer une copie du courrier en question.

Du côté du gouvernement, on nous explique qu’en effet le chef du gouvernement a eu deux correspondances avec le CNOM au sujet des élections. Un premier en décembre 2022 et un second en mai 2025. Cela dit, ces courriers constituent « des réponses à des demandes d’avis consultatifs préalablement adressées par le président du CNOM au chef du gouvernement ».

« Il a répondu favorablement à la demande du CNOM de reporter les élections jusqu’à la révision de la loi 08-12 relative au Conseil national de l’Ordre des médecins », poursuivent nos sources.

Que ce soit en 2022 ou en 2025, la demande du CNOM a été la même, un report jusqu’à l’aboutissement de la réforme. Et dans les deux cas, la réponse a également été la même, un avis positif en demandant l’accélération de la réforme.

« Mais il s’agit d’un avis purement consultatif et pas du tout contraignant », concluent-elles.

Autrement dit, malgré l’avis du chef du gouvernement sollicité par le CNOM, rien ne l’empêche d’organiser des élections s’il le souhaite, car l’Ordre national des médecins est un organisme indépendant doté de la personnalité morale. Et que l’article 14 précise pour sa part que la date des élections est fixée par le président du CNOM, en concertation avec les autres membres du conseil et les conseils régionaux.

Un courrier du président du CNOM qui créé la confusion

À la suite de l’avis adressé en mai 2025 par le chef du gouvernement, le président du CNOM a envoyé, le 2 juin 2025, un courrier aux membres du conseil annonçant le report des élections (fac-similé ci-dessous), « sur instructions du chef du gouvernement ».

Sur ledit document, le président du CNOM affirme avoir « reçu un courrier du chef du gouvernement, daté du 29 mai 2025, l’appelant à reporter les élections jusqu’à l’amendement de la loi 08-12 ». Il précise également que « le conseil avait décidé, le 26 avril 2025, de tenir une assemblée générale le 14 juin afin de fixer la date exacte des prochaines élections, initialement prévues pour la fin de l’année ».

La formulation du courrier du CNOM prête clairement à confusion.

Contacté par Médias24 le vendredi 5 décembre, le président du CNOM, le Dr Boubekri, a indiqué qu’il ne serait en mesure de répondre à nos questions qu’à partir de ce lundi 8 décembre, avant de mettre fin à l’appel.

Contacté à nouveau à plusieurs reprises ce lundi, il est resté injoignable.

Au moment de la publication du présent article, il n’avait pas encore donné suite à notre requête.

La réforme de la loi 08-12 à l’origine du blocage ?

D’après les différents courriers échangés entre le gouvernement et le CNOM, l’on constate que la réforme de la loi 08-12 est l’une des principales raisons du report de ces élections.

Des sources proches du dossier nous confirment toutefois que « la loi a déjà été amendée et que les modifications nécessaires y ont été introduites. La loi 08-12 suit son cours dans le circuit législatif habituel ».

« Elle est actuellement en cours d’examen auprès des différents départements concernés, notamment le ministère de l’Intérieur et l’Ordre des médecins, avant d’être soumise au Conseil de gouvernement pour étude et adoption ».

Ce processus de réforme accuse toutefois du retard. Il est en cours depuis au moins 2022.

D’autres amendements exigés par les médecins libéraux

Bien que des amendements aient déjà été apportés à cette loi, les médecins du secteur libéral exigent d’autres modifications, qu’ils énumèrent comme suit :

– Seuls les médecins qui paient leurs cotisations seront autorisés à voter, ce qui implique, d’abord, l’inscription à l’Ordre. « Les médecins qui ne paient pas leurs cotisations ne doivent pas être autorisés à voter. Et actuellement, la majorité des médecins qui s’acquittent de leurs cotisations exercent dans le secteur privé, ce qui crée un déséquilibre ».

– Le vote sectoriel. Les médecins exigent une dissociation entre les secteurs privé et public en terme de vote. « Il est inconcevable que des médecins du secteur public votent des dispositions qui concernent le secteur privé et vice-versa. Cela n’a aucun sens ».

– La régionalisation avancée. « Nous exigeons une autonomie financière et administrative pour les conseils régionaux », soulignent nos interlocuteurs. « Actuellement, toutes les décisions doivent avoir l’aval du Conseil national. Les médecins libéraux souhaitent donc que les deux tiers des recettes du CNOM soient attribués aux conseils régionaux, et que le tiers restant revienne au Conseil national, d’autant que ce dernier bénéficie déjà des subventions de l’État ».

– La nomination du président du CNOM par dahir, « pour revenir à ce qui était fait avant la précédente réforme ». L’actuelle loi 08-12 dispose, dans son article 19, que le président de l’Ordre est élu par les membres du conseil.

« Un retard qui paralyse le fonctionnement du Conseil »

Les médecins du secteur libéral appellent enfin à l’accélération de ces élections, d’autant que « les activités du Conseil sont à l’arrêt ». « Rien que pour les rapports moraux et financiers du Conseil, aucun n’a été établi depuis trois ans, alors que la loi 08-12 impose la publication de rapports annuels ».

Les médecins se retrouvent également représentés, dans des dossiers importants tels que celui relatif à la révision du Tarif national de référence (TNR), les impliquant face à l’État, par des « représentants illégaux », qui peuvent prendre des décisions sans aucune consultation avec le corps.

Cette situation interpelle sur la légalité de toute décision ou convention signée par l’actuel bureau.

Un avocat du barreau de Casablanca, consulté par Médias24, nous indique que si le président ou une partie du bureau refuse de convoquer les élections, les autres membres du bureau « peuvent saisir les juridictions afin de régulariser la situation » et organiser un nouveau scrutin.

Déficit de médecins spécialistes : Tahraoui explique les raisons et ce qui a été mis en place pour y remédier

Amine Tahraoui, ministre de la Santé, a révélé, le 1ᵉʳ octobre au Parlement, l’une des raisons du déficit des médecins spécialistes au Maroc.

Outre la formation, puisqu’on ne forme pas assez de spécialistes, le déficit était aggravé par un problème d’affectation.

Selon lui, chaque médecin spécialiste est affecté deux ans après l’obtention de son diplôme. Un système qui a été mis en place depuis des années et qui perdure.

Il dit qu’à son arrivée, il a essayé de résoudre ce problème. Ainsi, le nombre de médecins affectés est passé d’une moyenne de 200 par an entre 2020 et et 2024 à 1.204 en 2025.

Un système en place depuis 2019

Il explique : « Le Maroc connait un grand besoin de spécialistes, notamment en anesthésie, réanimation et radiologie. Pour y répondre, des mesures ont été prises pour l’affectation des médecins lauréats, destinés à travailler dans les différentes régions et provinces ».

« En 2020, le nombre de médecins spécialistes affectés aux établissements publics était de 179, et de 223 médecins en 2024. En 2025, ce nombre est passé à 1.204« .

« Il existait un problème majeur lié à la lenteur et au blocage des affectations. Depuis 2019, certains médecins diplômés n’étaient affectés que deux ans après l’obtention de leur diplôme. Par exemple, un lauréat de 2019 n’a été affecté qu’en 2021. Entre-temps, certains partaient vers le secteur privé ou reprenaient leurs études, créant une période d’attente et révélant un problème de gouvernance ».

Ce n’est pas un problème lié aux étudiants, mais au système

« Ce système était en place depuis 2019. À mon arrivée fin 2024, il fallait procéder à ces affectations. Nous avons alors identifié 241 médecins spécialistes et avons commencé par les mutations, puis les affectations, en tenant compte des nouveaux projets et des besoins exprimés par les différentes régions du Royaume ».

« En vérifiant les dossiers, j’ai constaté que les diplômes de ces médecins datent de 2023. Ce n’est donc pas un problème lié aux étudiants, mais plutôt au système en vigueur, qui les pousse dans une attente prolongée. J’ai donc demandé l’affectation des diplômés de 2024 également ».

« Sur les 700 affectés au S1 2025, 95% ont rejoint leur poste »

Ainsi, « 420 médecins spécialistes diplômés en 2024 ont été affectés entre avril et mai 2025, portant le total à 700 pour le premier semestre 2025. Parmi eux, 95% ont rejoint leur poste ».

« Pour les 5% restants, j’ai demandé à ce qu’on les contacte individuellement afin de trouver des solutions, sauf pour ceux qui ne peuvent réellement pas travailler dans le secteur public, et qui assumeront leurs responsabilités puisqu’ils sont liés par contrat avec l’Etat ».

« Pour les diplômés de 2025, les affectations ont commencé en juillet. Ce nouveau contingent de spécialistes compte 543 médecins, dont 80% déjà diplômés. Les 20% restants le seront dans les semaines prochaines. Nous avons accéléré le processus pour mettre fin aux retards et instaurer un système transparent et encadré ».

« En 2026, le nombre de médecins spécialistes affectés devrait, logiquement, être plus faible, autour de 600 à 700, et augmentera ensuite selon l’évolution du nombre de places pédagogiques. Cette planification constitue la solution pour répondre aux besoins en spécialistes », souligne le ministre.

« Le manque de médecins spécialistes se poursuivra jusqu’en 2029 »

En ce qui concerne les prévisions pour les années à venir, Amine Tahraoui estime que « le manque de médecins spécialistes se poursuivra jusqu’en 2029″, avant de diminuer grâce à l’augmentation des places pédagogiques.

« D’ici 2030, le nombre de spécialistes devrait permettre de combler ce déficit », ajoute-t-il, précisant que « ces prévisions prennent en compte plusieurs facteurs, notamment une partie des médecins qui part à l’étranger et une autre qui quitte le système ».

Un problème futur reste toutefois à anticiper. Il s’agit de l’adéquation entre spécialités disponibles et besoins réels. « Certaines spécialités actuellement saturées ne répondent pas aux besoins futurs, tandis que d’autres nécessitent davantage de médecins. Il est donc nécessaire d’ouvrir le dialogue avec les professionnels du secteur et le ministère de l’Enseignement supérieur pour anticiper les besoins par spécialité et mieux orienter la formation ».

« Le Maroc manque également de généralistes »

Le ministre alerte également sur le manque de médecins généralistes au Maroc. « Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un système équilibré devrait compter 70% de médecins généralistes et 30% de spécialistes. Or, la situation actuelle au Royaume est inversée. Nous disposons de 70% de spécialistes contre 30% de généralistes », souligne le ministre.

« Cela ne signifie pas que nous avons suffisamment de spécialistes, mais que nous manquons également de médecins généralistes ».

« Les étudiants se détournent de cette filière en raison d’une rémunération faible », explique-t-il. « Il est donc crucial d’ouvrir une discussion sur les incitations pour les généralistes et les médecins de famille, sur lesquels nous accusons un retard. Il faut également définir une vision claire pour les spécialistes de famille, afin d’accélérer leur formation et leur sortie dans les meilleurs délais ».

> Consultez notre dossier sur la présentation faite le 1er octobre en Commission des secteurs sociaux par le ministre de la Santé

Après la crise des études médicales, retour progressif à la normale dans les facultés

La page du boycott des études médicales, ayant paralysé les facultés de médecine et de pharmacie pendant presque une année, est officiellement tournée. Examens de rattrapage, reprise des cours et des stages… c’est le retour à la normale dans les facultés.

« Les examens de rattrapage se sont déroulés dans de très bonnes conditions. Les résultats seront connus cette semaine. Toutes les sanctions à l’encontre des étudiants grévistes ont été levées. Les cours ont par ailleurs repris normalement. Certaines facultés ont même proposé des cours accélérés à leurs étudiants pour rattraper le retard accumulé », témoigne une source estudiantine jointe par nos soins.

« La situation est calme aujourd’hui. Les examens ont pris fin. Nous sommes en train de délibérer. Le taux de réussite est bon, selon les premiers résultats. La reprise de l’année universitaire 2024-2025 est programmée à partir de la semaine prochaine. Les étudiants reprennent progressivement leurs activités para-universitaires. Il y a aussi une envie des administrations respectives de ne plus rester sur le registre morose d’avant », admet un responsable pédagogique dans une faculté de médecine et de pharmacie.

Une transition progressive, mais qui n’est pas totalement fluide

La transition post-boycott n’est toutefois pas totalement fluide, note notre source estudiantine. La reprogrammation des stages se fait encore attendre, nous explique-t-elle. Cette dernière fait également état d’un retard de versement des bourses et des indemnités d’externat aux étudiants.

« Se pose aujourd’hui la question des stages boycottés qui doivent être rattrapés dans un temps limité. Le problème se pose surtout pour les étudiants de la 6e année qui, pour passer le concours de l’internat, doivent valider l’ensemble des stages. La reprogrammation des stages boycottés doit se faire de manière à permettre à ces étudiants de ne pas rater l’internat. Pour le moment, nous sommes toujours dans le flou concernant la manière dont sera gérée cette reprogrammation. Les étudiants sont en discussion avec les facultés. Mais, pour le moment, il n’y a pas de vision claire. Certains étudiants ont décidé de leur propre initiative de réintégrer les stages en attendant que la reprogrammation soit dévoilée ».

La date du concours n’ayant toujours pas été fixée, les étudiants ont suffisamment de temps pour revalider leurs stages et préparer le concours de l’internat qui est encore loin

Pour rattraper plus rapidement les stages, les étudiants suggèrent de les effectuer à plein temps, puisqu’en 6e année, il n’y a pas de cours l’après-midi.

« Il y a également un retard de versement des bourses et des bourses d’externat aux étudiants. Les facultés nous ont demandé de leur fournir la liste des étudiants ayant passé les examens, en attendant le versement. Nous avons envoyé la liste. Les bourses n’ont toujours pas été débloquées ».

Mais, selon le responsable pédagogique, la question de la reprogrammation des stages ne doit pas inquiéter les étudiants.

« Il s’agit d’un non-problème. La date du concours n’ayant toujours pas été fixée, les étudiants ont suffisamment de temps pour revalider leurs stages et préparer le concours de l’internat qui est encore loin. Pour organiser ce concours, il faut d’abord que la décision ministérielle soit publiée. Les facultés doivent communiquer à leur tour le nombre de postes à fixer. Des allers-retours qui peuvent prendre jusqu’à quatre mois. Le concours de l’internat ne devrait être organisé qu’en mai-juin au minimum », rassure-t-il.

Et la durée des études ?

Alors que nous abordons la transition post-boycott, il est essentiel de nous demander si la principale pomme de discorde entre les étudiants et le gouvernement, en l’occurrence la durée des études médicales, est officiellement dépassée.

Il n’y a vraiment pas lieu de s’inquiéter ou de polémiquer. Tout le monde est conscient qu’on a passé une année difficile. On n’a pas envie de refaire la même chose

« Le procès-verbal signé avec le gouvernement était clair sur ces points. Maintenant, nous attendons une officialisation par décret« , précise la source estudiantine.

Le responsable pédagogique souligne de son côté : « L’officialisation est en cours. Il n’y a aucun désistement sur les points qui ont été convenus. Bien au contraire, il y a une ouverture et un respect des libertés collectives et individuelles. Les suites vont être favorables. Il n’y a vraiment pas lieu de s’inquiéter ou de polémiquer. Tout le monde est conscient qu’on a passé une année difficile. On n’a pas envie de refaire la même chose ».

Tabagisme et mortalité maternelle : les nouvelles mesures du ministère de la Santé

En réponse à une question à la Chambre des représentants, le ministre a souligné que le Programme national de lutte contre le tabac a été renforcé, en particulier depuis le lancement du plan national de prévention et de contrôle du cancer 2010-2019. Ce plan place la lutte contre le tabagisme au premier rang des priorités.

Le deuxième plan de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029 prévoit quatre mesures pour consolider les acquis, en s’inscrivant dans la stratégie nationale multisectorielle de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2019-2029. Cette dernière vise à limiter la consommation de tabac chez les personnes de plus de 15 ans à environ 20% d’ici 2029.

La stratégie repose sur la sensibilisation aux dangers du tabac à travers des campagnes de communication, des séminaires et des sessions de travail sur les méthodes de sevrage. Chaque année, la journée mondiale sans tabac est célébrée afin de rappeler les conséquences néfastes du tabagisme.

Selon les données du ministère, le tabagisme est responsable de 8% des décès au Maroc, de 75% des décès par cancer des poumons et de 10% des décès liés aux maladies respiratoires. En 2019, le tabac a causé 74.000 cas de maladies cardiovasculaires et 4.227 nouveaux cas de cancer du poumon, avec 12.800 décès prématurés. Le coût économique annuel du tabac dépasse les cinq milliards de dirhams, soit 8,5% des dépenses médicales totales et 0,45% du PIB.

Le ministre a rappelé que l’OMS classe le tabagisme parmi les principales causes évitables de mortalité, contribuant à près de 8 millions de décès annuels dans le monde.

Baisse de 70% du taux de mortalité maternelle

En parallèle, Amine Tahraoui a annoncé une baisse significative de la mortalité maternelle, qui a chuté de 70% au cours des deux dernières décennies. Ce taux est passé de 244 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2000 à 72 décès en 2020. Cette amélioration est attribuée aux efforts d’encadrement médical, notamment en gynécologie-obstétrique.

Le ministère continue de renforcer ces acquis en ouvrant des postes pour former des médecins spécialistes à travers des concours de résidanat organisés chaque année. Des spécialités vitales sont également introduites dans les hôpitaux publics afin de garantir la continuité des soins et d’assurer des services de qualité, a ajouté le ministre de la Santé.

Les médecins du public montent au créneau, de nouvelles grèves annoncées

Le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) annonce une grève nationale de trois jours ces 19, 20 et 21 novembre dans tous les établissements de santé, sauf dans les services d’urgence et de réanimation.

Une deuxième grève d’une semaine est également prévue du 25 novembre prochain au 1er décembre, accompagnée de marches régionales et provinciales de protestation et du boycott de toutes les consultations dans les centres de diagnostic du 25 au 29 novembre.

Une troisième grève est par ailleurs prévue par le même syndicat les mercredi 4 et jeudi 5 décembre, qui continue de dénoncer le nouveau projet de statut des professionnels de santé, lequel ne préserverait pas leurs acquis, ainsi que l’absence de garanties quant à la préservation du statut de fonctionnaire du secteur public et la centralisation des postes budgétaires et de salaires, malgré l’amendement de l’article 23 du PLF 2025.

D’après le SIMSP, « le gouvernement a simplement reporté le problème, jusqu’à la publication d’un texte réglementaire ».

Outre ce syndicat, la Commission nationale des médecins internes et résidents décrète également une grève nationale ces mercredi 20 et jeudi 21 novembre, ainsi qu’une marche nationale dont la date sera annoncée ultérieurement.

Ce syndicat déplore pour sa part le mutisme du nouveau ministre, Amine Tahraoui (RNI). Une demande d’audience a été adressée à ce dernier le 9 novembre, mais qui est restée sans réponse.

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Khalid Aït Taleb va remettre sa blouse de chirurgien

Khalid Aït Taleb, ancien ministre de la Santé (SAP), envisage de reprendre le chemin des blocs opératoires, apprend Médias24 de sources sûres. « Il va reprendre dans un établissement de santé à Rabat ou à Fès après trois à quatre mois de repos », affirment nos sources.

« Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il lui est arrivé d’opérer des proches, des amis ou des cas urgents même quand il était en poste », révèlent les mêmes sources.

Khalid Aït Taleb, remplacé le 23 octobre par Amine Tahraoui (RNI), a exercé les fonctions de ministre de la Santé au sein du gouvernement El Othmani II (2019 à 2021), puis au sein du gouvernement Akhannouch I (2021-2024). Il a eu de ce fait à gérer des situations sanitaires critiques pour le pays et surtout la crise du Covid 19.

Âgé de 58 ans, l’ancien ministre de la Santé compte parmi les meilleurs praticiens nationaux spécialistes en chirurgie viscérale. En 2009, il avait pris la direction du CHU Hassan II de Fès à l’ouverture de cet établissement de santé où il dirigeait en même temps le service de  chirurgie viscérale. Dix ans plus tard, il a été appelé à assurer l’intérim au secrétariat général du ministère de la Santé en remplacement de Hicham Nejmi.

En tant que ministre de tutelle (aux côtés de son ancien collègue à l’Enseignement supérieur), il a aussi eu à gérer la crise des études médicales et une série de mouvements de protestation des personnels de son département.

« De toutes les manières, il part la conscience tranquille après le travail colossal qu’il a fourni au ministère et les réformes qu’il a contribué à mettre en chantier », affirment ses proches.

Accord facilitant l’octroi par la France de visas aux médecins marocains : les précisions du CNOM

« Dans le cadre de la convention professionnelle (soit une invitation pour participer à un congrès, soit une formation ne dépassant pas 4 mois) conclue entre le Consulat général de France à Rabat et le CNOM, et afin d’organiser des rendez-vous pour les visas de France, le présent partenariat a pour objet de définir la procédure à cette fin auprès du prestataire de service extérieur du Consulat, et ce pour les personnes désignées comme ‘bénéficiaires’, en vue de déposer une demande de visa de court séjour pour se rendre en France », lit-on sur le document.

« Les bénéficiaires doivent ainsi suivre les directives spécifiques fournies par le Consulat », ajoute le communiqué, qui ont été détaillées par le CNOM.

Les étapes à suivre par le bénéficiaire

Pour bénéficier des rendez-vous, les médecins sont tenus de préciser leurs adresses, soit professionnelles, soit personnelles, relevant des régions suivantes :

La première étape consiste à remplir le formulaire par le demandeur sur le portail dédié « France-Visas« , lequel est par la suite envoyé aux personnes responsables de la mise en œuvre du partenariat désignées par l’Ordre national des médecins, qui se chargeront de prendre le pré-rendez-vous en ligne.

Une fois le rendez-vous attribué, le prépaiement devra s’effectuer dans les deux heures qui suivent. Le reçu de paiement devra être envoyé au Consulat pour validation du RDV. Le bénéficiaire doit par la suite se présenter personnellement au RDV auprès du prestataire de service extérieur.

Parmi les obligations précisées par l’Ordre, le médecin bénéficiaire doit faire bon usage du visa délivré par une observation scrupuleuse de sa nature, de son type et de sa durée de validité. Il devra également justifier sur demande du Consulat général de son retour, et le cas échéant, des membres de sa famille qui l’ont accompagné à l’issue de la durée de validité de son visa.

Rappelons que cette convention a fait polémique, beaucoup ayant estimé qu’elle facilitera le départ des médecins marocains en France et accentuera la problématique de désert médical au Maroc.

Le corps médical s’insurge contre les accusations d’un célèbre prédicateur

Selon un communiqué dont Médias24 a reçu une copie, le Syndicat national des médecins libéraux, le Collège syndical national des médecins spécialistes privés et le Syndicat national de médecine générale estiment dans un communiqué que ce prédicateur « n’a montré aucun scrupule à généraliser ces accusations à l’ensemble des médecins en les affublant des qualificatifs les plus ignobles, en minimisant leurs efforts et en les diabolisant, leur retirant toute humanité et patriotisme et les présentant sous les pires traits matériels ».

« Le discours du prédicateur, largement diffusé sur les réseaux sociaux, s’ajoute à une longue série de diffamations que les médecins ont subies dans leur propre pays, de la part de diverses parties et sous différentes formes, ce qui malheureusement ne fera qu’accroître la rancune et généraliser le ressentiment à grande échelle contre eux. Une situation inacceptable qui ne fait qu’encourager l’émigration des talents, notamment des médecins de demain, alors que le pays fait face à une pénurie significative de professionnels de la santé, à un moment crucial pour la généralisation de la protection sociale, conformément aux directives royales », poursuivent-ils.

« De telles déclarations révèlent un manque de discernement chez certains, préférant des discours provocateurs et populistes qui ne font qu’exacerber les tensions », insistent les trois entités.

Les organismes signataires ont exprimé « leur fierté d’appartenir à cet État noble, un État de droit et d’institutions, soulignant que tout citoyen ayant subi un préjudice, que ce soit de la part d’un médecin ou d’autrui, peut s’adresser aux institutions compétentes, comme le Conseil national des médecins, les conseils régionaux, le ministère de tutelle via ses inspections ou l’institution judiciaire pour réclamer ses droits et obtenir réparation s’il y a lieu ».

« Conscients que dans chaque domaine et secteur, comme dans toutes les sociétés, il y a du bon et du moins bon, il est nécessaire de faire la distinction et de nommer les choses par leur nom en cas de dysfonctionnement, plutôt que d’adopter un discours généralisant et dégradant qui propage la haine entre les citoyens d’une même nation, réaffirmant ainsi leur refus de toute pratique diffamatoire envers le serment d’Hippocrate et l’éthique de la noble profession médicale », concluent-ils.

Santé : les grèves se multiplient face au silence du ministère et du gouvernement

Cinq centrales syndicales ont décrété une grève nationale, de quatre jours pour la CDT, la FDT et l’UNTM, et de deux jours pour l’UGTM et l’ODT, poursuivant ainsi leur mouvement de protestation ayant démarré durant le mois de février.

Une grève de 48 heures a été entamée ce mercredi 20 mars par l’ensemble de ces centrales, tandis qu’une autre est prévue les 3 et 4 avril. Celles-ci paralyseront les activités des dispensaires et des hôpitaux, excepté les services de réanimation et d’urgence.

Outre ces centrales syndicales, les infirmiers, notamment le syndicat indépendant des infirmiers et des techniciens de santé, ont également annoncé une grève nationale de trois jours (72 heures), les 27, 28 et 29 mars.

Par ailleurs, les étudiants en médecine, qui campent toujours sur leur position, ont annoncé récemment poursuivre leurs protestations, avec une nouvelle série de sit-in locaux dont les dates seront annoncées ultérieurement.

En ce qui concerne les médecins internes et résidents, ils ont récemment participé à ce mouvement de protestation, avec une grève nationale tenue le 13 mars dernier.

Le volet financier, principale revendication

Que se passe-t-il donc dans le secteur de la santé ?  Selon nos informations, toutes ces grèves ont un point commun : le volet financier.

Après les enseignants, les différents syndicats du secteur de la santé sont montés au créneau pour revendiquer également une hausse des salaires et des indemnisations au profit de différentes catégories, dans un secteur qui a longtemps été délaissé, et qui est actuellement en pleine réforme.

Pour éviter la répétition du scénario de l’Education nationale, le ministère de la Santé, Khalid Ait Taleb, s’y était pris à l’avance en conviant les différents syndicats du secteur pour discuter de leurs revendications. Des PV avaient ensuite été signés, qui comportaient toutefois des remarques desdits syndicats, principalement sur la mise en œuvre des décisions sur lesquelles les deux parties s’étaient accordées. Celles-ci devaient être remontées au chef du gouvernement pour trancher. Depuis, le silence du ministère de la Santé et du gouvernement s’installe, incitant les syndicats à monter en charge.

La date d’entrée en vigueur de l’augmentation des salaires toujours en suspens

En décrétant la grève les mercredi 20 et  jeudi 21 mars, les cinq centrales syndicales de la santé dénoncent ainsi ce silence, et appellent à une réponse rapide du gouvernement. Si le silence se poursuit, une autre grève aura lieu début avril.

Il s’agit-là du troisième épisode de grève de ces syndicats depuis la signature desdits PV. Une première grève nationale de 24 heures avait été organisée le 29 février dernier, et une seconde les 6 et 7 mars.

Ces PV ont été signés entre le ministère de la Santé et huit syndicats fin janvier 2024. Ils interviennent après une série de discussions qui avaient eu lieu les 27, 28 et 29 décembre 2023, auxquelles avaient pris part également des représentants des ministères des Finances, et de la Fonction publique, ainsi que du Secrétariat général du gouvernement (SGG).

Ils instaurent une hausse des salaires de 1.500 DH pour les infirmiers et de 1.200 DH pour les techniciens de santé, ainsi que l’augmentation de certaines indemnisations, en plus de l’ajout d’un nouveau grade pour toutes les catégories du secteur à partir de 2026.

Les deux points encore en suspens dans ce dossier, et sur lesquels le chef du gouvernement doit à présent trancher, sont d’une part la date d’entrée en vigueur de ces augmentations et, d’autre part, celle de la création du nouveau grade. Pour le premier point, les syndicats exigeaient une instauration en janvier 2024, et une mise en œuvre du second en 2025.

Même son de cloche auprès du Syndicat indépendant des infirmiers et des techniciens de la santé, qui dénonce aussi le silence du gouvernement par rapport à ce dossier.

Selon nos informations, ce dossier est en cours de traitement, mais il nécessitera du temps.

Les étudiants en médecine poursuivent leurs manifestations

Dans un communiqué récent, les étudiants en médecine ont annoncé l’organisation de nouveaux sit-in locaux dans les différentes villes qui abritent les facultés de médecine et de pharmacie, dont les dates seront annoncées ultérieurement.

Ces derniers dénoncent l’absence de visibilité quant au déroulement de la nouvelle 6e année de médecine, et d’un cahier des charges pédagogique concernant l’enseignement des spécialités.

En effet, plus d’une année s’est écoulée après l’adoption de la réduction de la durée de formation (de 7 à 6 ans), et le flou entoure encore la 6e année, ainsi que les différentes problématiques qui y sont liées, comme le manque des mesures d’accompagnement concernant cette décision et le retard injustifié dans la publication du cahier des charges pédagogique concernant le 3e cycle. Cette situation a déjà conduit à l’organisation de différentes grèves, mais aussi, au boycott des examens.

Les médecins internes et résidents réclament une hausse des indemnisations

Enfin, en ce qui concerne les médecins résidents et internes, ces derniers avaient organisé le 13 mars dernier une grève nationale de 24 heures, en raison de l’absence de réponse du ministère à leurs demandes d’audience.

Parmi leurs principales revendications figurent la hausse des indemnisations de 3.500 DH à 12.000 DH par mois pour les médecins résidents bénévoles, et à 10.000 DH par mois pour les médecins internes, ainsi que la baisse de la durée du contrat qui les lie à l’Etat, de huit à deux ans.

L’autre principale revendication de ces médecins a trait à la protection sociale, dont ils ne bénéficient pas. Ces derniers dénoncent également leur exclusion des réunions de concertation autour de la réforme du secteur de la santé.

De grands chantiers ont d’ores et déjà été entamés dans le secteur de la santé, notamment celui de la généralisation de la protection sociale. Les ressources humaines sont un acteur majeur de cette réforme en cours.

800 médecins ont quitté le Maroc ces deux dernières années (Dr Benboujida)

L’Association nationale des cliniques privée (ANCP) du Maroc a organisé le samedi 17 février, une table ronde sur l’avenir de l’hospitalisation privée.

Dans ce cadre, le Dr Said Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), a déclaré qu' »un tiers des médecins quittent le Maroc pour renforcer d’autres pays en compétences médicales ». Tandis que des pays mettent en œuvre des actions « pour chercher des médecins dans les pays étrangers, on ne leur accorde pas l’importance qu’ils méritent au Maroc », déplore t-il .

Dans ce sens, le Dr Ahmed Benboujida, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral, affirme que plus de 800 médecins marocains ont quitté le pays durant les deux dernières années, contre seulement 125 qui sont rentrés. Le reste ne veut pas revenir au Maroc, ajoute-t-il.

Par ailleurs, le Dr Said Afif a appelé au respect de la loi 65.00 portant Code de la couverture médicale de base, et à l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) d’imposer plus de transparence vis-à-vis des patients concernant les modalités de prise en charge et de remboursement des frais, précisant que l’AMO n’est bénéfique que pour les personnes ayant des pathologies lourdes, qui sont remboursées à 100%.

Il a également réclamé la révision de la tarification nationale de référence. Il souligne que malgré l’inflation qu’ont connue plusieurs secteurs, la nomenclature est bloquée depuis 2006 avec une consultation fixée à 80 DH pour le médecin généraliste et 150 DH pour le spécialiste.

Etude : 70% des futurs médecins déclarent vouloir quitter le Maroc

 

Santé : la nouvelle proposition d’ATK réussit à calmer les protestations, l’entrée en vigueur des augmentations encore en discussion

Après deux premières propositions jugées insuffisantes, les syndicats du secteur de la santé, à leur tête le Syndicat national de la santé (SNS) relevant de la CDT, se disent satisfaits de la dernière offre du ministère de la Santé, qui leur a été transmise dans la soirée du mardi 23 janvier.

Celle-ci intervient après de nouvelles rencontres tenues entre le ministère et les différents syndicats, à la suite desquelles ces derniers ont exprimé leurs remarques. Un procès-verbal a donc été signé mardi entre le ministère et le SNS-CDT, qui résume les points sur lesquels ils se sont accordés, et ceux qui ont été transmis au chef du gouvernement.

Selon le SNS, le ministère a répondu à leurs revendications les plus importantes, notamment l’augmentation des salaires, l’instauration d’indemnisations pour certaines catégories, l’amélioration des conditions de promotion, la création d’un grade supérieur, ainsi que la préparation des textes d’application des lois entrant dans la réforme du secteur dans une approche participative.

Les syndicats, qui ont alors décidé de suspendre leurs programmes de protestation, exigent toutefois que ces augmentations entrent en vigueur à partir de janvier 2024. En ce qui concerne le grade supérieur, ils exigent qu’il soit créé en 2025. Ces deux revendications ont été transmises au chef du gouvernement, qui tranchera.

Augmentation des salaires et indemnisations

Rappelons que les principales revendications des syndicats ont trait à l’aspect financier. Voici alors, sur ce volet, les points sur lesquels le ministère s’est engagé :

– une augmentation générale nette du salaire fixe de 1.500 DH pour les cadres infirmiers et techniciens de santé, ainsi que les assistants infirmiers et les infirmiers préparateurs, via l’indemnisation sur les risques professionnels. Cette augmentation permettra ainsi aux concernés d’atteindre un salaire de 7.776 DH par mois pour le premier grade et de 8.000 DH pour le 3e grade, contre un salaire actuel de 6.276 DH ;

– une augmentation générale nette du salaire fixe de 1.200 DH au profit des professionnels de santé. Il s’agit des catégories suivantes : assistants administratifs et assistants techniques, techniciens de transport et d’urgence, assistants de médecine dentaire, assistants de soins, administrateurs et ingénieurs ;

– l’amélioration des conditions de promotion au profit des techniciens de santé ;

– la création d’un nouveau grade pour toutes les catégories de santé à partir de 2026. Cette mesure permettra aux infirmiers d’atteindre un salaire de plus de 19.000 DH en fin de parcours, contre 14.242 DH actuellement ;

– la réalisation de concours professionnels internes selon les besoins du secteur et les compétences dans le secteur de la santé ;

– les indemnisations seront calculées en prenant en considération les gardes obligatoires et les astreintes notamment, tout en les augmentant avec l’entrée en vigueur du décret fixant les horaires de travail dans les groupements territoriaux de santé, avec l’engagement de la publication d’une circulaire centrale dans ce sens vers fin janvier 2024 ;

– des indemnisations spécifiques au programme de santé mobile, et sur le travail dans les commissions de santé provinciales notamment ;

– une indemnisation au profit des professionnels de santé sur les fonctions d’encadrement des étudiants en médecine et en pharmacie, en médecine dentaire ainsi que les étudiants des Instituts supérieurs des professions infirmiers et techniques de santé, et les stagiaires des instituts de formation professionnelle dans le secteur de la santé ;

– étudier les fonctions des lauréats de l’Ecole nationale de santé publique, pour la mise en place d’indemnisations spécifiques. La commission qui sera chargée de cette étude démarrera son travail vers début février 2024 ;

– la création d’un cadre de santé supérieur au profit des infirmiers et techniciens de santé dans le cadre de l’instauration du système LMD dans le secteur de la santé, avec la mise en place d’indemnisations sur les fonctions, dont les montants seront fixés sur la base des travaux d’une commission qui débuteront en février 2024 ;

– la résolution de la problématique des risques professionnels pour les enseignants-chercheurs fonctionnaires du ministère de la Santé, en application du décret 2.99.649 relatif à la protection et l’indemnisation de certaines catégories des fonctionnaires de la santé contre les risques professionnels ;

– étudier et réviser la valeur des indemnisations sur la responsabilité ;

– étudier l’unification du système de retraite de toutes les catégories du secteur de la santé dans la Caisse marocaine de retraite, et ce à travers un dialogue central qui sera entamé en 2024.

Préservation des acquis et garanties

Le ministère de la Santé s’est également engagé à préserver tous les droits et acquis des professionnels de santé dans le public, et l’ajout de nouveaux acquis à travers notamment la préparation et l’opérationnalisation des textes d’application des lois entrant dans le cadre de la réforme. Il s’agit notamment de la gestion de leur parcours professionnel, leur situation administrative, et l’intégration de ces garanties dans ces textes d’application.

Outre ces garanties, le ministère s’est aussi engagé à :

– verser les salaires des professionnels de la santé directement du Budget général de l’Etat, avec des postes budgétaires fixes ;

– garder le même système de sanctions, qui sera amélioré par les textes d’application des lois de la réforme ;

– permettre aux professionnels de profiter de toutes les autorisations administratives pour des raisons de santé, notamment l’autorisation d’accouchement, d’allaitement, et parentale…

– préparer un projet de décret relatif à la mobilité des professionnels de santé, dans une approche participative avec les syndicats ;

– maintenir les concours pour les recrutements ;

– permettre aux fonctionnaires de la direction centrale du ministère de profiter des mêmes droits et acquis de ceux exerçant dans les groupements territoriaux de santé ;

– mettre en place une indemnisation spéciale sur les fonctions réalisées par les étudiants des Instituts supérieurs des professions infirmiers et techniques de santé au sein des groupements sanitaires territoriaux ;

– poursuivre le débat autour des autres revendications.

Le point qui reste ainsi en suspens est celui de la date d’entrée en vigueur des augmentations et celle de la création d’un nouveau grade. Pour le premier point, les syndicats exigent le mois de janvier 2024. Pour le second, ils exigent une opérationnalisation en 2025.

Selon le SNS-CDT et le Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, ces deux revendications ont été transmises au chef du gouvernement, qui tranchera.

Ce dossier n’est donc pas encore clos. En attendant la réponse d’Akhannouch, la majorité des syndicats ont décidé de suspendre leurs programmes de protestation.

 

Procès-verbal de la réunion tenue entre le ministère de la Santé et le Syndicat national de santé relevant de la CDT.

Communiqué du Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé.

Les médecins libéraux et les pharmaciens contestent la hausse de l’IS et le prélèvement à la source

Dans un communiqué conjoint, la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), le Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL) et la Fédération des syndicats des médecins dentistes du Maroc rejettent deux dispositions fiscales contenues dans le PLF 2023.

Hausse de l’IS pour les sociétés dont le bénéfice annuel net est inférieur à 300.000 DH

La première est relative à une hausse de l’Impôt sur les sociétés (IS) à 20% pour les sociétés réalisant un bénéfice annuel net de moins de 300.000 DH. Elle concerne aussi bien les médecins libéraux que les pharmaciens d’officine.

Joint par nos soins, le Dr Ahmed Benboujida, président du SNMSL, nous précise qu’avant, « l’IS était fixé à 10% pour les sociétés réalisant un chiffre d’affaires annuel net inférieur ou égale à 300.000 DH, à 20% pour ceux dont le bénéfice annuel net est compris entre 300.001 DH et 1 million de DH, et à 31% pour ceux dépassant 1 MDH de bénéfice annuel net. A présent, l’IS a été augmenté à 20% pour la première catégorie », ce qui risque d’aggraver la situation de certains petits cabinets, qui sont déjà fragiles.

« Cette mesure concerne également les pharmaciens d’officine », indique le Dr Mohamed Lahbabi, président du CSPM. « On trouve qu’elle n’est pas du tout équitable, dans la mesure où le gouvernement est en train d’appauvrir la classe moyenne et d’enrichir les riches, ce qu’on trouve anormal », déplore-t-il.

En effet, l’unification progressive de l’IS est l’une des dispositions du PLF 2023. Comme indiqué par Médias24 dans un article précédent, la révision des taux actuels de l’IS vise à atteindre dans quatre ans les taux cibles suivants :

Retenue à la source pour les gestes dans les cliniques

Le second point évoqué par le communiqué a trait à la retenue à la source, en sus de cette mesure d’augmentation de l’IS. Cette mesure ne concerne que les médecins du secteur libéral.

D’après le Dr Benboujida, « le PLF 2023 pose problème aux médecins libéraux, en particulier aux cabinets ».

Et d’expliquer : « Les médecins du secteur libéral effectuent également des gestes au niveau des cliniques. Ce nouveau PLF impose aux cliniques de retenir 20% sur la prestation, chose que les médecins refusent. »

« Nous sommes soumis à une taxe professionnelle et à un impôt sur le revenu. C’est donc au médecin de déclarer son bénéfice et de s’occuper de la déclaration de la retenue à la source. »

« Notre syndicat s’est réuni dimanche dernier pour discuter ce PLF avec un commissaire aux comptes et nous estimons que pour encourager les médecins à rester au Maroc, et ceux qui sont partis à retourner au Maroc, afin de pallier le déficit en termes de ressources humaines, nous devons avoir une fiscalité adaptée à la réalité. 80% des cabinets médicaux ne réalisent pas de gros chiffres dans le Royaume. »

« Un cabinet médical, de manière générale, a beaucoup de charges, en plus des cotisations pour l’assurance maladie, et celles pour la retraite qui suivront. »

« Dans la conjoncture actuelle, marquée par la hausse du coût de la vie, de telles mesures doivent d’abord être discutées avec les différents syndicats des secteurs concernés, pour trouver des solutions où toutes les parties sont satisfaites », conclut-il en ajoutant que « ce que nous demandons, c’est que le gouvernement nous écoute ».