Capital-investissement : « La dynamique marocaine actuelle, c’est du jamais vu » (Hatim Ben Ahmed)

Le Maroc ambitionne de faire du capital-investissement un levier stratégique de financement des entreprises à l’horizon 2030. Mais pour que l’ambition devienne réalité, encore faut-il que les conditions soient réunies, au-delà des intentions. Stabilité macroéconomique, profondeur du marché, outils réglementaires, mobilisation de capitaux : autant de sujets abordés lors du premier panel de la conférence annuelle de l’AMIC tenue le vendredi 30 mai, dans une séquence de regards croisés sur les conditions concrètes de développement de l’écosystème marocain.

Un nouveau cycle pour le capital-investissement au Maroc

Hatim Ben Ahmed, Managing Partner de Mediterrania Capital Partners, estime que la dynamique actuelle de levée de capitaux marque un tournant pour l’industrie. « Ce qu’on vit aujourd’hui en matière de levée de fonds, c’est du jamais vu sur le continent africain. C’est totalement disruptif, notamment par l’ampleur des montants mobilisés ».

Avec près de 20 MMDH attendus sur deux ans via l’initiative du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, auxquels s’ajoutent entre 1 et 3 MMDH provenant d’autres véhicules régionaux, le secteur du private equity marocain entre dans une nouvelle dimension. « On parle de 10 milliards de DH par an, alors que notre objectif initial à horizon 2030 était fixé à 6 MMDH. La question, maintenant, c’est comment rendre ce rythme soutenable dans la durée ».

« Il ne faut pas que ce soit une impulsion ponctuelle, mais un changement de fond. On doit viser une relation structurée, stable dans la durée, entre investisseurs et sociétés de gestion ».

Parmi les leviers à activer : l’ouverture vers d’autres classes d’actifs. « À l’avenir, on verra de plus en plus de sociétés de gestion marocaines devenir multi-assets. Pour maintenir le lien avec les institutionnels, il faudra pouvoir proposer régulièrement des produits complémentaires, sans sortir de l’univers du non coté ».

Également, le recours croissant au co-investissement. « Aujourd’hui, il devient rare de voir un deal important structuré sans co-investissement. C’est une tendance lourde qui s’installe aussi au Maroc. Ça permet à l’investisseur de déployer davantage de capital, à moindre coût, tout en renforçant la relation avec le gestionnaire ».

Enfin, la structure du marché a évolué. « La plupart des opérateurs historiques sont passés à des tickets supérieurs à 100 MDH. Ce mouvement a laissé un vide sur la tranche 50–100 millions, qui est en train d’être comblé grâce à l’effet d’entraînement du Fonds Mohammed VI. D’ici 2026, cette classe d’actifs sera à nouveau bien servie ».

Compétitivité du marché : les verrous à faire sauter

Alors même que le capital-investissement connaît une dynamique inédite, plusieurs freins structurels identifiés dans l’étude « Le capital-investissement au Maroc à l’horizon 2030 – Feuille de route pour un changement d’échelle », continuent de peser sur la compétitivité du marché marocain. Hassan Laaziri, président de l’AMIC, en commente les principaux points de tension.

Parmi elles, la TVA appliquée aux frais de gestion reste un point de blocage majeur. « On est l’un des rares pays au monde à appliquer une TVA sur les frais de gestion, sans possibilité pour les fonds de la récupérer. C’est un impact direct sur le rendement, et donc sur la capacité d’investissement ».

Cette situation contraste avec les pratiques observées dans des juridictions comme le Luxembourg, Maurice ou Malte, où ce type de taxe n’existe tout simplement pas. « Même en France, il n’y a pas de TVA sur les frais de gestion. Alors qu’on veut attirer des fonds à se domicilier au Maroc, cette distorsion pose un vrai problème ».

L’absence d’instruments juridiques modernes permettant de structurer des mécanismes d’intéressement pour les dirigeants. « Dans une SA, on se retrouve avec trois outils : le capital, les obligations simples et les obligations convertibles. Dès qu’on veut aller plus loin, il faut tout écrire dans des pactes d’actionnaires, sans force de loi. On travaille avec des moyens limités, alors que le marché exige de la souplesse. C’est comme demander à un ébéniste de faire un meuble avec juste une scie et un tournevis ».

Le problème s’étend aussi au venture capital, avec l’exclusion des SAIF (Simple Agreements for Future Equity) du périmètre d’investissement des OPCC. Pourtant, ces contrats sont devenus le standard mondial dans les phases d’amorçage.

« Aujourd’hui, toutes les transactions VC se font via des SAIF. Si les futurs fonds sélectionnés dans le cadre de l’appel à projets du Fonds Mohammed VI ne peuvent pas les utiliser, ils seront désavantagés ».

Pourquoi le capital-investissement international regarde de plus en plus vers le Maroc ?

Le Maroc commence à se démarquer comme une destination à part entière pour les grands investisseurs internationaux, notamment dans le paysage africain. Nicholas Vickery, responsable mondial des fonds de private equity à l’IFC, en donne une lecture claire. « Dans notre portefeuille, l’Afrique représente environ 40% de nos investissements en fonds, et le Maroc émerge aujourd’hui comme l’une des places les plus attractives ».

Trois facteurs principaux expliquent cet intérêt croissant. Le premier tient à la stabilité macroéconomique du pays, en particulier sur le volet monétaire. « La question du taux de change est une vraie douleur sur le continent. Quand on investit en dollars ou en euros, on veut un rendement supérieur à la dévaluation. Le Maroc, de ce point de vue, est un atout ».

Le deuxième levier est la profondeur du marché des sorties, souvent perçue comme une faiblesse sur le continent. « Le rythme des exits reste lent dans plusieurs pays africains. Mais au Maroc, la Bourse de Casablanca joue pleinement son rôle, avec des opérations bien valorisées. C’est l’une des places les plus actives après l’Afrique du Sud ».

Troisième atout, et non des moindres : l’accès au financement bancaire. « Dans de nombreux pays, le coût du crédit est trop élevé pour soutenir efficacement les entreprises. Ce n’est pas le cas ici. Les sociétés que nous finançons au Maroc trouvent des conditions bancaires abordables, ce qui améliore clairement la performance globale ».

À ce jour, dix fonds de l’IFC ont investi au Maroc, avec une exposition à une cinquantaine de sociétés. Les résultats parlent d’eux-mêmes. « Le multiple moyen des sorties est autour de deux fois, ce qui reflète une bonne dynamique de création de valeur. Et surtout, on voit un nombre croissant de fonds régionaux qui cherchent à entrer sur le marché marocain. Cela crée un effet d’entraînement très positif ».

Mediterrania Capital Partners vise un milliard de dirhams d’investissements au Maroc en 2025 (Hatim Ben Ahmed)

Acteur panafricain du capital-investissement, Mediterrania Capital Partners cible des entreprises mid-market à fort potentiel de croissance. Son quatrième fonds est déployé sur l’ensemble du continent africain, avec un tropisme fort pour l’Afrique du Nord, en particulier le Maroc et l’Égypte, ainsi que pour l’Afrique subsaharienne francophone. Le Maroc constitue aujourd’hui le pays le plus important dans la stratégie du fonds, représentant à lui seul 50% de ses engagements actuels et futurs.

Médias24 s’est entretenu avec Hatim Ben Ahmed, Managing Partner et cofondateur de Mediterrania Capital Partners, pour faire le point sur les opérations en cours, les secteurs visés et la stratégie du fonds sur le moyen terme.

Médias24 : Quelle enveloppe avez-vous levée jusqu’à présent, et combien de projets ont déjà été engagés ?

Hatim Ben Ahmed : Aujourd’hui, chez Mediterrania Capital Partners, nous avons levé depuis notre création un peu plus d’un milliard de dollars auprès de nos investisseurs pour investir sur le continent africain.

Nous travaillons actuellement avec le dernier-né de nos véhicules, Mediterrania Capital IV, doté d’environ 400 millions de dollars, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 200 millions de dollars en co-investissements pour accompagner certaines opérations.

Ce fonds IV compte aujourd’hui quatre participations sur le continent, dont deux au Maroc : Cash Plus et Laprophan. Une troisième opération est en cours de closing, également au Maroc, dans le secteur des dispositifs médicaux, à travers Dislog Dispositifs Médicaux.

Nos fonds précédents sont soit totalement liquidés, soit en phase de cession, comme c’est le cas du fonds Mediterrania Capital III, dont nous avons récemment annoncé les sorties d’Akdital, de Dislog, et d’un certain nombre d’autres actifs du portefeuille. Cela nous permet de finaliser le cycle d’investissement du fonds précédent.

– Est-ce que vous définissez chaque année une enveloppe cible à mobiliser ? Concrètement, quelle est la capacité de déploiement prévue pour l’année 2025 ? Et combien avez-vous déjà engagé ?

– Non, nous ne fixons pas d’enveloppe annuelle prédéfinie. Nous disposons d’un fonds à déployer sur une période donnée. Pour le fonds Mediterrania Capital IV, cette période d’investissement a commencé à mi-2023 et se poursuit jusqu’à mi-2027.

Le rythme de déploiement dépend avant tout des opportunités. Il n’y a donc pas de règle fixe. Cela dit, pour l’année 2025, nous avons déjà engagé 400 MDH dans l’opération Dislog Dispositifs Médicaux.

Et nous estimons pouvoir mobiliser entre 400 MDH et 600 MDH supplémentaires dans le cadre d’un deuxième projet au Maroc, actuellement en cours de finalisation.

Nous devrions déployer environ un milliard de DH au Maroc en 2025, sur au moins deux opérations

En parallèle, nous avançons aussi sur d’autres investissements à l’étranger, notamment en Côte d’Ivoire et en Égypte, avec des montants similaires.

– Quels types d’entreprises ciblez-vous, et dans quels secteurs souhaitez-vous investir en priorité ?

– Notre stratégie s’articule autour du segment Mid-Market, c’est-à-dire des entreprises de taille significative mais pas géante. Pour le Maroc, il s’agit d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires de l’ordre d’un milliard de dirhams ou plus, avec une caractéristique forte : le dirigeant ou propriétaire porte une vision stratégique ambitieuse, avec une volonté claire de faire de son entreprise un leader régional ou continental.

C’est dans ce cadre que nous intervenons, avec des tickets d’investissement de l’ordre de 400 MDH à 500 MDH par opération en moyenne.

Sur le plan sectoriel, nous investissons sans restriction sectorielle : nous regardons tous les secteurs, mais nous avons identifié trois verticales prioritaires pour les prochaines années. La première, c’est la santé, sur l’ensemble de la chaîne de valeur. C’est un secteur que nous connaissons bien chez MCP, dans lequel nous avons déjà eu du succès, et nous pensons que le potentiel reste important pour les dix prochaines années, au Maroc comme sur le reste du continent.

La deuxième verticale est celle des services financiers. C’est un secteur qui recèle beaucoup d’opportunités, notamment dans le contexte actuel de digitalisation des processus. Nous comptons l’explorer de manière très active.

Enfin, le troisième secteur que nous ciblons est celui de la consommation, et plus précisément les produits de grande consommation (FMCG), avec une attention particulière à l’émergence de marques propres. Sur ce segment aussi, nous nous ferons accompagner.

Nous avons actuellement une à deux opérations en préparation au Maroc, dans l’un de ces trois secteurs, avec des concrétisations attendues dans les douze prochains mois

Aujourd’hui, dans le portefeuille du fonds Mediterrania Capital IV, nous accompagnons Cash Plus et Laprophan au Maroc, ainsi que Dislog Dispositifs Médicaux, dont l’entrée au capital est en cours de finalisation. Nous avons également investi dans le leader du packaging plastique en Égypte, et d’autres opérations sont en cours en dehors du Maroc.

– Est-ce MCP qui identifie les opportunités, ou ce sont les entreprises qui viennent vers vous ?

– En réalité, les deux arrivent, on échange régulièrement avec beaucoup d’entrepreneurs marocains sur leurs projets de croissance et, avec le temps, les choses peuvent se cristalliser en un projet mutuel.

Il peut aussi arriver que certaines entreprises viennent vers nous par le biais de leurs conseils, notamment des banques d’affaires, qui nous proposent de participer à un projet d’ouverture de capital déjà mûri en interne. On se retrouve donc très souvent dans l’un ou l’autre cas de figure.

– Dans quels cas avez-vous recours au co-investissement, et pouvez-vous nous citer des exemples concrets où cette approche a été utilisée ?

– Oui, tout à fait. Nous pouvons investir des montants de 100 millions d’euros et plus grâce au co-investissement, un montage très courant dans notre secteur.

Certains de nos investisseurs souhaitent participer directement aux opérations, mais ne disposent pas des équipes pour les structurer. De notre côté, quand une opération nécessite un ticket important, et que nous ne voulons pas engager une part trop élevée de notre fonds, nous leur proposons de co-investir à nos côtés.

La mécanique est simple. Nous structurons l’opération, nous investissons ensemble, et nous sortons dans les mêmes conditions. Cela nous permet de rester dans des proportions raisonnables par rapport à la taille du fonds tout en conservant le lead, ce que nous faisons systématiquement chez Mediterrania Capital Partners.

Nous avons utilisé ce montage en Égypte sur des tickets supérieurs à 100 millions de dollars, et plus récemment sur Laprophan dans une opération de 75 millions de dollars avec plusieurs co-investisseurs. C’était aussi le cas pour Cash Plus avec un ticket de 600 MDH, où nous étions accompagnés notamment du FSI et de FMO.

– Parlez-nous de votre investissement de 400 MDH dans Dislog Dispositifs Médicaux.

– C’est un projet dont nous sommes assez fiers, car nous avons contribué à le co-construire avec le groupe Dislog, en parallèle de ses activités principales.

À nos yeux, le secteur des dispositifs médicaux au Maroc est encore récent, très fragmenté et dominé par de nombreux petits acteurs. Or, avec l’évolution technologique, l’augmentation des besoins d’investissement et le coût d’accès à ces technologies, nous pensons qu’une phase de consolidation est inévitable. Il faut créer des acteurs nationaux solides, capables de faire face à la concurrence internationale, tout en apportant de la valeur au marché local.

L’objectif est de bâtir une plateforme industrielle capable d’offrir les meilleures technologies au meilleur prix, avec un service après-vente de qualité, pour répondre aux besoins de tout l’écosystème de soins : hôpitaux publics et privés, fondations, cabinets médicaux, laboratoires biologiques, etc. Cela nécessite des moyens importants, une vision claire et une vraie structuration.

Dislog avait déjà entamé une incursion dans ce secteur. Avec notre arrivée et celle de CDG Invest Growth, nous pensons pouvoir donner à cette plateforme les moyens de devenir un champion national, avec une équipe de management forte, capable de servir le marché marocain et, à terme, de rayonner sur le continent africain. C’est vraiment l’ambition que nous portons à travers ce projet.

– Parlez-nous également de votre participation au capital de Laprophan aux côtés d’acteurs publics internationaux.

– Nous avons investi au capital de Laprophan parce que nous estimons que c’est l’entreprise pharmaceutique au Maroc qui présente le plus fort potentiel de croissance dans son secteur. Et les deux premières années d’accompagnement ont confirmé cette conviction, notamment à travers l’acquisition d’Amanis Pharma à Rabat.

Nous sommes très satisfaits de ce que nous réalisons aujourd’hui aux côtés de la direction générale de Laprophan. Cet investissement a été réalisé via notre fonds Mediterrania Capital IV, aux côtés de plusieurs institutions internationales, qui sont également des investisseurs dans ce fonds.

Il s’agit notamment de Proparco, de la DEG (Allemagne) et de la FMO (Pays-Bas), qui nous ont proposé de co-investir à nos côtés pour accompagner cette belle aventure industrielle marocaine.

– Comment déterminez-vous la voie de sortie la plus appropriée pour une participation ? Quels sont les critères qui vous orientent vers une IPO, une cession industrielle ou une vente sur le marché ?

– En réalité, cela dépend de l’entreprise, de l’opération, du contexte économique et de l’étape à laquelle se trouve le projet. Il y a beaucoup de variables.

Cela étant, on essaie en général d’avoir une idée dès l’entrée. Il y a des cas où tous les actionnaires sont alignés, dès le début, sur une cession à un industriel au bout de quelques années. Dans ce cas, la stratégie est claire, et les autres options ne sont pas envisagées. À l’inverse, certains actionnaires souhaitent rester au capital, ce qui oriente plutôt vers une IPO ou une cession secondaire à la fin de notre période d’investissement.

Mais il faut rester lucide : entre ce qui est prévu au départ et ce qui se passe à la sortie, il peut y avoir des écarts. Les situations évoluent, les opportunités aussi.

Pour nous, la clé, c’est la flexibilité. Être à l’écoute, ne pas s’enfermer dans un scénario unique, et saisir les bonnes opportunités quand elles se présentent. C’est ce qui fait la différence.

Akdital. La sortie de Mediterrania Capital Partners absorbée sans impact sur le titre

Cinq ans après son entrée au capital d’Akdital, Mediterrania Capital Partners (MCP) vient de finaliser sa sortie complète du groupe, soldant ainsi un partenariat stratégique qui aura profondément marqué la trajectoire de l’opérateur privé de santé.

En 2020, Akdital avait ouvert 20% de son capital à MCP pour accompagner son ambition d’expansion. À travers cette opération, le groupe visait à accélérer le déploiement de ses infrastructures médicales, au moment où il comptait 15 établissements en activité.

La sortie de Mediterrania Capital Partners est intervenue le 22 avril 2025. Selon la déclaration publiée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), le fonds MCIII Al Razi Ltd a procédé à la cession de l’intégralité des 9,4% de parts qu’il détenait encore dans Akdital. L’opération a porté sur 733.290 actions, échangées sur le marché central au prix moyen pondéré de 1.326,24 DH par titre. Le montant exact de la transaction n’a pas été communiqué.

Cette sortie complète s’inscrit dans la continuité du désengagement amorcé trois ans plus tôt, en décembre 2022, lorsque MCP avait déjà cédé une première partie de sa participation à l’occasion de l’introduction en bourse d’Akdital sur le marché de Casablanca. La transaction d’avril 2025 marque ainsi la finalisation du cycle d’investissement engagé par MCP depuis 2020.

Cette opération de désengagement s’est accompagnée de la réalisation d’une plus-value significative pour MCP. Bien que le montant exact de l’investissement initial et le rendement financier généré n’aient pas été divulgués, MCP évoque des résultats « exceptionnels« , à la fois sur le plan financier et sur celui de l’impact social.

Ce succès valide la stratégie d’investissement du fonds MCIII, qui consistait à accompagner des entreprises en forte croissance dans des secteurs essentiels comme la santé, en contribuant à leur transformation et à leur structuration avant de procéder à une sortie progressive et ordonnée.

Interrogé sur cette opération, Hatim Ben Ahmed, cofondateur et managing partner de Mediterrania Capital Partners, explique que « nous étions arrivés au bout du cycle d’investissement et avons donc pris la décision de céder notre participation sur le marché boursier ».

« Nous sommes très reconnaissants envers l’équipe dirigeante d’Akdital pour le travail qu’elle a accompli au cours de ces cinq dernières années. Devenir leader du secteur privé de la santé et transformer le paysage médical au Maroc est un accomplissement majeur. Nous y avons modestement contribué, mais le mérite revient avant tout au management d’Akdital et à son président, Rochdi Talib, dont nous avons eu le privilège d’accompagner la vision ».

Au-delà de cette sortie, Mediterrania Capital Partners confirme son engagement durable dans le secteur de la santé. « Chez MCP, nous continuons à être extrêmement présents dans le secteur de la santé. Nous sommes actionnaires de Laprophan, un acteur de référence dans les produits pharmaceutiques au Maroc, et nous nous apprêtons à accompagner le projet Dislog Dispositifs médicaux, qui est en train de devenir un leader des équipements et des consommables médicaux ».

« La santé restera un secteur que nous suivrons avec beaucoup d’attention, car nous croyons profondément à son rôle dans le développement économique et social », conclut-il.

Quel impact sur le titre en bourse ?

La sortie de Mediterrania Capital Partners n’a pas perturbé le parcours boursier d’Akdital. La cession des 9,4% du capital détenus par le fonds a été absorbée de manière fluide sur le marché central, sans provoquer de pression notable sur le cours, qui s’est maintenu autour de ses niveaux habituels.

« Akdital dispose de fondamentaux solides, avec une trajectoire de croissance claire et une forte visibilité sur ses résultats futurs », souligne un analyste de marché. « Le groupe vient d’ailleurs de présenter une feuille de route ambitieuse pour 2025-2030, visant à porter son réseau à 62 établissements au Maroc, à créer 200 centres de diagnostic intelligents pour rapprocher les soins spécialisés des territoires, et à s’implanter dans plusieurs grandes villes du Golfe. Ce plan stratégique renforce l’attractivité du titre en consolidant ses perspectives de croissance à long terme ».

Sur le plan boursier, la stabilité récente du cours confirme la confiance des investisseurs. Lors de la séance du 28 avril 2025, Akdital a clôturé à 1.410 DH, un niveau quasiment inchangé par rapport aux séances précédentes. Le titre a évolué dans une fourchette étroite entre 1.408 DH et 1.420 DH, traduisant une absence de volatilité anormale malgré l’augmentation du flottant.

« Le flottant d’Akdital s’est désormais accru à près de 48% du capital, améliorant la liquidité du titre et son accessibilité pour les investisseurs institutionnels ».

Les actions cédées ont été majoritairement absorbées par des OPCVM actions et diversifiés, sensibles à la combinaison entre croissance soutenue, développement territorial et solidité financière.

TGCC : désengagement de Mediterrania Capital confirmé au profit d’investisseurs locaux

Le fonds Meditarrania Capital, présent dans le capital de TGCC, a effectué sa sortie, nous confirme une source autorisée.

Il s’agit d’une sortie naturelle après une période d’investissement de six années, ce qui est la norme d’un cycle d’investissement de ce genre.

Le fonds a participé à renforcer les fondamentaux et la gouvernance du groupe, jusqu’à l’emmener à l’IPO en décembre 2021.

Le fonds détenait jusqu’à la semaine dernière un total de 7,26% du capital et l’a désormais cédé sur le marché à de nombreux investisseurs locaux durant plusieurs séances.

Cette session devrait accroître le flottant en bourse. Notons que la capitalisation boursière du groupe frôle désormais les 10 MMDH à l’heure où ces lignes sont écrites, et que le titre enregistre une croissance de près de 70% en YTD.

Mediterrania Capital Partners compte investir 300 millions de dollars sur le marché

Selon le journal Al Sharq, Mediterrania Capital Partners a montré un intérêt croissant pour le Maroc, ayant investi dans le capital de cinq sociétés au cours des cinq dernières années, pour un investissement total de près de 250 millions de dollars, y compris deux entreprises cotées en bourse, TGCC dans le secteur de la construction, et Akdital, le plus grand opérateur d’hôpitaux privés du Royaume.

Concernant les critères d’investissement, la société de capital-investissement a reçu plusieurs demandes d’investissement dans diverses entreprises marocaines, « mais cette démarche n’est entreprise que si plusieurs conditions sont remplies, notamment le modèle d’affaires adopté, sa flexibilité, la qualité de l’équipe de gestion, la croissance du marché et le projet de développement proposé », explique Hatem Ben Ahmed.

L’entrée des sociétés d’investissement dans le capital des entreprises peut mener à une introduction en bourse. Bien que celle-ci ne soit pas une condition préalable à l’investissement, envisager cette possibilité est important car elle permet une sortie ultérieure lorsque les conditions sont favorables, souligne Hatem Ben Ahmed.

La société de capital-investissement Mediterrania Capital Partners, qui se concentre sur l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, s’intéresse à l’investissement dans les petites et moyennes entreprises, et gère actuellement environ 740 millions d’euros d’actifs depuis sa création en 2013. Son siège principal est situé à Malte, avec des bureaux à Casablanca, Le Caire, Abidjan, Maurice et Barcelone.

Rajaa Berrkia, directrice du développement durable chez Mediterrania Capital

Rajaa Berrkia a rejoint Mediterrania Capital Partners en tant qu’analyste en 2009. Deux ans plus tard, elle a été promue au rôle d’associate, chargée d’analyser les opportunités d’investissements, accompagner les opérations d’acquisitions-cessions et veiller à suivre la rentabilité des entreprises du portefeuille.

En 2016, Rajaa a été promue au poste de directrice des opérations chargée de coordonner l’ensemble des opérations internes de la société de gestion et des fonds sous gestion ainsi que d’assurer la bonne application des procédures au sein des filiales de la société de gestion.

« En tant que directrice du développement durable, Rajaa se chargera de piloter, superviser, contrôler et représenter la stratégie de développement durable Mediterrania Capital Partners. Elle s’attachera à faire progresser les aspects environnementaux, éthiques, sociaux et de gouvernance à tous les niveaux de la structure et des sociétés en portefeuille pour promouvoir des entreprises plus résilientes, plus innovantes, plus respectueuses de l’environnement et qui ont un impact social plus important. » précise mardi 3 mars un communiqué de l’entreprise. 

Pour rappel, Mediterrania Capital Partners est une société de capital-investissement dédiée aux petites et moyennes entreprises en Afrique du nord et en Afrique subsaharienne. L’entreprise détient des bureaux à Abidjan, Alger, Barcelone, Casablanca, Le Caire, Tunis et Malte.

Amnistie des changes: les banques se préparent

Le GPBM se prépare à la mise en place des opérations prévues par l'amnistie sur les avoirs et biens détenus illégalement a l'étranger, introduite par la Loi de Finances 2014.
Au cours d'une réunion tenue par le ministre des Finances, il a été convenu d'accorder la plus grande importance a la confidentialité des opérations. Un guichet spécial unique sera créé par chaque banque et les opérations seront effectuées sur une application dédiée, a révélé Mohamed Boussaïd, ministre de l'Economie et des Finances au cours d'une rencontre avec la presse tenue mercredi matin a Rabat.
Les souscripteurs seront considérés et traités par les banques comme s'il s'agit de comptes dits sensibles.
Le directeur général de l'Office des changes, Jaouad Hamri, a annoncé au cours de la même rencontre que la circulaire de l'Office sera diffusée fin janvier.