Élections 2026. Le PAM intègre des « jokers » à sa direction et décrète la mobilisation générale

Samedi dernier à Salé, les membres du Conseil national du PAM ont eu droit à une grande surprise : la réintégration au bureau politique de Hicham El Mhajri, député de Chichaoua, dont les missions partisanes avaient été gelées en novembre 2022. À cette époque, où il était également président de la commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants, il avait été sanctionné par son parti pour avoir critiqué l’action du gouvernement, en séance plénière, lors des discussions autour du PLF de 2023.

Débarqué du bureau politique, il avait démissionné de la présidence de la commission de l’Intérieur et disparu dans la nature pendant deux ans.

Son retour constitue-t-il une véritable surprise ? « Pas vraiment, et on sentait que le moment approchait où il allait reprendre sa place à la direction et prendre part à la bataille électorale de 2026 », répond un membre du Conseil national du PAM.

Notre interlocuteur explique que le retour du célèbre député de Chichaoua s’inscrit dans le cadre d’un travail de réconciliation avec les mécontents qui avaient claqué la porte ou avaient été exclus sous la direction de Abdellatif Ouahbi.

« À l’exception de ceux qui font ou qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour de graves délits », précise notre source.

El Mhajri et El Bitar, superstars et électrons libres

Selon nos sources, ce travail de réconciliation est mené par la direction collégiale dont les trois membres (El Mansouri, Bensaid et Saâdi) ont d’ailleurs rencontré Hicham El Mhajri vendredi dernier dans la ville ocre, en marge d’une grande réunion des élus, des présidents des conseils et des responsables locaux de la région Marrakech-Safi.

Ancien responsable provincial du PAM à Chichaoua, Hicham El Mhajri est aussi une superstar dans sa circonscription et dans sa région. Cet entrepreneur de 45 ans est connu pour sa proximité avec ses électeurs. Et surtout pour son franc-parler. Très sensible aux questions sociétales (santé, enseignement et emploi), il ne prend pas de gants pour dire ce qu’il pense. D’ailleurs, après l’annonce de son retour au bureau politique du parti, il a déclaré qu’il allait continuer à s’exprimer en toute liberté.

El Mhajri et El Bitar en compagnie de la direction collégiale du PAM.

Lors du scrutin législatif du 8 septembre 2021, la liste Hicham El Mhajri à Chichaoua avait remporté 51.689 voix, un record national. « Le PAM a besoin de lui au niveau régional et au niveau national », affirme une source en interne.

Adil El Bitar, député de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, rejoint la direction du PAM pour la première fois. Ce jeune notaire, qui siège à la Chambre des représentants pour un deuxième mandat, a aussi une solide expérience comme conseiller régional à Casablanca-Settat. Connu également pour son franc-parler – les habitués de l’Hémicycle se souviennent sûrement de ses vifs échanges avec les députés du PJD –, il aime la précision et son discours va toujours à l’essentiel, comme la minute d’un notaire.

Son parti compte sur lui pour redresser l’organisation du PAM dans la région Casablanca-Settat qui bat de l’aile depuis que plusieurs figures de premier ordre ont été éclaboussées par des scandales ou écartées par le parti à l’instar de Salaheddine Aboulghali.

Mobilisation générale pour 2026

La mobilisation générale a été le maître-mot des PAMistes lors de leur rencontre samedi dernier. Il s’agit avant tout de restructurer les sections locales et régionales et de redynamiser l’organisation de la jeunesse pour les échéances de 2026. Lors de cette rencontre, Mehdi Bensaid, membre de la direction collégiale, a insisté sur la nécessaire cohésion des partis de la majorité. « La cohésion ne peut pas gommer l’existence de divergences dans les visions et les positions, et c’est plutôt un phénomène sain », a affirmé le dirigeant du PAM.

Mehdi Bensaid a appelé toutefois à se mobiliser pour les intérêts supérieurs du Maroc et des Marocains. « Nos véritables responsabilités et souci sont avant tout et en dernier lieu la patrie et le Maroc du Mondial, et non pas le gouvernement du Mondial », a-t-il affirmé dans ce qui ressemble à une allusion à la course des partis de la majorité à la première place du podium en 2026.

https://medias24.com/2025/05/20/scrutin-de-2026-comment-le-pam-se-prepare-pour-la-campagne-electorale-m-bensaid/

Scrutin de 2026 : comment le PAM se prépare pour la campagne électorale (M. Bensaid)

« Contrairement aux spéculations qui ont suivi la convocation d’un conseil national, ce rendez-vous semestriel ne sera pas l’occasion de faire une annonce sur un changement de direction », a tenu à corriger le membre de la direction collégiale du PAM en ajoutant qu’il s’inscrit dans l’agenda normal du « parlement du parti » qui prévoit une première réunion au mois de novembre et une deuxième en mai.

La direction actuelle du parti ne changera pas

Mehdi Bensaid explique que la tenue du conseil national permettra en réalité de discuter des préparatifs de l’échéance électorale de 2026.

L’incompréhension sur le timing de sa convocation s’expliquerait, selon notre interlocuteur, par un des ordres du jour du Conseil national qui prévoit de discuter de l’initiative partisane (Mubadara Hizbiya) destinée à soutenir et renforcer la langue amazighe au sein des instances internes du parti.

Pour mettre fin aux spéculations autour d’un changement au sein de la direction collégiale du PAM, Mehdi Bensaid tient à rappeler que, quand cela avait été le cas avec Salaheddine Aboulghali, le parti avait organisé une conférence de presse pour expliquer la situation.

« Le prochain Conseil national portera sur les problématiques électorales »

« En réalité, la prochaine réunion du Conseil national aura pour vocation de préparer notre approche politique du futur programme électoral. Ce programme est destiné à parer aux problématiques diverses auxquelles sont actuellement confrontés nos concitoyens », estime notre interlocuteur en nous invitant cependant à être patients, car son contenu ne sera connu qu’au premier trimestre 2026.

Tout en soulignant la nécessité de commencer à préparer les échéances électorales, Mehdi Bensaid relativise. Il ajoute ainsi qu’il est trop tôt pour avoir une véritable visibilité en termes de propositions de projets réalistes au regard des probables évolutions d’ici l’année prochaine au niveau international.

« Passer à la vitesse supérieure en avril 2026 avec un discours de vérité »

Le dirigeant du PAM avance que si la tenue du scrutin législatif a lieu en septembre 2026, les choses sérieuses commenceraient vraiment au mois de mars ou au plus tard en avril 2026.

« Durant la campagne électorale, la vraie intelligence politique consistera à mettre en avant les avancées obtenues dans le cadre de notre participation au gouvernement avant de présenter à nos concitoyens ce que notre parti peut apporter de plus s’il obtient la majorité des voix », explique le ministre.

Pour lui, seul le langage de vérité prime et il ne pourra pas y avoir de victoire aux urnes pour le Parti Authenticité et modernité si ce dernier choisit de s’attaquer à ses partenaires d’hier.

 « Le PAM assumera ses responsabilités pour pouvoir diriger le gouvernement du Mondial »

Mehdi Bensaid confirme son ambition de voir le PAM diriger le gouvernement du mondial. Il affirme aussi que cela ne remet pas en cause les réalisations de l’actuel gouvernement et qu’il n’y aurait par conséquent aucune attaque ad hominem contre ses alliés du RNI et du parti de l’Istiqlal.

Pour espérer remporter les prochaines élections législatives, Mehdi Bensaid estime que le PAM devra avant tout convaincre les électeurs avec des réponses concrètes à leurs préoccupations, plutôt que de rejeter la responsabilité des difficultés actuelles sur ses partenaires de coalition.

Quelles alliances pour 2026 ?

Au-delà de la stratégie électorale, une question se pose : la coalition actuelle avec le RNI et le Parti de l’Istiqlal sera-t-elle reconduite après le scrutin ?

Dans l’hypothèse où le PAM sortirait en tête des législatives et serait en position de diriger la future majorité, Mehdi Bensaïd juge prématuré de se prononcer sur les alliances à venir.

« Avant de se prononcer sur les alliances qui pourront être mises en œuvre, il faudra nécessairement attendre que le contenu des programmes électoraux de tous les partis politiques soient rendus publics à partir du mois de mars 2026 », explique le dirigeant en laissant entendre que les rapprochements partisans ne pourront se faire que sur la base de propositions programmatiques communes.

« Notre programme sera centré sur les leviers de développement inexploités »

Notre interlocuteur nous confie que la structure du programme du parti est « plus ou moins posée ». Son contenu détaillé dépendra aussi des évolutions de la santé de l’économie mondiale et de ses impacts sur le Maroc.

Sur l’absence de résultats gouvernementaux décriée par nombre de citoyens, qui n’incitent pas à l’optimisme pour une reconduction de la coalition actuelle, le ministre tient à relativiser. Il assure que le Maroc est bien mieux loti que plusieurs pays d’Europe en termes de réservoirs de croissance.

Il évoque les réussites des industries automobile et aéronautique et pense que le Maroc dispose de plusieurs leviers de développement dans le département ministériel qu’il dirige, à l’instar des futurs écosystèmes du gaming et du cinéma qui incitent à l’optimisme avec un potentiel énorme en termes de parts de marché à prendre.

« Le Conseil national de mai permettra de jeter les premiers jalons programmatiques »

« S’il est vrai que l’automobile et l’aviation ne pourront pas éternellement créer de l’emploi, il y a cependant lieu d’être optimiste, car il y a de nombreuses niches à développer dans d’autres secteurs où il y a des écosystèmes à mettre en place », confie le dirigeant en ajoutant que le Conseil national qui aura lieu à la fin du mois courant sera l’occasion d’étudier les premiers jalons programmatiques d’une feuille de route exposant la vision globale du PAM pour les prochaines échéances électorales.

Et de conclure que le second Conseil national de l’année, qui se tiendra en novembre, permettra d’y voir plus clair avec une deuxième feuille de route comportant des éléments beaucoup plus précis.

Cinéma. Les tournages étrangers s’acheminent vers 2 milliards de DH en 2025

« La dynamique de croissance des investissements liés aux tournages de films étrangers s’inscrit en réalité dans notre volonté de construire un écosystème cinématographique qui fera du Maroc une destination incontournable de la production internationale à l’horizon 2035 », nous explique le ministre de tutelle Mehdi Bensaid en ajoutant que le chiffre d’affaires du secteur ne cesse d’augmenter depuis son arrivée à la tête du ministère en octobre 2021.

2 MMDH de chiffres d’affaires en 2025

À l’image du tourisme qui avait connu une baisse importante de la fréquentation des marchés internationaux lors de la crise sanitaire de 2020 avant de rebondir à partir de 2022, le nombre de tournages étrangers n’a cessé d’augmenter avec des recettes en devises en très forte croissance après deux années de quasi-paralysie du secteur.

Optimiste sur les perspectives financières de 2025, Mehdi Bensaid prédit que l’année en cours, marquée par une multiplication des productions étrangères désireuses de tourner au Maroc, devrait s’achever avec un chiffre d’affaires d’au-moins 2 MMDH, soit 30% de hausse par rapport à 2024.

Tout en se réjouissant de cette évolution, notre interlocuteur révèle que son département, qui a pour priorité d’augmenter le nombre de jours de tournage dans des régions comme Ouarzazate, n’exclut pas de détaxer les salaires des acteurs étrangers, qui représentent 20% à 30% du budget d’un film.

En dehors de cette disposition pécuniaire à l’étude qui permettra d’encourager les boîtes de production étrangères et les grandes stars bankables à tourner au Maroc, le ministre estime primordial de créer de nouveaux services liés à la post-production dans des studios fermés.

Maîtriser toutes les étapes de conception d’un film

« Si la variété de nos décors naturels attire depuis toujours les cinéastes étrangers, nous souhaitons monter en gamme en termes de technicité avec des services liés aux nouvelles technologies pour qu’ils n’aient plus besoin d’aller en Europe ou aux États-Unis pour boucler le montage de leurs films », explique Mehdi Bensaid. Pour le ministre de la Culture, le Maroc doit devenir, dans la décennie à venir, une destination qui, en dehors du classique volet de tournage de films, maîtrisera l’ensemble de la chaîne de conception.

Pour cela, il estime nécessaire de multiplier les formations de 2 à 3 ans de nouveaux métiers encore inexistants ou émergents, et de développer des partenariats avec des experts étrangers pour initier les jeunes Marocains à la maîtrise d’outils liés aux nouvelles technologies.

En d’autres termes, au lieu de se borner à un produit cinématographique semi-fini, voire brut, la terre de cinéma qu’est le Maroc se doit de construire un écosystème qui proposera l’ensemble des savoir-faire nécessaires à la confection d’un film, du tournage au montage final avant sa projection en salle.

Se distinguer à l’international avec un savoir-faire concurrentiel

Citant l’industrie du gaming qui attire un nombre croissant d’étudiants au Maroc, le ministre affirme que ce domaine voisin de celui des effets spéciaux doit être développé dans le cadre de formations communes en cinéma, qui sont en train d’être mises en œuvre par son département ministériel.

« Contrairement aux autres écosystèmes industriels qui dépendent étroitement du matériel de production, celui du cinéma est surtout lié à l’expertise humaine et, donc, à la qualité des formations qui est au cœur de notre politique de développement », insiste Mehdi Bensaid pour qui, plus il y aura de savoir-faire concurrentiel au niveau du coût, plus les investisseurs répondront présent au Maroc.

Réaliser le même chiffre d’affaires que l’écosystème automobile

Et d’ajouter qu’un nombre croissant de boîtes américaines de gaming, qui travaillent avec des studios de production cinématographiques comme Marvel pour la saga Star Wars, veulent investir au Maroc.

« En mettant en place des partenariats avec les investisseurs qui vont nous permettre de gagner de l’expertise, nous allons optimiser l’offre marocaine avec de nouveaux métiers, et développer par conséquent le taux d’intégration de l’écosystème », annonce Mehdi Bensaid. Cette politique va générer selon lui une dynamique économique positive pour l’État en termes de créations d’emplois et de récolte d’impôts, qui fera du Maroc, à moyen terme, un véritable poids lourd mondial de l’industrie cinématographique.

Tout en estimant possible d’atteindre un chiffre d’affaires de 3 MMDH à la fin de son mandat en 2026, le ministre vise beaucoup plus loin en avançant que la pose actuelle des fondements de l’écosystème cinématographique devrait ouvrir la voie, à l’horizon 2035, à un volume de recettes au moins égal à celui de l’industrie automobile, qui a généré plus de 100 MMDH en 2024.

Loi 33-22 sur la protection du patrimoine : Points de désaccord de 3 acteurs culturels et explications de Bensaid

Après des décennies de vide juridique, le ministère de la Culture a initié le projet de loi 33-22 pour protéger le patrimoine matériel et immatériel national contre les tentatives d’usurpation, d’appropriation ou d’exportation illégale. Son examen actuel à la chambre des Conseillers a suscité des critiques du président de la fédération des industries culturelles et créatives, Fihr Kettani, de son vice-président, Younes Boumehdi, et du marchand d’art Hicham Daoudi auxquelles répond l’initiateur du texte, le ministre de tutelle Mehdi Bensaid.

« Un projet de loi unanimement salué par la profession »

L’ensemble des acteurs culturels sollicités par Médias24 saluent la pertinence du texte déposé au Parlement qui est considéré comme une grande avancée au regard de l’importance du patrimoine national matériel et immatériel, et de la place que le Maroc veut lui accorder dans ses objectifs de développement durable.

C’est le cas de Fihr Kettani qui préside la Fédération des industries culturelles et créatives et de son vice-président Younes Boumehdi pour qui ce texte permettra d’unifier les différents patrimoines dans un cadre juridique commun en proposant un registre national, des plans de gestion et des commissions spécialisées qui feront bénéficier chaque catégorie de patrimoine d’un régime de protection adapté.

Dans la même tonalité, le plus grand marchand d’art du Maroc qui a fondé la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art pense que cette initiative législative s’imposait face à la compétition croissante du marché de l’art et à la nécessité de préserver le patrimoine.

Une démarche salutaire qui tombe à pic pour classifier tous les types de patrimoines et les préserver, comme tout ce qui concerne la restauration du patrimoine immobilier, tient à saluer Hicham Daoudi, qui parle d’une grande avancée notamment pour le secteur de l’art.

« La composition et le rôle de la commission de classement doivent être clarifiés »

Tout en reconnaissant que son contenu est « presque parfait », le directeur général de la CMOOA précise cependant qu’il est nécessaire d’expliciter la composition des membres de la commission chargée de classer les œuvres d’art détenues par des particuliers comme des tableaux, sculptures ou antiquités qui doivent être restaurées, vendues ou exportées.

« En cas de volonté d’un particulier ou d’une galerie d’art de vendre ou d’exporter une oeuvre, le texte prévoit que l’État a le droit de la préempter mais quel est le degré de connaissance de la part des membres de cette commission de classement ? », s’interroge Hicham Daoudi en ajoutant que l’article 25 permet à cette commission de retirer la propriété au détenteur en l’expropriant ou en l’empêchant de la vendre sur la scène internationale.

Cette commission doit, selon lui, être indépendante du ministère de la Culture avec des ressources humaines expertes sans parti pris, et un droit de recours doit être instauré pour contester, le cas échéant, le verdict de cette commission si cette dernière décide que l’œuvre en question est rare et doit être interdite de vente ou d’exportation.

Une fois classée, l’œuvre verra en effet sa mobilité limitée et ce blocage qui pourra durer plusieurs mois si l’État n’a pas les moyens de l’acheter, aura pour effet de décourager les éventuels acquéreurs.

Tout aussi réservé, le président de la FICC Fihr Kettani avance que l’efficacité de cette commission dépendra des ajustements et des clarifications du rôle des acteurs privés, propriétaires et entreprises qui détiennent ou exploitent une partie significative du patrimoine.

Et d’ajouter que leurs droits et obligations doivent nécessairement être encadrés et assortis d’incitations fiscales lorsqu’ils entreprennent des travaux de restauration.

« 98% du contenu du texte est soutenu par l’ensemble de la profession »

Prenant en considération les inquiétudes des professionnels, le ministre de la Culture tient d’abord a préciser que 98% du contenu du texte a été soutenu par l’ensemble de la profession qui l’attend depuis 2003.

Après quoi, Mehdi Bensaid déclare qu’en l’absence d’experts reconnus, il convient d’être patient jusqu’au moment où les premières promotions d’experts seront opérationnelles.

« Nous avons en effet mis en place des formations à l’institut national des beaux-arts pour avoir des spécialistes reconnus par tous les professionnels et les tribunaux, mais cela n’empêchera pas cette commission de comporter des experts qui pourront trancher pour classer une œuvre », précise Mehdi Bensaid en ajoutant que ces commissions conjointes feront appel à des compétences issues d’une association, en cours de création, des galeristes mais aussi des professionnels qui travaillent pour la fondation nationale des musées.

« Une criminalisation qui va paralyser le marché de l’art »

De son côté, le vice-président de la fédération craint également la judiciarisation du projet de loi 33-22 qui prévoit des amendes et des peines de prison pour les auteurs d’infraction comme les collectionneurs, les artistes, les particuliers, les entreprises et les galeristes.

« Les articles 117, 118, 119 et 121 donnent en effet un pouvoir excessif aux inspecteurs du ministère pour constater des infractions ce qui amène une insécurité juridique pour la profession, mais aussi pour les simples particuliers », estime Younes Boumehdi en rappelant qu’un voisin d’un bâtiment classé qui de bonne foi et sans être informé de la loi procède à des travaux qui mettent en danger le mur mitoyen, sera frappé d’une amende de 20.000 DH.

Même amende pour l’habitant d’un bâtiment classé qui ne fait pas de travaux ou pour le détenteur d’un tableau classé au patrimoine qui le vendrait ou l’exporterait sans autorisation.

Face à cette criminalisation prévue par le texte, notre interlocuteur avance que les propriétaires d’une œuvre d’art ne vont pas le déclarer à l’avenir en préférant la cacher et qu’il n’y aura par conséquent plus de mécanisme de préservation.

Soulignant un risque de paralysie du marché lié au découragement des acteurs, le vice-président insiste sur le fait que la mobilité d’une œuvre est essentielle, sachant que la valeur de grands artistes comme Cherkaoui ou Gharbaoui se fait sur les marchés internationaux.

Même lecture pour le président de la FICC Fihr Kettani qui considère que les sanctions prévues doivent être revues pour distinguer clairement les atteintes intentionnelles des erreurs de bonne foi.

« Introduire des amendes progressives et des obligations de remise en état serait souvent plus pertinent que des peines d’emprisonnement systématiques », plaide le galeriste Fihr Kettani qui estime nécessaire de mettre en cohérence le projet de loi 33-22 avec les autres textes législatifs, comme ceux de l’urbanisme ou du statut de l’artiste, tout autant essentiels.

« Des compromis seront trouvés avec la profession »

Face aux craintes de criminalisation excessive, le ministre se veut, encore une fois rassurant en partant du principe que le patrimoine doit être protégé et que des garde-fous doivent par conséquent être prévus et instaurés par la loi pour éviter certaines situations irrémédiables.

« Je ne partage pas l’excuse d’une erreur de bonne foi car nul n’est censé ignorer la loi y compris quand cela concerne notre patrimoine », conclut Mehdi Bensaid en précisant que si l’objectif n’est pas de punir pour punir, l’examen du texte à la 2ème chambre permettra de trouver des compromis avec l’ensemble de la profession avant l’adoption définitive du texte.

Festival du Livre de Paris 2025 : Mehdi Bensaid inaugure le pavillon du Maroc, invité d’honneur

L’inauguration du pavillon national s’est déroulée en présence de la ministre française de la Culture, Rachida Dati, et de la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, ainsi que d’autres personnalités marocaines et françaises, dont André Azoulay, conseiller du Roi, l’ambassadeur du Maroc en France Samira Sitail, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’UNESCO, Samir Addahre, ou encore le président du groupe d’amitié interparlementaire France-Maroc du Sénat, Christian Cambon.

Plusieurs auteurs marocains et français ont également été présents à l’inauguration du pavillon marocain qui accueille une quarantaine de maisons d’édition dans le cadre d’une programmation spéciale « Lettres du Maroc » riche de 46 événements mettant en lumière la diversité de la production littéraire marocaine.

Conçue comme « une véritable immersion dans la diversité de la scène littéraire et artistique » du Maroc, cette programmation dense comprend 28 rencontres sur l’espace conférences, 16 panels sur des thématiques littéraires et sociétales, 10 présentations de livres, 2 performances artistiques (slam et théâtre), ainsi qu’un panel international sur le « Destin atlantique France-Maroc« , en rapport avec la thématique de cette année « la mer ».

Au menu figurent également la projection d’un documentaire sur « Le caftan marocain : un voyage à travers les mains de ses artisans« , des activités jeunesse avec 15 ateliers (tissage créatif, zellige, quizz) et un conte musical (Le voyage de Pois Chiche).

S’y ajoutent trois rencontres rendant hommage à des figures emblématiques de la littérature marocaine : Driss Chraïbi, Edmond Amran El Maleh et Mohamed Khair-Eddine.

La place des femmes dans la littérature sera également mise en avant à travers plusieurs rencontres avec des autrices majeures du Maroc.

(Avec MAP)

Festival du livre de Paris : les détails de la programmation dédiée au Maroc, invité d’honneur

Le Maroc, qui aura un pavillon de 330 m², installé sous la coupole du Grand Palais au cœur de la Ville Lumière, sera représenté par une pléiade d’auteurs et de maisons d’édition qui reflètent la richesse et le dynamisme de la littérature marocaine.

Conçu comme « une invitation au voyage et à la découverte, à l’image du Maroc, carrefour culturel entre tradition et modernité », le pavillon marocain s’inspirera de la mer, symbole du riche patrimoine maritime du pays et de son engagement vers un avenir durable et innovant.

Ses visiteurs auront ainsi l’occasion de rencontrer des écrivains marocains de renom, d’assister à des tables rondes sur les ponts entre la littérature, l’histoire et la société, ainsi que des discussions sur la francophonie et la transmission des traditions orales dans l’écriture contemporaine.

Pour les organisateurs du festival, le paysage éditorial marocain est en pleine effervescence, porté par des maisons d’édition dynamiques qui jouent un rôle essentiel dans la valorisation de la littérature marocaine en publiant des œuvres en arabe, en amazigh, en français et en anglais, tout en contribuant à faire rayonner les voix marocaines à l’international.

Une quarantaine de maisons d’édition seront ainsi représentées au pavillon du Maroc, conçu comme un espace immersif célébrant la richesse et la diversité de ses écrivains.

Des auteurs emblématiques et des nouvelles voix y seront mis en avant, reflétant une identité multiple et une histoire riche, où se croisent différentes influences culturelles et linguistiques. Des hommages seront également rendus à des auteurs qui ont marqué de leur empreinte la littérature et la pensée marocaine, notamment Edmond Amran El Maleh ou Driss Chraibi.

Le pavillon marocain se décline en cinq espaces thématiques, chacun offrant une expérience unique : « l’Espace de l’Histoire maritime« , qui offre une plongée fascinante dans le passé maritime du Maroc, mettant en lumière son héritage atlantique et méditerranéen à travers des documents, des cartes anciennes et des récits de navigateurs.

« L’Espace Hiwar« , qui sera dédié aux rencontres et à l’échange entre éditeurs, auteurs et le public, l’espace « Dédicaces« , « l’Espace Jeunesse » qui est un univers coloré et interactif pensé pour les jeunes lecteurs, avec des contes, des ateliers ludiques et des rencontres avec des auteurs jeunesse, afin de transmettre le goût de la lecture et du récit ; puis un espace « Éditeurs et Librairie » qui se veut un lieu de découverte et d’échange reflétant la diversité et la vitalité de la littérature marocaine, où les visiteurs pourront parcourir une sélection d’ouvrages, rencontrer des éditeurs et acquérir des livres.

Jeunesse et participation politique : le PAM lance l’initiative « Jeel 2030 »

La cérémonie de lancement s’est tenue au Théâtre Mohammed V à Rabat, en présence de Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collective du secrétariat général du PAM, ainsi que des membres de la direction, Mohamed Mehdi Bensaid et Fatima Saadi. Plusieurs membres du Bureau politique et de la jeunesse du parti ont également pris part à l’événement.

À travers cette initiative, le parti ambitionne de mettre en place des programmes et des politiques permettant de renforcer la participation des jeunes à la prise de décision et de favoriser leur intégration dans les dynamiques de transformation du pays.

Dans une déclaration à la presse, Mohamed Mehdi Bensaid a souligné que cette initiative vise « à s’ouvrir aux jeunes et à les écouter à l’ère du numérique, afin d’établir un dialogue efficace qui porte leur voix auprès des acteurs politiques ». Il a également insisté sur la nécessité de « remédier au désintérêt des jeunes pour la politique », un enjeu que le parti cherche à adresser à travers ce projet.

De son côté, Younes Sekkouri, membre du Bureau politique du PAM, a mis en avant l’importance d’investir dans la jeunesse pour façonner une pensée politique vivante et en phase avec les défis et chantiers gouvernementaux à venir. Il a ajouté que « le saut qualitatif attendu à l’horizon du Mondial 2030, tel que tracé par le Roi Mohammed VI, nécessite une génération qui porte cette ambition royale ».

Dans son intervention, Hicham Airoud, membre du Bureau politique du PAM, a souligné la volonté du parti d’appuyer les initiatives portées par la jeunesse et les projets innovants visant à améliorer les conditions sociales et économiques des jeunes Marocains. Il a également insisté sur l’importance de promouvoir la conscience politique et la pensée critique au sein des nouvelles générations afin de les encourager à jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques publiques.

À travers cette initiative, le PAM cherche ainsi à consolider son positionnement en tant qu’acteur engagé dans la formation et l’accompagnement des jeunes, dans une dynamique qui s’inscrit dans la préparation des prochaines échéances électorales.

Mehdi Bensaid installe les membres de la Commission du fonds d’aide à la production cinématographique

Présidée par Amine Nassour, la Commission compte parmi ses membres Bissane Khairat, Karim Douichi, Bouchra Mazih, Mohamed Essaoudi, Fouad Challa, Wijdane Khalid, Sidi Mohamed El Idrissi ainsi que Chanaz El Akrichi, représentante du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication – département de la Communication –, Abdellah Sadik, représentant du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication – département de la Culture – et Khadija Feddi, représentante du CCM, indique un communiqué du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication.

Selon la même source, cette rencontre a été l’occasion pour M. Bensaid de passer en revue les efforts déployés par son département, en collaboration avec le CCM, afin de promouvoir et de développer l’industrie cinématographique nationale pour qu’elle soit au diapason des aspirations.

Et de poursuivre que ces efforts consistent à œuvrer, selon une approche participative associant les organisations professionnelles de l’industrie cinématographique et les différentes parties prenantes du secteur, à la mise en œuvre des dispositions de la loi n°18.23 relative à l’industrie cinématographique et portant réorganisation du CCM, qui entrera en vigueur le 1ᵉʳ octobre prochain, ainsi qu’au renforcement de la présence du cinéma marocain à l’étranger, dans le but d’explorer de nouvelles opportunités de financement et de promotion du film marocain à l’échelle internationale.

Instaurer un modèle économique autonome

L’enjeu est de donner corps à une nouvelle vision basée sur l’encouragement de l’investissement national et sur l’ouverture à l’expertise étrangère en la matière, tant en termes de pratique professionnelle que de soutien à la coproduction, nationale ou internationale, tout en veillant à garantir un climat de travail favorable aux techniciens marocains et étrangers, a relevé le ministre.

L’objectif, a enchaîné M. Bensaid, est d’instaurer un modèle économique autonome à même de générer des opportunités d’emploi et de contribuer au développement socioéconomique du Royaume.

Par ailleurs, le ministre a souligné que la finalité de la mise en place du dispositif de soutien public est d’améliorer la qualité de la production nationale et des mécanismes de rayonnement international du cinéma marocain, dans le cadre de la valorisation de la culture, de la civilisation et de l’identité marocaine, riche de ses multiples affluents, en plus de s’ouvrir à de nouveaux marchés pour la distribution du film marocain, notamment en Asie et dans les pays où est établie la diaspora marocaine.

Il a, à cet égard, tenu à remercier le président et les membres de la Commission pour avoir accepté d’assumer cette responsabilité et de s’engager dans le chantier de la promotion du cinéma marocain.

Prochaine classification de films interdits aux -18 ans : vers la fin de la censure du CCM ?

« Une des nouvelles mesures de la réforme cinématographique qui aboutira en avril prochain permettra de diffuser des films comportant des scènes très violentes ou portant sur des thématiques adultes qui seront par conséquent désormais réservés à des spectateurs matures de plus de 18 ans », nous révèle le ministre, pour qui cette disposition a un double objectif, à savoir d’être plus ouvert en termes de création artistique tout en avertissant le public concerné des risques éventuels de leur contenu.

 « Une 3ᵉ classification pour avertir le public sur les œuvres violentes ou heurtant sa sensibilité morale »

Cette interdiction aux spectateurs de moins de 18 ans s’ajoutera à celles qui obligent déjà les exploitants à restreindre la diffusion des films comportant des éléments potentiellement perturbants ou trop complexes pour les enfants âgés de moins de 12 ans ou alors avec des contenus explicites en termes de violence ou de sexualité pour les moins de 16 ans.

Sur la nature des films qui seront concernés par cette nouveauté, Mehdi Bensaid estime dans un premier temps que la disposition en question ciblera surtout les thématiques de guerre ou d’horreur où l’ultra-violence prévaut avant de convenir que cette classification concernera également celles comportant des scènes de nudité ou de sexe.

À la question de savoir si le thriller érotique « Babygirl », mettant en scène Nicole Kidman, récemment programmé par tous les exploitants marocains de salles avant de se voir refuser son visa d’exploitation, pourrait à l’avenir être projeté avec cette classification, le ministre a affirmé que ce n’était pas son rôle de se prononcer, mais à l’organisme en charge de trancher .

En d’autres termes, le centre cinématographique reste la seule autorité à statuer sur la légalité de la diffusion d’un film après son visionnage par une commission d’experts qui peut décider de couper certaines scènes, voire de refuser de lui octroyer un visa d’exploitation, préalable nécessaire à sa diffusion dans les salles du Maroc.

« Une disposition qui évitera de couper certaines scènes. »

Visiblement satisfaites de ce décret qui manquait à l’arsenal juridique encadrant la diffusion de certaines œuvres cinématographiques, deux sources internes du CCM, requérant l’anonymat, nous ont déclaré qu’il permettra en théorie de lutter contre la censure habituelle de certaines scènes comme de simples baisers.

Et d’ajouter qu’en dehors des valeurs fondamentales communément admises (monarchie, religion, intégrité territoriale) par tous les Marocains qui ne peuvent être remises en cause dans un film, la nouvelle disposition devrait « logiquement » permettre d’éviter de couper à tort et à travers un film à la thématique polémique.

La fin des interdictions : oui mais…

A la question de savoir si elle mettra fin à des interdictions comme celle du film Zin Li Fik, réalisé par Nabil Ayouch, qui avait opposé les partisans de la liberté et ceux qui l’avaient jugé attentatoire aux valeurs marocaines, nos interlocuteurs attendent de voir venir en précisant que « la commission de visionnage du CCM a toujours eu jusqu’ici des réflexes bien ancrés  en termes de coupes ».

Se voulant prudentes voire dubitatives, nos sources attendent son entrée en vigueur avant d’être fixées sur la nature de son application et surtout son degré d’ouverture dans un monde où la démocratisation d’Internet permet de voir des contenus choquants pour un public non averti.

« Sachant que l’intention louable est de mettre en garde les spectateurs intéressés par un contenu potentiellement choquant pour ne pas avoir à censurer ou refuser l’octroi d’un visa d’exploitation, nous devrions être fixés dès qu’un autre film comme Babygirl sera programmé », prévoient nos interlocuteurs pour qui cela se fera progressivement.

Optimistes mais réalistes face à un conservatisme bien ancré, ils espèrent que des instructions explicites d’ouverture seront données par le ministre de tutelle pour mettre fin à la bien-pensance persistante de la commission de visionnage.

Une excellente nouvelle pour les exploitants de salles

Sollicités dans le même temps, plusieurs exploitants de salles de cinéma ont exprimé leur grande satisfaction face à l’instauration de cette mesure attendue depuis des années par la profession pour élargir leur public, mais aussi pour équilibrer la liberté d’expression artistique et la protection du public.

Si l’un de nos interlocuteurs n’a pas hésité à la qualifier de « véritable révolution qui mettra fin à des décennies de contrôle pesant et de censure parfois injustifiée », Jamal Mahyaoui, en charge de la communication du groupe Mégarama, s’est également réjoui de « cette excellente nouvelle » pour l’ensemble de la profession.

« Tout en protégeant les mineurs d’une exposition prématurée à des contenus inappropriés pour leur âge, cette mesure permettra de diversifier notre programmation et donc notre offre de films », avance le directeur de la communication du plus grand exploitant de salles au Maroc, en ajoutant que cette protection devrait renforcer la liberté de choix culturel et in fine élargir le volume des spectateurs avertis.

S’il ne nous appartient pas de juger de sa pertinence, tous nos interlocuteurs s’accordent à dire qu’elle aura au moins le mérite d’ouvrir le débat sur la liberté d’expression cinématographique dans une actualité où s’entrechoquent de nombreuses discussions liées à la réforme de la Moudawana ainsi qu’à celle portée par le ministère de la Justice sur les libertés individuelles et collectives…

« La réforme législative de l’industrie cinématographique et du CCM entrera en vigueur en avril » (M. Bensaid)

« La réforme législative de l’industrie cinématographique et du fonctionnement du CCM est en voie de finalisation », nous révèle le ministre de tutelle à l’origine du projet de loi 18-23 qui a été adopté par les deux chambres du Parlement, en ajoutant que la nomination d’un nouveau directeur du CCM interviendra juste après la publication du décret d’application.

Une dernière réunion avec les professionnels

Après plusieurs réunions entre le ministre, les parlementaires et les professionnels, le CCM a rencontré les producteurs, réalisateurs, acteurs, techniciens… pour recueillir leurs propositions avant de les transmettre à Mehdi Bensaid qui se réunira une dernière fois avec eux pour enrichir le texte adopté avec des décrets d’application qui expliciteront plusieurs points relatifs à chaque métier.

Ainsi, les prochaines étapes juridiques et institutionnelles consisteront à relire ensemble leur contenu puis à valider ces projets de décret avant de les envoyer au Secrétariat général du gouvernement (SGG).

Selon le ministre, le processus sera, au plus tard, totalement bouclé au mois d’avril prochain et les changements apportés par la loi désormais adoptée pourront être mis en pratique après la publication de ces décrets qui régiront le nouveau système d’autorisations de tournage, d’avances sur recettes…

Professionnaliser le secteur pour le rendre plus rentable

« Sachant que le cinéma marocain se développe en termes de nombre de spectateurs et de nouvelles salles, nous souhaitons le professionnaliser et le rendre rentable afin d’être plus crédibles face au ministère des Finances qui alloue au CCM les avances sur recettes », précise Mehdi Bensaid pour qui il est essentiel d’améliorer la rentabilité locale et internationale des films marocains.

Pour cela, l’accompagnement des jeunes cinéastes et le soutien à l’écriture seront renforcés et le versement des aides financières pourra être différé pendant plusieurs années pour les scénarios bancals qui nécessitent d’être améliorés en termes qualitatifs.

Citant le succès de la série télévisée Bnat Lalla Menana qui a nécessité deux ans d’écriture, le ministre affirme que le soutien public va continuer, mais avec une stratégie à moyen terme pour améliorer d’ici 3 ans la qualité des films qui leur permettra d’être rentables à l’image de la comédie autofinancée Ikhwan qui a engrangé 17 MDH de recettes avec un investissement de 7 MDH.

Augmenter l’enveloppe globale des avances sur recettes

L’objectif étant de crédibiliser le secteur auprès du bailleur de fonds (ministère des Finances) en faisant passer à terme à au moins 40 ou 50% le niveau de retour sur recettes qui ne dépasse pas les 10%, voire beaucoup moins pour la grande majorité des films qui bénéficient de l’avance sur recettes.

En effet, si la plupart des productions arrivant à se classer au box-office national sont autoproduites sans aide publique, toutes les autres sont des films d’auteur qui dépendent des avances sur recettes.

Avec des films lucratifs qui généreront une meilleure rentabilité dans les salles de cinéma, le ministère des Finances sera en mesure d’augmenter sensiblement l’enveloppe globale de l’avance sur recettes qui stagne à 65 millions de dirhams depuis plusieurs années.

Sur la nomination du nouveau directeur du CCM qui tarde depuis 2021, le ministre estime que le processus de sélection devrait aboutir en avril prochain juste après l’entrée effective en vigueur de la loi relative à l’industrie cinématographique et portant réorganisation du Centre cinématographique.

Rachida Dati annonce la création d’une Alliance française à Laâyoune

« Nous souhaitons que cette Alliance devienne un centre de ressources et un lieu phare de la coopération culturelle entre la France et le Maroc », a souligné Mme Dati, à l’issue d’une rencontre dédiée à la présentation du projet de l’alliance.

Mme Dati, qui a été accompagnée du ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, en présence de l’ambassadeur français au Maroc, Christophe Lecourtier, et des gouverneurs des provinces de Tarfaya et de Boujdour, ainsi que d’élus et d’acteurs associatifs et culturels, a également noté que cette Alliance française, qui profitera aux enfants, étudiants, enseignants et formateurs au niveau de la région, se veut une ouverture sur les différentes activités culturelles, notamment l’apprentissage de la langue, les échanges d’artistes et les parcours éducatifs.

« Nous allons aussi encourager une offre culturelle française et des cours de langue de qualité, en soutenant l’ouverture de cette Alliance française à Laâyoune », a-t-elle enchainé, faisant observer qu’il s’agit d’un projet particulièrement « ambitieux et symbolique ».

Mme Dati a indiqué que ce genre de projets culturels s’inscrit dans le cadre d’une coopération concrète de la France avec le Maroc et dans le cadre de la mise en œuvre des engagements pris dans le domaine de la culture par le président français Emmanuel Macron, à l’occasion de sa visite d’État au Maroc à l’invitation du Roi Mohammed VI, effectuée en octobre 2024.

« Notre coopération culturelle dans cette région reflète un engagement fort de la France », a-t-elle assuré, ajoutant que des accords de coopération dans les domaines des médias, du patrimoine, du cinéma, et des industries culturelles et créatives, entre autres, vont être concrétisés au bénéfice direct des populations.

Par ailleurs, elle s’est dite très impressionnée par les efforts déployés par le Maroc en faveur du développement économique et social de cette région, ainsi que de la qualité des infrastructures dans la région de Laâyoune-Sakia Al Hamra, qui traduit l’ambition et la vision éclairée du Roi pour le développement des provinces du Sud.

En outre, elle a rappelé que la France a organisé un sommet international sur l’intelligence artificielle qui a connu un grand succès, se disant très impressionnée de rencontrer, lors de cet évènement, des jeunes entrepreneurs marocains dans ce domaine.

« Ces talents marocains représentent un atout pour la France et nous souhaitons qu’il y ait davantage d’échanges, notamment à travers l’octroi des visas pour les jeunes artistes afin de promouvoir la diversité culturelle et renforcer les échanges artistiques », a-t-elle poursuivi.

Dans ce cadre, elle s’est dite fière de la forte communauté estudiantine marocaine en France, notant qu’elle constitue une valeur ajoutée et un véritable apport de la part du Maroc en faveur du renforcement de la coopération culturelle avec la France.

Pour sa part, M. Bensaid a souligné que cette visite est la première du genre d’un ministre français dans les provinces du Sud, notant qu’elle illustre la profondeur historique des relations franco-marocaines dans leur dimension culturelle.

M. Bensaid a également relevé que les industries culturelles sont un investissement dans le développement humain, ainsi que dans de nouveaux métiers, notant que la population des provinces du Sud, notamment les jeunes, va bénéficier de l’industrie culturelle.

Plus tôt dans la journée, Mme Dati et M. Bensaid ont visité la grande médiathèque Mohammed VI de Laâyoune, un haut lieu de la culture considéré comme l’un des plus importants du pays.

Dans la province de Tarfaya, les deux responsables ont visité la kasbah de Tarfaya et le site « Casa del Mar », une forteresse construite en 1882 sur ordre de l’explorateur écossais Donald Mackenzie et qui fera l’objet de travaux de restauration.

Par la suite, ils se sont rendus au musée Saint-Exupéry (1900-1944), en hommage à l’écrivain-aviateur français qui a marqué l’histoire de cette région et avait séjourné dans cette maison transformée en musée et visitée par des touristes du monde entier.

Rachida Dati au Maroc du 16 au 18 février, le programme de la visite

La visite de Rachida Dati fait suite à la visite d’État du Président Macron au Maroc, au cours de laquelle deux accords spécifiques au domaine culturel avaient été signés : une nouvelle feuille de route bilatérale ainsi qu’une lettre d’intention sur le jeu vidéo. Le déplacement de Rachida Dati « viendra poser les premiers jalons de la mise en œuvre des engagements pris entre les acteurs culturels français et marocains ».

La ministre sera accompagnée d’une délégation de plusieurs opérateurs du ministère de la Culture français – Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), Bibliothèque nationale de France (BNF), Institut national de l’audiovisuel (INA), Institut français (IF), Centre des Monuments nationaux (CMN), Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Au programme, la signature de plusieurs conventions bilatérales dans les domaines du cinéma, du gaming, des archives et du patrimoine.

Un déplacement dans les villes de Tarfaya, Laâyoune et de Dakhla est également programmé en présence du ministre marocain, Mehdi Bensaid. Ils y rencontreront différents acteurs culturels, associatifs et éducatifs que la France souhaite accompagner dans leurs projets.