À Abidjan, la CGEM et la CGECI explorent de nouvelles pistes de coopération

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et celle de Côte d’Ivoire (CGECI) ont tenu, le 13 mai 2025 à Abidjan, un Forum économique en marge de l’Africa CEO Forum. L’initiative a rassemblé des chefs d’entreprise ivoiriens et marocains opérant dans divers secteurs tels que l’industrie, les services financiers, les technologies de l’information ou encore les énergies renouvelables.

Dans son discours d’ouverture, Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a salué la qualité des relations économiques entre les deux pays, marquées par une progression continue des échanges commerciaux. Il a mis en avant le fort potentiel de complémentarité entre les deux économies et la nécessité de bâtir de nouveaux partenariats innovants, ancrés dans la durabilité.

« Nous devons conjuguer nos efforts autour de pôles d’innovation, de villes intelligentes, de technologies vertes, d’intelligence artificielle et de cybersécurité », a-t-il affirmé. Il a également souligné l’atout que représente la jeunesse qualifiée des deux nations pour relever ces défis communs.

M. Tazi a par ailleurs évoqué les retombées économiques que pourrait générer la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc avec l’Espagne et le Portugal. Il y voit une occasion stratégique d’accélérer les co-investissements dans les infrastructures, le tourisme, l’économie sportive, les services numériques et la mobilité verte.

Ce Forum économique s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération Sud-Sud, portée par une ambition partagée de développement durable et de prospérité inclusive, explique un communiqué de la CGEM. Il vise à stimuler les investissements croisés, à favoriser l’intégration économique continentale à travers la ZLECAf et à structurer des chaînes de valeur africaines dans des secteurs porteurs.

La rencontre a également été l’occasion pour les deux confédérations de réaffirmer leur volonté de faire du Groupe d’impulsion économique Maroc–Côte d’Ivoire, lancé en 2015 sous l’impulsion du Roi Mohammed VI et du Président Alassane Ouattara, un outil stratégique pour concrétiser des projets bilatéraux structurants.

AXA Assistance Maroc devient officiellement Cover Edge

Comme l’a souligné Mehdi Tazi dans un entretien avec Médias24, ce repositionnement stratégique, soutenu par l’appartenance au groupe ASK Capital, apporte à Cover Edge une expertise solide et des ressources consolidées pour répondre aux besoins spécifiques du marché africain. En s’appuyant sur cette synergie, la compagnie maintient les valeurs de qualité, de confiance et d’innovation qui ont fait sa réputation, fait savoir Cover Edge dans un communiqué.

Une ambition renouvelée pour l’Afrique

Avec une présence renforcée sur le continent, Cover Edge opère avec deux compagnies d’assurance et de réassurance au Maroc et à Maurice, tout en maintenant une présence commerciale dans plusieurs pays africains. « Notre ambition est d’offrir des services d’assistance toujours plus accessibles, innovants et personnalisés, en intégrant des technologies de pointe pour simplifier nos processus et être au plus proche de nos clients », déclare Mehdi Tazi, président de Cover Edge. « Nous visons à répondre aux défis uniques du marché africain et à nous distinguer comme un leader régional dans l’assistance et l’assurance ».

Une marque porteuse de sens : Cover Edge, « Smoother. Closer. »

Le choix du nom Cover Edge symbolise l’engagement de la société à offrir une protection complète (Cover), tout en repoussant les limites de l’innovation et de l’excellence en matière de services (Edge). La signature « Smoother. Closer. » incarne la promesse d’offrir une assistance plus fluide et une relation client renforcée, plus proche des utilisateurs et de leurs besoins.

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De Axa Assistance à Cover Edge : Mehdi Tazi explique la transformation opérée et l’ambition affichée

Sans grand tapage, Axa Assistance Maroc est devenue, en début d’année 2024, Cover Edge. Ce changement de dénomination marque une nouvelle étape dans la transformation de la compagnie depuis son rachat en 2022 par Mehdi Tazi.

À l’époque, le jeune dirigeant confiait à Médias24 qu’il voyait en cette acquisition bien plus qu’un simple opérateur d’assistance traditionnelle (transport sanitaire, évacuation, remorquage auto, etc.). « C’est un outil unique pour promouvoir l’inclusion financière et développer la micro-assurance en Afrique », déclarait-il alors, tout en affichant son ambition d’en faire une insurtech africaine.

Deux ans plus tard, le pari semble réussi. Dans cet entretien exclusif, Mehdi Tazi revient sur le développement impressionnant de la compagnie : les effectifs ont dépassé les 120 collaborateurs et le chiffre d’affaires est passé de 74,9 millions de dirhams en 2022 à plus de 177 millions en 2023, soit une multiplication par 2,3.

En 2024, la croissance se poursuit avec un chiffre d’affaires semestriel de près de 104 millions de dirhams.

Mehdi Tazi veut ancrer encore plus sa compagnie dans sa dimension africaine, d’où le nom de Cover Edge, et a pour ambition de chercher encore plus de croissance, pourquoi pas une croissance externe si l’opportunité se présente.

 

Nous réalisons 40% de notre chiffre d’affaires en réassurance en Afrique, partant de zéro il y a 2 ans.

-Médias24. Vous avez repris AXA Assistance il y a 2 ans, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Mehdi Tazi. Depuis le rachat de l’entreprise par ASK Capital il y a 2 ans, l’entreprise a connu une très belle croissance, en doublant de taille en termes de CA et d’effectif pour se positionner comme un acteur majeur de l’assistance au Maroc et plus généralement en Afrique.

Aujourd’hui d’ailleurs, nous réalisons 40% de notre chiffre d’affaires en réassurance en Afrique, partant de zéro il y a 2 ans.

Nous avons également ouvert en 2024 une compagnie de réassurance à l’île Maurice, pour mieux servir les marchés anglophones d’Afrique de l’Est, où nous voyons un potentiel de croissance significatif.

Enfin, sur le plan opérationnel, nous avons investi massivement dans nos outils technologiques. Notre objectif est clair : positionner la compagnie comme une entreprise digitale capable d’offrir à nos assurés une expérience aux standards les plus avancés.

Nous avons choisi une marque à sonorité anglophone qui reflète notre ambition de rayonner sur l’ensemble de l’Afrique – et très probablement au-delà.

– Vous avez attendu deux ans pour opter pour un changement de marque. Cover Edge, pourquoi cette marque à connotation anglo-saxonne ?

– Le lancement de cette nouvelle marque est avant tout une façon d’affirmer notre vision : donner à notre entreprise une identité forte, moderne, tournée vers l’avenir.

C’est aussi pourquoi nous avons choisi une marque à sonorité anglophone, qui reflète notre ambition de rayonner sur l’ensemble de l’Afrique – et très probablement au-delà de l’Afrique dans les années à venir, nous travaillons déjà sur ce sujet.

Le slogan « Smoother, Closer » exprime les fondements de notre stratégie : offrir à nos assurés une expérience la plus fluide possible lorsqu’ils font appel à nous, et le faire avec empathie et proximité.

– Expliquez-nous davantage votre vision stratégique et vos objectifs sur le marché africain ?

– Notre stratégie s’articule autour de deux axes. Le premier, c’est de devenir en deux ans le leader de l’assistance et de l’assurance voyage en Afrique. Nous avons maintenant un positionnement très solide en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale et nous connaissons une croissance rapide en Afrique de l’Est anglophone.

Pour poursuivre notre développement, notre force repose d’abord sur la qualité de nos équipes de développement commercial, réparties sur les principaux marchés et constamment sur le terrain auprès de nos 130 partenaires dans 40 pays.

D’autre part, nous investissons significativement sur la technologie. L’objectif est d’offrir à nos partenaires et à nos assurés une expérience fluide et intuitive, avec des outils modernes pour la gestion des contrats, des sinistres et des services d’assistance.

Le second axe consiste à devenir un acteur de référence de l’assurance affinitaire et de la micro-assurance en Afrique. Nous partons du constat que le taux de pénétration des produits d’assurance reste faible sur le continent africain, souvent inférieur à 2 % du PIB, contre une moyenne d’environ 10 % dans les pays développés. Ce déficit est particulièrement marqué pour les particuliers.

– C’est donc un important marché. Comment saisir ces opportunités ?

– Pour répondre à ce défi, nous considérons que deux leviers sont nécessaires. D’abord, la création de produits adaptés : nous avons développé des solutions de micro-assurance avec des primes faibles, accessibles aux populations à revenus modestes.

Par ailleurs, la digitalisation des canaux de distribution et de remboursement : grâce à des mécanismes digitaux simples et efficaces, nous pouvons élargir la distribution des produits d’assurance et accélérer le traitement des sinistres.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des fintechs en Afrique, déjà avancée dans certains pays comme le Nigéria ou le Kenya. Par exemple, au Maroc, les récentes initiatives de Bank Al-Maghrib, comme la création de l’association Morocco Fintech Center, illustrent bien cette volonté d’accélérer l’intégration des technologies dans l’écosystème financier et l’assurance en particulier.

D’ici février, nous allons enrichir ce canal WhatsApp avec un portail en ligne et un formulaire intégré, permettant à nos assurés d’interagir avec nous de manière indifférenciée via tous les canaux

– Vous parlez d’innovations technologiques, pouvez-vous donner des exemples ?

– Bien sûr. Prenons l’exemple de la gestion des sinistres, que ce soit en assurance ou en assistance. Nous avons récemment mis en place un canal WhatsApp permettant à nos assurés de déclarer leurs sinistres et de dialoguer en temps réel avec l’un de nos collaborateurs, 24 h/24 et 7 j/7.

Cela peut sembler simple en apparence, mais en réalité, sa mise en œuvre est très complexe. Les échanges doivent être instantanément accessibles et traités à tout moment par n’importe lequel de nos collaborateurs, avec une fluidité totale.

D’ici février, nous allons enrichir ce canal WhatsApp avec un portail en ligne et un formulaire intégré, permettant à nos assurés d’interagir avec nous de manière indifférenciée via WhatsApp, téléphone, portail en ligne ou email.

En complément, nous améliorons également l’expérience utilisateur grâce à une couche d’intelligence artificielle (IA). Aujourd’hui, dans le secteur de l’assurance, l’IA est de plus en plus utilisée pour automatiser l’analyse des contrats, identifier rapidement les garanties en fonction du sinistre, assister les gestionnaires dans leurs réponses, voire traiter automatiquement certaines demandes des clients. Cette tendance améliore à la fois l’expérience client et l’efficacité opérationnelle. Notre stratégie s’inscrit pleinement dans cette dynamique : intégrer l’IA pour offrir des services plus rapides, personnalisés et en phase avec les attentes de nos assurés.

Un autre exemple d’innovation est notre capacité à régler aujourd’hui quasiment partout en Afrique un sinistre par divers moyens : virement bancaire, virement sur un compte mobile money ou prise en charge directe du sinistre.

– Le Maroc accueille dans quelques semaines la FANAF, un évènement majeur du secteur de l’assurance. On imagine que vous y participez. Qu’attendez-vous de cet événement ?

– En effet, la FANAF est l’événement majeur du secteur de l’assurance en Afrique, qui peut accueillir jusqu’à 2000 délégués. Pour notre entreprise, c’est une opportunité unique de renforcer nos partenariats existants, d’en créer de nouveaux et de mettre en avant nos innovations et projets à venir.

Plus globalement, la quasi-totalité du marché africain sera représentée : assureurs, courtiers, réassureurs…, mais aussi d’autres marchés, notamment européens et moyen-orientaux, qui viennent rencontrer leurs partenaires africains. Cet événement est donc l’occasion de consolider la place du Maroc comme un hub continental majeur du secteur de la finance et, plus spécifiquement, dans celui de l’assurance. Cet événement confirme le rôle central du Maroc dans l’écosystème économique et financier africain.

Enfin, cet événement offre une plateforme unique pour débattre des défis et opportunités du secteur. Ce sera un moment privilégié pour échanger sur des sujets clés tels que l’innovation, l’intégration régionale et la résilience face aux risques climatiques, par exemple, qui représentent des enjeux de plus en plus pressants pour notre continent.

2e édition de la Journée nationale de l’industrie : territorialité de l’industrie, quels défis et quelles actions à mettre en place ?

Le premier panel de la deuxième édition de la Journée nationale de l’industrie est intitulé “une industrie marocaine, souveraine, ancrée dans son territoire et exploitant pleinement le potentiel de ses régions”. Les intervenants qui y participent sont le ministre du Transport et de la logistique, Mohamed Abdeljalil, la présidente des Régions du Maroc, M’Barka Bouaida, le vice-président de la CGEM, Mehdi Tazi et Mia Lahlou Filali, présidente-directrice générale Pharma 5.

La Journée nationale de l’industrie rassemble ministères, institutionnels, fédérations professionnelles et opérateurs privés afin de favoriser les échanges sur les nouveaux enjeux liés au développement du secteur industriel pour atteindre son plein potentiel. L’enjeu est de parvenir à consolider une industrie forte et résiliente pour apporter plus de valeurs et de richesse.

Lors de son intervention, la présidente des Régions du Maroc, M’barka Bouaida, souligne que 80% de l’industrie est concentrée dans l’axe El Jadida et Tanger. “Cette compétitivité territoriale est à renforcer par un certain type d’actions. Toutes les régions sont impliquées dans les zones d’activités économiques et par la préparation du terrain pour industriels et entreprises”, déclare-t-elle.

Pour développer l’industrie, M’Barka Bouaida insiste sur trois points : “Le foncier, les programmes de développement régionaux qui sont “des banques de projets”, et la Charte d’investissement qui apporte beaucoup d’avantages, jusqu’à 30% dans certaines régions”.

La présidente-directrice générale de Pharma 5, Mia Lahlou Filali, insiste sur le fait de “sanctuariser le Made in Morocco” en protégeant nos appellations et en gagnant des marchés.

Le DG de la CDG, Khalid Safir, explique pour sa part que : “Nous sommes dans une phase d’arrimage des régions aux deux moteurs de la fusée industrie : les secteurs public et privé. Cela donnera beaucoup plus de force au déploiement de cette stratégie. Nous sommes dans une phase de territorialisation” et d’étude des atouts des territoires pour les faire prospérer.

La mauvaise conjoncture de l’agriculture n’est pas une fatalité, estime le vice-président de la CGEM, Mehdi Tazi, qui considère que c’est une montée en gamme de notre pays. Le relais doit être pris par l’industrie, poursuit-il. Et d’ajouter : “La bonne nouvelle c’est que sur les 400.000 emplois de ces 10 dernières années, ce sont des emplois formels, portés par l’automobile, l’aéronautique, le textile et l’agro-alimentaire”.

Il précise que 80% des emplois entre El Jadida et Tanger sont rémunérés à plus de 6.000 dirhams, donc cela remet en lumière le défi de la régionalisation et de l’intelligence artificielle. “Avec l’innovation, on gagne en compétitivité durable. L’industrie apporte de la souveraineté”, conclut-il.

Maroc-France: Ce que pensent la CGEM et le MEDEF de la reprise des relations économiques

Lors de l’ouverture du forum d’affaires Maroc-France par la ministre marocaine de l’Economie et des finances et par son homologue français, Nadia Fettah a déclaré que cet événement s’inscrivait dans une volonté commune « de renouveler le partenariat « , tandis que Bruno Le Maire l’a qualifié de « renaissance des relations » après une période de froideur qui a connu son épilogue lors des récentes visites du ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné et de son collègue chargé du commerce extérieur, Frank Riester.

« Une reprise qui s’inscrit dans un bon timing »

Invité à commenter cette reprise, le vice-président général de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi, nous a déclaré que ce forum allait accélérer la coopération économique après plusieurs années de baisse d’intensité des relations entre les entreprises des deux pays.

« Pendant cette période, le Maroc a cependant fait beaucoup de progrès en termes de portage de grands projets structurants. Il est ainsi devenu l’une des cinq plateformes de production d’énergie décarbonée les plus compétitives au monde. On peut donc parler d’un alignement des astres grâce à la vision élaborée par Sa Majesté, dont nous allons commencer à récolter les fruits », a souligné Mehdi Tazi, qui tout en se réjouissant d’une relance qui s’inscrit dans un timing mondial de décarbonation espère que les promesses françaises d’investissements au Maroc se concrétiseront réellement.

« Le rapprochement économique ouvrira la voie à des avancées politiques »

À la question de savoir si la reprise devrait passer par des investissements français dans les provinces du Sud, le vice-président général de la CGEM a tenu à préciser que les opérateurs privés marocains s’inscrivent totalement dans le cap fixé par le souverain à l’ensemble des partenaires économiques du Royaume; à savoir que le Sahara marocain est le prisme par lequel le Maroc évaluera désormais toutes ses relations étatiques.

Sur le changement de position politique de la France sur la question du Sahara marocain souhaité par le Maroc, Mehdi Tazi n’a pas exclu que le renforcement actuel des relations économiques bilatérales finisse par lui ouvrir la voie, à l’image de pays comme « l’Espagne et les États-Unis, qui ont pris ce virage en s’inscrivant dans le cours de l’histoire ».

Et de se féliciter de la proposition inédite du gouvernement français de vouloir partager avec le Maroc son expertise nucléaire qui constituerait, selon lui, un gage de confiance très fort augurant d’autres avancées majeures pour l’avenir.

« Nos organisations patronales n’ont jamais coupé les ponts »

Tout aussi optimiste sur la redynamisation actuelle des relations économiques, le président du MEDEF, Patrick Martin, a tenu à rappeler que « malgré une situation diplomatique flottante pendant la période de froideur politique, les ponts n’ont jamais été coupés entre les opérateurs du secteur privé ».

Durant tout ce temps, les deux organisations patronales auront en effet continué à communiquer dans le cadre d’une diplomatie économique active, a-t-il précisé.

Reconnaissant « un peu de retenue » dans les échanges bilatéraux avant la reprise, le patron des patrons français s’est dit persuadé que le réchauffement actuel des liens économiques facilitera celui des rapports politiques, à l’instar de ce qui s’était passé entre la France et l’Italie lors de l’épisode des gilets jaunes, où les organisations patronales avaient largement contribué au rapprochement des deux gouvernements.

« Le patronat est prêt à investir dans les provinces du Sud du Maroc »

La multiplication des visites de ministres français au Maroc va permettre d’inaugurer une nouvelle phase d’accélération des partenariats économiques win win dans les grands projets structurants marocains dans les domaines industriels, énergétiques, financiers et des infrastructures, a encore souligné Patrick Martin.

« De par leur solide expérience à l’international, un grand nombre d’entreprises françaises ont en effet toute légitimité pour se positionner, dans le cadre d’une saine concurrence, sur tous les grands projets actuels du Maroc », a estimé Patrick Martin.

Et de préciser que le patronat français est prêt à s’impliquer dans des appels d’offres et à investir sur tout le territoire marocain, y compris dans les provinces du Sud.

« Le partage de l’expertise nucléaire avec le Maroc, un vrai signe de confiance »

Enfin, sur la proposition française de partager son expertise nucléaire avec le Maroc, Patrick Martin a estimé que le partage d’un enjeu aussi sensible, sous contrôle exclusif de l’État français, est une marque significative de l’engagement et de la confiance de la France dans son partenaire séculaire marocain.

« Sachant qu’une puissance nucléaire comme la France ne peut pas permettre à tous les pays de la planète d’accéder à ce type d’énergie à cause des potentielles dérives en termes de menace atomique, la proposition d’équiper le Maroc en centrales nucléaires est un signe extrêmement fort qui ne trompe pas sur la solidité des liens bilatéraux », a conclu le président du patronat français en ajoutant que cette proposition témoigne de la volonté française de reprendre et de renforcer la coopération bilatérale.

La promotion de l’investissement privé au cœur d’un séminaire des CGEM Régions

Cet événement, sur le thème “Les synergies inter-territoires pour la promotion de l’investissement durable et la création d’emplois”, avait pour objectif d’insuffler une dynamique nouvelle, auprès des CGEM Régions, afin qu’elles jouent pleinement leur rôle dans la promotion de l’investissement privé et l’accélération du développement socio-économique sur l’ensemble des territoires, en harmonie avec l’action de la CGEM nationale et des ambitions fixées, peut-on lire dans un communiqué de la Confédération.

Cette rencontre, présidée par le binôme, Chakib Alj et Mehdi Tazi, a également été l’occasion de déterminer les actions à entreprendre pour encourager davantage à l’entrepreneuriat et à la création d’emplois en prenant en considération les atouts de chaque région et les complémentarités inter-territoires, et accompagner activement le momentum positif que connaît notre pays, sous le leadership du Roi Mohammed VI, marqué par le déploiement en cours des dispositifs de la Charte de l’investissement, notamment celui lié à la TPME, de l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement et de l’organisation d’événements sportifs majeurs en 2025 et 2030.

Parmi les thématiques discutées lors de ce conclave : les leviers prioritaires pour dynamiser l’investissement en région, notamment ceux liés au climat des affaires, à la mise en place d’une offre territoriale, à l’amélioration de la relation entreprise-administration et la digitalisation, les partenariats public-privé en tant que moteur de développement, ainsi que les mécanismes à mettre en place pour favoriser les synergies entre régions.

À l’issue de cette rencontre, une feuille de route a aussi été établie afin de doter les CGEM Régions de davantage d’outils pour accompagner et renforcer la proximité avec leurs membres, de créer plus de ponts entre les CGEM Régions, les fédérations, les commissions et le groupe de la CGEM à la Chambre des conseillers, et d’étoffer l’offre de services de la confédération.

Opportunités économiques au Maroc, regard sur les AA2023, entretien avec Mehdi Tazi

Le 12 octobre, Médias24 recevait sur son plateau, le vice-président général de la CGEM, Mehdi Tazi, en marge des Assemblées annuelles du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se tiennent à Marrakech.

L’occasion de sonder la vision du patronat sur cet événement et la position de l’économie marocaine sur l’échiquier mondial, ainsi que les forces, les faiblesses et les opportunités pour le Maroc.

Le vice-président général de l’organisation s’est dit « extrêmement fier que le Maroc organise cet événement, surtout un mois après la tragédie d’Al Haouz. L’organisation est parfaite, et cela renvoie une très bonne image du Maroc en termes de qualité d’accueil et de capacité à rebondir ».

Il est également revenu sur le newsflow très positif autour du Royaume ces dernières semaines. « Je pense que la perception des entrepreneurs marocains sur notre capacité à faire, sur les forces de notre économie et sur l’avenir, se montre positive parce que nous avons aussi eu de bonnes nouvelles : le monde entier est tourné vers Marrakech cette semaine-là ; la confirmation de l’organisation de la CAN 2025 ; Sa Majesté nous a donné une bonne nouvelle sur l’organisation de la Coupe du Monde 2030. »

Voici quelques citations de Mehdi Tazi lors de son entretien :

« En termes de contenu, on reçoit à peu près 200 délégations dont des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales, des ministres et des patrons, tous secteurs confondus, dont ceux des plus grandes entreprises mondiales qui sont venus échanger avec les Marocains et non-Marocains sur les sujets auxquels le monde est confronté. Ce qui est extrêmement positif pour le Maroc. »

« Selon une étude, un pays qui organise une Coupe du Monde connaît une surcroissance de 2% sur les six années qui précèdent l’organisation de la Coupe du Monde. De façon plus terre à terre, il y aura des projets autour de l’énergie, de l’hôtellerie, des infrastructures, etc. Ces projets en attireront d’autres, et nous entrons, je l’espère, dans une phase très bonne de notre économie. »

« Je pense que les opportunités du Maroc sont vers le Sud, et nous avons largement débattu de ce sujet-là. Beaucoup de nos entreprises sont déjà allées s’y développer. Un changement d’état d’esprit a été observé durant le Covid, avec un aspect plus décomplexé. Il y a un plafond de verre qui a été brisé, avec des marchés que nous n’allions pas chercher et que nous allons conquérir désormais. »

Le reste de l’entretien est à découvrir dans la vidéo intégrale ci-dessous :

Mehdi Tazi : “Bien que Marsh McLennan devienne majoritaire, je conserve la gestion de Marsh Maroc”

Médias24: Le groupe Marsh McLennan compte acheter 35% supplémentaires de Beassur Marsh, lui permettant ainsi de détenir 70% du capital. Où en est la transaction ? 

Mehdi Tazi: Elle est en cours de finalisation. Nous attendons la non-objection du Conseil de la concurrence avant de pouvoir finaliser les dernières étapes administratives.

– Dans cette opération, vous cédez le contrôle de Beassur Marsh. Quelles en sont les raisons et motivations ? 

– Pour Marsh McLennan, cette opération est motivée par l’attractivité du marché marocain (de plus en plus de grands groupes, clients de Marsh au niveau mondial, opèrent au Maroc), par les performances que nous avons réalisées ces dernières années – nous enregistrons une croissance de plus de 30% par an depuis cinq ans, dans un marché qui croît en moyenne de 5 à 7% – et par la qualité des équipes marocaines et la confiance qu’elles ont su construire avec les équipes de Marsh.

Bien que Marsh McLennan devienne majoritaire, mes équipes et moi-même conservons la gestion de Marsh Maroc.

De notre côté, nous y trouvons également un intérêt certain. Marsh McLennan est de loin le leader mondial du courtage en assurance, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de vingt milliards de dollars et une présence dans près de 130 pays. Être adossé à Marsh fait de nous l’assureur d’une grande partie des grands groupes présents au Maroc. Cela nous donne également accès aux meilleurs experts mondiaux dans chaque domaine d’activité de nos clients, et nous permet de bénéficier des toutes dernières innovations dans notre secteur.

Toutefois, bien que Marsh McLennan devienne majoritaire, mes équipes et moi-même conservons la gestion de Marsh Maroc. C’est d’ailleurs la reconnaissance de notre capacité à gérer aux meilleurs standards internationaux.

– S’agit-il d’une étape intermédiaire avant la cession totale de vos participations dans Beassur Marsh ?

Absolument pas. Cette étape apporte, comme je l’ai expliqué, un bénéfice avéré aux deux parties. Au-delà de ça, cette association donne à notre entreprise les moyens de croître plus rapidement. Cette croissance peut se faire en investissant davantage dans nos équipes, mais aussi en croissance externe si nous trouvons des cibles à acquérir qui répondent à nos standards et à nos valeurs.

En façade, le marché du courtage se porte bien, mais cela cache certains défis qu’il convient d’adresser.

– Parlons un peu marché. Comment évolue le marché du courtage ?

– La croissance du marché du courtage suit la croissance du secteur de l’assurance non-vie qui, en 2022, devrait se situer autour de 5-7%. En façade, le marché se porte bien, mais cela cache certains défis qu’il convient d’adresser.

Tout d’abord le nombre d’intermédiaires, trop important au vu de la taille du marché. Près de 2.500 agents et 500 courtiers. Environ 95% des intermédiaires ont un chiffre d’affaires inférieur à trois millions de dirhams et dépendent souvent d’un ou deux clients, ce qui les met dans une situation précaire.

Le recouvrement est une autre difficulté à laquelle le marché fait face. En cette période de crise mondiale, et dont l’une des conséquences est la tension sur la trésorerie des entreprises, les courtiers ont vu leur encours client augmenter sensiblement, avec les contraintes que cela génère.

Par ailleurs, dans un avenir qui pourrait être proche, les entreprises qui sont encore assurées en santé auprès des compagnies d’assurance (au titre de l’article 114 de la loi sur l’Assurance maladie obligatoire) basculeront à l’AMO, et sortiront donc du périmètre des courtiers. L’impact serait d’environ 400 millions de dirhams pour le marché du courtage, qui sera en partie compensé par la commercialisation d’assurances maladies complémentaires à l’AMO auprès d’assureurs privés.

Enfin, la tendance des courtiers au niveau mondial est à la spécialisation des compétences humaines et à l’investissement dans le digital. Cela nécessite pour les courtiers d’avoir une taille suffisante pour pouvoir réaliser ces investissements et accompagner les clients.

Il est possible qu’au-delà du Maroc, nous allions sur d’autres pays du continent, mais rien n’est acté pour le moment.

– Quelle place occupe désormais Beassur Marsh sur le marché national ?

– Nous sommes aujourd’hui dans les quatre premiers courtiers du marché avec un volume de primes d’environ 800 millions de dirhams. Nous avons l’ambition de croître davantage pour en devenir le leader dans un avenir proche. Nous en avons les moyens.

– Comment comptez-vous concrétiser cette ambition ? Avez-vous un horizon ?

 Nous espérons réaliser cette ambition dans 3 à 5 ans. Pour y parvenir nous espérons d’une part croître à un rythme 2 fois supérieur à celui du marché – en faisant jouer pleinement les capacités de Marsh McLennan notamment en développant davantage le risk management et le placement en réassurance – et d’autre part en réalisant des croissances externes lorsque nous trouverons des cibles compatibles avec notre fonctionnement.

– Vous aviez des visées sur la région. Où en sont-elles ?

– Marsh McLennan a des ambitions claires et affichées sur l’Afrique. C’est un territoire en lequel le groupe croit et je m’en félicite. Il est possible qu’au-delà du Maroc, nous allions ensemble sur d’autres pays du continent, mais rien n’est acté pour le moment.

Au niveau de la holding ASK Capital* (ex Expanso), nous sommes bien en train de concrétiser notre ambition régionale à travers l’acquisition de AXA Assistance. Pour rappel, l’opération porte sur la compagnie marocaine et le portefeuille africain de AXA Assistance.

Je précise que cette opération n’a rien à voir avec Marsh Maroc, qui est une autre participation de ASK Capital.

– Justement, où en est l’opération AXA Assistance ?

– L’opération est en cours. Nous sommes en train de lever les conditions suspensives liées à l’opération, notamment l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, et le redéveloppement d’une partie des systèmes d’information qui ne sont pas compris dans le périmètre de l’opération.

Sous réserve d’obtention de ces autorisations, nous devrions finaliser la transaction fin octobre.

– Dans toutes vos précédentes prises de parole, vous n’avez jamais caché votre appétit pour la croissance externe. Des projets ou deals en cours ?

– Nous regardons en permanence des opportunités dans notre secteur en général, et sur notre territoire, l’Afrique.

Cela dit, avec la compagnie d’assistance que nous sommes en train d’acquérir, nous avons un challenge de taille. C’est un formidable outil de développement de produits d’assurance affinitaire. Notre ambition est de faire progresser cette compagnie sur le continent pour en faire une fintech leader des produits affinitaires.

Il ne faudrait pas qu’une ambition trop rapide ou non maîtrisée dilue nos priorités. Nous allons nous concentrer dans les mois à venir sur l’intégration et le développement d’AXA Assistance.


* ASK Capital (ex-Expanso) est la holding de Mehdi Tazi détenue à 100% par ce dernier. ASK Capital possède 65% de Marsh Maroc dont 35% seront cédés à Marsh McLennan. Elle détiendra post closing 80% de AXA Assistance.

Le risque de récession au Maroc est faible (Mehdi Tazi)

Dans son rapport sur les perspectives mondiales publié en juin, la Banque mondiale exprime de fortes craintes au sujet d’un retour de la stagflation, qui ramènerait dans son sillage une récession.

Qu’en est-il pour le Maroc ? Après deux années de crise Covid, notre pays risque-t-il de se retrouver contaminé par une récession internationale ? Contacté par Médias24, Mehdi Tazi, vice-président général de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), se montre plutôt rassurant. Il estime en effet que le risque de récession est « faible ».

A l’international, quatre sources de préoccupation

Qu’est-ce qui plaide en faveur de ce scénario dans le monde ? La Banque mondiale cite quatre points clés :

L’inflation mondiale a fortement progressé après ses planchers du milieu de l’année 2020, sur fond de rebond de la demande mondiale, de difficultés d’approvisionnement et de flambée des prix alimentaires et énergétiques. Les marchés anticipent un pic d’inflation à la mi-2022, suivi d’un mieux, mais à un niveau qui demeure élevé.

La croissance mondiale, en fort repli depuis le début de l’année, devrait rester inférieure à la moyenne des années 2010 jusqu’à la fin de la décennie.

– Cette situation fait planer le risque d’une stagflation, combinaison d’une forte inflation et d’une croissance molle.

– Dans les années 1970, pour mettre fin à la stagflation, il avait fallu fortement remonter les taux d’intérêt, ce qui avait provoqué une récession mondiale et une série de crises financières dans les économies de marché émergentes et en développement (EMDE).

Pour la Banque mondiale, il n’y a pas de doute : « Si la tendance actuelle à la stagflation s’accentue, les économies émergentes et en développement pourraient à nouveau se trouver dans la tourmente. »

« La guerre en Ukraine, les confinements en Chine, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et le risque de stagflation pèsent sur la croissance. Pour bien des pays, il sera difficile d’échapper à la récession », prévient le président de la Banque mondiale, David Malpass.

Qu’en est-il du Maroc ?

Au Maroc, deux indicateurs rejoignent la tendance internationale :

– une forte inflation durant ces premiers mois de 2022, qui a atteint 5,9% à fin avril ;

– une baisse de la croissance. Le Royaume, qui tablait sur un taux de croissance de 3,2% dans la loi de finances de 2022, ne s’attend plus qu’à 1,5%.

Jusqu’à présent, la Banque centrale a maintenu inchangé le taux directeur, à 1,5%. Jusqu’à quand résistera-t-elle ? Le prochain Conseil de Bank Al-Maghrib, prévu le 21 juin, est vivement attendu sur cette question.

Le risque de récession au Maroc est faible, selon Mehdi Tazi

Mehdi Tazi ne pense pas que le Maroc risque une récession.

« La levée complète des restrictions liées à la pandémie en 2022 permet un redémarrage de l’activité de plusieurs secteurs qui n’ont pas connu leur reprise en 2021 », nous explique-t-il, référence faite à l’écosystème tourisme. « Le Maroc devrait donc continuer à rattraper les points de PIB perdus lors de l’année 2020 », poursuit Mehdi Tazi.

Il ajoute à cela la volonté de l’Etat et des opérateurs privés d’amorcer la relance. Mehdi Tazi évoque les multiples chantiers structurels lancés et engagés, ainsi que le travail effectué par le gouvernement sur plusieurs fronts.

« Les initiatives du gouvernement, notamment le lancement prochain de la nouvelle charte de l’investissement, ainsi que la politique d’investissement dans les grands projets comme les barrages et les usines de dessalement d’eau de mer, contribuent à soutenir la croissance », estime-t-il.

Un élan qui, cependant, devrait être freiné par des facteurs externes comme l’inflation au niveau international, et des facteurs internes comme la sécheresse et ses effets néfastes sur l’économie nationale.

« L’inflation subie touche principalement les hydrocarbures, le blé et les oléagineux. Ses effets se répercutent sur les prix de la logistique mondiale », rappelle Mehdi Tazi.

« Compte tenu de la situation actuelle, où aucune solution à court terme n’est envisageable pour le blocage des exportations ukrainiennes en Mer noire et de celles russes qui sont sujettes à un embargo », Mehdi Tazi ne s’attend pas à ce que l’inflation s’estompe de sitôt. Pour lui, elle pourrait durer pendant au moins une année.

https://medias24.com/2022/05/08/inflation-et-croissance-le-grand-dilemme-de-bam-et-des-banques-centrales/