En trois ans, 325 enfants réinsérés à l’école grâce au programme de l’association INSAF

L’association INSAF organise, le mercredi 25 juin, une restitution publique des résultats de son programme LCTE – Lutte contre le travail des enfants, lancé à Casablanca en 2022.

Après trois années de déploiement dans trois zones ciblées – Médiouna, Hay Hassani et Derb Ghallef –, le bilan est significatif : 325 enfants ont été retirés de la mendicité et des métiers de chiffonniers pour être durablement réinsérés dans le système scolaire, indique l’association dans un communiqué.

Le programme LCTE, développé à Casablanca depuis 2022, repose sur plusieurs piliers : l’identification des enfants à risque, leur mise à niveau scolaire, un accompagnement psychosocial et, surtout, un soutien direct aux familles.

Chaque famille reçoit une aide financière de 300 dirhams par mois et par enfant, sur une durée de plus de dix ans, jusqu’à la réalisation du projet de vie de l’enfant, explique la même source. Parallèlement, un travail est mené pour faciliter l’accès des familles aux dispositifs sociaux de l’État, comme l’AMO (Assurance maladie obligatoire) et les aides publiques.

4 axes d’action pour résorber la mendicité (CESE)

L’avis du CESE intervient dans un contexte marqué par l’accroissement et la prégnance du phénomène de la mendicité observé dans les rues et espaces publics au Maroc.

Selon le CESE, « la mendicité représente un phénomène social d’une grande complexité, découlant de l’exposition des personnes à une multiplicité de facteurs de risque, liés aux parcours individuels, et plus largement aux environnements socio-économiques ou culturels. Ces facteurs, souvent interdépendants, rendent les personnes vulnérables à des degrés divers, expliquant ainsi l’hétérogénéité des profils des mendiants ».

Les facteurs de risque menant vers la mendicité

Le Conseil cite, parmi ces facteurs, la pauvreté, les difficultés d’accès au marché du travail, le veuvage, particulièrement des femmes, le divorce, l’abandon familial, le bas niveau d’éducation et de formation, le déclin de la société solidaire, l’état sanitaire (état de santé physique et mentale, handicap), ainsi qu’une prédisposition culturelle des citoyens à faire preuve de charité.

Face au défi persistant de la mendicité, le dispositif national actuel de lutte contre la mendicité s’avère peu efficace, souligne le Conseil.

Ainsi, le CESE estime qu’une résorption efficace du phénomène de mendicité nécessite une mise en œuvre cohérente et coordonnée d’un ensemble de mesures structurées autour de quatre axes complémentaires :

1. Le premier axe concerne « l’éradication complète de l’implication des enfants dans la mendicité », en renforçant le soutien aux unités de protection de l’enfance (UPE) en termes de structuration, d’organisation, de moyens humains et matériels, ainsi que par le renforcement des mesures répressives à l’égard des exploiteurs et trafiquants d’enfants, qu’ils soient parents ou étrangers à l’enfant.

2. Le deuxième axe vise à « assurer la protection des personnes vulnérables contre l’exploitation à des fins mendicité », en réprimant sévèrement les actes délictuels et criminels dissimulés sous couvert de mendicité, conformément au Code pénal, particulièrement à l’égard des exploiteurs de femmes, de personnes âgées et de personnes en situation de handicap, et en renforçant les politiques de protection et de soutien aux personnes en situation de handicap et âgées, ainsi que les mesures d’accompagnement et d’intégration socio-économique des populations migrantes.

3. Le troisième axe concerne « la réhabilitation et réinsertion des personnes en situation de mendicité », à travers la révision du dispositif juridique actuel, notamment en mettant fin à la pénalisation de la mendicité face à la difficulté de déterminer la capacité de la personne à subvenir à ses besoins, et étant donné que les infractions criminelles, qu’elles soient individuelles ou collectives, associées à cette activité sont déjà prises en compte dans de nombreuses dispositions du Code pénal. Simultanément, il convient de proposer des alternatives viables à la mendicité, à travers le renforcement des politiques d’assistance sociale, le développement des activités génératrices de revenus et l’amélioration de la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiatriques.

4. Le quatrième axe a trait à « la prévention de la mendicité », en renforçant la résilience socioéconomique des ménages, qui passe inéluctablement par la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales et spatiales, et l’amélioration de l’accès aux soins, à l’éducation, à la formation et à l’emploi.