Le changement d’identité de Société Générale Maroc est imminent

Selon nos informations, le changement de logo et l’annonce du nouveau nom et de la marque de Société Générale Maroc sont prévus pour ce mois d’avril.

Nous n’avons pas d’informations supplémentaires concernant le nouveau nom que la banque adoptera. Certains observateurs pronostiquent un retour du nom de Saham. Cependant, cela reste pour l’instant de la spéculation.

Dans sa récente communication financière, la première de Société Générale après son intégration au groupe Saham, la banque a confirmé que l’étape de déconnexion des systèmes et processus hérités du groupe français a été franchie sans incidence. Elle a été conduite dans le cadre d’un plan d’intégration défini à l’avance.

La banque a également affirmé « aborder l’avenir avec sérénité ». Elle précise que sa stratégie n’est pas fondée sur la recherche de taille, mais sur l’efficience et la qualité de service.

Comme nous l’expliquions dans un précédent article, la transformation de la banque est engagée dans le cadre du programme « Boost » qui a trait à la conduite du changement tourné vers les ressources humaines.

Parmi ces axes figure le changement de l’identité visuelle, la mise en place d’une structure de décision plus agile et autonome, avec les meilleurs standards de gouvernance, ainsi que le renforcement des capacités technologiques. 

Voici la nouvelle gouvernance de Société Générale Maroc après son rachat par Saham

Après la finalisation de l’opération de cession conclue entre le groupe Société Générale et le groupe Saham, une nouvelle gouvernance est mise en place, entérinée par une réunion du conseil de surveillance de Société Générale Maroc, ce 3 décembre.

Lors de cette réunion, Société Générale Maroc a renouvelé ses instances de gouvernance et de gestion.

La composition du nouveau conseil de surveillance est la suivante :

Par ailleurs, le nouveau conseil de surveillance confirme et renouvelle les mandats des membres du directoire. Sa composition est la suivante :

Sur proposition du président Moulay Hafid Elalamy, le conseil de surveillance a nommé Jérôme Brun en tant que directeur général adjoint et nouveau membre du directoire en charge de la supervision et du pilotage des Risques et de la Finance.

Société Générale : étape décisive ce mardi 3 décembre

Comme nous le révélions dans un précédent article, après l’obtention du feu vert de Bank Al-Maghrib pour le rachat de la filiale marocaine de la Société Générale, la suite logique est le closing de l’opération. Un closing que nous avions annoncé pour début décembre. Nous connaissons maintenant la date exacte. Le closing sera signé ce mardi 3 décembre à Casablanca. 

Cette signature actera définitivement l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) par le groupe Saham.

La priorité de Saham est « de mettre la banque sur les rails », avec pour objectif à court terme de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

https://medias24.com/2024/11/22/deal-sg-saham-apres-lobtention-de-lagrement-de-bank-al-maghrib-closing-imminent-de-loperation/

Deal SG-Saham. Après l’obtention de l’agrément de Bank Al-Maghrib, closing imminent de l’opération

La dernière autorisation nécessaire à Saham pour finaliser son acquisition de la filiale marocaine de la Société générale a été obtenue. En effet, Bank Al-Maghrib a accordé les nouveaux agréments à la SGMB et ses filiales concernées (Eqdom, Sogelease, SG Offshore).

Les décisions relatives aux nouveaux agréments ont été publiées au Bulletin officiel. Les nouveaux agréments permettent à la banque et ses filiales de poursuivre leurs activités après le changement de contrôle de son capital.

Saham a introduit la demande le 28 mai 2024. À la suite de l’examen des informations complémentaires transmis le 31 octobre 2024, la Commission des établissements de crédit a émis un avis favorable pour l’opération, début novembre, comme révélé par Médias24.

Désormais, Saham dispose de toutes les autorisations pour la finalisation de l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB).

La suite logique est le closing de l’opération. Un closing qui sera signé début décembre à Casablanca, nous assurent nos sources.

Moulay Hafid Elalamy reprend donc, comme nous l’indiquions dans un précédent papier, une banque engagée dans une transition importante marquée par des défis opérationnels. Malgré une hausse régulière du résultat net jusqu’en 2023, le premier semestre 2024 a révélé une baisse de -14,4%. Les encours de crédits continuent de diminuer, et le coût du risque a fortement augmenté sur le premier semestre 2024. Selon nos sources, les nouvelles équipes veulent rapidement relancer la machine avec des ambitions très fortes sur le marché.

Lesquelles ? Saham souhaite « d’abord mettre la banque sur les rails qu’il faut », avec pour objectif prioritaire, à court terme, de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

« Travailler le service à la clientèle, il y a une marge intéressante dans ce domaine. Il y a également de la marge sur le plan commercial », nous explique-t-on.

Concernant les rumeurs insistantes d’une croissance externe, notamment en Afrique subsaharienne par le rachat de banques, nos sources l’excluent « pour le moment », tout comme la cession d’une partie du capital en bourse.

Moulay Hafid Elalamy : « Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

Disparu des radars médiatiques et plus discret depuis qu’il a quitté la politique, Moulay Hafid Elalamy signe un retour sous les projecteurs en acceptant l’invitation, le 12 juin, de l’association ESSEC Maroc pour un échange à bâtons rompus et sans langue de bois, qui s’est déroulé à Paris, avec Saad Lemseffer et Anouar Azelmat, respectivement secrétaire général et président de l’association.

« Comme je ne suis plus responsable donc je peux y aller », déclare-t-il devant le parterre d’étudiants annonçant déjà la couleur.

Deux heures durant, MHE discutera avec les étudiants de multiples sujets commentant tantôt l’actualité ou passant en revue son parcours depuis ses débuts à aujourd’hui.

Celui qui est en passe de signer un important deal en reprenant la Société générale Maroc réalisant ainsi un vieux rêve, a naturellement été interrogé sur le sujet. Une question qu’il n’a pas éludée. Et de sa réponse, MHE révèle que la filiale marocaine de la SG n’était pas sur la liste des actifs à céder.

« Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

« La Sogé Maroc est une pépite du groupe Société Générale. C’est une très belle banque qui n’était pas sur la liste des sociétés à vendre. Donc, j’ai fabriqué l’opportunité », confie le président du Groupe Saham qui est allé voir les dirigeants de la SG pour dire: « si je comprends bien la logique, un jour, vous allez devoir vous séparer (de plusieurs filiales, ndlr) parce que vous allez vendre l’ensemble de l’Afrique. Vous allez garder le Maroc et la Côte d’Ivoire. Ça fait très bizarre. Un groupe français qui est européen, qui est présent en Europe et dans deux pays africains. Ça n’a pas de sens. Donc, l’opportunité s’est créée comme ça ».

Mais si Moulay Hafid Elalamy a pu créer cette opportunité, c’est qu’il y avait un contexte favorable qu’il détaille. « Le secteur bancaire dans le monde, vous le savez bien, vit des moments compliqués. Et donc, les recentrages se font. Les fusions vont se faire davantage », avance-t-il.

Et d’ajouter: « la raison pour laquelle certaines banques européennes quittent certains marchés, c’est que le secteur bancaire est un secteur hyper complexe (…) et extrêmement contrôlé. Il se trouve que des banques européennes ou des banques françaises subissent des doubles peines. Elles sont sous le contrôle de la BCE et elles sont sous le contrôle des banques centrales locales ».

« Avec les contraintes BCE qui sont parfois exagérées d’après les experts (…) vous devenez non compétitif. Donc on vous met des menottes et on vous demande de monter sur des rings pour vous battre avec des concurrents qui, eux, n’ont pas ces menottes-là. Au fil du temps, il y a ce problème qui s’est imposé. Le deuxième, c’est que certaines banques, avec les crises qui se sont succédées, les problématiques d’inflation et les problèmes de leur clientèle qui sont parfois défaillants,… ont des besoins de fonds propres ».

Ces banques vont donc préférer « se séparer d’activités qui sont moins centrées par rapport à leurs business pour qu’elles aient une cohérence de business. Les banques qui ont des actifs en Afrique et en Asie et ailleurs, se sont séparés de ses actifs. Ce n’est pas propre au secteur bancaire, le secteur des assurances l’a fait avant. (…) Donc, la cession de la Société Générale s’est faite dans ce cadre-là », conclut-il.

L’affaire Agma racontée par MHE

Dans cet échange, MHE revient aussi sur ses débuts dans l’entrepreneuriat et comment il est passé de haut cadre, il était à l’époque secrétaire général de l’ONA, l’ancêtre du Holding royal Al Mada, à homme d’affaires.

Et c’est tout naturellement qu’il évoque, non sans humour, l’emblématique affaire Agma qui a marqué dans sa carrière ce passage du « salariat » à l’entrepreneuriat.

« Il y a un deal emblématique qui avait fait beaucoup de bruit et qui m’avait mis en avant, où j’avais ma tête sur tous les journaux comme étant presque un trafiquant, pas loin, qui s’appelait le deal Agma », explique-t-il. 

« J’étais secrétaire général du groupe ONA et j’ai réalisé qu’après plusieurs années de travail acharné, j’avais un salaire mirobolant et qu’à la fin du mois, j’avais exactement le même solde dans mon compte bancaire que celui que j’avais quand j’avais démarré au bas de l’échelle, alors que mon salaire avait été multiplié par je ne sais quoi. Ça veut dire que mes besoins ont progressé souvent légèrement plus vite que mes revenus ».

« Je voulais absolument entreprendre, donc j’ai décidé de quitter pour entreprendre. Dans le temps, le président avait refusé l’idée, en me disant pas du tout, mais c’était une décision ferme, je voulais entreprendre ».

« En quittant, j’ai acheté une participation dans une affaire qu’ils avaient, que j’avais achetée moi-même avant à 20 millions de dirhams, et qu’on m’a revendue deux ans plus tard sur une valeur d’un peu plus de 60 millions de dirhams pour une petite participation ».

Quid du financement ? Il est pris « à 100% à la banque » (AWB, ndlr), répond MHE.  « A partir de là, j’ai développé l’affaire, j’ai acheté une deuxième affaire, une troisième, et c’est devenu le premier courtier d’assurance au Maroc. J’ai été aux Etats-Unis voir la carte Marsh McLennan, qui est le premier courtier au monde, et j’ai réalisé une introduction en bourse. Une fois que j’ai réalisé une introduction en bourse, j’ai revendu une partie au même vendeur qui me l’avait vendue au départ, qui était coté en bourse, etc »,  raconte le président de Saham. 

« Et dans le temps, dans toute cette opération-là, j’ai réalisé 12 millions d’euros de bénéfices. Aujourd’hui, ça ne fait sourciller personne, mais à l’époque, c’était des montants qui ne rentraient pas dans le cerveau. Donc je suis devenu l’homme le plus riche du globe, pratiquement, pour les médias », avance-t-il. 

« Et on a tiré sur cette affaire en disant que ce n’était pas possible d’avoir vendu, revendu, etc. Mais je vous écrirai un jour cette histoire, elle est très intéressante psychologiquement. Et les gens qui avaient le plus tiré sur cette affaire-là, c’étaient mes confrères. Les gens qui étaient au même niveau que moi dans la boîte. (…) Voir quelqu’un qui, du jour au lendemain, réalise un capital, ça ne pouvait être qu’un trafic », commente-t-il. 

Il poursuit : « le dénigrement en fait partie. Vous allez le croiser de temps en temps dans votre carrière. Il faut savoir le déceler et dénigrer ce dénigrement pour pouvoir avancer dans sa carrière. Quand on n’arrive pas à vous battre, il y a une technique, c’est de vous dénigrer. Donc, surtout ne répondez jamais à cela par le dépôt du sac. Foncez quand vous êtes droit dans vos bottes, quand vous êtes sûrs de ce que vous faites ». 

Le capital qui a été réalisé dans l’affaire AGMA, explique MHE, c’est ce qui lui a permis « d’acheter une compagnie d’assurance malade qui s’appelait CNIA et une compagnie d’assurance morte (Saada). Et donc on a fusionné un cadavre avec un estropié. Et on en a fait un athlète. (…) On a travaillé d’arrache-pied en prenant des affaires qui étaient vraiment moribondes pour en faire des boîtes cotées en bourse, propres, … qui ont fini par devenir leader panafricain dans 27 pays, etc. Mais l’origine, c’est une affaire où j’ai démarré en prenant 100% d’endettement à la banque et où les embûches étaient monstrueuses et complexes ». (NDLR, la banque AWB).

Revenir à la politique : »Jamais mon capitaine »

Est-ce qu’un retour sur la scène politique est envisageable ? La question est posée à MHE par les étudiants. « Vous allez me dire que la première chose que font les politiques, c’est qu’ils mentent. Si je vous dis oui, ça va s’écrire dans les journaux (…) et si je vous dis non … La réponse est je ne peux dire que ce qui me concerne. Donc de mon côté je vous dis : ‘Jamais mon capitaine' ».

« J’ai donné à la CGEM. J’ai passé un mandat et j’ai décidé de ne pas faire un deuxième. J’étais ministre huit ans. Cela fait 11 ans, c’est une tranche de vie importante. J’ai travaillé un peu dans le business, mes aspirations sont encore dans le business, il y a des choses à faire, ça m’amuse », répond-il. 

Par ailleurs, l’ex-ministre est également revenu avec plusieurs d’anecdotes sur son mandat de ministre qui a été marqué par la crise Covid. Il commence par confier qu’il a appris sa nomination en tant que ministre « la veille de la constitution du gouvernement ».

« Ça s’appelle une douche froide, je crois. Vous savez, quand vous êtes sur une trajectoire… Je ne suis pas le seul à avoir eu cette douche froide. Mais sur le moment, c’était un drame familial parce que c’est une trajectoire qui change. Moi, je me voyais dans le business, etc. Et on avait proposé mon nom comme ministre (…) Donc vous êtes déstabilisés », avance-t-il. C’était en octobre 2013.

« Ça m’a pris quelques semaines, voire un petit mois et demi pour réaliser que j’étais en responsabilité. Puis après, c’était de dire bon, j’y suis. Il y a une vraie responsabilité. Je fais le tour du propriétaire. Il y a des briques merveilleuses qui ont été faites par mes prédécesseurs. Je peux ajouter des briques aux briques. (…) Donc j’ai réfléchi : est-ce qu’on peut passer à une accélération de ce qui a été fait ? »

« De là est venu le nom de cette stratégie qui s’appelle l’accélération industrielle. C’est comment peut-on prendre le Maroc tel qu’il est et décréter que nous allons être présents dans des secteurs et pas tous. Je n’ai pas mené tous les combats parce que c’est énorme, c’est très large. Donc j’ai choisi quelques combats », explique-t-il. Parmi ces combats, il cite l’automobile et l’aéronautique. 

« Et à partir de là, on a fait cette stratégie. Résultat de la stratégie, nous sommes passés à 62% de taux d’intégration. Ce taux est maintenant à 69% dans le secteur automobile. C’est-à-dire que 69% des composants de la voiture sont fabriqués au Maroc. Ce sont 252 usines au Maroc qui fabriquent ces voitures. Ces voitures sont passées d’une compétitivité numéro 8 au deuxième mondial et aujourd’hui, ils s’approchent du million de voitures fabriquées au Maroc avec ce taux d’intégration », se félicite-t-il. 

Et d’ajouter, « dans le secteur aéronautique, nous sommes aujourd’hui à 42% de taux d’intégration, c’est-à-dire que 42% de cet avion-là est fabriqué au Maroc. Vous avez des parties de réacteurs faites par Safran au Maroc. C’est la partie la plus complexe dans le secteur industriel ».

Sur la période de la gestion de la crise Covid, MHE fait quelques révélations

« On était en contact direct avec le Roi qui, dès le premier jour, est monté sur le pont. Je ne sais même pas si je suis censé en parler, mais je prends le risque de vous faire des révélations », dit-il. 

« Bien avant la fermeture des frontières, le Roi m’a appelé au téléphone pour me parler de la situation en disant : ‘j’ai l’intention de fermer les frontières parce qu’il faut qu’on protège les Marocains’. J’ai fait partie des gens qui n’étaient pas convaincus. Je l’avoue humblement parce que mon job, c’était ministre de l’Industrie. Et pour moi, fermer les frontières, mettre les gens chez eux à la maison, c’est tuer le pays et l’industrie du pays. J’ai fait un peu de résistance à ma façon. (…) Il était d’une fermeté totale, c’est qu’il n’y a pas d’économie qui vaille la vie d’un Marocain (…) On va protéger les Marocains. Il faut que leur vie soit sauve à tout moment ».

« Donc il a été sur le pont tous les jours (…) il a veillé au grain au quotidien. Et tout ce qui a été fait en toute sincérité, en toute transparence a été piloté par lui. Il écoutait, il prenait les avis des uns et des autres et il tranchait à la fin. (…) On a passé une période extrêmement complexe avec un contact permanent, une équipe extrêmement restreinte qui est montée au créneau ». 

Ce que pense MHE de la course pour les véhicules électriques

Le secteur automobile qui est en pleine transformation, que pense MHE des changements qui s’y opèrent?

« Le monde a changé et pour des raisons d’écologie pour lesquelles je ne suis pas certain parce que les études ne sont pas faites totalement. Il y a un grand point d’interrogation qui se pose encore sur le bilan carbone complet de l’électrique. Je ferme la parenthèse », avance-t-il.

« La décision est prise, nous allons au niveau de l’électrique dans le monde entier. Eh bien aujourd’hui, les gigafactories sont à la mode et si vous n’avez pas de gigafactory vous n’existez plus dans le secteur automobile ».

« En 2035, l’Europe aura arrêté d’accepter et de produire les véhicules thermiques et donc le véhicule électrique est en vogue et prend de l’ampleur. Il se trouve que la partie des batteries aujourd’hui n’est maîtrisée en très grande partie que par l’Asie. Je dis à mes amis européens, qui sont brillants et qui font de belles erreurs, ça s’en est une. C’est la mort progressive de l’automobile en Europe parce que l’Europe ne possède pas de technologies aujourd’hui éprouvées sur le secteur électrique et en particulier sur la batterie qui est l’élément essentiel de l’automobile », explique l’ex-ministre.

« Donc nous sommes en train d’assister à une tectonique des plaques où les Etats-Unis et l’Europe perdent du terrain alors qu’ils avaient une part importante dans le secteur automobile de par leurs décisions qui sont un peu hâtives, pas très brillantes en termes d’approche. Parce que les subventions sont données au client final, ce qui est une imbécillité profonde parce que cet argent là se retrouve dans les poches du constructeur. Il se trouve que le constructeur aujourd’hui est en majeure partie chinois », argumente MHE.

« Donc on est dans une logique où on pleure parce que les Chinois nous attaquent et on les engraisse au quotidien en donnant des subventions à l’acheteur qui achète le véhicule chinois », poursuit-il.

Saham-Société Générale. Moulay Hafid Elalamy réunit ses fonds pour préparer l’opération d’achat

Moulay Hafid El Alamy met de l’ordre dans ses affaires en vue de la concrétisation de l’opération d’achat de Société Générale Maroc et ses filiales.

Le deal porte sur la cession, par Société Générale à Saham, des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance). 

Le prix de cession sera d’environ 8 milliards de dirhams, qui seront totalement décaissés par les fonds propres de Saham sans endettement. Lesquels fonds sont issus de bénéfices d’investissements réalisés à l’international.

En prélude à cette acquisition, Moulay Hafid El Alamy recapitalise et restructure certains de ses véhicules d’investissements. Saham Outsourcing, Services Fund et Saham Education ont récemment enregistré du mouvement, tel que rapporté par nos confrères du Desk et confirmé par Médias24 à travers des sources légales et juridiques.

Saham Education connaît un changement de dénomination pour devenir Saham Horizon. Une décision entérinée lors d’une assemblée générale mixte (AGM) réunie le 3 avril dernier.

En ce qui concerne Saham Outsourcing Services Fund, plusieurs changements sont actés. Le premier concerne un changement de dénomination pour reprendre une ancienne appellation connue du groupe : Saham Finances. Le même nom que celui de l’entité qui portait le pôle assurances de MHE cédé à Sanlam. Selon les sources légales, cette décision a été prise lors de l’assemblée générale mixte réunie le 1er avril dernier. Lors de la même assemblée, les actionnaires ont décidé de modifier l’objet social pour y inclure « la prise de participation dans tout secteur d’activité ».

Le dernier changement a, lui, trait au capital. Aux fonds, donc. Des opérations décidées et entérinées lors d’AGM tenues en mars dernier. Selon les annonces légales consultées par nos soins, MHE a injecté un peu plus de 1,17 milliard de dirhams dans le capital de Saham Finances en deux temps : 604,3 MDH par incorporation des réserves et 572,3 MDH par apport en numéraire.

Au terme de l’opération, le capital social de la nouvelle Saham Finances est de 1,23 milliard de dirhams.

« Il s’agit de préparatifs standards dans ce genre d’opération », commente une source sûre. « Les fonds doivent être réunis avant d’être apportés à la filiale qui va porter la banque et ses filiales. »

Affaire à suivre…

https://medias24.com/2024/03/07/mhe-va-prendre-le-controle-de-societe-generale-maroc-deal-en-cours/

https://medias24.com/2024/03/14/mhe-de-la-compagnie-africaine-dassurance-au-cac-40-une-irresistible-ascension/

Saham-Société générale : qui sont les avocats chargés du dossier ?

Le groupe de Moulay Hafid Elalamy est accompagné par Naciri & associés, représentant marocain de la firme internationale Allen & Overy. Le cabinet est dirigé par Me Hicham Naciri, avocat aux barreaux de Casablanca et de Paris.

Pour sa part, Société Générale est assistée par Norton Rose Fullbright, autre cabinet de renommée internationale. Installée à Casablanca depuis 2011, la branche marocaine est pilotée par Me Alain Malek.

Les parties ont annoncé, ce vendredi 12 avril, la signature d’un contrat par lequel le Groupe Saham acquiert la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et ses filiales pour 745 millions d’euros.

Complexe, l’opération ne sera officiellement consommée qu’après l’obtention des autorisations des différents régulateurs concernés, à savoir Bank Al-Maghrib (BAM), le Conseil de la concurrence, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux.

Saham / Société Générale Maroc : le passage par la case Conseil de la concurrence obligatoire

Saham s’apprête à prendre le contrôle de la Société Générale Maroc. Annoncée il y a deux jours, cette acquisition ne sera effective qu’après la validation du Conseil de la concurrence, indiquent plusieurs praticiens sondés par Médias24.

Le groupe dirigé par Moulay Hafid Elalamy doit ainsi notifier le Régulateur de cette opération de concentration et ce, avant sa réalisation définitive. C’est une obligation prévue par la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Le rapprochement entre Saham et SGMB a ceci de particulier qu’il implique trois autorités de régulation, dont deux sectorielles, à savoir Bank Al-Maghrib sur le volet bancaire, et l’ACAPS sur le volet assurance (la cession touche également La Marocaine vie, filiale de SGMB).

Cela étant, « l’autorisation de Bank Al-Maghrib ne dispense pas les parties de la notification au Conseil de la concurrence », explique ce praticien. L’institution d’Ahmed Rahhou dispose d’une compétence « générale » en matière de contrôle des concentrations.

Notre interlocuteur fait le parallèle avec le rachat de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom, autre opération touchant les secteurs bancaires et financiers. Ce rapprochement, qui a eu lieu en 2022, avait fait l’objet d’une notification au Conseil et n’a été officiellement consommé qu’après autorisation de ce dernier.

Pourquoi le contrôle des concentrations ? « Il s’agit de permettre au Conseil de veiller à ce que certaines de ces opérations n’entravent pas la concurrence sur les marchés concernés et d’identifier celles susceptibles de restreindre la concurrence sur le marché national, d’imposer des conditions pour atténuer les effets anticoncurrentiels lorsque cela est possible, ou de les interdire lorsque cela n’est pas possible », lit-on dans les lignes directrices diffusée par le Régulateur.

En somme, la notification n’est pas une fin en soi. Il faut que l’opération soit validée par le Conseil.

Quand est-ce que la notification est obligatoire ?

Pour rappel, les concentrations économiques ne sont pas toutes soumises à l’obligation de notification. Les opérations notifiables sont celles qui remplissent certaines conditions, tenant notamment au chiffre d’affaires des entités concernées.

Ainsi, la notification est obligatoire :

• Si le chiffre d’affaires total mondial, hors taxes, de l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 1,2 milliard de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins une des entreprises ou un groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si le chiffre d’affaires total, hors taxes, réalisé au Maroc par l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 400 millions de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins deux des entreprises ou groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si les entreprises qui sont parties à l’acte, ou qui en sont l’objet, ou qui lui sont économiquement liées ont réalisé ensemble, durant l’année civile précédente, plus de 40% des ventes, achats ou autres transactions sur un marché national de biens, produits ou services de même nature ou substituables, ou sur une partie substantielle de celui-ci.

Société Générale Maroc, Sogelease, Eqdom, La Marocaine Vie… Le coup de maître de Moulay Hafid Elalamy

Le groupe français Société Générale est en train de finaliser une opération de cession de ses parts dans sa filiale marocaine Société Générale Maroc avec Saham, holding de Moulay Hafid Elalamy (MHE).

Le deal porte sur la cession à Saham des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut également les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance).

Voici également à quoi ressemble l’actuel actionnariat de Société Générale Maroc, d’après les données de l’AMMC :

Notons qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, le cours de Société Générale à Euronext prenait 1,65% à 23,16 euros.

Cotée à la bourse de Casablanca, Eqdom affiche, à la fin de la séance de ce 7 mars, la plus forte hausse à 4,18 % et un cours de 1.096 DH.

Un désengagement continental

Cette cession de la maison-mère française Société Générale marquerait une stratégie de désengagement progressive du continent africain. A la mi-2023, le groupe bancaire français publiait un communiqué indiquant son désengagement de plusieurs pays africains, à travers la cession de la totalité de ses participations dans ses filiales en Mauritanie, au Congo, au Tchad et en Guinée équatoriale.

La raison ? L’étroitesse des marchés locaux et la difficulté de faire jouer les autres activités du groupe, comme la banque de financement ou la bancassurance. Pourtant, contacté à ce moment-là, la Société Générale nous avait indiqué qu’elle ne quitterait pas le Maroc. Huit mois plus tard, force est de constater que la donne a changé.

Pourtant, le Royaume reste, de loin, le plus grand marché africain du groupe français. Après son désengagement de quatre pays d’Afrique subsaharienne en juin dernier, le groupe demeurait alors présent dans 13 pays du continent.

SG Maroc, Eqdom, Sogelease… Voici sur quoi MHE mettra la main

La filiale marocaine de la banque française est de loin la plus importante en termes de Produit Net Bancaire (PNB). A fin 2023, le PNB consolidé de Société Générale Maroc était de 5,57 milliards de dirhams, en hausse de 7,3% par rapport à 2022. L’encours crédit, lui, reculait légèrement de 1,23% en 2023 pour atteindre 94,3 milliards de dirhams.

Il convient de rappeler que d’après les données disponibles auprès du groupe Société Générale, à fin 2023, le Maroc comptait pour près de 25,4% du PNB continental du groupe français, avec un PNB de 484 millions d’euros pour un PNB continental de 1.904 millions d’euros. Cependant, il faut noter que le PNB africain du groupe compte pour moins de 8% du PNB global du groupe.

Pour placer la banque à l’échelle des autres banques nationales, il faut noter que son PNB est supérieur à de nombreuses banques cotées comme CDM, CIH, CFG Bank ou encore BMCI. En somme, parmi les banques cotées, seules les trois banques principales (Attijariwafa Bank, BCP, BOA) la dépassent en PNB.

Notons également que MHE mettrait la main, indirectement, sur une autre entreprise cotée, filiale de la Société Générale Maroc et détenue par cette dernière à hauteur de 52,21%. Il s’agit d’Eqdom, qui a affiché à fin 2023 un PNB de 547 MDH et une production nette de crédit à 2,4 MMDH, en hausse de 26% par rapport à 2022.

Sogelease, de son côté, a affiché des revenus sociaux de 198 MDH en 2023, en hausse de 22% par rapport à l’année précédente. Concernant la production de crédit, Sogelease a pu préserver sa 4e position sur le marché. Sa production a augmenté de 2%, passant de 2.114 MDH fin 2022 à 2.166 MDH en décembre 2023.

L’opération est donc d’envergure et représente une opération à fort impact pour MHE qui détiendra une banque, une compagnie d’assurances, une entreprise de leasing et une société cotée de crédit à la consommation.

Précisons que cette acquisition demeure non définitivement conclue et nécessite notamment l’approbation de Bank Al-Maghrib.

https://medias24.com/2024/03/07/mhe-va-prendre-le-controle-de-societe-generale-maroc-deal-en-cours/

MHE va prendre le contrôle de Société Générale Maroc, deal en cours

A travers sa holding Saham, Moulay Hafid Elalamy est en train de finaliser l’opération de prise de contrôle de la Société Générale Maroc. Après le rachat de la part française, il deviendra actionnaire majoritaire de cette banque.

Le processus d’acquisition n’est pas finalisé mais les formalités, qui sont longues, sont en cours, et les deux parties se sont mises d’accord.

Le deal porte sur la cession, par Société Générale à Saham, des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance). 

Le prix de cession sera environ de 8 milliards de DH, qui seront totalement décaissés par Saham sans endettement.

L’actionnariat actuel de la Société Générale Maroc se compose comme suit (source : AMMC / SGMB) :

En quelques mois, avec CDM, deux des trois banques françaises installées au Maroc passent donc sous giron marocain.

Notons que notre confrère Maroc Hebdo a été le premier à révéler cette information. Ci-dessus, nous apportons des précisions importantes qui complètent cet article.

https://medias24.com/2023/06/08/le-groupe-societe-generale-cede-4-de-ses-filiales-sub-sahariennes/

L’acquisition de Majorel par Teleperformance est actée, donnant naissance à un géant mondial

Le 20 octobre, le groupe Teleperformance a annoncé dans le cadre d’une OPA sur Majorel, dont la période d’offre s’est étendue du 14 août au 20 octobre, que 98.448.171 actions représentant environ 98,45% du capital social en circulation de Majorel ont été apportées, et que toutes les autres conditions de l’offre (y compris l’obtention des autorisations des autorités antitrust) ont été satisfaites. En termes de valeur, l’apport a été évalué à 2,95 milliards d’euros.

En conséquence, Teleperformance déclare l’offre inconditionnelle et indique que la période post-acceptation débutera à compter du 23 octobre 2023 pour une durée de deux semaines. « Les actionnaires qui n’ont pas apporté leurs actions pendant la période d’offre pourront apporter leurs actions pendant la période post-acceptation, qui débutera le 23 octobre 2023, à 9h00 (UCT+1), et se terminera le 3 novembre 2023, à 17h40 (UTC+1) », précise Teleperformance.

Rappelons que le 11 août dernier, Teleperformance avait annoncé avoir élaboré une offre volontaire d’acquisition en cash et en titres pour l’intégralité des actions de Majorel. La société proposait 30 euros par action, soit un montant total de 3 milliards d’euros pour racheter Majorel.

Les modalités de versement

Dans son communiqué du 20 octobre, le groupe Teleperformance annonce qu’il versera la contrepartie en numéraire, à la première date de règlement, aux actionnaires qui auront « valablement apporté leurs actions contre le paiement en numéraire pendant la période d’offre ». La date du premier règlement a été fixée au 27 octobre. Une contrepartie en espèces sera réglée à cette date au prix de 30 euros par action.

Les actionnaires n’ayant pas apporté leurs actions lors de cette période de post-acceptation auront la possibilité d’apporter leurs actions, dans les mêmes modalités et conditions applicables à l’offre telles que définies. Le groupe acquéreur annonce qu’il renseignera « publiquement les résultats de la période post-acceptation, ainsi que le nombre total et le pourcentage total d’actions qu’il détient ».

Dans un second temps, Teleperformance annonce qu’il versera la contrepartie en numéraire à la deuxième date de règlement aux actionnaires qui « auront valablement apporté leurs actions contre la contrepartie en numéraire pendant la période post-acceptation ».

Enfin, à la suite de ce second règlement, et si l’intégralité des actions n’est pas récoltée, le groupe se réserve le droit « d’utiliser toute méthode légalement autorisée pour acquérir la totalité des actions ou la pleine propriété de l’activité de Majorel ». Cela passerait notamment par une procédure de retrait obligatoire en vertu de la loi luxembourgeoise. En effet, détenant plus de 95% des titres, le groupe Teleperformance pourrait exiger des détenteurs des titres restants qu’ils les lui vendent à un juste prix. Actuellement, nul ne sait s’il le fera ou non. Cependant, le groupe précise ne pas avoir l’intention de « proposer dans le cadre de la procédure de retrait obligatoire une contrepartie à payer ou à recevoir par les actionnaires à des conditions financières supérieures que celles dans le cadre de l’offre actuelle ». En somme, ils ne paieraient pas plus de 30 euros l’action.

La naissance d’un géant à 12 milliards d’euros de revenus

Ce deal vient notamment concurrencer une autre opération d’envergure annoncée le 29  mars 2023. Il s’agit du groupe Webhelp et du groupe Concentrix qui avaient annoncé un projet de fusion devant donner naissance à un nouveau leader mondial qui allait détrôner Teleperformance, en dépassant les 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce projet était soumis aux autorisations réglementaires.

Désormais, la combinaison Teleperformance-Majorel donnera naissance à un groupe de 11 à 12 milliards de dollars de revenus dans les services aux entreprises en solutions digitales, avec une présence forte dans toutes les grandes économies du monde.

Notons que depuis l’annonce du projet d’acquisition de Majorel par Teleperformance, le cours du premier a bondi. Depuis le début de l’année, il affiche une progression de plus de 45% à 29,9 euros. Un cours cependant toujours inférieur à celui d’introduction en bourse de Majorel, mais qui s’est stabilisé dans le temps.

Pour rappel, Bertelsmann et Saham détiennent chacun 39,49% des actions et des droits de vote de Majorel. Ils se sont engagés irrévocablement à apporter la totalité de leurs actions à l’offre et à choisir de recevoir des actions Teleperformance en rémunération. Ils pourraient recevoir entre 3,7 M et 4,6 M d’actions Teleperformance (entre c.5,7% et c.7,2% de Teleperformance post-opération), en fonction des élections des autres actionnaires de Majorel, le solde de la contrepartie étant versé en numéraire.

Pour rappel, les deux principaux actionnaires de Majorel se sont engagés à ne pas vendre leurs actions Teleperformance qu’ils recevront sur une période de 12 mois (un tiers des actions sera cessible tous les trois mois, à compter de 6 mois après le closing). En d’autres termes, Moulay Hafid Elalamy deviendra actionnaire de Teleperformance, mais ne pourra pas sortir avant 12 mois au plus tôt.

Intégration locale, décarbonation: les deux atouts du Maroc dans la stratégie automobile

Profitant du tissu industriel bâti au cours des dernières années et de la confiance grandissante des constructeurs automobiles mondiaux en l’expertise marocaine, le royaume ambitionne de continuer sur sa lancée pour faire partie des hubs mondiaux les plus compétitifs du secteur automobile. Pour ce faire, le ministère a identifié deux volets importants pour améliorer la compétitivité du pays, à savoir l’intégration locale et la transition énergétique.

Intégration locale en profondeur

Pour développer l’intégration locale de l’industrie automobile, le ministère a commencé par décortiquer la chaîne de valeurs du secteur, et a procédé ensuite à la détection et à l’identification des chaînons manquants de l’industrie.

Selon Kenza El Alaoui, directrice des industries de l’automobile au sein du ministère, un travail de plusieurs mois a été effectué avec les acteurs internationaux et nationaux pour consolider tous les prérequis de cette intégration. Ainsi, à titre d’exemple, « l’intérieur du véhicule regroupe plusieurs pièces en plastique qui sont à base de polypropylène. Nous avons travaillé pour intégrer l’industrie polypropylène au Maroc et l’investissement est bien confirmé », illustre-t-elle.

Décarbonation et compétitivité

Afin de réduire l’empreinte énergétique du secteur, le ministère a développé, en collaboration avec les constructeurs, des écosystèmes verts. « On a développé une offre d’énergies renouvelables très compétitive, c’est-à-dire avec des opérateurs privés. Nous avons pu développer une offre qui peut aller jusqu’à 30% par rapport à l’énergie conventionnelle », explique la directrice des industries de l’automobile au sein du ministère,

Conçue au départ dans un souci de respect de l’environnement, la transition énergétique est un atout majeur pour la compétitivité du secteur automobile marocain.

En effet, face à la taxe carbone à laquelle l’Union européenne, premier client du Maroc, compte soumettre ses importations, la décarbonation devient une nécessité pour l’industrie qui permettra aux exportateurs marocains de maintenir leur accès au marché européen.

« Il faut absolument continuer en compétitivité et ne jamais s’arrêter. Ce n’est pas parce que nous sommes aujourd’hui catalogués en tant que 3èmes en termes de compétitivité, qu’il faut ralentir. Il faut accélérer, au contraire, et essayer de rattraper les deux qui sont devant nous », a ajouté le ministre Moulay Hafid Elalamy.