Campagne d’exploration 2025 : Aya Gold and Silver matérialise le potentiel de croissance de ses actifs

La compagnie minière Aya Gold and Silver a dévoilé les résultats de ses travaux d’exploration menés en 2025 sur ses deux principaux actifs miniers, la mine de Zgounder et le gisement de Boumadine.

« Plus de 175.000 mètres de forage, combinés à des technologies de pointe, ont été essentiels à ces résultats et à l’identification de nouvelles opportunités », a déclaré Benoît La Salle, président et chef de la direction d’Aya.

Zgounder : indices polymétalliques prometteurs aux abords de la mine

À proximité de sa mine de Zgounder, située dans les communes d’Askaoune et de Taouyalte, Aya a étendu son périmètre d’exploration en ajoutant six nouveaux permis, ce qui a porté la superficie totale de la zone d’exploration de Zgounder à 378,8 km².

Cette expansion stratégique vise à identifier de nouvelles ressources minières aux alentours du gisement principal. L’objectif est d’augmenter les réserves actuelles, estimées actuellement à environ 73 millions d’onces d’argent et, ainsi, d’étendre la durée de vie de la mine au-delà des 11 ans prévus.

Au cours de l’exercice 2025, Aya a réalisé un total 28.495 m de forages, un volume qui dépasse largement l’objectif annuel qui était fixé entre 20.000 et 25.000 m à Zgounder.

En profondeur, les forages ont confirmé une minéralisation argentifère étendue sur 250 m, présentant des teneurs exceptionnellement élevées. Les résultats les plus marquants incluent une intersection présentant une teneur de 1.756 g/t d’argent sur 4,5 m, dont une partie enrichie de 6.800 g/t d’argent sur 1 m.

Au niveau de la mine à ciel ouvert, qui contribue de façon significative à la production actuelle, les forages ont validé la continuité de la minéralisation vers le sud et le nord. Cette zone présente des intersections à haute teneur avec des épaisseurs plus importantes qu’en profondeur, comme en témoigne le sondage ayant révélé 1.001 g/t d’argent sur une épaisseur de 28 m, dont une portion titrant  2.787 g/t d’argent sur une épaisseur de 7 m.

Parallèlement, les campagnes d’exploration se sont étendues aux zones périphériques dans un rayon de 500 m autour du gisement principal. Au nord de Zgounder, les forages ont ciblé un contact prometteur qui attend encore les résultats d’analyses. Dans le secteur d’Iriri, les analyses des sondages ont révélé des indices aurifères anormaux.

En revanche, les résultats d’analyse des sondages dans la zone de Tachakchte n’ont pas démontré de continuité minéralisée en profondeur. De même, les sondages effectués dans les zones d’Aït Nebdas Est et Ouest ont recoupé des intervalles argentifères anomaux, bien que leurs teneurs restent inférieures à celles observées en surface.

Boumadine : des minéralisations à hautes teneurs renforcent le potentiel du projet de la mine

Dans la région de Boumadine, située au sud de Tinejdad, Aya a consolidé son périmètre en 2025 par l’ajout de 10 nouveaux permis d’exploration. Cette acquisition porte la superficie totale de la zone d’exploration de Boumadine à 340,7 km².

Dans le cadre de la campagne d’exploration 2025, la compagnie a réalisé 569 forages totalisant 150.325 m sur le gisement principal de Boumadine et d’autres cibles environnantes.

Les résultats de ces forages ont permis de découvrir des minéralisations à très haute teneur, semblables à celles de Zgounder (supérieures à 1 kg/t), et constituent les plus importantes découvertes d’Aya sur ce projet.  À cela s’ajoute la découverte, dans la zone d’Asirem, d’un potentiel en or et en cuivre, avec des teneurs atteignant jusqu’à 12,20 g/t d’or et 4,1 % de cuivre.

Ces découvertes réalisées en 2025 n’ont pas été incluses dans l’évaluation économique préliminaire du projet de la mine de Boumadine, ce qui laisse entrevoir un potentiel de développement supplémentaire important pour ce projet minier dont le début de production est prévu vers 2030.

Contrairement à la mine de Zgounder, le gisement de Boumadine cible une ressource différente correspondant à des veines de sulfures. Après traitement, elles devraient permettre la production d’au moins quatre métaux, via l’exploitation de trois mines souterraines et de six mines à ciel ouvert.

Dès 2026, la compagnie devrait lancer les études de faisabilité afin de confirmer l’évaluation économique préliminaire (PEA). Celle-ci table sur des revenus totaux de 7 milliards de dollars (sur la base des cours de référence des métaux) et un retour sur investissement en 2,1 ans. Une finalisation positive de ces études de faisabilité pourrait permettre le lancement de la construction de la mine dès 2027.

2025, une année d’excellence opérationnelle pour Aya Gold and Silver

« En 2025, nos programmes d’exploration à Zgounder et Boumadine ont démontré notre leadership dans ce domaine, soutenu la croissance de nos actifs, produit des résultats exceptionnels et mis en évidence le potentiel d’accroître significativement la production d’onces à haute teneur à court terme », a souligné Benoît La Salle.

L’année 2025 s’est distinguée par des performances exceptionnelles d’Aya Gold and Silver, portées par un record de production annuelle de la mine de Zgounder, qui a franchi le seuil des 5 millions d’onces, et la réalisation de l’évaluation économique préliminaire (PEA) qui trace la voie vers la construction de la mine de Boumadine.

Forte de ces résultats, Aya Gold & Silver a annoncé, dans un communiqué publié le 20 janvier 2025, avoir atteint l’achèvement financier (financial completion) de son prêt de 100 millions de dollars contracté auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Ce financement, dédié à l’expansion de la mine d’argent de Zgounder au Maroc, a permis de basculer vers un prêt corporatif à la suite de la mise en service réussie du projet d’expansion, ainsi que du respect des engagements financiers et du plan d’action environnemental et social.

Le marché du plomb : une fausse accalmie avant la tempête ?

L’année 2026 a débuté par la flambée de plusieurs métaux précieux et stratégiques, portée par l’or, l’argent et le cuivre.

Le cours du plomb, lui, a légèrement remonté après être passé sous le seuil des 2.000 dollars la tonne en novembre 2025. Marqué par une volatilité périodique, ce métal de base entre dans plusieurs segments de l’industrie, ce qui lui confère une place stratégique sur les marchés.

Évolution du cours du plomb dans le marché des métaux de Londres (LME).

Son allié chimique, l’étain, s’est quant à lui distingué par une montée puissante, dépassant le seuil des 50.000 dollars la tonne, alors qu’il dépassait rarement la barre des 35.000 dollars en 2024.

La production nationale : un ancrage historique à l’épreuve de la volatilité

 Le Maroc occupe une place prépondérante sur l’échiquier minier : il se classe au 20ᵉ rang mondial et s’impose comme le 2ᵉ producteur africain de plomb. L’histoire du secteur minier témoigne d’ailleurs du rôle central que ce métal a joué dans l’industrie nationale tout au long du siècle dernier.

Auparavant, le Maroc tirait profit non seulement de l’extraction de minerai, mais également de la valorisation à travers une fonderie qui n’a pas pu survivre à cause de la chute des cours des métaux. En 1960, il représentait plus de 21% de la valeur des produits miniers marocains, hors phosphates.

Aujourd’hui, le leadership national est assuré par la Compagnie minière de Touissit (CMT) via son site minier de Tighza. Cette mine historique fait figure d’exception, car elle est l’une des rares au Maroc à avoir maintenu une activité ininterrompue depuis 1956.

La mine de Tighza produit en moyenne 23.885 tonnes de concentré de plomb par an, auxquelles s’ajoute l’extraction de métaux associés tels que le zinc et l’argent.

En attente des résultats du quatrième trimestre de 2025, l’année 2025 affiche une dynamique positive avec une production de concentré ayant atteint 20.985 t sur la période de janvier à septembre 2025, soit une hausse de 15%. La conjonction de la flambée de l’argent et de la stabilisation des cours du plomb devrait logiquement permettre à la mine de réaliser de solides performances au quatrième trimestre 2025 et au premier trimestre 2026.

En seconde position, le groupe Managem, à travers son site polymétallique de Guemassa, complète l’offre nationale avec une production de 7.668 t de concentré de plomb.

Cours du plomb : une valeur boursière en deçà de sa valeur stratégique

En 2025, les cours du plomb se sont généralement situés en dessous du seuil de 2.000 dollars la tonne. Cette tendance marque un léger repli par rapport aux niveaux observés en 2024, où les prix se maintenaient généralement au-dessus de ce seuil.

Début 2026, les prix sur le marché des métaux de Shanghai (SMM) ont dépassé ceux de la bourse des métaux de Londres (LME).

D’après le marché des métaux de Shanghai, les stocks détenus par les sociétés minières et les fonderies ont chuté à leur plus bas niveau depuis 16 mois, une situation aggravée par des maintenances industrielles des fonderies qui limitent la production de lingots.

Cette situation s’explique principalement par la volatilité des stratégies commerciales des fournisseurs sur le marché chinois. Face à l’incertitude, certaines fonderies ont liquidé leurs stocks par crainte d’une baisse des prix, tandis que d’autres ont conservé leurs marchandises en anticipant une hausse.

S’ajoute à cela le fait que les acheteurs en aval se sont principalement approvisionnés via des contrats à long terme. Si certains ont profité des baisses de prix pour constituer des stocks, les transactions au comptant sont restées faibles. Cette faible activité s’explique notamment par l’optimisme des fournisseurs et leur réticence à vendre, limitant ainsi l’offre disponible sur le marché au comptant.

La volatilité du marché du plomb peut provoquer de soudaines pénuries d’approvisionnement. Ce fut le cas en 2018, lorsque le cours a dépassé 2.800 dollars la tonne, un impact fortement ressenti par les industriels marocains.

Contrairement à l’idée reçue qui limite son rôle à la fabrication des batteries, le plomb présente de nombreuses applications stratégiques dans l’industrie. En plus d’être utilisé comme alliage, il sert de précurseur pour la production de métaux critiques comme le cuivre, l’étain et le platine. Il joue également un rôle clé dans le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et compte plus de vingt applications essentielles dans les secteurs de l’industrie aérospatiale et de la défense.

Par ailleurs, son utilisation dans les batteries ne devrait pas décliner, malgré le développement de nouvelles technologies telles que les batteries LFP et NMC. Les batteries au plomb devraient représenter environ 7% de la demande dans le domaine du stockage stationnaire d’énergie (BESS) à l’horizon de 2035.

Dans le plomb, un concentré de valeur

Au Maroc, les indices plombifères sont abondants et présentent souvent un caractère polymétallique. Ils sont fréquemment associés au zinc et à l’argent, mais également à des métaux précieux (comme l’or ou le cuivre) ou critiques (nickel, cobalt, antimoine…).

Le projet minier de Boumadine, dont l’exploitation industrielle devrait débuter à l’horizon 2030, incarne une nouvelle génération de mines au Maroc axée sur l’exploitation de plusieurs métaux. L’unité de traitement prévue permettrait de produire trois types de concentrés : plomb, zinc et pyrite (sulfure de fer).

Par la suite, les concentrés à forte teneur en or et en argent pourraient être commercialisés directement auprès de fonderies spécialisées, ou traités localement.

À cet égard, des négociations sont en cours avec l’État pour la construction d’une fonderie dans la région de la mine. Cette infrastructure permettrait de séparer et de valoriser localement l’argent, l’or, le plomb et le zinc de Boumadine, captant ainsi la valeur ajoutée sur le territoire national au lieu d’exporter des concentrés bruts – un modèle où la marge bénéficiaire profite historiquement aux pays transformateurs.

En attendant l’aboutissement d’une fonderie, ces concentrés, quoique n’étant pas du métal pur, bénéficient d’un marché porteur en Chine. Leur haute commercialité est due à la présence de fonderies à grande capacité, spécialisées dans leur affinage en or ou en argent natif.

La compagnie canadienne a d’ailleurs démontré la rentabilité du projet récemment. Entre novembre et décembre 2025, le traitement de 13.498 t de stocks historiques (laissés par l’ancien exploitant du plomb) a livré des résultats probants. Avec des teneurs moyennes de 192 g/t d’argent et 2,87 g/t d’or, cette exploitation a permis de produire un total de 1.245 onces d’or (environ 38 kg) et 83.480 onces d’argent (environ 2,5 t).

Cuivre, plomb et argent : Steadright accélère son expansion avec un nouveau projet d’exploration (Province de Tinghir)

L’entreprise de développement minier Steadright s’apprête à lancer un nouveau projet d’exploration minière au Maroc, annonce-t-elle ce jeudi 8 janvier 2026.

Situé dans la province de Tinghir, ce troisième projet fait suite au projet d’exploitation du titane à Cap Juby de Tarfaya et au redéveloppement de l’ancienne mine de Goundafa, dans la province du Haouz.

« Nous croyons fermement au potentiel du cuivre et nous avons hâte de commencer l’exploration de ce gisement », a déclaré Matt Lewis, PDG de Steadright.

À cet effet, Steadright a acquis une participation dans le projet via son partenaire dans le projet du titane, la société canadienne Critical Foundation Metals. La transaction prévoit l’émission de 4 millions d’actions ordinaires pour l’acquisition de 75% du permis d’exploration n° 3843143 auprès d’une société marocaine, par l’intermédiaire de leur coentreprise NSM Capital Sarl.

Sur le plan métallogénique, le permis acquis abrite une minéralisation de cuivre et de plomb, ainsi que des teneurs importantes en argent au sein de formations sédimentaires. Plusieurs de ces occurrences ont fait l’objet d’exploitations artisanales par le passé.

Des analyses réalisées par le précédent opérateur du permis ont révélé des teneurs exceptionnellement élevées, atteignant jusqu’à 3% de cuivre, 46,34% de plomb et 48 g/t d’argent.

Au cours des prochains mois, Steadright prévoit d’entamer les travaux d’exploration et d’analyses géochimiques sur les zones prioritaires. Ces étapes précéderont les levés géophysiques, qui permettront de définir un premier programme de forage afin de tester les cibles identifiées et ainsi les premières évaluations du gite.

Steadright estime que ce gisement présente des similitudes avec la mine de Zgounder, opérée par Aya Gold & Silver, et considère que ce projet s’inscrit dans la lignée des opportunités majeures de la région.

Rappelons que Steadright prévoit de débuter la production de titane près de Tarfaya, sur un site à ciel ouvert. Le minerai sera ensuite acheminé vers une usine de traitement qui, à pleine capacité, devrait produire plus de 30.000 tonnes de titane par mois, après une première phase à 15.000 tonnes.

Cours élevés et restrictions chinoises : comment le Maroc peut-il capter la valeur ajoutée de l’argent ?

La fin de l’année 2025 a été marquée par un record historique des prix de l’argent, qui ont atteint pour la première fois le seuil des 80 dollars l’once. Le cours de l’argent a légèrement diminué début 2026, mais se maintient à un niveau stratégique, constituant l’une de ses meilleures performances depuis 1979.

Évolution annuelle des cours de l’argent (source : Trading Economics).

Cette montée s’est accompagnée de plusieurs rumeurs, comme celle selon laquelle plusieurs grandes banques, notamment américaines, détiendraient une position courte nette largement supérieure aux stocks enregistrés dans les cours de métaux internationaux.

Loin de s’expliquer par la seule spéculation ou par un nouveau « Silver Thursday« , le cours de l’argent a connu en 2025 une hausse spectaculaire et inattendue, cumulant aujourd’hui une augmentation de 150%, portée par une demande industrielle croissante (secteur électronique, panneaux solaires, alliages…).

S’ajoute à ce contexte la décision de la Chine (3ᵉ producteur mondial) de limiter, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les exportations d’argent, ce qui risque de peser sur l’offre mondiale. Pour la Chine, cette nouvelle décision fait passer l’argent au statut de « matériau stratégique« , le plaçant au même niveau que celui des terres rares.

En 2026, le cours de l’argent devrait logiquement poursuivre sa tendance haussière en raison d’un contexte géopolitique incertain. En l’absence de détente sur le marché des métaux, plusieurs analystes anticipent que le prix de l’argent pourrait franchir la barre des 100 dollars l’once.

Quelles retombées sur le secteur minier national ?

En tant que premier producteur africain, le Maroc devrait bénéficier directement de la hausse des prix de l’argent, particulièrement marquée au second semestre 2025.

En effet, le leadership régional du Royaume ne repose pas seulement sur ses volumes de production, mais aussi sur la typologie de ses mines. Alors que 72% de l’offre mondiale proviennent de mines où l’argent n’est qu’un sous-produit, le Maroc dispose de deux grands gisements où l’argent est le produit principal (mines primaires).

La mine d’Imiter, site historique majeur, devrait continuer de stabiliser la production nationale grâce à des réserves offrant une visibilité de plus de douze ans d’exploitation. Cette longévité offre à son exploitant, la Société métallurgique d’Imiter (SMI), une marge de manœuvre confortable pour explorer de nouvelles ressources dans cette zone au potentiel minier exceptionnel. Depuis quelques années, la SMI développe le retraitement des stériles, venant compléter l’exploitation souterraine et celle à ciel ouvert.

Dans les années à venir, la SMI devrait consolider sa production autour de 140 tonnes, bien que l’année 2024 ait connu un léger repli (127 tonnes).

L’année 2025 a été marquée par la montée en puissance de la mine de Zgounder d’Aya, dont la production devrait frôler les 5 millions d’onces, environ 155 tonnes (le cap des 3 millions ayant déjà été franchi, dans l’attente des résultats du quatrième trimestre d’Aya).

En 2026, la mine de Zgounder devrait viser l’objectif de 6 millions d’onces, une position qui devrait permettre de consolider un doublement de la production argentifère nationale dans un contexte international très favorable au moins dans les dix prochaines années.

Malgré son statut de leader, le Maroc n’a pas encore révélé tout son potentiel

La diversité minière du Maroc permet également de produire de l’argent en tant que coproduit d’autres substances. La contribution la plus importante provient de la mine de Tighza, exploitée par la Compagnie minière de Touissit (CMT), qui extrait environ 34 tonnes d’argent en plus de sa production principale de plomb qui dépasse les 23.000 tonnes de concentré.

Malgré une production déjà importante, le potentiel argentifère du Maroc demeure sous-exploré, avec des centaines d’indices miniers et une dizaine de projets argentifères primaires ou en sous-produit avec d’autres métaux comme le cuivre ou l’or (projets d’exploration Addana, Taliouine, Akka n’Oulili, Tata, Agdez…).

Carte montrant la répartition des indices miniers d’argent au Maroc.

La hausse marquée des cours de l’argent devrait attirer de nouveaux investissements d’exploration argentifère portés par le début récent du développement du mégaprojet de Boumadine, où l’argent sera un sous-produit majeur, pour un début de production prévu en 2030.

Situé aux environs de Tinejdad et porté par la compagnie canadienne Aya Gold & Silver, ce projet devrait ouvrir la voie à la production de quatre métaux (plomb, zinc, argent et or). Avec un gisement trois fois plus grand et des ressources estimées à 450 millions d’onces d’équivalent argent, il permettra une production double de celle de la mine de Zgounder.

L’évaluation économique préliminaire fait état de 7 milliards de dollars sur un scénario de base conservateur (or à 2.800 dollars et argent à 30 dollars), sachant que le prix actuel est le double et devrait, selon les prévisions, continuer d’augmenter dans les années à venir.

En attendant la construction de la mine, Aya a commencé la commercialisation de la pyrite issue des rejets miniers, dans un contexte mondial de hausse de la demande en soufre qui lui permettra de financer les prochaines étapes menant à la décision finale d’investissement (FID).

Les opportunités du marché devraient être saisies par la valorisation

Aujourd’hui, si le marché international craint les restrictions imposées par la Chine, bien qu’elle ne soit pas le premier producteur d’argent, c’est parce qu’elle dispose de capacités de raffinage et de transformation supérieures à celles de nombreux pays, ce qui lui confère une position stratégique.

Au Maroc, la production minière a évolué, dépassant le simple stade du concentré pour aller vers des formes à haute teneur, sous forme de lingots. Cependant, face à une demande mondiale forte et diversifiée, il est impératif de monter en puissance dans le raffinage et la transformation.

Aya Gold and Silver a déjà engagé des discussions avec l’État pour envisager, au-delà du post-traitement, la création d’une fonderie en parallèle au projet de Boumadine. Celle-ci permettrait de mieux valoriser l’argent extrait comme sous-produit dans cette région minière riche et diversifiée. Ce besoin est illustré par l’exemple concret de la CADETAF, qui regroupe des activités minières artisanales, mais ne parvient pas à maximiser la valeur de ses produits en l’absence de capacité de transformation locale.

Actuellement, la dynamique minière marocaine tourne encore au ralenti. Elle nécessite plus que jamais l’adoption du nouveau Code minier qui, en 2026, peine encore à voir le jour. L’enjeu clé de cette réforme est de dissocier la licence de valorisation de la licence d’exploitation, une mesure qui pourrait attirer des investissements dans un secteur encore peu mature.

Il faut également attendre la publication de ses textes d’application, notamment celui relatif à la commission fixant la liste des minerais critiques et stratégiques.

De son côté, l’arrivée du cadastre minier, attendue avant la fin du premier trimestre, devrait à la fois stimuler les investissements dans l’exploration et poser les bases stratégiques nécessaires pour orienter les capitaux vers la valorisation en aval et réduire ainsi l’écart entre la mine et l’industrie.

De la mine au panneau solaire : l’atout caché du Maroc pour conquérir l’industrie photovoltaïque

Le projet récemment annoncé d’une usine de polysilicium à Tan-Tan ouvre la voie à la production d’un élément central de la fabrication des panneaux photovoltaïques. Le sous-sol marocain dispose d’autres potentialités minières qui laissent entrevoir un fort taux d’intégration locale, faisant de cette filière un horizon prometteur pour l’industrie nationale. Cette perspective est confortée par une demande globale appelée à augmenter avec la volonté des pays d’atteindre la neutralité carbone.

Aujourd’hui, le transfert technologique en cours au sein de la chaîne de valeur marocaine des batteries, qui se matérialisera par la première Gigafactory d’Afrique, démontre la capacité du Maroc à développer en parallèle cette filière et à bâtir une notoriété régionale.

En plus de la forte demande internationale, la demande nationale en énergie photovoltaïque devrait également s’accroître. Cette augmentation est attendue notamment après le récent déblocage de l’autoproduction, bien que celui-ci soit limité, et face à l’orientation des grandes industries vers l’autoproduction. Le groupe OCP en est un exemple notable, ayant récemment initié le déploiement de la plus grande capacité d’énergie photovoltaïque au Maroc.

À l’horizon 2028, la seule demande en photovoltaïque au Maroc devrait couvrir des capacités estimées entre 2,97 GW et 4,35 GW, selon les prévisions de Solar Power Europe.

Quel capital minier est disponible pour lancer une filière photovoltaïque Made in Morocco ?

Le Maroc dispose d’un avantage stratégique significatif pour bâtir une filière photovoltaïque intégrée, car l’ensemble des minerais critiques nécessaires à la fabrication des panneaux et de leurs systèmes est présent localement, à l’exception de l’aluminium.

Composition d’un panneau photvoltaique.

Environ 75% de la valeur économique des modules en silicium cristallin proviennent de quatre minéraux : le silicium, l’argent, l’aluminium et le cuivre (le reste provient principalement des polymères).

En ce qui concerne le silicium, le Maroc est bien positionné pour sécuriser, dans les prochaines années, cette matière première de base des cellules photovoltaïques grâce au projet Sondiale qui permettra la production annuelle de 30.000 tonnes de silicium.

Répartition, en poids, des métaux utilisés dans un module photovoltaique.

En second lieu, l’argent, dont le Maroc est le premier producteur africain, est un composant vital des pâtes conductrices utilisées pour optimiser le rendement des cellules. En effet, même s’il représente une part mineure en poids, l’argent constitue en revanche 15 à 20 % du coût d’une cellule photovoltaïque.

Les réserves marocaines en cuivre et en étain constituent un autre pilier pour l’efficacité électrique des panneaux photovoltaïques. Le premier est la clé de voûte des réseaux de câblage et des systèmes BOS, offrant une conductibilité efficiente. Le second entre quant à lui dans la composition des alliages de soudure, garantissant des connexions permanentes et fiables entre les cellules photovoltaïques.

L’indium, sous-produit des mines de zinc et de cuivre, offre un potentiel stratégique. Utilisé dans les revêtements conducteurs transparents (ITO) des cellules photovoltaïques performantes, il améliore la transmission lumineuse et la conductivité, justifiant le développement d’unités de valorisation dédiées pour extraire ce sous-produit.

Un autre élément également produit en quantité importante au Maroc est le plomb. Celui-ci constitue une part importante des conceptions actuelles et futures de panneaux solaires, où il entre dans le revêtement des rubans de cuivre qui connectent les cellules à l’intérieur des modules photovoltaïques.

Quant à l’aluminium, nécessaire aux cadres et aux structures de montage, l’absence de gisement de bauxite au Maroc ne constitue pas un frein. Ce métal, largement disponible sur le marché international et hautement recyclable, reste accessible à des coûts compétitifs sans nécessiter une extraction locale.

Qu’en est-il des autres types de panneaux solaires ?

Il existe également la technologie des couches minces utilisant des matières premières différentes. Après le silicium cristallin, la technologie la plus répandue est celle au tellurure de cadmium (CdTe). Le cadmium est un sous-produit de l’extraction du zinc, tandis que le tellure, plus rare, peut provenir du raffinage du cuivre.

On trouve également des panneaux à base de cuivre, indium, gallium et sélénium (CIGS). L’indium et le gallium sont des éléments relativement rares, obtenus respectivement comme sous-produits du zinc et de l’aluminium. Le sélénium est aussi un sous-produit du raffinage du cuivre.

Pour ces deux technologies, la nécessité de combiner plusieurs éléments rend la production de masse plus complexe et coûteuse.

Le Maroc, avec ses importantes mines de cuivre et de zinc, joue un rôle croissant dans cette chaîne de valeur. Le pays développe activement la valorisation de ses sous-produits miniers, notamment à travers le groupe Managem. Celui-ci prévoit notamment la construction d’une fonderie de cuivre, un projet qui permettra de mieux exploiter et commercialiser ces éléments critiques pour l’industrie photovoltaïque.

Surcapacités et chute des coûts : un marché mondial sous haute tension, dominé par la Chine

À l’image du secteur des batteries, la Chine exerce une supériorité incontestée sur l’intégralité de la chaîne de valeur du solaire photovoltaïque, dictant le rythme industriel de l’amont à l’aval.

Cette domination se traduit par un contrôle quasi total de chaque étape de transformation : de la purification du polysilicium à la découpe des plaquettes (wafers), jusqu’à la fabrication des cellules et l’assemblage des modules finis.

Les entreprises chinoises saturent ainsi les dix premiers rangs mondiaux en matière de capacité de production, s’arrogeant des parts de marché, ce qui place le reste du monde dans une situation de dépendance structurelle vis-à-vis de l’outil industriel de Pékin pour sa transition énergétique.

Lorsqu’on examine le top 10 des cinq segments industriels du photovoltaïque (polysilicium, lingots, wafers, cellules et modules), on n’y trouve que trois entreprises non chinoises. Il s’agit de deux entreprises canadiennes, spécialisées dans la fabrication des cellules et des modules, et d’une entreprise allemande, spécialisée dans la production de polysilicium.

Les entreprises chinoises saturent ainsi les premiers rangs mondiaux en matière de capacité, s’arrogeant des parts de marché écrasantes, ce qui place le reste du monde dans une situation de dépendance structurelle vis-à-vis des mégacapacités industrielles de Pékin.

L’avantage compétitif de la Chine transcende la simple réalisation d’économies d’échelle et la domination de la chaîne d’approvisionnement. Il est intrinsèquement lié à une dynamique d’innovation technologique qui vise l’amélioration des rendements et l’optimisation des ressources par la réduction de l’utilisation des matières premières et la perfection des processus industriels.

Comment le Maroc peut-il s’imposer sur ce marché de niche ultra-concurrentiel ?

Dans le contexte actuel, les nouveaux entrants peinent à se positionner sur le marché, freinés par une concurrence agressive qui privilégie souvent la vente à perte. Or, malgré la domination chinoise sur le marché, les États-Unis imposent périodiquement des restrictions sur les panneaux solaires chinois. Ces mesures créent une marge d’opportunités pour des nouveaux acteurs.

Au Maroc, les projets de valorisation minière devront permettre de sécuriser l’approvisionnement en matières premières et de placer le Maroc comme une future destination opportune pour cette industrie verte.

Ces projets, d’une grande importance, permettent de produire des matériaux de pureté moyenne à très élevée, directement adaptés aux besoins industriels. Bien que les procédés puissent paraître simples sur le plan théorique, leur certification, particulièrement pour les industries de haute technologien exige un temps considérable et des moyens substantiels avant toute utilisation effective dans l’industrie.

Pour être compétitif à l’échelle régionale, le Maroc devra d’abord bâtir une solide notoriété et développer une expertise reconnue. Un transfert technologique s’avère en effet indispensable pour une industrie à haute valeur ajoutée comme celle du solaire.

Le développement de cette filière gagnerait à être envisagé de manière progressive. Une première étape stratégique consisterait à cibler prioritairement le marché intérieur, dont la demande est forte et croissante, notamment dans le secteur agricole pour l’irrigation. L’énergie solaire pourrait ainsi se substituer à l’utilisation coûteuse de bonbonnes de gaz subventionnées. En consolidant d’abord une solide notoriété locale, le Maroc disposerait alors d’un tremplin pour conquérir de nouveaux marchés à l’échelle régionale.

Le recyclage des panneaux photovoltaïques, une opportunité à double effet

Bien que longue, la durée de vie des panneaux solaires est limitée. Aujourd’hui, les procédés de recyclage ont avancé pour permettre la récupération de jusqu’à 94 % des matières présentes dans un panneau solaire, offrant ainsi davantage d’opportunités économiques et évitant le rejet dans la nature, réduisant ainsi son impact environnemental.

En plus de leur réutilisation dans la fabrication de nouveaux panneaux solaires, chaque composant présente de multiples débouchés industriels. Le cuivre, par exemple, est un élément central de l’industrie électrique. Quant au silicium, il peut être recyclé jusqu’à quatre fois pour la production de nouveaux modules.

Le recyclage s’appuie sur deux grandes méthodes de traitement : le broyage et la délamination par lame chaude. Cependant, ces technologies nécessitent d’être nettement améliorées pour que le recyclage à grande échelle soit économiquement viable.

En France, Soren est chargé de la collecte et du traitement des panneaux photovoltaïques usagés. Son conseil d’administration est composé des principaux énergéticiens du pays. Financé par une redevance incluse dans le prix d’achat initial, Soren collecte et traite les panneaux en fin de vie via des points de dépôt (pour moins de 40 panneaux) ou par demande d’enlèvement (pour plus de 40 modules).

Précédemment, le CESE s’est autosaisi du sujet de la valorisation des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) où il note que ce potentiel est largement sous-exploité au Maroc, représentant une masse allant jusqu’à 177.000 tonnes.

Pour débloquer ce potentiel, il recommande de revoir le cadre juridique en y intégrant notamment les panneaux solaires, de mettre en place des incitations financières et fiscales, de structurer et professionnaliser l’activité informelle, d’aménager les décharges en plateformes encadrées de tri et de démantèlement, et d’instaurer un étiquetage « ne pas jeter ».

Aya Gold & Silver : de nouvelles ressources argentifères à haute teneur dans la mine de Zgounder

Aya Gold & Silver a annoncé, ce mardi 9 décembre, que la mine de Zgounder continuait de dévoiler de nouvelles ressources argentifères à haute teneur, comme l’attestent les résultats de la dernière campagne de forage menée.

Ces programmes d’exploration, financés par des investissements majeurs, visent à prolonger la durée de vie de la mine au-delà des 11 ans actuels. Ils ont déjà confirmé de nouvelles structures porteuses aux abords de la mine, démontrant que la mine de Zgounder n’a pas encore révélé tout son potentiel.

Benoît La Salle, président-directeur général d’Aya, a précisé que ces résultats confirment une fois de plus la forte continuité de la minéralisation argentière, tant en profondeur qu’autour de la mine à ciel ouvert.

Au cours de cette année, le programme d’exploration par forages a totalisé 21.314 mètres, soit 85% du programme d’exploration prévu lors de 2025. Les derniers résultats communiqués correspondent à 169 sondages, dont 5 par carottage de surface, 54 par carottage souterrain, 48 par forage à circulation inverse et 40 par forage à percussion au moyen d’un marteau à air comprimé.

Au cours de cette campagne, les nouvelles intersections argentifères à haute teneur se répartissent comme suit :

« Par ailleurs, la nouvelle intersection en profondeur près du contact de la faille occidentale étend la minéralisation plus à l’ouest, continuant ainsi de repousser les limites de notre modèle de ressource actuel », a ajouté Benoît La Salle.

Dans la mine de Zgounder, Aya prévoit, avant la fin de l’année, de publier une actualisation du rapport technique qui permettra de quantifier les récentes découvertes menées sur le site, ainsi que ses plans futurs, alors qu’elle compte s’introduire à la bourse américaine durant le premier semestre de l’année prochaine.

Rappelons qu’Aya prévoit d’atteindre cette année une production record d’argent de 5 millions d’onces après la mise en service de son projet d’expansion. Cela lui permettra de dépasser pour la première fois la mine d’Imiter et, par la même occasion, de doubler la production marocaine d’argent, le Maroc étant le premier producteur à l’échelle africaine. Cet objectif reste réalisable, étant donné que la production de Zgounder a déjà dépassé 3 millions d’onces durant les trois premiers trimestres.

How the mining sector is adapting to new economic, social and sustainability demands

The second International Mining Congress in Marrakech ended Wednesday, Nov. 26, with the adoption of Africa’s ESG framework for the mining sector. The initiative will establish the first African OTC corridor, Origin Transit, and Certification, bolstering Morocco’s role as a regional mining leader.

https://youtu.be/wYJKu56Pic0

Several Moroccan mining operators had anticipated the ESG framework, revising strategies over recent years through social and environmental responsibility policies. They are now awaiting a mining reform and an environmental impact study aimed at extending sustainability standards across the country’s operations.

Morocco holds a regional leadership position in mining, but growth potential remains. New opportunities such as self-production could cut operating costs and boost output through greener mining practices.

Emile Detry, associate director at Boston Consulting Group (BCG), said Morocco’s mining competitiveness rests on three pillars: positioning projects at the bottom of the cost curve to offset volatility, building green clusters with refining to advance in the value chain, and securing financing at both national and international levels.

How operators aim to transform Morocco’s mining

Momentum in mining investment is also evident among major Moroccan operators, notably OCP Group, which holds three-quarters of the global phosphate reserves.

OCP Group has set a target of decarbonized production by 2040, outlining several strategic steps: 100% clean energy by 2027, full reliance on unconventional water by 2025, and the production of green ammonia. Beyond these goals, the company is focusing on strengthening the value chain to boost security, productivity and competitiveness.

For OCP, the shift is not only technological but also a full process overhaul. The Group has set out an integrated plan to modernize production from end to end, spanning drilling to the shipment of the final product.

The first effects of the shift will appear with the launch of the new M’Zinda-Safi axis, which includes plans for a next-generation Integrated Remote Operations Center (IROC). The center will oversee operations from extraction to processing, giving shape to Mine 5.0.

The Tizert mine, operated by Managem Group, reflects the rise of a new generation of Moroccan mines that combine technology, sustainability and environmental standards. Recently brought into production, the site utilizes 100% unconventional water and sources its power from clean energy. The green copper project is expected to boost Morocco’s output and underpin Managem’s strategy for critical metals.

Through its engineering arm Reminex, Managem develops sustainability solutions adapted to Morocco’s mining sector, serving both its own sites and other operators. The solutions draw on the group’s laboratories and more than 40 years of experience across mines in Morocco and Africa.

Strategic transformation of the sector underway

Mining projects carry higher investment risks than other sectors and require long development cycles, sometimes stretching up to 15 years. To unlock the full potential of the industry, the country must attract substantial and committed investment.

The long‑awaited digitization of Morocco’s mining cadastre is set to open new investment opportunities. The project aims to deepen subsurface knowledge by using data science to identify promising areas. It is also designed to attract new investors through fully dematerialized procedures that improve transparency and reinforce momentum in the sector.

Yet a digital platform streamlining administrative procedures will not be enough. Mining operators must also be encouraged to develop valorization projects that bring production closer to the raw materials needed by processing industries.

Upstream, ONHYM is promoting mining projects with a recent emphasis on critical metals needed for the energy transition. Exploration teams across the country are building mining indices to reduce risks for operators with the technical and financial capacity. One example is the Zgounder mine, which is expected this year to double Moroccan silver production.

Like in the hydrocarbon sector, ONHYM‘s role is expected to evolve. The office could shift from promoting and developing mining investments to becoming a direct investor, notably through its planned transformation into a public limited company.

Kharrouba Copper Mining: expansion with sustainability at core

Launched as an exploration project in 2008 on a site once operated by French companies during the Protectorate era, Kharrouba Copper Mining has since grown into a copper‑producing operation near Marrakech.

Since 2016, Kharrouba Copper Mining has operated the Jbiel copper mine near Kelaa des Sraghna. A small-scale pilot operation was launched, with support from KCC, a Canadian company that saw strong potential in the Moroccan project.

Backed by exploration investments in trenches and drilling, and supported by geophysics, output has risen to 800 tons of ore per day within a 318 km² mining perimeter that has yet to reveal all its potential.

Culico Metals recently acquired a stake in Kharrouba Copper Mining through a $3 million investment. The deal is enabling Kharrouba Copper Mining to expand output to 1,000 tons of ore per day and to explore new opportunities in the Marrakech region and beyond, with a focus on developing critical metals projects in Morocco.

Confronted with water stress in the arid Jbilet region north of Marrakech, the mine dam was initially fitted with a geomembrane to recycle water. As drought conditions worsened, Kharrouba Copper Mining (KCM) invested in a more efficient recycling system.

The new setup combines a thickening system to reduce sludge with a filter press that recovers water from the plant for reuse in the mining process, cutting operating costs and strengthening water sustainability.

Comment le secteur minier s’adapte aux nouvelles exigences économiques, sociales et durables

La 2e édition du congrès international des mines, qui s’est tenue à Marrakech, s’est clôturée ce mercredi 26 novembre avec comme acquis la concrétisation du cadre africain ESG du secteur minier. Celui-ci permettra de concrétiser le premier corridor africain OTC – Origine, Transit et Certification –, renforçant ainsi la place du Maroc en tant que pays leader dans le secteur minier.

https://youtu.be/wYJKu56Pic0

En effet, plusieurs opérateurs miniers marocains ont anticipé ce cadre ESG en révisant depuis des années leurs stratégies à travers des politiques Responsabilités sociales et environnementales, en attente d’une réforme minière et de l’étude d’impact environnementale imminente généralisant la durabilité des exploitations minières marocaines.

Bien que le Maroc occupe une position de leader régional dans le secteur minier, sa marge de progression reste importante. La saisie de nouvelles opportunités, par exemple l’autoproduction, permettrait non seulement de réduire les coûts opérationnels, mais aussi de valoriser la production à travers un produit minier vert.

Pour Emile Detry, directeur associé au Boston Consulting Group (BCG), la compétitivité minière du Maroc repose sur trois piliers : positionner les projets au bas de la courbe des coûts pour contrer la volatilité, développer des clusters verts intégrant le raffinage pour progresser dans la chaîne de valeur, et sécuriser des financements nationaux et internationaux.

Comment les opérateurs veulent transformer la mine marocaine 

S’il existe une grande dynamique dans les investissements miniers, ce changement se ressent également chez les grands opérateurs miniers marocains, notamment le groupe OCP, qui détient les trois quarts des réserves mondiales de phosphates.

Le groupe OCP a déjà annoncé ses ambitions de parvenir à une production décarbonée à l’horizon 2040 à travers plusieurs dimensions stratégiques : l’utilisation de 100% d’énergie propre d’ici 2027, l’emploi de 100% d’eau non conventionnelle dès 2025, et la production d’ammoniac vert… À ces dimensions stratégiques s’ajoute l’autonomisation de la chaîne de valeur, motivée par la nécessité d’améliorer la sécurité et d’accroître l’efficacité en termes de productivité et de compétitivité.

Pour OCP, il ne s’agit pas seulement d’une transformation technologique, mais également d’un changement de processus complet. Le groupe a défini un plan intégré visant à moderniser l’outil de production par l’autonomisation, et ce de bout en bout : de la foration jusqu’à l’expédition du produit final.

Les premiers effets de ce changement seront observés lors du démarrage du nouvel axe M’Zinda-Safi, qui prévoit la mise en place d’un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération. Ce centre permettra de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations, de la roche à la valorisation, concrétisant ainsi la mine 5.0.

Une autre mine qui concrétise l’émergence des nouvelles générations de mines marocaines alliant technologie, durabilité et respect de l’environnement, c’est la mine de Tizert du groupe Managem qui est entrée récemment en production. Utilisant 100% des eaux non conventionnelles et se sourçant d’énergies propres, cette nouvelle mine verte porterait la production marocaine en cuivre et constitue la base de la nouvelle stratégie de Managem pour la valorisation des métaux critiques.

À travers sa filiale d’ingénierie Reminex, Managem conçoit des solutions de durabilité minière efficientes adaptées au contexte marocain pour ses mines, mais également pour plusieurs opérateurs miniers installés au Maroc. Ces solutions émanent de ses laboratoires et sont le fruit d’une expérience d’une quarantaine d’années capitalisée dans plusieurs mines au Maroc et en Afrique.

La transformation stratégique du secteur est en marche

Par rapport à d’autres secteurs, le projet minier se caractérise par un risque d’investissement élevé et un délai de développement long, pouvant atteindre jusqu’à 15 ans. Si notre pays souhaite débloquer le meilleur potentiel possible de son secteur minier, il est essentiel d’attirer un grand nombre d’investissements miniers sérieux.

Très attendu, le projet de numérisation du cadastre minier permettra d’ouvrir de nouvelles opportunités d’investissement. Il vise à améliorer la connaissance du sous-sol en exploitant les avantages offerts par les sciences des données pour identifier de nouvelles zones propices. Ce dispositif est destiné à attirer davantage de nouveaux investisseurs, également séduits par des procédures entièrement dématérialisées qui renforcent la transparence et soutiennent la dynamique souhaitée pour le secteur.

Cependant, la plateforme numérique dématérialisant la procédure administrative ne sera pas suffisante à elle seule. Il est aujourd’hui nécessaire d’encourager les opérateurs miniers à développer des projets de valorisation afin de se rapprocher des matières premières requises par les industries de transformation.

En amont, l’ONHYM procède à la promotion des projets miniers, avec récemment une concentration sur les métaux critiques nécessaires à la transition énergétique. Dans les quatre coins du pays, les équipes d’exploration développent des indices miniers dans le but de dérisquer l’investissement pour un opérateur disposant des capacités techniques et financières. C’est le cas, par exemple, de la mine de Zgounder, qui s’apprête cette année à doubler la production marocaine d’argent.

À l’image du secteur des hydrocarbures, le rôle de l’ONHYM devrait également évoluer. Il pourrait passer d’un développeur et promoteur d’investissement minier à un investisseur minier direct, notamment par la transformation de son statut en société anonyme.

Kharrouba Copper Mining : un exemple d’une mine durable en pleine expansion

D’un projet d’exploration minière en 2008 sur une zone qui avait déjà fait l’objet d’exploitation par plusieurs sociétés françaises à l’époque du protectorat, le projet minier de Kharrouba Copper Mining est passé à une production de cuivre aux environs de Marrakech.

L’entreprise Kharrouba Copper Mining exploite, depuis 2016, la mine de cuivre de Jbiel, située aux environs de Kelâa des Sraghna. Une exploitation pilote de petite taille y a été lancée, soutenue par l’entreprise canadienne KCC, qui croyait au potentiel important de ce projet marocain.

Grâce à ces investissements dans l’exploration (tranchées, forages), appuyés par la géophysique, la production a pu être augmentée pour atteindre 800 tonnes de minerai par jour, et ce, au sein d’un périmètre minier de 318 km² qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Récemment, la société Culico Metals a acquis une participation dans Kharrouba Copper Company via un investissement de 3 millions de dollars américains. Grâce à cet investissement, Kharrouba Copper Mining développe sa production pour atteindre 1.000 tonnes de minerai par jour et a commencé à explorer d’autres opportunités minières dans la région de Marrakech et ailleurs, afin de développer de nouveaux projets miniers de métaux critiques au Maroc.

Face au stress hydrique, particulièrement dans une région aride telle que les Jbilet au nord de Marrakech, la digue de la mine a d’abord été équipée d’une géomembrane pour le recyclage de l’eau. Avec l’accentuation de la sécheresse, la compagnie Kharrouba Copper Mining a investi dans un système de recyclage de l’eau plus performant.

Ce nouveau dispositif se compose d’un système d’épaississement pour réduire la boue, complété par un système de filtre-presse qui permet de récupérer l’eau venant de l’usine pour qu’elle soit réutilisée dans le processus de valorisation minière, ce qui permet de réduire les coûts d’exploitation et renforce la durabilité des ressources hydriques.

À Boumadine, Aya annonce sa plus grande découverte de minéralisation à haute teneur

La compagnie Aya Gold & Silver a découvert des minéralisations à très haute teneur, supérieures à 2 kilogrammes par tonne d’équivalent argent. Celles-ci se sont trouvées au sein du périmètre minier de son futur mégaprojet de mine polymétallique de Boumadine, située au sud de Tinejdad, dans la province d’Errachidia.

Il s’agit des découvertes les plus importantes réalisées à ce jour sur ce projet.

Le sondage présentant l’intersection la plus significative est très riche en argent. Il a recoupé 2.323 grammes par tonne (g/t) d’équivalent argent sur une épaisseur de 15 mètres (incluant 3,31 g/t d’or, 1.900 g/t d’argent, 4,8 % de zinc, 1,8 % de plomb), dont une section de 8,7 mètres titrant 3.858 grammes par tonne (g/t) d’équivalent argent (incluant 5,37 g/t d’or, 3.208 g/t d’argent, 6,3 % de zinc, 2,8 % de plomb).

Un autre sondage record, plus riche en or, a recoupé 3.336 g/t d’équivalent argent sur une épaisseur de 6,0 mètres (incluant 37,03 g/t Au, 334 g/t Ag, 2,8 % Zn, 1,0 % Pb), dont 8.163 g/t d’équivalent argent sur 2 mètres (incluant 102,38 g/t d’or, 94 g/t d’argent, 2,4 % de zinc, 1,0 % de plomb et 0,1 % de cuivre).

« La nouvelle structure parallèle à haute teneur dans la partie sud de la zone principale de Boumadine ainsi que notre meilleure intersection minéralisée jamais obtenue confirment que Boumadine a encore un potentiel de croissance substantiel à exploiter », a déclaré Benoît La Salle, président-directeur général d’Aya.

En effet, plusieurs de ses résultats d’exploration sont situés à l’extérieur de la zone sujet de l’évaluation économique préliminaire, ce qui ouvre la voie à une augmentation réalisable des ressources déjà estimées par Aya.

« Ces larges intervalles à haute teneur indiquent tous une augmentation des ressources, une extension de la fosse finale et une envergure grandissante du projet », a expliqué Benoît La Salle.

En 2025, Aya a effectué 487 forages à Boumadine, totalisant 133.003 mètres réalisés, principalement le long de l’extension latérale du couloir principal (zone Nord), dans les zones de Tizi et Imariren, ainsi que sur certaines cibles régionales.

Faisant suite à l’évaluation économique préliminaire de Boumadine, Aya finalise actuellement son programme de forage de 140.000 mètres et s’apprête à démarrer avant la fin de l’année le programme de forage 2026-2027. Ce dernier se concentrera sur l’exécution des forages de densification visant à certifier les réserves disponibles avant de démarrer la construction de la mine en 2028.

Programme prévu par Aya pour l’exploitation de la mine de Boumadine : Étude de faisabilité : T3-2027 ; FEED (Front-End Engineering Design) : T4-2027 ; construction : T2-2028 ; début d’exploitation : 2030).

« Avec neuf foreuses en activité, nous achevons le programme d’exploration 2025 et lançons le programme de forage intercalaire de 360.000 mètres prévu dans l’évaluation économique préliminaire. Nous prévoyons que 12 à 16 foreuses seront opérationnelles au premier trimestre, ce qui démontre le potentiel de classe mondiale de Boumadine », a souligné Benoît La Salle.

Rappelons que la compagnie canadienne Aya Gold & Silver a déjà annoncé son programme de développement de la mine de Boumadine qui prévoit un investissement de 425 millions de dollars pour la construction d’une mine et d’une usine de traitement des concentrés.

Prévue pour début 2030, la mine devrait produire des concentrés de zinc et de plomb enrichis en or et en argent. Ces produits, très prisés sur le marché international, subiront un traitement ultérieur dans des fonderies pour en séparer les quatre métaux, à savoir l’argent, l’or, le plomb et le zinc.

Récemment, Aya a commencé à commercialiser un stock historique de concentré de pyrite laissé par l’opérateur précédent de Boumadine, profitant de conditions de marché favorables, notamment l’augmentation des prix des métaux précieux et une forte demande en soufre. Cette opération permettra de financer l’étude de faisabilité économique incluant la certification des réserves de Boumadine.

Secteur des mines : fin de l’opacité, le cadastre minier marocain entre dans l’ère du 2.0

Sur le point d’être opérationnelles, les nouvelles dispositions du projet de cadastre minier ont été révélées par le ministère de la Transition énergétique et du développement durable (MTEDD), lors de la deuxième édition du congrès international des mines, tenue à Marrakech du 24 au 26 novembre 2025.

Le cadastre minier national doit être mis en service avant la fin du premier trimestre 2026, comme l’a annoncé Leila Benali.

D’une grande importance, la mise en service du cadastre minier donnera une nouvelle impulsion au secteur minier grâce à un processus de dématérialisation totale de l’administration chargée des mines.

Avec une plateforme numérique, le cadastre minier permettra de surmonter les contraintes du secteur, telles que la fragmentation des procédures, la lenteur des processus administratifs et, surtout, l’opacité qui freinait sa capacité à attirer les investissements étrangers.

Ce que débloque le cadastre minier numérique

Une fois mis en service, les investisseurs peuvent consulter à travers une plateforme dédiée les zones disponibles, se renseigner sur les titres existants et également sur les zones à accès restreint ou protégées

Pour faciliter les procédures d’obtention d’autorisation minière, la nouvelle plateforme numérique permettra un flux de travail automatisé et unifié de toutes les procédures administratives minières et d’autorisation, reliant tous les acteurs nationaux : ministères, agences publiques et acteurs opérationnels

Grâce à cette nouvelle plateforme, un investisseur peut déposer ses demandes de titres miniers en ligne et suivre chaque étape du processus en temps réel.

Sur le plan concret, il s’agit de numériser plus de 40 procédures administratives relatives à la demande, à l’octroi et au suivi des licences minières. Pour les petites et moyennes entreprises minières, le nouveau cadastre réduira le nombre de documents demandés et les délais/charges administratives.

Pour assurer une dématérialisation totale des procédures, les nouvelles procédures administratives intègrent la signature électronique, qui confère une valeur juridique à chaque interaction, et un archivage numérique sécurisé qui garantit quant à lui une traçabilité totale de bout en bout.

Le nouveau cadastre est ainsi conçu pour être un véritable « Guichet Unique » national entièrement dématérialisé qui garantit une fluidité des procédures, renforce la gouvernance du secteur et garantit la responsabilisation à chaque étape.

La dématérialisation des procédures offre donc un nouvel élan à une nouvelle génération d’investissements à travers un nouveau cadre de coopération entre l’État, qui doit garantir le respect de la loi, notamment en relation avec l’environnement, et l’investisseur, qui doit s’assurer d’un bon environnement d’investissement. D’autre part, la plateforme sera ouverte à l’ensemble des citoyens qui ont le droit de connaitre les projets miniers présents à leur entourage.

Cadastre minier, un outil stratégique pour la promotion de l’investissement minier 

Tant attendu, le cadastre minier donne une meilleure visibilité pour chaque investisseur intéressé par un projet minier marocain. Cette plateforme numérique facilite également l’acquisition de cartes géoscientifiques (géologiques, géophysiques, géochimiques, hydrogéologiques et géotechniques), qui constituent une source importante de données minières à haute résolution, essentielles pour la prospection à distance d’un terrain.

Outre les titres disponibles pour l’investissement, le nouveau cadastre donne l’essentiel pour concevoir une idée sur les caractéristiques géologiques et minières et les données. La conception de son système d’information combine plusieurs informations utiles, dont :

Rappelons que le Maroc compte parmi les juridictions minières les plus attractives sur le plan régional et mondial, notées récemment par l’évaluation annuelle de l’institut Fraser et précédemment à l’échelle de l’Union africaine.

Les récents investissements étrangers ont permis d’identifier de nouveaux potentiels miniers, notamment en minerais critiques et de la transition énergétique, garantissant des voies renouvelées à un secteur qui consolide une place importante dans le PIB national.

Une telle voie de transparence et de responsabilité mutuelle permettra de consolider la place du secteur minier marocain, permettant aussi d’attirer davantage d’opportunités de financement, notamment vertes, et même d’attirer de nouveaux grands acteurs miniers, à travers une meilleure visibilité des opportunités d’investissements.

Sa mise en service devrait intervenir avec la prochaine réforme du Code minier qui précise davantage les obligations et les droits de chaque partie, ouvre de nouvelles voies de développement, définit la liste des minerais critiques pour renforcer la souveraineté de l’industrie nationale… Cette nouvelle dynamique est également poussée par un nouveau cadre ESG africain qui permettra de concrétiser l’initiative Atlantique dans le secteur minier à travers le premier corridor africain OTC (Origine, Transit, Certification).

IMC Morocco 2025 : l’appel de Marrakech pose les premiers jalons du cadre OTC africain

Sur le thème « Le Maroc, hub industriel et technologique ouvert pour une valeur ajoutée régionale et mondiale », la 2ᵉ édition du Congrès international des mines (IMC Morocco 2025) a débuté, ce lundi 24 novembre, en présence de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, ainsi que des délégations ministérielles de plusieurs pays africains, dont la Mauritanie et les îles Comores, le Kenya, le Liberia…

Produire un minerai critique tel que le lithium, le graphite ou les terres rares dans un pays africain, puis les valoriser dans un pays voisin disposant de capacités de transformation, représente une opportunité stratégique pour le développement du continent qui détient le tiers des réserves mondiales en métaux critiques.

Pendant trois jours, cet événement réunit les opérateurs du secteur minier du Maroc et de plusieurs pays africains. Il intervient à un moment clé où le Maroc repense son cadre minier, et dans un contexte régional où les pays africains cherchent à faire profiter leurs populations des richesses du continent.

En ouverture de ce congrès, Mohammed Cherrat, président de la Fédération de l’industrie minérale, a précisé que « le Maroc s’impose comme un passage privilégié pour la transformation des métaux stratégiques et critiques. Et cela grâce à son expertise croissante, à ses écosystèmes industriels émergents, mais aussi à de nombreux accords de libre-échange permettant un accès privilégié aux marchés internationaux ».

Il a souligné que « c’est en valorisant le capital humain que nous pourrons bâtir la mine 5.0, la « green mine« , et des écosystèmes miniers durables au service des générations futures ».

Leila Benali : le vrai travail commence maintenant

Lors de son allocution, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable a indiqué que, dans une économie mondiale qui évolue rapidement, la demande en minerais peut doubler en seulement quelques mois.

« Le rythme du changement technologique, la complexité des nouvelles chaînes de valeur et la nature mondiale de la transition énergétique exigent une intelligence collective, des standards alignés et une action coordonnée à l’échelle de tout un continent », a déclaré Leila Benali.

Au Maroc, la ministre a rappelé que son département de transition énergétique avait déjà mis en œuvre plusieurs opérations en faveur de l’émergence du secteur minier :

« L’expérience du Maroc n’est pas une finalité. C’est une trajectoire, qui nous a fait comprendre, avec clarté et humilité, qu’aucun pays ne peut avancer seul ou s’adapter seul aux transformations globales », a expliqué Leila Benali.

« C’est précisément pourquoi l’Afrique doit agir avec ambition, cohésion et une vision claire de ses propres intérêts. L’Afrique a besoin d’une approche qui protège ses ressources, valorise son potentiel humain et transforme sa richesse géologique en prospérité durable.

La déclaration de Marrakech : un premier acte africain fondateur pour catalyser la vitesse de l’émergence minière du continent

Discutée pour la première fois durant l’IMC 2024, cette 2ᵉ édition a servi d’occasion, via l’appel de Marrakech, pour concrétiser un cadre ESG africain. Elle permet ainsi de placer le Maroc en tant que maillon essentiel du premier corridor africain Origine-Transit-Certification (OTC) des métaux critiques.

« Cette déclaration n’est pas marocaine. Elle est africaine. Elle appartient à chaque nation africaine et marque l’entrée de l’Afrique dans une nouvelle ère – une ère où nous définissons nos propres règles et déterminons la valeur de nos propres ressources », a exposé la ministre de la Transition énergétique.

Entre la 1ʳᵉ et la 2ᵉ édition, plusieurs actions ont été menées en concertation avec des ministres africains des Mines pour concrétiser cette déclaration, suite à l’appel de Nairobi et à l’appel de Nouakchott.

En tant qu’acte fondateur, la Déclaration de Marrakech vise à établir un cadre ESG africain (environnement, social et gouvernance) conçu comme un modèle mondial de responsabilité minière, où les ressources contribuent à la stabilité, à la prospérité et à la souveraineté du continent.

Pour réussir, ce cadre doit renforcer la confiance entre gouvernements, investisseurs et citoyens, faciliter l’accès à un financement durable grâce à des normes adaptées aux réalités africaines, promouvoir la création de valeur locale et la transformation des minéraux en Afrique, et renforcer la coopération régionale.

Le cadre s’appuie sur de nouveaux principes issus de l’acronyme AFRICA : Responsabilité, Équité, Résilience, Inclusion, Coopération et Ajout de valeur, qui en constituent le fondement.

La Déclaration de Marrakech précise que la mise en œuvre du Cadre ESG africain sera facilitée par un secrétariat technique assuré par le ministère de la Transition énergétique marocaine. Toutes les règles de gouvernance, d’accès et de certification seront définies collectivement et exercées sous la pleine souveraineté des pays africains.

Par ailleurs, un comité ESG représentatif des pays membres sera institué. Il se réunira deux fois par an afin d’assurer la gouvernance et le suivi de la mise en œuvre, avec une plateforme numérique servant de registre officiel.

En marge de cette édition et afin d’accélérer la concrétisation des acquis, le ministère de la Transition énergétique et Africa Minerals Strategy Group (AMSG) ont signé un mémorandum d’entente pour accélérer la mise en œuvre de plusieurs initiatives continentales majeures coordonnées par le Maroc, notamment le cadre africain ESG et le corridor Origine-Transit-Certification.

Aya Gold & Silver démarre l’exploitation des stocks historiques de la mine de Boumadine (province d’Errachidia)

La compagnie Aya Gold & Silver a annoncé avoir commencé de manière exceptionnelle la commercialisation des produits miniers de Boumadine, en exploitant le stock historique de concentré de pyrite, un sous-produit de la flottation de plomb et de zinc généré par l’opérateur précédent à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Image montrant les stocks de pyrite à Boumadine (Aya Gold & Silver).

Ayant suscité l’intérêt de plusieurs acheteurs, la commercialisation de ce stock par Aya intervient dans des conditions de marché favorables, notamment l’augmentation des prix des métaux précieux et une forte demande en soufre.

« La commercialisation des stocks historiques de Boumadine offre deux avantages essentiels. Nous assainissons les anciennes opérations en retirant du site près de la future mine à ciel ouvert le matériau indésirable générateur d’acide et nous établissons des relations commerciales avec de futurs acheteurs de notre produit à base de pyrite », a déclaré Benoît La Salle, président et chef de la direction d’Aya.

Situé au sud de Tinejdad, le projet Boumadine d’Aya Gold & Silver vise, à l’horizon 2030, la production d’or et d’argent à partir de concentrés de zinc et de plomb issus de mines souterraines et à ciel ouvert.

L’exploitation des stocks générera des liquidités qui serviront à financer le développement du projet Boumadine pendant les 20 à 24 prochains mois. Les stocks historiques commercialisables, valorisés à 5 millions d’onces équivalent-argent, seront expédiés à raison de 10.000 tonnes par mois ou jusqu’à épuisement du matériau récupérable. Cette période coïncide avec la finalisation de l’étude de faisabilité et la décision de construire la mine.

« La valorisation du concentré de pyrite historique souligne le potentiel commercial du concentré de pyrite riche en or et en argent que Boumadine produira durant son exploitation », a précisé Benoît La Salle.

À la date de la publication du communiqué, 2.500 tonnes de produit ont déjà été transférées vers le port où elles sont en cours de chargement dans des conteneurs maritimes en vue de leur expédition finale au client. Les premiers revenus de cette opération sont prévus d’ici la fin de l’année.

En cours de développement, la compagnie Aya a récemment élaboré un agenda pour la mise en marche d’un géant minier dans la région Drâa-Tafilalet. L’évaluation économique préliminaire estime un investissement de 425 millions de dollars pour la construction d’une mine et d’une usine de traitement des concentrés qui permettront de générer des revenus allant jusqu’à 7 milliards de dollars.

À terme, la mine de Boumadine ne devrait pas produire directement de l’or ou de l’argent natifs, mais des concentrés de zinc et de plomb enrichis en or et en argent. Ces concentrés nécessiteront un traitement ultérieur dans une fonderie pour en extraire les métaux souhaités, qui sont actuellement très demandés dans les principales bourses de métaux mondiaux.

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