OCP : État des lieux du site de Mzinda

L’avancement du projet Phosphate Hub de Mzinda a été présenté aux médias nationaux ce vendredi 11 avril 2025, lors d’une visite organisée sur les différents chantiers de ce nouveau complexe. Au cœur du programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M), ce site de 460 hectares permettra au groupe OCP de dynamiser sa production d’engrais grâce à un nouveau modèle alliant performance industrielle, technologies de pointe et engagement durable. Il incarne pleinement la vision du groupe OCP, qui englobe la sécurité alimentaire mondiale et l’engagement environnemental.

Débutés en juin 2024, les travaux de construction de ce site avancent à un rythme satisfaisant. Sur le terrain, les travaux ont atteint environ 15 à 24 % d’avancement. D’ici juin prochain au plus tard, les équipements du site de Mzinda seront livrés, alors que les travaux de génie civil seront déjà bien avancés.

L’objectif, dans un premier temps, est une production initiale d’une capacité de 4,5 millions de tonnes d’engrais en 2026 (notamment du TSP et du TSP+ : composant d’engrais à base de phosphate et exempt d’azote), avant de doubler cette capacité pour atteindre 9 millions de tonnes à l’horizon 2028.

Durant cette phase de construction, 4.000 emplois ont été créés par ces chantiers avec une intégration locale de 60 %. De plus, 40 contractants nationaux ont été mobilisés pour cette phase de construction, générant un impact global sur l’emploi estimé entre 14.000 et 20.000 postes.

Le SP2M, un projet aux multiples dimensions (green, innovant et transformateur socio-économique)

Amine Debbarh, Head of Sales and Market Development de l’Europe de l’Ouest du groupe OCP, a souligné l’importance du projet stratégique Mzinda Meskala (SP2M), qui marque une étape importante dans le développement d’OCP Nutricrops : « Ce projet nous permet de répondre à une demande mondiale croissante en engrais adaptés, d’accompagner plus efficacement les agriculteurs avec des produits et des solutions durables. Avec la production de TSP et TSP+, il permet aussi une gestion efficiente des nutriments, fondée sur les principes des 4R (le bon engrais, au bon moment, à la bonne dose, au bon endroit). Il permet aussi une gestion séparée des nutriments, notamment du phosphore et de l’azote, afin d’améliorer l’efficacité de leur absorption par la plante en les fournissant précisément lorsqu’elle en a besoin, selon son stade de développement ».

Maquette 3D du phosphate hub de Mzinda

Le projet de phosphate Hub de Mzinda s’inscrit dans le cadre du programme stratégique (SP2M) relancé en 2024. Il sera dédié à la nouvelle filière OCP Nutricrops et se déploiera dans deux nouvelles zones d’implantation : Mzinda-Safi et Meskala-Essaouira.

Il s’intègre dans le corridor Mzinda-Safi et ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique et de 9 millions de tonnes d’engrais.

Ahmed Mssali, Directeur du programme manufacturing Mzinda Meskala, a expliqué que le programme SP2M permettra d’augmenter la capacité de production des engrais du groupe OCP, avec une production équivalente à 9 millions de tonnes à l’horizon 2028 en deux phases au niveau du complexe chimique Mzinda, qui a pour objectif de produire l’équivalent de 3 millions de tonnes de P2​O5 avec l’acide phosphorique qui sera produit sur site avant d’être transporté vers le Phosphate Hub de Safi (SHP) pour être granulé avant d’être exporté vers le nouveau port de Safi.

Concernant le corridor Meskala-Essaouira (2ᵉ étape du projet SP2M), il atteindra une capacité annuelle, à l’horizon 2030, 20 millions de tonnes de roche, 1 million de tonnes d’acide phosphorique et 2 millions de tonnes d’engrais.

L’objectif est de consolider le leadership marocain sur toute la chaîne de valeur des phosphates, de l’extraction à la production d’engrais, en tirant parti de l’industrie minière 5.0. Engagé dans une démarche responsable, OCP y intègre aussi son ambition climatique, avec un objectif clair : la neutralité carbone à l’horizon 2040 par ses projets de déploiement d’énergies renouvelables (parcs solaires et éoliens), la production d’un maximum de sous-produits verts, la mise en œuvre de solutions de mobilisation des eaux non conventionnelles (dessalement de l’eau de mer, STEP…), la production d’ammoniac vert…

Le Corridor Mzinda Safi : un nouveau modèle d’intégration technologique durable

Le nouveau site de Mzinda sera au cœur des futures opérations industrielles et minières de la région. Il comprendra principalement une usine de fabrication d’acide phosphorique, une usine de production d’acide sulfurique (trois unités sulfurique d’une capacité de 5000 tonnes/jour et qui serait la plus grande du groupe) ainsi qu’une capacité de fusion de soufre.

Le complexe intégrera également une laverie des phosphates et une unité de dessalement. Cette dernière recevra l’eau dessalée en provenance de Safi avant de la retraiter selon les spécifications requises pour les différents usages industriels du site.

Ce site recevra dans un premier temps du phosphate provenant de la nouvelle mine de Louta, ainsi que des mines qui seront exploitées dans le cadre de l’extension du gisement de Benguerir et de Youssoufia. Il sera connecté à une autre plateforme de production d’engrais située à Safi, qui traitera le phosphate sous forme de TCP et de TCP+ provenant de Mzinda par un nouveau corridor logistique. Enfin, les produits finis seront acheminés vers un nouveau port spécialisé dans l’exportation de phosphate, situé au sud de Safi. Une particularité de ce nouveau complexe de Mzinda est qu’il n’y aura aucun rejet minier, puisque tous les résidus seront retraités pour produire un maximum de sous-produits.

Également, le site Mzinda abritera un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération qui permettra de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations de la roche à la valorisation. Cette centralisation des opérations permet d’une part, de prendre des décisions proactives, et d’autre part d’optimiser l’efficacité opérationnelle et la productivité de l’exploitation minière et industrielle.

Pièce maitresse de la mine 5.0, ces IROC sont devenus les points nodaux des chaînes de valeur minières complexes dans le monde. En s’appuyant sur des technologies de pointe comme l’IA (intelligence artificielle) et l’IIoT (Internet Industriel des Objets), ils exploitent données et analyses avancées pour intégrer avec fiabilité les innovations technologiques, opérationnelles et process. Cette dynamique est essentielle pour accélérer la décarbonation tout en optimisant la performance industrielle.

Mzinda, vitrine de la mine/industrie 5.0

En intégrant les principes de la mine 5.0, l’OCP a fait de cet objectif un défi pour ses futures exploitations en cours de développement. Cela permettra de créer une mine digitalisée et automatisée, avec un personnel qualifié pour opérer ces installations, permettant de doubler la capacité de production tout en réduisant les coûts de production (cost leadership) dans le plus strict respect de l’environnement.

Dans le cadre du programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M), le groupe OCP implante dans ces nouvelles zones un projet greenfield qui opte pour devenir une référence en matière de digitalisation. Il garantit ainsi la cohérence et l’interopérabilité entre les unités de production du SP2M et les installations existantes de l’OCP.

Le périmètre de la mine 5.0 intègre l’ensemble de la chaîne opérationnelle, depuis la gestion intelligente des énergies et utilities jusqu’à l’optimisation des entrepôts, en passant par la gestion de la maintenance, la logistique connectée, le contrôle qualité en temps réel et la surveillance environnementale.

Le nouveau projet Mzinda ne se limite pas aux capacités technologiques mobilisées, mais englobe également une stratégie d’ancrage local et de renforcement des capacités nationales avec une orientation plus soutenue à l’innovation et à de nouvelles filières pour l’avenir.
Pour ses activités principales d’OCP, le projet SP2M privilégie le développement d’un écosystème intégré.

Cette approche se traduit par une forte exigence d’intégration locale, notamment à travers l’implantation stratégique de partenaires au sein du Mzinda Green Park. Cette approche s’accompagne d’un ambitieux plan visant à structurer et renforcer un réseau de contractants nationaux par le biais d’un soutien aux institutions partenaires, notamment l’UM6P, Innovx et l’African Academy of Industrial Training (AAIT).

En parallèle, le SP2M stimule l’émergence de nouvelles activités en accompagnant un écosystème dynamique de PME et startups locales, particulièrement dans les domaines du recyclage et du digital, tout en développant une nouvelle génération de produits stratégiques tels que le fluor et l’hydrogène vert.

Comme annoncé précédemment, l’émergence imminente des batteries lithium-fer ouvre la voie à une spécialisation du Maroc dans ce type d’industrie. En effet, le Maroc dispose d’une disponibilité locale et d’un savoir-faire industriel en cours de développement dans ce domaine, grâce aux nombreux investissements qui s’installent au Maroc. En plus de la R&D menée au sein de l’UM6P dans le domaine des batteries, un parc industriel dédié à la batterie sera intégré à Mzinda par des activités de valorisation en aval (downstream). Il permettra d’ajouter de la valeur aux dérivés de phosphate à mesure qu’elle progresse plus loin dans la chaîne d’approvisionnement, en se rapprochant du consommateur final (fabricants des composants de la batterie).

Mines. Le britannique Xtract Resources, actif en Zambie, étend ses activités au Maroc

Cotée à la Bourse de Londres, Xtract Resources est une entreprise spécialisée dans l’exploration de minéraux stratégiques, avec des projets en Zambie et désormais au Maroc. Grâce à la joint-venture créée avec l’entreprise marocaine Wildstone, signée le 24 février 2025, Xtract a acquis une participation de 50% du capital dilué de Wildstone pour une contrepartie de 500.000 dollars américains, financée par des ressources de trésorerie internes de l’entreprise britannique.

Le montant total engagé aux termes de cet accord peut s’élever à 2,7 millions de dollars américains, qui seront financés à partir des ressources internes de Xtract.

Wildstone, une jeune entreprise minière marocaine, se spécialise dans l’exploration et l’exploitation minière au Maroc. Titulaire de 15 permis de recherche, elle prévoit de démarrer une production à petite échelle dans les neuf mois suivant la clôture de la transaction, sous réserve de l’obtention des licences nécessaires et de la conclusion d’accords avec les mineurs artisanaux pour le traitement et la valorisation des métaux.

Si les résultats de l’exploration s’avèrent concluants, une usine plus sophistiquée, adaptée aux caractéristiques métallurgiques des gisements, sera construite.

Quant à Xtract Resources, elle déploie un ensemble de projets d’exploration, à différents stades de développement, portant sur des ressources minières cuprifères et aurifères en Zambie et en Australie. L’entreprise se positionne comme un acteur clé dans le domaine de l’exploration du cuivre, ainsi que dans le développement de métaux durables, notamment ceux utilisés pour la fabrication de batteries.

« Cette acquisition a été soigneusement étudiée et répond à toutes les exigences de la mission de Xtract, qui est d’explorer et, le cas échéant, de développer de petites mines de minéraux stratégiques et critiques. L’entreprise progressera selon des lignes traditionnelles, c’est-à-dire de l’exploration à l’étude de faisabilité et au développement, le cas échéant », a déclaré Colin Bird, directeur exécutif de Xtract Resources.

Aya Gold & Silver annonce une augmentation significative des ressources dans le prospect polymétallique de Boumadine

Une récente mise à jour de l’estimation des ressources du prospect de Boumadine, visant à évaluer sa viabilité économique pour un développement minier, a conclu à une importante augmentation des volumes de ressources précédemment identifiés, selon un communiqué de l’entreprise daté du 24 février 2025.

Acquis en 2013, le gisement minier de Boumadine se trouve au sud de Tinjedad, dans la province d’Errachidia, au pied de la montagne d’Ougnat. Ce prospect renferme des ressources minières avérées, principalement constituées de plusieurs filons de sulfures de fer, de plomb, de zinc et de cuivre, riches en concentrations significatives d’argent et d’or.

La nouvelle estimation des ressources inclut les données de forage réalisées entre 2018 et le 1ᵉʳ décembre 2024. Elle comprend 428 sondages au diamant de surface, totalisant 142.268 mètres, ainsi que 93 sondages au diamant plus récents, totalisant 44.514 mètres. Ces ressources ont été réévaluées en deux classifications :

Il convient de préciser que, dans le cadre de ce volet d’exploration minière, il ne s’agit pas de réserves, mais de ressources. Il est généralement admis qu’une réserve est toujours une ressource, mais l’inverse n’est pas vrai. Pour qu’une ressource minérale soit classée comme réserve, deux conditions doivent être remplies : la certitude de son existence et la faisabilité économique de son exploitation.

« Un actif de classe mondiale »

Dans ce sens, une ressource minérale indiquée se caractérise par des données abondantes et fiables, permettant une évaluation économique plus précise, tandis qu’une ressource minérale inférée repose sur des informations limitées et un niveau de confiance plus modéré, offrant une estimation préliminaire sans garantie de continuité géologique ou de viabilité économique.

« Nous sommes heureux d’annoncer une mise à jour de l’estimation des ressources minérales pour Boumadine, marquant une augmentation de 120% des ressources indiquées et de 19% des ressources présumées depuis notre mise à jour d’avril 2024. En moins de trois ans, nous avons augmenté les onces d’argent et d’or dans toutes les classifications, démontrant la capacité de l’équipe à identifier et à faire de Boumadine un actif de classe mondiale« , a annoncé Benoît La Salle, président de la société.

Récemment, l’entreprise canadienne a procédé à l’acquisition de quatre nouvelles licences minières, portant désormais la superficie explorée à 272 km², en plus d’un permis d’exploration de 600 km² où de nouvelles cibles seront testées prochainement.

Managem cède la Compagnie Minière d’Oumejrane à plus de 300 MDH

Le montant de la transaction s’élève à 30 millions de dollars (plus de 300 millions de DH), assorti de deux compléments de prix conditionnels totalisant plus de 2 millions USD, qui seront payables après une période de 12 mois, indique un communiqué de Managem.

Purple Hedge DWC est dirigée par un management expérimenté du secteur minier africain, qui a pour ambition de créer un acteur significatif dans la production de cuivre au Maroc et en Afrique, poursuit la même source. Purple Hedge DWC bénéficie, pour son développement, du soutien financier en fonds propres d’un investisseur privé spécialisé sur le continent africain, ainsi que du financement d’un fonds d’investissement de premier plan basé à New York, réputé pour son expertise dans les métaux et les minéraux essentiels à la transition énergétique.

Par ailleurs, Purple Hedge DWC réaffirme son engagement à protéger les intérêts des employés de la Compagnie Minière d’Oumejrane et à garantir la continuité des activités de la mine dans le respect des standards élevés établis par Managem, souligne la même source.

« La finalisation de cette cession marque une étape décisive, avec le choix d’un acquéreur solide, capable de financer à la fois l’acquisition et le développement de la mine d’Oumejrane. Nous sommes confiants que Purple Hedge DWC, avec le soutien de ses investisseurs, maintiendra les standards d’excellence en matière de santé, de sécurité, de protection de l’environnement qui ont toujours été au cœur de nos priorités », a déclaré Imad Toumi, président-directeur général de Managem.

Marché boursier : vers un nouveau record en 2025 ?

La Bourse de Casablanca a signé une performance remarquable en 2024, enregistrant une hausse de 22,16% pour son principal indice, le MASI (Moroccan All Shares Index), qui a clôturé l’année à 14.773,19 points. Cette dynamique haussière a été alimentée par plusieurs facteurs : la performance financière des entreprises cotées, un contexte économique porteur et un afflux de capitaux tant locaux qu’internationaux.

Un événement historique a marqué l’année 2024 : le MASI a franchi pour la première fois le seuil des 15.000 points lors de la séance du 19 novembre 2024.

Le MASI 20, qui regroupe les valeurs les plus liquides, a progressé de 20,63%, confirmant l’attractivité des Blue Chips. Toutefois, la véritable surprise est venue des Mid & Small Caps qui ont affiché une croissance spectaculaire de 54,36%. Cette envolée traduit un regain d’intérêt des investisseurs pour ces entreprises et offrent un potentiel de croissance plus important.

L’optimisme qui a marqué la fin de l’année 2024 s’est prolongé dès la première séance de 2025. L’indice MASI a ouvert à 14.962,55 points, franchissant rapidement le seuil symbolique des 15.000 points, avant de clôturer à 15.087 points.

Ce démarrage en fanfare renforce-t-il les perspectives haussières et témoigne-t-il d’un climat de confiance chez les investisseurs ?

 Le marché boursier en 2025 

Le marché boursier marocain devrait afficher une croissance haussière soutenable en 2025. Cette tendance est portée par plusieurs facteurs, notamment le contexte économique et politique ainsi que les performances des entreprises cotées.

L’indice MASI en 2025 pourrait atteindre la barre des 16.000 points. Les réformes économiques en cours, la stabilité macroéconomique et les projets d’envergure, comme la préparation de la Coupe du monde 2030 et de la CAN 2025, devraient continuer à renforcer la confiance des investisseurs.

À cela s’ajoutent des investissements en infrastructures qui soutiennent l’activité des entreprises cotées. « La performance des grandes entreprises, en particulier dans les secteurs de l’immobilier, de la santé et de l’énergie, s’annonce prometteuse », estime Mourad El Faseley, CEO de XCapital.

« L’indice MASI Mid & Small Cap pourrait aussi bénéficier de la montée en puissance des PME cotées, à l’image de la tendance observée en 2024. Des entreprises comme CTM, Jet Contractors et HPS ont affiché des performances notables. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025, notamment dans les secteurs porteurs comme la construction et le transport ».

Immobilier et santé en tête, les télécoms à la traîne

L’immobilier a été le moteur du marché en 2024, avec une hausse de 222,35% sur un an. Ce rallye s’explique par plusieurs facteurs : une demande soutenue en logements, des réformes publiques facilitant l’accès à la propriété, et la reprise des grands projets d’aménagement.

Parmi les valeurs phares du secteur, Douja Prom Addoha s’est distinguée avec une progression impressionnante de 174,26%, ce qui joue un rôle clé dans cette dynamique haussière.

Le secteur de la santé, en hausse de 112,1%, a également connu une année exceptionnelle. L’essor des infrastructures médicales, la modernisation des établissements de soins et la croissance des services privés ont soutenu les performances des entreprises du secteur. En 2025, cette dynamique devrait se maintenir, portée par une augmentation des investissements dans les hôpitaux et les services de santé privés.

L’énergie renouvelable continue de susciter un fort intérêt. Avec des projets gouvernementaux ambitieux et une volonté accrue de diversifier le mix énergétique, ce secteur devrait connaître une expansion durable dans les années à venir. Les investisseurs suivent de près l’évolution de ce marché, qui offre un potentiel de croissance significatif.

« À l’inverse, le secteur des télécommunications, qui a connu une année difficile, pourrait voir l’adoption de la 5G comme une opportunité pour inverser la tendance, à condition que les investissements dans l’infrastructure numérique portent leurs fruits », précise notre interlocuteur.

« Le secteur minier affiche un potentiel intéressant à long terme, illustré par des acquisitions stratégiques comme celle du projet Karita par Managem [en Guinée, ndlr]. Cependant, la volatilité des prix des matières premières reste un défi majeur, pesant sur certaines entreprises du secteur », ajoute-t-il.

« Certaines petites entreprises cotées, comme AFMA, ont subi des pressions, en témoigne la baisse récente de -1,91. En 2024, les investisseurs ont privilégié les grandes capitalisations, mais plusieurs Mid & Small Caps se sont distinguées et ont démontré un potentiel de croissance intéressant ».

« En 2025, la tendance pourrait évoluer vers une diversification accrue des portefeuilles, avec un intérêt grandissant pour les secteurs émergents comme les technologies et la construction. Les Mid & Small Caps devraient capter davantage d’attention, en particulier celles actives dans l’infrastructure et la technologie« , conclut Mourad El Faseley.

Baisse du taux directeur et inflation maîtrisée

Une baisse du taux directeur changerait la donne sur le marché boursier. Avec des crédits moins chers, les entreprises auraient plus de marge pour financer leurs projets, tandis que les investisseurs, en quête de rendements plus attractifs, se tourneraient davantage vers les actions. Résultat : plus de liquidité en Bourse et une dynamique haussière renforcée, notamment sur les valeurs industrielles et immobilières, souvent sensibles aux conditions de financement.

L’impact ne s’arrêterait pas là. Une inflation maîtrisée redonnerait du souffle au pouvoir d’achat des ménages, stimulant la consommation et dopant les secteurs de la distribution, du tourisme et des services. Les Mid & Small Caps, déjà sous le feu des projecteurs en 2024, pourraient attirer davantage d’investisseurs, séduits par leur potentiel de croissance et des valorisations encore intéressantes.

Seul bémol : les banques pourraient voir leurs marges d’intermédiation s’éroder avec des taux plus bas. Pour elles, tout se jouerait sur la capacité à compenser cette baisse par un volume de crédits plus important. Dans ce contexte, la tendance haussière de la Bourse de Casablanca pourrait se prolonger, mais les investisseurs surveilleront de près la politique économique et l’évolution des flux de capitaux.

Province d’Assa-Zag : décès de deux éléments des FAR lors d’une opération de déminage

L’information a été rapportée par le Forum «Far Maroc» qui, par la même occasion, a présenté les condoléances des FAR aux familles de deux victimes mortelles.

Ce malheureux incident s’est produit après l’explosion d’une mine anti-véhicules, explique la même source sur son compte X.

La même source affirme qu’un troisième soldat, membre de la même équipe de déminage, a été grièvement blessé et admis à l’hôpital militaire de Guelmim.

Aya Gold & Silver : première coulée d’argent à la mine de Zgounder après son expansion

La société canadienne Aya Gold & Silver a annoncé, dans un communiqué, la réalisation de la première coulée d’argent issue de l’expansion de sa mine de Zgounder située dans le massif de Siroua au cœur de l’Anti-Atlas.

La première coulée d’argent a été réalisée à partir du nouveau circuit de broyage, marquant ainsi l’achèvement de la phase de mise en service à chaud. Parallèlement, le circuit gravimétrique est actuellement en cours de mise en service. Les taux de récupération, qui dépassent déjà les 80%, continuent de s’améliorer à mesure que le circuit se stabilise et que la teneur en argent du minerai traité augmente.

L’usine fonctionne actuellement avec du minerai marginal afin de minimiser les pertes d’argent pendant la montée en puissance. Tous les équipements et circuits fonctionnent comme prévu, ajoute le communiqué.

Objectif : production commerciale avant fin 2024

Selon la même source, l’expansion de la mine a permis d’atteindre une capacité de traitement nominale de 2.000 tonnes par jour dès le 29 novembre, moins d’un mois après l’introduction du premier minerai dans le circuit. La disponibilité, le rendement et le débit s’améliorent quotidiennement, renforçant la confiance d’Aya Gold & Silver dans sa capacité à atteindre la production commerciale avant la fin de l’année.

« Cette étape nous rapproche du début de la production commerciale au sein de notre usine élargie de Zgounder dans les prochaines semaines, marquant notre transition en tant que producteur d’argent pur de premier plan et rentable », a déclaré Benoit La Salle, président et PDG d’Aya Gold & Silver, cité dans le communiqué.

Il a également salué le travail accompli par ses équipes : « Je suis extrêmement fier de l’effort collectif et remercie sincèrement toutes les personnes ayant contribué à l’expansion réussie de ce projet, achevé dans le respect du budget. Avec une montée en puissance complète prévue pour l’année prochaine, nous sommes encouragés par les solides indicateurs opérationnels et la performance globale ».

La mine de Zgounder, l’un des principaux projets d’Aya Gold & Silver au Maroc, représente un élément central de sa stratégie d’expansion. Avec cette nouvelle phase, l’entreprise ambitionne de consolider sa position sur le marché de l’argent, tout en continuant à optimiser ses opérations.

Managem s’associe à Epiroc pour la digitalisation du projet Tizert

Epiroc fournira à Managem les outils numériques nécessaires pour moderniser ses opérations et assurer à la fois la sécurité et l’efficacité du site de Tizert, annonce le groupe suédois dans un communiqué.

Le projet Tizert au Maroc, un site greenfield, prévu pour être la plus grande exploitation minière souterraine de la région, représente une opportunité transformatrice de croissance, avec un objectif de production ambitieux de 3,6 millions de tonnes par an rappelle la même source.

Pour exploiter pleinement son potentiel, Managem a imaginé une mine de cuivre greenfield numérisée de pointe, exploitant des technologies avancées pour assurer une production optimisée et une sécurité renforcée dès le premier jour, souligne le communiqué. L’engagement de Managem en matière d’excellence opérationnelle et de sécurité nécessitait des solutions de suivi en temps réel du personnel et des véhicules. La solution de pointe fournie par Epiroc offre divers avantages tels que :

– Connaissance de la situation : suivi en temps réel des véhicules et du personnel avec des étiquettes matérielles, garantissant une utilisation efficace des ressources.
-Support d’urgence : détermine rapidement l’état de sécurité du personnel, améliorant considérablement les temps de réponse.
-Event Automation : automatise les processus basés sur les événements et les données des machines tout en s’intégrant à des systèmes de planification tiers pour un aperçu clair de l’avancement des travaux, garantissant ainsi le respect des délais du projet.
-Intégration de données via MQTT (Sparkplug) : garantissant un flux de données fluide et en temps réel.

« Nos solutions modulaires et évolutives répondent aux besoins immédiats de Managem tout en permettant une croissance future à mesure que le projet Tizert se développe et nous sommes heureux de soutenir davantage le projet », a déclaré Pelin Kocak, responsable régional des affaires numériques chez Epiroc, cité dans le communiqué.

La division Digital Solutions d’Epiroc propose des solutions qui favorisent la transformation numérique des secteurs minier et de la construction. La division propose une gamme dynamique de solutions numériques indépendantes de la technologie qui améliorent la sécurité, la productivité et la durabilité sur site, de la salle de contrôle à la salle de conférence.

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Atlantic Tin : coup de pouce financier pour le projet minier d’étain à Achemmach (Province de Khémisset)

Les 5 millions de dollars levés comprennent un million de dollars contre 7.514.277 d’actions ordinaires, émises au prix de 0,12 dollar par action, et 4 millions de dollars en financement par redevances, assorti d’une redevance brute de 1,2% sur les futurs revenus liés à la production d’étain, annonce Atlantic Tin dans un communiqué publié le vendredi 22 novembre.

Suite à la finalisation des démarches requises, Atlantic Tin a reçu la première partie du financement provenant de l’opération de placement alors que le versement des quatre millions de dollars restant, provenant du financement par redevances, est prévu pour le début de la semaine prochaine. Elle prévoit d’utiliser principalement ces fonds pour accélérer l’étude de faisabilité définitive prévue pour le premier trimestre 2025.

Dans le cadre de cette opération de financement, Pala Investments, fonds d’investissement minier suisse et principal actionnaire d’Atlantic Tin, a accepté de convertir 7,4 millions de dollars de son prêt actionnaire en actions ordinaires ce qui augmentera sa participation, à la clôture de la conversion de la dette, à 72,74% du capital d’Atlantic Tin.

Portefeuille minier d’Atlantic Tin

Situé à environ 50 km au sud-ouest de Meknès, ce projet minier a vu le jour en 2005 grâce à un partenariat entre l’ONHYM et Kasbah Resources (ancienne appellation d’Atlantic Tin). Depuis qu’elle a acquis la propriété exclusive en 2011, Atlantic Tin n’est pas parvenue à lancer la construction de la mine, malgré de nombreuses années de développement. Les dernières estimations de ressources de l’entreprise (novembre 2024) indiquent que le gisement d’Achemmach renfermait environ 39,1 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne en étain de 0,55%, représentant un potentiel de production d’environ 213.000 tonnes de métal.

Rappelons qu’Atlantic Tin a acquis cette année Samine, la filiale de Managem spécialisée dans l’exploitation de la fluorine. Cette acquisition a permis à la société d’étendre considérablement sa zone d’exploitation, débloquant ainsi des ressources additionnelles en étain. Face à ce potentiel élargi, une nouvelle étude de faisabilité a été lancée, dont les résultats, initialement prévus fin 2024, devraient permettre de définir un calendrier de construction de la mine sur 18 mois pour une production envisagée à partir de 2026.

Mines. Aya Gold & Silver annonce des résultats satisfaisants au cours du 3e trimestre de 2024

Alors que la finalisation des travaux d’expansion de la mine de Zgounder approche, la société minière Aya Gold & Silver, cotée à la bourse de Toronto, a dévoilé ce 14 novembre 2024 ses résultats pour le troisième trimestre 2024.

En raison des travaux d’expansion, la production d’argent dans la mine de Zgounder a connu une baisse de 31% par rapport à la même période en 2023, atteignant 11 tonnes (355.927 onces) contre 16 tonnes précédemment. Sur les trois premiers trimestres de 2024, la production cumulée a permis la production d’environ 35,9 tonnes d’argent, soit 1,15 million onces.

Pour l’année en cours, l’entreprise prévoit une production totale d’argent comprise entre 1,6 et 1,8 million d’onces (de 49,7 à 55 tonnes), contre 1,97 million d’onces (61,29 tonnes) en 2023, soit une baisse estimée entre 8 et 19%.

 

Le troisième trimestre a été marqué par une baisse de 30 millions de dollars de la trésorerie disponible, passant de 103 millions à 73 millions de dollars au 30 septembre 2024.

Du point de vue des ventes, Aya a commercialisé, sous forme de lingots et de concentrés d’argent, 403.957 onces d’argent (équivalent de 12 tonnes), générant des revenus d’environ 11,02 millions de dollars. Cette performance représente une légère baisse de 6% par rapport à la même période en 2023 et une diminution par rapport au deuxième trimestre 2024, où la société avait vendu 521 971 onces, l’équivalent d’environ 16 tonnes d’argent.

Production maintenue malgré les travaux d’expansion

Au troisième trimestre, la mine de Zgounder a extrait 120.985 tonnes de minerai de roche. Elle se répartit entre 60.026 tonnes de minerai de roches (à une teneur en argent de 178 g/t) provenant de la mine à ciel ouvert et 60.959 tonnes (avec une teneur en argent de 119 g/t) issues de l’exploitation souterraine.

La teneur plus faible de la production souterraine s’explique par des retards de deux mois dans les travaux de remblayage du ciment qui ont contraint à l’arrêt des chantiers à haute teneur en argent. Au début du quatrième trimestre, la teneur moyenne du minerai extrait a augmenté pour atteindre 196 g/t Ag.

Au total, le traitement du minerai a permis de produire 114.825 onces d’argent sous forme de lingots (soit 3,5 tonnes) et 241.102 onces contenues dans le concentré (soit 7,5 tonnes).

La phase finale du projet d’expansion de la mine, nécessitant des tests et une mise en service conséquents, a vraisemblablement entraîné une mobilisation du personnel de la mine, affectant ainsi les chiffres de production. Aussi, la mise en service de l’unité de traitement a dû être interrompue en septembre 2024 et a été reportée en raison d’un problème technique lié à l’installation de l’unité hydraulique du broyeur à boulets.

Le projet d’expansion est désormais achevé à 99%, contre 95% au trimestre précédent. Il a nécessité un investissement total d’environ 159 millions de dollars, auxquels s’ajouteront 7 millions de dollars supplémentaires pour finaliser le projet qui devrait être terminé avant la fin du quatrième trimestre pour une production plus soutenue de la mine à partir du début de l’année prochaine.

« Après une transformation de plusieurs années et deux années records consécutives, nous finalisons maintenant l’expansion de Zgounder dans les limites du budget dans un marché de l’argent en pleine croissance », a déclaré Benoit La Salle, PDG de Aya Gold & Silver.

Nouvelle usine de traitement de minerai de la mine de Zgounder. (crédit: Aya)

Bilan des travaux d’exploration de 2024

Aya Gold & Silver poursuit ses investissements massifs dans l’exploration minière afin de développer davantage ses portefeuilles miniers, notamment dans la mine de Zgounder et dans son permis d’exploration à Boumadine, situé près de Tinejdad.

Au troisième trimestre 2024, 8.532 mètres de forage ont été réalisés dans le permis minier de Zgounder. Les résultats obtenus sont prometteurs, notamment près du contact granitique et en extension latérale est-ouest. Ils indiquent un potentiel de croissance des ressources, avec des teneurs en argent remarquables : 1.339 g/t sur 9,5 mètres (dont 2.984 g/t sur 4 mètres dans la zone centrale et 2.372 g/t sur 6,5 mètres dans la zone orientale). Par ailleurs, 4.043 mètres de forage ont été effectués aux alentours de Zgounder dans le but de découvrir de nouveaux gisements.

Dans la région de Boumadine, 69.293 mètres de forage ont été réalisés sur les neuf premiers mois de l’année, sur un objectif total de 120.000 mètres. L’objectif de ce programme de forage est d’une part confirmer la continuité de la minéralisation connue et à densifier les données et d’autre part explorer de nouvelles cibles identifiées par les levés hyperspectraux et géophysiques. Dans ce permis minier, il ressort de ce programme de forage en cours, des niveaux très prometteurs :

Luc-Gérard Nyafé, PDG de la CMT, condamné à la prison avec sursis et à une amende de 827 MDH

La section des infractions douanières du tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ a condamné, le 15 octobre dernier, Luc-Gérard Nyafé, PDG de la Compagnie minière de Touissit (CMT), à six mois de prison avec sursis et au versement, ferme et solidaire, avec une société dont il est le représentant légal (CMT), de la somme de plus de 827 millions de DH au profit de l’Administration des Douanes.

C’est ce qu’indique le portail du ministère de la Justice Mahakim.ma, qui ne précise pas le nom de la société en question.

Pour tout savoir sur cette affaire, consultez nos différents articles ici.

 

Potasse de Khémisset : la compagnie Emmerson prise au piège de l’impact environnemental

En 2018, la compagnie britannique Emmerson a identifié un potentiel important en potasse dans la région de Khémisset et a lancé les premières études pour développer le projet de la plus grande mine de potasse en Afrique. Bien qu’elle ait obtenu le permis en 2021, le démarrage des travaux de construction de cette mine a été retardé à plusieurs reprises, malgré les avancées significatives réalisées en matière d’exploration.

Depuis l’annonce du 14 octobre d’une nouvelle recommandation défavorable concernant l’étude d’impact environnemental, le cours de l’action est en chute libre, perdant 68% de sa valeur en seulement cinq jours. Cette chute s’explique par les difficultés persistantes à obtenir les autorisations environnementales nécessaires, ainsi que par le retard considérable pris par le projet dont le démarrage de la construction aurait dû intervenir au plus tard en 2022 pour une première production en 2024.

Cours de l’action Emerson Plc : mai-octobre 2024

Le processus d’obtention de la conformité environnementale, entamé en 2020, a subi de multiples retards. Trois versions des études d’impact ont été soumises à la CRUI de Rabat-Salé-Kénitra, dont la dernière date du mois d’avril 2024, mais sans aboutir à une décision favorable.

Conformément à l’article 29 de la loi n° 47-18, cette Commission est chargée d’examiner les études d’impact sur l’environnement et de rendre un avis sur l’acceptabilité environnementale des projets d’investissement soumis à son évaluation.

L’entreprise affirme mettre tout en œuvre pour respecter les normes environnementales, mais sans pouvoir arriver à une approbation pour la conformité environnementale du projet minier de la potasse.

Pourquoi tant de lenteur ?

En effet, l’exploitation d’une mine de potasse peut avoir des conséquences néfastes sur l’environnement en raison des importants volumes de déchets miniers produits. En l’absence de solutions de traitement efficaces, ces déchets pourraient avoir des répercussions négatives sur les populations riveraines, selon un expert en ingénierie minière.

À l’échelle internationale, de nombreuses entreprises minières exploitant la potasse sont à l’origine de problèmes environnementaux. Certaines d’entre elles rejettent les saumures dans les lacs, voire dans les océans, afin d’éliminer leurs déchets miniers.

En Catalogne, l’exploitation des mines de potasse de la région de Bages génère d’importants revenus, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Cependant, les conséquences sur les ressources en eau sont dramatiques. La salinisation des sources, des aquifères et des cours d’eau, liée à l’accumulation de 5.000 tonnes de produits par an, a rendu l’eau de la région de Barcelone impropre à la consommation sans un traitement de dessalement préalable. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la région a connu cette année une sécheresse exceptionnelle.

Une étude espagnole a mis en évidence l’impact environnemental considérable de l’exploitation de la potasse dans cette région catalane où pour chaque kilogramme de potasse produit, pas moins de 3 kilogrammes de déchets miniers salins sont générés. Ces déchets sont stockés à ciel ouvert, formant de vastes montagnes de sel. Cette étude précise qu’en cas de précipitation, la pluie dissout le sel facilitant son intégration dans le sous-sol, augmentant ainsi la salinité de l’eau et dégradant sa qualité. De plus, ces déchets contiennent d’autres substances potentiellement dangereuses pour la santé humaine, pouvant présenter des propriétés mutagènes et cancérogènes.

Les eaux de lixiviation, en interaction avec les conditions environnementales, peuvent altérer la composition chimique des sols et des eaux souterraines, entraînant une dégradation de la végétation environnante comme c’est le cas de cette mine en Russie.

Région affectée par l’exploitation de la potasse en Russie, un des principaux producteurs mondiaux. (Perevoshchikova et al. 2024)

L’acceptabilité environnementale apparaît donc problématique pour ce type d’exploitation. Ce projet qui, malgré son potentiel économique, pourrait nuire à toute une population riveraine, si la gestion des déchets miniers n’est pas efficace, nécessite par conséquent d’être entouré des conditions et critères les plus sévères.

Cependant, les avancées technologiques ont permis d’apporter un ensemble de solutions permettant une exploitation respectueuse de l’environnement. Pour garantir l’efficacité des solutions, les experts s’accordent que chaque mine présente des caractéristiques spécifiques et nécessite une étude spécifique afin de mettre en place les méthodes de gestion des déchets les plus adaptées. Par conséquent, il n’est pas possible de généraliser et d’imposer des méthodes standards.

Rappelons que les études d’impact sur l’environnement sont indispensables pour une liste exhaustive de projets qui peuvent porter atteinte à l’environnement et, parmi eux, figurent les mines et le traitement des métaux tel que cité dans la loi 12.03 relative à l’étude d’impact sur l’environnement.

Ce que propose Emmerson pour atténuer l’impact environnemental

Pour sa part, Emmerson considère que les conditions d’exploitation de la mine de Khémisset sont avantageuses en termes de coûts et de conditions géologiques. L’entreprise souligne notamment l’absence d’aquifère souterrain dans la zone d’exploitation.

Initialement, l’entreprise britannique, en collaboration avec Reminex, une filiale d’ingénierie de Managem, a développé une solution d’approvisionnement en eau utilisant les eaux traitées de la station d’épuration de Khémisset en remplacement de l’ancien procédé consistant à pomper l’eau en amont du barrage Ouljet Essoltane. L’entreprise a opté également pour une méthode de stockage sec des résidus miniers pour réduire l’impact du ruissellement des résidus.

Cycle de production de la potasse de Khémisset (Source : Emmerson PLC).

En l’absence d’approbation, l’entreprise a mis au point un nouveau procédé d’exploitation visant à répondre aux exigences environnementales. Ce procédé consiste à remplacer l’injection en puits profond, une méthode requérant d’importantes quantités de fluides, par le recyclage des saumures. Au lieu de jeter ces saumures comme des déchets, l’entreprise les valorise en produisant davantage de sous-produits tels que la struvite et la vivianite. Ces substances, considérées comme des engrais à libération lente, permettent de traiter le lessivage des phosphates dans les terres agricoles.

Actuellement, l’entreprise est en train d’évaluer ses prochaines actions, notamment de prendre connaissance des options réglementaires et juridiques à sa disposition pour un éventuel recours afin de défendre ses intérêts.

Conformément à l’article 37 de la loi 47-18, toute décision de refus de la Commission régionale doit être motivée. L’investisseur concerné peut former un recours gracieux auprès du wali de région ou un recours hiérarchique devant la Commission ministérielle de pilotage.

En attente d’une conformité environnementale, ce projet minier promet de générer un résultat d’exploitation avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) d’environ 440 millions de dollars par an sur une durée de vie de mine initiale de 19 ans.

Pour en savoir plus :

https://medias24.com/2024/10/14/potasse-de-khemisset-recommandation-defavorable-de-letude-dimpact-sur-lenvironnement-du-projet-minier-demmerson/

https://medias24.com/2022/05/09/khemisset-potash-project-le-point-avec-les-dirigeants-de-la-societe-miniere-emmerson/