Pêche au poulpe : chiffre d’affaires en hausse de 10,7% à la fin de la saison hivernale 2025

L’état global des débarquements de poulpe réalisés jusqu’au 31 mars 2025 est « très satisfaisant », enregistrant un volume de 5.881.303 kg pour une valeur de 644 MDH au niveau des villages de pêche de Lassargua, de Labouirda, de Ntireft et d’Imoutlan et totalisant 3.082 barques actives, selon le secrétariat d’État chargé de la pêche maritime.

Concernant le prix moyen, il a baissé de 109.48 DH/kg à 97.29 DH/kg, fait savoir la même source, notant que des résultats satisfaisants ont été enregistrés dans la circonscription maritime de Dakhla durant cette saison hivernale.

La pêche du poulpe est répartie sur deux saisons (estivale et hivernale) et implique trois segments de flotte, à savoir artisanale, côtière et industrielle, qui exploitent le poulpe le long des zones côtières du Royaume.

(Avec MAP)

Viandes rouges et subventions : entre flou, surenchères politiques et soupçons de spéculation

« Dix-huit acteurs du secteur de la viande rouge ont engrangé jusqu’à 13 milliards de centimes (130 MDH), profitant des subventions pour réaliser des marges excessives ».  C’est, en substance, l’information relayée par les deux ministres, Nizar Baraka et Ryad Mezzour.

Lors de meetings politiques ou face aux médias, ils dénoncent « des spéculateurs » ayant tiré profit des mesures instaurées par l’État pour engranger « des marges excessives, jugées abusives et non éthiques ».

Ryad Mezzour explique ces sorties par la nécessité d’agir rapidement sur un secteur qui affecte directement le pouvoir d’achat des Marocains. Interrogé par nos confrères de The Voice, il a affirmé qu’il s’agissait d’une stratégie de dissuasion fondée sur le principe du name and shame.

Autrement dit, une mise en garde aux spéculateurs : « Nous avons révélé votre nombre. Si ces pratiques persistent, nous révélerons vos noms ». Faire pression par la voie politique en attendant que les voies administratives et législatives puissent être enclenchées, affirme le ministre de l’Industrie et du commerce.

La multiplication des déclarations à ce sujet fait enfler la polémique et suscite des questions. La confusion s’installe et les interrogations fusent.

Les dix-huit acteurs dont il est question sont-ils des importateurs ? Des distributeurs ? Des grossistes ? Et ces 130 MDH, s’agit-il du montant des aides publiques ? Des gains générés par les marges non éthiques ? Que représente exactement ce montant ?

Des déclarations politiques floues qui alimentent la confusion

Si l’on s’attelle à décrypter les propos publics, que faut-il retenir ? En résumé, de l’argent public investi pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains a été détourné de son objectif initial par des acteurs de la filière.

Soit les opérateurs en question n’ont pas respecté le cadre de l’opération. Il faudrait alors des enquêtes et des mesures strictes à leur encontre.

Soit le gouvernement a failli dans la conception de la mesure, laissant des failles dans le dispositif.

Dans les deux cas, l’opinion publique a le droit de savoir et d’avoir l’information en toute transparence. Cela commence par l’identité de ces 18 opérateurs accusés de « spéculation ».

Nous avons interpellé des responsables gouvernementaux et des départements ministériels et institutions concernés par le sujet, dont le département de Ryad Mezzour, par qui le sujet a éclaté, et celui de l’Agriculture qui a piloté le dispositif d’aides.

Certains nous répondent brièvement : « cherchez du côté des chevillards ». D’autres préfèrent garder le silence.

Ce que nous savons des mesures destinées au secteur et de leur impact

Médias24 a tenté de reconstituer les données relatives à ces opérations d’importations à partir de sources publiques.

Deux types de mesures ont été adoptées :

En 2024, le dispositif en place visait l’importation de 300.000 têtes pour Aid Al-Adha. Ainsi, pour cette année-là, l’enveloppe de l’aide consentie par le gouvernement pouvait atteindre jusqu’à 150 MDH.

Plusieurs acteurs ont été impliqués dans ce dispositif :

La liste des importateurs éligibles à la subvention

Selon nos recherches, ils étaient plus d’une centaine d’importateurs éligibles à la subvention forfaitaire en 2024.  Une première liste de 67 opérateurs a été publiée sur le site de l’ONICL. Elle a été complétée par une liste additive de 33 opérateurs.

Nous n’avons pas pu reconstituer les listes pour 2023.

Nous ne sommes pas en mesure d’attester que tous les opérateurs figurant dans la liste de 2024 ont effectivement participé à l’opération.

Ce qui est certain, c’est que le nombre des opérateurs éligibles au dispositif d’aide et probablement ayant participé à l’importation est supérieur à 18.

 

Les effectifs importés en 2023 et 2024 selon l’office des changes

Qu’en est-il alors des chiffres d’importations et des montants des aides ?

Pour ce volet et à défaut d’avoir des chiffres précis auprès des institutions concernées, nous nous sommes tournées vers les données publiques de l’office des changes.

Il nous donne une indication sur les effectifs importés en 2023 et 2024 :

*Les données de l’année 2024 sont provisoires et arrêtées à fin septembre 2024. 

Nous savons, sur la base des circulaires consultées, que l’opération d’aide à l’importation en 2024 était autorisée entre le 15 mars et le 15 juin.

Pendant cette période d’importation éligible à la subvention de 500 DH/tête, 519.930 têtes d’ovins ont été importées.

À supposer que toutes les importations faites entre mars et juin 2024 répondaient aux différentes conditions et exigences, on peut estimer la valeur de la subvention en 2024 à 259,9 MDH.

Pour l’année 2023, aucune période spécifique n’était mentionnée dans les documents relatifs à cette opération et consultés par Médias24. Il nous est donc impossible de procéder à une estimation crédible.

L’impact des mesures

L’un des points soulevés par Baraka et Mezzour, ce sont les marges « non éthiques ».

« 18 spéculateurs réalisent des marges excessives, atteignant le double des marges pratiquées sur le marché, soit 40 DH/kg au lieu de 20 DH/ kg, et ce n’est pas normal », a  déploré Ryad Mezzour.

À Nizar Baraka de renchérir : « Ce n’est pas normal parce que l’objectif de cette subvention était de réduire le prix pour le consommateur final, alors que ces importateurs ont préféré en profiter pour améliorer leurs bénéfices. L’ovin importé à 2.000 DH a été vendu à 4.000 DH ».

Quand on analyse les prix de la viande ovine, on remarque que l’impact des mesures est peu perceptible et que les prix restent volatils, oscillant entre hausse et baisse, sans logique apparente.

La vraie baisse des prix est survenue après la décision de l’annulation du rituel du sacrifice pour l’année 2025. Cela dit, une hausse a été remarquée récemment, après les fortes pluies qui ont amélioré les parcours.

Medias24
Medias24

En tous les cas, tout porte à croire que les déclarations des ministres concernent le circuit de distribution et de commercialisation. Un circuit complexe, désorganisé et même anarchique.

Ci-dessous, une reconstitution de la chaine de valeur de la filière des viandes rouges publiée par le ministère de l’Agriculture sur son site web.

Elle ne comprend pas l’importation, car le Maroc n’y recourt massivement que ces deux dernières années. Par ailleurs, on y voit que, sur le volet de la commercialisation, il y a environ 700 marchés à bestiaux. C’est à ce stade que se forment les prix. Un projet de mise en place de 12 marchés à bestiaux régionaux a été lancé, sans voir le jour.

Le commerce des animaux vivants au Maroc se fait dans des conditions déplorables dans les souks hebdomadaires ruraux qui ne sont pas équipés, souvent très tôt le matin. De nombreux intermédiaires informels interviennent dans la chaine de commercialisation et exercent une pression sur les prix.

L’étape d’après est celle de l’abattage, qui se déroule dans plus de 180 abattoirs municipaux et près de 700 tueries rurales.

L’État a un programme ambitieux pour moderniser les abattoirs qui est en cours de déploiement. Il a commencé par la région de Rabat qui a été dotée d’un abattoir régional nouvelle génération.

Un secteur en proie à l’anarchie

Il reste donc la grande question : cette subvention publique que le gouvernement a pensée pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains et détendre les prix des moutons et de la viande rouge a-t-elle été détournée par des spéculateurs ?

Si oui, qui sont-ils ? Que compte faire le gouvernement ? Une telle dérive ne peut avoir eu lieu sans une entente préalable entre les opérateurs, puisque les marchés sont censés être des lieux de « formation des prix ».

M. Ryad Mezzour laisse entendre qu’il connait l’identité des 18 « spéculateurs ».

S’il rechigne à la communiquer à l’opinion publique, l’a-t-il transmise aux autorités compétentes pour qu’elles engagent les procédures qui s’imposent et tiennent informée cette opinion publique ?

Pêche au poulpe : démarrage sous de bons auspices pour la saison hivernale 2025

Au 7 janvier, la ville de Dakhla a enregistré un niveau de débarquements de poulpe atteignant 25% du quota, pour un total de 1.690.336,5 kg et une valeur de 176.997.758 DH. Ces chiffres concernent les villages de pêche de Lassargua, Labouirda, Ntireft et Imoutlan, où 3.082 barques sont en activité dans le cadre de la pêche artisanale, précise le secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime dans un communiqué.

Ces chiffres mettent en évidence le succès de la période de repos biologique ayant permis une abondance au niveau de la ressource, qui a impacté positivement le prix de vente dans les halles aux poissons et les marchés de gros relevant de l’Office national des pêches (ONP), souligne la même source.

Pour rappel, le secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime avait annoncé l’ouverture de la saison hivernale de pêche au poulpe pour la période allant du 1er janvier au 31 mars 2025, sur l’ensemble du littoral national.

S’inscrivant dans le cadre des efforts en faveur d’une gestion durable des ressources halieutiques, cette décision fait suite aux recommandations de l’Institut national de recherche halieutique (INRH) et à l’instauration d’un repos biologique automnal qui a été mis en place du 1er octobre au 31 décembre 2024.

Les résultats de la campagne de suivi scientifique de l’INRH, présentés lors du comité de suivi de la pêcherie du poulpe tenu le 17 décembre dernier, mettent en évidence une amélioration significative des stocks de poulpe, notamment au sud et au nord de Sidi Lghazi.

En outre, le secrétariat d’Etat chargé de la Pêche maritime souligne que la pêche du poulpe est répartie sur deux saisons (estivale et hivernale) et implique trois segments de flotte, artisanale, côtière et industrielle, qui exploitent le poulpe le long des zones côtières du Royaume.

La gestion des stocks de poulpe repose sur des mesures strictes, notamment la fixation d’un total admissible des captures (TAC) par zone. Ces quotas, répartis selon les catégories de flotte et les navires, sont complétés par des mesures de gestion supplémentaires visant à préserver durablement cette ressource halieutique.

Ces mesures concernent les zones de pêche, les engins de pêche, la fermeture des zones rocheuses, la fixation du nombre de navires, les tailles marchandes minimales, etc.

Depuis le début de la campagne de poulpe Hiver 2025, des mesures de contrôle spéciales ont été mises en place, du débarquement jusqu’aux unités de traitement.

Ces mesures consistent au renforcement du contrôle physique aux points de débarquement (ports et sites de pêche), au niveau des halles à poisson et aussi des unités industrielles par vérification des documents de traçabilité, surtout lors de la certification des captures à destination de l’export.

Ce contrôle renforcé vise à faire respecter les quotas allouées pour chaque segment, à encourager une gestion durable de cette pêcherie du poulpe, et aussi à garantir une meilleure valorisation et une concurrence loyale entre les opérateurs.

(Avec MAP)

SIAM 2024 : plus de 1,1 million de visiteurs, 1.500 exposants

Organisée du 22 au 28 avril 2024 à Meknès, la 16e édition du SIAM, dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par le Prince héritier Moulay El Hassan, a pour thème « Climat et Agriculture : pour des systèmes de production durables et résilients », mettant en avant des enjeux cruciaux pour l’avenir de l’agriculture, indique un communiqué du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

Cette année, le salon a rassemblé 70 pays, dont l’Espagne comme pays invité d’honneur, et accueilli 45 délégations officielles, dirigées par 22 ministres étrangers.

Les participants, qui incluaient des agriculteurs, des chercheurs, des décideurs politiques et des entrepreneurs, ont pu découvrir les innovations et les tendances du secteur répartis dans 12 pôles thématiques, y compris le nouveau pôle « Agri-Digital ». Ce dernier a introduit des technologies avancées destinées à optimiser les pratiques agricoles.

Le ministère fait également remarquer que le SIAM a été un carrefour pour l’échange de connaissances avec 41 conférences scientifiques et la signature de plus de 19 conventions stratégiques, soulignant son rôle en tant que catalyseur d’opportunités commerciales et scientifiques dans le domaine agricole.

Le pôle « Produits du Terroir », agrandi significativement cette année pour s’étendre sur près de 16.000 m², a accueilli 512 exposants représentant des groupements d’intérêt économique (GIE) et des coopératives. Il a mis en lumière les coopératives, y compris celles des zones sinistrées par le séisme d’Al Haouz, permettant à ces communautés de présenter leurs produits et de bénéficier de nouvelles opportunités commerciales.

Concernant le pôle « Agri-Digital« , inauguré cette année, il s’est imposé d’emblée comme un centre d’innovation de premier plan, fait valoir le ministère. Fort de la participation active de nombreuses entreprises innovantes, ce pôle a été dédié au développement de solutions avancées pour une agriculture à la fois intelligente et performante.

Réunion de préparation pour l’approvisionnement du marché national en produits de la pêche durant le Ramadan

Ramadan approche et comme chaque année, la disponibilité des produits alimentaires est une des principales préoccupations. Ce mercredi 3 janvier, le focus a été mis sur les produits de la mer fortement consommés pendant le mois sacré, lors d’une réunion de travail entre le ministre de l’Agriculture et de la pêche et les professionnels.

 

« Nous nous sommes entretenus aujourd’hui avec toutes les instances représentatives des professionnels de la pêche maritime dans ses trois secteurs : la pêche côtière, la pêche traditionnelle et la pêche hauturière, avec pour objectif de mobiliser l’ensemble des acteurs du secteur afin d’approvisionner tous les marchés du territoire marocain en produits de la mer de bonne qualité, et surtout à des prix qui soient abordables pour le citoyen », a déclaré le ministre à la presse à l’issue de la réunion.

Il a rappelé les progrès réalisés, notamment dans la construction de marchés de gros et la modernisation de divers points de débarquement. « Il s’agit aujourd’hui d’améliorer la distribution dans les villes non côtières« , a-t-il ajouté, insistant sur l’importance de respecter les conditions sanitaires, la qualité et la diversité des produits de la mer.

Le plan d’action pour le mois de ramadan

La réunion a permis d’établir les actions à même d’assurer l’approvisionnement du marché national en produits de la pêche et avec des prix abordables et à la portée du consommateur durant le mois de ramadan, en l’occurrence :

– la mise en place d’une commission centrale pour assurer le suivi de l’approvisionnement régulier du marché national en produits de la pêche de haute qualité et en quantités suffisantes ;

– la mobilisation des opérateurs économiques du secteur de la pêche pour approvisionner en cas de besoin les différentes villes en poissons frais et congelés ;

le suivi quotidien des prix de poissons frais le long de la chaîne de valeur, en particulier au niveau des halles aux poissons, des marchés de gros et des marchés de détail dans les différentes villes du Royaume ;

– le suivi quotidien des quantités de poissons congelés commercialisées dans les marchés de gros et les différents points de ventes.

Le ministre a par la même occasion salué l’initiative « Poissons à prix raisonnable » dont la première édition a été lancée au mois de ramadan 1440 correspondant à l’année 2019 par le Département de la pêche maritime (DPM), en coordination avec les armateurs de la pêche hauturière, les autorités locales et l’ONSSA. « Cette initiative a eu un grand succès au niveau national et a permis aux citoyens d’acquérir un poisson congelé de très bonne qualité et à des prix très abordables », souligne le ministère de tutelle.

L’ONP va digitaliser toutes les ventes de poisson aux enchères dans les halles qu’il gère

Le conseil d’administration de l’Office national des pêches (ONP) a approuvé le plan d’action relatif à l’année 2024, ainsi que le budget y afférent, a indiqué le ministère de tutelle dans un communiqué. Ce plan d’action vise à poursuivre la mise en œuvre des chantiers liés à la modernisation du processus de commercialisation des produits de la mer, notamment la généralisation de la digitalisation de la vente aux enchères dans tous les sites de commercialisation gérés par l’Office.

Le plan d’action prévoit aussi l’accompagnement de l’organisation et la restructuration des activités liées à la commercialisation des produits halieutiques (mareyage et services à terre), la poursuite du renforcement du réseau de la première vente à travers le lancement de la réalisation de la halle de Sidi Ifni, et le réaménagement et l’extension de la halle d’Al Hoceima et l’extension des halles de Ntireft et Imoutlane.

Il s’agira également de consolider le réseau des marchés de gros au poisson (MGP) à travers le lancement des travaux du marché de gros de Fès et des études préalables pour celui de Nador, précise la même source. Le conseil d’administration a aussi validé le programme de mise à niveau et de maintenance des équipements et infrastructures de commercialisation (1re et 2e ventes).

L’objectif est de permettre auxdites infrastructures de continuer à remplir les meilleurs exigences et standards en matière d’hygiène, de sécurité et de salubrité. Le déploiement de la démarche Qualité-Sécurité-Environnement prévu en 2024 aboutira également à l’agrément sanitaire de certaines halles et MGP ainsi qu’au maintien des agréments sanitaires obtenus par le passé.

Dans le cadre du plan d’action de l’Office, il est prévu de mettre en œuvre les conclusions de l’étude sur le repositionnement stratégique de l’ONP afin de donner à l’institution une nouvelle impulsion et de lui permettre de remplir au mieux la mission qui lui est dévolue en tant que bras opérationnel des pouvoirs publics pour le développement de la filière pêche.

Par ailleurs, le conseil d’administration a autorisé l’ONP, vu son expertise, à la réalisation de certains projets structurants de la filière en qualité de maître d’ouvrages délégué, et félicité l’Office pour les efforts déployés en faveur du développement du secteur, tout en l’invitant à poursuivre sa dynamique pour la réalisation des missions qui lui incombent.

Mohammed Sadiki en visite dans les zones sinistrées des provinces d’Al Haouz et Chichaoua

Cette visite, au cours de laquelle le ministre était accompagné du président de la Chambre d’agriculture de Marrakech-Safi et d’une délégation de responsables de ce département, visait à constater les dégâts engendrés par cette catastrophe naturelle au niveau de différentes unités de valorisation agricole, des seguias et des routes rurales.

Ainsi, dans la commune rurale d’Asni, le ministre a constaté les dégâts enregistrés au niveau de deux unités de valorisation partiellement endommagées. L’une d’elles concerne une plateforme de commercialisation de produits du terroir réalisée par la direction régionale de l’Agriculture, et mise à la disposition d’un Groupement d’intérêt économique (GIE) regroupant 21 coopératives, au profit de 1.462 bénéficiaires dont 252 femmes.

Il a ensuite visité la Maison du Noyer, construite et équipée par la direction provinciale de l’agriculture et confiée à une coopérative regroupant 50 bénéficiaires, dont 15 femmes, avec une capacité de 5 tonnes de noix concassées/an et 2,4 tonnes d’huile de noix/an.

Au niveau de la commune rurale de Talat N’Yacoub (province d’Al Haouz) le ministre s’est rendu dans deux unités de valorisation, construites par la direction provinciale de l’Agriculture, dont une unité apicole gérée par une Union regroupant 307 bénéficiaires et construite sur une superficie de 1.300 m2. La deuxième unité, érigée sur une superficie totale de 600 m2, avec une capacité de conditionnement qui s’élève à 300 tonnes et une capacité de stockage frigorifique de 33 tonnes de pommes et de 15 tonnes de vinaigre, est gérée par une coopérative regroupant 31 bénéficiaires, dont 6 femmes.

Toujours à Talat N’Yacoub, le ministre a pris connaissance des dégâts qu’a connus la seguia Ifouriren qui permet l’irrigation de 40 ha de plantations de petits agriculteurs. Avec un linéaire de 1.571 ml, cette seguia est gérée par une association des usagers de l’eau agricole rassemblant 50 bénéficiaires.

Le ministre s’est également rendu dans la commune territoriale d’Adassil dans la province de Chichaoua, où il a constaté les dégâts engendrés au niveau d’une route rurale réalisée par la direction provinciale de l’Agriculture dans le cadre du Programme de réduction des disparités territoriales et sociales. D’une longueur de 10,66 km, cette route joue un rôle important dans le désenclavement de la population des communes d’Adassil et Imindounite, soit plus de 40 douars desservis.

Dans la même commune d’Adassil, la visite du ministre a en outre concerné une seguia endommagée par les éboulements du sol au douar Tikkhet, considéré comme le plus touché par le séisme au niveau de la province de Chichaoua.

D’un linéaire de 2.000 ml, cette séguia, qui s’inscrit dans le cadre d’un projet d’agriculture solidaire d’un coût global de 5,8 millions de DH, permet l’irrigation de 35 ha d’arbres fruitiers au profit de 119 bénéficiaires.

Dans une déclaration à cette occasion, le ministre a relevé que le secteur agricole a subi différents dégâts, notamment au niveau des infrastructures. Il a fait savoir que sur la base d’un premier constat établi au cours des quinze derniers jours, et des statistiques recueillies par les différents services du ministère, un programme d’intervention a été élaboré.

Ce programme est scindé en deux volets : le premier, à caractère urgent, concerne la réhabilitation et la réparation des dégâts tout en œuvrant à ce que les activités agricoles reprennent rapidement leur cours normal ; alors que le deuxième axe porte sur le développement global de la région en exécution des instructions royales, et ce, dans le cadre d’une agriculture solidaire concernant les filières de production (cultures et élevage).

Notant l’importance de l’élevage dans cette zone, le ministre a expliqué que son département œuvrera au cours de cette première phase à la reconstitution du cheptel perdu et procèdera au soutien direct des fourrages au profit des éleveurs affectés, et à la réhabilitation des locaux des coopératives, notamment féminines, qui emploient un nombre important de personnes parmi les habitants.

Les axes d’intervention

En marge de sa visite à Marrakech, Mohammed Sadiki a tenu mardi une séance de travail avec les membres de la Chambre régionale d’Agriculture de Marrakech-Safi, axée sur le programme d’intervention de son département suite au séisme d’Al Haouz.

Comme expliqué par le ministre lors d’un échange avec Médias24, ce programme d’intervention comprend deux volets, agricole et forestier.

S’agissant du volet agricole, un premier axe relatif aux infrastructures agricoles prévoit de garantir l’accès et de désenclaver les exploitations et les parcelles, à travers la réhabilitation et la construction de pistes agricoles, la mise en place des ouvrages antiérosifs pour lutter contre l’érosion et l’éboulement et les phénomènes de glissement, ainsi que la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles petite et moyenne hydraulique, la réhabilitation des seguias et la création et l’équipement de points d’eau.

Le deuxième axe, inhérent aux infrastructures économiques agricoles, porte principalement sur l’aménagement, la construction et l’équipement des unités de valorisation et locaux des coopératives, la mise à niveau et la réhabilitation des abattoirs, des marchés hebdomadaires et locaux, ainsi que l’aménagement et réhabilitation des hangars, étables et abris des animaux.

Quant au troisième axe, il concerne la reconstitution du capital de production agricole et la relance des filières animales, à travers la reconstitution du cheptel (distribution d’animaux d’élevage aux sinistrés), la distribution d’aliments de bétail, ainsi que la réalisation de projets d’agriculture solidaire et autres activités génératrices de revenus.

Aquaculture. Une écloserie de poissons marins inaugurée dans le Nord

L’inauguration d’une écloserie de poissons marins, ce mardi 18 juillet, dans la commune de Gueznaya, relevant de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, est un pas capital vers le développement d’une activité aquacole pérenne et à haute valeur ajoutée. 

En effet, pour le département de la pêche maritime, le développement des naissains est essentiel au lancement d’une activité aquacole. Au-delà de la difficulté de trouver des zones protégées des tempêtes sur la façade atlantique – un aspect pénalisant pour l’aquaculture -, l’indisponibilité de naissains en masse a toujours été un frein dans ce secteur. 

De ce fait, le premier projet de production de semences de poissons au Maroc, lancé par le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, est déterminant. « La production d’alevins est considérée comme un levier d’intégration essentiel pour sécuriser la viabilité des projets aquacoles spécialisés dans la pisciculture », assure Mohammed Sadiki. 

Sur une superficie de 2,28 hectares, « ce projet structurant pour le secteur aquacole national a nécessité un investissement de 120 millions de DH, pour doter l’amont de la chaîne de valeur d’une source d’approvisionnement en alevins », précise un communiqué du ministère de l’Agriculture. 

« Il s’agit du premier projet de production de semences de poisson au Maroc pour lequel l’Etat accorde un appui financier sous forme d’une prime à l’investissement aux fins d’acquisition des équipements d’écloserie à hauteur de 20 MDH », ajoute la même source. En détail, l’écloserie produira jusqu’à 30 millions d’alevins locaux de qualité supérieure de dorade, de bar et de maigre, ainsi que d’autres espèces intéressant les fermes aquacoles nationales.

Un nouveau centre de recherche et de technologies conchylicoles 

Symbole de la coopération bilatérale entre le Maroc et le Japon dans le cadre du secteur halieutique, Mohammed Sadiki a inauguré, le lundi 17 juillet, le nouveau Centre de recherche et de technologies conchylicoles à Amsa, commune rurale située à une quarantaine de kilomètres de Tétouan. 

Relevant de l’Institut national de la recherche halieutique (INRH), ce centre a vu le jour grâce à « un financement sous forme de don non remboursable de 100 millions de DH, octroyé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) », indique le département de la Pêche maritime. 

Le centre de recherche est composé de la première écloserie conchylicole expérimentale de recherche marocaine et d’une ferme conchylicole pilote dans la baie d’Amsa. Opérationnelle depuis septembre 2018, cette station est aménagée sur une superficie de 7.000 m2, avec une partie maritime implantée sur une parcelle de 2 hectares au large de la baie.