Reconstitution du cheptel : de nouveaux détails dévoilés par Ahmed El Bouari au Parlement

Les informations sur ce programme de reconstitution ont été présentées ce mercredi 18 juin en commission des secteurs sociaux. Le ministre a, à cette occasion, détaillé davantage les mécanismes de mise en œuvre des cinq axes du programme de reconstitution du cheptel national.

Crédit Agricole du Maroc : 4,6 MMDH de prêts au profit de plus de 48.000 éleveurs

En ce qui concerne le premier axe relatif à la reprogrammation des dettes des éleveurs, il a été précisé que le nombre de clients du groupe Crédit Agricole du Maroc (CAM) bénéficiant actuellement de crédits en relation avec le secteur de l’élevage du bétail s’élève à environ 48.780 éleveurs, avec un encours total de crédits dépassant 4,6 milliards de DH (MMDH).

Cet axe prévoit ainsi l’allègement des dettes pour 50.000 éleveurs, clients de CAM, pour un montant total de 700 millions de DH (MDH).

Les mécanismes de mise en œuvre se présentent comme suit :

– Pour les éleveurs dont les crédits ne dépassent pas 100.000 DH : l’Etat prend en charge 50 % de la dette (capital + intérêts). Le reste du montant est rééchelonné par CAM, à rembourser par l’éleveur sur une période ne dépassant pas 5 ans.

– Pour les éleveurs dont les crédits varient entre 100.000 et 200.000 DH : ll prend en charge 25 % de la dette (capital + intérêts). Le reste du montant est également rééchelonné par le CAM, à rembourser par l’éleveur sur une période ne dépassant pas 5 ans.

– Pour les crédits dépassant 200.000 DH : la dette est rééchelonnée par le CAM, avec exonération des intérêts de retard, pour être remboursée par l’éleveur sur une période ne dépassant pas 5 ans.

La subvention des aliments continuera de se faire sur appel d’offres, mais avec un contrôle renforcé

Le ministre a également détaillé les mécanismes de mise en œuvre du second axe, relatif à la subvention à l’alimentation. Rappelons-le, la vente de l’orge sera subventionnée par l’État, avec un prix de vente de 1,5 DH/kg dans la limite de 7 millions de quintaux. Il en est de même pour les aliments composés, qui seront vendus à 2 DH/kg.

Le ministre a, à cette occasion, précisé que :

– L’acquisition de l’orge et des aliments composés se fera à travers des appels d’offres, qui seront lancés et exécutés par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), conformément au programme et aux besoins définis par le ministère ;

Le suivi de la distribution sur le terrain des aliments subventionnés sera renforcé, en réponse aux critiques formulées par de nombreux éleveurs qui affirment ne pas avoir pu en bénéficier par le passé ;

Un nouveau système d’information sécurisé et facile à utiliser sera mis en place pour accompagner les différentes contraintes rencontrées.

3,6 MMDH pour la préservation et l’identification des femelles reproductrices

Pour la première fois, Ahmed El Bouari a dévoilé le détail du troisième axe du programme, qui concerne l’identification des femelles reproductrices. Après avoir rappelé qu’un appui financier de 400 DH sera accordé aux éleveurs par tête de brebis ou de chèvre femelle conservées dans le cheptel pendant une durée déterminée, le ministre a souligné que le budget alloué à cet axe s’élève à 3,6 MMDH.

Les modalités de mise en œuvre sont les suivantes :

– L’identification des femelles ovines et caprines détenues par chaque éleveur au titre de l’année 2025, à travers la pose de boucles électroniques (RFID). Cette opération sera assurée par des vétérinaires privés mandatés ;

La vérification du maintien des animaux identifiés dans le cheptel des éleveurs au titre de l’année 2026. Les contrôles seront menés par des équipes du ministère de tutelle, dans le cadre de commissions locales mixtes en coordination avec les autorités locales ;

– L’attribution des subventions selon les règles en vigueur, aux éleveurs ayant respecté les conditions de conservation de ces femelles.

Le ministère prendra ainsi en charge l’encadrement, le suivi et la mise en œuvre de cette opération à travers un dispositif intégré, alliant contrôle vétérinaire, traçabilité et soutien financier, en vue d’assurer une gestion durable du cheptel.

Différentes options technologiques pour prévenir les tentatives de falsification

Pour s’assurer de la réussite du recensement des femelles ovines et caprines auprès des éleveurs, et pour prévenir les tentatives de falsification, le ministère s’appuiera sur différentes options technologiques adoptées.

— En ce qui concerne l’identification de l’éleveur :

— Pour ce qui est de l’identification des femelles reproductrices, elle se fera à l’aide de :

– Mise en place de lecteurs de boucles :

– La mise en place d’un système informatique :

La campagne préventive de traitement sera pilotée par l’ONSSA

La campagne préventive de vaccination, qui représente le quatrième axe de ce programme de reconstitution, sera pilotée par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), pour 150 MDH.

En ce qui concerne l’encadrement et l’accompagnement technique (cinquième et dernier axe), un focus particulier sera fait sur la nutrition du cheptel et la gestion de la reproduction. Le ministère annonce également des formations d’encadrement, d’orientation et de conseil, ainsi que le développement de petites plateformes de reproduction assistée (insémination artificielle) pour les ovins et caprins.

Le budget alloué à cet axe s’élève à 50 MDH. Les modalités de sa mise en œuvre sont les suivantes :

> Lire aussi : 

https://medias24.com/2025/05/15/les-premieres-mesures-a-letude-pour-reconstituer-le-cheptel-national/

Maraîchage, légumineuses, fourrages… Le point sur les cultures de printemps à Casablanca-Settat

L’activité agricole dans la région Casablanca-Settat ne s’estompe pas avec l’arrivée de l’été. Car les cultures d’hiver et d’automne font place aux productions printanières, dont le maïs grain, les fourrages, essentiels pour nourrir le cheptel, et les légumineuses alimentaires. Sans oublier les cultures maraîchères à l’importance socio-économique indéniable. 

Les précipitations enregistrées pendant les mois de mars et avril ont été utiles pour le semis de ces grandes cultures de printemps. Alors que la saison des pluies est à conjuguer au passé, les eaux souterraines prennent le relais pour en assurer le cycle de production qui peut s’étendre jusqu’à la fin juillet pour certaines d’entre elles. 

Surtout que les zones de production agricole de la région n’ont quasiment plus de dotation agricole à partir des barrages relevant du bassin hydraulique d’Oum Er-Rbia. Et en particulier l’édifice d’Al Massira. 

Medias24

La deuxième plus grande retenue d’eau du pays par sa capacité de stockage (2,6 milliards de mètres cubes) a vu ses réserves drastiquement chuter ces dernières années sous l’effet combiné de la pénurie d’eau et de la surexploitation. Au point que ce vendredi 13 juin, son taux de remplissage n’atteint pas les 5% (4,9%), l’équivalent de 129,8 millions de mètres cubes. 

A la lumière de ces éléments, la hausse de 33% du cumul pluviométrique (256 mm) dans la région Casablanca-Settat par rapport à la campagne précédente (192 mm) a eu un effet bénéfique sur les semis des cultures de printemps, mais aussi en termes de recharge des nappes phréatiques. 

« La province d’El Jadida se distingue par un cumul pluviométrique de 357 mm, supérieur à celui enregistré dans les autres provinces de la région », ajoute la Direction régionale de l’agriculture Casablanca-Settat. Une bonne nouvelle puisque la province accueille une majorité des 8.425 hectares de betteraves sucrières plantées dans la région.

Certes, il s’agit d’une culture irriguée, mais selon la DRA Casablanca-Settat, « les précipitations ont permis d’économiser au moins deux tours d’irrigation, atténuant ainsi la pression sur les nappes phréatiques ».

Les résultats de l’opération d’arrachage, qui a été lancée le 31 mai, n’ont pas encore été annoncés.

Les cultures printanières tirent aussi avantage de ces précipitations. Sur les 187.000 hectares que couvrent ces cultures à l’échelle nationale, comme indiqué le mardi 10 juin par le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, 35.673 hectares ont été emblavés dans la région Casablanca-Settat. Ils se répartissent comme suit : 

– 26.764 ha de maïs grain ; 

– 5.521 ha de cultures fourragères de printemps (luzerne, maïs fourrager, sorgho) ; 

– 3.051 de légumineuses alimentaires (pois chiches et haricots secs). 

Enfin, la superficie du maraîchage de printemps s’élève à 7.783 hectares, dont les pommes de terre (1.637 ha), les tomates (1.074 ha) et les oignons (496 ha). Pour conclure, les précipitations des mois de mars et avril sont tombées à point nommé dans le cas de l’arboriculture, car elles ont coïncidé avec des phases physiologiques sensibles, notamment la période de plantation et la sortie de dormance des oliviers. 

« Ces conditions laissent entrevoir une amélioration du rendement oléicole par rapport à la campagne précédente, fortement impactée par la sécheresse », conclut la DRA Casablanca-Settat. 

https://medias24.com/2024/11/09/zoom-sur-la-campagne-agricole-dans-la-region-casablanca-settat/

Remise de trophées à des producteurs marocains d’huile d’olive primés à l’international

Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, a présidé, mardi 28 mai 2025 à Rabat, une cérémonie de remise de trophées à des producteurs marocains d’huile d’olive, primés dans plusieurs concours internationaux de renom en 2025.

Les producteurs mis à l’honneur lors de cette cérémonie, médaillés aux concours internationaux d’huile d’olive en 2025, sont :

Ces distinctions témoignent du savoir-faire des producteurs marocains et de leur contribution au rayonnement de l’huile d’olive marocaine à l’échelle internationale, indique un communiqué du ministère.

Cette réussite s’inscrit dans la continuité des efforts déployés à travers le Plan Maroc Vert et la stratégie Génération Green, qui ont placé la filière oléicole au cœur du développement agricole, souligne le communiqué. Grâce à un accompagnement renforcé en conseil agricole, en encadrement technique et en accès aux marchés, le secteur connaît un essor remarquable, alliant modernité, résilience et compétitivité, poursuit la même source.

À travers cette initiative, le ministère a mis en lumière les efforts exceptionnels d’hommes et de femmes qui incarnent le dynamisme du secteur agricole national et participent activement au rayonnement des produits marocains sur les marchés internationaux, conclut le communiqué.

Congrès national des agrumes. Un virage scientifique stratégique pour la filière

À l’instar de plusieurs filières, les vergers agrumicoles sont particulièrement éprouvés par la sécheresse et les conditions climatiques défavorables qu’a connues le pays lors des dernières années. Au point que la superficie agrumicole a perdu près de 40.000 hectares en dix ans pour s’établir actuellement à environ 90.000 hectares.

Dès lors, l’organisation du 1er congrès Congrès national des agrumes à Marrakech, du mardi 13 au jeudi 15 mai, tombe à point nommé. “Au départ, ce congrès devait être purement scientifique, mais le bureau de Maroc Citrus a voulu en faire une plateforme d’échange”, indique Kacem Bennani Smires.

Avec une expérience de 40 ans dans le secteur, le président de Maroc Citrus se félicite d’un programme riche. Et pour cause : “Nous vivons une période critique, marquée par la sécheresse qui a coûté cher : perte de superficies, producteurs contraints d’abandonner ou d’arracher leurs vergers”.

Pourtant, “le secteur des agrumes occupe une place de choix parmi les filières de production au Maroc. C’est une filière historique, qui reflète les transformations de notre économie agricole ainsi que les changements survenus à l’échelle internationale, notamment dans nos marchés traditionnels”, assure Redouane Arrach, secrétaire général du ministère de l’Agriculture.

“Les agrumes, ce n’est pas seulement des fruits et des jus”, reprend-il, “c’est 34 millions de journées de travail, entre 150.000 et 200.000 emplois, et un chiffre d’affaires de 10 milliards de dirhams, dont 5 milliards à l’exportation”. Mais pour ce responsable, tout n’est pas rose.

“Il faut rééquilibrer la filière, qui comptait autrefois trois temps en termes de production : les agrumes précoces, de mi-saison et de fin de saison. Aujourd’hui, le pic de production est concentré sur la période précoce, ce qui nuit à la diversité temporelle et pose des défis aux stations de conditionnement”, précise M. Arrach.

De plus, sur le plan du marché intérieur, la structuration reste insuffisante, avec une distribution qui demeure essentiellement traditionnelle. À l’export, “des efforts sont faits pour renforcer la compétitivité, face à de nouveaux concurrents qui ne sont pas historiquement des exportateurs d’agrumes mais qui menacent notre positionnement”, souligne ce dernier.

En outre, le secrétaire général du ministère de l’Agriculture regrette le manque de soutien de l’État à la filière. “Quand on analyse la structure du soutien public à la filière, on constate que le Maroc est l’un des pays du bassin méditerranéen qui accorde le moins d’aides. Il est donc impératif que l’État soutienne davantage ce secteur stratégique”, avoue-t-il.

À cela s’ajoute une problématique majeure, à savoir une superficie actuelle en baisse, “mais cela n’est pas forcément un problème. Si nous restons autour de 90.000 hectares avec une productivité renforcée, c’est jouable. Il faut toutefois accompagner les producteurs, car les contraintes sont nombreuses”.

“Actuellement, 60 % des exploitations dépassent les 30 à 40 hectares. Mais la structure par âge des vergers est préoccupante. Le rendement moyen, de 20 à 21 tonnes par hectare, reste trop faible. Il faudrait atteindre au moins 30 tonnes à l’hectare”. Mais pour cela, il faut s’assurer d’un approvisionnement en eau régulier. Ce qui est plus facile à dire qu’à faire.

Par exemple, dans le Gharb, une filière agrumicole en puissance, “on attendait 400 Mm³, mais là on en est uniquement à 40 Mm³ de dotation agricole. Donc il n’y a pas de visibilité au niveau de la question de l’eau. Les responsables de l’eau ne répondent pas à nos appels. On n’a pas de lâchers, on n’a pas d’autorisation de puits”, regrette Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER).

“À ce rythme, il n’y aura ni pommes de terre ni tomates l’année prochaine. Les agriculteurs cultivent de moins en moins de superficie. En même temps, il y a une grande pression sur l’agriculteur qui doit produire la quantité nécessaire à un prix raisonnable, mais avec des conditions climatiques défavorables”, souligne-t-il.

“Mais nous gardons espoir. Le Maroc s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique positive grâce, entre autres, à la politique de dessalement”, affirme Kacem Bennani Smires, président de Maroc Citrus. À cela s’ajoutent des résultats encourageants en termes de recherche scientifique.

“La vision est commune avec le président de Maroc Citrus, avec lequel je dis qu’on réitère un engagement plus important, d’abord sur l’innovation génétique avec une diversification des variétés, des porte-greffes plus résistants et économes en eau, idem pour l’innovation technologique en eau et une lutte intégrée, et l’innovation en termes de transformation et de valorisation”, explique le Pr. Lamiae Ghaouti, directrice de l’Institut national de recherche agronomique (INRA).

“Le centre de Kénitra a déjà travaillé plusieurs décennies sur les agrumes et, aujourd’hui, il y a sur le marché des variétés. Nous avons la variété Chemsya en orange et Gharbaoui et Mahdya en mandarine qui sont actuellement transférées chez les pépiniéristes”, conclut-elle.

https://medias24.com/2025/04/30/subvention-a-lexport-des-agrumes-ce-quil-faut-retenir-du-nouveau-dispositif/

Rose à parfum : une production record, portée par une dynamique d’investissement soutenue

Emblématique de la vallée du Dadès, la rose à parfum (Rosa damascena) s’annonce particulièrement abondante cette année. Grâce à des conditions climatiques favorables, la production prévisionnelle pour la campagne agricole 2024-2025 devrait dépasser les 4.800 tonnes, contre 3.500 tonnes l’année précédente, selon l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) de Ouarzazate. Une progression qui confirme la dynamique positive d’une filière ancrée dans le terroir et portée par des efforts soutenus d’investissement et de valorisation.

Cultivée sur 1.020 hectares dans la province de Tinghir, la rose à parfum reste une richesse oasienne d’exception, concentrée dans les communes de Aït Sedrate Sahl Gharbia (31%), Khémis Dadès (29%), Aït Sedrate Sahl Charkia (19%), Kelâat M’Gouna (11%) et Aït Ouassif (10%).

Ses exportations atteignent aujourd’hui environ 60 tonnes.

Cette production est protégée par deux appellations d’origine, « Rose de Kelâa M’Gouna-Dadès » et « Eau de rose de Kelâa M’Gouna », gages de qualité et d’authenticité. Cette matière première, qui donne lieu à des produits finis comme l’huile essentielle, l’eau de rose et les pétales séchés, est au cœur d’un dispositif de valorisation structurant.

Il faut entre 3.500 et 4.000 kg de roses fraîches pour produire un seul litre d’huile essentielle, ce qui explique sa rareté et sa valeur. L’eau de rose et les pétales séchés complètent cette gamme à forte valeur ajoutée.

Un mode de culture exigeant, mais adapté à l’environnement local

La rose à parfum se développe exclusivement dans les régions à climat froid et sec, ce qui explique son absence des zones côtières. Elle est particulièrement sensible à l’irrigation, qui doit être pratiquée au goutte-à-goutte, tôt le matin ou en fin d’après-midi, surtout durant sa phase de floraison qui s’étend de mars à mai et dure entre 25 et 45 jours. En hiver, sauf en cas de sécheresse, l’irrigation n’est généralement pas nécessaire.

Dans ce sens, le programme d’économie d’eau dans la province de Tinghir a connu une avancée notable. Les superficies équipées en goutte-à-goutte sont passées de 106 hectares en 2008 à 2.284 hectares en 2025, grâce à une subvention globale de 101,5 millions de DH ayant bénéficié à 409 agriculteurs.

La stratégie Génération Green, levier structurant pour la rose à parfum

Selon des données récentes du ministère de l’Agriculture, un investissement global de 80 millions de DH a été mobilisé pour le développement de la filière. Ce soutien a permis la mise à niveau de 35 km de réseau d’irrigation, l’extension des superficies de plantation, la conception et la diffusion de référentiels techniques, l’équipement de 22 unités de valorisation, ainsi que la construction et l’équipement de la Maison de la rose. Il a également contribué à la labellisation des produits et à l’encadrement des producteurs.

Grâce à ces efforts, la superficie plantée a atteint 1.020 hectares, les rendements ont augmenté de 25%, et les revenus des agriculteurs ont connu une progression significative de 153%. La production globale de roses à parfum s’en est trouvée renforcée.

Plus globalement, le Plan d’action de la stratégie Génération Green dans la province de Tinghir bénéficie d’une enveloppe budgétaire de plus de 1,35 milliard de DH.

Des contraintes techniques et commerciales à lever

Tout en appelant à promouvoir la recherche scientifique au service de la filière, Abdellah Abdellaoui, chef du service de la production agricole à l’ORMVA de Ouarzazate, a rappelé, lors d’une récente intervention, certaines contraintes qui freinent encore son développement.

Il a notamment cité le recours limité à des techniques modernes dans le traitement de la rose à parfum, ainsi que la concurrence déloyale de produits de mauvaise qualité, souvent écoulés de manière illégale. Il s’exprimait en marge de la 60e édition du Salon international de la rose à parfum au Maroc, organisée du 5 au 8 mai à Kelâat M’Gouna.

Un salon emblématique pour une filière en pleine mutation

Placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, le Salon international de la rose à parfum met en lumière l’importance économique, sociale et culturelle de cette filière emblématique, tout en soulignant son rôle stratégique dans le développement durable des zones oasiennes.

Organisé par le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en partenariat avec la province de Tinghir et plusieurs partenaires nationaux et internationaux, cet événement a choisi cette année pour thème : « Filière de la rose à parfum : levier de développement durable dans le cadre de la stratégie Génération Green ».

Cette 60ᵉ édition anniversaire célèbre six décennies de valorisation de la rose à parfum, érigée en richesse patrimoniale, levier de développement local et symbole culturel de Kelâat M’Gouna.

Irrigation agricole. Des délais de paiement longs qui fragilisent les entreprises (Najib El Mahfoudi)

Mohamed Najib El Mahfoudi : L’Association marocaine de l’irrigation par aspersion et goutte-à-goutte (AMIAG), qui regroupe 1770 sociétés au niveau national opérant dans le domaine de l’irrigation, a été créée en 2004. Nous sommes un interlocuteur essentiel du ministère de l’Agriculture dans ce domaine.

Le domaine d’irrigation est stratégique pour notre pays, que ce soit pour notre sécurité alimentaire ou pour améliorer le rendement, surtout que le Maroc a vécu des moments éprouvants de sécheresse pendant des années. Le secteur de l’irrigation est primordial pour développer le pays et pour assurer notre sécurité alimentaire.

– Nous collaborons avec le ministère de tutelle pour mettre en place des stratégies pour l’amélioration du système d’irrigation dans le cadre de plans nationaux d’économie d’eau.

Nous encadrons les agriculteurs, les sociétés qui travaillent dans le domaine. Les deux plans nationaux, que ce soit le Plan Maroc vert ou Génération Green, ont donné beaucoup d’importance à l’irrigation. Le plan national d’économie d’eau prévoit 350.000 hectares à reconvertir en irrigations localisées pour atteindre 940.000 hectares entre 2020 et 2027. Ces résultats ne peuvent être atteints sans un effort collectif.

 Nous manquons d’eau. Nous n’avons d’autre choix que d’économiser le peu qu’on a et d’essayer d’introduire de nouvelles techniques d’irrigation

– Nous constatons que les agriculteurs sont de plus en plus convaincus de l’intérêt de se reconvertir au système d’économie d’irrigation. Ils se rendent compte qu’il est possible d’avoir des améliorations de rendement qui peuvent atteindre les 40%, et même davantage dans certaines cultures. Je suis convaincu qu’avec les efforts consentis, nous pourrons atteindre l’objectif de 940.000 hectares irrigués.

– La dynamique s’est maintenue, avant de ralentir un peu pendant la période du Covid-19. Nous espérons continuer sur le même élan, malgré les contraintes que subit le secteur. J’ai la grande conviction que nous pouvons atteindre cet objectif.

Nous n’avons pas le choix, puisque nous manquons d’eau. La meilleure solution est d’économiser le peu qu’on a et d’essayer d’introduire de nouvelles techniques d’irrigation, comme les techniques digitales d’amélioration. Nous avons grand espoir, puisque les personnes sont convaincues de la démarche. Ils ont vu le résultat, donc ils continuent sur la même lignée.

– Avant la rectification des normes d’attribution des aides de l’État, nous avions les mêmes subventions pour les petites comme les grandes superficies. À partir de 2022, le ministère de l’Agriculture a introduit de nouveaux systèmes de subventions qui restent les mêmes pour les petites superficies jusqu’à 5 hectares. Au-delà de ces superficies, le pourcentage d’aide de l’État diminue progressivement pour les grands domaines. Actuellement, ils ont des subventions différentes de celles des petits agriculteurs.

– Le goutte-à-goutte est utilisé dans tous les domaines. Dans l’arboriculture, il s’agit d’un investissement qui sera rentable pendant plusieurs années – nous parlons de 30 à 40 ans, l’équivalent de la durée de vie des arbres. Le retour sur investissement est très rapide, surtout pour les plantations.

– Nous avons quelques contraintes. La principale est que 30% des sociétés d’irrigation sont en grande difficulté financière. Plus de 20% sont pratiquement en faillite à cause des effets de la période du Covid-19.

Il faudrait que nous nous entraidions, avec le ministère de l’Agriculture et celui des Finances, pour réduire la durée de déblocage des fonds de l’État. Heureusement que les subventions sont là. Mais nous sommes parfois obligés d’attendre jusqu’à 24 mois pour obtenir un déblocage des fonds. L’agriculteur met en place son projet, mais le poids financier est supporté par les entreprises.

Au Maroc, les petits agriculteurs manquent de moyens pour réaliser leur projet. Ils doivent passer par les sociétés d’irrigation et leur demandent d’attendre la subvention de l’État pour se faire payer – c’est ce que nous appelons la délégation de créances. Les entreprises jouent alors le rôle des banques. Nous appelons les responsables à prendre en considération cet aspect, surtout avec la loi sur les délais de paiement entrée en vigueur. Les sociétés doivent payer leurs fournisseurs dans un délai maximum de 120 jours, alors que le déblocage des fonds de l’État peut prendre jusqu’à deux ans.

Nous avons une autre contrainte. Nous espérons que, grâce aux précipitations de cette année, à la hausse des retenues de barrage et aux autorisations de pompage, la procédure sera allégée afin de nous permettre de réaliser le maximum de superficie.

Soutien à l’importation des ovins : 437 MDH déboursés en deux ans (ministère de l’Agriculture)

Le bilan de cette opération de soutien visant à encourager l’importation des ovins pour l’Aïd Al-Adha est présenté par le ministère de l’Agriculture.

Un coût total qui s’est élevé à 437 millions de dirhams pour l’importation de 875.000 têtes d’ovins, répartis comme suit :

Le ministère précise dans son communiqué que « l’importation a été ouverte à tous les opérateurs répondant aux critères définis par l’arrêté ministériel conjoint du ministère des Finances et du ministère de l’Agriculture. Ainsi, 156 importateurs ont pu bénéficier de cette mesure (61 en 2023 et 95 en 2024) ».

Le processus d’importation du bétail demeure ouvert, avec le maintien de la suspension des droits de douane et de la TVA, ajoute la même source.

Le département dirigé par Ahmed Bouari poursuit en expliquant que « ces mesures ont eu un impact concret sur l’amélioration de l’offre en ovins pour l’Aïd Al-Adha des années 2023 et 2024, contribuant également à la préservation du cheptel national. Elles ont en outre permis d’assurer l’approvisionnement des marchés en viande rouge et de stabiliser les prix, évitant ainsi une flambée excessive ».

Autre précision du ministère : « La suspension des droits de douane et de la TVA n’a eu aucun impact financier sur le budget de l’État, ces taxes ayant été appliquées les années précédentes à un taux de 200 % dans un objectif de protection du cheptel national, sans générer de recettes pour le Trésor public ».

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>> Pour approfondir le sujet, nos précédentes révélations et analyses :

Nouvelles nominations au ministère de l’Agriculture

Au ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts – département de l’Agriculture :

– Majid Lahlou : inspecteur général.

– Zakaria El Yaakoubi : directeur de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole, un poste précédemment occupé par Ahmed El Bouari, actuel ministre de l’Agriculture.

– Hicham Rahali : directeur général de l’Office national du conseil agricole.

– Jaouad Bahaji : président du Conseil général du développement agricole.

Au département de la Pêche maritime :

– Brahim Boudinar : secrétaire général, succédant à Zakia Driouich, la secrétaire d’Etat chargée de la Pêche Maritime auprès du même ministère.

– Abdellah El Moustatir : directeur de la Pêche maritime.

– Hassan El Filali : directeur des affaires générales et juridiques.

– Ilham Mennouni : directeur de la stratégie et de la coopération.

– Mohamed Najih : directeur de l’Institut national de recherche halieutique.

D’autres nominations ont été approuvées au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation :

– Slimane Mahdad : directeur du budget et des affaires générales.

Au ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports :

– Houcine Kodad : inspecteur général au département de l’Éducation nationale et du préscolaire.

Dans les périmètres irrigués, 17 % seulement des besoins en eau couverts en 2024-2025

Depuis plusieurs années, l’écart ne cesse de se creuser entre les dotations en eau pour l’irrigation prévues par les Plans directeurs d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) et celles effectivement accordées. La campagne agricole 2024-2025 confirme cette tendance qui impacte l’un des principaux secteurs d’activité économique du pays. 

Selon la Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole (DIAEA), relevant du ministère de l’Agriculture, la dotation agricole à partir des barrages sera du même ordre que celle de la campagne précédente : environ 880 millions de mètres cubes, soit un taux de couverture d’à peine 17% de la dotation prévue dans les documents de planification de l’eau, estimée à 5,3 milliards de m3 par an.

Ces dernières années, les dotations agricoles à partir des barrages sont passées de 10.000 m³ en moyenne par hectare, comme inscrit dans le PDAIRE, à 3.000 m³, comme l’a expliqué Zakaria El Yacoubi, lors de la 2e édition des Assises nationales de la régionalisation avancée, tenue récemment à Tanger. 

« Il s’agit d’une moyenne, mais il s’avère que certains périmètres comme Al Haouz, Souss-Massa et, plus récemment, Tadla subissent des coupures en termes d’irrigation pendant de longs mois, voire parfois plusieurs années », déplore le patron de la Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole.

Ainsi, les 1,6 million d’hectares censés être irrigués dans le pays ne le sont que partiellement et de manière irrégulière. Une situation préoccupante au regard de l’importance des périmètres irrigués qui assurent la production de denrées alimentaires essentielles telles que les fruits, les légumes, le sucre, le lait et la viande.

À Béni Mellal-Khénifra, 60.000 emplois ont été perdus dans le secteur agricole à cause de la sécheresse

En outre, ces périmètres constituent la pierre angulaire du développement socio-économique de nombreuses zones rurales. Pour preuve, à Béni Mellal-Khénifra, l’une des régions les plus touchées par la sécheresse dans le Royaume, « 60.000 emplois ont été perdus dans le secteur agricole à cause de la sécheresse », regrette Adil Barakat, président du conseil de la région Béni Mellal-Khénifra. 

 

Des précipitations insuffisantes pour garantir une agriculture viable

Le Maroc est caractérisé par un climat semi-aride à aride dans plusieurs régions, limitant la disponibilité de l’eau pour l’agriculture. L’irrigation est donc essentielle pour optimiser la production agricole. Concrètement, un périmètre irrigué désigne une zone agricole aménagée pour bénéficier d’un système d’irrigation artificielle, permettant d’apporter l’eau nécessaire aux cultures.

Ces périmètres sont souvent développés dans des régions où les précipitations sont insuffisantes pour garantir une agriculture viable. On distingue deux principaux types de périmètres irrigués dans le Royaume : 

– Les grands périmètres irrigués (GPI) : alimentés principalement par des barrages, ils se situent souvent dans des plaines fertiles telles que le Haouz et Tadla. Ces zones sont destinées à des cultures à forte valeur ajoutée (fruits, légumes, agrumes).

– Les petits et moyens périmètres irrigués (PMPI) : utilisés par des exploitations agricoles familiales, ils se trouvent à proximité de rivières, sources ou nappes phréatiques. Ils sont généralement dédiés à des cultures vivrières ou pastorales.

Trois systèmes d’irrigation sont couramment employés pour irriguer les cultures de ces périmètres :

– L’irrigation gravitaire : une méthode traditionnelle utilisant la gravité pour distribuer l’eau, mais très consommatrice ; 

– L’irrigation par aspersion : une technique assurant une distribution uniforme via des asperseurs, plus efficace que la méthode gravitaire ; 

– L’irrigation au goutte-à-goutte : une technique moderne économisant l’eau en ciblant directement les racines des plantes.

Cette dernière méthode, encouragée par des subventions via le Fonds de développement agricole (FDA), équipe actuellement 850.000 hectares à l’échelle nationale. Toutefois, malgré leur efficience, ces installations hydro-agricoles ne sont pas pleinement exploitées en raison de l’insuffisance d’apports en eau réguliers et quotidiens.

Développement de l’offre hydrique

Face à la baisse des ressources en eau allouées à l’agriculture, trois leviers complémentaires sont activés, notamment dans le cadre de la stratégie Génération Green et du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027). À commencer par le développement de l’offre hydrique à travers la poursuite de la politique des barrages, l’interconnexion des bassins pour mobiliser le maximum des eaux actuellement perdues en mer. 

Ces dernières années, les dotations agricoles à partir des barrages sont passées de 10.000 m³ en moyenne par hectare à 3.000 m³

Sans oublier le recours au dessalement de l’eau mer pour alimenter les villes côtières en eau potable, libérer les eaux des barrages pour l’agriculture et développer des projets d’irrigation des cultures maraîchères par dessalement de l’eau de mer.

Au programme également, l’amélioration de l’efficacité hydrique à travers la mise en œuvre des programmes de développement et de modernisation de l’irrigation avec un effort d’investissement de l’ordre de 50 MMDH. Ces investissements portent sur quatre programmes structurants :

– La modernisation des réseaux d’irrigation et d’économie d’eau pour la reconversion de 350.000 ha à l’irrigation localisée, permettant d’atteindre 1 million d’ha sous irrigation localisée, soit 60% de la superficie irriguée ;

– L’extension de l’irrigation sur 72.500 ha à l’aval des barrages, principalement dans la plaine du Gharb (30.000 ha) et dans la plaine de Saiss (30.000 ha) ;

– La réhabilitation et la restauration des périmètres de la petite agriculture irriguée essentiellement dans les zones fragiles touchant près de 200.000 ha ;

– la promotion du partenariat public-privé pour le renforcement des ressources en eau non conventionnelles par dessalement de l’eau de mer, notamment dans les zones de Dakhla, Tan-Tan, Sidi Rahal, Tiznit, Doukkala et l’Oriental.

« L’objectif étant de cibler des gains en efficience/efficacité pour doubler la valeur ajoutée par m3 et la pérennisation d’un stock d’eau stratégique pour pérenniser l’irrigation et contribuer à la souveraineté alimentaire », conclut Zakaria El Yacoubi. 

La campagne céréalière définitivement compromise ? La réponse d’ici fin janvier 2025

Au grand dam des agriculteurs, les précipitations qu’ont connues les bassins céréaliers en début de campagne n’ont pas trouvé de prolongement. De l’avis des experts contactés par Médias24, la situation est préoccupante et risque de s’aggraver si des pluies ne sont pas enregistrées avant la fin du mois de janvier.

D’après le ministre de l’Agriculture, Ahmed Bouari, les superficies dédiées à la culture des céréales et des légumineuses, au titre de la campagne agricole 2024-2025, devraient atteindre environ 5 millions d’hectares. Du moins sur le papier, car au vu des conditions climatiques, il ne serait pas surprenant qu’il y ait un important écart entre la superficie programmée et celle emblavée ou effectivement productive.

Autrement dit, si la météo n’évolue pas positivement, on s’achemine vers une campagne où les céréales ne feront pas le plein, à l’instar de la précédente dont la récolte n’a pas dépassé les 32 millions de quintaux. « La situation est critique. Cela fait près de deux mois qu’il n’y a pas eu de précipitations. Et, selon les prévisions, la situation météorologique ne risque pas de s’améliorer d’ici la fin du mois de décembre », déplore un ingénieur agronome au moment où il effectue une visite de terrain dans les zones céréalières de la plaine du Saïss.

« La situation est encore plus préoccupante que l’année dernière. Lors de la dernière campagne, il y avait eu des précipitations à cette époque de l’année, ce qui avait permis d’estimer la campagne comme étant de bonne à moyenne dans le Saïss », poursuit-il.

En effet, selon les prévisions de la Direction générale de la météorologie, aucun épisode pluvieux n’est annoncé pour les dix prochains jours. Une sécheresse qui contraste avec le début de la campagne agricole.

« Mais les précipitations enregistrées à fin octobre n’ont pas eu un impact important sur la campagne. Elles ont uniquement eu pour effet d’encourager les agriculteurs à travailler le sol et à semer les céréales », nuance notre interlocuteur. Or, une continuité et une régularité des précipitations sont indispensables pour assurer une bonne campagne, surtout au début du cycle de production des céréales.

Et pour cause, les premières étapes de la croissance des céréales, comme la germination et la levée des semis, dépendent fortement des conditions climatiques. Raison pour laquelle « les agriculteurs espèrent des pluies début janvier pour sauver ce qui peut encore l’être. Autrement, la campagne des céréales d’automne risque d’être compromise car le cycle des céréales ne dure que cinq à six mois », indique notre source.

Dans les zones montagneuses, à l’image de la province de Sefrou, « la situation est moins grave car le semis est plus tardif que dans les plaines. Néanmoins, l’absence de précipitations ne doit pas se prolonger au-delà de la deuxième quinzaine du mois de janvier », souligne une source professionnelle.

À la lumière de ces éléments, les variétés de céréales résistantes à la sécheresse ainsi que le programme national d’irrigation complémentaire joueront un rôle essentiel pour limiter les conséquences de la sécheresse et soutenir la résilience des cultures céréalières face aux défis climatiques.

https://medias24.com/2024/12/03/filiere-cerealiere-tout-ce-quil-faut-savoir-sur-le-programme-national-dirrigation-de-complement/#:~:text=%C3%80%20l’horizon%202030%2C%20un,sur%20le%20plan%20socio%2D%C3%A9conomique.

Filière céréalière. Tout ce qu’il faut savoir sur le Programme national d’irrigation de complément

Au cours des dix dernières années, la production céréalière a connu d’importantes fluctuations. En temps de déficit pluviométrique, les productions de céréales sont tirées à la baisse, à l’image de la dernière campagne, où la récolte n’a pas dépassé les 31 millions de quintaux.

À l’inverse, la saison agricole 2014-2015 a connu une moisson record de 115 millions de quintauxCes variations sont un frein à la sécurité alimentaire. Il devient donc ardu de minimiser l’ampleur des impacts sur la croissance économique, d’autant que les céréales sont une denrée importante qui est au cœur de l’ensemble de l’écosystème agroalimentaire, de la minoterie aux unités fourragères.

Afin de garantir une production céréalière plus stable, le recours à l’irrigation complémentaire sur environ un million d’hectares de superficie céréalière est espéré d’ici 2030. Cette volonté se décline à travers un programme national qui se divise en deux composantes.

« La première porte sur une superficie d’environ 500.000 ha de terres irrigables en fonction des apports en eau, réparties entre les périmètres de grande hydraulique (214.170 ha), les zones de petite et moyenne hydrauliques, ainsi que celles de l’irrigation individuelle où les superficies emblavées en céréales varient de 250.000 ha à 300.000 ha », précise à Médias24 le ministère de l’Agriculture.

À ce titre, les actions de l’État consistent à améliorer la productivité à travers différents leviers :

– Garantir un stock hydrique permettant d’assurer 2 à 3 irrigations en période critique de formation du rendement des céréales;

– Accorder des subventions aux agriculteurs pour s’équiper en matériel d’irrigation de complément à travers le Fonds de développement agricole (FDA);

– Diffuser les paquets techniques auprès des agriculteurs via le conseil agricole adéquat, notamment le semis direct pour valoriser l’eau de pluie et conserver les sols;

– Poursuivre le soutien à l’approvisionnement en intrants, notamment en semences et engrais, ainsi que l’aide aux prix à la production et au stockage.

30.000 à 60.000 DH/ha pour les aménagements collectifs

S’agissant de la seconde composante du Programme national d’irrigation de complément des céréales, elle concerne 500.000 ha supplémentaires. Au-delà de la mobilisation et l’affectation des ressources en eau, des aménagements hydroagricoles seront réalisés en vue d’acheminer de l’eau jusqu’aux parcelles.

Une opération effectuée par étapes, car elle inclut à la fois des aménagements collectifs et individuels. « Une première tranche prioritaire a été identifiée au niveau des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et Rabat-Salé-Kénitra. Les études sont en cours de réalisation », assure le ministère de tutelle.

« Le coût des travaux d’aménagement collectif (adduction, réseau de distribution, bassin de stockage) sera déterminé par des études qui sont en cours. Selon une estimation préliminaire et sommaire, ce coût est évaluée entre 30.000 à 60.000 DH par hectare », indique la même source.

Concernant l’aménagement des parcelles, l’Arrêté conjoint n°1323.22 du 11 juillet 2022 fixe les modalités de l’aide de l’État aux aménagements hydroagricoles des exploitations pour encourager les agriculteurs à équiper leurs parcelles pour l’irrigation de complément des céréales.

Le montant de la subvention peut atteindre 34.000 DH par hectare, en plus de 10.000 DH par ha pour le bassin de stockage. Les composantes du projet d’irrigation de complément comprennent notamment :

– Le creusement de puits ou forages;

– Les équipements de pompage et de filtration;

– L’abri, les conduites d’amenée et les asperseurs en couverture totale (pivots ou rampes).

Des irrigations épisodiques de 10 à 25 mm

Dans les faits, il suffit d’un apport d’eau limité aux stades critiques de croissance et de formation du rendement des céréales pour sauver la récolte, voire obtenir des productions élevées même en cas de sécheresses agricoles saisonnières. À signaler que les superficies de céréales irriguées ne sont pas uniquement dépendantes de l’irrigation appliquée d’appoint ou de complément. « Elles sont également soutenues par les précipitations », nuance un acteur du secteur agricole, joint par Médias24.

« Le terme superficie irriguée est une distinction entre les zones où il y a possibilité de faire de l’irrigation d’appoint, où les ressources en eau sont disponibles, et les zones radicalement bour, où la possibilité d’irrigation de complément est impossible », poursuit-il. Quand on parle d’irrigation d’appoint, il s’agit avant tout d’une technique effectuée en cas d’extrême nécessité, lorsque la pluviométrie est déficitaire.

« Ce ne sont pas des irrigations quotidiennes, mais plutôt épisodiques, de l’ordre de 10 à 25 mm, notamment lors de la levée pour que la plante émerge du sol, en attendant les précipitations », explique Driss Mghabar. Le responsable des céréales à pailles et cultures industrielles à la Direction de contrôle des semences et des plants (DCSP), relevant de la Direction de la protection du patrimoine animal et végétal (DPPAV) de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), poursuit en assurant que ces irrigations complémentaires sont également utilisées « lors des phases de floraison et de remplissage de l’épi ».

Dessalement d’eau de mer et interconnexion des bassins

Même si le Programme d’irrigation complémentaire des céréales est en partie dépendant des précipitations, son efficacité est donc fortement tributaire de ressources en eau que le ministère de l’Agriculture entend sécuriser à travers le Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI) 2020-2027.

En s’appuyant tout d’abord sur la diversification des sources d’approvisionnement en eau potable des villes côtières, « notamment par le dessalement d’eau de mer qui permettra d’atténuer la compétition sur l’eau entre les villes et les périmètres irrigués, libérant des ressources pour l’irrigation », souligne le département de l’Agriculture.

Le développement de nouveaux barrages dans les bassins du Loukkos, Sebou et Bouregreg qui disposent encore d’un important potentiel hydrique est tout aussi important. Au même titre que l’interconnexion des bassins (Sebou-Bouregreg-Oum Rbia-Tensift, Loukkos-Tangérois) pour optimiser le captage du potentiel des ressources en eau actuellement perdues en mer.

À cela s’ajoute la réalisation « de petits et moyens barrages qui peuvent contribuer à stocker les eaux de pluie en saison hivernale pour l’exploiter à des fins d’irrigation de complément des céréales », ajoute la même source. Jusqu’à présent, la garantie d’un stock hydrique stratégique est l’un des principaux défis auxquels est confrontée l’application du Programme d’irrigation complémentaire des céréales. Même chose pour l’exploitation et l’entretien des équipements d’irrigation tant collectifs qu’à la parcelle.

« Pour cela, une organisation adéquate des agriculteurs doit être mise en place. Le recouvrement des coûts du service de l’eau d’irrigation est crucial pour la durabilité des équipements d’irrigation et la pérennisation du service d’irrigation de complément », conclut le ministère de l’Agriculture.

L’augmentation des prix du labour favorise des techniques agricoles alternatives

Les récentes précipitations enregistrées dans plusieurs régions agricoles du pays ont marqué le début des travaux de labour. Toutefois, les frais liés à cette opération, qui ne présente pas que des avantages, ont fortement augmenté ces quatre dernières années. En conséquence, de plus en plus d’agriculteurs se tournent vers des pratiques agricoles alternatives, telles que le semis direct. 

Le labour est une technique agricole qui consiste à retourner et à ameublir la couche supérieure du sol, dite terre arable, notamment à l’aide d’un outil comme une charrue souvent attelée à un tracteur. Cette pratique vise plusieurs objectifs :

– Aérer le sol : en retournant la terre, on permet une meilleure circulation de l’air et de l’eau, ce qui favorise le développement des racines des plantes; 

– Incorporer les résidus végétaux : les débris de cultures ou les engrais organiques peuvent être enfouis dans le sol, améliorant sa fertilité;

– Contrôler les mauvaises herbes : le labour enfouit les herbes indésirables, réduisant leur croissance et donc leur nuisance; 

– Préparer le sol pour les semis : il crée une surface plus homogène et meuble, propice à l’ensemencement. 

Cependant, « le prix des travaux du sol a augmenté d’environ 50 % depuis 2020. Il est passé de 150-200 DH par hectare, selon la nature du sol, à 250-300 DH« , indique à Médias24 une source professionnelle. Cette hausse significative n’est pas uniquement due à l’augmentation des prix du carburant nécessaire au fonctionnement des tracteurs.

Elle trouve aussi une explication dans le retard des pluies, « qui incitent les agriculteurs à repousser le labour jusqu’à l’arrivée des précipitations. En conséquence, la demande accrue sur une période réduite a également une influence sur la hausse des prix », ajoute notre interlocuteur.

Le choix de retarder le labour est compréhensible car le travail du sol après les précipitations stimule la germination des graines, améliore la structure du sol et en accroît la perméabilité. « Il optimise également le rendement des cultures en supprimant les mauvaises herbes qui pourraient proliférer après les pluies », assure la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès

Agriculture de conservation et semis direct

Face à la hausse des prix du labour, les exploitants agricoles n’ont pas renoncé à cette opération, mais se sont plutôt orientés vers des pratiques agricoles alternatives, telles que l’agriculture de conservation comme le semis direct. En effet, cette technique vise à limiter ou à éviter le labour. Elles se développent pour préserver les sols car le labour présente des inconvénients, tels que l’érosion, la perturbation des micro-organismes ou encore la dégradation de la structure du sol à long terme.

Le semis direct, encouragé par le ministère de l’Agriculture dans le cadre du Programme national de semis direct, constitue une alternative prometteuse. Ce programme ambitionne d’étendre cette technique à 1 million d’hectares, soit 25 % des surfaces céréalières, d’ici 2030. Avec une enveloppe budgétaire de 1,1 milliard de dirhams et une valeur ajoutée prévisionnelle de 1,6 milliard DH, il a pour objectif de soutenir 200.000 agriculteurs. 

Un appui essentiel, car le semis direct nécessite un investissement initial important en matériel et une utilisation accrue d’herbicides pour gérer les mauvaises herbes (conséquence d’un sol non retourné), mais il présente des avantages notables, surtout en période de pénurie d’eau.

« Les méthodes actuelles de labour intensif rendent les sols plus vulnérables à la sécheresse, à l’érosion et à la perte de fertilité », rappelle le ministère de l’Agriculture. En plus d’améliorer la conservation des sols, le semis direct permet de réduire les coûts d’installation des cultures jusqu’à 60 %, en diminuant notamment les travaux du sol.

https://medias24.com/2024/10/31/campagne-cerealiere-le-semis-direct-continue-de-tracer-son-sillon-infographies/#:~:text=Le%20semis%20direct%20continue%20de%20tracer%20son%20sillon%20(Infographies),-Enqu%C3%AAte%20judiciaire%20et&text=Pour%20la%20campagne%20agricole%202024,superficie%20totale%20%C3%A0%20250.000%20hectares.