Les écoles privées dans le viseur du gouvernement : contrats obligatoires, frais encadrés, sanctions…

Le ministère de l’Éducation nationale souhaite renforcer le contrôle des écoles privées. À cette fin, un projet de loi (n° 59.21) a été élaboré, encadrant l’ensemble de l’enseignement scolaire.

Ce texte s’inscrit dans les grands chantiers de réformes engagés par le ministère et vise à poser les bases du nouveau modèle de l’école marocaine, incarné par le projet des établissements pionniers, afin de rompre avec certaines pratiques et comportements courants mais inappropriés, notamment dans le secteur privé.

Ce texte a été adopté le 3 avril dernier en Conseil de gouvernement, avant d’être transmis le 19 mai aux Représentants au sein de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication pour examen.

Médias24 a obtenu la version du texte transmise au Parlement. Dans cet article, nous mettons l’accent sur les principales mesures prévues pour le secteur privé, visant à renforcer le contrôle et la régulation de ce secteur. Notons toutefois que ce texte pourrait être modifié lors de son examen au niveau des deux chambres du Parlement.

Les frais de scolarité annoncés préalablement aux parents

La principale mesure concerne les frais de scolarité et d’assurance. C’est d’ailleurs la mesure la plus attendue par les parents, au regard des pratiques actuelles de nombreuses écoles dans le secteur.

L’article 49 de ce projet de loi impose à chaque établissement d’enseignement scolaire privé de publier la liste des frais et droits relatifs aux services offerts aux élèves, notamment durant la période d’inscription et de réinscription. Il doit les afficher de manière permanente dans les espaces prévus à cet effet au sein de l’établissement, ainsi que par tout autre moyen de diffusion disponible.

Cette liste doit inclure :

– les frais annuels d’inscription ;

– les frais annuels d’assurance ;

– les droits de scolarité annuels, couvrant l’ensemble des activités pédagogiques ;

– les frais des services de restauration, d’hébergement et de transport scolaire, lorsqu’ils sont proposés.

Interdiction d’augmenter les frais ou d’imposer l’achat de fournitures

Ce projet de loi interdit par ailleurs aux établissements d’augmenter le montant des frais et droits mentionnés, au cours de l’année scolaire.

En ce qui concerne l’année suivante, tout éventuel ajustement doit être communiqué à l’avance aux parents.

Il interdit également aux établissements privés d’obliger les élèves qui y poursuivent leurs études, ainsi que leurs parents, à acheter des manuels scolaires, du matériel pédagogique ou des fournitures scolaires auprès de l’établissement, ou encore de les orienter vers une librairie spécifique, et ce durant toute l’année scolaire.

Un contrat signé par les parents et l’établissement en début d’année

Afin de préciser clairement les droits et obligations des parents ou tuteurs légaux des élèves et des établissements, cette nouvelle loi mettra en place un contrat écrit qui devra être conclu entre les deux parties en début d’année.

Une copie de ce document sera donnée aux parents. Ce contrat doit être conservé dans le dossier de l’élève, et mis à la disposition de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) concernée.

Le modèle de ce contrat sera défini par un texte réglementaire, précise le projet de loi. Rappelons toutefois qu’un contrat-type avait été adopté en septembre 2023 entre les associations de parents d’élèves et celles représentant les écoles privées. Cependant, on ignore, au moment de la publication du présent article, si c’est ce modèle qui sera simplement officialisé par un texte réglementaire ou s’il subira des modifications.

Aucun élève ne peut être refusé ou exclu

Ledit projet de loi interdit aussi de refuser la réinscription ou d’exclure tout élève poursuivant sa scolarité dans un établissement privé donné, dès lors qu’il a acquis les compétences et connaissances requises, conformément au projet pédagogique de l’établissement, et qu’il a respecté le règlement intérieur ainsi que les clauses du contrat signé entre l’école et ses parents.

Ces établissements sont tenus de garantir le droit à une scolarisation régulière pour les élèves qui y sont inscrits.

Dans le cas où un même établissement propose plusieurs cycles d’enseignement, la priorité pour l’inscription dans le cycle suivant est accordée aux élèves ayant réussi leur cycle d’études précédent au sein du même établissement.

Interdiction de fermer un établissement privé avant la fin de l’année

Ce texte interdit par ailleurs au propriétaire d’un établissement d’enseignement scolaire privé de le fermer avant la fin de l’année scolaire.

En cas de force majeure survenant au cours de l’année scolaire, entraînant l’impossibilité de poursuivre l’activité de l’établissement, le propriétaire doit en informer immédiatement l’AREF concernée. Celle-ci prendra les mesures nécessaires pour assurer la continuité de la scolarité des élèves, soit :

– par la supervision directe de la gestion de l’établissement ;

– en utilisant les ressources et moyens à sa disposition jusqu’à la fin de l’année scolaire ;

– ou, dans la limite des possibilités, en les inscrivant dans un établissement d’enseignement public proche de leur domicile ou de l’établissement dont l’activité ne peut se poursuivre, en respectant les règles et dispositions légales en vigueur.

L’AREF prendra automatiquement les mêmes mesures si le propriétaire de l’établissement omet ou tente d’éluder l’obligation d’informer sur la situation de son établissement.

Dans tous les cas, le propriétaire de tout établissement d’enseignement scolaire privé exposé à une fermeture au cours de l’année scolaire suivante doit informer les élèves concernés et leurs tuteurs légaux au moins trois mois avant la fin de l’année scolaire.

Une autorisation est obligatoire pour proposer un enseignement étranger

En ce qui concerne les types d’apprentissage, le projet de loi souligne que les établissements d’enseignement scolaire privé peuvent proposer un enseignement étranger au Maroc, à condition d’obtenir une autorisation à cet effet, conformément aux conditions et modalités précisées dans un cahier des charges approuvé par un texte réglementaire.

Ces établissements doivent respecter les constantes constitutionnelles du pays en matière d’éducation et de formation.

Ils doivent veiller à ce que les enfants marocains qui y poursuivent leur scolarité soient instruits selon des programmes qui leur font connaître leur identité nationale, y compris l’enseignement des langues arabe et amazighe, la présentation des institutions constitutionnelles du pays, ainsi que la mise en place de programmes de soutien pédagogique et l’octroi de bourses aux enfants issus de familles démunies.

Un contrôle strict

Pour s’assurer du respect des normes de qualité, ces établissements privés seront régulièrement soumis à un contrôle pédagogique, administratif et sanitaire effectué par les AREFs, à travers des commissions spécialisées composées de fonctionnaires administratifs et pédagogiques.

Le contrôle pédagogique vise à vérifier l’application des programmes éducatifs en vigueur, ainsi que le respect des procédures d’organisation de l’année scolaire et des processus d’orientation et de réorientation.

Le contrôle administratif inclut, lui, l’examen des documents administratifs relatifs à l’établissement, à son personnel pédagogique et administratif, ainsi qu’aux élèves inscrits, tout en évaluant la qualité de l’ensemble de ses infrastructures et équipements.

Le contrôle sanitaire consiste, pour sa part, à s’assurer que l’établissement respecte les règles générales d’hygiène et de sécurité concernant les élèves, l’ensemble du personnel, ainsi que la sécurité de ses installations et équipements.

Des sanctions allant jusqu’à 100.000 DH

En cas d’infraction aux dispositions de ce projet de loi, les AREFs sont chargées de dresser un avertissement à l’établissement concerné. Si ce dernier ne régularise pas sa situation dans un délai maximum de quinze jours, un avertissement écrit lui est envoyé, lui accordant un délai de régularisation maximum de six mois.

Si ce délai est dépassé, l’AREF concernée constitue une commission de contrôle chargée de visiter l’établissement afin de vérifier le respect de l’avertissement écrit. En cas de non-conformité, le directeur de l’Académie transmet une plainte au procureur compétent et, le cas échéant, prend les mesures administratives prévues par la législation en vigueur.

Les sanctions pour non-respect des dispositions de ce texte peuvent atteindre jusqu’à 10.000 DH en cas notamment de modification des programmes ou curricula autorisés, ou d‘utilisation de manuels non approuvés par l’Académie de laquelle il relève, ou encore en cas de :

fermeture de l’établissement avant la fin de l’année scolaire, sauf en cas de force majeure.

– privation d’un élève de poursuivre ses études ou refus de sa réinscription alors qu’il a acquis les compétences requises et respecté le règlement intérieur ainsi que les clauses du contrat qui lie ses parents à l’école ;

– privation d’un élève de passer ses examens scolaires ;

– refus de délivrer un certificat de sortie ou des attestations scolaires, alors que le tuteur légal de l’élève a respecté les clauses du contrat.

Le montant des sanctions peut atteindre 20.000 DH en cas de refus du contrôle pédagogique, administratif ou sanitaire exigé, de diffusion de publicités trompeuses concernant le niveau ou le type d’enseignement dispensé, ou encore en cas de changement du nom de l’établissement sans approbation de l’Académie concernée.

En cas de récidive, ces sanctions peuvent atteindre jusqu’à 100.000 DH, selon l’infraction.

Si ces propositions sont approuvées par le Parlement, ce sera un petit pas dans la bonne direction. Mais seulement un petit pas. Espérons qu’il y en aura d’autres.

Baccalauréat 2025 : un taux de participation de 96,9%, 2.769 cas de fraude

La session ordinaire de l’examen national unifié du baccalauréat 2025, qui a eu lieu du 29 au 31 mai dernier, s’est déroulée dans de « bonnes conditions et dans un climat positif », a indiqué, lundi 2 juin, le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des Sports dans un communiqué.

Quelque 443.769 candidats ont passé ces épreuves, avec un taux de participation de 96,9% pour les candidats scolarisés et de 63,6% pour les candidats libres, ajoute la même source, expliquant que ces taux reflètent une forte participation aux épreuves de cette session par rapport aux précédentes dans les deux catégories.

À l’instar des années antérieures, des mesures de lutte contre la fraude ont été mises en œuvre, ce qui a permis de constater 2.769 cas de fraude, en hausse de 12% par rapport à la session 2024, relève le ministère, ajoutant que des procès-verbaux sur ces cas ont été établis et seront soumis aux commissions régionales compétentes afin de décider des sanctions disciplinaires qui s’imposent conformément à la loi 02.13 relative à la répression de la fraude aux examens scolaires.

L’opération de correction des épreuves du baccalauréat 2025 a commencé dans les 310 centres de correction, avec la participation d’environ 43.000 enseignants qui ont été mobilisés pour mener à bien ce processus, à la suite duquel les délibérations auront lieu le 13 juin, avant d’annoncer les résultats le 14 juin.

Baccalauréat 2025 : 495.395 candidats pour la session ordinaire

Sur ce total de 495.395 candidats, 385.330 sont scolarisés alors que 110.065 sont des candidats libres. Les épreuves ont commencé ce jeudi 29 mai et se dérouleront jusqu’au 2 juin, alors que la session de rattrapage aura lieu les 3, 4, 5 et 7 juillet.

Pour cette session ordinaire, les résultats des examens seront annoncés le 14 juin, rappelle un communiqué du ministère de l’Éducation nationale. Les résultats de la session de rattrapage seront, eux, dévoilés le 12 juillet.

Pour cette session ordinaire, les candidats se répartissent comme suit, selon les filières :

Les candidats issus des établissements d’enseignement privé représentent 11% du total.

Pour réussir cette échéance, le ministère affirme avoir mobilisé d’importants moyens humains et logistiques. Il s’agit notamment de :

Les services du ministère ont préparé 597 sujets d’examen pour les deux sessions, dont 231 sujets adaptés aux candidats en situation de handicap.

Les mêmes services ont élaboré une version électronique du guide des candidats pour permettre à ces derniers de cerner les aspects légaux et organisationnels de ces examens, ainsi que les nouveautés pour cette année.

Dans la matinée de ce 29 mai, le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Mohamed Saâd Berrada, s’est rendu au centre d’examen du lycée Abdelkrim Khattabi à Rabat pour s’enquérir des conditions de déroulement des épreuves du baccalauréat.

Le ministère dit saluer les efforts déployés par les staffs pédagogiques et administratifs pour l’accompagnement des élèves tout au long de l’année scolaire et lors de cette étape importante dans leur cursus.

Reportage. Au cœur du collège pionnier Sibaweih à Casablanca

Médias24 s’est rendu dans l’un des établissements participant à cette expérimentation, le collège Sibaweih, situé dans l’arrondissement d’Anfa.

En plus des salles de classe modernisées et équipées, l’établissement a été réaménagé afin d’offrir aux élèves un cadre d’étude optimal. Des terrains de sport modernes ont été installés en collaboration avec un établissement privé, permettant l’introduction de nouvelles disciplines comme le badminton. Des laboratoires scientifiques ainsi que des espaces numériques adaptés ont également été mis en place.

Si elle est concluante, cette expérience sera progressivement généralisée à l’échelle nationale.

Renforcer la confiance en soi

Au cœur de cette démarche, un élément essentiel : l’accompagnement psychosocial. C’est d’ailleurs l’un des principaux axes de ce programme.

Le collège n’est plus seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un espace d’épanouissement pour les préadolescents. Car, à cet âge charnière, les difficultés ne sont pas seulement académiques. C’est pourquoi des spécialistes sociaux sont intégrés aux collèges pionniers. Leur mission : aider les élèves à renforcer leur confiance en eux, à mieux gérer leurs émotions et à développer des compétences relationnelles essentielles.

Des ateliers sont organisés tout au long de l’année pour favoriser l’écoute, la collaboration et l’entraide. L’objectif est de créer un environnement bienveillant qui prévient le décrochage scolaire avant qu’il ne soit trop tard.

L’ensemble des élèves bénéficie ainsi de quatre ateliers par an pour développer leurs compétences psychosociales, qu’elles soient interpersonnelles (confiance en soi, gestion des émotions…) ou intrapersonnelles (empathie, collaboration, gestion des conflits…).

Les signaux sont d’ores et déjà encourageants au terme du premier semestre, car au-delà du développement des compétences des élèves, cette démarche a permis d’installer une culture de bienveillance au sein des établissements, et de nouer un lien entre l’élève et le cadre d’appui social.

Remédier aux lacunes des élèves

Ce volet psychosocial vient compléter une approche globale. Au programme, remédiation pédagogique, cellules de veille pour repérer les élèves en difficulté, et activités parascolaires stimulantes. Sport, théâtre, dessin… tout est mis en place pour donner à chaque élève une chance de réussir et de s’épanouir.

Dans le collège Sibaweih, les élèves ont suivi, dès la rentrée, une phase de remédiation visant à combler leurs lacunes. Un test de positionnement a permis d’évaluer leur niveau et d’adapter l’enseignement.

« Parmi les difficultés enregistrées, notamment pour les matières scientifiques, figure la maîtrise de la langue française« , nous confie Nassik Houda, inspectrice des sciences de la vie et de la terre (SVT) au collège Sibaweih. Un effort a donc été fait dans ce sens, dont les résultats sont déjà visibles.

En effet, les premiers résultats sont prometteurs. Les élèves participent activement et les écarts de niveau commencent à se réduire.

« Les nouvelles méthodes d’enseignement ont amélioré la maîtrise des cours », affirme Oumaima El Hibari, professeur de français dans le même établissement.

Prévenir le décrochage scolaire

Les cellules de veille jouent également un rôle crucial. « Nous suivons les élèves à risque grâce à un système d’alerte et mettons en place des plans d’accompagnement« , détaille pour sa part Mustapha Es-Sadeqy, directeur de l’établissement, qui joue un rôle clé dans la mise en place et la gestion de ces nouvelles initiatives au sein de ce collège. Cette approche préventive permet ainsi d’intervenir rapidement et d’éviter les décrochages.

Cette année pilote a déjà posé les bases d’une transformation en profondeur. Le ministère de l’Éducation prévoit d’étendre l’expérience à 500 nouveaux collèges l’année prochaine, touchant ainsi plus de 600.000 élèves.

À Casablanca uniquement, ce programme concernera, dès l’année prochaine, plus de 70 établissements, dont 7 dans l’arrondissement d’Anfa.

DigiSchool 2025, un programme pour renforcer l’intégration des technologies numériques dans l’enseignement

Le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, en partenariat avec Huawei Maroc, a lancé, mardi 25 mars à Rabat, le programme DigiSchool 2025 visant à renforcer l’intégration des technologies numériques dans l’enseignement.

Au vu du succès de sa première phase en 2024, qui a permis la formation de plusieurs centaines d’enseignants et d’élèves aux outils numériques avancés, le programme entend, à travers cette nouvelle édition, accélérer cette dynamique et élargir son impact, indique un communiqué conjoint des deux partenaires.

L’initiative prévoit la formation de 1.800 enseignants à l’utilisation des technologies émergentes, afin de leur fournir les compétences nécessaires pour intégrer ces outils dans l’enseignement.

Parallèlement, 36.000 élèves participeront directement à des clubs DigiSchool dans 248 établissements scolaires répartis sur les douze régions du Royaume, souligne la même source. Ces clubs offriront aux élèves une initiation aux technologies émergentes, telles que le codage, la robotique et la réalité augmentée ainsi qu’aux soft skills.

En complément de ces formations, plusieurs événements compétitifs seront organisés tout au long de l’année pour encourager l’engagement des participants et récompenser l’innovation. Parmi ces événements figurent des foires technologiques, des hackathons et des bootcamps, qui constitueront des étapes clés du programme.

Leurs objectifs est de stimuler la créativité des participants, d’encourager la collaboration inter-écoles et de récompenser les projets les plus aboutis, en leur offrant une visibilité accrue et un accompagnement pour leur développement futur.

Déployé en plusieurs phases, DigiSchool 2025 débutera par un atelier initial destiné aux enseignants et aux élèves, suivi d’un accompagnement à distance des clubs.

L’Education nationale prépare un appel à candidatures pour 27 postes de Directeur provincial

Les 27 postes à pourvoir se décomposent comme suit, apprend Médias24 de source sûre:

-11 postes qui étaient vacants à l’arrivée du nouveau ministre Mohamed Saâd Berrada.

-16 postes dont les titulaires ont été suspendus de leurs fonctions. Ces responsables seront réaffectés à d’autres responsabilités. Ces suspensions de fonctions ont été demandées dans tous les cas par les directeurs des AREF (Académies régionales d’éducation et de formation), soit devant des résultats insuffisants en matière de déroulement de la réforme, soit après un rapport d’inspection.

Le changement des 16 postes sur les 83 directions provinciales que compte le ministère est une séquence « normale » dans le déroulement d’une réforme historique et vitale. Ce sont des ajustements qui sont opérés au fur et à mesure du déploiement de la réforme.

Les inspecteurs ainsi que les évaluations qui ont lieu toutes les six semaines à l’échelle nationale, permettent en effet de suivre l’amélioration du niveau des élèves et l’implantation de la réforme.

Un inspecteur est désormais chargé de suivre 3 à 4 écoles et il doit, chaque semaine, se rendre dans chaque classe de son périmètre. Cela lui permet alors de suivre à la fois la manière dont l’enseignant évolue ainsi que l’apprentissage par les élèves.

Les enseignants disposent chacun d’un PC et chaque classe est équipée d’un rétroprojecteur. Les cours sont projetés sur un écran blanc, sous forme de Powert Point, avec du texte, des visuels et du son. Les équipes marocaines ont produit 300.000 slides qui regroupent tous les cours. Chaque semaine, sur la plateforme ad hoc, l’enseignant télécharge les cours. Une digitalisation dont nos sources au ministère disent le plus grand bien.

Entre ces inspections et les évaluations des connaissances effectuées toutes les six semaines, la remontée d’information apporte une aide décisive au pilotage de la réforme. Les notes des élèves subissent un parcours en trois étapes:

1- l’enseignant donne la note.

2- l’inspecteur contrôle les copies et la notation, sur un échantillon aléatoire fourni par la plateforme MAssar.

3- un organisme extérieur au ministère contrôle les copies vérifiées par les inspecteurs.

Au final, 24 millions de notes remontent toutes les six semaines et sont injectées dans la plateforme Massar qui les traite en trois jours et délivre des tableaux de bord permettant le suivi.

C’est dire que le rôle de chacun, dans cette réforme, est essentiel. D’ailleurs, selon nos sources, il peut exister, dans la même région, un important écart entre deux provinces limitrophes dans les résultats de l’évaluation des apprentissages. Un écart qui s’explique d’abord par le facteur humain. D’où les correctifs qui peuvent être apportés aux équipes et notamment les directeurs provinciaux; certains se voient soutenus, supportés, encadrés pour améliorer leur rendement. D’autres seront mutés vers d’autres fonctions.

Entre collèges et primaire, 1,5 million d’élèves sont dans les écoles pionnières cette année

Schématiquement, la réforme marocaine de l’éducation repose sur trois piliers:

-la remédiation qui devrait permettre de réduire d’une manière significative l’abandon scolaire. C’est ce dernier qui fabrique les NEET, ces jeunes qui n’étudient pas et ne travaillent pas. 280.000 jeunes, du primaire au lycée, abandonnent chaque année l’école. Le problème, c’est qu’ils sont inemployables dans leur plus grande majorité. Ce chiffre est destiné à baisser très fortement.

-l’enseignement explicite.

-l’évaluation.

L’implantation de la réforme a commencé par 600 écoles dites pionnières en 2023-2024, avec 300.000 élèves concernés.

Pour l’actuelle année scolaire, 2.600 écoles et 1,3 million d’élèves sont concernés, soit 30% de l’effectif global du primaire.

En 2025-26, la couverture en écoles pionnières atteindra 51% de l’ensemble. 2 à 3 années plus tard, l’ensemble du primaire sera couvert.

Cette année 2024-25, cette expérience s’est étendue à 230 collèges pionniers et 200.000 élèves.

Les effets de la réforme commenceront à devenir très visibles dans 5 à 6 ans, avec une remontée probable du Maroc dans les classements internationaux relatifs aux apprentissages.

Nouvelles nominations au ministère de l’Agriculture

Au ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts – département de l’Agriculture :

– Majid Lahlou : inspecteur général.

– Zakaria El Yaakoubi : directeur de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole, un poste précédemment occupé par Ahmed El Bouari, actuel ministre de l’Agriculture.

– Hicham Rahali : directeur général de l’Office national du conseil agricole.

– Jaouad Bahaji : président du Conseil général du développement agricole.

Au département de la Pêche maritime :

– Brahim Boudinar : secrétaire général, succédant à Zakia Driouich, la secrétaire d’Etat chargée de la Pêche Maritime auprès du même ministère.

– Abdellah El Moustatir : directeur de la Pêche maritime.

– Hassan El Filali : directeur des affaires générales et juridiques.

– Ilham Mennouni : directeur de la stratégie et de la coopération.

– Mohamed Najih : directeur de l’Institut national de recherche halieutique.

D’autres nominations ont été approuvées au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation :

– Slimane Mahdad : directeur du budget et des affaires générales.

Au ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports :

– Houcine Kodad : inspecteur général au département de l’Éducation nationale et du préscolaire.

Enseignement : le ministère et les syndicats s’accordent sur le calendrier des concours, formations et promotions

Dans le cadre du dialogue sectoriel entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats les plus représentatifs du secteur, une réunion de la commission technique s’est tenue le mercredi 19 février 2025 à Rabat.

Selon un communiqué conjoint des cinq syndicats les plus représentatifs (UMT, CDT, UGTM, FNE, FDT), cette réunion a permis d’établir un calendrier précis pour la mise en œuvre de plusieurs engagements clés liés au statut de base et aux accords des 10 et 26 décembre 2023.

Les discussions ont abouti à plusieurs décisions concrètes, notamment la tenue hebdomadaire de la commission technique chaque jeudi, avec un ordre du jour prédéfini et un compte rendu signé immédiatement par les parties prenantes.

Parmi les principaux résultats de cette réunion figure la fixation des échéances pour plusieurs concours et formations.

La question des retards de promotion et la clarification de certaines dispositions réglementaires ont également été abordées, avec un engagement du ministère à trancher rapidement au sujet des promotions en attente de 2021, 2022 et 2023.

Le département a aussi promis d’annoncer les résultats de l’examen professionnel 2024 avant les concours susmentionnés afin de permettre aux lauréats de participer aux nouvelles sélections.

Ces mesures viennent en réponse aux revendications formulées lors de la réunion du 18 février 2025, présidée par le ministre de l’Éducation nationale. Selon un communiqué conjoint des cinq syndicats à la suite de cette première réunion, celle-ci avait permis de rappeler l’importance du respect des engagements antérieurs, notamment :

L’application intégrale des accords des 10 et 26 décembre 2023, incluant la mise en œuvre du statut de base, la réduction du temps de travail hebdomadaire, l’indemnité pour travail dans les zones difficiles et reculées, ainsi que l’application des articles 81, 89 et 77 relatifs aux promotions et indemnités.

–  L’accélération du travail des commissions techniques, avec une implication renforcée des directions centrales du ministère et la définition d’un calendrier précis pour la mise en œuvre des réformes.

La reprise des travaux de la commission mixte le 19 février, afin de finaliser la programmation des examens, promotions et mouvements de mutation, ainsi que l’adoption des textes réglementaires concernant plusieurs catégories professionnelles.

Si les syndicats saluent ces avancées, ils restent vigilants quant à l’exécution des engagements pris par le ministère. « Cette feuille de route est un engagement contractuel qui ne tolère aucun recul ou tentative de contournement », avertissent les cinq syndicats.

Rougeole. Les écoles imposent l’éviction scolaire pour limiter la propagation

Avec la recrudescence des cas de rougeole chez les enfants, les autorités renforcent les mesures de prévention en milieu scolaire. Dans le cadre de la campagne nationale de vaccination contre la rougeole, une circulaire conjointe des ministères de la Santé et de l’Éducation nationale impose l’éviction scolaire des élèves atteints.

Selon cette circulaire, l’éviction scolaire, qui consiste à exclure temporairement les élèves malades des établissements, vise à freiner la transmission des maladies contagieuses telles que la rougeole. Cette mesure est jugée indispensable pour protéger la santé des autres élèves et limiter les risques d’épidémies en milieu scolaire, un environnement particulièrement propice à la propagation des infections.

LIRE AUSSI :

La circulaire précise que l’éviction scolaire sera décidée sur la base d’un diagnostic médical établi par les professionnels de santé. Ces derniers devront fournir un certificat médical attestant la nécessité de l’exclusion temporaire de l’élève malade, conformément à un guide élaboré par le ministère de la Santé.

En parallèle, les écoles sont appelées à appliquer des mesures de prévention strictes, notamment :

La circulaire met également l’accent sur la nécessaire coordination entre les services de santé et les établissements scolaires. Les professionnels de santé sont invités à collaborer étroitement avec les écoles pour diagnostiquer rapidement les cas de maladies contagieuses et recommander les mesures adaptées.

PLF 2025. Les ministères de l’Éducation, de l’Intérieur et de la Santé concentrent 36,7% du budget et 51,4% des postes budgétaires

Sans surprise, trois ministères concentrent 36,7% du Budget total de l’Etat : le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports avec 87,7 MMDH, le ministère de l’Intérieur avec 44,9 MMDH, et le ministère de la Santé et de la protection sociale avec 32,6 MMDH.

Par ailleurs, l’article 23 du PLF 2025 prévoit la création de 28.406 postes budgétaires. Les ministères de l’Intérieur et de la Santé à eux seuls en accaparent 14.244, soit près de 50,1% des postes créés.

Voici un aperçu des principaux ministères, des budgets qui leur sont alloués et du détail des postes budgétaires :

Ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports

Ministère de l’Intérieur

Ministère de la Santé et de la protection sociale

Ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts

Ministère de l’Équipement et de l’eau

Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation

28 MDH pour le futur siège du Comité olympique marocain à Rabat

Le terrain attribué à cette nouvelle construction, d’une superficie d’environ 1.000 m², est situé dans le lotissement Ryad Al Andalous.

Le bâtiment, quant à lui, aura une superficie totale de 3.000 m², intégrant plusieurs espaces fonctionnels.

Le budget alloué à ce projet s’élève à 28 millions de DH hors taxes (MDH), couvrant l’ensemble des travaux de construction, les équipements et installations fixes, ainsi que les aménagements extérieurs et adaptations au sol nécessaires.

Le CNOM, dont les missions consistent à promouvoir les valeurs olympiques et à soutenir le sport de haut niveau au Maroc, vise à faire de ce nouveau siège un repère urbain et un centre fonctionnel pour ses activités.

Ce bâtiment accueillera, entre autres, des espaces de travail, une salle de conférence, une bibliothèque et un hall d’exposition dédié aux exploits des fédérations sportives.

Décrochage scolaire. 294.000 sortants du système éducatif en 2022-2023, en baisse de 12%

En réponse à une question orale à la Chambre des représentants, lundi 8 juillet, sur « la lutte contre le décrochage scolaire« , Benmoussa a fait savoir que le nombre de sortants du système éducatif a diminué de 12% passant ainsi de 334.000 durant la saison 2021-2022 à 294.000 pour l’année scolaire 2022-2023, estimant que ce chiffre demeure « encore élevé ».

Il a expliqué que le ministère a pris une série de mesures visant à lutter contre le décrochage scolaire, notamment la révision du cadre juridique pour établir un numéro d’identification unifié à même de suivre individuellement les élèves, et la généralisation du préscolaire en tant que facteur essentiel pour la réduction du nombre d’abandons scolaires, ainsi que l’accompagnement individuel des élèves, en comblant les lacunes et en améliorant le soutien scolaire aux élèves confrontés à des difficultés d’apprentissage, comme c’est le cas dans les écoles pionnières.

Il s’agit aussi, selon le ministre, d’améliorer l’attractivité des établissements scolaires, à travers des activités parallèles, la promotion du système d’orientation scolaire et professionnelle, et du rattrapage via les écoles de la deuxième chance, ainsi que le renforcement des prestations de soutien social (allocations familiales sous conditions, transport scolaire et internats).