Le général de corps d’armée Mohammed Berrid reçoit le commandant de la Minurso

Cette rencontre a été l’occasion pour les deux responsables de discuter des activités de la mission, indique un communiqué de l’état-major des Forces armées royales.

Les deux responsables se sont félicités des niveaux exceptionnels de coopération atteints entre les deux parties en matière de coordination dans les domaines opérationnel, sécuritaire, de déminage et de soutien logistique, ajoute la même source.

Sahara. La France souhaite une solution définitive en 2025 ou 2026 (Christophe Lecourtier)

La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et soutenant l’intégrité territoriale du Maroc (avec les États-Unis), pousserait-elle à redéfinir la mission de la Minurso, voire à y mettre fin ?

La question a été posée par Zakaria Garti à Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au Maroc, qui était l’invité de la Fondation Links, vendredi dernier, autour de la thématique de « La dynamique du partenariat franco-marocain » (1 h 15).

« Sur cette question-là, la Minurso sera une résultante d’un mouvement plus vaste qui conduira à poser la question de ce que deviendra cette mission. J’ai dit tout à l’heure que, dans les choix qui ont été faits et dans l’expression du président de la République française, il y avait d’abord la volonté de répondre à des questions de confiance », répond le diplomate français.

« C’est pour cela qu’il avait lui-même (le président Macron, ndlr) qualifié la question du Sahara d’existentielle pour le Maroc. Deuxièmement, il y avait la reconnaissance de l’importance stratégique de ces territoires et de l’importance stratégique de ce que le Maroc fait. Troisièmement (…), il y a le constat d’une dynamique internationale favorable au Maroc que, d’ailleurs, Sa Majesté a évoquée dans sa réponse, que la France s’emploie à entretenir pour rallier encore -ce qui est en train d’arriver -soit au sein de l’Union européenne soit au sein des Nations unies », poursuit M. Lecourtier en allusion claire au fort soutien dont jouit la position marocaine.

« Tout est fait pour que le moment approche où on pourra, je l’espère, commencer, le Maroc d’abord, et avec ses amis, à sortir de la répétition perpétuelle des mêmes résolutions qui, d’ailleurs, l’année dernière, soulignait la dynamique (enclenchée par le Maroc, NDLR). C’est cette dynamique qui vise à avancer (…) vers une solution politique définitive. Encore une fois, la France a pris cette position (soutenir le Maroc, NDLR) parce qu’elle a toujours soutenu le Maroc sur cette question et qu’il fallait la réaffirmer avec plus de force, plus de clarté dans le contexte de 2024″, ajoute l’ambassadeur français au Maroc.

« La France est très attachée à ce qui se passe là-bas, à ce que le Maroc propose, non seulement pour les populations, mais aussi pour l’environnement régional. Et la France aussi pense que la dynamique qui est à l’œuvre est beaucoup plus forte qu’elle ne l’a jamais été depuis 50 ans », rappelle le diplomate.

Christophe Lecourtier réitère la volonté de son pays de mobiliser tous ses moyens et toute sa diplomatie pour être aux côtés du Maroc et des autres partenaires pour faire en sorte que, « en 2025, en 2026, en tout cas, dans les mois et les années qui viennent, on puisse avancer fortement vers une solution définitive qui, évidemment, rencontrerait l’affirmation française selon laquelle le présent et l’avenir de ces territoires » soient décidés dans le cadre de la souveraineté du Royaume.

« Ça, c’est une position française, une vision française, une affirmation française. Nous souhaitons évidemment qu’elle soit le plus vite possible partagée par la communauté internationale et les organes pertinents », conclut Christophe Lecourtier.

https://medias24.com/2024/10/29/macron-au-parlement-le-present-et-lavenir-du-sahara-sinscrivent-dans-le-cadre-de-la-souverainete-marocaine/

https://medias24.com/2025/04/03/par-la-voix-de-son-chef-de-la-diplomatie-la-france-reitere-son-soutien-a-la-souverainete-du-maroc-sur-son-sahara/

Sahara et Minurso. Au Conseil de sécurité, le Maroc dénonce la « manipulation politique sélective » de l’Algérie

« Une délégation, la seule parmi les nombreuses délégations qui ont pris la parole devant le Conseil lors de ce débat, a mentionné la composante des droits de l’Homme et a essayé de la lier à la Minurso », a souligné d’emblée la diplomate marocaine, Majda Moutchou, en riposte à l’intervention de l’ambassadeur algérien, lundi, lors d’un débat public du Conseil de sécurité sur le renforcement de la capacité d’adaptation des opérations de paix de l’ONU.

Elle a relevé que la délégation marocaine a été surprise et étonnée par cette intervention, car « elle reflète une masterclass en manipulation politique sélective », notant que l’ambassadeur algérien « a soudainement retrouvé une passion nouvelle pour les droits de l’Homme et le droit international ».

Éclairant l’intervenant avec des réalités « qui sont soit volontairement ignorées, soit commodément oubliées », la diplomate a indiqué que le mandat de la Minurso est on ne peut plus clair, car il a été établi par le Conseil de sécurité pour superviser le cessez-le-feu.

« Ce mandat a été clairement défini par le Conseil de sécurité, et toute tentative de la délégation algérienne de déformer son rôle est soit mal informée, soit délibérément trompeuse », a-t-elle précisé, ajoutant que, contrairement à ce qui a été suggéré, sept opérations de paix de l’ONU sur onze ne disposent pas de mandat de surveillance des droits humains.

« Nous aussi, nous nous demandons pourquoi la délégation algérienne, faisant preuve d’un deux poids, deux mesures flagrant et sélectif, se concentre uniquement sur la Minurso et ferme les yeux sur les autres opérations de maintien de la paix », a souligné Majda Moutchou.

Et de poursuivre que le Conseil de sécurité attribue ces mandats en fonction de la situation spécifique sur le terrain. « Il ne s’agit ni d’une règle systématique ni d’une exception ; il s’agit d’une décision prise au cas par cas ».

« De plus, malgré les tentatives persistantes et désespérées de cette même délégation, en octobre 2024, le Conseil de sécurité a rejeté en bloc l’inclusion d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la Minusro. Ce rejet n’était pas accidentel : il réaffirmait que la situation des droits de l’Homme au Sahara marocain ne nécessite pas un tel mécanisme », a affirmé la diplomate.

Pour la Représentante permanente adjointe du Maroc à l’ONU, il s’agit d’un message clair que le Conseil de sécurité est parfaitement conscient des manœuvres politiques de certaines parties.

La situation dans les camps de Tindouf

Toujours en réponse à la déclaration de l’ambassadeur algérien qui « semble si profondément préoccupé » par les droits de l’Homme, Majda Mouchou l’a interpellé sur une « question bien plus urgente : les camps de Tindouf, situés sur le territoire algérien, où la population vit sous une oppression quotidienne, privée de ses droits fondamentaux et soumise à de sévères restrictions de mouvement et à des violations flagrantes du droit international ».

Elle a, par ailleurs, fait observer que le Maroc a toujours démontré son engagement indéfectible en faveur de la promotion des droits de l’Homme et du respect des droits et libertés fondamentaux de tous les individus, ajoutant que le Royaume a constamment collaboré avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Le Maroc a également accueilli plusieurs visites d’experts de l’ONU et coopéré de manière constructive afin de favoriser la transparence, le dialogue et le progrès, a-t-elle dit, notant que les efforts du Maroc en matière de promotion des droits de l’Homme ne se limitent pas à des paroles, mais se traduisent par des actions concrètes visant à garantir le bien-être et la dignité de chaque citoyen.

En réponse à la mention par l’ambassadeur algérien du droit à l’autodétermination, la diplomate marocaine a révélé une « contradiction troublante », expliquant que, pour l’Algérie, l’autodétermination « est un concept sélectif utilisé comme arme politique contre l’intégrité territoriale du Maroc, et pourtant commodément ignoré lorsqu’il s’agit des aspirations légitimes d’autres peuples, qui vivent encore sous occupation et oppression étrangères ».

« L’ONU doit prêter attention à toutes ces aspirations, sans exception ni sélectivité, y compris sur le territoire des États qui prônent l’autodétermination pour les autres tout en la refusant systématiquement aux peuples opprimés sur leur propre territoire », a-t-elle encore indiqué.

Elle a enchaîné en soulignant que « le droit à l’autodétermination ne peut être un outil politique utilisé de manière sélective, invoqué par certains et ignoré par d’autres. Ce n’est pas une carte jouée par commodité ».

Et la diplomate de conclure en réitérant que « le Sahara a toujours fait partie intégrante du Maroc. Il est marocain et le restera à jamais. Il ne s’agit pas d’une revendication fondée sur des événements récents, mais du reflet de siècles de liens historiques, culturels et géographiques ».

(Avec MAP)

Un think tank américain pointe l’échec de la Minurso et exige des résultats tangibles

Dans une tribune, Michael Rubin, chercheur associé au sein du think tank américain American Enterprise Institute (AEI), appelle à une refonte radicale de la politique américaine vis-à-vis des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Pour lui, l’administration Trump « arrive armée d’une hache dans une main et d’une tronçonneuse dans l’autre » afin d’en finir avec ce qu’il considère comme l’ »obésité bureaucratique » des Nations unies.

Selon le chercheur, « Trump et l’ONU pourraient économiser des milliards en supprimant les opérations de maintien de la paix qui ont échoué ». Il reconnaît que certaines missions ont porté leurs fruits, notamment « au Liberia, en Sierra Leone, au Timor oriental et en Côte d’Ivoire« , où « les casques bleus ont permis aux gouvernements de se consolider et de tourner la page des conflits ». Toutefois, d’autres opérations onusiennes, affirme-t-il, « non seulement échouent à instaurer la paix, mais contribuent parfois à entretenir les conflits ».

L’exemple du Sahara marocain est, selon lui, emblématique de ces échecs. « Le Conseil de sécurité de l’ONU a établi en 1991 la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Son objectif était simple : organiser un référendum auprès des Sahraouis pour déterminer s’ils souhaitaient rejoindre le Maroc ou établir leur propre pays », rappelle Michael Rubin. Or, « trente-quatre ans et des milliards de dollars plus tard, la Minurso n’a même pas effectué de recensement ».

Ce mouvement marxiste soutenu par l’Algérie empêche les réfugiés des camps qu’il contrôle dans la province algérienne de Tindouf de se rendre au Maroc avec leur famille

Il dénonce également le paradoxe de certaines positions internationales : « Les États-Unis reconnaissent aujourd’hui le Sahara occidental comme faisant partie du Maroc, et ils continuent pourtant de financer une organisation qui trahit un partenaire des Accords d’Abraham, fidèle allié de l’Amérique ».

Exigence de résultats tangibles

Michael Rubin va plus loin en affirmant que « les Sahraouis eux-mêmes souhaitent rejoindre le Maroc », et accuse le Polisario d’empêcher toute solution. « Ce mouvement marxiste soutenu par l’Algérie empêche les réfugiés des camps qu’il contrôle dans la province algérienne de Tindouf de se rendre au Maroc avec leur famille. Les femmes et les enfants y sont retenus comme otages pour empêcher toute réinstallation », dénonce-t-il.

En conclusion, il accuse l’ONU de « gonfler la légitimité du Polisario » et de « perpétuer le problème« . La Minurso, selon lui, est devenue un symbole d’inefficacité. « Aujourd’hui, le meilleur moyen de trouver les agents de la Minurso au Sahara occidental est de visiter les bars de Laâyoune ou de Dakhla, où les véhicules de la mission sont omniprésents », ironise-t-il.

À travers cette critique, Michael Rubin plaide pour une politique plus ferme et plus cohérente des États-Unis en matière de financement international, avec une exigence de résultats tangibles sur le terrain.

Résolution sur le Sahara : les explications des votes de la France et des Etats-Unis

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le jeudi 31 octobre, le projet de résolution Res.2756/2024 proposé par le penholder américain et qui prolonge d’une année le mandat de la Minurso. Le texte a été adopté par 12 voix, tandis que la Russie s’est abstenue avec le Mozambique alors que l’Algérie a décidé de ne pas participer au vote.

Portant cette résolution, les Etats-Unis ont réaffirmé leur soutien au plan marocain d’autonomie, le qualifiant de solution « sérieuse, crédible et réaliste » pour clore définitivement le différend régional autour du Sahara.

« Comme l’a réaffirmé récemment le secrétaire d’Etat Antony Blinken, les États-Unis continuent de considérer la proposition marocaine d’autonomie comme sérieuse, crédible et réaliste en vue d’une solution politique » à ce différend régional, a souligné le représentant-adjoint des États-Unis auprès des Nations Unies, l’ambassadeur Robert Wood, dans une intervention à l’issue du vote.

Le diplomate américain a souligné « l’urgence de parvenir à une solution politique » à ce conflit, tout en insistant sur la nécessité de mettre à profit la « dynamique » en cours. Expliquant le vote de son pays en faveur de la nouvelle résolution, M. Wood a mis en avant le soutien du Conseil de sécurité aux efforts des Nations Unies pour faire avancer le processus politique en vue d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable au différend régional sur le Sahara.

« Nous espérons que cette résolution permettra de franchir une étape cruciale pour la stabilité de la région et la reprise du processus politique », a-t-il ajouté​.

Pour la France, « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine »

Devant le Conseil de sécurité, la France a, de son côté, réaffirmé que « le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », réitérant son soutien « clair et constant » au plan d’autonomie pour résoudre définitivement ce différend régional.

« Notre position est connue. Pour la France, le présent et l’avenir du Sahara s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine”, a déclaré l’ambassadeur-représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Nicolas de Rivière, à l’issue du vote.

L’ambassadeur français a ajouté que l’autonomie sous souveraineté marocaine est « le cadre dans lequel cette question doit être résolue, et notre soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 est clair et constant ».

« Pour la France, celui-ci constitue la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée, conformément aux résolutions de ce Conseil”, a poursuivi M. de Rivière en relevant qu’un « consensus international de plus en plus large se dégage en ce sens ».

Pour l’ambassadeur de France, « il était important que le Conseil prenne note de cette dynamique comme il le fait désormais dans cette résolution ».

Dans son explication du vote en soutien à la nouvelle résolution, le diplomate français a tenu à saluer les efforts du Maroc en faveur du développement socio-économique dans les provinces du Sud, en soulignant « l’impératif » de poursuivre cette dynamique.

« Nous saluons tous les efforts investis par le Maroc à cet égard. La France l’accompagnera dans cette démarche au bénéfice des populations locales« , a-t-il dit.

Selon l’ambassadeur de France, « il est temps d’avancer », en appelant toutes les parties concernées par cette question à « se réunir » en vue d’une solution politique « qui est à portée de main ».

Le diplomate a fait part, à cet égard, du soutien de son pays aux efforts de l’Envoyé personnel de l’ONU en vue de « la relance des discussions dans le format des tables rondes », saluant « l’engagement du Maroc dans ce sens ».

La Russie ne vote pas les amendements algériens

La Russie, qui s’est abstenue lors des votes, a exprimé son refus concernant les amendements proposés par l’Algérie, estimant qu’il était « inopportun de développer de manière excessive la composante relative aux droits de l’Homme dans ce contexte ».

Le représentant russe a également exprimé le soutien de son pays aux efforts d’organisation de pourparlers directs entre les parties.

Malgré une ultime manoeuvre algérienne, la résolution onusienne sur le Sahara adoptée à une large majorité

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté ce jeudi 31 octobre 2024 à 15H, heure de New York, le projet de résolution Res.2756/2024 proposé par le penholder américain et qui prolonge d’une année le mandat de la Minurso. Le texte a été adopté par :

Fait rarissime dans ce dossier, voire inédit, l’Algérie a profité de son fauteuil de membre du conseil (2024 et 2025), pour proposer deux amendements supposés défendre les droits de l’homme. Ces deux amendements ont été rejetés. La Russie ne les a pas votés.

Les deux amendements ont été discutés avant la résolution comme le prévoit le règlement intérieur du Conseil. Etant donné qu’une proposition d’amendement touche au fond, elle est susceptible de veto. En d’autres termes, l’Algérie a proposé deux amendements dont elle savait d’avance qu’ils ne seraient pas adoptés.

Sur la base du draft qui a été proposé par les Américains et auquel nous avons déjà consacré un article, le texte de la résolution est presqu’identique à celles des années précédentes 2021, 2022 et 2023. Le processus des tables rondes est mis en avant ainsi que la recherche d’une solution politique mutuellement acceptable et basée sur le compromis.

En réalité, pour la quatrième année consécutive, le Conseil de sécurité constate en substance l’impasse et le blocage dans lesquels se trouve le dossier. Et pour cela, il insiste sur la solution « politique, pragmatique, durable et basée sur le compromis ». L’objectif du processus politique est ainsi clairement indiqué.

Comme moyen d’y parvenir, il rappelle le processus des tables rondes en indiquant qu’il est nécessaire de construire sur cet acquis.

Il salue le plan marocain d’autonomie et fait mention de l’élan récent. Il désigne les protagonistes. L’Algérie y est citée 5 fois, presqu’autant que le Maroc (6 fois).

Seul changement notable à ce stade des consultations, cette phrase du préambule: « Considérant que le statu quo n’est pas acceptable, exhortant à éviter tout acte susceptible de mettre en péril le processus politique et notant en outre qu’il est essentiel que les négociations progressent pour que la qualité de vie des habitants du Sahara occidental s’améliore dans tous les domaines ».

Blocage politique

L’Algérie a mis tout son poids pour freiner le processus onusien axé sur la recherche d’une solution politique durable, mutuellement acceptable et basée sur le compromis. Un processus marqué par deux tables rondes déjà organisées en 2018 et 2019 par l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Hörst Kohler.

Non seulement l’Algérie n’est pas parvenue à freiner le soutien onusien à ce processus, mais en plus, ce processus a reçu, ce jeudi 31 octobre 2024, un appui encore plus marqué de la part du Conseil de sécurité.

Le Conseil de sécurité est composé de :

Cinq membres permanents : États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France.

Dix autres membres élus pour des mandats de deux ans : Equateur, Guyane, Japon, Malte, Mozambique, République de Corée, Sierra Leone, Slovénie, Suisse, Algérie.

Négociations houleuses

« Les négociations sur le projet de résolution ont été houleuses », rapporte la plateforme securitycouncilreport. « Les États-Unis ont fait circuler un premier projet de texte le 22 octobre et ont convoqué une première série de négociations le lendemain (23 octobre). Par la suite, certains membres ont soumis des commentaires écrits. Bien que le rédacteur ait apparemment eu l’intention de poursuivre avec le projet initial inchangé, il a néanmoins prévu une nouvelle série de négociations pour le lundi (28 octobre) ».

« (…) Au cours des derniers jours, les deux parties [Algérie et Etats-Unis] ont engagé des délibérations approfondies, y compris à haut niveau, pour identifier et examiner d’éventuelles solutions à l’impasse. Les discussions ont abouti à la soumission par les États-Unis d’un projet de texte révisé et à son placement direct en bleu hier (30 octobre). Il semble que l’Algérie ait toujours le sentiment que ses préoccupations n’ont pas été prises en compte, ce qui a incité le membre à placer ses propres projets d’amendements en bleu ».

Selon la même source, « au cours de l’unique cycle de négociations, il semble que plusieurs membres du Conseil, dont la France et le Sénégal, aient soutenu l’approche du rédacteur et appelé à conserver le projet de résolution tel quel, tandis que d’autres membres ont suggéré des modifications. L’Algérie et la Russie ont apparemment considéré le projet de texte comme déséquilibré et ont proposé plusieurs révisions ».

« Le rédacteur a demandé un renouvellement pur et simple du mandat de la MINURSO, sans apporter de modifications substantielles aux dispositions contenues dans  la résolution 2703  du 30 octobre 2023, qui a récemment prorogé le mandat de la mission », confirme cette source. Les États-Unis ont incorporé de nouveaux éléments dans le projet de texte initial reflétant les développements récents. L’un de ces changements a consisté à introduire un nouveau paragraphe de préambule « saluant l’élan récent et exhortant à le poursuivre pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable» ».

Voici le texte intégral de la résolution votée jeudi 31 octobre 2024:

https://medias24.com/2023/10/28/sahara-le-projet-de-resolution-soumis-au-vote-lundi-au-conseil-de-securite-sans-changement-significatif/

Sahara : voici les recommandations émanant du dernier rapport d’Antonio Guterres

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont réceptionné le rapport d’Antonio Guterres sur le Sahara, élaboré sur la base des rapports de son Envoyé personnel Staffan de Mistura et des responsables de la Minurso.

D’emblée, dans le volet « Observations et recommandations », le Secrétaire général de l’ONU évoque le cessez-le-feu. Dans les mêmes termes que ceux utilisés en octobre 2023, il se dit « vivement préoccupé par l’évolution de la situation ». Et si, en 2023, Antonio Guterres mettait en garde contre « un risque d’escalade » en affirmant qu’il était « primordial de rétablir un cessez-le-feu », il déclare, dans le présent rapport, qu’il est « essentiel que toutes les hostilités cessent immédiatement ».

« À l’approche du 50e anniversaire du conflit et dans ce contexte difficile, il reste plus urgent que jamais de trouver une solution politique à la question du Sahara », insiste dans ce sens le Secrétaire général de l’ONU.

Sur le volet des relations entre le Maroc et l’Algérie, le ton d’Antonio Guterres n’a rien d’optimiste. « La détérioration des relations entre l’Algérie et le Maroc reste préoccupante. Je regrette que l’occasion n’ait pas encore pu être saisie d’aplanir les divergences entre les deux pays et je les encourage à renouer le dialogue pour rétablir la concorde et à renouveler les efforts visant la coopération régionale, y compris en vue d’établir un environnement propice à la paix », écrivait le Secrétaire général de l’ONU en 2023.

« Je regrette qu’il n’y ait eu aucune amélioration concrète des relations entre le Maroc et l’Algérie », se désole-t-il dans son dernier rapport en réitérant son appel au dialogue entre les deux pays voisins.

Le polisario continue à entraver le travail de la Minurso

En ce qui concerne les entraves dressées par les séparatistes devant l’action de la Minurso, la situation n’a pas trop évolué comme le constate le dernier rapport.

« En outre, les restrictions à la liberté de circulation de la Minurso, problème toujours non résolu, continuent d’entraver la capacité de la Mission à mener les activités d’observation terrestre et aérienne requises à l’est du mur de sable. Je demande instamment au front polisario de lever toutes les restrictions encore imposées à la libre circulation de la Minurso et de reprendre des contacts réguliers en personne avec les dirigeants de la Minurso, tant civils que militaires », écrivait Antonino Guterres en octobre 2023. Dans des termes identiques, il relève dans le dernier rapport que les séparatistes font fi de cette recommandation.

« Je demande instamment au front polisario de lever toutes les restrictions encore imposées à la libre circulation de la Minurso, y compris aux vols de reconnaissance en hélicoptère, et de reprendre des contacts réguliers en personne avec les dirigeants de la Minurso, tant civils que militaires, à Rabouni, suivant la pratique antérieure établie », lit-on dans le dernier rapport.

La situation dans les camps de Tindouf reste intenable

L’autre sujet de préoccupation est la situation humanitaire dans les camps de Tindouf dans le désert algérien.

« Je m’inquiète de la nouvelle détérioration de la situation humanitaire dans les camps de réfugiés situés à proximité de Tindouf. À la suite de la pandémie de maladie à coronavirus (Covid-19) et à la hausse mondiale des prix des carburants et des denrées alimentaires, les réfugiés sahraouis font face à une pénurie d’eau, à des pénuries alimentaires, à la malnutrition, à des conditions climatiques extrêmes, notamment des tempêtes de sable et des inondations, au manque de logements adéquats, à la dégradation de l’environnement, au chômage et à la pauvreté », s’alarmait Antonio Guterres en octobre 2023.

Il revient à la charge, sur un ton plus amer, lors du dernier rapport : « Je reste préoccupé par la situation humanitaire dans les camps de réfugiés situés à proximité de Tindouf. La hausse des prix alimentaires continue d’avoir de graves répercussions. Dans cette situation combinée à des conditions environnementales extrêmes et à l’absence de possibilités économiques, de nombreux Sahraouis souffrent de malnutrition et sont profondément vulnérables. Nous sommes reconnaissants pour l’aide déjà fournie, mais je me joins au HCR, à l’UNICEF, au PAM et à l’OMS pour demander d’urgence des efforts accrus et un appui supplémentaire pour répondre aux besoins des réfugiés sahraouis dans cette crise prolongée ».

Au Conseil de sécurité, la question du Sahara, entre soutien croissant au Maroc et blocage algérien

Avant de se pencher sur le renouvellement du mandat de la Minurso, les membres du Conseil de sécurité présidé par la Suisse doivent d’abord passer en revue le rapport annuel du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara, transmis aux membres le 1er octobre.

Le 24 juillet dernier, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait déjà présenté son rapport sur la question du Sahara, couvrant l’évolution de la situation entre le 1er juillet 2023 et le 30 juin 2024. Tout en réitérant l’importance d’une « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable », le rapport élaboré à la demande de l’Assemblée générale de l’ONU, avait constaté l’impasse persistante du processus onusien et l’absence de progrès de l’envoyé personnel Staffan de Mistura qui n’est pas parvenu à relancer les table rondes.

Un contexte clairement favorable au Maroc

Les discussions qui auront lieu au Conseil de sécurité durant ce mois d’octobre interviennent dans un contexte marqué par les succès diplomatiques Maroc. Le soutien international à l’initiative d’autonomie proposée par le Maroc, sous sa souveraineté, comme seule solution viable au conflit continue de croître, avec les derniers appuis du Danemark, et avant lui celui de la Finlande.

Au Conseil de sécurité, les États-Unis, pen holder sur ce dossier, avaient reconnu la souveraineté du Maroc sur la région en décembre 2020 sous l’administration du président Donald Trump et s’étaient engagés à ouvrir un consulat dans les provinces du sud du Maroc. L’administration du président Joe Biden a maintenu cette position comme l’attestent les récentes déclarations d’Antony Blinken suite à une rencontre avec Nasser Bourita en marge de la dernière Assemblée générale de l’ONU.

La France a récemment changé de position pour soutenir pleinement le plan d’autonomie marocain comme « seule base sérieuse et crédible » pour parvenir à une solution politique.

La Russie, de son côté, préfère les négociations directes entre le Maroc et le polisario aux tables rondes mais souligne que tout règlement final de la question devra être basé sur des résultats mutuellement acceptables.

Les trois membres africains du Conseil ne partagent aucune position commune. La Sierra Leone reconnaît la souveraineté marocaine sur son Sahara et a ouvert un consulat à Dakhla en août 2021. Le Mozambique reconnaît l’entité séparatiste du polisario, tandis que  l’Algérie s’obstine, elle, qui est un l’acteur principal de la décision, qui s’emploie à saper le processus des tables rondes.

L’impasse du processus onusien

Le Conseil de sécurité qui, depuis plusieurs années, ne cesse de renouveler dans ses résolutions « sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, basée sur le compromis« , se trouve aujourd’hui face au défi de relancer les négociations directes entre les parties au conflit, suspendues depuis 2019, face à l’obstination de l’Algérie qui tente d’imposer un nouveau cadre de discussions entre le Maroc et le polisario, et aux multiples violations du cessez-le-feu par le polisario depuis novembre 2020.

Rappelons que le Conseil de sécurité des Nations unies est composé de 15 membres, dont cinq sont permanents et disposent du droit de veto sur les résolutions du Conseil que sont la Chine, la France, la Fédération de Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Dix membres non permanents sont élus pour un mandat de deux ans par l’Assemblée générale des Nations unies. Actuellement, les membres non permanents sont : l’Algérie, le Guyana, la République de Corée, la Slovénie et la Sierra Leone, dont les mandats s’achèveront en 2025, ainsi que l’Équateur, le Japon, Malte, le Mozambique et la Suisse, dont les mandats prendront fin en 2024.

L’Inspecteur général des FAR s’entretient avec le chef de la Minurso

À cette occasion, les deux responsables ont évoqué les différents aspects de la coopération entre les Forces armées royales et les Forces de la Minurso, tout en exprimant leur volonté de la renforcer au service de la paix et de la stabilité dans la région, indique un communiqué de l’État-Major général des Forces armées royales (FAR).

(Avec MAP)

Plan d’autonomie marocain : à l’ONU, la France soutient la reprise des tables rondes, une première

La France « soutient les efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général en vue de la reprise des tables rondes« , ressort-il du discours de son ambassadeur à l’ONU, Nicolas de Rivière.

Une déclaration inédite pour la France en faveur de la reprise des tables rondes que le prédécesseur de De Mistura, Horst Köhler, avait initiées en 2018 et 2019, impliquant le Maroc, le polisario, l’Algérie et la Mauritanie. La reprise des tables rondes dans le cadre d’un processus politique au Sahara est combattue en sous-main par l’Algérie, appuyée par la Russie.

Les tables rondes sont un format qui implique directement l’Algérie, sur un pied d’égalité avec les autres acteurs, et qui définit d’emblée l’objectif : une solution politique, pragmatique, durable, mutuellement acceptable et fondée sur le compromis. C’est exactement ce que veut le Maroc.

A l’heure où les relations entre le Maroc et la France ne sont pas au beau fixe, la mention de la « reprise des tables rondes » mérite d’être relevée.

Dans son allocution, Nicolas de Rivière a aussi rappelé le « soutien historique, clair et constant » de la France au plan d’autonomie marocain.

« Il est temps d’avancer »

Par ailleurs, la France a expressément souligné qu’il « est temps d’avancer » sur le plan d’autonomie proposé par Rabat, qui est sur la table du Conseil de sécurité de l’ONU depuis 2007.

Enfin, dans sa prise de parole le 30 octobre 2023, l’ambassadeur de France à l’ONU a exprimé « son inquiétude concernant les violations du cessez-le-feu », en appelant les responsables de ces violations à respecter et mettre « pleinement en œuvre l’accord de cessez-le-feu afin de faciliter la poursuite du processus politique ». Un appel qui revient souvent dans les discours de la France et qui cible clairement le polisario.

L’explication du vote de 2023 dénote avec les précédentes par son ton et son contenu. En 2016, la France avait salué le travail de la Minurso, dans le sens où elle fait « avancer la situation vers un règlement de ce différend, ce qui est nécessaire pour la population du Sahara et pour la stabilité, la sécurité et la prospérité de la région, qui est confrontée par ailleurs à des défis sécuritaires majeurs ».

« La France continuera par conséquent à apporter son soutien au processus politique conduit par les Nations unies, visant à permettre d’avancer vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité », avait poursuivi la France par la voix de son ambassadeur à l’ONU, François Delattre. Quelques phrases assez générales qui paraphrasaient les résolutions du Conseil de sécurité.

Les prises de position de la France depuis 2007

Médias24 a épluché les explications de vote de la France au Conseil de sécurité de l’ONU par la voix de ses différents représentants depuis 2007, date à laquelle le Maroc a soumis le projet d’autonomie pour le Sahara.

Sur 17 années, la France s’est exprimée sur le dossier du Sahara 11 fois : en 2023, 2021, 2019, 2018, 2017, 2016, 2015, 2011, 2010, 2009 et en 2008. Dans toutes ces prises de position, la France a toujours soutenu le plan d’autonomie pour le Sahara.

Mais la sémantique utilisée renforce ou réduit l’intensité de cette position : tantôt elle « se félicite » de l’adoption de la résolution qui renouvelle le mandat de la Minurso, tantôt elle « salue » ce renouvellement.

Par ailleurs, les adjectifs utilisés pour qualifier le plan d’autonomie de 2007 sont toujours les mêmes. Il est effectivement question d’ »une base sérieuse et crédible » :

Enfin, notons que la première mention du cessez-le-feu − constamment violé par le polisario − remonte à 2015, lorsque la France avait exprimé son soutien au rôle de la Minurso, notamment dans sa mission de surveillance du cessez-le-feu.

Par ailleurs, en 2017, la position de l’Hexagone sur le cessez-le-feu était claire : « Il importe que le cessez le-feu soit désormais respecté en toute circonstance et de manière durable. »

En 2022, la France ne s’est pas exprimée. En 2023, sa prise de parole est plus précise que par le passé, et plus évoluée dans le soutien au Maroc. Mais sa position ne va toujours pas aussi loin que d’autres pays comme l’Allemagne ou l’Espagne.

En conclusion, c’est un progrès mais peut mieux faire.

Laâyoune : la délégation française de diplomates et militaires a rendu visite à ses deux officiers de la Minurso

Au surlendemain de la visite à Laâyoune d’une délégation française comprenant des diplomates et des attachés militaires auprès de l’ambassade de France à Rabat, une source proche du dossier nous déclare que cette visite n’a rien d’exceptionnel.

Selon notre interlocuteur, il y a déjà eu au moins deux missions par an de ce type, organisées conjointement par le ministère des Armées et par le Quai d’Orsay, du fait que la France a délégué deux officiers français au sein de la Minurso.

Après Laâyoune, Staffan De Mistura à Dakhla

Après avoir entamé lundi 4 septembre une visite à Laâyoune, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan De Mistura, s’est rendu mercredi 6 septembre à Dakhla où il a été accueilli par le wali de la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab, Lamine Benomar, et le président du Conseil de la région, El Khattat Ynja. Les deux responsables ont accueilli De Mistura à l’aéroport de Dakhla.

« La visite à Dakhla s’inscrit dans le cadre de la tournée de l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara marocain. Il est prévu que ce dernier visite les principaux projets de développement réalisés dans la région », lit-on dans une publication partagée sur le compte Facebook de la région Dakhla-Oued Ed-Dahab.

« Staffan De Mistura est arrivé depuis Laâyoune. Il rencontrera les élus de la région et les acteurs de la société civile pour s’arrêter sur le développement des provinces du Sud et la loyauté de ses habitants envers le trône », conclut la même source.