Transport par bus : à l’approche du Mondial, des marchés attribués, mais une transition complexe

À l’approche des grandes échéances internationales, notamment du Mondial 2030, le transport urbain par bus s’impose comme un chantier prioritaire pour les grandes villes marocaines.

Modernisation des flottes, amélioration de la qualité de service, rationalisation des recettes et montée en gamme de l’expérience usager constituent les maîtres mots d’un vaste programme de 11 milliards de DH lancé par le ministère de l’Intérieur. Ce dernier s’appuie sur le lancement de plusieurs appels d’offres, dont certains ont déjà été attribués, et qui témoignent d’une recomposition progressive du paysage des opérateurs.

Sur le papier, l’on constate un recul de certains opérateurs historiques au profit de nouveaux acteurs marocains, principalement la CTM et Supratours.

Alsa perd trois marchés stratégiques

Ces dernières semaines, plusieurs décisions ont été annoncées dans différentes villes. À Fès et Tétouan, City Bus a officiellement cédé la place à CTM, via sa filiale Issal.

Tanger, Marrakech et Agadir, trois marchés historiquement opérés par le groupe espagnol Alsa, vont passer à d’autres opérateurs.

À Tanger, le groupement CTM-Transdev a été confirmé comme nouveau gestionnaire du réseau.

À Marrakech, Supratours, filiale de l’Office national des chemins de fer (ONCF), a été annoncée comme futur opérateur. Elle a repris le service vers fin décembre, nous confirme la Société de développement locale Marrakech Mobility, jointe par nos soins.

Une société a d’ailleurs été récemment créée à cet effet à Marrakech, comme le stipulent les lois en vigueur. Il s’agit de la Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech (SGTUPM), dont le décret autorisant sa création a été publié au Bulletin officiel du 15 décembre. Dotée d’un capital de 5 millions de DH, cette nouvelle entreprise est détenue à 40% par l’ONCF et à 60% par Supratours, elle-même filiale à 100% de l’Office.

À Agadir, deux sociétés sont en lice pour le nouveau marché, l’espagnol Otasa Group et Supratours, sans qu’Alsa ne figure parmi les candidats. Ceci dit, tant que l’attribution du marché et la prise en main du réseau par le nouveau adjudicataire n’ont pas eu lieu, l’actuel opérateur, Alsa, maintient l’exploitation du réseau.

Tout semble ainsi indiquer une recomposition du marché, avec une marocanisation progressive de l’exploitation des réseaux urbains.

Qui opère où ?

Marrakech a démontré les limites de la transition

Le cas de Marrakech illustre ainsi les difficultés structurelles du secteur. Le contrat d’Alsa y a pris fin il y a près de trois ans, mais a été prolongé à plusieurs reprises par les autorités compétentes, n’ayant pas trouvé de solution opérationnelle stable.

Pendant ce temps, le parc de bus a continué de vieillir, l’expérience des usagers s’est détériorée année après année, et aucun investissement n’a été consenti pour redresser la situation, jusqu’au lancement du programme gouvernemental de modernisation du service de transport urbain par bus.

Deux appels d’offres successifs ont été lancés à Marrakech après l’achèvement du contrat initial d’Alsa. Le dernier en date est celui remporté par Supratours. Selon nos informations, Alsa n’y a pas participé.

Le transport urbain, un métier à part entière

Le défi pour les autorités reste de faire émerger des acteurs capables de mobiliser les investissements nécessaires, d’apporter les garanties financières exigées, tout en assurant un niveau de gestion et de rentabilité compatible avec ses attentes, à l’image de ce qui a été réalisé à Casablanca.

Lorsqu’elle avait repris le marché de transport par bus urbain dans la métropole en 2019, Alsa avait financé environ la moitié du parc d’autobus. La question demeure : existe-t-il aujourd’hui des acteurs nationaux capables de reproduire un tel modèle à grande échelle ?

Parce qu’au-delà de l’aspect financier, le transport urbain est un secteur spécifique, un métier à part entière, avec des particularités qu’il faut comprendre et maîtriser pour en assurer une gestion efficace. Une expérience préalable est donc indispensable.

C’est également un secteur qui a profondément évolué au Maroc ces dernières années. Il ne s’agit plus seulement de faire circuler des bus, mais de garantir une qualité de service, de réduire les temps d’attente, d’assurer la fiabilité du parc et d’améliorer la relation client.

Ainsi, bien que le programme de modernisation du transport urbain par bus se poursuive, la transition vers un nouveau mode de gestion reste fragile. Le secteur cherche encore à s’organiser dans un métier complexe.

Feu vert pour la création de la Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech

Un nouveau décret autorisant la création de la société filiale dénommée « Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech » (SGTUPM) a été publié au Bulletin officiel du 15 décembre dernier.

Cette société marocaine viendra remplacer l’espagnol Alsa dans la gestion du transport urbain par bus dans la ville ocre, après avoir remporté un appel d’offres de gestion de ce service.

Les motifs derrière la création de cette filiale

Ce décret, signé par le Chef du gouvernement, expose les motifs derrière la création de cette filiale.  « Le projet de création de cette société s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale visant l’amélioration du système de transport urbain et le développement des services de mobilité collective au sein de la ville de Marrakech, ainsi que dans l’activation du Programme de développement régional de la région Marrakech-Safi. Il vise notamment la restructuration du réseau de transport par autobus et par bus à haut niveau de service (BHNS), conformément aux dispositions de la loi n° 54.05 relative à la gestion déléguée des services publics ».

« Au cours de l’année 2025, un appel d’offres international a été lancé pour la sélection d’un opérateur chargé de la gestion et de l’exploitation du réseau de transport urbain et périurbain de la ville de Marrakech, par le Groupement des collectivités territoriales Transport Marrakech (GCT Transport Marrakech), qui veille, en coordination avec les autorités et institutions concernées, à la mise en place d’un modèle intégré de mobilité urbaine ».

« Le groupement constitué de l’ONCF et de la société Supratours a soumis une offre dans le cadre de cet appel d’offres. La gestion déléguée lui a été attribuée définitivement, en tant que groupement délégataire, conformément aux procédures contractuelles en vigueur ».

Suite à cela, L’ONCF, en partenariat avec la société Supratours, a sollicité l’autorisation en vue de la création de la société filiale dénommée ‘Société de gestion du transport urbain et périurbain de Marrakech’, dotée d’un capital de 5 MDH ». 

Répartition du capital de la SGTUPM

Les participations de l’Office et de la société Supratours à la création de cette nouvelle filiale ont été autorisées, respectivement le 27 et le 30 novembre, par leurs conseils d’administration respectifs. Ces deux instances ont également validé la prise des mesures nécessaires à la mise en œuvre de cette création et à la détermination des modalités de participation à son capital.

Le capital de la SGTUPM est réparti comme suit :

Société Supratours (détenue à 100% par l’ONCF) : 60% ;

ONCF : 40%.

Il s’agit donc d’une société 100% marocaine, qui sera chargée des missions de gestion et d’exploitation du réseau de transport urbain et périurbain de la ville de Marrakech, d’assurer la continuité du service, de mettre en œuvre les engagements du contrat de gestion déléguée et de garantir la qualité des services offerts aux usagers, conformément aux normes définies dans le cahier des charges.

Le décret précise que la validité de cette autorisation est fixée à une année, à compter de sa date de publication au BO.

Rappelons que cette nouvelle société viendra remplacer l’espagnol Alsa, qui gère ce service depuis plusieurs années à Marrakech. Achevé vers fin 2019, son contrat a depuis été renouvelé au moins à quatre reprises, pour assurer la continuité du service en attendant le lancement de nouveaux appels d’offres et leur aboutissement.

Au moins deux appels d’offres ont été lancés il y a quelques années, avant ce dernier remporté par le groupement ONCF-Supratours. Le dernier en date avait été lancé au mois d’août 2022, avec un nouveau cahier des charges et de nouvelles exigences. Un marché à plusieurs étapes, qui n’avait pas abouti.

Quatre sociétés avaient été retenues à la suite de la première phase de présélection en octobre 2022 : le groupement Alsa-Foughal Bus (société marocaine qui gère le service de transport urbain par bus à Kénitra), City Bus (société marocaine), RATP Développement et Transdev, deux sociétés françaises.

Les offres de ces quatre candidats avaient été retenues pour participer à la seconde phase de dialogue compétitif, à l’issue de laquelle le candidat retenu a été le groupement Alsa-Foughal Bus, avec City Bus comme concurrent de réserve. Depuis cette phase, aucune information officielle n’a plus été communiquée au sujet de ce marché.

CTM prend la main sur le transport urbain par bus à Fès

Le groupe CTM prévoit un déploiement progressif du réseau urbain de la ville de Fès au cours des six prochains mois, a précisé le groupe.

Le déploiement complet du réseau interviendra à la réception des nouveaux bus commandés dans le cadre de l’appel d’offres lancé par l’autorité délégante.

Historiquement reconnu dans le transport interurbain et de marchandises, le groupe CTM opère également dans le transport maritime via Africa Morocco Links (AML) dans le détroit entre le Maroc et l’Espagne, ainsi que dans le transport urbain à Tétouan et désormais à Fès.

Avec un chiffre d’affaires consolidé de 1,3 MMDH en 2024 et près de 2.500 collaborateurs, le groupe CTM transporte chaque année plus de 25 millions de personnes dans l’urbain, l’interurbain et le maritime, et assure plus de 9.000 traversées entre le Maroc et l’Espagne.

Le groupe CTM exploite un réseau de près de 100 lignes urbaines et interurbaines, à travers une flotte de plus de 800 véhicules et 7 navires.

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Transport urbain par bus : le grand chantier de modernisation lancé, le point sur son avancement

Les modes de gestion actuels du transport urbain ayant démontré leurs limites, le ministère de l’Intérieur a conçu un nouveau programme visant à moderniser ce secteur, avec un budget total de 11 milliards de DH (MMDH). À terme, plus de 3.700 nouveaux bus seront acquis, au profit de 34 autorités délégataires.

Ce programme s’inscrit également dans le cadre des préparatifs du Royaume pour l’accueil d’événements sportifs majeurs, tels que le Coupe du Monde 2030, qui exigent un système de transport modernisé et performant.

Dans cet article, Médias24 vous propose un tour d’horizon des marchés déjà lancés, de ceux encore en cours, ainsi que des marchés attribués, couvrant quatre volets principaux de ce programme.

Etudes de faisabilité : quatre marchés déjà attribués

Pour la modernisation du secteur du transport par bus, quatre volets d’appels d’offres ont été lancés à ce jour par les autorités locales, dans différentes villes du Royaume.

Le premier volet est relatif à l’étude de faisabilité pour la gestion de ce service. Cette phase précède, dans certaines villes, les appels d’offres relatifs à l’assistance à la maîtrise d’ouvrage et à l’acquisition des bus, des systèmes d’exploitation et de la billettique. Il s’agit notamment de Taroudant, Taourirt, Guelmim et de Tétouan, où les marchés ont été attribués récemment à différentes sociétés, mais aussi d’Oujda, de Benslimane et de Tiznit.

Notons que cette étude vise à déterminer l’offre du service de transport public par autobus, sur la base de la demande réelle des usagers à court et moyen termes dans chaque province, préfecture ou ville, et à garantir un service efficient et de qualité en termes de sécurité, d’accessibilité, de fluidité, de confort, de régularité, de rapidité, de ponctualité et de respect de l’environnement.

L’étude devra aussi permettre d’évaluer le bien-fondé du futur mode de gestion du service de transport public par bus, d’identifier les fondements du programme d’investissement et des plans de financement à intégrer dans le futur contrat ainsi que la base des tarifs prévisionnels. Elle devra également permettre de définir l’offre « réseau physique » du service et la faisabilité du nouveau mode et contrat de gestion du transport par autobus.

Les missions des attributaires retenus ainsi que celles des futurs attributaires consistent principalement en la réalisation d’un diagnostic et la proposition de scénarios de restructuration du réseau, ainsi que l’étude approfondie du scénario retenu, selon le nouveau mode de gestion de transport public.

À Taroudant, le contrat de gestion déléguée prendra fin en février 2026

À Taroudant, ce marché d’étude de faisabilité a été attribué le 16 mars dernier à la société Bluecap Finance pour 360.000 DH. Le transport collectif par bus dans cette province est actuellement assuré dans le cadre d’un contrat de gestion déléguée d’une durée de 10 ans, dont la prorogation prendra fin en février 2026. Ce contrat a été conclu précédemment avec le conseil provincial de Taroudant, lequel a été remplacé par le Groupement des collectivités territoriales (GCT) « Oued Souss« .

Ce Groupement a été créé le 26 janvier 2024 par arrêté ministériel, après que le conseil provincial se soit déclaré incompétent en matière de transport intercommunal. Située en zone de montagne, cette province est caractérisée par l’éclatement de ses douars. Le service du transport collectif par autobus joue ainsi un rôle très important dans l’amélioration de l’accessibilité et de la mobilité au niveau de son territoire, lequel est à vocation rurale et où le déplacement des personnes et des biens a toujours été au cœur des préoccupations.

Afin de pouvoir répondre aux multiples demandes exprimées par la population pour l’extension du périmètre de ce service de transport, une étude technico-économique et financière, préalable au lancement de l’appel d’offre pour sa gestion, s’avère ainsi nécessaire, afin d’avoir une vision globale de la gestion future de ce secteur.

Le périmètre du contrat de gestion déléguée actuel à Taroudant est assuré par un exploitant privé depuis le 19 février 2014. Ci-dessous, le réseau actuel, desservi par 62 bus :

À Taourit, l’extension du tissu urbain complique la gestion de la mobilité

La commune de Taourirt, dont le marché d’étude de faisabilité a été attribué le 18 mars dernier à la société CIMT pour 224.640 DH, s’est, quant à elle, vue attribuer la compétence de gestion du transport en commun couvrant son périmètre, ainsi que ses environs.

La ville de Taourirt est la plus grande de la province éponyme. Avec plus de 120.000 habitants, cette agglomération de l’Oriental voit sa population doubler en période de retour des Marocains résidant à l’étranger (MRE) en été.

La gestion du service de transport urbain par autobus dans cette ville a été assurée par un contrat de gestion déléguée avec la société Rimal bus. Entré en vigueur le 29 mai 2014, ce contrat a pris fin le 30 juin 2019, suite à sa résiliation. Depuis cette date, le conseil communal de Taourirt a entamé des négociations directes avec la société Rokia bus pour gérer ce service, à la suite de deux appels d’offres infructueux.

Après sa signature par les parties concernées, ce nouveau contrat a été transmis au ministère de l’Intérieur pour visas, en vain. Il a été retourné sans visas deux fois de suite, avec des remarques portant sur les éléments du programme d’investissement et de la convention.

Avec l’accroissement urbain, le périmètre s’étend, induisant de grandes distances. La mobilité urbaine devient ainsi plus importante dans la ville, impliquant davantage de zones à desservir, et par ricochet, des difficultés supplémentaires dans la gestion de la mobilité.

Afin de remédier à l’inexistence d’un réseau de transport de masse et d’assurer ce service pour une population qui ne cesse de s’accroître en raison de l’extension du tissu urbain dans le sud et l’ouest de la ville, un nouveau mode de contrat de gestion déléguée public par autobus doit être élaboré.

Pour ce faire, la commune de Taourirt démarrera d’abord par l’étude technico-économique et financière pour la gestion du service de transport public par autobus dans son périmètre urbain et périurbain, avant d’entamer les procédures suivantes. Plusieurs quartiers sont concernés par cette étude, notamment Nahda, El Bassatine, Zitoun, Salam, El Houria, El Kassaba, El Ouhda, Riad, Nassim 1 et Nasr, Chouhada, Rahma, et Takkadoum….

À Guelmim et Tétouan, les marchés de réalisation de ladite étude de faisabilité ont été confiés, respectivement, à Delta 3 E et Continuum Engineering Consultants pour 448.500 DH, et à Auditas pour une enveloppe de 2 millions de DH (MDH).

Abritant le futur Grand stade Hassan II, Benslimane est appelée à améliorer son service de transport par bus

Dans la province de Benslimane, ce marché est toujours en cours. Le service du transport public dans cette localité est actuellement géré dans le cadre d’un contrat de gestion déléguée, conclu entre la province, l’autorité délégante, et la société délégataire Lux Transport Benslimane. Ce contrat, dont la durée est de dix ans, a expiré le 21 septembre 2022. Il a toutefois été prolongée pour assurer la continuité du service.

Pour des considérations d’engagements contractuels, un problème de connectivité existe entre la province de Benslimane (notamment ces centres urbains) et la ville de Mohammedia. En fait, la société délégataire assure exceptionnellement le transport de Benslimane jusqu’à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Mohammedia.

Comme à Taroudant, pour assurer la continuité de ce service, l’établissement de coopération intercommunale (ECI) Irtiqae a été créé entre sept communes relevant de Benslimane (les communes de Benslimane, Bouznika, El Mansouria, Cherrat, Ain Tizgha, Ziaida et Fedalate), la gestion de ce service de transport ne relevant pas des compétences des communes. Cet ECI a pour mission le transport en commun et l’élaboration du plan des déplacements pour les communes concernées.

Il est toutefois à souligner que pour plusieurs raisons, l’offre de transport collectif par autobus ne répond pas aux besoins dans cette province. Comme pour la commune de Taourirt, les périmètres urbains s’étendent à Benslimane, induisant de plus grandes distances. La mobilité urbaine s’effectue à grande échelle, impliquant ainsi des centres urbains et des villes proches dans un même espace de déplacements quotidiens, notamment entre Benslimane (ses centres urbains) et la ville de Mohammedia. Pour pallier cette problématique, une convention se rapportant à la connectivité de ces deux provinces est en cours de signature entre l’ECI Al Baida, gérant le transport au niveau de Casablanca, et l’ECI Irtiqae, afin d’assurer l’accès des bus de Benslimane jusqu’à la gare ferroviaire de Mohammedia.

Par ailleurs, vu que la province de Benslimane abrite le projet du grand stade Hassan II, le nombre potentiel de voyageurs sera très grand. Cet aspect doit ainsi être pris en considération dans le dimensionnement du système de gestion.

Ce même marché est également en cours à Oujda, où la gestion du service de transport urbain par bus est actuellement assurée par un contrat de gestion déléguée approuvé par le ministère de l’Intérieur le 4 juin 2016. Cette étude vise ainsi à préparer l’après 2026 dans la ville, où prendra fin ledit contrat.

Assistance à la maîtrise d’ouvrage : au moins 9 villes concernées

L’assistance à la maitrise d’ouvrage (AMO) est le second volet de ce programme de modernisation. Il s’agit également de l’un des plus importants. Il consiste à accompagner les autorités délégantes, au moins, durant les trois premières années du contrat de gestion signé avec les différents délégataires, afin de leur assurer un transfert de compétences et les accompagner dans le suivi dudit contrat.

Un cahier des charges relatif à cette AMO a été élaboré par le ministère de l’Intérieur afin d’accompagner et de suivre le nouveau modèle des contrats de gestion déléguée.

Les bureaux chargés de cette AMO devront être composés de différents experts dans plusieurs disciplines, à même d’assister les groupements des collectivités territoriales ainsi que les ECI pour contracter les futurs délégataires de gestion déléguée et équiper les villes en centres de maintenance.

Les marchés relatifs à ce volet ont été lancés dans plusieurs villes, notamment à :

Marrakech, où les prestations sont estimées à 13,3 MDH ;

Sidi Bennour (3 MDH) ;

Tanger (10 MDH) ;

Benslimane (3,5 MDH) ;

Fès (7 MDH) ;

Agadir (11,6 MDH) ;

Dakhla (3,5 MDH) ;

Tétouan (6,8 MDH) ;

Guercif.

De manière générale, les titulaires de ces marchés d’AMO devraient se charger de :

– L’organisation et le suivi de la procédure retenue pour la mise en œuvre des investissements ;

– Le suivi du marché d’acquisition du matériel roulant ainsi que l’assistance pour la réception dudit matériel roulant ;

– L’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour la passation des marchés, le suivi de la mise en œuvre jusqu’à réception des marchés relatifs aux systèmes d’exploitation et de billettique notamment… ;

– Le suivi de l’exécution des études techniques ainsi que la passation des différents marchés/contrats relatifs à son exécution ;

– Le suivi de l’exécution des travaux d’équipement des arrêts de bus par des abris et poteaux ainsi que la passation des marchés et contrats relatifs à leurs exécutions ;

– L’assistance, par différentes productions, du maître d’ouvrage durant le transfert des moyens d’exploitation ;

Dans certaines villes, comme Agadir, le titulaire sera également en charge de l’assistance pour le suivi du nouveau contrat d’exploitation du service des BHNS.

Plus de 3 MMDH déjà programmés pour l’acquisition de plus de 1.300 nouveaux bus

Le troisième volet de ce programme porte, pour sa part, sur l’acquisition des bus pour l’exploitation de la délégation du service public de transport urbain et périurbain.

À ce jour, seuls trois marchés portant sur quatre villes ont été lancés. Ils consistent en l’acquisition de 1.317 bus pour près de 3,3 milliards de DH (MMDH).

Rappelons que ce programme, qui concernera dans sa globalité 34 autorités délégantes, a pour objectif l’acquisition de 3.746 nouveaux bus. Il se focalisera cependant, dans une première phase, sur 24 autorités délégantes en 2025-2026, et l’acquisition de 2.144 bus. La moitié de cet objectif est donc déjà engagée.

Dans le détail, il s’agit de la ville de Tanger, où seront acquis, pour 1,124 MMDH, un total de 476 bus de motorisation Euro V, répartis comme suit :

28 bus de 8 m, plancher bas intégral (low floor) pour 30,24 MDH ;

51 bus de 10 m, plancher bas intégral (low floor) pour 79,560 MDH ;

120 bus de 12 m, plancher bas (low entry) pour 295,2 MDH ;

247 bus de 12 m, plancher bas intégral (low floor) pour 607,62 MDH ;

30 bus de 18 m, plancher bas intégral (low floor) pour 111,6 MDH.

À Agadir, 274 bus de motorisation Euro VI seront acquis pour 744,2 MDH. Ils sont répartis comme suit :

80 bus de 12 m, plancher bas (low entry) pour 196,8 MDH ;

98 bus de 12 m, plancher bas intégral (low floor) pour 241 MDH ;

65 bus de 15 m, plancher bas (low entry ) pour 191,1 MDH ;

31 bus de 18 m, plancher bas intégral (low floor) pour 115,3 MDH.

Enfin, le troisième marché concerne les villes de Marrakech et Fès. Un total de 567 bus seront acquis au profit de ces deux villes pour un montant de 1,42 MMDH. Il s’agit, dans le détail, de :

81 bus de 10 m, plancher bas intégral (low floor) pour 126,36 MDH ;

49 bus de 12 m, plancher bas (low entry) pour 120,54 MDH ;

278 bus de 12 m, plancher bas intégral (low floor) pour 683,88 MDH ;

124 bus de 15 m, plancher bas (low entry) pour 364,56 MDH ;

35 bus de 18 m, plancher bas intégral (low floor)  pour 130,2 MDH.

Selon les cahiers des charges de ces trois marchés, voici les caractéristiques des nouveaux bus, qui devront être livrés 36 mois après l’attribution des marchés :

– Une durée de vie fixée à 18 ans, avec une opération de rafraîchissement des aménagements intérieurs à la mi-vie du véhicule ;

– Les châssis et les véhicules proposés doivent obligatoirement être de nouvelle fabrication, datée à minima de l’année 2024 ;

– Du côté du design, les fabricants de bus devront garantir une certaine transparence et ouverture visuelle ;

– Les matériaux utilisés doivent dissuader au maximum tout acte de vandalisme (graffitis, lacération, démontage ou casse) ;

– Les bus doivent être équipés d’un système de vidéoprotection ;

– Les véhicules doivent être adaptés aux personnes à mobilité réduite ;

– Un kilométrage annuel prévisionnel de 80.000 km.

Lire aussi : Marchés des bus d’Agadir, Marrakech et Tanger : un consortium maroco-chinois en pole position

Amélioration des systèmes de billettique et d’exploitation en prévision du Mondial 2030

L’acquisition et la mise en service des systèmes d’aide à l’exploitation, d’information voyageurs et de billetique, pour l’exploitation du réseau de transport urbain, est le dernier aspect de ce programme. Les marchés ont été lancés dans six villes au total, à savoir Tanger, Tétouan, Benslimane, Agadir, Marrakech et Fès.

Dans le cadre des préparatifs du Mondial 2030 notamment, le ministère de l’Intérieur souhaite aussi moderniser et renforcer son système de billettique notamment, afin d’assurer une gestion efficace, fluide et moderne des titres de transport pour les usagers du réseau de transport public.

L’objectif est d’implémenter une solution billettique sécurisée et évolutive, permettant une expérience de voyage optimisée pour les résidents et visiteurs.

Cette modernisation devra également prendre en considération l’interopérabilité avec les systèmes existants et futurs, et inclura la mise en place d’une interface standard d’échange pour les fonctions d’échange de listes colorées (noires, grises, etc.), les données clients, ainsi que les données de ventes et validations. L’objectif étant d’assurer une harmonisation de la billettique à l’échelle nationale et une meilleure expérience utilisateur.

Ce futur système permettra de faciliter l’accès et l’utilisation des transports en commun sur le réseau de bus. Il permettra à l’usager d’acheter un titre de transport selon les différents canaux de distribution et selon la gamme tarifaire en vigueur, de valider son titre de transport à bord et présenter son support en cas de contrôle, et de générer et valider un titre dématérialisé via application mobile.

Du côté des autorités locales, il leur permettra de disposer d’un outil offrant l’accès aux données de vente et de validation, la possibilité de modifier aisément la gamme tarifaire, et de piloter efficacement les contrats d’exploitation.

Transport urbain par bus : Taroudant prépare la gestion déléguée du service

Taroudant cherche à faire l’expérience de la gestion déléguée du transport urbain par bus. La commune de cette ville du Souss vient de lancer un appel d’offres pour une étude de faisabilité dans ce sens et le marché est estimé à un coût de 400.000 dirhams, alors que l’ouverture des plis est prévue pour le 24 mars 2025.

La ville de Taroudant figure parmi les cités concernées par une stratégie lancée par le ministère de l’Intérieur, budgétisée à 10 milliards de dirhams d’ici 2029 pour aider au développement du transport urbain par bus.

L’action du ministère passera par l’accompagnement des institutions de coopération entre collectivités ou les groupements de collectivités territoriales qui superviseront ce chantier.

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Transport urbain par bus. La province de Benslimane prépare le passage à la gestion déléguée

Cet appel d’offres vient d’être lancé par l’établissement de coopération intercommunale (ECI) « Irtiqaa » qui couvre les communes de Benslimane, Bouznika, El Mansouria, Cherrat, Aïn Tizgha, Ziaida et Fedalate.

Le coût de ce marché est estimé à 3,5 millions de DH, et la date d’ouverture des plis a été fixée au 28 février.

Pour rappel, le conseil régional de Casablanca-Settat a validé un important projet de convention de partenariat pour le financement du transport urbain par bus. Cette convention, qui s’appliquera de 2025 à 2029, porte notamment sur l’acquisition de 930 nouveaux bus qui seront mis en service dans les villes de Casablanca, Benslimane, Sidi Bennour, Settat et El Jadida.

Le coût total de ce projet s’élève à 2,8 milliards de DH, et le financement est assuré en grande partie par le ministère de l’Intérieur, en plus d’une participation du conseil régional de Casablanca-Settat à hauteur de 933 MDH.

La ville de Benslimane aura un rôle clé à jouer lors de la Coupe du monde puisqu’elle abritera le Grand Stade Hassan II.

Chambre des représentants. Talbi Alami défère Rim Chabat devant la commission d’éthique

Cette séance plénière à la Chambre des représentants était réservée aux explications du chef du gouvernement concernant le secteur du tourisme.

Rim Chabat, élue du Front des forces démocratiques (FFD), a profité de cette occasion pour parler de la situation du transport urbain par bus à Fès. Sur un ton acerbe, s’adressant à Aziz Akhannouch, elle s’est demandée si «avec ces restes et cette ferraille de bus qu’on nous a envoyés à Fès, on va recevoir les touristes ? Est-ce que les bus marchent au charbon et n’ont pas de freins ? ». Elle a proféré ces propos en brandissant une pancarte sur laquelle figurent des bus de la capitale spirituelle en bien mauvais état.

La réponse à sa question a été fournie par Rachid Talbi Alami sous forme d’un rappel à l’ordre et de la décision de la déférer devant la commission d’éthique.

Pour le président de la Chambre des représentants, Rim Chabat a violé les dispositions de la Constitution en interpellant le chef du gouvernement sur un sujet qui ne relève pas de ses prérogatives, mais plutôt de celles des collectivités territoriales, comme le stipulent les articles 135 et 141.

L’article 135 de la Loi suprême stipule que « Les collectivités territoriales du Royaume sont les régions, les préfectures, les provinces et les communes. Elles constituent des personnes morales de droit public et gèrent démocratiquement leurs affaires ». 

Quant à l’article 141, il affirme que « Les régions et les autres collectivités territoriales disposent de ressources financières propres et de ressources financières affectées par l’État. Tout transfert de compétences de l’État vers les collectivités territoriales doit s’accompagner d’un transfert des ressources correspondantes.

Ce que risque Rim Chabat

Que risque alors la députée FFD de Fès une fois qu’elle aura comparu devant la commission d’éthique ? « Pas grand-chose, mais il faut donner l’exemple », répond une source parlementaire.

Cette commission, instaurée après l’amendement du règlement intérieur (version d’août 2024, article 86), suggère à la présidence de la chambre les mesures à prendre contre les députés indélicats.

« À la rigueur, elle va s’en tirer avec un rappel à l’ordre », précise notre source au Parlement.

« Récidiviste », l’élue FFD a défrayé la chronique, la semaine dernière, lors d’un échange avec le ministre de l’Agriculture, également en pleine séance des questions orales. Elle a accusé Ahmed El Bouari de « se moquer de l’intelligence des Marocains » en faisant le lien entre la hausse des prix du poisson et la sécheresse.

Le responsable gouvernemental a répété qu’il y avait bien un lien sans trop s’étendre sur le sujet pour passer à d’autres questions. Et finalement, comme nous l’expliquions dans un précédent article, il avait raison.

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Transport urbain. Plus de 800 nouveaux bus pour Marrakech et Agadir

Deux nouveaux appels d’offres ont été lancés dans ce sens et sont relatifs à l’acquisition de plus de 800 nouveaux bus au profit de ces deux villes.

567 bus pour Marrakech

Le premier, lancé par la société de développement local (SDL) Marrakech Mobility, consiste en l’acquisition de 567 autobus pour l’exploitation de la délégation de service public de transport urbain et périurbain par bus à Marrakech, pour un peu plus de 1,42 milliard de DH. 

Ce marché est scindé en cinq lots, comme suit :

Le délai global de ce marché a été fixé à 36 mois pour chaque lot, à savoir un délai de livraison de 12 mois, en plus d’un délai de garantie de 24 mois.

…et 274 pour Agadir

Le second marché a quant à lui été lancé par la SDL Agadir Mobility, pour doter la capitale du Souss de 274 nouveaux autobus, pour plus de 744 millions de DH.

Cet appel d’offres est scindé en quatre lots :

Les critères à respecter dans ces deux marchés sont semblables à ceux exigés dans celui visant à doter Tanger de 476 nouveaux bus pour plus de 1 MMDH.

Rappelons par ailleurs que la durée du contrat d’exploitation de ces bus est de 10 ans et que les véhicules vont être utilisés pendant une durée de 18 ans sur l’ensemble du réseau de transport, avant d’être renouvelés. Une opération de rafraîchissement des aménagements intérieurs avec des opérations de maintenances lourdes est prévue à la mi-vie du véhicule.

En ce qui concerne le kilométrage prévisionnel annuel par véhicule et par année, il est estimé à 80.000 km. Ce chiffre sera ajusté au cours de la phase d’étude, tout en restant proche de cette valeur indicative afin de mieux refléter les conditions réelles d’exploitation et d’utilisation des véhicules.

Des véhicules nouvellement fabriqués

Enfin, ces marchés exigent que les châssis et les véhicules proposés soient obligatoirement de nouvelle fabrication, datée à minima de l’année 2024 et respectant les exigences suivantes :

Rappelons enfin qu’un total de 3.700 bus seront acquis dans le cadre de ce programme national.

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