CPS de l’UA : ce qu’il faut retenir du mandat du Maroc à la présidence pour le mois de mars

Ainsi, des thématiques importantes, telles que l’intelligence artificielle (IA) et son impact sur la paix et la sécurité, ou encore le changement climatique, ont été au cœur des débats lors de cette présidence. Par ailleurs, le CPS a convoqué, sous présidence marocaine, des consultations informelles avec les pays en transition politique (Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée, Soudan, Gabon), et s’est saisi de la situation sécuritaire qui prévaut au Soudan et au Soudan du Sud.

Dans le prolongement de la vision éclairée du Roi Mohammed VI qui a toujours appelé de ses vœux à une Afrique qui croit en sa capacité à prendre son destin en main, la présidence marocaine a été marquée par l’organisation d’une réunion ministérielle sur l’IA et son impact sur la paix et la sécurité, au cours de laquelle le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a plaidé en faveur de l’émergence d’un leadership africain fort et uni, capable de faire de l’IA un vrai levier de développement, de paix et de sécurité au profit des Africains et des Africaines.

Un des moments forts de la présidence marocaine du CPS était la convocation de consultations informelles avec les six pays africains en transition politique, à savoir le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Gabon, le Soudan et la Guinée.

L’initiative de tenir ces consultations informelles a été hautement appréciée par les six pays concernés, car elle leur a non seulement permis de faire le point sur les progrès réalisés dans le cadre de leurs processus de transition respectifs, mais surtout de réaffirmer leur aspiration à une réintégration pleine et entière au sein de l’UA.

Durant sa présidence du CPS, le Maroc est resté attentif aux évolutions observées au sein de plusieurs pays africains. À cet égard, un focus particulier a été mis sur la situation au Soudan. De plus, le CPS a été saisi, deux fois au cours de ce mois de mars, de la situation qui prévaut au Soudan du Sud.

Paix et défis sécuritaires

D’autre part et face aux nombreux défis sécuritaires que l’Afrique rencontre, la présidence marocaine du CPS a organisé plusieurs sessions thématiques mettant en lumière des enjeux cruciaux pour la paix et la sécurité en Afrique. Parmi ces thématiques figurent « Le changement climatique : défis liés à la paix et à la sécurité en Afrique« , « La déradicalisation comme levier de lutte contre l’extrémisme violent » ou encore « Débat sur l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité (FPS) en Afrique« .

L’organisation du programme d’initiation et d’orientation destiné aux nouveaux membres du CPS a constitué un autre fait marquant de la présidence marocaine du Conseil. Tenu du 22 au 28 mars 2025 à Arusha, ce programme d’initiation a permis de tracer les contours d’une feuille de route pour améliorer l’efficacité du CPS-UA.

En tant que président du CPS pour le mois de mars, le Royaume du Maroc a joué un rôle clé dans l’adoption de la position africaine commune sur l’examen 2025 de l’architecture des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

Le bilan de la présidence marocaine du CPS de l’UA pour le mois de mars 2025 reflète ainsi l’engagement constant du Royaume en faveur d’une approche africaine concertée et pragmatique face aux défis sécuritaires en Afrique.

CPS : le Maroc souligne l’impératif d’accompagner les pays en transition politique pour leur réintégration à l’Union africaine

Lors des consultations informelles avec le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Niger et le Soudan, convoquées par le Royaume qui préside le CPS de l’UA pour le mois de mars, la délégation marocaine a mis l’accent sur l’importance du dialogue et des consultations régulières avec les pays en transition.

La réussite de ces processus repose sur des échanges ouverts et constructifs, indispensables pour répondre aux attentes des populations, renforcer la confiance et promouvoir des solutions durables, a ajouté la délégation marocaine, appelant à institutionnaliser ces consultations informelles en tant que mécanisme stratégique d’accompagnement des transitions politiques.

Cet échange constant permettra d’identifier les défis persistants, d’encourager des solutions inclusives et d’appuyer les efforts des autorités nationales en matière de gouvernance, de réconciliation et de développement, de même qu’il garantira une meilleure coordination des initiatives régionales et internationales, afin d’optimiser l’impact des actions entreprises au bénéfice des populations, a relevé la délégation marocaine.

Elle a en outre salué les progrès réalisés par les autorités nationales respectives et appelé toutes les parties à privilégier l’intérêt national suprême et le bien-être des populations. « Maintenir un dialogue régulier avec ces pays est essentiel pour comprendre leurs attentes et assurer un accompagnement adapté, en tenant compte de leurs spécificités politiques, économiques et sociales », a insisté la délégation.

Elle a aussi souligné que, fidèle à son engagement panafricain et aux principes fondateurs de l’UA, le Maroc réitère son attachement indéfectible à l’unité et à la souveraineté des États africains, ainsi qu’aux aspirations légitimes de leurs peuples à la paix, à la stabilité et au développement.

Face aux défis multiples et aux limites des approches purement sécuritaires, le Maroc insiste sur l’importance du Nexus paix, sécurité et développement, tel que recommandé dans la Déclaration de Tanger, adoptée par la Conférence de l’UA, a affirmé la délégation, précisant que cette approche vise à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité à travers des projets de développement concrets et adaptés aux réalités de chaque pays.

Elle a par ailleurs fait savoir que le Maroc demeure fermement attaché au principe de solidarité agissante envers les pays en transition, insistant sur l’impératif qu’ils ne se sentent pas abandonnés en cette période, mais qu’ils bénéficient d’un accompagnement multidimensionnel.

Cet accompagnement doit être fondé sur un appui sécuritaire, pour faire face aux défis de stabilité et lutter contre les menaces transnationales, un soutien socio-économique, afin de renforcer la résilience des populations et créer des opportunités, notamment pour la jeunesse, et une assistance humanitaire, pour protéger les populations vulnérables et garantir l’accès aux services essentiels, a-t-elle expliqué.

La délégation a en outre indiqué que le Maroc réaffirme sa confiance dans la capacité des autorités nationales et des forces vives de ces pays à consolider la cohésion nationale, à surmonter les défis actuels et à s’engager résolument sur une trajectoire durable de paix, de stabilité et de développement inclusif.

Le Royaume reste résolument engagé aux côtés des pays en transition politique et continuera à soutenir leurs efforts pour consolider la paix et le développement, a assuré la délégation.

« Nous sommes convaincus que, grâce à une approche collective, inclusive et solidaire, nous pourrons accompagner ces pays frères vers un avenir meilleur, marqué par la stabilité, la prospérité et leur pleine réintégration au sein de notre Union africaine », a-t-elle dit, réaffirmant l’engagement du Maroc à soutenir ces pays frères et à œuvrer pour une Afrique unie, stable et prospère.

CPS de l’UA : le Maroc lance un appel en faveur de la stabilité et de la paix au Soudan du Sud

L’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’UA et de la CEA-ONU, Mohamed Arrouchi, qui présidait une réunion par visioconférence du CPS sur la situation au Soudan du Sud, a réaffirmé que le soutien au peuple de ce pays doit rester ferme.

« La situation dans ce pays africain demeure fragile malgré les avancées réalisées. C’est pourquoi notre soutien au peuple du Soudan du Sud doit rester ferme. Nous devons continuer à accompagner les autorités sud-soudanaises dans la mise en œuvre complète de l’Accord revitalisé et à soutenir les efforts de consolidation de la paix, de réconciliation et de développement », a insisté le diplomate marocain.

Le Soudan du Sud se trouve à un moment critique où des décisions doivent être prises sur la voie d’une transition pacifique et d’une démocratie pérenne, a mis en avant le diplomate.

M. Arrouchi a réitéré qu' »ensemble, nous devons œuvrer pour que le Soudan du Sud retrouve la stabilité, la paix et la prospérité qu’il mérite ».

Le contexte actuel de tensions croissantes est particulièrement préoccupant, car il menace la pérennité de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud (R-ARCSS) et pourrait compromettre l’accord du cessez-le-feu en vigueur dans le pays depuis 2018, a mis en garde l’ambassadeur.

À l’heure où des observateurs redoutent que ces tensions dégénèrent au risque de replonger le pays dans une nouvelle guerre civile, le Conseil de paix et de sécurité doit veiller, en concert avec les autres acteurs régionaux et les parties prenantes concernées, à ce que tous les signataires de l’Accord continuent à faire preuve de responsabilité en privilégiant le dialogue pour résoudre leurs différends, a-t-il insisté.

Lors de la mission de terrain du CPS à Juba, en juin 2024, « nous avons pu constater les avancées significatives dans la mise en œuvre de l’Accord revitalisé (R-ARCSS), notamment dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et du redressement économique. Mais nous avons aussi constaté des lacunes dans les préparatifs du processus électoral et l’unification des forces pour former une armée nationale unifiée », a fait observer le diplomate marocain.

Dans ce sillage, la décision de repousser la date des élections pour une période de deux ans visait à donner au Soudan du Sud la possibilité d’achever les tâches pendantes pour faciliter l’organisation des élections en décembre 2026 et parachever la transition en février 2027, a ajouté M. Arrouchi.