À Maroc Telecom, une première AG peu ordinaire pour Mohamed Benchaâboun

Itissalat Al-Maghrib a tenu, ce jeudi 27 mars, sa première assemblée générale sous la présidence de Mohamed Benchaâboun. Une AG dite « ordinaire », mais précédée et suivie d’événements peu anodins.

Quelques heures avant cette AG, l’AMMC annonçait la suspension de la cotation de l’opérateur télécom à la Bourse de Casablanca, en prévision de la « diffusion d’informations importantes ». Toute la matinée, le marché a eu les yeux rivés sur le pourquoi de cette suspension.

La réponse est arrivée en milieu de journée avec une annonce historique : le rapprochement officiel entre IAM et Wana, qui s’apprêtent à créer une structure commune pour accélérer le déploiement de la fibre optique et de la 5G.

Par la même occasion, les deux acteurs concluront une transaction pour clore définitivement leur contentieux autour du dégroupage de la boucle locale. Après des années de guerre judiciaire, l’heure est aujourd’hui à l’apaisement.

Apaisement, innovation, développement… Ce jeudi 27 mars à partir de 11 h, face aux actionnaires, Mohamed Benchaâboun a mis l’accent sur ces trois mots d’ordre, comme pour dévoiler le nouvel esprit d’IAM. « Nous espérons que 2025 sera une année où le groupe va pouvoir entamer un tournant par rapport aux politiques qui ont prévalu jusqu’à présent », a-t-il déclaré aux actionnaires.

Il s’agit de « tourner une page », celle qui a été marquée par de lourdes tensions avec les concurrents. Des frictions qui ont coûté plus de 12 MMDH en amendes et dédommagements à l’opérateur historique, condamné pour abus de position dominante.

Le premier effet de cette accalmie est d’ordre financier : IAM, qui avait payé plus de six milliards de dirhams à Wana dans le cadre de leur litige, se verra restituer une partie de ce montant (2 MMDH) après la transaction. Selon nos sources, la signature de l’accord est prévue pour ce mardi 27 mars.

Dans le même sillage, une autre information majeure a été confirmée au cours de l’AG d’après nos informations: IAM est parvenue à une solution amiable concernant un litige l’opposant, au Mali, à une association de protection des consommateurs nommée Remacotem (Réseau malien des consommateurs de téléphonie mobile et TIC). Dans cette affaire, la justice malienne avait condamné IAM à indemniser son adversaire pour un montant dépassant les 2 MMDH, dont plus de 900 MDH à la charge de sa filiale Sotelma. Les termes de l’accord n’ont pas encore été communiqués par IAM.

Selon nos sources, Mohamed Benchaâboun a insisté sur la résolution de tous « les litiges qui ont prévalu jusqu’à présent » afin de « se concentrer davantage sur l’innovation et le développement dans un climat apaisé ».

Les défis sont de taille, notamment celui du lancement de la 5G. Le rapprochement entre IAM et Wana s’inscrit dans cette dynamique. Les deux entités créeront une joint-venture pour réussir ce projet commun. Si la signature de l’accord est imminente, son officialisation dépend du visa de l’Agence nationaledes télécommunications.

Quant à la mise en œuvre de la technologie, elle sera également déterminée par l’ANRT. Selon nos sources, IAM attend que cette institution communique sur les règles, le cahier des charges et les conditions régissant l’implémentation de la 5G. « Nous n’avons pas de nouvelles des conditions. Lorsqu’elles seront connues, nous pourrons discuter de notre stratégie », a précisé Benchaâboun, qui promet le meilleur service en matière de 5G et de qualité de service.

En plus de la 5G au sujet de laquelle une question a été posée, les actionnaires espéraient une réponse, en live, au sujet de la suspension. Le secrétaire de séance a évoqué des raisons « qui seront communiquées dans les prochaines heures », indiquant que l’accès à cette information sera fait pour tout le monde « sur un pied d’égalité ».

Au final, une AGO parfaitement ordinaire, hormis le contexte exceptionnel de l’annonce du rapprochement avec Wana. Pour la petite histoire, 14 résolutions ont été votées, et le dividende qui sera distribué a été confirmé à 1,43 DH par action.

https://medias24.com/2025/03/27/inwi-et-maroc-telecom-scellent-un-rapprochement-strategique-et-tournent-la-page-de-leur-bataille-judiciaire/

https://medias24.com/2025/03/27/accord-iam-inwi-un-big-bang-dans-les-telecoms-au-maroc/

Maroc Telecom : forte activité en Bourse dans un contexte de transition à la tête du groupe

Maroc Telecom s’est imposée comme la valeur la plus active à la Bourse de Casablanca lors de la séance du 25 février 2025. Le titre a ouvert à 108,1 DH, avant de clôturer à 109,5 DH, après avoir atteint un sommet à 112 DH et un creux à 108 DH.

L’intérêt des investisseurs s’est confirmé avec 1.068.844 titres échangés, pour un volume de 117,4 MDH, réparti sur 688 transactions. Soit le volume le plus important de la séance. Avec une capitalisation boursière de 96,3 MMDH, Maroc Telecom reste un acteur dynamique du marché.

Ce regain d’activité coïncide avec un changement majeur à la tête du groupe. Mohamed Benchaâboun succède à Abdeslam Ahizoune à la présidence du directoire de Maroc Telecom. Ce dernier a passé 27 ans à la tête de l’opérateur historique.

Le conseil de surveillance, réuni le mardi 25 février, a désigné Mohamed Benchaâboun pour un mandat de deux ans, jusqu’au 1ᵉ mars 2027.

Dès le matin de ce mercredi 26 février, le carnet d’ordres met en évidence un déséquilibre entre l’offre et la demande. À 10h30, 23.894 titres figuraient en demande, contre 14.575 proposés, signalant un intérêt acheteur plus marqué, mais une certaine retenue du côté des vendeurs.

Les ordres d’achat se sont concentrés autour de 119,1 DH à 119,2 DH, tandis que les vendeurs ont placé leurs offres à partir de 119,5 DH, ce qui a freiné les transactions immédiates.

À 119,2 DH, 7.345 titres ont été demandés, alors que l’offre s’est limitée à 935 titres à 119,5 DH.

Cette configuration montre que certains investisseurs cherchent à capter la dynamique haussière, tandis que d’autres ont préféré conserver leurs positions en prévision d’une nouvelle progression du titre.

CFG Bank maintient une recommandation d’achat

Dans une note publiée le 21 février 2025, CFG Bank a confirmé sa recommandation d’achat sur Maroc Telecom, avec un objectif de cours de 118 DH, soit un potentiel de hausse de 13,9% par rapport au cours de 104 DH observé avant l’annonce.

L’analyse a mis en avant la résilience des activités internationales, qui ont compensé le repli des revenus domestiques. En 2024, le chiffre d’affaires consolidé est resté stable (-0,2%), mais la croissance en Afrique (+1,8%) a soutenu la performance du groupe, notamment grâce à l’essor des services data et mobile money. Le développement de la fibre optique (+29%) a également atténué la baisse des revenus liés à l’ADSL et à la téléphonie mobile.

CFG Bank anticipe un retour à une rentabilité plus normative en 2025, avec une croissance modérée du chiffre d’affaires (+1,2%), une stabilisation des marges et une revalorisation du dividende. Après une forte réduction du DPS à 1,43 DH en 2024, conséquence directe du règlement de l’amende versée à Wana Corporate, CFG Bank prévoit un DPS à 4,88 DH en 2025, ce qui se traduirait par un rendement de 4,7%.

À moyen terme, le déploiement de la 5G pourrait constituer un nouveau levier de croissance pour Maroc Telecom. L’ANRT prévoit le lancement des licences dans les prochains mois, avec un objectif de 25% de couverture de la population d’ici 2026 et 70% d’ici 2030. Ces investissements devraient renforcer le positionnement du groupe face aux nouvelles attentes des consommateurs et à la transformation du secteur.

Les premiers signaux du marché indiquent que la nomination de Mohamed Benchaâboun et les perspectives de Maroc Telecom ont suscité un regain d’intérêt de la part des investisseurs. L’évolution du titre dans les prochains jours dépendra du comportement des investisseurs. 

À la CGEM, Benchaâboun explique comment le FM6I contribuera au renforcement du capital-investissement

Au Maroc, le capital-investissement a une marge de progression conséquente sur le front du financement des entreprises, notamment celui des PME. Cette donne a été étayée par Chakib Alj, président de la CGEM, lors de la rencontre organisée en partenariat avec l’AMIC, le mercredi 7 février dans les locaux  du patronat marocain, portant sur le capital-investissement comme levier de croissance des PME marocaines.

Des résultats encore en-deçà des attentes

« Le capital-investissement représente aujourd’hui un levier déterminant, notamment auprès des entreprises familiales, souhaitant marquer un tournant dans leur croissance ou préparer leur succession », a souligné le patron des patrons. « À titre indicatif, sur l’année 2022, 23 sociétés de gestion faisant partie de l’AMIC, via 46 fonds de sous-gestion, ont eu un impact sur 160 entreprises ».

Force est d’admettre que le nombre de 160 entreprises touchées en 2022 par les fonds précités demeure faible par rapport au stock d’entreprises existantes au Maroc. En clair, l’on relève l’apport significatif du capital-investissement dans la solidification des fondamentaux d’une centaine d’entreprises seulement, en termes de structure bilancielle et de gouvernance.

Chakib Alj a également indiqué qu’en 2022, les levées de fonds par les 46 sociétés de gestion se sont élevées à près de 1,2 MMDH, avec plus de 900 MDH d’investissements réalisés – portant le total des investissements cumulés depuis plus d’une quinzaine d’années, à près de 11, 4 MMDH .

« Ces chiffres encourageants restent bien loin des attentes. Il est possible de faire beaucoup plus », estime le président de la CGEM.

« Certes, ce n’est pas assez, mais je pense que c’est une réalisation importante puisqu’au cours de ces années, nous avons permis l’émergence de champions marocains tous secteurs confondus », rétorque Hatim Ben Ahmed, président de l’AMIC.

Pour consolider l’existant et faire évoluer le secteur, « l’activation imminente du Fonds Mohammed VI pour l’investissement représentera un tournant majeur dans le paysage du capital-investissement au Maroc », conviennent les participants.

Mohamed Benchaâboun, directeur général du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, était présent à l’évènement.

Un nouveau départ pour le capital-investissement

L’ancien argentier du Royaume a partagé la vision stratégique du fonds, tout en revenant sur les actions en cours pour l’activation des sous-fonds thématiques – avec la présélection de 17 sociétés de gestion de fonds thématiques et sectoriels –, ainsi que sur l’offre de dette subordonnée à court terme.

Il est utile de rappeler que la dette subordonnée permet de combler une insuffisance de financement lorsqu’une entreprise emprunteuse n’a pas assez d’actifs corporels à offrir en garantie ou est dans l’incapacité de maintenir des ratios financiers adéquats.

« L’industrie du capital-investissement est appelée à vivre une inflexion majeure, l’amenant à jouer un rôle moteur dans la croissance des entreprises marocaines et dans la relance de l’économie nationale », a souligné l’ancien ministre de l’Economie et des finances. « La promotion de l’investissement productif passe par le renforcement des entreprises dans un contexte de sous-capitalisation chronique, qui est à l’origine de l’essentiel des difficultés d’accès au financement ».

Benchaâboun est formel : « L’un des premiers objectifs du Fonds Mohammed VI a été de créer les conditions de l’émergence d’une industrie du capital-investissement robuste disposant des compétences humaines et des moyens financiers pour accompagner les entreprises qui veulent investir ».

Cette assertion de Mohamed Benchâaboun amène légitimement à espérer, à l’instar de Chakib Alj, que l’opérationnalisation imminente du FM6I constituera un tournant majeur pour le capital-investissement en tant que moteur de croissance des PME marocaines.

“L’industrie a créé 96.000 emplois nets depuis le début du mandat” (Ryad Mezzour)

Le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a déclaré que 96.345 emplois nets industriels ont été créés depuis le début du mandat du gouvernement. Il s’exprimait dans le cadre de la Journée nationale de l’industrie, co-organisée ce 29 mars par son département et la CGEM.

Il s’est dit confiant, selon les indices dont il dispose, sur le fait que dans le cadre de la promesse du gouvernement relative à la création globale d’un million d’emplois pendant son mandat, le département de l’Industrie atteindra son objectif annoncé de création de 400.000 emplois industriels.

Ryad Mezzour a révélé que 86% des exportations marocaines concernent des produits transformés, un chiffre qui dépasse selon lui ceux de pays dits industrialisés. Il s’est aussi félicité du chiffre de 370 milliards de dirhams d’exportations réalisé à fin 2022, en hausse de 31% par rapport à 2021, sachant que les exportations marocaines ont plus que doublé en moins de 10 ans.

La journée nationale de l’Industrie érigée en rendez-vous annuel

D’autre part, le ministre de l’Industrie et du commerce a salué le contenu de la lettre royale adressée aux participants à cette journée nationale de l’industrie, qui a appelé à faire de cette journée un rendez-vous annuel qui s’organise chaque fois dans une région différente.

« Cette journée nationale est née de l’idée d’installer un rendez-vous pour pouvoir faire le point, regarder les réalisations, se projeter vers l’avenir, voir ce que l’on a fait de bien, ce que l’on peut corriger et ce que l’on peut lancer comme chantier en réfléchissant ensemble », a déclaré Mezzour.

Une convention a été signée lors de cet événement pour fixer les modalités de partenariat entre le ministère de l’Industrie et du commerce et la CGEM, afin de reconduire l’organisation de cette journée chaque année.

Un appel aux investisseurs pour profiter des nouvelles opportunités

Ryad Mezzour a aussi rappelé l’appel royal à investir dans de nouveaux métiers à plus forte valeur ajoutée et à profiter des dispositions de la nouvelle Charte de l’investissement et du financement proposé par le Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Chakib Alj, président de la CGEM, co-organisatrice de cet événement, s’est aussi félicité de la lettre royale. « Nous sommes honorés par le message royal et fortement mobilisés pour la montée en gamme de notre industrie nationale. Nous sommes aussi parfaitement conscients du rôle que doit jouer le secteur privé et la responsabilité qui est la nôtre », a-t-il dit.

Il a également appelé à saisir les nouvelles opportunités, notamment dans l’agroalimentaire, où les taux de transformation des produits agricoles marocains sont encore faibles, les énergies renouvelables, qui présentent un grand potentiel inexploité en Afrique, et l’industrie pharmaceutique, qui devra profiter du chantier de la généralisation de la protection sociale avec des opportunités à l’export.

Pour sa part Mohammed Benchaâboun, directeur général du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, a annoncé qu’un appel à manifestation d’intérêt sera prochainement lancé pour la gestion des sous-fonds qui seront dépendants du Fonds Mohammed VI pour l’investissement

Deux nominations diplomatiques à Paris et Bruxelles avec le Sahara en toile de fond

Après plusieurs mois de quasi-vacance du pouvoir au sein des représentations diplomatiques du Maroc en France et à l’Union européenne, le ministre sortant des Finances et le désormais ex-ambassadeur du Maroc en Afrique du Sud ont été nommés, dimanche 17 octobre en Conseil des ministres, à la tête de la diplomatie marocaine ; d’une part en France, et d’autre part pour l’Union européenne.

Ainsi, Mohamed Benchaâboun remplace l’ambassadeur Chakib Benmoussa, désormais ministre de l’Éducation nationale, qui avait dû s’éloigner de son poste parisien après avoir été désigné, fin 2019, président de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) ; tandis que Youssef Amrani succède à Ahmed Rahhou, nommé en mars dernier au Conseil de la concurrence.

Sachant que le commerce extérieur du Maroc avec l’Union européenne ne représente pas moins de 60% de ses échanges mondiaux, un expert des affaires diplomatiques du pays nous confie que, sur le plan économique et géostratégique, ces désignations sont extrêmement sensibles et déterminantes.

Mohamed Benchaâboun, un expert pour renforcer les relations économiques

Sur la nomination de l’ancien banquier – devenu ministre des Finances – au poste de diplomate, notre interlocuteur, qui l’a côtoyé, affirme que ce technicien bénéficie d’une très grande expérience dans le management, qui lui sera utile pour développer les relations économiques franco-marocaines.

« Sachant qu’il a étudié en France et qu’il a multiplié de nombreux contacts français de très haut niveau quand il était ministre des Finances, sa mission devrait bien se dérouler, d’autant qu’il est ami avec son prédécesseur, Chakib Benmoussa, qui lui facilitera la tâche pour les dossiers en cours. »

« Bien qu’il soit avant toute chose un expert des finances, il a aujourd’hui acquis suffisamment de maturité pour s’attaquer à des dossiers internationaux qui engagent notre diplomatie », résume notre spécialiste.

2022, une année charnière pour accompagner la refonte de la politique étrangère de la France

« En effet, la France est à la croisée des chemins, à la fois sur le plan intérieur avec des élections présidentielles (prévues en mai 2022) qui pourraient amener l’extrême droite au pouvoir, mais aussi sur le plan international, avec un affaiblissement de son poids auprès de plusieurs pays africains qui lui préfèrent la Russie ou la Chine », poursuit-il.

« Il va donc y avoir une refonte de sa politique extérieure, et 2022 sera une année charnière où le nouvel ambassadeur aura fort à faire, aussi bien avec la forte communauté marocaine qu’avec les intérêts économiques qui lient nos deux pays, qu’il faudra réorienter à l’échelle internationale. »

« S’il faudra au nouvel ambassadeur quelques mois avant de donner sa pleine mesure, son principal défi sera de réorienter le partenariat franco-marocain vers d’autres horizons africains où la France est en perte de vitesse, mais aussi à terme de la pousser à reconnaître définitivement la marocanité du Sahara. »

« La baisse de l’attribution des visas, un épiphénomène qui sera rapidement dépassé »

A la question de savoir si le récent refroidissement des relations franco-marocaines, après l’annonce d’une baisse de 50% de l’attribution des visas français, n’allait pas lui compliquer la tâche, notre expert se veut optimiste, affirmant qu’il ne s’agit que d’un épiphénomène qui finira par s’autoréguler.

« Au regard des très fortes tensions actuelles entre l’Algérie et la France, le Maroc se devait de nommer un ambassadeur comme Benchaâboun qui possède un profil serein et apaisant pour dépasser cette petite crise. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le calme dont il a fait preuve lorsqu’il a dû gérer la pandémie du Covid-19 », souligne notre expert averti.

Youssef Amrani, le meilleur candidat pour représenter le Maroc à l’UE

Visiblement ravi de la nomination de Youssef Amrani à la tête de l’ambassade du Maroc à l’Union européenne, notre interlocuteur affirme qu’il aurait été impossible de trouver meilleur candidat.

« Ayant été secrétaire général de l’Union pour la méditerranée (UPM), qui regroupe 42 pays dont plusieurs européens comme la France, l’Italie et l’Espagne, il possède de très nombreux contacts au sein de l’UE. »

« Sachant que l’UPM a son siège à Barcelone et qu’il a été consul du Maroc dans cette ville, il connaît donc parfaitement le milieu diplomatique européen et les personnalités qui comptent vraiment. De plus, il a acquis une grande expérience intramuros au Maroc, mais aussi extramuros à l’étranger. En effet, il a été successivement consul, ambassadeur, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, ministre délégué et enfin conseiller royal au palais pour les affaires diplomatiques », poursuit l’expert.

Au niveau extérieur, il a été à la tête, durant trois ans, de l’ambassade du Maroc en Colombie, en pleine guerre civile, avant d’être nommé au Chili et au Mexique, soit trois grandes capitales en Amérique latine.

« Ayant étudié à Boston, sa formation et son expérience professionnelle ont fait de lui un polyglotte qui parle parfaitement quatre langues : l’arabe, l’anglais, l’espagnol et le français », confie notre interlocuteur.

Il reconnaît cependant que Amrani rejoindra Bruxelles dans un contexte tendu, la Cour de justice européenne ayant récemment annulé les accords de pêche et d’agriculture au Sahara marocain.

« L’homme de la situation pour plaider le dossier du Sahara à l’UE »

« Lors de sa dernière affectation à Pretoria, qui est avec Alger le principal adversaire de l’intégrité territoriale du Royaume, il a beaucoup communiqué pour démontrer la justesse de la cause nationale. « Sachant qu’avec la procédure d’appel en cours, ces arrêts ne sont pas définitifs et que le nouvel ambassadeur connaît parfaitement les arcanes de l’UE et le dossier du Sahara, il va suivre de très près ces questions, et il y a donc lieu de demeurer optimiste », résume l’expert.

D’après lui, Youssef Amrani a d’ailleurs été choisi pour s’inscrire dans la nouvelle dynamique qui a suivi la reconnaissance américaine de l’intégrité territoriale du Maroc.

« A terme, pour renforcer nos relations économiques avec les 27, il devra faire en sorte de clore le dossier du Sahara marocain pour qu’il n’y ait plus d’entraves au développement commercial avec l’UE. »

« De par son statut avancé avec l’UE, le Maroc possède en effet tous les atouts pour développer des relations commerciales très fortes dans l’agriculture, la pêche et, de plus en plus, dans l’industrie avec l’automobile. »

Des nominations cruciales en attendant la fin de la crise avec l’Allemagne et l’Espagne

« N’ayant plus d’ambassadeur présent en Allemagne et en Espagne depuis plusieurs mois, le Maroc se devait de nommer de nouveaux ambassadeurs en France et à l’Union européenne, qui participeront à la réconciliation avec le voisin ibérique et celui de l’Hexagone.

« Le parachèvement de l’intégrité territoriale, qui permettra de renforcer les relations économiques avec l’UE, sera donc le cheval de bataille de ces deux diplomates », conclut notre expert.

Selon lui, il faudra attendre le changement de gouvernement en Allemagne et la fin des négociations avec le voisin espagnol pour assister au retour des ambassadeurs marocains dans ces deux pays européens.

Benchaaboun invite le FMI à mettre en place des initiatives dédiées aux pays à revenu intermédiaire

En marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui se sont déroulées virtuellement, du 9 au 11 avril 2021, Mohamed Benchaaboun, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, et Abdellatif Jouahri, Gouverneur de Bank Al-Maghrib ont tenu, le vendredi 16 avril 2021, une réunion virtuelle avec Kristalina Georgieva, Directrice Générale du FMI.

Lors de cette réunion, Mohamed Benchaaboun a présenté les principales mesures de riposte adoptées par le Maroc, à travers notamment la mise en place du Fonds Covid-19. Il a également exposé les chantiers prioritaires de réformes engagés par le Maroc, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi, en particulier le plan de relance post-Covid, la réforme du secteur public et le programme de généralisation de la protection sociale, annonce un communiqué du ministère de l’économie et des finances.

Il a par ailleurs, a invité le FMI, de par son positionnement de référence au sein de l’architecture financière mondiale, à mettre en place des initiatives dédiées aux pays à revenu intermédiaire, dont le Maroc, afin de répondre à leurs besoins spécifiques dans le contexte de la crise actuelle.

Pour sa part, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib, a salué le travail accompli par le FMI durant cette période de crise et l’a remercié pour l’appui technique et financier apporté au Maroc notamment à travers la LPL.

Abdellatif Jouahri a, par ailleurs, mis en relief les engagements du Maroc et les progrès réalisés dans d’autres secteurs prioritaires notamment la finance verte, les Partenariats public-privé, l’inclusion financière et la digitalisation.

De son côté, la Directrice Générale du FMI a félicité notre pays pour les progrès réalisés en matière de vaccination ainsi que sa stratégie anticipative d’atténuation des effets de la crise sanitaire et de relance économique.

Elle a souligné l’engagement du FMI et de la communauté financière internationale à soutenir les pays en développement dans leurs efforts pour accélérer la reprise et la transformation économique et renforcer la résilience aux chocs futurs. Elle a appelé notre pays, à cet égard, à poursuivre ses programmes de réformes et tirer profit des nouvelles opportunités qui se présentent notamment dans les domaines climatiques et de digitalisation.

Au terme de cette réunion, les deux parties ont réaffirmé leur engagement et leur volonté commune pour renforcer davantage les relations de coopération entre le Maroc et le FMI et pour réussir l’organisation des Assemblées annuelles de la BM et du FMI, prévues à Marrakech, en octobre 2022.

Lire aussi : 

Benchaâboun invite la Banque mondiale à renforcer son appui au Maroc

Protection sociale : Voici les objectifs des conventions signées devant le Roi

Trois conventions-cadres, marquant le démarrage de la mise en oeuvre du chantier de la généralisation de la protection sociale, ont été signées devant le Roi Mohammed VI ce mercredi 14 avril, au palais royal de Fès.

Elles portent sur la généralisation de l’assurance maladie obligatoire de base, au profit des commerçants, artisans, professionnels et prestataires indépendants, soumis au régime de contribution professionnelle unique, au régime de l’auto-entrepreneur ou au régime de la comptabilité, des artisans et professionnels de l’artisanat et des agriculteurs.

2,9 millions de bénéficiaires

2,9 millions de professionnels sont concernés, par ces conventions-cadres. Celles-ci ne contiennent pas les aspects techniques de l’intégration de ces professions au régime AMO, comme nous l’expliquent plusieurs parties prenantes.

Il s’agit plutôt d’une déclinaison sectorielle de la loi-cadre sur la protection sociale pour définir les responsabilités de chaque partie, fixer les échéanciers et engager les parties prenantes à respecter les délais.

« Les conventions contenaient les principes du chantier et des références aux textes de lois qui doivent être mis à jour pour être conformes aux objectifs qui ont été tracés par l’initiative royale. Les textes et les étapes qu’il faut respecter » nous explique, Mohamed Ammouri, Président de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (Comader).

« Le rôle de notre fédération est de sensibiliser les agriculteurs pour adhérer au système, pour qu’eux et leurs familles, soient couverts et profitent de cette protection, où l’Etat participe avec une part importante de financement », ajoute-t-il.

« Les détails techniques sont en cours de finalisation, avec le ministère de l’Agriculture qui a fait le recensement de la population rurale des producteurs. Il a défini une assiette, sa structuration, les revenus… Ce travail a été présenté à la Comader et aux différentes interprofessions qui prennent le relais, en expliquant le chantier aux populations-cible, le mécanisme de contribution de chacun, au prorata de son revenu, dans le cadre d’une mutualité,…  » avance le président de la Comader.

Les engagements de l’Etat

En effet, les conventions-cadres ont consigné les engagements de chaque partie signataire, l’Etat d’un côté, représenté par les différents ministères signataires et les représentants des professions bénéficiaires de l’AMO.

L’Etat s’engage à « mettre en place les mécanismes nécessaires, à l’application effective de l’assurance maladie obligatoire de base pour les bénéficiaires » et à « prendre toutes les mesures d’ordre législatif et institutionnel « , permettant l’aboutissement du chantier.

Il s’engage aussi à « développer les aspects administratifs ainsi que ceux liés à la gouvernance de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, pour accompagner la généralisation de l’AMO » et à « réformer et améliorer le système national de santé, pour fournir des services de santé de qualité aux assurés et à leurs familles ».

Il est, également, question de l’engagement de l’Etat à « fournir des services et un panier de soins similaires, à ceux dont bénéficient les salariés du secteur privé, dans le cadre de l’assurance maladie obligatoire de base ».

Sur l’aspect financier, l’Etat s’engage à « mettre en place les mécanismes nécessaires pour assurer, le transfert des sommes encaissées, au titre des droits complémentaires prévues par la loi de finances pour l’année 2021 ».

Enfin, l’Etat s’engage à « mener des actions de sensibilisation aux niveaux national, régional et local visant à expliquer, tous les aspects liés au système d’assurance maladie obligatoire de base » et à « soutenir les initiatives des fédérations, des  coordinations visant à sensibiliser et accompagner les bénéficiaires, pour souscrire au régime de l’AMO ».

Les engagements des fédérations signataires

Plusieurs représentations professionnelle ont signé les conventions-cadres. Il s’agit de la CGEM, de la Fédération des Chambres de Commerce, de l’Industrie et de services, de la Fédération des Chambres d’artisanat, de la Fédération des Chambres d’Agriculture et de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural.

Celles-ci s’engagent à appliquer le contenu desdites conventions, en encourageant les bénéficiaires à adhérer au régime.

Elles s’engagent à « fournir le soutien logistique, nécessaire afin d’accompagner les bénéficiaires, dans l’opération d’inscription au régime » et à « prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter ce processus ».

Elles doivent également « organiser des campagnes de sensibilisation et de communication, pour expliquer le nouveau régime et ses mécanismes, aux niveaux national, régional et local et organiser des sessions de formation, au profit des bénéficiaires ».

>>Lire aussi :

Protection sociale : Les préalables de la réforme expliqués par Benchaaboun

Généralisation de la protection sociale : un coût annuel de 51 milliards de DH

AMO des indépendants : l’immatriculation des personnes soumises au CPU démarre bientôt

Réforme de la protection sociale : La CNSS prépare la refonte de son arsenal juridique

Tourisme : Le ministre des finances va prolonger l’indemnité CNSS jusqu’à mars 2021

Sachant que le secteur du tourisme est toujours à l’arrêt à cause de la pandémie du Covid 19, Abdellatif Kabbaj qui préside la Confédération nationale du tourisme a profité d’une rencontre à distance avec la CGEM et le ministre des Finances pour savoir si ce dernier comptait approfondir les mesures d’aide aux opérateurs et les prolonger jusqu’à la fin du 1er semestre 2021.

S’il n’a donné aucun détail, Mohamed Benchaâboun a semblé sensible à la demande d’avenant du président de la CNT pour sauvegarder à la fois les entreprises et les emplois du secteur en crise.

Dans sa réponse, il a déclaré à son interlocuteur que s’il n’avait pas eu connaissance des discussions de la CNT avec la ministre de tutelle, Nadia Fettah, le CVE (comité de veille économique) avait bien l’intention de continuer à accompagner les opérateurs sinistrés, avec les conditions actuelles du contrat programme, jusqu’à la fin du 1er trimestre 2021

En d’autres termes, l’indemnité CNSS d’un montant de 2.000 dirhams versée depuis le mois de mars aux salariés du tourisme continuera à être distribuée jusqu’à fin mars.

A ce propos, un document de la CNSS, rendu public le 2 décembre dernier, a montré que 50.000 salariés du secteur touristique avaient bénéficié, en date du 10 novembre, du versement de cette allocation pour un montant total de 372 millions de dirhams.

Tout en qualifiant cette prolongation de bonne nouvelle, il s’est dit disposé à examiner les autres mesures de soutien proposées par les professionnels afin d’être prêt à la reprise le moment venu.

En direct. Benchaâboun présente le projet de loi de finances rectificative

Le projet de loi de finances rectificative a été publié aujourd’hui sur le site web du ministère, après son adoption la veille en conseil de gouvernement et son examen un jour plus tôt en conseil des ministres.

Le texte a revu les hypothèses macroéconomiques et les prévisions budgétaires, et contient les premières mesures de soutien à la relance économique après la crise du Covid-19.

>>Lire aussi :

Voici le projet de loi de finances rectificative pour l’année 2020

Voici les mesures fiscales du projet de loi de finances rectificative

Le droit de douane passera à 40% sur les produits finis de consommation hors ALE

L’investissement public baisse de 18 milliards de DH dans le PLFR 2020

Ce que Benchaâboun a voulu dire par la reprise des activités après l’Aid

Ce n’était pas un appel pour que les entreprises qui font du télétravail rouvrent leurs locaux et accueillent de nouveau leurs employés. « Pour le ministre, le télétravail c’est du travail, il n’y a pas de différence », assure une source autorisée au ministère des Finances.

Les entreprises qui font du télétravail sont donc considérées comme déjà opérationnelles et doivent donc continuer à respecter le confinement et l’état d’urgence sanitaire qui ont été prolongés jusqu’au 10 juin.

Les opérateurs économiques dont a parlé le ministre sont tous ceux qui ne sont pas interdits d’exercer par une décision administrative (les activités interdites sont l’hôtellerie, restauration, cafés, lieux de rassemblements divers…) et qui ont la capacité de reprendre leurs activités pour contribuer au redémarrage de l’économie et faciliter la tâche au gouvernement qui prépare un plan de relance. Bien entendu, dans le respect des mesures sanitaires qui s’imposent.

Pour rappel, 134.000 entreprises ont déclaré 950.000 employés en arrêt temporaire d’activité en avril.

Voici une traduction de la déclaration du ministre sur le redémarrage des entreprises, prononcée ce mardi 19 mai devant les membres de la Chambre des Conseillers:

« Je saisis cette occasion pour demander aux patrons d’entreprises de continuer à respecter strictement les mesures de précaution pour garantir la sécurité des employés et des collaborateurs.

« Et j’invite tous les opérateurs économiques à reprendre les activités de leurs entreprises après l’Aid, à l’exception de celles qui ont été suspendues sur décisions administratives des autorités compétentes.

« Je leur demande davantage de mobilisation et d’adhésion pour garantir un contexte favorable à l’élaboration d’un plan de relance de l’économie nationale dont nous préparons les leviers dans le cadre d’un projet de loi de finances rectificative ».

>>Lire aussi : Benchaâboun: « Le Maroc perd 1 milliard de DH pour chaque jour de confinement »

PLF 2020: ce qu’a dit Mohamed Benchaâboun

Le PLF 2020 est marqué par le démarrage de la mise en oeuvre des recommandations des Assises de la fiscalité : baisse de l’IS pour l’industrie (elle va se poursuivre les prochaines années), réduction des taux dérogatoires, harmonisation de la TVA et de la fiscalité liée à l’export… Le projet de loi-cadre sur la fiscalité a été transmis au SGG. L’objectif est de le faire adopter au cours de l’actuelle session parlementaire.

Le PLF 2020 est également marqué par trois amnisties visant à rétablir la confiance et ramener le cash vers le système bancaire. Pour ce qui est des avoirs détenus à l’étranger, l’amnistie de 2020 interviendra avant l’entrée en vigueur, en 2021, de la convention d’échange automatique des données de l’OCDE qui permettra au Maroc de disposer de tous les renseignements sur le patrimoine des Marocains à l’étranger.

Du reste, le projet de budget vise à poursuivre les réformes structurelles et l’appui aux secteurs sociaux, tout en maintenant un effort d’investissement public élevé.

Le budget prévoit 18 milliards de DH pour la réduction des disparités

– 7,4 MMDH pour le programme royal de lutte contre les disparités sociales et territoriales dans le monde rural,

– 2,2 MMDH pour l’INDH,

– 1,85 MMDH pour Tayssir, 

– 1,8 MMDH pour les bourses dans l’enseignement supérieur,

– 1,7 MMDH pour le Ramed,

– 1,47 MMDH pour les cantines scolaires et internats,

– 630 MDH pour l’aide directe aux veuves,

– 305 MDH pour l’initiative 1 million de cartables,

– 206 MDH pour l’aide aux personnes en situation de handicap.

L’investissement au titre du budget général de l’Etat, s’élève à 73,3 MMDH, en hausse de 4,8 MMDH. Cette hausse va notamment à:

– 2 MMDH pour le financement de nouveaux projets (CHU Laâyoune, Port de Dakhla…),

– 1 MMDH de plus dans les transferts aux régions.

– 1 MMDH pour le fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat.

– 450 MDH de plus pour le financement du programme de la 3ème phase de l’INDH.

91 MMDH seront consacrés à deux secteurs sociaux prioritaires: l’Education (72,4 MMDH) pour mettre en oeuvre la loi-cadre adoptée en août dernier, et au secteur de la santé (18,6 MMDH).

Par ailleurs, plus de 43.000 postes budgétaires seront créés dont 15.000 au niveau des académies régionales d’éducation.

Et pour éviter un dérapage du déficit budgétaire, prévu à 3,5% (le même qu’en 2019 après l’intégration du coût du dialogue social de 5,3 MMDH), les privatisations se poursuivront (3 MMDH) en plus du recours à des mécanismes de financement innovants (12 MMDH).

Des précisions au sujet des privatisations

Les privatisations rapporteront en fait 6 MMDH dont la moitié ira au budget et l’autre moitié au Fonds Hassan II.

Connaît-on la liste des prochaines privatisables? Non, répond Benchaâboun. « Nous déterminons un objectif budgétaire et l’entreprise ou les entreprises privatisables sont choisis au cours de l’exercice, en fonction du contexte ».

Qu’en est-il de la Mamounia et de la centrale Tahaddart? Toutes deux sont en effet filiales d’établissements publics. S’agit-il réellement d’une privatisation? Ou bien le produit de la cession doit-il aller à la maison mère?

« Dès lors que ces entreprises sont inscrites sur la liste des privatisables par la loi, cela signifie que le produit de la cession ira pour moitié au budget général de l’Etat et pour moitié au Fonds Hassan II », tranche Benchaâboun. La seule exception prévue par la loi, ce sont les filiales de la CDG. En effet, la CDG gère l’argent des retraites et toute cession doit être faite au profit exclusif de la CDG. En cas de cession de la SCR, les fonds iraient donc à la CDG.

Titrisation confirmée pour le port de Safi

Pour ce qui concerne les mécanismes innovants de financement, il s’agit a expliqué Mohamed Benchaâboun, des PPP (partenariat public-privé) et de la titrisation de biens appartenant à l’Etat, tels que les infrastructures.

Pour le premier point, il est apparu que la loi sur les PPP doit être améliorée. C’est pourquoi Benchaâboun a présenté lundi soir au parlement, le projet de loi de réforme des PPP. Le ministre espère une adoption avant la fin de l’année. Le projet de loi avait été déposé au parlement le 8 aout 2019.

En attendant donc cette réforme des PPP, le seul partenariat possible se fera avec le secteur public. En d’autres termes, les entités publiques pourraient être sollicitées pour financer des investissements déjà projetés dans la Loi de Finances 2019, permettant au budget général d’économiser l’équivalent.

En 2020, le mécanisme des PPP, donc avec le privé, sera sollicité pour d’autres investissements.

Au final, l’effort d’investissement sera en partie pris en charge par le privé.

Le second point est celui des titrisations. Comme Médias24 l’avait révélé, nous avons obtenu confirmation ce mardi, par les responsables du ministère des Finances dont le ministre Benchaâboun, de l’existence de l’option titrisation comme nouveau mécanisme de financement du Trésor. Pour boucler le budget avec 3,5% de déficit seulement, il y aura au moins une opération de titrisation, celle du port de Safi. Et au moins une opération de partenariat sur un ou des investissements déjà inscrits dans le budget 2019. L’Etat aura recours, dans les deux cas, à une institution publique de premier plan comme partenaire.

La titrisation cette année concernera un seul port. En 2020, la titrisation d’un aéroport n’est pas exclue.

PLF 2020 : voici la note de présentation (document)

Le PLF 2020 est clairement orienté vers le rétablissement de la confiance et l’appui social. Il contient trois mesures phares dont deux amnisties pour ramener le cash vers le système bancaire et une opération de régularisation fiscale volontaire pour les entreprises. Ceci en plus d’un réaménagement du barème de l’IS et de la baisse de la cotisation minimale.

Il s’agit toutefois d’un budget difficile à boucler compte tenu du coût du dialogue social, du soutien au pouvoir d’achat et de la poursuite de la mise en oeuvre de la régionalisation avancée, en plus de la poursuite des principales réformes entamées dans les différents secteurs. D’ailleurs, le gouvernement prévoit de réaliser 3 milliards de DH de recettes de privatisation en 2020 pour boucler le budget avec un déficit pas trop loin de l’objectif à moyen terme de 3% du PIB.

Voici la note de présentation du PLF 2020 qui contient les principales données et orientations de la prochaine année budgétaire.

>>Lire aussi: 

Les 5 hypothèses qui ont servi de base au PLF 2020

Le PLF 2020 dans l’attente des derniers arbitrages

PLF 2020: voici les orientations présentées en Conseil des ministres