Emploi. La DGAPR va recruter 700 assistants-surveillants

Ces deux concours auront lieu le 6 juillet prochain à Rabat (500 postes) et à Marrakech (200) pour renforcer les effectifs de la DGAPR dans l’ensemble des établissements pénitentiaires.

Les candidats admissibles doivent être âgés de 21 à 30 ans, être titulaires du baccalauréat et répondre aux exigences demandées pour ce genre de postes. Seront priorisés ceux des candidats qui ont passé leur service militaire ou qui justifient de compétences techniques (arts martiaux par exemple).

Les candidats présélectionnés seront soumis à des examens écrits, des épreuves sportives (dont le 1.200 mètres haies), un examen oral et/ou pratique.

Ce recrutement serait-il lié à la prochaine entrée en vigueur de la loi sur les peines alternatives avec un rôle de premier plan pour la DGAPR ?

« Il s’agit d’un recrutement normal, comme la DGAPR en organise chaque année », nous répond une source à l’administration pénitentiaire.

Dans la loi des finances de 2025, cette administration a eu droit à 1.000 postes budgétaires.

Application des peines alternatives : quel rôle pour la CDG ?

Le mercredi 20 novembre, Aziz Akhannouch a présidé une première réunion dédiée à la discussion des mécanismes de mise en œuvre de la loi sur les peines alternatives. Outre Mohamed Salah Tamek, patron de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), cette réunion a connu la participation du directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), Khalid Safir.

Un communiqué du département du chef du gouvernement indique qu’un « comité de pilotage et des commissions thématiques » seront mis en place prochainement. Ces entités auront la charge d’étudier « les problèmes techniques et pratiques liés à cet ambitieux chantier, avec la perspective d’élaborer les décrets organiques relatifs auxdites peines, dans un délai n’excédant pas cinq mois, dans le plein respect de l’entrée en vigueur stipulée dans la loi susmentionnée ».

La même source évoque aussi « la définition du cadre général de la convention qui réunira la CDG et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, et qui portera notamment sur le suivi de la mise en œuvre des peines alternatives, aux niveaux central ou local », sans fournir plus de détails. Quel sera alors le rôle exact de la CDG?

De la technicité et des financements

Joint par Médias24, le ministre de la Justice nous apporte un début de réponse. « C’est cette institution qui dispose des moyens financiers et de la technicité pour faire aboutir plusieurs aspects de ce chantier », explique Abdellatif Ouahbi.

« Qui d’après vous est habilité, techniquement et financièrement, à négocier par exemple l’acquisition de la plateforme nécessaire pour gérer les bracelets électroniques et qui pourrait coûter plusieurs milliards (en centimes, ndlr)? », s’interroge le responsable gouvernemental.

Selon nos sources, les contours de la collaboration entre la DGAPR et la CDG seront arrêtés prochainement à travers une convention.

De toutes les manières, le temps presse pour tous les intervenants, étant donné que la loi sur les peines alternatives doit entrer en vigueur dans une année après sa publication au Bulletin officiel (22 août 2024).

La complainte de Tamek

L’intervention de la CDG dans ce dossier semble la réponse adéquate trouvée par l’Etat pour faire face aux écueils qui pourraient entraver la mise en place des peines alternatives.

Au début de ce mois de novembre, Mohamed Salah Tamek avait d’ailleurs fait part de ses doutes concernant le devenir de ce chantier. Devant les parlementaires, à l’occasion de la présentation du budget de son administration, il avait affirmé que pour que la DGAPR supervise l’exécution des peines alternatives (puisque telle est sa mission selon la loi), il lui faudrait quelque 4.000 fonctionnaires supplémentaires dotés de conséquents moyens financiers et logistiques dont les moyens de mobilité.

Peines alternatives : les réserves de Mohamed Salah Tamek

L’option des peines alternatives serait-elle vouée à l’oubli, tout simplement ? Mohamed Salah Tamek ne va pas aussi loin dans son argumentaire, mais émet de sérieux doutes quant à leur application, du moins dans un avenir proche.

Le 1er novembre, devant les députés membres de la Commission de la justice et de la législation à la Chambre des représentants, en présence du secrétaire d’Etat Lahcen Saâdi, le patron de la DGAPR a déclaré que l’application des peines alternatives était impossible actuellement.

Selon ce dernier, cette application nécessite la mobilisation de moyens financiers, logistiques et humains conséquents. Moyens dont la DGAPR ne dispose pas.

Mohamed Salah Tamek a déclaré qu’en ce qui concerne son administration, il lui faudra embaucher 4.000 nouveaux fonctionnaires (le PLF 2025 octroie à la DGAPR 1.000 nouveaux postes budgétaires) ayant acquis une formation en la matière et disposant de moyens logistiques et financiers pour s’acquitter de leur mission, qui consiste en l’exécution et le suivi des peines alternatives.

Car le législateur a été on ne peut plus clair. Selon les amendements introduits au Code pénal (Article 647-1), il revient à la DGAPR d’assurer l’exécution et le suivi des peines alternatives. Les contours des missions de la DGAPR devraient être fixés par voie réglementaire (décrets d’application).

Le patron de la DGAPR a évoqué un autre problème d’ordre organisationnel : la nécessité de créer au sein de cette administration une nouvelle direction centrale dédiée aux peines alternatives.

En attendant une éventuelle solution miracle, il a conseillé aux autorités gouvernementales de réfléchir à des alternatives aux peines alternatives pour remédier aux problèmes de la surpopulation carcérale qui a atteint quelque 1o5.000 prisonniers à fin octobre 2024.

Au-delà de la question des moyens financiers et humains, Mohamed Salah Tamek a aussi émis des doutes sur la relation entre l’application des peines alternatives et la diminution de la population carcérale. Pour souligner qu’il n’y en a pas, comme l’attestent les expériences de plusieurs pays à l’instar de la Pologne, la France, la Turquie et les Etats-Unis. Et de conclure, au-delà d’appeler à approfondir la réflexion autour d’autres solutions, qu’il faudra construire davantage de prisons dans les années à venir.

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Prisons. La population carcérale a atteint 105.000 détenus à fin octobre 2024

Ces nouvelles statistiques ont été révélées, ce vendredi 1er novembre, lors de la présentation du budget sectoriel pour l’année 2025 de la Délégation générale de l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) au Parlement devant les membres de la Commission de la justice.

Selon Mohamed Salah Tamek, patron de la DGAPR, ce chiffre de 105.000 prisonniers dépasse celui de la même période en 2023 et qui était de 103.303 détenus.

La population carcérale, selon le même responsable, a augmenté de deux tiers lors des 15 dernières années.

La DGAPR compte sur plusieurs mesures pour atténuer cette population carcérale et notamment la nouvelle législation sur les peines alternatives.