Cession de l’Hôtel Avanti de Mohammédia : qui étaient les trois prétendants ?
L’hôtel Avanti a un nouveau propriétaire. Le 11 juillet 2025, une ordonnance du juge-commissaire chargé de la liquidation de la Samir et des biens de ses dirigeants a acté la vente de l’établissement au profit de la société Remax Immo, entité dirigée par Abdeljabbar Bouayad.
La cession s’inscrit dans la procédure d’extension de la liquidation judiciaire de la raffinerie à certaines de ses filiales, dont la Société Hôtelière Samir. Il ne s’agit donc pas, comme il a parfois été avancé, d’une vente en lot des actifs du raffineur, mais d’une opération distincte de la cession globale visant la Samir, qui attend toujours un repreneur.
Selon nos informations, Remax Immo a été sélectionnée au terme d’une procédure marquée par la présence de trois candidats. Le prix de rachat retenu avoisinerait 170 millions de dirhams, hors frais d’enregistrement, soit légèrement au-dessus de la mise à prix initiale, fixée à 165 MDH.
Deux autres investisseurs figuraient parmi les concurrents. Le premier est un tandem formé par le groupe Mfadel, acteur majeur de l’immobilier, et Accor, enseigne hôtelière mondiale. Le duo avait soumis une offre autour des 168 MDH, assortie de toutes les garanties requises, y compris le maintien de l’emploi. Mfadel et Accor sont déjà partenaires dans deux hôtels situés à Mohammédia (un Ibis et un Novotel).
Le second candidat est la société Abdelali Hiba Negoce, un acteur discret opérant notamment dans la promotion immobilière. Selon nos sources, cette société a soumis une offre financière de 200 MDH, soit la plus élevée des trois propositions, chèque à l’appui.
L’opération a donné lieu à l’ouverture d’un dossier judiciaire et à plusieurs audiences, conclues par l’ordonnance du 11 juillet. À ce stade, l’absence de recul sur les critères exacts de sélection ne permet pas d’expliquer le choix du tribunal.
Remax Immo est dirigée par Abdeljabbar Bouayad, entrepreneur connu pour ses activités commerciales, notamment à travers les enseignes Sportflex (distributeur des marques Skechers, Timberland ou Vans). Il s’était déjà positionné sur cet actif hôtelier en février 2024, mais via une autre société qu’il détient : Al Wifaq Development. À l’époque, il avait formulé une offre supérieure à celle d’Aylise Fedala, société liée à la famille Aït Menna, qui avait pourtant été retenue. Cette première vente avait ensuite été annulée, l’adjudicataire s’étant rétracté.
Remax Immo, créée en 2005, est une société de promotion immobilière. À noter qu’elle n’a aucun lien avec Re/Max (Real Estate Maximum), le réseau international de franchises immobilières également présent au Maroc.
Mohammédia : 42,8 MDH pour reverdir trois boulevards majeurs
La Société de développement local (SDL) Casa Aménagement s’apprête à lancer les travaux d’aménagement paysager des voiries de plusieurs artères principales de la ville de Mohammédia, pour un montant estimé à 42,8 millions de DH.
Ce chantier vise à améliorer le cadre de vie urbain à travers la végétalisation et l’embellissement de trois boulevards stratégiques de Mohammédia : le boulevard de la Résistance, le boulevard Hassan II, et le boulevard Sidi Mohammed Ben Abdellah.
Le projet s’étalera sur 36 mois, répartis en deux phases :
24 mois de travaux d’aménagement proprement dits ;
12 mois d’entretien et de garantie de reprise des végétaux, une période clé pour assurer la durabilité des plantations.
Le marché couvre un ensemble de prestations allant de l’installation du chantier à la remise en état des lieux, en passant par la fourniture et la mise en œuvre des éléments paysagers. Il s’agit notamment de :
l’ouverture de fosses de plantation ;
la fourniture et la pose de terre végétale ;
la fourniture et la plantation des végétaux ;
l’entretien et la garantie de reprise pendant un an ;
la réparation des éventuels dommages liés aux intempéries ou au chantier.
Les travaux de construction du centre d’affaires international de Mohammédia bientôt lancés
Les prestations de construction sont estimées à 76,5 millions de DH pour une durée d’exécution fixée à 22 mois.
Selon la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca-Settat, le projet vise à atteindre plusieurs objectifs complémentaires :
– Stimuler l’entrepreneuriat régional en diversifiant l’offre immobilière professionnelle et en intégrant les principales composantes de la chaîne de valeur.
– Former les étudiants aux technologies numériques à travers un parcours adapté aux besoins concrets des entreprises, reposant sur une pédagogie innovante.
– Favoriser la création et l’innovation, notamment par la mise en place d’un fab lab.
– Accompagner les porteurs de projets à chaque étape de leur développement (idéation, validation de concept, accélération), via des formations, des programmes dédiés, des conférences et des compétitions, en partenariat avec des acteurs publics et privés, nationaux et internationaux.
– Soutenir la création d’entreprises innovantes et renforcer l’accompagnement des start-up au niveau régional.
Le futur centre d’affaires abritera notamment un incubateur, un fab lab ainsi que des espaces de coworking conçus pour répondre aux besoins des porteurs de projets et des jeunes entreprises. Une composante dédiée à la formation continue viendra compléter cet écosystème.
Le centre intégrera également un espace d’exposition, une salle de conférences d’une capacité de 150 personnes, une bibliothèque, un appart-hôtel ainsi qu’un espace de restauration.
CAN U17. Maroc-Afrique du Sud, une opposition à géométrie variable
Plus d’un an après le huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023, perdu par les Lions de l’Atlas face à l’Afrique du Sud, les deux nations se croiseront une nouvelle fois lors du second tour de la CAN U17, ce jeudi 10 avril (20 h) au stade El Bachir à Mohammédia.
Alors que Vela Khumalo, sélectionneur des U17 sud-africains estime que si “nos A l’ont fait, nos Banyana Banyana peuvent aussi le faire”, Nabil Baha n’envisage pas ce quart de finale à travers le prisme de la dernière confrontation ayant opposé les deux nations.
Loin de toute idée de revanche, le sélectionneur des lionceaux de l’Atlas est davantage animé par la volonté “de garder le trophée à la maison”, après que ses protégés ont composté leur billet pour la prochaine Coupe du monde, prévue au Qatar, du 3 au 27 novembre 2025.
Dans sa quête d’un premier sacre continental dans la catégorie, l’équipe nationale U17 ne compte pas changer de visage. “Il faut être lucide, jouer avec intensité. On respecte l’Afrique du Sud, mais on ne s’adapte à personne. C’est à eux de trouver les solutions”, affirme le technicien marocain.
“On sait qu’ils n’ont pas encaissé de but”, admet le jeune Lwandiso Radebe, milieu offensif sud-africain. “Justement, notre objectif est de leur en marquer. On a travaillé ça à l’entraînement”, assure-t-il. En effet, à l’instar du Sénégal, tenant du titre, le Maroc est la seule équipe à avoir réalisé trois clean sheets en phase de groupe.
Une donnée qui a certainement pesé au moment où le jury a choisi le portier marocain Chouaib Bellaarouch (Académie Mohammed VI) et le défenseur central Driss Ait Cheikh (Chippo FC) parmi le onze type de la phase de groupes.
Quatrième pire défense de la compétition (5 buts encaissés), l’arrière-garde sud-africaine n’a logiquement placé aucun joueur dans le secteur défensif de ce onze type. En revanche, leur milieu de terrain est performant, à l’image de Bokamoso Mokokosi.
Également considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la compétition, Abdellah Ouazane (Ajax FC) a particulièrement été en vue pendant la phase de groupes, en inscrivant trois buts dont une sublime réalisation sur coup franc face à la Tanzanie.
Dans l’absolu, ces deux joueurs formeraient une belle paire dans l’entrejeu. Mais s’ils risquent de se croiser à plusieurs reprises ce soir, ce ne sera certainement pas pour partager des amabilités. Car la qualification reviendra sans doute à l’équipe qui réussira à contrôler le milieu de terrain.
Alors que les Marocains fixent la défense adverse en trouvant des relais dans l’axe entre les lignes avant de toucher les ailiers, l’animation offensive des Sud-Africains est guidée par la volonté d’écarter le jeu afin d’étirer la défense adverse, pour ensuite revenir et attaquer les espaces dans l’axe.
Sans surprise, c’est l’équipe qui a réalisé le moins de centres durant la compétition (14). Mais à l’inverse, elle use et parfois abuse des renversements de jeu, étant 3e sur 16 en matière de passes longues (175).
L’autre particularité de leur jeu avec ballon, c’est que les attaquants sud-africains peuvent provoquer des fautes dans la surface de réparation. Ils ont déjà récolté trois penalties en autant de rencontres, dont un largement discutable et raté contre le Burkina Faso lors de la défaite qu’ils ont subie à l’occasion de la dernière journée de la phase de groupes.
Le style de jeu protéiforme de l’Afrique du Sud amène ces joueurs à miser par moments sur un jeu de transition rapide vers l’avant. Une stratégie risquée qui leur fait perdre beaucoup de ballons depuis le début de la compétition (405), environ 40 de plus que les Marocains, à raison d’un peu moins d’une quinzaine par rencontre.
Un chiffre qui en dit long sur la différence en termes de qualité technique entre les deux équipes, mais aussi sur la vulnérabilité des Sud-Africains à la perte. D’autant qu’en termes d’intensité défensive, il s’agit de l’une des équipes les moins performantes. Considérée comme la deuxième meilleure attaque de la compétition (8 buts), l’équipe nationale peut leur faire très mal en phase de transition défense-attaque.
CAN U17. Le Maroc en quête d’un premier sacre continental
Un peu mois d’un an avant le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2025, le Maroc accueille sa version U17, dès ce dimanche 30 mars, au stade El Bachir à El Mohammedia. Sur les bords de l’Atlantique, l’équipe nationale lance sa campagne face à l’Ouganda (22h).
Comme l’ensemble de la compétition, ce rendez-vous est à suivre sur la chaîne sportive marocaine Arryadia, mais aussi via le bouquet CANAL+ Afrique et beIN Sports MENA. Les rencontres seront également diffusées en streaming à travers le monde sur la chaîne YouTube de la CAF et FIFA+.
La compétition se tiendra dans quatre stades : El Bachir à Mohammedia, Larbi Zaouli et Berrechid à Casablanca, ainsi qu’El Abdi à El Jadida. Elle réunira les meilleurs jeunes talents du continent, dont certains pourraient bien devenir les stars de demain. Un rendez-vous à ne pas manquer, d’autant que le billet d’entrée permet d’assister à deux matchs pour le prix d’un (10 ou 20 DH, selon la catégorie).
En ces temps de fête, les protégés de Nabil Baha auront tout intérêt à réussir leur entrée en lice dans la poule A, aux côtés de la Tanzanie et de la Zambie, sous peine de jouer les rabat-joie. Surtout que le tirage au sort leur a été plutôt clément. Il suffit de jeter un coup d’œil au groupe B pour s’en convaincre.
– Groupe A : Maroc (hôte), Ouganda, Tanzanie, Zambie ;
– Groupe B : Burkina Faso, Cameroun, Afrique du Sud, Égypte ;
– Groupe C : Sénégal, Gambie, Somalie, Tunisie ;
– Groupe D : Mali, Angola, Côte d’Ivoire, République centrafricaine.
Un ticket mondial à portée de main
Autrement dit, tout autre résultat qu’une qualification pour le second tour serait un échec retentissant, surtout quand on sait qu’il ouvre la porte à la prochaine Coupe du monde U17, qui comptera désormais 48 équipes. « La CAF a obtenu un nombre record de 10 places pour la Coupe du monde U17 de la FIFA au Qatar.
Les huit quarts de finalistes de la CAN U17 seront qualifiés, ainsi que deux équipes supplémentaires via des barrages entre les troisièmes des groupes de la phase de poules », précise la Confédération africaine de football.
Le sélectionneur national, Nabil Baha, reste dans les mémoires pour son missile sous la barre face au Mali en demi-finale de la CAN 2004. Aujourd’hui, il espère faire oublier une autre désillusion : celle des Lionceaux de Saïd Chiba, battus en finale de la dernière édition.
Si la Tunisie a été le bourreau des Lions de l’Atlas lors de la finale de la CAN 2004, c’est le Sénégal qui avait ravi le trophée aux Marocains. Mais, il sera difficile pour Nabil Baha d’exploiter ces péripéties comme levier de motivation.
Parce qu’en sélection de jeunes, le renouvellement des générations est un baume aux désillusions. En tout cas, Nabil Baha, qui a récemment mené les Lionceaux de l’Atlas à la deuxième place du tournoi de l’UNAF, est confiant dans le degré de préparation de ses joueurs.
“Nous avons bien préparé nos joueurs à travers plusieurs tournois, et ils ont mûri techniquement. Nous sommes prêts pour cette CAN”, a-t-il assuré en conférence de presse.
Il faudra au moins cela pour gérer la pression de jouer à domicile, d’autant que l’objectif est clair : remporter enfin le trophée continental dans cette catégorie.
À cet effet, le technicien marocain a convoqué un groupe de 25 joueurs, évoluant en majorité à l’étranger, parmi lesquels il faudra suivre, entre autres, Ibrahim Rabbaj (Chelsea FC) et le capitaine, Hamza Bouhadi (FUS de Rabat).
En face, l’Ouganda ne s’avance pas en victime expiatoire. « C’est un groupe extrêmement relevé, toutes les équipes sont solides. Mais nous avons entamé cette campagne avec une ambition claire : obtenir notre billet pour la Coupe du Monde », a affirmé Brian Ssenyondo, le sélectionneur de l’Ouganda, qui participe à sa deuxième CAN U17.
Pour l’heure, il faudra se coltiner des Marocains pétris de talent et qui ne manquent pas d’ambition.
À 173 MDH, les travaux du boulevard Hassan II à Mohammédia confiés à Mojazine
Ce lot concerne les travaux d’aménagement du boulevard Hassan II, un axe majeur de la ville, dont la transformation vise à améliorer la circulation, l’assainissement, l’éclairage public et la connectivité.
Les travaux d’aménagement du boulevard Hassan II, couvrent plusieurs aspects cruciaux :
Provenance, qualité et préparation des matériaux ;
Installation et suivi de chantier ;
Travaux de voirie ;
Travaux de signalisation horizontale et verticale ;
Travaux d’assainissement ;
Réseaux d’électricité et d’éclairage public ;
Travaux de télécommunication ;
Ouvrages en béton.
Il convient de noter que ce projet fait suite au premier lot du programme d’aménagement de la voirie, portant sur le boulevard de la Résistance, qui a été confié au groupement GTR-GTIC pour un montant de 111 MDH.
À Mohammédia, la Marine royale porte assistance aux équipages de deux navires étrangers à la dérive
Un cargo baptisé Linden a été victime dans la matinée d’une panne de moteur au large de Mohammédia, à 2,5 kilomètres au sud-est du port de la ville, indique mardi un communiqué de l’état-major général des Forces armées royales, soulignant qu’à la réception du signal de détresse, la Marine royale a rapidement dépêché un hélicoptère pour évacuer deux membres de l’équipage du navire, qui se trouvaient dans un état critique.
Une unité navale a également été mobilisée sur place pour surveiller le navire sinistré et apporter le soutien nécessaire, fait savoir le communiqué.
Le même jour et non loin du lieu de l’incident, la Marine royale a reçu un autre signal de détresse indiquant la présence de trois éléments dans un état de santé critique à bord d’un cargo chinois dénommé Tai Hua Wan, ajoute la même source, notant qu’un autre hélicoptère de la Marine royale a été rapidement dépêché pour évacuer les trois blessés.
Les deux opérations ont été menées en étroite coordination avec la Gendarmerie royale et le Centre de coordination des recherches et du sauvetage. Les patients évacués ont été remis aux éléments de la Protection civile pour fournir l’assistance médicale nécessaire, conclut le communiqué.
(Avec MAP)
À Mohammédia, l’emblématique souk de Louizia a été définitivement fermé
Souk El Had, Had Louizia, Souk Beni Yakhlef. Plusieurs dénominations pour ce marché hebdomadaire mythique qui se tenait depuis trente-huit ans dans la commune rurale de Beni Yakhlef, anciennement appelée Saint-Jean de Fédala.
Le dimanche 29 décembre 2024 était un jour mémorable, mais également triste pour les commerçants et les milliers de personnes qui affluaient vers ce souk pour rechercher une rare pièce de rechange, faire le plein de fruits et de légumes frais, s’habiller pour trois fois rien ou tout simplement manger des beignets et se dégourdir les jambes. Les inconditionnels des souks et des joutiyas sont légion, et ceux de Had Louizia ne dérogent pas à la règle.
Dans ce souk, célèbre au Maroc et même ailleurs, on trouvait de tout et on faisait commerce de tout. Le cash coulait à flots, et beaucoup de monde y trouvait son compte.
L’annonce de la mise à mort du souk, à l’entrée de la commune de Beni Yakhlef.
Quelques jours avant la date fatidique du 29 décembre 2024, la commune de Beni Yakhlef a affiché une large banderole à l’entrée de la localité pour informer que le souk allait être fermé à la date indiquée. Une décision qui a plongé des milliers de commerçants dans le désarroi.
Une décision vieille de plusieurs années
Prise il y a déjà plusieurs années, la décision de saborder le souk de Louizia n’avait jamais été concrétisée. Jusqu’au mois de février 2024, quand le conseil communal a voté une résolution dans ce sens. Il a été décidé de déplacer ce souk dans la commune rurale de Sidi Moussa El Majdoub près de l’école agricole, et tout avait été préparé bien avant.
Un terrain de 11 hectares a été prévu pour les besoins de ce souk grâce à une convention multipartite impliquant les deux communes concernées, le conseil de la région de Casablanca-Settat et le ministère de l’Intérieur, avec un budget dépassant 10 millions de DH.
Les communes de Beni Yakhlef et de Sidi Moussa El Majdoub vont co-gérer le nouveau souk pendant une dizaine d’années avant que cette gestion ne soit assurée exclusivement par la deuxième.
Interrogé par Médias24, le président de la commune de Beni Yakhlef nous renvoie cette réponse laconique : « Écoutez, c’est une décision prise par les autorités locales et validée par la tutelle [ministère de l’Intérieur, ndlr]. Je n’ai rien à rajouter ». Saïd Rafik (PAM) ne veut rien savoir d’autre quand on lui demande le sort qui sera réservé aux commerçants. Car ces derniers donnent de la voix depuis qu’ils ont eu vent de la décision de fermer leur souk.
Dans un mouvement de protestation massif, ils ont refusé de rejoindre le terrain qui leur a été réservé à Sidi Moussa El Majdoub, et nombre d’entre eux ont mis le cap sur Souk Swisra dans la commune rurale de Fdalate. Mais jusqu’à quand ?
Dimanche 5 janvier, des commerçants, dont certains n’étaient pas au courant de la décision des autorités, ont essayé de s’y rendre, en vain. Dès la veille, un important dispositif de forces de l’ordre avait été placé aux entrées de Beni Yakhlef et sur le désormais ex-emplacement du souk.
Les mégaphones se sont tus
Un responsable local, sous le sceau de l’anonymat, explique à Médias24 que la décision de fermer souk El Had a été accélérée par les autorités dans le cadre d’un plan global de réaménagement de l’ensemble de la préfecture de Mohammédia. « Il n’est plus tolérable de voir la situation générale de la ville et de sa banlieue se dégrader année après année, et il fallait appliquer la loi avec toute la fermeté nécessaire », affirme notre interlocuteur.
Quid alors des commerçants qui se plaignent d’avoir été obligés de se déplacer sur un site qui manque de tout en termes d’aménagement ? « Tout sera arrangé dans les meilleurs délais et nous allons y travailler d’arrache-pied », promet la même source.
Et qu’en pensent les habitants ? Interrogés par nos soins, beaucoup d’entre eux poussent un ouf de soulagement. « À Louizia, nous ne savions pas si nous vivions dans le milieu urbain ou rural, et ce sentiment se renforçait chaque dimanche », commente un habitant de Beni Yakhlef qui affirme qu’il a enfin pu faire la grasse matinée le 5 janvier.
Source de revenus pour des milliers de personnes, le souk était vécu comme un calvaire pour les habitants. Chaque dimanche, il était impossible de quitter la commune entre 11 h et 17 h. La circulation était bloquée sur tous les axes envahis par les commerçants. Des mégaphones branchés à des enregistrements braillaient des réclames toute la journée. Toutes sortes de déchets s’amoncelaient ici et là et, le soir venu, les travailleurs de la commune, dépassés, les brûlaient sur place. Mais il y a pire. Ces dernières années, de nombreux commerçants commençaient à s’installer sur place dès le samedi après-midi, notamment les marchands de friperie et les gargotiers.
« Pendant le Ramadan, c’est souk tous les jours dès 14 h ou 15 h, et c’est devenu invivable », commente une jeune habitante de cette commune de 117.649 habitants selon les RGPH de 2024, qui fait office de petite cité-dortoir de Mohammédia. « J’en ai fait à maintes reprises l’expérience. Les légumes et les fruits sont moins chers dans les marchés de Mohammédia. Que nous apporte alors ce souk à part les odeurs nauséabondes, entre autres nuisances ? », s’interroge la jeune femme.
Effectivement, l’une des nuisances de ce souk était que l’abattoir, n’étant relié à aucun réseau d’assainissement, déversait directement ses eaux usées sur la chaussée de la route traversant la commune de bout en bout. Pendant l’été, on vous laisse imaginer le calvaire du voisinage, et il fallait y patauger les saisons suivantes.
Mais, que cela fasse des heureux ou des mécontents, Souk El Had avec ses commerçants accueillants et honnêtes, ses charlatans et ses armées de pickpockets et de mendiants, c’est désormais de l’histoire ancienne.
Les pelleteuses sont passées par là. Dès le lundi 30 décembre 2024, les autorités en ont rasé les vestiges, préparant le terrain, espèrent les habitants, à d’autres travaux de réaménagement.
La Samir : le dossier entre dans sa phase de pourrissement
« Dans l’affaire Samir, on tourne dans un cercle vicieux ». Impliquée dans le dossier de la raffinerie de Mohammédia, cette source ne cache guère sa lassitude, voire son agacement. Ouverte en mars 2016, la procédure de liquidation entame sa neuvième année sans issue en vue.
Au tribunal de commerce de Casablanca, juge-commissaire, syndic et contrôleurs se réunissent une fois par mois pour examiner les offres de rachat, seul espoir pour la relance de ce raffineur de pétrole. Les propositions, souvent chimériques et peu concrètes, se font de plus en plus rares, à l’image d’un dossier qui se trouve désormais dans une phase de pourrissement.
Selon nos sources, une seule offre est aujourd’hui sur la table. Il s’agit d’une manifestation d’intérêt émanant d’une société espagnole, Elsom Development, qui propose un montant de 2 milliards de dollars. Ce montant correspond à la valeur actuelle du raffineur, estimée à 19 MMDH, contre 21 MMDH en 2017.
Cet investisseur s’est manifesté pour la première fois en septembre 2021. Depuis, il a multiplié les relances sans jamais concrétiser sa démarche. Sa dernière sortie remonte à novembre 2024. Ses représentants ont adressé une correspondance au syndic, s’engageant à virer les montants nécessaires au plus tard le 17 décembre 2024.
Convoqués par un nouveau juge-commissaire (le quatrième à opérer dans ce dossier), les organes de la procédure ont tenu une réunion une semaine après ce délai. Rien à signaler. « C’est du déjà-vu et revu. La société envoie les mêmes relances depuis trois ans, sans aucune suite effective. À chaque fois, on nous parle de difficultés pour transférer les sommes qui, pourtant, sont conséquentes sur le papier », confie notre interlocuteur.
Pour valider l’acquisition, l’acheteur doit soumettre une offre accompagnée des « garanties en vue de son exécution », c’est-à-dire, entre autres, une caution correspondant à un pourcentage du montant de l’achat. Depuis 2017, le syndic a reçu une vingtaine d’offres, mais aucun prétendant n’a jamais déposé la garantie requise.
À la Samir, le raffinage de pétrole est à l’arrêt depuis l’été 2015. Il s’agit de l’activité historique de cette société, créée dans les années 1950 en tant qu’établissement public, avant sa privatisation en 1997.
Bien que son cœur de métier soit aujourd’hui inopérant faute de repreneur, l’entreprise arrive à vivoter grâce à la location de ses bacs de stockage. La Samir dispose d’importantes capacités (près de 2 millions de m³ de pétrole), dont une partie (80.000 m³) est exploitée par BGI Petroleum.
Selon nos informations, ce contrat de location génère environ 3 millions de DH par mois pour la Samir. Ce montant permet de couvrir les charges courantes (entretien, maintenance, paiements des salaires, frais de justice, etc…), mais reste insuffisant pour relancer la production. Le syndic Abdelkbir Safadi a déposé une centaine de demandes pour débloquer des fonds.
En interne, on espère pouvoir louer davantage de citernes pour augmenter les rentrées financières. Des pétroliers d’envergure internationale ont exprimé leur intérêt, mais pour l’heure, BGI est l’unique opérateur en place.
Le sursis, jusqu’à quand ?
La location sera résiliée en cas de cession globale des actifs du raffineur. Cette cession est l’option privilégiée par le tribunal de commerce de Casablanca. Cela explique pourquoi, depuis 2016, les autorités de la procédure n’ont pas encore amorcé la liquidation des biens de la Samir. Dans des cas classiques, ces biens auraient été cédés en lots pour satisfaire les créanciers. Une démarche qui aurait acté la mort officielle de l’unique raffinerie marocaine. Le caractère stratégique de cette entreprise justifie ce long sursis. Mais jusqu’à quand ?
Du côté des salariés, la position reste inchangée : le sort de la Samir ne se jouera pas au tribunal, mais dépendra d’une décision politique. Réunie le 31 décembre 2024, la branche syndicale de la Confédération démocratique du travail (CDT) à la Samir a, une nouvelle fois, appelé à une action du gouvernement pour débloquer cette crise. L’exécutif est ainsi invité à « abandonner sa position négative et à trouver une solution, y compris par la cession en compensation des dettes au profit de l’État ». Autrement dit, un appel à la « re-nationalisation » du raffineur, vingt-sept ans après sa privatisation.
Mohammédia. La gestion de Hicham Aït Manna contestée, un de ses adjoints réagit
La ville des roses en déclin ? Pour la section locale du Parti de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), Mohammédia est en pleine crise, et le principal responsable de cette situation n’est autre que le président du conseil communal, Hicham Aït Manna (RNI).
C’est dans ce sens que la section du parti a demandé, via un récent communiqué, la destitution du président du conseil communal.
Face à ces accusations, Hassan Bakkoury, premier vice-président du conseil communal, a expliqué à Médias24 que ces critiques étaient “infondées”. L’élu local défend le bilan du conseil qui fait face, selon lui, à de nombreuses difficultés et contraintes.
Une gestion jugée inefficace
Dans son communiqué, la section locale de la FGD pointe du doigt une série de problèmes affectant la ville de Mohammédia, notamment :
• la dégradation des services publics de base (santé, éducation, transport) ;
• la gestion inadéquate des besoins de la population face à la hausse des prix et à la précarité croissante ;
• le manque de vision stratégique pour le développement de la ville, malgré son potentiel géographique et économique.
Pour la FGD, le président du conseil communal ne remplit pas ses fonctions de manière efficace. C’est pourquoi les représentants locaux du parti appellent à sa destitution.
Mais pour Hassan Bakkoury, ces critiques sont floues et déraisonnables. Il les rejette fermement et affirme que “cela reste leur avis”, sachant que “du côté de la commune, le travail est fait”, assure-t-il.
Nous faisons en sorte de répondre à toutes les attentes en menant à bien les chantiers lancés. Malgré les difficultés, nous ne baissons pas les bras
Et d’ajouter : “Nous faisons en sorte de répondre à toutes les attentes en menant à bien les chantiers lancés. Malgré les difficultés, nous ne baissons pas les bras”.
Il détaille même les initiatives en cours visant à améliorer la situation générale dans la ville. Il s’agit notamment de :
• la réhabilitation des principales artères de Mohammédia, notamment 31 km de boulevards dont Hassan II, dans le cadre d’un projet s’étalant de septembre 2024 à septembre 2027 ;
• l’achèvement des travaux de la salle couverte, et une avancée significative (50%) dans les travaux des ponts au niveau de l’Oued Nfifikh ;
• le lancement d’un appel d’offres pour une gestion durable des espaces verts, limitant l’usage de l’eau potable en période de pénurie.
“Les efforts fournis en matière de ressources financières ont permis de renforcer la confiance dans la commune et de lancer des projets ambitieux. Nous faisons de notre mieux pour redonner un nouveau visage à la ville des roses”, a également précisé Hassan Bakkoury.
Concernant l’appel à la destitution du président, notre interlocuteur estime que cette demande est infondée. “La demande visant à révoquer le président du conseil communal démontre que ceux qui la formulent ne connaissent pas la loi. Ils invoquent l’absence du président comme cause, mais il ne s’agit pas d’un fonctionnaire. Du moment qu’il assiste aux réunions et signe les documents nécessaires, rien ne prouve qu’il ne remplissait pas ses obligations. Et quand bien même ce serait le cas, la révocation est le fruit d’une procédure judiciaire”.
Samir : nouvelle prorogation de l’activité
Ce jugement de prorogation de la « continuité de l’activité » a été rendu le jeudi 17 octobre, à la demande de Abdekbir Safadi, syndic judiciaire chargé de la liquidation de la Samir.
Cette décision vient en application de l’article 652 du Code de commerce qui dispose que « lorsque l’intérêt général ou l’intérêt des créanciers nécessite la continuation de l’activité de l’entreprise soumise à liquidation judiciaire, le tribunal peut autoriser cette continuation pour une durée qu’il fixe, soit d’office soit à la demande du syndic ou du procureur du Roi. »
Mise en liquidation en mars 2016, la Samir bénéficie depuis lors de prolongations constantes de continuation d’activité. Ces délais permettent d’éviter la vente « en lots » de la raffinerie, ce qui acterait sa mort officielle. La piste privilégiée par les organes de la procédure consiste plutôt en une cession globale à un repreneur, option qui permettrait de relancer l’entreprise.
Hôtel Avanti : après le couac Aït Menna, la vente relancée
Ce mercredi 16 octobre, le tribunal de commerce de Casablanca a lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour la vente de l’hôtel 4 étoiles Avanti à Mohammédia.
Cette vente s’inscrit dans le cadre de la liquidation judiciaire de la Société Hôtelière Samir. Le prix d’ouverture est fixé à 165 millions de dirhams, selon une évaluation d’expertise. Les candidats intéressés auront 30 jours pour soumettre leurs offres écrites. Celles-ci doivent inclure des prévisions d’activité, le prix d’acquisition et des garanties d’exécution.
Cette relance fait suite à une première tentative de vente infructueuse. L’hôtel Avanti avait été attribué à la société Aylis Fedala, dirigée par la famille Aït Menna. Cette société avait proposé 165 MDH. Bien que l’offre ait été validée en février, elle a été annulée quatre mois plus tard à la demande de l’acheteur, sans explication claire.
Le retrait d’Aylis Fedala a créé un vide dans le processus de vente. D’autres investisseurs, comme Wifaq Development, avaient montré de l’intérêt, proposant même 170 MDH. Cependant, leur offre avait été écartée en faveur d’Aylis Fedala, qui s’est finalement retirée.
Les nouvelles conditions de vente stipulent que les offres doivent inclure des éléments clés, comme le niveau et les perspectives d’emploi. Les propositions seront reçues par le syndic judiciaire Abdelkbir Safadi, au tribunal de commerce.