Financement, capacité logistique, ambitions : Moncef Belkhayat revient sur le rachat de La Voie Express par BLS

« La finalisation de l’acquisition de La Voie Express nous ouvre la voie à la création du premier opérateur logistique intégré au Maroc », explique Moncef Belkhayat, « couvrant ainsi l’ensemble de la chaîne logistique, du fret international au dernier kilomètre ». L’objectif de BLS est de bâtir « un champion national de la logistique, d’envergure régionale ».

Une acquisition stratégique pour bâtir un champion national de la logistique

Le groupe BLS a finalisé, à la mi-octobre, le rachat de La Voie Express, de la foncière Espacim et de La Voie Express Messagerie, après avoir obtenu le feu vert du Conseil de la concurrence.

Cette opération stratégique marque un tournant dans le paysage logistique marocain, souligne Moncef Belkhayat, président de H&S Invest Holding, maison mère de BLS. En intégrant l’un des principaux acteurs nationaux du transport et de la messagerie, le groupe concrétise son ambition, qui est de devenir le premier opérateur logistique intégré au Maroc, capable d’offrir une solution end-to-end, du fret international à la livraison du dernier kilomètre.

« La chaîne commence aujourd’hui avec le freight forwarding, avant de passer par le transit, le transport, l’entreposage, puis la messagerie. Nous sommes désormais le seul opérateur national à intervenir sur l’ensemble de cette chaîne de valeur », explique-t-il.

« C’est une très belle opération qui permet au Maroc de se doter d’un champion national de la logistique, avec des capacités de stockage de 330.000 positions palettes et une flotte de 650 camions », poursuit-il, estimant que cette fusion positionne le groupe comme un leader national incontesté, face à des acteurs internationaux tels qu’Emirates ou GEODIS.

Avec cette acquisition, BLS renforce significativement ses capacités d’entreposage. Le groupe est désormais présent dans 22 villes, gère près d’un million de mètres carrés de plateformes logistiques. « Grâce à cette opération, nous disposons désormais de 30 sites, couvrant toutes les régions du Royaume, du nord au sud et d’est en ouest », précise Moncef Belkhayat.

L’entreposage devient le cœur de métier du groupe BLS

L’entreposage devient ainsi le cœur de métier du groupe, d’après notre interlocuteur. « L’entreposage qu’on offre est aujourd’hui positionné en 3PL [logistique tierce partie, ndlr] », nous précise-t-il, « avec des services logistiques complets pour nos clients. Certains optent pour une location simple, leur permettant d’être hébergés directement dans nos plateformes logistiques ».

Après l’inauguration de la plateforme de Tit Mellil (55.000 m²), en décembre 2024, BLS s’apprête à réceptionner celle de Lkhyayta, d’une capacité de 50.000 positions palettes, en plus des 65.000 positions de La Voie Express.

« L’entreposage devient donc notre cœur de métier, et nous ambitionnons de poursuivre notre croissance dans ce domaine ».

Et Moncef Belkhayat de rappeler : « Lorsqu’on a commencé dans la logistique il y a une dizaine d’années, nous étions sur des plateformes moyennes de 5.000 m². Nous sommes, à présent, passés à des plateformes moyennes de 30.000 m². Nos prochaines plateformes nouvelle génération atteindront 100.000 m² chacune ».

L’acquisition s’élève à 360 MDH, financée à 70% par Saham Bank et 30% en fonds propres

Par ailleurs, « nous disposons aussi d’entrepôts relatifs à la messagerie, puisqu’avec l’acquisition de La Voie Express nous sommes entrés dans le secteur de la messagerie et du last mile« .

« Nous sommes donc présents partout, nous livrons et couvrons toutes les villes deux fois par jour à travers un système logistique de distribution de marchandises et de colis de manière continue, avec un service 7 jours sur 7 sur l’ensemble de ces villes ».

Notons que la valeur de l’acquisition de La Voie Express s’élève à 360 millions de dirhams, nous confie notre interlocuteur, « financée à 70% par Saham Bank et 30% en fonds propres ».

« L’accord inclut quatre sites logistiques représentant 65.000 positions palettes, dont la plateforme de Lkhyayta qui s’étend sur plusieurs hectares ».

Vers une introduction en bourse en 2030

Outre l’entreposage, « les métiers qui sont en développement et qui ont un fort potentiel de croissance sont le transport et le transit« , poursuit le président de BLS.

« Dans le transport, nous avons très rapidement atteint une flotte de 650 camions, et notre objectif est d’atteindre les 1.000 camions. Pour le transit, nous comptons renforcer les capacités de notre société et de notre activité de freight forwarding, afin de consolider notre présence régionale avant une future introduction en bourse ».

« C’est un peu le schéma et la vision du groupe pour les cinq prochaines années. Mais pour ce faire, nous allons d’abord prendre le temps de consolider toutes ces acquisitions et les récentes opérations de BLS, afin de les absorber et de les digérer ».

À partir de 2027, nous allons commencer notre développement régional sur le continent

Cela signifie qu’en 2026, « il n’y aura pas de croissance supplémentaire externe, en tous les cas, pas sur la partie logistique et entreposage ».

« Quand on grandit aussi vite, on a besoin de temps pour absorber la partie back office, la partie informatique, la partie finances, et surtout la partie culture et ressources humaines pour pouvoir créer un ensemble cohérent et une équipe qui gagne avec ce qu’on appelle du teamwork, qui nous permettra de créer un opérateur logistique national, d’envergure régionale ».

« Nous commencerons notre développement régional en Afrique dès 2027. À partir de cette étape, nous pourrons exporter notre savoir-faire dans des pays africains et, par ricochet, devenir un acteur régional ».

« Nous prévoyons ensuite une IPO pour 2030″, nous confie Moncef Belkhayat, « ce qui fera de nous le premier opérateur logistique à être coté à la Bourse de Casablanca ». Une introduction qui permettra, en effet, au groupe de pérenniser sa croissance et d’ouvrir son capital à des partenaires institutionnels afin d’accompagner son expansion régionale.

Une part de marché de 25% sur le marché structuré

La configuration de BLS lui confère à présent un positionnement stratégique dans un marché encore fragmenté. Selon son président, le groupe détient 25% du marché structuré, et environ 12% du marché global, incluant les segments non structurés.

L’ambition n’est pas d’augmenter davantage cette part de marché, mais d’accompagner la stratégie nationale de l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL).

« L’objectif du groupe est de continuer à grandir et à se développer main dans la main avec l’ADML, afin de développer des plateformes de 50.000 à 100.000 m² et de massifier », nous explique notre interlocuteur.

« Il ne faut pas oublier que ce business est un business de taille, comme disent les Américains, un business de scale. Pour pouvoir massifier, il faut aller sur des plateformes encore plus grandes, géantes, comprises entre 50.000 et 100.000 m² par plateforme ».

La participation de 40% à ID Logistics, qui accompagne le groupe Carrefour et donc Label’Vie, n’est pas stratégique pour BLS

Notons par ailleurs que l’acquisition de La Voie Express porte également sur une participation de 40% dans ID Logistics Maroc, jugée non stratégique par Moncef Belkhayat.

« ID Logistics est un opérateur français, international, qui accompagne le groupe Carrefour partout dans le monde, et donc Label’Vie », nous précise-t-il.

« Dans le cadre de cette acquisition, nous nous retrouvons associés à ID Logistics, et donc en plein cœur des opérations de Carrefour et de Label’Vie. Nous allons nous réunir avec le management de ce groupe pour voir ce que nous allons faire de cette participation ».

« En tant que groupe national, il est important pour nous de nous consolider financièrement. Par conséquent, une participation de 40% demeure pour nous non stratégique », conclut notre interlocuteur.

BLS de Moncef Belkhayat veut acquérir Transload

L’opération, notifiée au Conseil de la concurrence, porte sur la totalité du capital social et des droits de vote de Transload. Cette dernière opère dans le secteur du transport de marchandises.

Building Logistics Services SA est spécialisée dans l’entreposage de marchandises, incluant des produits de grande consommation, d’hygiène, d’alimentation, de santé et cosmétiques.

Contrôlée par H&S Invest Holding, ainsi que par le fonds d’investissement français STOA et la Société financière internationale, BLS a récemment annoncé l’acquisition de 100% des parts détenues par Mohammed Talal et le fonds Afric Invest dans le capital de La Voie Express.

Les deux opérateurs ont conclu un accord visant à constituer le premier acteur national couvrant l’ensemble de la chaîne logistique : freight forwarding, transit, transport, entreposage et messagerie du dernier kilomètre.

BLS avait auparavant lancé un programme d’investissement de 2,1 milliards de DH sur les années 2025 et 2026. Ce programme inclut l’acquisition de plateformes logistiques dans plusieurs villes marocaines.

Moncef Belkhayat mise sur Mr Bricolage pour renforcer son pôle Retail

Comme annoncé par Médias24, ce rapprochement, qui est soumis à l’autorisation préalable du Conseil de la concurrence, porte sur les transactions suivantes :

– acquisition par H&S Invest Retail de 47,5% des actions et des droits de vote de la famille Benjelloun ainsi que des 37,5% des actions détenues par O Capital Group,

– acquisition par Majid Benjelloun, administrateur directeur général de Mr Bricolage Maroc, de 5% des actions afin de renforcer sa participation au capital en la portant à 15%.

Déjà implanté avec un réseau national de 11 magasins et un chiffre d’affaires annuel de 400 millions de DH, Mr Bricolage Maroc, acteur clé dans le secteur de l’amélioration de l’habitat, ambitionne de renforcer sa position de référence sur le marché marocain. Ce partenariat s’inscrit dans une volonté claire d’accélérer sa transformation digitale, d’étendre sa présence territoriale et d’optimiser ses opérations, indique un communiqué de H&S Invest Holding.

H&S Invest Retail, qui poursuit son build-up dans le retail après Monoprix et Venezia Ice, s’appuie sur une centrale d’achat intégrée pour créer des synergies efficaces. Ce partenariat repose, selon la même source, sur une vision commune : innover, se rapprocher davantage des clients et développer une croissance durable, à forte valeur ajoutée.

« Ce partenariat avec H&S Invest Retail représente une formidable opportunité pour renforcer notre réseau, digitaliser notre offre et conquérir de nouveaux marchés tout en préservant notre ADN », souligne Majid Benjelloun, directeur général de Mr Bricolage Maroc.

Le rapprochement avec H&S Invest Retail permettra de concrétiser plusieurs leviers de développement :

• Mutualisation des ressources logistiques et numériques,
• Optimisation des investissements immobiliers et commerciaux,
• Accélération de la stratégie omnicanale,
• Déploiement plus rapide de nouveaux points de vente.

« Notre ambition est d’apporter à Mr Bricolage Maroc les moyens nécessaires pour devenir la référence incontournable dans l’aménagement, la décoration et l’entretien de l’habitat, grâce à une gestion moderne, agile et tournée vers l’avenir », ajoute Majid Benjelloun.

Ce rapprochement incarne notre volonté d’investir dans des marques marocaines à fort potentiel, avec une vision à long terme. Mr Bricolage Maroc dispose d’un positionnement unique sur le marché et nous sommes convaincus qu’ensemble, nous pourrons accélérer sa croissance et renforcer son empreinte nationale et régionale », déclare Moncef Belkhayat, président de H&S Invest Holding.

Dislog Group rachète la filiale marocaine d’Avon Cosmetics

Dislog Group a annoncé dans un communiqué la signature le 2 juin 2025 d’un accord pour l’acquisition de 100% des parts sociales et des droits de vote y afférents de la société Avon Beauty Products SARLU, filiale marocaine de la société de produits de beauté en vente directe Avon Cosmetics.

Selon la même source, cette opération s’inscrit, d’une part, dans la stratégie de développement du groupe Dislog, visant à renforcer son portefeuille de marques représentées en exclusivité sur le marché marocain, et consolide, d’autre part, la feuille de route stratégique d’Avon Cosmetics, qui prévoit d’accélérer la disponibilité de ses produits aux consommateurs dans tous les canaux de distribution.

Cité dans le communiqué, Mehdi Bouamrani senior vice-président de Dislog Group a souligné : « Cette opération vient encore une fois confirmer la confiance d’acteurs mondiaux de renom dans le potentiel de croissance du marché marocain, et surtout dans la capacité de Dislog Group à accompagner ces ambitions de croissance et à les accélérer. Nous avons accompagné Avon Maroc depuis janvier 2024 en tant que partenaire de distribution et nous sommes aujourd’hui très honorés de confirmer notre position de partenaire stratégique dans le développement de cette belle marque ».

Badr Nassili, DG Espagne et Afrique du Nord chez Avon Cosmetics, a de son côté déclaré : « Nous sommes très heureux de renforcer notre partenariat avec Dislog Group, en leur confiant aujourd’hui le développement exclusif sur le marché marocain de la présence de notre marque dans tous les canaux de distribution. Nous sommes confiants que ce partenariat pourra créer davantage de valeur partagée, en consolidant la distribution dans la vente directe à travers les représentantes Avon, mais surtout en rendant notre marque et nos produits accessibles à plus de consommateurs marocains qui choisissent de faire leurs achats dans les différents canaux de distribution ».

À la suite de cette transaction, Moncef Belkhayat, président de Dislog Group, a ajouté : « Nous poursuivons le renforcement de notre pôle beauty, positionnant ainsi Dislog Group comme le leader marocain dans le développement de plus de 200 marques liées à l’économie de la vie, notamment dans les domaines de l’hygiène, de l’alimentation, de la santé et de la beauté ».

Dislog Group a été conseillé sur le volet M&A par Deloitte & Touche et par maître Rachid Hilmi sur le volet juridique. De son côté, Avon Cosmetics a été conseillé par Ernst&Young sur le volet M&A ainsi que par maître Mohamed Oulkhouir du cabinet CWA sur le volet juridique.

Cette nouvelle acquisition intervient quelques semaines seulement après l’entrée d’un nouvel investisseur au capital de Dislog Group : le family office de Lamia et Mohamed Tazi, Sothema, qui y a injecté 100 millions de DH en échange d’une participation minoritaire non contrôlante.

Axiom Invest entre au capital du groupe Dislog pour 120 MDH

« Il faut aussi avoir le courage d’agir, de prendre des risques et de croire en sa vision ». Ces mots de Moncef Belkhayat, président-directeur général de Dislog Group, résonnent pleinement dans la démarche d’Axiom Invest, qui officialise, ce vendredi 30 mai, son entrée au capital du groupe Dislog, acteur majeur dans les secteurs de la distribution, de l’industrie et de la logistique au Maroc, annonce un communiqué de Dislog Group.

Portée par cette conviction, Axiom Invest confirme l’acquisition d’une participation stratégique de 120 millions de DH, affirmant ainsi sa volonté de soutenir les entreprises à fort potentiel de transformation, poursuit la même source.

« Dislog incarne parfaitement l’audace entrepreneuriale que nous soutenons : un leadership visionnaire, une trajectoire de croissance solide et un impact réel sur l’économie de la vie », a déclaré Thami Tazi, président d’Axiom Capital, cité dans le communiqué.

« Ce partenariat avec Axiom Invest valide la pertinence de notre stratégie à long terme. Ensemble, nous allons accélérer notre croissance, consolider notre leadership industriel et déployer une ambition claire : faire rayonner Dislog Group à l’échelle régionale et internationale », a ajouté Moncef Belkhayat, président-directeur général de Dislog Group.

Ce partenariat stratégique traduit une ambition commune : faire converger l’élan entrepreneurial et l’accompagnement capitalistique pour faire émerger un champion économique marocain à vocation internationale, conclut le communiqué.

Retail, Bourse, industrie, synergies… Moncef Belkhayat détaille son plan de bataille

Médias24 : Est-ce que cette opération et celles qui l’ont précédée, cette sorte de frénésie, ont un lien indirect avec la perspective d’entrée en bourse de Dislog ? Ou bien y a-t-il une logique stratégique derrière ?

Moncef Belkhayat : Cette opération qu’on vient de faire aujourd’hui n’a rien à voir avec Dislog. Il s’agit du groupe H&S Invest Holding, qui est la holding de tête. C’est une holding familiale qui a des verticaux indépendants.

Parce que les actionnaires sont différents dans chaque vertical.

– Mais il pourrait y avoir des synergies…

– Bien sûr, mais le management est indépendant, la gestion opérationnelle est indépendante, et donc, effectivement, il peut y avoir des synergies. Mais c’est un projet qui est totalement indépendant de Dislog.

Par conséquent, il faut analyser ce projet comme un projet de build-up dans le secteur du retail. Et dans lequel j’annonce clairement qu’on va y mettre [dans ce secteur du retail, ndlr] les magasins Monoprix-Franprix, plus les points de vente de Venezia Ice, plus les magasins d’une chaîne de bricolage, nous permettant de proposer une offre globale et variée à nos clients dans le cadre d’un développement de magasins de proximité.

Nous sommes le groupe marocain qui a fait le plus de private equity, on en a fait 14

Une stratégie de private equity et de croissance rapide

– La chaîne de bricolage, ce sera une création ou une franchise ?

– C’est un accord à conclure dans le cadre d’une franchise.

Je continue, parce que vous avez utilisé le mot « frénésie ». Quand il y a des annonces de l’entrée dans le capital de SPE ou de la Banque mondiale, cet argent, il est démultiplié avec un effet de levier. Il est redéployé dans le cadre de projets. N’oubliez pas une chose, c’est que nous sommes un groupe qui a commencé avec 1,5 million de dirhams il y a vingt ans.

Ensuite on a grandi progressivement grâce à une stratégie de private equity. Nous sommes le groupe marocain qui en a fait le plus, on en a fait 14.

14 opérations d’entrée et de sortie. Je rappelle que le coût de l’argent à la banque est de 5% à 6%. Et le coût de l’argent en private equity, il est entre 15% et 20%. Et donc Moncef Belkhayat, il s’est financé à des coûts élevés. Pour réussir, la seule solution pour lui était d’avoir la bonne stratégie, d’acheter les bonnes entreprises et de savoir les intégrer. C’est le modèle du build-up.

Et la deuxième chose qui est extrêmement importante, c’est la rapidité d’exécution de ce qu’on appelle le use of fund. C’est-à-dire que dès que tu touches l’argent, il faut le redéployer pour créer de la valeur.

Et c’est pour ça que j’ai créé ce concept de management avec David Autissier qui s’appelle le modèle du build and run, où il faut gérer l’entreprise au niveau opérationnel. Et là, j’ai des équipes opérationnelles qui gèrent. Et ensuite, il faut construire la fusion-acquisition en achetant de bonnes entreprises, savoir les atterrir. Et ça, c’est le modèle du build. D’où le concept du build and run du livre que nous avons écrit.

Voilà, c’est donc un modèle de gestion qui est ce qu’il est avec un manager qui a fait son expérience à Procter, à Méditel et à FinanceCom et qui, aujourd’hui, déploie tout ce qu’il a appris dans le cadre de ce nouveau modèle et concept de management de build and run.

La structure de H&S Invest Holding

– Lorsque vous annoncez périodiquement des opérations comme celle-ci, est-ce que finalement des gens viennent vous proposer des affaires ?

– Alors la réponse est oui. Plus je communique, et plus des deals arrivent dans le pipe. Par exemple, aujourd’hui même, depuis l’annonce de l’accord avec Casino, plusieurs personnes ont appelé pour proposer des services, des magasins, et même des family offices souhaitant investir de l’argent dans le projet et dans le capital.

Plus je communique et plus les deals arrivent dans le pipe

C’est donc un cercle vertueux qui se crée et qui fait que les codes au Maroc changent. Avec les réseaux sociaux, de plus en plus d’entrepreneurs marocains commencent à communiquer et s’aperçoivent que la communication peut créer de la valeur pour l’entreprise, peut créer de la valeur pour l’image, mais également pour renforcer les fonds propres tout simplement, en donnant envie aux jeunes, aux moins jeunes de vouloir faire du business et créer de la valeur.

– Dislog et H&S ont certainement des dirigeants différents et indépendants les uns des autres. Mais elles ont le même président et les synergies sont évidentes… Il y a une intégration qui a été faite, vous êtes un full service provider, de la production au consommateur final…

– Dislog est la filiale de H&S. Dislog a un portefeuille de 200 marques qu’elle développe dans trois métiers : l’alimentaire, l’hygiène et la santé. Et en tant que développeur de marque et acteur de l’économie de la vie, Dislog a son indépendance totale avec son management indépendant. H&S est une holding d’investissement familial.

– Il n’en demeure pas moins qu’il y a un système qui est intégré…

– Disons que notre système d’intégration au niveau de nos métiers nous permet de pouvoir faire, sur les mêmes marques, du marketing, de l’entreposage, du transport.

– Et maintenant, la vente ?

– Chaque filiale a son propre modèle de vente, mais c’est sûr qu’il y a des synergies.

Quand on me demande quelle est notre croissance sur les dernières années, je réponds : j’ai 27% de croissance depuis quinze ans, année après année. Et sur les 27% de croissance, j’ai 10% de croissance organique, 13% de croissance liée aux acquisitions d’entreprises et 4% de croissance qui vient de la synergie entre les filières du groupe.

Je ne connais pas beaucoup d’entreprises qui progressent de 27% par an, année après année, pendant quinze ans. En fait, c’est ce modèle de build and run qui nous permet d’avoir de la croissance organique de par nos opérations de gestion courante, et en même temps de la croissance liée à nos acquisitions et de la croissance liée à nos synergies.

– Pour que l’intégration soit complète, il faut la production. Vous ne citez pas la production.

– En 2020, on s’est intégrés dans la production en rachetant une usine de produits d’entretien et de produits de détergents. Ensuite, on a investi dans une usine de gâteaux et de biscuits avec nos partenaires égyptiens. Puis nous avons investi dans une autre usine de produits pharmaceutiques qui fabrique des médicaments, mais aussi de la dermo-cosmétique et des produits de beauté. Et là, on investit dans d’autres segments, notamment les dispositifs médicaux.

Et bien sûr, en Europe, on considère qu’on peut reprendre et reconduire le modèle de Dislog en Europe.

À terme, on veut aussi grandir en Europe, ça sera le prochain round, c’est de grandir en Europe à travers soit le rachat de marques, soit la fabrication de produits qu’on pourra distribuer

– Vous allez, comme on dit, scaler votre modèle ?

– En Europe, nous sommes présents dans la distribution de produits alimentaires dans huit pays. Nous opérons au Maroc et dans huit pays. À terme, on veut aussi grandir en Europe, ça sera le prochain round, c’est de grandir en Europe à travers soit le rachat de marques, soit la fabrication de produits qu’on pourra distribuer. Notre modèle est scalable, et c’est pour ça qu’un jour nous irons en bourse.

Contrairement à beaucoup de métiers, notre croissance est illimitée. Elle n’est pas affectée par l’intelligence artificielle et on peut scaler ce modèle dans d’autres pays et dans d’autres continents.

– Vous dites « un jour, nous irons en bourse ». C’est une décision ou un espoir ? Tout le monde sait que Dislog prépare son entrée en bourse…

– Je n’ai absolument encore rien annoncé pour le moment. Il y a des rumeurs et je ne peux pas répondre aux rumeurs. La seule chose que je peux dire, c’est que nous nous préparons, et que la décision et la date de l’introduction ne dépendent pas de nous, mais des autorités.

– Parlons de retail, parce que c’est un métier à part entière dans lequel vous entrez. Il y a pas mal de risques, il y a pas mal d’opportunités.

– Mais tout le business et tout l’entrepreneuriat sont basés sur le risque et l’opportunité. Les Américains disent high risk, high reward. Low risk, low reward.Je me suis déjà essayé au retail il y a vingt ans, et je me suis cassé les dents 

Objectif : 2% à 3% du marché, pas une révolution

– Comment analysez-vous le secteur du retail aujourd’hui ? Quelles sont les opportunités que vous voyez ?

– La première des choses, c’est que je m’y suis déjà essayé, et que je me suis cassé les dents il y a vingt ans. Encore une fois, la courbe d’expérience fait que la vie est ainsi. Il y a des succès et des échecs. Sur ce secteur, j’ai eu un échec et j’ai appris de cet échec.

Donc j’ai essayé de faire les choses différemment en ayant appris de mon expérience.

– Vous êtes un master franchisé sur Franprix et Monoprix, donc vous aurez des points de vente en propre et d’autres qui seront franchisés.

– Dans un premier temps, et pendant les deux premières années, on ne fera que des magasins en propre.

– Quels seront vos points forts ou vos points de différenciation par rapport au marché ?

– D’abord, on ne fera que des magasins de proximité de 400 mètres environ.

– Donc, un modèle BIM…

– C’est un modèle BIM, ou Kazyon, qui consiste à apporter dans les quartiers l’offre la plus complète avec des produits alimentaires, non alimentaires, du service et des choses où l’on peut créer des synergies avec Venezia Ice avec, par exemple, de la restauration à l’intérieur, etc.

Un retail de proximité à valeur ajoutée, mais sans hard discount

– Les produits seront marocains ?

– À 90%, les produits seront marocains. Les 10% restants seront importés de chez Monoprix et Franprix.

– Vous ne serez pas dans le hard discount ?

– Non, on sera dans les prix du marché. Nous allons nous différencier par une offre de qualité globale qu’on appelle le One Stop Shop, c’est-à-dire permettre à des familles marocaines d’entrer dans un magasin de quartier et de trouver dans un seul point de vente l’ensemble des produits dont elles ont besoin pour la semaine.

L’achat des produits se fera directement avec les fournisseurs sans passer par Dislog

– Les magasins, évidemment, vont bénéficier des nouvelles technologies, de la digitalisation ?

– Tout à fait. Une expérience rafraîchissante en termes de service.

– Ce sera une bonne affaire pour votre filiale Chari…

– Il y aura des synergies avec Chari, de la même manière qu’il y aura des synergies avec notre compagnie de transport ou notre compagnie d’entreposage. Donc l’idée, c’est d’être dans le même écosystème, mais encore une fois avec un management indépendant et aucune relation quelle qu’elle soit avec Dislog.

D’ailleurs, même l’achat des produits se fera directement avec les fournisseurs, sans passer par Dislog.

– Vous ambitionnez d’atteindre 210 points de vente d’ici 2035. Comment sera financé ce développement ?

– En partie en fonds propres et en partie en financement bancaire.

Le total de l’enveloppe d’investissement est de 1 milliard de DH, dont 500 MDH en fonds propres et 500 MDH en levées bancaires. Le premier point de vente est prévu au premier trimestre 2026.

– Ce sera un Franprix ou un Monoprix ?

– Les deux.

210 magasins en dix ans, ce n’est pas beaucoup, ça représente 2% à 3% du marché. Notre objectif n’est pas de venir bouleverser le marché

H&S prépare aussi une centrale d’achat pour les épiciers

– À Casablanca ?

– On ne sait pas encore. Ce que je peux vous dire, c’est que ce sera aux alentours de Casablanca ou de Rabat. On va probablement rester sur Casablanca pendant un moment, ensuite développer des cercles concentriques dans les alentours de Casablanca, puis à Rabat, à Tanger, etc.

Mais on ira de manière structurée, beaucoup plus lente que d’habitude. Donc, on ne bougera pas sans être sûrs que le business model fonctionne, qu’il est rentable et qu’on est en ligne avec le plan stratégique qu’on a développé.

Encore une fois, 210 magasins en dix ans, ce n’est pas beaucoup, ça représente 2% à 3% du marché. Notre objectif n’est pas de venir bouleverser le marché, mais tout simplement d’entrer dans un secteur pour nous permettre de nous développer et de pousser nos pions dans un secteur qui est en croissance, en sachant que 80% de la distribution est toujours dans le traditionnel chez l’épicier.

Quatre à cinq introductions en bourse les prochaines années

– Vous allez concurrencer l’épicier du coin…

– Non, pas vraiment, parce que nous lançons aussi une centrale d’achat, la première centrale d’achat nationale pour l’épicier, qui pourra acheter de chez nous des produits à prix compétitifs.

– Vous êtes à la tête de H&S et de Dislog. Il y a quand même des synergies, une vision globale. Vers quoi vous allez ?

– On va vers quatre introductions en bourse dans les trois prochaines années.

– Lesquelles ?

– Alors, d’abord Dislog, ensuite Building Logistics and Services, ensuite Dislog Dispositifs Médicaux, et ensuite H&S Invest Holding. Et le jour où ils seront prêts, H&S Retail Holding.

– Donc, quatre dans les trois ans et H&S Retail Holding quand ils seront prêts. Cinq au total.

– Quatre ou cinq, peut-être cinq, ça dépendra de la préparation de chacun.

Moi, je crois en la Bourse de mon pays, je crois en le fait que nos entreprises doivent aller en bourse et être totalement transparentes dans le cadre d’une gouvernance. Et je crois que l’un des facteurs de développement économique du Maroc, c’est de pousser les entreprises marocaines à aller en bourse. D’ailleurs, le nouveau modèle de développement prédit 300 introductions d’ici 2035.

Cela représente 30 par année. Certains pensent que c’est beaucoup. Et moi, je dis, on peut en réaliser 30 par année. Il suffit juste de convaincre, d’encourager. Et aussi de donner des insights, des carottes à quelqu’un qui gagne 5 MDH, 4 MDH, 3 MDH, 2 MDH par an, d’aller en bourse dans un compartiment de petites et moyennes entreprises.

Des entreprises qui gagnent 5 MDH par an, il y en a beaucoup, il y en a des centaines, des milliers et j’en connais. Et bien, dans le cadre des valorisations actuelles, ces société valent  120 MDH ou 150 MDH. C’est un montant élevé. C’est la valorisation boursière actuelle à la bourse de Casablanca. La bourse, j’y crois.

Donc, il faut deux types d’incentives.

Le premier type d’incentive, c’est de dire à l’administration fiscale : « Donnez une carotte aux gens pour que tout le monde devienne transparent ».

Le deuxième incentive, c’est pousser les gens qui vendent leurs actions à réinvestir, et leur accorder une exonération fiscale s’ils réinvestissent dans un temps d’un an ou deux ans. Et ça, ça va permettre de booster l’économie de manière rapide.

– Une dernière question, cette fois-ci sur le foot. Toute cette ferveur autour du Mondial, du football, qu’est-ce que ça vous inspire ? Et vous verra-t-on un jour dans l’économie du football ?

– Alors, d’abord ça m’inspire beaucoup de joie, beaucoup de fierté pour mon pays. Je voudrais honnêtement, comme les 35 millions de Marocains, remercier Sa Majesté pour ce bonheur qu’il nous donne.

En même temps, je pense qu’il ne faut pas oublier que c’est une étape et qu’il faut considérer ce projet comme une étape parmi plusieurs. Et donc, cette ferveur, elle doit continuer après 2030 et [il faut] réfléchir à ce qu’on doit faire après. Par contre, est-ce que je serai dans l’économie du football ? Je ne sais pas. À chaque fois qu’on a eu besoin de moi, j’ai participé.

[Nota : Moncef Belkhayat tient à terminer cet entretien par ses proverbes fétiches]

الحاجة لي ما تباع ما تشرى حرام

رضاة الوالدين خصها تبقى واقفة
ما يديها غير الكريم الزعيم و لا مرضي الوالدين

Le groupe de Moncef Belkhayat devient masterfranchisé de Monoprix et Franprix

L’entrée renforcée du groupe H&S dans le rétail va soulever un grand intérêt et des interrogations. La diversification du groupe se poursuit en effet, après la logistique, la santé, la communication, l’industrie… sans oublier la récente acquisition de Venezia Ice.

La cérémonie de signature s’est déroulée ce lundi 26 mai à Rabat, en présence d’officiels tels que Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, et Christophe Lecourtier, ambassadeur de France.

Moncef Belkhayat explique ce pas stratégique avec un brin d’humour. « J’ai toujours voulu être un épicier ».  « Avec ce partenariat, nous allons offrir aux familles une offre de proximité construite autour de plusieurs niveaux d’excellence, mêlant produits français et marocains, avec un one-stop shop dans les quartiers marocains », a déclaré Moncef Belkhayat, président du groupe H&S Invest Holding lors de la cérémonie.

« Nous allons présenter au ministère de l’Industrie et du Commerce un accord d’investissement afin d’obtenir le soutien du gouvernement pour atteindre notre objectif : créer 1.000 emplois le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.

« Ce partenariat, qui prévoit l’ouverture de 210 magasins au cours des 10 prochaines années sous les enseignes Franprix et Monoprix, s’inscrit dans la nouvelle stratégie d’expansion du groupe Casino. Les premiers magasins ouvriront dans les prochains mois, avec pour ambition de proposer une offre de proximité rapide, des produits de qualité et une forte part de références locales », a déclaré Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino.  » L’objectif est de bâtir avec H&S Invest Holding un réseau de magasins performants ».

Selon un communiqué de Casino publié dans la matinée du lundi 26 mai, il s’agit d’un « accord stratégique » qui confère l’exclusivité de la master franchise au Maroc à H&S Invest Holding pour les deux enseignes du groupe Casino. L’objectif est d’ouvrir 210 points de vente d’ici à 10 ans, sous les marques Franprix et Monoprix

« Pour H&S Invest Holding, groupe marocain multi-métiers spécialisé dans l’économie de la vie, cette alliance s’inscrit dans une dynamique de diversification de son pôle Retail. En introduisant Franprix et Monoprix au Maroc, le groupe ambitionne d’enrichir l’offre nationale de commerce de proximité en proposant des concepts novateurs ainsi que le lancement d’une centrale d’achat offrant les services adéquats aux épiceries de proximité, alliant produits alimentaires de qualité, restauration rapide, services du quotidien et expérience client digitalisée ».

Les premiers magasins ouvriront dès 2026, apprend-on de même source, « avec un positionnement axé sur la qualité, la proximité, une offre de produits frais rigoureusement sélectionnés et une forte part de références locales ». Moncef Belkhayat annonce sa volonté de créer plus de 1.000 emplois d’ici 2030.

Notons que H&S Invest Holding est un groupe marocain multisectoriel opérant dans l’industrie, la logistique, l’immobilier et les médias & communication. Actif dans l’économie de la vie, il est un acteur clé dans la production et la distribution de produits alimentaires, d’hygiène, de beauté et de santé.

Le groupe Casino est un acteur clé et reconnu sur le marché de la distribution en France, premier réseau de proximité avec près de 7.500 sous ce format, il est également le n° 2 du E-commerce non-alimentaire avec sa marque Cdiscount.

Franprix est une marque spécialisée dans la proximité en ville, autrement dit le commerce de quartier.

Monoprix a la particularité de proposer tout sous le même toit, quel que soit son budget. Elle offre une grande variété de produits en alimentaire, mode, décoration, beauté et loisirs. Ses clients peuvent y retrouver des marques propres ainsi que des exclusivités de grandes marques, ou encore des collaborations premium.

Entrepreneuriat. « La seule et unique solution pour faire grandir une entreprise, c’est le cash » (Moncef Belkhayat)

La séquence a été centrée sur les parcours de développement, de la très petite à la grande entreprise, ainsi que sur les dynamiques de croissance et la transmission d’entreprises familiales.

Moncef Belkhayat, PDG du groupe Dislog, a ouvert la séquence témoignages d’entrepreneurs en soulignant que le travail qui a été fait pour la grande entreprise n’a pas été fait de manière similaire pour la petite entreprise.

« Nos gouvernements successifs ont beaucoup travaillé pour la grande entreprise et pas assez pour la petite et moyenne entreprise, soyons clairs. Ces petites et moyennes entreprises sont souvent dans l’informel, et la question qu’on doit poser est : pourquoi la grande entreprise est-elle structurée et un contributeur important de l’impôt au Maroc ? et pourquoi la petite et moyenne entreprise est complètement en dehors du circuit ? Et puis il y a une partie de la petite et moyenne entreprise qui entre un peu dans le circuit à travers le programme de l’auto-entrepreneur ».

Pour ce qui est de son expérience, Moncef Belkhayat a évoqué un parcours de vingt ans d’entrepreneuriat.

« Il y a vingt ans, j’étais petit entrepreneur. J’ai commencé par créer une holding avec une seule personne, un seul employé. Après vingt ans, nous sommes plus de 5.000 employés, 23 filiales, avec un chiffre d’affaires global consolidé de 6,5 MMDH, opérant dans 10 pays dans le monde ».

Cash, mindset et réseautage : les ingrédients du succès

Moncef Belkhayat n’a pas manqué de partager ce qu’il considère comme la clé de la croissance d’une entreprise : le cash.

« Soyons clairs, la seule et unique solution pour faire grandir une entreprise, c’est le cash. Si vous ne sécurisez pas l’accès au financement, vous ne pouvez pas y arriver », précise-t-il.

« Ma première opération a été d’acheter Dislog. Il s’agit d’un achat, pas d’une création. J’ai acheté Dislog il y a vingt ans à un coût de 4 MDH… J’étais cadre, très bien payé, et après quatorze années d’expérience, j’ai fait un cycle exécutif dans une université américaine et j’ai rencontré des professeurs qui m’ont expliqué que la meilleure manière d’être épanoui, c’est de devenir entrepreneur. Je suis revenu quatre mois plus tard avec l’idée de le devenir », poursuit le PDG de Dislog.Mindset d’entrepreneur : faire des sacrifices et prendre des risquesPour Moncef Belkhayat, tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur. Il s’agit d’un état d’esprit, d’un mindset caractérisé par une appétence pour le risque.

« Faire des sacrifices, prendre des risques, accepter de contracter des crédits et de payer des intérêts. Il y a des jeunes qui considèrent que prendre un crédit et payer des intérêts est haram. D’ailleurs, j’invite la CGEM et le GPBM à ouvrir un débat national sur le fait de savoir si prendre un crédit est halal ou haram« .

Moncef Belkhayat revient ensuite sur l’importance du réseautage et de la qualité des relations professionnelles.

« Il y a vingt ans, acquérir des entreprises n’était pas finançable, c’était un instrument compliqué. Je parle à beaucoup de jeunes, je leur dis : avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat, construisez votre réseau… et à partir de là, on peut se faire aider. Je me suis fait aider par Saâd Bendidi, qui était mon président à Méditel et qui m’a aidé à obtenir le crédit pour acheter Dislog », conclut-il.

La BERD injecte 25 millions de dollars dans le capital de Dislog Group

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a officialisé son soutien au groupe Dislog S.A. à travers un investissement en fonds propres de 25 millions de dollars, soit plus de 230 millions de DH.

Ce financement s’inscrit dans le cadre d’une augmentation de capital plus large, menée aux côtés d’un consortium de co-investisseurs composé de SPE Capital, la SFI (Société financière internationale), Sanam Holding, Sanlam et H&S Invest Holding, la holding familiale fondatrice du groupe.

Les fonds issus de cette opération, incluant la contribution de la BERD, serviront à refinancer les récentes acquisitions du groupe Dislog et à renforcer sa structure financière, peut-on lire dans un communiqué.

« Nous sommes très heureux de cette opération. La BERD est une institution de développement de premier plan, qui nous aidera à renforcer notre gouvernance environnementale et sociale, ainsi que notre base capitalistique. Notre stratégie de croissance par acquisitions se poursuivra, avec un accent particulier sur la santé et les solutions de santé. Nous sommes fiers d’institutionnaliser notre capital autour d’investisseurs de renom tels que la BERD, SPE Capital, la SFI, Sanlam et le family office Sanam », a déclaré le président-directeur général de Dislog Group, Moncef Belkhayat.

L’opération a reçu l’approbation de l’ensemble des autorités compétentes, notamment du Conseil de la concurrence, note le communiqué. Les conseils juridiques de la transaction étaient DLA Piper, représenté par Benoît de Monval et Thomas Helman, ainsi que Roland Berger, représenté par Amine Tazi.

Dislog Group lève 400 MDH auprès du fonds Mediterrania Capital Partners

Dislog Group et Mediterrania Capital Partners ont officialisé, ce lundi 21 avril, la signature d’un accord engageant (binding term sheet), par lequel Mediterrania Capital Partners (MCP) entre au capital de Dislog Dispositifs Médicaux (DDM) via une augmentation de capital réservée de 400 millions de DH, et ce à travers son fonds Mediterrania Capital IV.

Cette levée de fonds vise à soutenir la stratégie de développement et d’expansion du groupe et à accompagner la croissance de DDM, à la fois de manière organique et à travers des opérations de croissance externe, indique un communiqué de Dislog Group.

Ce partenariat s’inscrit dans l’ambition de consolider durablement la position de Dislog Group en tant que leader de l’économie de la vie au Maroc et au-delà, poursuit le communiqué.

Dislog Dispositifs Médicaux assurera désormais la consolidation des futures acquisitions du groupe dans le domaine des dispositifs médicaux, incluant notamment les sociétés Megaflex, Africare, Afrobiomedic et Farmalac.

« Nous sommes très heureux de recollaborer avec Dislog Group dans le secteur des dispositifs médicaux. Ce partenariat permettra à MCP de renforcer sa présence sur l’ensemble des segments de la santé au Maroc », a déclaré Hatim Ben Ahmed, Managing Partner de Mediterrania Capital Partners, cité dans le communiqué.

De son côté, Moncef Belkhayat, président-directeur général de Dislog Group, a affirmé : « Nous nous réjouissons de ce partenariat stratégique avec MCP. En seulement trois ans, Dislog Group s’est imposé comme un acteur clé dans le domaine de la santé. Notre ambition est de bâtir un leader des dispositifs médicaux, en poursuivant une stratégie d’acquisitions ciblées nous permettant de proposer une offre étendue couvrant toutes les aires thérapeutiques, tant pour le secteur public que privé, au Maroc puis sur le continent africain ».

Cette opération est soumise à l’accord du Conseil de la concurrence, rappelle le communiqué.

A noter que DDM a été conseillée par les cabinets Deloitte sur la partie financière, Hdid sur le volet fiscal, Fintrust sur le volet deal sourcing et Hilmi sur la partie juridique.

De son côté, MCP est conseillé par Dla Pipper (Benoît de Montval) sur la partie juridique et par Mazars sur le volet financier.

Dislog Group s’apprête à acquérir 70% d’Afrobiomedic pour renforcer son pôle santé

Driss Nasr, fort de plus de 22 ans d’expérience dans la cardiologie et fondateur et actionnaire unique d’Afrobiomedic, conservera 30% du capital d’Afrobiomedic et continuera de diriger l’entreprise afin de soutenir sa stratégie de croissance au Maroc et en Afrique, indique un communiqué de Dislog Group.

Cette acquisition s’inscrit dans la volonté de Dislog Group de renforcer son pôle santé et sa présence dans le secteur médical, notamment en cardiologie, poursuit le communiqué.

Fondée en 2009, Afrobiomedic est spécialisée dans l’importation et la distribution de dispositifs médicaux de cardiologie interventionnelle, cardiologie structurelle et rythmologie.

Afrobiomedic intégrera désormais le pôle santé de Dislog Group. Le groupe détient déjà plusieurs entités spécialisées, notamment Megaflex, Kosmopharm, Steripharma, Somapharma, Africare et Dislog Santé. Son pôle santé s’articule autour de trois business units couvrant l’industrie pharmaceutique, les dispositifs médicaux et les dermo-cosmétiques, formant ainsi une chaîne de valeur complète, de la fabrication de médicaments à la distribution d’équipements spécialisés pour les établissements de santé.

Cette transaction est soumise à autorisation du Conseil de la concurrence, rappelle la même source.

À noter que Dislog Group a été accompagné par la banque d’affaires Fintrust Capital (représentée par Moncef Benzakour) sur le volet M&A/financier et par maître Rachid Hilmi sur le volet juridique. Driss Nasr a été accompagné par Eurodefi Audit (représentée par Wadii Berrada Sounni) sur le volet financier et par maître Ali Filali sur le volet juridique.

Dislog Group devient le sponsor officiel du Maroc Padel Masters

À partir d’avril 2025, le circuit portera le nom de Dislog Maroc Padel Masters. Ce partenariat reflète l’engagement de Dislog Group en faveur du développement du sport et de la promotion de valeurs telles que la performance, l’esprit d’équipe et l’excellence, indique un communiqué de Dislog.

Le Maroc Padel Masters (MPM), initié par Padel Events en 2022, est une compétition de référence pour les joueurs amateurs et professionnels. Organisé en sept étapes, il contribue à la dynamique croissante du Padel au Maroc, qui compte aujourd’hui plus de 15.000 pratiquants. Chaque tournoi attire plus de 200 joueurs, dont les meilleurs nationaux et des compétiteurs internationaux.

Cités dans le communiqué, Omar El Yacoubi et Nacho Payan, co-directeurs de Padel Events, soulignent que ce partenariat avec Dislog Group représente une opportunité pour le développement du Padel à l’échelle nationale et internationale. « Nous inscrire aux côtés de Dislog Group permettra à notre circuit et, plus généralement, au padel national de prendre une autre dimension et de rayonner à l’échelle nationale et internationale dans ce sport qui nous passionne tous », ont déclaré les co-directeurs de Padel Events.

De son côté, Moncef Belkhayat, PDG de Dislog Group, met en avant l’importance du sport comme facteur de bien-être et de cohésion sociale, insistant sur l’engagement du groupe en faveur des initiatives locales. « Nous sommes ravis de soutenir cet événement qui incarne des valeurs de dépassement de soi et de convivialité. Ce sponsoring s’inscrit dans notre engagement global en faveur du développement sociétal et du soutien aux initiatives locales », affirme le PDG de Dislog Group.

L’événement réunira joueurs amateurs et professionnels et proposera, en plus des matchs, des activités interactives et des espaces d’échange pour les spectateurs. Dislog Group invite tous les passionnés de padel à venir assister à cette compétition et à partager un moment convivial autour de ce sport en pleine expansion, conclut le communiqué.