Héritage, préférence nationale et investissement : les clés de la rencontre FRMF-CGEM sur le Mondial
À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du Monde 2030, le Maroc se mobilise au-delà de la simple organisation d’événements sportifs d’envergure internationale. La rencontre organisée par la CGEM et la FRMF pour la présentation des projets de la CAN 2025 et du Mondial 2030 a été une occasion d’insister sur ce point, ce mercredi 21 mai 2025.
Au-delà des chantiers ou des projets, les intervenants ont insisté sur la vision qui sous-tend l’ensemble de ces initiatives, afin de ne pas perdre de vue l’essentiel : ces échéances représentent une opportunité stratégique pour accélérer la modernisation des infrastructures, stimuler l’investissement et renforcer la compétitivité du pays sur tous les plans.
Dans cet article, nous restituons ou résumons l’essentiel à retenir de cette rencontre.
– L’héritage : un projet national au-delà des événements
Le fil rouge de l’organisation de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030 est la volonté d’inscrire ces échéances dans une dynamique pérenne de développement. Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, l’a rappelé avec force : »L’héritage Coupe du Monde est un élément fondamental… Que la Coupe du Monde ait lieu ou non, le Royaume du Maroc s’inscrit dans une dynamique de développement claire, fixée et tracée par Sa Majesté le Roi ».
Cette vision dépasse la simple organisation d’événements sportifs : elle vise à bâtir un Maroc plus moderne, compétitif et attractif sur le long terme, en structurant l’ensemble des secteurs économiques et en améliorant les infrastructures et les compétences.
Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, insiste elle aussi sur cette stratégie d’héritage: »Notre ambition ne s’arrête pas à 2030 ni aux six villes hôtes. Ce que nous voulons, ce sont des décennies de développement touristique pérenne pour l’ensemble des régions du Maroc. Notre objectif n’est pas de construire pour laisser des coquilles vides. Il est essentiel d’assurer la pérennité des réalisations ».
Le président de la CGEM, Chakib Alj, insiste également sur cette dimension : »Nous avons cinq ans pour bâtir un héritage économique et humain durable. … La Coupe du Monde agit comme un accélérateur, mais ces projets étaient nécessaires de toutes façons ».
– Une accélération sans précédent des investissements et une préférence nationale affirmée, avec une ouverture africaine
Les investissements publics attendus sont colossaux. Chakib Alj relaie le chiffre de 1.000 milliards de dirhams d’ici 2030, avec un impact économique estimé à environ un point de base par an sur le PIB. Cet afflux de ressources a pour but de rattraper des retards historiques, d’améliorer la compétitivité industrielle et touristique du pays, et de moderniser l’ensemble des infrastructures.
Les entreprises sont les artisans et acteurs qui œuvrent pour réaliser ces chantiers. Le gouvernement marocain affirme donc clairement sa volonté de faire appel prioritairement aux entreprises nationales pour répondre aux besoins des projets liés à la CAN et à la Coupe du Monde, en invitant celles-ci à investir pour avoir la capacité de suivre et d’assurer. Le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour, a été explicite : « Investissez ! Foncez ! … Ces projets se feront avec ou sans vous… Je préférerais que ce soit avec vous. Sinon, on trouvera des alternatives ».
Dans le même temps, cette démarche s’inscrit dans une volonté d’intégrer le continent africain, en privilégiant les opérateurs marocains puis, le cas échéant, les entreprises africaines, valorisant ainsi un savoir-faire régional, comme l’a souligné Fouzi Lekjaa.
– Des capacités industrielles à renforcer
Malgré cette ambition de préférence nationale, la saturation rapide des capacités nationales dans plusieurs filières reste un défi réel. Cette saturation impose une montée en puissance urgente de la production locale.
Ryad Mezzour pointe une réalisté incontestable : »Nous n’avons pas assez investi. Il nous arrive d’être obligés de recourir à des produits étrangers, car notre capacité de production est parfois saturée ».
Cette situation rappelle la nécessité d’accélérer les investissements industriels et de mieux intégrer les TPME marocaines dans les chaînes de valeur.
– 2030, une échéance qui favorise la convergence des politiques publiques
Le calendrier imposé par la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030 favorise une convergence inédite des politiques publiques.
Face à l’exigence temporelle de ces échéances, les différents ministères, collectivités locales et acteurs économiques se retrouvent dans une coordination renforcée, alignant leurs actions et priorités autour d’un horizon commun.
Cette synchronisation sans précédent permet non seulement d’optimiser les ressources et les investissements, mais aussi d’assurer une cohérence d’ensemble dans le développement des infrastructures, des services et des programmes sectoriels.
L’événement agit ainsi comme un catalyseur pour un pilotage plus intégré et efficace du développement national, au bénéfice de la compétitivité et de la durabilité du Royaume.
– Un engouement sans précédent
Différents intervenants pendant ou après la rencontre, décrivent un engouement et un engagement sans précédent des entreprises marocaines et de tous ceux qui de près ou de loin sont concernés par ces projets inédits. Les gens ne comptent pas les heures, l’essentiel est le résultat. Ryad Mezzour lance: « quel bonheur d’être au coeur du Maroc qui gagne ». La rencontre se déroulait au sein du Complexe Mohammed VI de la Maâmora.
-Une accélération de projets qui devaient se faire
Adel Fakir, DG de l’ONDA, a eu une phrase qui résume cet aspect. Ces projets allaient se faire avec ou sans Coupe du monde. Mais ils seront prêts pour la Coupe du monde. Il parle de la nouvelle vision aéroportuaire. Cela s’applique également à plusieurs autres secteurs comme la mobilité.
-Trois questions qui se posent
La première concerne les financements des projets. Nous savons que pour de nombreux projets, peut être les trois quarts d’entre eux, les financements sont bouclés. Mais comment? Y aura-t-il un effet sur la dette publique? Et si une partie est d’origine bancaire, n’y a-t-il pas risque d’effet d’éviction?
La deuxième concerne le risque de saturation des entreprises marocaines. On l’a vu avec le BTP et les problèmes posés dans le domaine de la main d’œuvre ou des équipements.
En troisième lieu, plusieurs responsables ont répété en privé qu’un nouveau Maroc allait naître, car tout était remis à niveau, même les villes. Tout? Oui, à condition de ne pas oublier une mise à niveau de certaines mentalités et des comportements civiques.
Hôtels, animation, gastronomie… : comment le Maroc révolutionne son offre touristique
Lors de l’événement de présentation des projets de la CAN 2025 et du Mondial 2030, le secteur touristique a été tout naturellement évoqué. Car accueillir des compétitions de cette envergure ne se limite pas à la mise à niveau des infrastructures sportives : c’est l’ensemble de l’écosystème national qui est mobilisé, au premier rang duquel figure le tourisme.
Capacité d’hébergement, animation des villes, montée en gamme des prestations… À travers les interventions de Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, et de Imad Barrakad, directeur général de la SMIT, le gouvernement affiche une ambition amplifiée par la volonté de transformer ces échéances sportives en levier de développement durable et structurant pour le secteur.
99 % des visiteurs qui viennent au Maroc déclarent vouloir revenir
Depuis 2022, le tourisme marocain connaît une relance forte, avance la ministre. « 17,4 millions de touristes en 2024, un record absolu qui place le Maroc en tête des destinations africaines. Cette dynamique se poursuit en 2025, avec 5,7 millions de touristes à fin avril, soit un million de visiteurs supplémentaires en seulement quatre mois », détaille-t-elle.
« 99% de nos visiteurs déclarent que leur séjour a répondu à leurs attentes, soit 10 points de plus qu’en 2019. Et, comme je l’ai dit, 99% souhaitent revenir dans notre pays. Plusieurs de nos villes figurent d’ailleurs parmi le top 10 mondial sur les plateformes de voyage les plus influentes », poursuit-elle.
99% de nos visiteurs déclarent que leur séjour a répondu à leurs attentes, soit 10 points de plus qu’en 2019
L’objectif de la stratégie marocaine, à laquelle le gouvernement alloue un budget de 6 milliards de DH, est d’accueillir 26 millions de touristes à long terme et de placer le Maroc parmi les 15 premières destinations mondiales en 2030.
Le Momentum ainsi que les mesures d’encouragement à l’investissement touristique ont trouvé écho auprès des investisseurs, nationaux et internationaux, « dont l’intérêt est déjà visible », selon la ministre.
Au cours de ces deux dernières années, 350 hôtels ont ouvert leurs portes au Maroc. À ce jour, 850 entreprises ont été accompagnées dans le cadre du programme Go Siyaha, et trois programmes d’incubation dans les domaines du gaming, de la gastronomie et du digital accompagnent déjà 340 projets.
Effet CDM : entre 1 et 2 millions de visiteurs supplémentaires
Pour la ministre, « dans ce contexte touristique déjà très favorable, la Coupe du monde représente une opportunité en or pour franchir un nouveau cap . (…) La Coupe du monde n’est pas une fin en soi, c’est un tremplin vers un développement touristique durable ».
Fatim-Zahra Ammor chiffre l’impact de cet évènement sportif pour son secteur : attirer entre 1 et 2 millions de visiteurs supplémentaires, avec des retombées économiques importantes, dont près de 40% bénéficieront directement au secteur touristique.
« Nous prévoyons également une audience télévisée cumulée de plus de 5 milliards de téléspectateurs, offrant ainsi une visibilité mondiale inédite pour notre destination », ajoute-t-elle.
« Notre objectif n’est pas de construire pour laisser des coquilles vides »
Message important de la ministre : « Notre ambition ne s’arrête pas à 2030 ni aux six villes hôtes. Ce que nous voulons, ce sont des décennies de développement touristique pérenne pour l’ensemble des régions du Maroc. Notre objectif n’est pas de construire pour laisser des coquilles vides. Il est essentiel d’assurer la pérennité des réalisations ».
Fatim-Zahra Ammor décline la vision dans ce sens, qu’elle appelle « la stratégie d’héritage« . Celle-ci repose sur trois piliers :
Le développement d’infrastructures hôtelières en harmonie avec la vocation touristique de chaque région, et en ligne avec les besoins identifiés dans la feuille de route. « Il ne s’agira pas de changer de cap, mais de rester alignés avec nos objectifs tout en répondant aux exigences de la Coupe du monde ».
La création d’une filière de tourisme sportif permanente, qui sera intégrée à notre prochaine feuille de route. « Ce secteur n’est pas encore structuré, mais nous allons y travailler ».
La formation d’un capital humain d’excellence, qui constituera la nouvelle génération de professionnels du tourisme marocain.
Le détail de l’investissement touristique avec la SMIT
Lors du même évènement, le directeur général de la SMIT a pris le relais pour expliquer en détail ce qui se fait en matière d’investissement touristique.
De son intervention, on comprend que la stratégie marocaine tend à faire passer le Maroc d’une logique d’hébergement à une logique d’expérience.
« Dans certains pays, construire un hôtel prend neuf mois ; dans d’autres, un an, voire trois ans. Au Maroc, cela peut prendre jusqu’à cinq ans. Nous avons donc entrepris de travailler sur la réduction de ces délais. Nous avons commencé par les établissements existants, puis nous irons vers la construction de nouveaux hôtels avec, chemin faisant, la réflexion autour de l’animation touristique et la création d’un écosystème performant autour de ces infrastructures », expose Imad Barrakad.
Ce dernier assure que la capacité a beaucoup évolué. Voici les chiffres présentés :
En 2014 : 2.800 hôtels ; aujourd’hui : 5.000.
Environ 300.000 lits ou 150.000 chambres.
« En tout cas, nous évoluons, depuis deux ou trois ans, à un rythme moyen de 8.000 lits par an », résume-t-il. Un rythme qu’il juge insuffisant. « Nous travaillons à améliorer cette cadence, car 2030 approche, pas seulement à cause de la Coupe du monde, mais aussi en raison d’un train d’évolution de la demande qui est extraordinaire ».
Au Maroc, construire un hôtel peut prendre jusqu’à cinq ans. Nous avons donc entrepris de travailler sur la réduction de ces délais
Imad Barrakad dresse aussi l’enjeu : « Il faut savoir que la Coupe du monde se jouera en été, ce qui correspond aussi au pic du tourisme. Il faudra donc concilier les deux. On entend des chiffres : 1, 2, voire 3 millions de touristes supplémentaires. Aujourd’hui, nous tablons sur 3 millions. Cela nécessite de travailler sur l’investissement et la qualité de l’offre ».
D’après le directeur général de la SMIT, « les chantiers se font à deux niveaux : le premier est l’amélioration de la qualité de service, et bien sûr, nous nous préparons pour fin 2025, avec la Coupe d’Afrique. Nous nous préparons aussi pour l’après-2026, avec la création de nouvelles capacités, mais également la consolidation de l’offre d’animation ».
Environ 62.000 chambres sont concernées par la mise à niveau
Deux types de mises à niveau sont en cours, selon Imad Barrakad. La première est légère. Il s’agit de l’amélioration de la qualité de service. Des aides financières ont été mises en place et environ 62.000 chambres sont concernées dans les villes hôtes, et 98% d’entre elles sont aujourd’hui prêtes. Cela représente près d’un milliard de dirhams d’investissement, sur 736 établissements.
La deuxième est une mise à niveau structurelle. Cela signifie qu’un établissement comme le Sofitel Palais des Roses doit complètement être rénové, explique-t-il. Certains hôtels commencent à devenir anciens : ils doivent totalement être rénovés, l’équivalent d’un nouvel hôtel.
Cela concerne 12.400 chambres, dont 6.500 seront prêtes avant fin 2025, réparties sur 36 hôtels. Environ 6.000 chambres supplémentaires seront prêtes après cette date, pour un investissement total de 6 milliards de DH, avance-t-il.
« 60% de la capacité dans les villes hôtes est quasiment renouvelée ou mise à niveau. Il faudra ensuite maintenir cette qualité ».
En résumé, « d’ici fin 2025, 80 % des 68.000 chambres rénovées seront dans le segment luxe et mid-scale. À partir de 2026, 80% des projets également seront dans ces deux segments, ce qui constitue notre appareil de production principal ».
Les prochaines étapes sont la publication des nouvelles normes, prévue au second semestre 2025, annonce le directeur général de la SMIT.
« Ces normes intégreront la qualité de service. Aujourd’hui, un hôtel est jugé uniquement sur la base de critères physiques. Avec cette nouvelle réglementation, nous pourrons aussi juger la qualité du service : l’accueil, la restauration, etc. Cela donnera aux investisseurs et gestionnaires les moyens d’élever la qualité », explique-t-il.
Les nouveaux projets en cours
Actuellement, environ 27.000 chambres sont en cours de réalisation. 4.200 seront livrées avant fin 2025, 12.800 d’ici 2030, et 10.000 sont en cours d’autorisation.
« Concernant les fournisseurs, environ 1.300 ont été mobilisés sur les 6 à 7 milliards de DH investis dans la rénovation, dont 99% sont marocains. Plus de 4.000 devis ont été émis dans divers domaines : énergies renouvelables, digital, etc. Le digital a pris une place prépondérante dans cette mise à niveau, et c’était voulu. Les cahiers des charges ont été orientés dans ce sens », affirme le Imad Barrakad.
Il explique par ailleurs que l’appareil de production ne se limite plus aux hôtels. Il inclut désormais l’animation. À ce niveau, plus de 280 projets d’animation sont engagés dans le cadre de la feuille de route, pour une livraison à fin 2025, incluant le gaming (95 projets), la gastronomie (91 projets) et le digital (44 projets).
Il révèle aussi que plus de 900 projets d’animation sont prévus avant 2030, dont 324 dans l’animation sportive, 289 dans l’animation loisir et 140 dans l’animation culturelle.
Le Stade Moulay Abdellah de Rabat sera inauguré dans les prochaines semaines (Fouzi Lekjaa)
C’est ce qu’a annoncé le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), lors d’une réunion dédiée à la présentation des projets structurants liés à la CAN 2025 et à la Coupe du monde 2030, organisée ce mercredi 21 mai à Rabat par la CGEM et la FRMF.
Ce chantier emblématique constitue une « véritable source de fierté nationale », a souligné Fouzi Lekjaa, insistant sur le fait que l’ensemble des travaux a été réalisé par des compétences marocaines.
Le Stade Moulay Abdellah figure parmi les infrastructures majeures qui accueilleront la Coupe d’Afrique des nations 2025 et s’inscrit également dans le cadre des préparatifs du Mondial 2030, coorganisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Les travaux incluent la reconstruction presque intégrale de l’ancienne structure. La capacité du stade a été augmentée de 21.000 places supplémentaires, pour atteindre 68.500 spectateurs, tandis que les gradins et les espaces intérieurs ont été modernisés pour répondre aux normes internationales.
Le nouveau stade sera moderne, durable, connecté et confirme aux meilleurs standards. Il comprendra également de nombreuses loges ainsi que des espaces de conférences et d’activités culturelles.
Capsule vidéo « Mondial 2030 ». La HACA classe les plaintes du PPS, du MP et du PJD
La capsule vidéo « Mondial 2030 », diffusée par les chaînes publiques, avait suscité la colère des partis de l’opposition qui avaient considéré que ladite capsule faisait le lien entre l’organisation de la Coupe du monde 2030 et certains programmes gouvernementaux et qu’elle était de ce fait « une publicité politique interdite ».
Réuni le 8 mai 2025, le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA), affirme la HACA, a considéré que « le contenu de la capsule vidéo objet desdites plaintes ne comporte pas d’éléments relevant d’une publicité ou d’un contenu interdits ».
Le CSCA a d’abord estimé que le contenu en question ne réunissait pas les éléments constitutifs d’une publicité telle que définie par l’article 2.1 de la loi n°77.03. De même, il a estimé que « ledit contenu ne comportait pas non plus d’éléments constitutifs d’une publicité interdite de nature politique telle que définie par l’article 2.3 de la loi n°77.03 ».
« La capsule vidéo vise à sensibiliser à l’importance de l’adhésion citoyenne autour de chantiers sociaux d’intérêt national, sans qu’aucun lien explicite ou implicite ne soit fait avec une formation politique déterminée, ni que ces actions soient présentées comme la réalisation ou le bilan d’un gouvernement donné. En outre, ce contenu ne comporte aucun élément visuel (symbole, logo, couleur…) ou sonore renvoyant à un acteur politique identifié. Il affiche au contraire, les armoiries du Royaume du Maroc », argumente le CSCA.
Statuant sur le fond des plaintes des trois formations politiques, le CSCA admet que « le contenu en question mentionne plusieurs programmes à caractère social, mais estime, après consultation de différentes sources, que :
Ces programmes s’inscrivent dans des chantiers nationaux initiés par le Roi Mohammed VI ;
Leur mise en œuvre a été assurée par différents gouvernements successifs ;
Ils ont été lancés dans des contextes et à des périodes variées ;
Ces programmes ont, de plus, déjà fait l’objet de nombreuses annonces et couvertures médiatiques ».
Le verdict du régulateur
« Le contenu audiovisuel objet desdites plaintes correspond à une vidéo institutionnelle de sensibilisation, dont le message essentiel est de présenter l’organisation par le Maroc de la Coupe du monde 2030 comme un événement à portée nationale et internationale, à la fois sportive et développementale. Il met en avant les atouts du Royaume et son engagement dans divers chantiers pour relever ce défi, tant sur le plan sportif que sur le plan social », affirme la HACA.
Selon le régulateur, les dialogues et scènes inclus dans ce contenu visent à promouvoir l’implication de l’ensemble des citoyens, en particulier des jeunes, dans des actions d’intérêt général.
« Le Conseil supérieur a conclu que la capsule vidéo objet des plaintes ne contient ni promotion de positions partisanes, ni défense d’intérêts particuliers, politiques, économiques, financiers ou idéologiques. Son contenu ne contrevient pas aux interdictions prévues par les articles 1.49, 1.52 et 55 du cahier des charges de la Soread 2M« , affirme la même source.
Mondial 2030. Eduard Dervishaj, nouveau coordinateur espagnol pour l’organisation tripartite
Actuellement directeur des relations institutionnelles et des projets internationaux de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Eduard Dervishaj assurera le rôle de principal interlocuteur de la Fédération espagnole auprès de la FIFA, avec pour objectif de renforcer la coopération entre les pays organisateurs et d’assurer une coordination harmonieuse, précise la RFEF sur son site officiel.
Disposant de plus de trois décennies d’expérience dans le domaine du football international, Eduard Dervishaj a occupé plusieurs fonctions de haut niveau au sein de la FIFA, de l’UEFA et de la Fédération albanaise de football, dont il a été le secrétaire général entre 1992 et 1997, après une carrière de joueur et d’entraîneur au Dinamo de Tirana.
⚽️ Eduard Dervishaj ejercerá como responsable de la @rfef para la organización de la @FIFAWorldCup 2030.
➡️ El presidente Rafael Louzán ha anunciado este martes el nombramiento durante los Desayunos Deportivos de @europapress.
Arrivé à la RFEF en 1997 en tant que directeur de l’aire internationale, il a piloté l’organisation de trois finales masculines de la Ligue des champions, deux de la version féminine, ainsi que le projet de l’Euro 2020 à Bilbao.
Selon Rafael Louzán, président de la RFEF, cette nomination donne un nouvel élan à l’organisation du Mondial 2030, en renforçant la coopération avec la FIFA et les pays partenaires, dans l’objectif de faire de cette édition « la meilleure Coupe du monde de l’histoire ».
Le marché de construction du Grand Stade Hassan II est lancé
Il s’agit du deuxième lot dans le cadre de la réalisation du plus grand stade en Afrique, et deuxième plus grand au monde (plus de 115.000 spectateurs). Il porte sur les gros œuvres, l’étanchéité, la charpente métallique, les revêtements, les faux plafonds, la menuiserie et la peinture, tandis que le premier portait sur les travaux de terrassement. Ces derniers, qui sont quasiment achevés, ont été réalisés par la SGTM pour 356 millions de DH.
Le délai d’exécution de ce nouveau marché est fixé à 30 mois. Il courra à compter de la date prévue par l’ordre de service prescrivant le commencement de l’exécution des travaux, lequel doit être notifié dans un délai maximum de 30 jours qui suit la date de notification de l’approbation du marché. Si l’on fait les calculs, les travaux de ce présent marché devraient s’achever vers le mois de décembre 2027, comme prévu par Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), et président du Comité Coupe du monde 2030.
Sur les documents de cet appel d’offres, la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements (Sonarges), maître d’ouvrage, et l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), maître d’ouvrage délégué, précisent que le site du stade est exposé. L’agressivité du climat et de la nappe souterraine exige l’utilisation des bétons, conformément à la norme marocaine NM 10.1.008 (Norme marocaine du béton), dont l’entreprise attributaire est tenue de respecter les caractéristiques, et ce, pour chaque classe d’exposition (durabilité des ouvrages pour cent ans, classe de résistance minimale, dosage minimal en ciment, nature de ciment, teneur en air….).
Elles exigent également que tous les bétons qui seront mis en œuvre soient fabriqués mécaniquement sur le site. Des centrales à béton (dont le nombre et le rendement feront l’objet d’un dimensionnement suivant la cadence prévisionnelle du bétonnage) seront obligatoirement installées avant le commencement du bétonnage.
Exigences spécifiques pour les concurrents non installés au Maroc
Ce marché est ouvert aussi bien aux concurrents installés au Maroc qu’à ceux hors Maroc. Des exigences spécifiques sont par ailleurs imposées aux concurrents non installés au Maroc.
D’après les dispositions de ce marché, ces derniers devront présenter au moins deux attestations de réalisation des travaux de gros-œuvres, charpente métallique et lots secondaires de projets achevés durant les dix dernières années, comme suit :
– un projet de construction d’un stade de plus de 40.000 places ;
– un projet d’importance similaire d’un montant total des travaux supérieur ou égal à 6 MMDH toutes taxes comprises.
La Sonarges et l’ANEP entendent par projets d’importance similaire, les stades, les grands hôpitaux, les grandes aérogares, les complexes touristiques, les tours de grande hauteur ou autres édifices recevant du public présentant une importance similaire. Les projets de bâtiments résidentiels ne seront donc pas pris en compte. Ces critères seront pris en considération lors de l’évaluation des offres.
10 autres lots devraient être lancés
D’après les documents de ce marché, une dizaine d’autres lots devraient encore être lancés dans le cadre de ce projet. Il s’agit des :
– Lot 3 relatif à la couverture, et qui porte sur la charpente métallique, les câbles précontraints, l’enveloppe et les finitions architecturales ;
– Lot 4 relatif à l’électricité, et qui porte sur les courants forts et les courants faibles ;
– Lot 5 relatif aux fluides, et qui porte sur le chauffage-ventilation, le conditionnement d’air, et le désenfumage, ainsi que sur la plomberie sanitaire et l’incendie ;
– Lot 6 relatif aux ascenseurs et escaliers mécaniques ;
– Lot 7 relatif à la menuiserie bois, mobiliers fixes, agencement et signalétique ;
– Lot 8 relatif aux équipements de cuisine et à la buanderie ;
– Lot 9 relatif aux équipements audiovisuels et multimédia ;
– Lot 10 relatif aux aménagements extérieurs et espaces verts ;
– Lot 11 relatif aux équipements mortuaires ;
– Lot 12 relatif aux équipements biomédicaux.
Voici les différents intervenants dans ce projet :
Mondial 2030 : la responsable de la candidature espagnole sur le départ
Maria Tato a annoncé sa volonté de démissionner dans l’émission El Larguero de Cadena SER, où elle a confié traverser des jours très difficiles en raison de la pression médiatique.
« J’ai décidé de me mettre en retrait tout simplement parce que je ne supporte pas cette exposition, et je ne veux plus y rester. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé… certaines personnes restent à leur poste jusqu’à ce qu’elles soient complètement submergées. Ce n’est pas mon cas ».
Cette décision fait suite à la fuite de deux documents de travail, révélés par le journal El Mundo, montrant que le stade de Balaídos de Vigo figurait initialement parmi les 11 sites choisis, avant d’être remplacé par Anoeta. La polémique a été amplifiée par des enregistrements audio, dans lesquels on entend María Tato plaisanter sur une prétendue manipulation des résultats : « On va entrer des valeurs dans Excel pour voir ce que ça donne. Premier test sur les 800 qu’on fera jusqu’à ce que ça colle avec le résultat ».
Pourquoi Vigo a-t-elle perdu sa place ?
Pourquoi Vigo apparaissait-elle dans la première version du document et disparaît-elle dans la suivante ? Interrogée par Cadena SER, María Tato affirme qu’il s’agissait de documents de travail, parmi plusieurs feuilles Excel utilisées pour sélectionner les 11 villes hôtes espagnoles du Mondial 2030 : « Je veux expliquer cela de manière documentée, et c’est ce que je ferai demain ».
Elle précise qu’un changement de pondération dans l’un des 17 sous-critères utilisés pour l’évaluation a été appliqué, faisant passer une note de 15 à 20 points, ce qui a bénéficié à Anoeta et au RCDE Stadium de l’Espanyol : « Ce sont deux stades qui n’ont besoin d’aucune intervention pour être opérationnels. Si vous les connaissez, vous savez qu’ils sont déjà prêts à accueillir une Coupe du monde. C’est pourquoi on ne peut pas les pénaliser ».
« Il n’y a eu aucune manipulation »
María Tato réfute fermement toute accusation de fraude : « C’est aussi simple que cela. Il n’y a rien de plus. Il n’y a eu aucune manipulation. Il s’agit d’un des 17 micro sous-facteurs pris en compte, en plus de toute la documentation associée ».
À la demande de la présidence de la Fédération espagnole de football, qui a initié une enquête interne, la concernée rédigera un rapport détaillé sur la manière dont le processus s’est déroulé.
La FIFA étudie une Coupe du monde à 64 équipes pour 2030 (média)
Cette initiative, présentée par Ignacio Alonso, président de la Fédération uruguayenne de football, lors d’une réunion du Conseil de la FIFA, a reçu le soutien du président de la FIFA, Gianni Infantino, qui a qualifié l’idée d' »intéressante », rapporte le New York Times.
Pour célébrer le centenaire de la première Coupe du Monde, disputée en 1930 en Uruguay, la compétition s’étendra, rappelons le, sur trois continents, avec des matchs inauguraux prévus en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, suivis de rencontres au Maroc, en Espagne et au Portugal.
L’expansion à 64 équipes représenterait un défi logistique majeur, nécessitant une prolongation de la durée du tournoi.
Les 9 stades qui accueilleront la CAN 2025 seront prêts entre mars et août
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé, jeudi 27 février à Rabat, une réunion du comité de pilotage du suivi des projets de stades sportifs pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du monde de football 2030.
Au cours de cette réunion, le comité a passé en revue l’état d’avancement des travaux d’aménagement des neuf stades qui accueilleront les phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, et ce conformément à l’échéancier fixé. Lesquels stades devant être fin prêts entre les mois de mars et août 2025, indique un communiqué du département du chef du gouvernement.
Selon la même source, le comité a également pris connaissance de l’état d’avancement des travaux de construction du stade Hassan II à Benslimane, conformément aux normes de la FIFA, lequel sera prêt en décembre 2027 dans la perspective d’accueillir les matchs de la Coupe du monde 2030, que le Royaume organise conjointement avec l’Espagne et le Portugal.
A cette occasion, Aziz Akhannouch a affirmé que le gouvernement, conformément aux directives royales, « est mobilisé pour poursuivre les différents projets d’infrastructures sportives et veille à assurer toutes les conditions à même de garantir le succès de l’organisation par notre pays de la CAN 2025 et du Mondial 2030 », ajoute le communiqué.
Ont pris part à cette réunion la ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah, le ministre de l’Education nationale, du préscolaire et des sports, Mohamed Saad Berrada et le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa.
Un beau moment pour la culture, l’architecture et le sport : le Grand Stade Hassan II expliqué par Tarik Oualalou
Il n’est pas possible d’être un architecte novateur et de talent, sans une grande culture. Tarik Oualalou, malgré son jeune âge, fait et fera partie de cette catégorie, celle de l’architecture contemporaine marocaine de grande qualité.
Ce lundi 17 février 2025, il a présenté publiquement et pour la première fois, ce projet monumental et en tous les cas magistral, qu’est le futur Grand Stade Hassan II de Casablanca-Benslimane. Un pur moment de grâce que tout un chacun devrait écouter et, par moments, méditer. Cette présentation a été faite dans le cadre de la semaine scientifique de l’UM6P dont c’était la 5e édition.
La manière dont il évoque la modernité est intéressante et mériterait débat. Il rappelle que la tradition est « archéologique », « officielle ». Et que la culture est moderne. Il veut probablement dire en cela que la culture est vivante et que, par conséquent, elle est inventée et réinventée. Tandis que la tradition est figée, et donc muséographique. Ou, comme l’a dit un jour l’architecte français Jean Nouvel à Casablanca, la tradition a un jour été une modernité.
Oualalou n’a pas construit un bâtiment et d’ailleurs, rappelle-t-il, tous les stades se ressemblent. Mais un lieu vivant, auquel les visiteurs donneront chaque fois une tonalité. Un lieu qui s’inscrit dans l’expérience qu’est la sienne, celle des œuvres surgies de la terre et de l’eau, légères et monumentales, à l’instar de ses réalisations à l’IMA Paris, à Dubai, à Doha et à Marrakech. La tente ici n’est pas utilisée en tant que telle, mais en tant que « notion ».
Sur le stade lui-même, Oualalou explique que « c’est un stade de dernière génération qui s’appuie sur les dernières recommandations de la FIFA, avec énormément de retour d’expérience. Nous avons la chance d’avoir un partenaire, Populous, qui a construit des centaines de stades. Le stade utilise également les dispositifs techniques les plus avancés, de frugalité énergétique, de récupération des eaux, d’un arrosage intelligent… ».
En tous les cas, Tarik Oualalou inscrit sa démarche architecturale dans ce genre de réflexions et pas dans la construction architecturale. Dans le communiqué exposant le concept choisi pour le stade, il est écrit que « le projet a été conçu par les architectes de l’agence Oualalou + Choi, et par Populous, le leader mondial du design sportif ». Et, comme disait Boileau, « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». Les mots ici sont bien ciselés. Cf. vidéo ci-dessous, à partir de 3:30:00.
Tout n’est pas dit, mais l’architecte a levé un peu plus le voile sur ce futur temple mondial du sport.
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« Je voudrais quand même vous dire, je vous ai écouté avec beaucoup d’attention aujourd’hui. Et je suis absolument fasciné par l’énergie, l’optimisme et la gourmandise que vous avez tous de l’avenir. Et peut-être une certaine confiance candide dans la technologie. Nous, architectes, on a un rapport très différent avec le futur. Le thème « Shaping the Future », c’est un peu notre travail puisque l’architecture est d’abord et avant tout une promesse.
« Mais au fond, l’architecture est une discipline vieille, têtue, vénérable qui est emprisonnée dans la gravité, dans les nécessités humaines et leurs désirs. Et peut-être à cause de cette lenteur ou grâce à cette lenteur, on a eu la fonction pendant 500 ans d’imaginer à quoi ressemble le futur. Depuis, je ne sais pas comment ça marche.
« Depuis les villes idéales de la Renaissance au 15e siècle jusqu’aux élucubrations des années 60, l’architecture a eu pour fonction d’imaginer le futur de l’établissement humain. Cette fonction a presque complètement disparu. Peut-être parce que nous l’avons fabriquée. Nous avons construit et participé avec un certain enthousiasme, et sans aucune résistance, mais dans une forme de collaboration sévère, à la détérioration de notre nature, de notre planète. À la fabrication d’environnement qui empêche la gestion et la structuration des formes politiques de nos tribus. Et à la création d’espaces où nos corps disparaissent.
Dialoguer avec la culture
« Cette fonction, d’imaginer l’avenir, devient à mon sens d’autant plus importante que le futur de l’architecture, c’est le futur de l’effondrement. De l’effondrement de la vie, de l’effondrement du travail, de l’effondrement de l’histoire. Et que la seule manière de l’imaginer autrement c’est de se remettre en résistance. Et cette résistance pour moi, dans notre travail, c’est d’abord un nouvel ancrage dans la culture.
Notre seule véritable tradition au Maroc, c’est la modernité
« Je parle de la culture parce que la conversation architecturale est emprisonnée depuis cent ans dans une dualité entre tradition et modernité, alors que notre seule véritable tradition au Maroc, c’est la modernité. Et il faut sortir de cette notion. Cette notion nous emprisonne. La tradition, au fond c’est l’histoire officielle. La tradition, elle est écrite, elle n’est pas mouvante, elle est figée, elle est folklorique. Elle n’est pas un outil avec lequel on peut travailler. La tradition, elle est archéologique, elle n’est pas architecturale.
Quand il s’est agi d’imaginer le stade de Benslimane, on a voulu trouver une intersection entre les cultures
« La culture, par contre, c’est quelque chose de mouvant, d’organique, de contradictoire, de sale, de pluriel, de protéiforme. Et c’est cette conversation-là que je veux engager avec vous aujourd’hui.
« Quand il s’est agi d’imaginer le stade de Benslimane, on a voulu trouver une intersection. Tous les stades du monde se ressemblent. Vous prenez une canette de Coca, vous l’écrasez et ça ressemble à un stade. En essayant d’imaginer quelque chose qui ne pourrait être qu’ici et nulle part ailleurs.
Le Moussem marocain. Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.
« On a essayé de trouver une notion qui est celle de la congrégation. Celle qui, au Maroc, appelle les gens entre eux à se réunir de façon temporaire. La notion du Moussem, elle est incroyablement belle. C’est souvent dans un territoire rural, au milieu de nulle part, des gens qui se retrouvent dans une période courte avec la notion de la fête, de la festivité. Et au fond, un match de football, ce n’est que ça.
« Et il y a tellement peu de moments dans le monde qui sont des moments de pur bonheur, qu’on a voulu construire autour de cette de cette idée du Moussem qui est une idée de structures temporaires qui s’appuient sur cette idée de la tente. La tente, elle s’installe dans un lieu, elle peut se déplacer, se remettre. C’est une figure presque proto-architecturale. Elle existe avant le bâtiment.
Extrait de la présentation de Tarik Oualalou
« Mais c’est surtout tout ce qu’il y a autour. La tente, c’est un petit lieu dans un grand territoire. Ce que vous voyez ici, c’est le grand territoire dans lequel le stade va s’installer. Et ce qui nous importait, ce n’est pas de faire un bâtiment ni un monument mais de faire un lieu qui soit un grand lieu public qui serve tout le temps. Un stade de football, c’est utilisé de temps en temps. Et le reste du temps, c’est pas utilisé. Et donc pour nous, il fallait qu’on imagine à quoi ça pouvait servir. À d’autres espaces de sport, des espaces de jeux pour les enfants, des parcours santé, un endroit pour faire le marché. Un endroit qui s’ouvre à sa communauté. Et de l’installer dans un rapport à la nature dont je parlerai tout à l’heure.
Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.
« Le stade de Benslimane, le Grand Stade Hassan II, il a été décidé d’en faire le plus grand stade du monde. Un stade, c’est déjà une grande chose. Mais alors, une très, très grande chose devient un objet un petit peu maladroit. Donc plutôt que de le rendre plus petit, on l’a rendu beaucoup, beaucoup plus grand. La tente qui couvre le stade, au fond, prend un territoire beaucoup plus large et devient un espace protecteur de la nature. Utiliser la notion de la tente — j’utilise le terme « notion » plutôt qu’autre chose parce que ce n’est pas une image.
L’idée, la notion de tente est dans le Grand Stade Hassan II. Ici, exemples réels de tentes au Maroc et dans le monde. Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.
Ce qu’on a construit pour le Grand Stade Hassan II, ce n’est pas une tente qui existe déjà. C’est l’idée d’une tente
« La tente, elle est intimement marocaine. Mais elle est complètement universelle. La tente, elle existe en Mongolie, c’est la yourte, elle existe chez les Amérindiens, c’est le tipi, elle existe partout en Afrique. C’est une forme universelle. Et ce qu’on a construit pour le Grand Stade Hassan II, ce n’est pas une tente qui existe déjà. C’est l’idée d’une tente. C’est l’idée d’une notion. Et ce qui nous intéressait, c’est de proposer un lieu où on arrivait à proposer ce qui est intimement une part de notre ADN qui est l’hospitalité.
« Alors, c’est très intangible mais on est dans un moment de telle contraction de nos civilisations où vous allez en Europe, vous allez aux États-Unis. Partout, on rejette l’autre. Peut-être le Maroc est un des derniers lieux où le rapport à l’autre est quelque chose qui nous plaît, qui nous enrichit et qu’on veut mettre en avant.
Accueillir la Coupe du monde de football 2030, c’est montrer au monde comment on sait accueillir
« Accueillir la Coupe du monde de football 2030, c’est montrer au monde comment on sait accueillir. Et ce n’est pas une phrase publicitaire de l’office du tourisme. C’est, en fait, vraiment vrai. Et il faut que ça continue à être vrai. Et pour que ça le soit, il faut l’incarner, il faut lui donner des formes.
« Et l’idée de cette tente permettrait à la fois de dialoguer avec la culture qui est intimement marocaine mais aussi que les gens, par familiarité, s’y retrouvent. Parce que l’Américain qui va venir, le Japonais qui va venir, l’Européen qui va venir va s’y retrouver. Et ce qui nous importe quand on fabrique un projet architectural, ce n’est pas de se montrer tel qu’on est, différent. Mais c’est de montrer les intersections qu’on a avec les autres cultures. Leur donner des points d’entrée. Des moments de conversation avec nous.
Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.
« Ce moment de conversation, il commence d’abord dehors. Un match de football, c’est avant, pendant et après. Et c’est tous les lieux de l’avant, du pendant et de l’après qui nous ont intéressés.
Extrait de la présentation.
« C’est des lieux où on a voulu proposer un nouveau rapport à l’extérieur. Quand on construit un stade dans la forêt de Benslimane, on fait d’abord ça avec douceur dans la nature. Mais quand on installe une très, très grande chose, c’est compliqué de le faire avec douceur.
« Donc la nature, on doit travailler avec elle, on doit aussi la reconstruire et on doit imaginer le projet architectural comme quelque chose qui protège, pas quelque chose qui détruit. Et cette notion de reconstruire des climats, au fond, elle est incroyablement nécessaire.
Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’imaginer des bâtiments qui sont des carapaces
« En 2025, on n’a plus le droit d’imaginer des bâtiments qui sont des carapaces. L’histoire de l’architecture depuis la grotte jusqu’à aujourd’hui, c’est une histoire de mise à distance. C’est une histoire de protection. La nature est quelque chose qu’on doit ordonner et dont on doit se protéger. Sauf qu’en faisant ça, on l’a ruinée. On vit aujourd’hui la sixième grande extinction de cette planète. La moitié de ce qui vivait il y a cent ans ne vit plus. Et l’architecture doit d’abord témoigner pour la vie plus que d’être dans le confort des humains. Et pour ça, elle ne peut plus se fermer à la nature, elle doit devenir une membrane, une respiration. Et ça, ça existe chez nous.
Agir sur les climats dans les ruelles des médinas. Extrait de la présentation.
« Quand vous vous baladez dans une petite ruelle, derb, de la médina kadîma de Marrakech ou à Rabat ou à Fès, il peut faire 45 °C dehors. Quand vous êtes à l’intérieur de cette petite rue, il fait 15 °C de moins. Le vent circule, le rapport au corps change, on commence à se toucher autrement.
« La manière dont on peut fabriquer le climat change notre rapport à notre corps. À l’organisation de nos tribus. Et à la fin, dans notre rapport à la nature qui n’est plus quelque chose qui doit nous faire peur. Et ce rapport, il existe dans cet espace qui est une immense ombrière puisque, au fond, le stade, c’est un bâtiment.
Extrait de la présentation.
« Et au lieu d’être fermé, il est couvert par un immense territoire dont on pourrait considérer qu’on n’en a pas besoin. Mais qui est le lieu des oiseaux, des insectes, des animaux, des enfants, des marchés. Et c’est un lieu qui est protégé un peu de la pluie, un peu de la température. Mais il pleut quand même un petit peu. Et il fait chaud quand même un petit peu.
« C’est un lieu où l’interaction est encore indéterminée. On ne dit pas aux gens « faites ça ici ». D’ailleurs, ça ne marche jamais au Maroc. Les gens ne font jamais ce que vous voulez là où vous voulez qu’ils le fassent. Et donc l’important pour nous, c’est de donner une cimaise à l’activité humaine.
Extrait de la présentation.
« Ces lieux, ils sont dedans, ils sont dehors, ils sont minéraux, ils sont végétaux, ils sont habités, ils sont sanctuarisés, ils sont protégés et surtout ils sont changeants. Ils sont mutables.
Extrait de la présentation.
« Ce sont des lieux qui sont suspendus, qui sont enterrés, qui sont sur le sol et qui permettent que l’ensemble de ce volume puisse vivre.
« Je parle de volume avec une certaine gourmandise parce que quand on construit, on utilise beaucoup de masse. Des grandes masses. Quand on est dans un bâtiment comme ça, c’est des centaines de milliers de tonnes de matière qu’on utilise. Quand on construit avec des structures tendues, c’est d’une très, très, très grande légèreté. C’est la manière la plus efficace avec très peu de matière de fermer un très, très grand volume. Et cette légèreté-là, elle nous importe.
Quand on construit un bâtiment, on construit un univers
« La troisième notion que je voulais partager avec vous, c’est celle d’un imaginaire géographique. Parce qu’un bâtiment, c’est une toute petite partie du monde. Mais c’est un monde en tant que tel. Et cette idée est incroyablement importante pour moi. Quand on construit un bâtiment, on construit un univers. Et un univers, c’est une géographie. C’est une place dans le territoire qui se vit de très loin. Qui se vit de plus en plus proche. Qui se vit de dedans. Qui doit presque changer d’échelle.
Extrait de la présentation.
« Quand on le regarde, on ne doit pas savoir si c’est grand, si c’est petit. Il doit très vite retrouver sa place. Mais ça, ce sont des images. Et après, on doit travailler très, très dur à leur donner une incarnation réelle. Et c’est tout le travail qui a été fait durant cette dernière année. Et je dois dire qu’il a été fait avec le sentiment de participer à une aventure fabuleuse. Et ça, c’est assez génial parce qu’on n’a pas ça tout le temps. Et dans tout ce qui se passe autour de la Coupe du monde, il y a un sentiment d’appropriation qui est absolument fabuleux.
Extrait de la présentation.
« Je vais pas entrer dans des choses trop techniques, mais il y a une idée vraiment intéressante. N’importe quelle structure, pour qu’elle soit stable, quand c’est une structure tendue, elle doit avoir une double courbure pour qu’elle soit rigide. Or, quand on a dessiné la tente, elle est dessinée de façon très ventrue comme un voilage. La double courbure lui donne une forme presque de mur.
Extrait de la présentation.
« Et ici, il y a une idée qui a été développée, que je trouve délicieuse, c’est au fond que la forme ne soit pas donnée par une seule membrane mais par deux membranes. Une qui a une courbure complètement négative, celle qu’on voit de l’extérieur. Et une grande membrane qui est sous la tente, qui la rigidifie. Qui est une espèce de voûte céleste qui vient la mettre en tension par en dessous. Et cette intersection ou cet interstice entre deux mailles qui permet presque à deux objets de dialoguer entre eux, permet un monde du dehors et un monde du dedans.
« Le monde du dehors c’est cette figure géographique. Le monde du dedans, c’est ce grand univers qui est vraiment une espèce de voûte céleste qui, quand on regarde le ciel, vient tenir le territoire. Et j’ai pour habitude de dire que l’architecture est la relation que les hommes créent entre le sol et le ciel. On peut presque regarder chaque acte architectural en regardant son sol et en regardant son profil. Et ce qui se passe entre les deux, est au fond relativement peu important. Mais pour arriver à faire ça, il y a un très grand travail de maîtrise de géométrie, de modélisation. J’utilise tous ces mots pour que les scientifiques qui sont dans la salle ne nous regardent pas souvent comme les cousins débiles des semaines de la science qui nous arrivent souvent.
Il y a un travail où la technologie est utile, mais elle n’est pas déterminante
« Mais il y a un travail où la technologie est utile mais elle n’est pas déterminante. C’est un élément qui nous permet d’aller plus vite, d’aller plus loin, d’avoir une meilleure maîtrise mais en aucun cas, c’est un objectif en tant que tel.
Un objet d’une très grande simplicité, mais aussi d’une très grande complexité
Extrait de la présentation.
« La tente est elle-même faite non pas d’un voile mais de grands éléments horizontaux qui sont espacés entre eux et qui permettront de faire passer le climat. Elle tient sur 36 mâts. C’est rien du tout pour quelque chose qui fait 500 m de diamètre. Qui est immense. Chaque mât que vous voyez là tient le poids d’une Tour Eiffel. À peu près 10.000 t. Donc c’est une chose très légère qui tient sur des éléments très ponctuels. Et c’est cet effet d’étonnement presque enfantin qui est pour moi un des plaisirs architecturaux les plus importants. Vous rentrez dans une église gothique, vous ne savez pas comment ça tient. Et ce presque moment de fragilité, presque d’inquiétude nous redonne cet effet de surprise enfantine qui est pour moi un des déclencheurs de l’émotion architecturale les plus extraordinaires. Et donc, un objet d’une très grande simplicité, mais aussi d’une très grande complexité. Et tout le travail, c’est d’arriver à cette complexité.
« Je passe un film très rapidement qui est celui qui a été présenté au concours qui essaie de raconter le rapport entre Casablanca et ce territoire-là parce que c’est bien sûr le stade de la finale de la Coupe du monde, on l’espère. Mais c’est aussi le stade de deux grands clubs. Deux grands clubs historiques de la grande ville du football au Maroc. C’est le stade du Raja et du Wydad qui ça sera leur nouvelle maison. Et on a construit ce bâtiment d’abord pour eux, pour que cette appropriation puisse se faire. Pour que dans tous les lieux intermédiaires, quelque chose qui est pensé comme des questions sécuritaires, problématiques, dangereux pour la ville; ces moments de congrégation deviennent tout d’un coup des moments de fête, de plaisir, de partage et une projection pour le monde parce qu’aujourd’hui, nous sommes capables de le faire. Ça, nous le savions. Mais nous ne croyions pas complètement.
Le Maroc est un immense lieu d’invention. Un immense lieu d’expérimentation. Peut-être un des grands théâtres où l’humanité peut inventer sa place sur cette Terre au XXIe siècle
« Et pour moi, un projet comme celui-là c’est une manière de collectivement commencer à croire à ce que l’on sait déjà, que le Maroc est un immense lieu d’invention. Un immense lieu d’expérimentation. Peut-être un des grands théâtres où l’humanité peut inventer sa place sur cette Terre au XXIe siècle. Peut-être qu’on doit encore passer un peu de temps à se nettoyer, finir de se décoloniser de certains carcans, de certaines images qu’on a du mal à laisser partir. Et il faut le faire avec douceur, avec gentillesse mais aussi avec une certaine autorité qui se construit aussi dans des lieux comme cette université.
« Ce qui est important pour moi, c’est de dire non seulement on peut le faire mais que c’est un travail absolument collectif ».
[Tarik Oualalou décrit alors un cheminement expérimental, un retour d’expérience qui a permis d’arriver à cette œuvre en devenir qu’est le Grand Stade Hassan II].
« […] la terre était enfermée dans une perception vernaculaire, folklorique. On veut la sortir, l’injecter dans le monde contemporain. On a ensuite travaillé sur un bâtiment un peu plus grand en inventant l’idée d’un bloc de terre préfabriqué. Mais on a pu le faire sur une chose expérimentale et temporaire, ici à Doha (Qatar). Et en prenant ce travail d’expérimentation, on a commencé, grâce aux universités, grâce aux jeunes ingénieurs à mettre en place un matériau qui nous appartient; que l’on sait utiliser; qu’on peut d’autorité proposer. Et qui n’existait pas avant mais qui est, au fond, rien de plus que de faire un peu de cuisine. C’est un peu d’eau, un peu de terre, 2 grammes de ciment, un peu de chaux. Mais ce travail -là de mise au point, cette invention par la matière, par l’itération, c’est quelque chose dont les architectes n’ont pas besoin et pour vous, dans cette école, vous en avez l’habitude.
« Et comme vous avez un département d’architecture, je prends mon bâton de pèlerin pour vous dire que le plus important pour un département d’architecture dans une école comme celle-ci, c’est d’apprendre à expérimenter. De réapprendre à expérimenter plutôt qu’à simplement assembler ce qui existe déjà. Alors, on ne peut pas le faire sur tout et on ne peut pas le faire à grande échelle. Et on le fait de façon incrémentale sur de petits sujets. On le fait sur la fixation sur un projet, on le fait sur la dimension sur l’autre, on le fait sur le mélange sur l’autre. Et au fur et à mesure, on construit une compréhension de la matière. On en développe un rapport à sa plasticité à ses possibilités plastiques.
« Et ce qui nous a permis ensuite de faire le bâtiment permanent de l’Expo Universelle à Dubaï qui est le plus haut bâtiment en terre jamais construit. Qui est entièrement structurel, qui se tient. Qui parle du Maroc non pas parce qu’on fait des arcades, des tuiles vertes vernissées, qu’on met des motifs de zellige dessus. Ça, c’est le folklore. Il parle du Maroc par sa matérialité. Par ses jardins suspendus, parce que c’est un bâtiment qui est une ville, parce que c’est un bâtiment qui est organisé autour d’un patio, parce que c’est un bâtiment que l’on vit à travers une grande rue qui est une rampe que l’on traverse. Et on n’a pas besoin de donner une image. On a besoin de faire vivre une expérience. Et quand je disais tout à l’heure, « il faut se décoloniser un peu plus, il faut se décomplexer« , c’est de considérer qu’on n’a plus besoin de se montrer mais d’inviter les gens.
« Avant de faire le stade, et je vais terminer sur ça, avant de faire cette immense structure tendue, on en a fait une toute petite de 500 m² sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe. C’est la première structure tendue qu’on invente. C’est pas l’imitation d’une tente existante. On utilise une structure, on invente une topographie, on utilise un matériau, ici le flij, la laine de chameau qui est tissée dans le désert marocain [Le vélum de la tente noire est obtenu par l’assemblage les bandes tissées, flij, à partir de poils de chèvres et de dromadaires]. Et on commence à mettre en contrôle ces dispositifs. Ça, on continue à développer cette expérimentation à une échelle un petit peu plus grande pour le village de la COP22 à Marrakech où on fait une canopée plus grande, plus complexe qu’on continue à développer quelques années plus tard sur l’installation pour le village du FMI et de la Banque Mondiale et qui nous permet ensuite, quand on propose de faire quelque chose d’aussi grand, d’aussi fou, qui n’a jamais été fait avant, de dire « on sait le faire. » On sait le faire parce qu’on l’a déjà fait de façon incrémentale. Cette autorité-là qui doit venir de la maîtrise d’œuvre, elle se construit, elle ne se décrète pas ».
Vidéo de Tarik Oualalou (à partir de 3:30:00)
CAN Maroc 2025 : découvrez les 24 camps de base et les 9 stades du tournoi
Le Maroc se distingue une nouvelle fois en posant de nouveaux standards dans l’organisation de compétitions sportives. À la veille du tirage au sort final de la Coupe d’Afrique des Nations CAF TotalEnergies 2025, un atelier organisé à Rabat, le dimanche 26 janvier, a permis de dévoiler une innovation majeure : l’introduction des camps de base dédiés pour chacune des 24 équipes qualifiées.
Lors de cet atelier, les entraîneurs des équipes qualifiées ont été briefés sur les aspects logistiques essentiels du tournoi, notamment les hébergements, les déplacements et les calendriers des rencontres. Avec ces camps de base, chaque équipe bénéficiera d’un espace dédié, garantissant confort et performance, une première pour une CAN.
Voici la liste des hôtels servant de camps de base :
Rabat : Conrad Rabat Arzana, The View, Le Tour Hassan Palace, The Ritz-Carlton, Rabat Marriott, Fairmont La Marina, Dawliz Rabat Art & Spa ;
Casablanca : Sofitel Casablanca Tour Blanche, Le Casablanca, Barcelo Anfa Casablanca, Marriott Courtyard, Radisson Blu, Casablanca Marriott ;
Agadir / Taghazout : Fairmont Taghazout Bay, Hyatt Taghazout Bay, Hyatt Regency Taghazout, Hilton Taghazout Bay Beach Resort ;
Marrakech : Four Seasons, Fairmont, Selmane, Park Hyatt ;
Fès : Hôtel Sahrai ;
Tanger : Fairmont Tazi Palace.
Ce concept, qui associe un hôtel haut de gamme et un terrain d’entraînement exclusif à chaque équipe, a fait l’objet d’un tirage au sort spécifique au cours de cet atelier. Cette initiative marque une avancée considérable en matière de logistique et d’organisation, en offrant aux participants un cadre optimal pour se préparer tout au long du tournoi, prévu du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.
Il est essentiel de ne pas confondre les camps de base de la CAN Maroc 2025 avec ceux du Mondial 2030, deux concepts bien distincts. Comme l’a précisé Fouzi Lekjaa, les camps de base pour le Mondial 2030, organisé conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, seront au nombre de 32. En revanche, pour la CAN 2025, seuls 24 camps de base sont prévus, soit un pour chaque équipe qualifiée.
Le tournoi se déroulera dans neuf stades répartis à travers le Maroc, offrant des infrastructures modernes et adaptées aux exigences internationales. Rabat accueillera les matchs dans quatre stades, tandis que les villes de Casablanca, Tanger, Agadir, Marrakech et Fès contribueront chacune avec un stade.
Autre changement significatif : aucun terrain ne sera utilisé pour deux matchs consécutifs le même jour, une mesure qui répond aux exigences croissantes en matière de qualité des infrastructures et qui témoigne de l’engagement du Maroc à offrir des conditions de jeu optimales.
Après l’attribution des camps de base, l’attention se porte désormais sur le tirage au sort des équipes qualifiées. Cet événement très attendu déterminera la composition des groupes et lancera officiellement la dernière phase de préparation pour cette CAN prometteuse.
Mondial 2030 : le Maroc prépare 32 camps de base pour accueillir les équipes
Lors de son intervention à la CGEM, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et ministre délégué en charge du Budget, a partagé des précisions sur les préparatifs du Maroc en vue de la Coupe du monde 2030.
En plus des villes de Rabat, Casablanca, Fès, Agadir, Tanger et Marrakech, qui accueilleront les matchs, l’accent est mis sur un réseau de 32 camps de base répartis sur tout le territoire national, reflétant une vision inclusive et équilibrée.
Contrairement aux idées reçues, les équipes participantes ne résident pas nécessairement dans les villes où se déroulent les matchs. Ces camps de base offriront aux participants des infrastructures de haut niveau, notamment des hôtels et des terrains d’entraînement.
Selon Fouzi Lekjaa, ces installations nécessitent une importante mise à niveau avec au moins deux hôtels et deux terrains d’entraînement pour chaque camp, dont un principal et un secondaire pour pallier toute dégradation de la pelouse.
Le Bid Book soumis par le Maroc, l’Espagne et le Portugal met en avant un ensemble de 94 camps de base, répartis entre les trois pays : 32 au Maroc, 45 en Espagne et 16 au Portugal. Ces infrastructures combinent confort, luxe et fonctionnalité, avec des hôtels quatre et cinq étoiles ainsi que des terrains d’entraînement répondant aux standards internationaux.
Les camps de base constituent une opportunité de développement pour des régions souvent en marge des grandes compétitions sportives. Même les villes qui ne recevront pas de matchs bénéficieront d’investissements dans les infrastructures hôtelières et sportives.
Les villes concernées sont Tanger, Tétouan, Al Hoceima, Nador, Saïdia, Larache, Fès, Ifrane, Rabat, Casablanca, El Jadida, Marrakech, Ouarzazate, Essaouira et Taghazout.
Parmi les hôtels retenus figurent des établissements prestigieux comme le Hyatt Place Taghazout Bay, le Fairmont Taghazout Bay, le Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub, le Sofitel Essaouira Mogador, le Pullman Mazagan Royal Golf, le Conrad Rabat Arzana, le Michlifen Resort & Golf, le Radisson Blu Resort Al Hoceima… Ces infrastructures seront accompagnées de terrains d’entraînement modernes, incluant des académies de football et des sites sportifs de pointe.
En plus des camps destinés aux équipes, deux camps de base pour les arbitres sont prévus à Casablanca et à Madrid.
Voici la liste exhaustive des 32 camps de base prévus pour accueillir les équipes au Maroc :