Société générale devient Saham Bank (Images)

Comme annoncé en primeur par Médias24, c’est ce 18 juin que la banque révèle sa nouvelle identité visuelle. Donc, le nom de la banque devient officiellement Saham Bank.

Le lever de rideau sur le nouveau nom et la nouvelle identité s’est fait au siège de la banque en présence des médias. Juste après, ils seront révélés au grand public en levant le voile sur le logo arboré sur la façade du siège.

Le logo et l’identité visuelle sont différents de tout ce qui avait circulé jusqu’à présent.

La Société Générale Maroc (SGMB) qui a changé d'actionnaire, devient Saham Bank et dévoile sa nouvelle identité visuelle.

Selon nos informations et comme indiqué précédemment, le déploiement sera réalisé graduellement à travers un dispositif global. Ainsi, à partir du 18 juin, une campagne institutionnelle nationale dévoilera la nouvelle marque et communiquera la nouvelle promesse de la banque de Saham Group.

Le rebranding du réseau d’agences sera mis en œuvre selon un calendrier progressif.

Voici l’identité des filiales :

Saham Bank (ex SGMB) dévoile sa nouvelle identité visuelle et celles de ses filiales

Ci-dessous, les explications d’Ahmed El Yacoubi, président du directoire, lors d’une rencontre avec la presse ce mercredi 18 juin 2025:

 

La promesse de la banque qui prend désormais un nouveau départ est d’être un « accélérateur de vos ambitions ». En d’autres termes, le service client, le parcours client, vont considérablement changer dès ce mercredi 18 juin. Ce changement sera visible à plusieurs niveaux, y compris l’appli et le parcours de demande de crédit. Ahmed El Yacoubi a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un simple changement d’identité visuelle ou de nom (Saham Bank), mais d’un changement en profondeur.

Saham Bank c'est le nouveau nom de la Société Générale Maroc (SGMB) après son rachat par Saham. La nouvelle identité visuelle a été dévoilée.
La nouvelle identité visuelle de Saham Bank visible sur les frontons d’agence

Moulay Hafid Elalamy : « Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

Disparu des radars médiatiques et plus discret depuis qu’il a quitté la politique, Moulay Hafid Elalamy signe un retour sous les projecteurs en acceptant l’invitation, le 12 juin, de l’association ESSEC Maroc pour un échange à bâtons rompus et sans langue de bois, qui s’est déroulé à Paris, avec Saad Lemseffer et Anouar Azelmat, respectivement secrétaire général et président de l’association.

« Comme je ne suis plus responsable donc je peux y aller », déclare-t-il devant le parterre d’étudiants annonçant déjà la couleur.

Deux heures durant, MHE discutera avec les étudiants de multiples sujets commentant tantôt l’actualité ou passant en revue son parcours depuis ses débuts à aujourd’hui.

Celui qui est en passe de signer un important deal en reprenant la Société générale Maroc réalisant ainsi un vieux rêve, a naturellement été interrogé sur le sujet. Une question qu’il n’a pas éludée. Et de sa réponse, MHE révèle que la filiale marocaine de la SG n’était pas sur la liste des actifs à céder.

« Sogé Maroc n’était pas à vendre, j’ai créé l’opportunité »

« La Sogé Maroc est une pépite du groupe Société Générale. C’est une très belle banque qui n’était pas sur la liste des sociétés à vendre. Donc, j’ai fabriqué l’opportunité », confie le président du Groupe Saham qui est allé voir les dirigeants de la SG pour dire: « si je comprends bien la logique, un jour, vous allez devoir vous séparer (de plusieurs filiales, ndlr) parce que vous allez vendre l’ensemble de l’Afrique. Vous allez garder le Maroc et la Côte d’Ivoire. Ça fait très bizarre. Un groupe français qui est européen, qui est présent en Europe et dans deux pays africains. Ça n’a pas de sens. Donc, l’opportunité s’est créée comme ça ».

Mais si Moulay Hafid Elalamy a pu créer cette opportunité, c’est qu’il y avait un contexte favorable qu’il détaille. « Le secteur bancaire dans le monde, vous le savez bien, vit des moments compliqués. Et donc, les recentrages se font. Les fusions vont se faire davantage », avance-t-il.

Et d’ajouter: « la raison pour laquelle certaines banques européennes quittent certains marchés, c’est que le secteur bancaire est un secteur hyper complexe (…) et extrêmement contrôlé. Il se trouve que des banques européennes ou des banques françaises subissent des doubles peines. Elles sont sous le contrôle de la BCE et elles sont sous le contrôle des banques centrales locales ».

« Avec les contraintes BCE qui sont parfois exagérées d’après les experts (…) vous devenez non compétitif. Donc on vous met des menottes et on vous demande de monter sur des rings pour vous battre avec des concurrents qui, eux, n’ont pas ces menottes-là. Au fil du temps, il y a ce problème qui s’est imposé. Le deuxième, c’est que certaines banques, avec les crises qui se sont succédées, les problématiques d’inflation et les problèmes de leur clientèle qui sont parfois défaillants,… ont des besoins de fonds propres ».

Ces banques vont donc préférer « se séparer d’activités qui sont moins centrées par rapport à leurs business pour qu’elles aient une cohérence de business. Les banques qui ont des actifs en Afrique et en Asie et ailleurs, se sont séparés de ses actifs. Ce n’est pas propre au secteur bancaire, le secteur des assurances l’a fait avant. (…) Donc, la cession de la Société Générale s’est faite dans ce cadre-là », conclut-il.

L’affaire Agma racontée par MHE

Dans cet échange, MHE revient aussi sur ses débuts dans l’entrepreneuriat et comment il est passé de haut cadre, il était à l’époque secrétaire général de l’ONA, l’ancêtre du Holding royal Al Mada, à homme d’affaires.

Et c’est tout naturellement qu’il évoque, non sans humour, l’emblématique affaire Agma qui a marqué dans sa carrière ce passage du « salariat » à l’entrepreneuriat.

« Il y a un deal emblématique qui avait fait beaucoup de bruit et qui m’avait mis en avant, où j’avais ma tête sur tous les journaux comme étant presque un trafiquant, pas loin, qui s’appelait le deal Agma », explique-t-il. 

« J’étais secrétaire général du groupe ONA et j’ai réalisé qu’après plusieurs années de travail acharné, j’avais un salaire mirobolant et qu’à la fin du mois, j’avais exactement le même solde dans mon compte bancaire que celui que j’avais quand j’avais démarré au bas de l’échelle, alors que mon salaire avait été multiplié par je ne sais quoi. Ça veut dire que mes besoins ont progressé souvent légèrement plus vite que mes revenus ».

« Je voulais absolument entreprendre, donc j’ai décidé de quitter pour entreprendre. Dans le temps, le président avait refusé l’idée, en me disant pas du tout, mais c’était une décision ferme, je voulais entreprendre ».

« En quittant, j’ai acheté une participation dans une affaire qu’ils avaient, que j’avais achetée moi-même avant à 20 millions de dirhams, et qu’on m’a revendue deux ans plus tard sur une valeur d’un peu plus de 60 millions de dirhams pour une petite participation ».

Quid du financement ? Il est pris « à 100% à la banque » (AWB, ndlr), répond MHE.  « A partir de là, j’ai développé l’affaire, j’ai acheté une deuxième affaire, une troisième, et c’est devenu le premier courtier d’assurance au Maroc. J’ai été aux Etats-Unis voir la carte Marsh McLennan, qui est le premier courtier au monde, et j’ai réalisé une introduction en bourse. Une fois que j’ai réalisé une introduction en bourse, j’ai revendu une partie au même vendeur qui me l’avait vendue au départ, qui était coté en bourse, etc »,  raconte le président de Saham. 

« Et dans le temps, dans toute cette opération-là, j’ai réalisé 12 millions d’euros de bénéfices. Aujourd’hui, ça ne fait sourciller personne, mais à l’époque, c’était des montants qui ne rentraient pas dans le cerveau. Donc je suis devenu l’homme le plus riche du globe, pratiquement, pour les médias », avance-t-il. 

« Et on a tiré sur cette affaire en disant que ce n’était pas possible d’avoir vendu, revendu, etc. Mais je vous écrirai un jour cette histoire, elle est très intéressante psychologiquement. Et les gens qui avaient le plus tiré sur cette affaire-là, c’étaient mes confrères. Les gens qui étaient au même niveau que moi dans la boîte. (…) Voir quelqu’un qui, du jour au lendemain, réalise un capital, ça ne pouvait être qu’un trafic », commente-t-il. 

Il poursuit : « le dénigrement en fait partie. Vous allez le croiser de temps en temps dans votre carrière. Il faut savoir le déceler et dénigrer ce dénigrement pour pouvoir avancer dans sa carrière. Quand on n’arrive pas à vous battre, il y a une technique, c’est de vous dénigrer. Donc, surtout ne répondez jamais à cela par le dépôt du sac. Foncez quand vous êtes droit dans vos bottes, quand vous êtes sûrs de ce que vous faites ». 

Le capital qui a été réalisé dans l’affaire AGMA, explique MHE, c’est ce qui lui a permis « d’acheter une compagnie d’assurance malade qui s’appelait CNIA et une compagnie d’assurance morte (Saada). Et donc on a fusionné un cadavre avec un estropié. Et on en a fait un athlète. (…) On a travaillé d’arrache-pied en prenant des affaires qui étaient vraiment moribondes pour en faire des boîtes cotées en bourse, propres, … qui ont fini par devenir leader panafricain dans 27 pays, etc. Mais l’origine, c’est une affaire où j’ai démarré en prenant 100% d’endettement à la banque et où les embûches étaient monstrueuses et complexes ». (NDLR, la banque AWB).

Revenir à la politique : »Jamais mon capitaine »

Est-ce qu’un retour sur la scène politique est envisageable ? La question est posée à MHE par les étudiants. « Vous allez me dire que la première chose que font les politiques, c’est qu’ils mentent. Si je vous dis oui, ça va s’écrire dans les journaux (…) et si je vous dis non … La réponse est je ne peux dire que ce qui me concerne. Donc de mon côté je vous dis : ‘Jamais mon capitaine' ».

« J’ai donné à la CGEM. J’ai passé un mandat et j’ai décidé de ne pas faire un deuxième. J’étais ministre huit ans. Cela fait 11 ans, c’est une tranche de vie importante. J’ai travaillé un peu dans le business, mes aspirations sont encore dans le business, il y a des choses à faire, ça m’amuse », répond-il. 

Par ailleurs, l’ex-ministre est également revenu avec plusieurs d’anecdotes sur son mandat de ministre qui a été marqué par la crise Covid. Il commence par confier qu’il a appris sa nomination en tant que ministre « la veille de la constitution du gouvernement ».

« Ça s’appelle une douche froide, je crois. Vous savez, quand vous êtes sur une trajectoire… Je ne suis pas le seul à avoir eu cette douche froide. Mais sur le moment, c’était un drame familial parce que c’est une trajectoire qui change. Moi, je me voyais dans le business, etc. Et on avait proposé mon nom comme ministre (…) Donc vous êtes déstabilisés », avance-t-il. C’était en octobre 2013.

« Ça m’a pris quelques semaines, voire un petit mois et demi pour réaliser que j’étais en responsabilité. Puis après, c’était de dire bon, j’y suis. Il y a une vraie responsabilité. Je fais le tour du propriétaire. Il y a des briques merveilleuses qui ont été faites par mes prédécesseurs. Je peux ajouter des briques aux briques. (…) Donc j’ai réfléchi : est-ce qu’on peut passer à une accélération de ce qui a été fait ? »

« De là est venu le nom de cette stratégie qui s’appelle l’accélération industrielle. C’est comment peut-on prendre le Maroc tel qu’il est et décréter que nous allons être présents dans des secteurs et pas tous. Je n’ai pas mené tous les combats parce que c’est énorme, c’est très large. Donc j’ai choisi quelques combats », explique-t-il. Parmi ces combats, il cite l’automobile et l’aéronautique. 

« Et à partir de là, on a fait cette stratégie. Résultat de la stratégie, nous sommes passés à 62% de taux d’intégration. Ce taux est maintenant à 69% dans le secteur automobile. C’est-à-dire que 69% des composants de la voiture sont fabriqués au Maroc. Ce sont 252 usines au Maroc qui fabriquent ces voitures. Ces voitures sont passées d’une compétitivité numéro 8 au deuxième mondial et aujourd’hui, ils s’approchent du million de voitures fabriquées au Maroc avec ce taux d’intégration », se félicite-t-il. 

Et d’ajouter, « dans le secteur aéronautique, nous sommes aujourd’hui à 42% de taux d’intégration, c’est-à-dire que 42% de cet avion-là est fabriqué au Maroc. Vous avez des parties de réacteurs faites par Safran au Maroc. C’est la partie la plus complexe dans le secteur industriel ».

Sur la période de la gestion de la crise Covid, MHE fait quelques révélations

« On était en contact direct avec le Roi qui, dès le premier jour, est monté sur le pont. Je ne sais même pas si je suis censé en parler, mais je prends le risque de vous faire des révélations », dit-il. 

« Bien avant la fermeture des frontières, le Roi m’a appelé au téléphone pour me parler de la situation en disant : ‘j’ai l’intention de fermer les frontières parce qu’il faut qu’on protège les Marocains’. J’ai fait partie des gens qui n’étaient pas convaincus. Je l’avoue humblement parce que mon job, c’était ministre de l’Industrie. Et pour moi, fermer les frontières, mettre les gens chez eux à la maison, c’est tuer le pays et l’industrie du pays. J’ai fait un peu de résistance à ma façon. (…) Il était d’une fermeté totale, c’est qu’il n’y a pas d’économie qui vaille la vie d’un Marocain (…) On va protéger les Marocains. Il faut que leur vie soit sauve à tout moment ».

« Donc il a été sur le pont tous les jours (…) il a veillé au grain au quotidien. Et tout ce qui a été fait en toute sincérité, en toute transparence a été piloté par lui. Il écoutait, il prenait les avis des uns et des autres et il tranchait à la fin. (…) On a passé une période extrêmement complexe avec un contact permanent, une équipe extrêmement restreinte qui est montée au créneau ». 

Ce que pense MHE de la course pour les véhicules électriques

Le secteur automobile qui est en pleine transformation, que pense MHE des changements qui s’y opèrent?

« Le monde a changé et pour des raisons d’écologie pour lesquelles je ne suis pas certain parce que les études ne sont pas faites totalement. Il y a un grand point d’interrogation qui se pose encore sur le bilan carbone complet de l’électrique. Je ferme la parenthèse », avance-t-il.

« La décision est prise, nous allons au niveau de l’électrique dans le monde entier. Eh bien aujourd’hui, les gigafactories sont à la mode et si vous n’avez pas de gigafactory vous n’existez plus dans le secteur automobile ».

« En 2035, l’Europe aura arrêté d’accepter et de produire les véhicules thermiques et donc le véhicule électrique est en vogue et prend de l’ampleur. Il se trouve que la partie des batteries aujourd’hui n’est maîtrisée en très grande partie que par l’Asie. Je dis à mes amis européens, qui sont brillants et qui font de belles erreurs, ça s’en est une. C’est la mort progressive de l’automobile en Europe parce que l’Europe ne possède pas de technologies aujourd’hui éprouvées sur le secteur électrique et en particulier sur la batterie qui est l’élément essentiel de l’automobile », explique l’ex-ministre.

« Donc nous sommes en train d’assister à une tectonique des plaques où les Etats-Unis et l’Europe perdent du terrain alors qu’ils avaient une part importante dans le secteur automobile de par leurs décisions qui sont un peu hâtives, pas très brillantes en termes d’approche. Parce que les subventions sont données au client final, ce qui est une imbécillité profonde parce que cet argent là se retrouve dans les poches du constructeur. Il se trouve que le constructeur aujourd’hui est en majeure partie chinois », argumente MHE.

« Donc on est dans une logique où on pleure parce que les Chinois nous attaquent et on les engraisse au quotidien en donnant des subventions à l’acheteur qui achète le véhicule chinois », poursuit-il.

Saham-Société Générale. Moulay Hafid Elalamy réunit ses fonds pour préparer l’opération d’achat

Moulay Hafid El Alamy met de l’ordre dans ses affaires en vue de la concrétisation de l’opération d’achat de Société Générale Maroc et ses filiales.

Le deal porte sur la cession, par Société Générale à Saham, des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance). 

Le prix de cession sera d’environ 8 milliards de dirhams, qui seront totalement décaissés par les fonds propres de Saham sans endettement. Lesquels fonds sont issus de bénéfices d’investissements réalisés à l’international.

En prélude à cette acquisition, Moulay Hafid El Alamy recapitalise et restructure certains de ses véhicules d’investissements. Saham Outsourcing, Services Fund et Saham Education ont récemment enregistré du mouvement, tel que rapporté par nos confrères du Desk et confirmé par Médias24 à travers des sources légales et juridiques.

Saham Education connaît un changement de dénomination pour devenir Saham Horizon. Une décision entérinée lors d’une assemblée générale mixte (AGM) réunie le 3 avril dernier.

En ce qui concerne Saham Outsourcing Services Fund, plusieurs changements sont actés. Le premier concerne un changement de dénomination pour reprendre une ancienne appellation connue du groupe : Saham Finances. Le même nom que celui de l’entité qui portait le pôle assurances de MHE cédé à Sanlam. Selon les sources légales, cette décision a été prise lors de l’assemblée générale mixte réunie le 1er avril dernier. Lors de la même assemblée, les actionnaires ont décidé de modifier l’objet social pour y inclure « la prise de participation dans tout secteur d’activité ».

Le dernier changement a, lui, trait au capital. Aux fonds, donc. Des opérations décidées et entérinées lors d’AGM tenues en mars dernier. Selon les annonces légales consultées par nos soins, MHE a injecté un peu plus de 1,17 milliard de dirhams dans le capital de Saham Finances en deux temps : 604,3 MDH par incorporation des réserves et 572,3 MDH par apport en numéraire.

Au terme de l’opération, le capital social de la nouvelle Saham Finances est de 1,23 milliard de dirhams.

« Il s’agit de préparatifs standards dans ce genre d’opération », commente une source sûre. « Les fonds doivent être réunis avant d’être apportés à la filiale qui va porter la banque et ses filiales. »

Affaire à suivre…

https://medias24.com/2024/03/07/mhe-va-prendre-le-controle-de-societe-generale-maroc-deal-en-cours/

https://medias24.com/2024/03/14/mhe-de-la-compagnie-africaine-dassurance-au-cac-40-une-irresistible-ascension/

Saham-Société générale : qui sont les avocats chargés du dossier ?

Le groupe de Moulay Hafid Elalamy est accompagné par Naciri & associés, représentant marocain de la firme internationale Allen & Overy. Le cabinet est dirigé par Me Hicham Naciri, avocat aux barreaux de Casablanca et de Paris.

Pour sa part, Société Générale est assistée par Norton Rose Fullbright, autre cabinet de renommée internationale. Installée à Casablanca depuis 2011, la branche marocaine est pilotée par Me Alain Malek.

Les parties ont annoncé, ce vendredi 12 avril, la signature d’un contrat par lequel le Groupe Saham acquiert la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) et ses filiales pour 745 millions d’euros.

Complexe, l’opération ne sera officiellement consommée qu’après l’obtention des autorisations des différents régulateurs concernés, à savoir Bank Al-Maghrib (BAM), le Conseil de la concurrence, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et l’Autorité marocaine du marché des capitaux.

Analyse. Sogé-Saham, les raisons d’un deal

L’opération en cours de MHE sur la Sogé Maroc ouvre une fois encore le débat sur la présence des banques françaises au Maroc. Alors que la plupart de celles-ci niaient fermement toutes velléités de retrait depuis des années, voilà que les annonces de cessions et les rumeurs sont plus fortes que jamais.

La dynamique de retrait des banques françaises en particulier et européennes de manière générale du continent africain n’est pas nouvelle. Certaines des banques marocaines en ont d’ailleurs bien profité, en achetant des parties de réseaux ou des banques à capitaux hexagonaux ou européens individuellement dans les pays depuis le début des années 2000.

Mouvement de retrait

On se souviens du méga deal réalisé par Attijariwafa bank en 2008. En effet, la banque du groupe Al Mada a mis la main sur toutes les participations de Crédit Agricole S.A. dans son réseau de banques de détail en Afrique : Crédit du Congo (81% du capital), Société Ivoirienne de Banque (51% du capital), Société Camerounaise de Banque (65% du capital), Union Gabonaise de Banque (59% du capital) et Crédit du Sénégal (95% du capital), pour un montant global de 250 millions d’euros, soit 2,8 milliards de dirhams.

À l’époque, le groupe hexagonal justifiait son désengagement en expliquant que sa stratégie internationale « privilégie les activités de banque de proximité en Europe, ainsi que dans le Bassin méditerranéen ». Il a donc, au cours de ce même deal avec Attijariwafa bank, renforcé ces participations dans Crédit du Maroc, passant de 53% à 77% au vu du « potentiel de développement du royaume », en affichant même l’objectif de figurer parmi les cinq premières banques du pays. Durant le même deal, le groupe tricolore avait affiché son ambition de prendre une part du gâteau des crédits à la consommation à l’époque, en augmentant sa participation dans Wafasalaf, leader du marché, de 15 à 49% du capital.

Entretemps, donc, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les rumeurs de retrait des banques françaises du Maroc se sont faites de plus en plus pressantes, avec leurs lots de démentis de circonstance, que ce soit d’une manière officielle ou officieuse.

Mais la suite de l’histoire, tout le monde la connaît : Crédit du Maroc n’a pas réussi à se hisser au rang de 5e banque du pays, du moins en termes de chiffre d’affaires (PNB). Cette même participation renforcée en 2008, ou du moins une grosse tranche (63,7%), a été revendue au groupe Holmarcom fin 2022, avec un délai de 18 mois pour racheter le reste. Aujourd’hui, c’est au tour de la Société Générale de se désengager, et tout monde parie sur BMCI dans un avenir plus ou moins proche.

Une banque juteuse à vendre

Si toutes les opérations ne sont pas identiques et que chaque banque a ses propres logique et contraintes, il n’en demeure pas moins que c’est une tendance de fond qui se dessine.

Revenons tout d’abord à l’opération annoncée et confirmée de sources officieuses entre la SGMB et le Groupe Saham. Selon les divers analystes et acteurs du secteur bancaire et financier contactés par Médias24, cette opération répond à plusieurs impératifs de la part de la banque hexagonale. Selon un éminent représentant de la communauté financière nationale, ayant entre autres dirigé une grande banque de la place, trois principaux facteurs expliquent la décision de la Sogé.

Premièrement, la contribution aux chiffres et résultats de la filière marocaine sont relativement faibles, alors même que cette filiale est la plus importante et la plus rentable du groupe en Afrique. Sur un PNB africain estimé à 1,9 milliard d’euros, soit moins de 7,6% de son produit net bancaire (PNB) mondial, la filiale marocaine représente 484 millions d’euros, soit près de 26% du PNB africain, mais seulement 1,9% du PNB du groupe présent dans 17 pays du continent. Cette faible participation est, selon notre source, génératrice de surcoûts pour la banque puisque les exigences de fonds propres que nécessitent les crédits octroyés deviennent contraignantes et requièrent d’établir des priorités.

« Les participations dans des juridictions non OCDE entraînent des provisions sur les fonds propres alloués et sur les expositions-clients qui sont très pénalisantes », décrypte-t-il. Une position largement partagée par tous les experts consultés. Le troisième point soulevé est celui de la compliance. Les banques européennes sont soumises à certaines règles comme celle du KYC (Know Your Custmer), de la lutte contre le blanchiment d’argent (anti money laundering, AML) et le financement du terrorisme (FT).

« Les sujets compliance (KYC, AML, FT) peuvent devenir préoccupants car toutes ces banques sont suivies de près, y compris aux Etats-Unis. Le suivi de tout cela en Afrique exige des moyens humains et techniques disproportionnés avec la taille et la rentabilité des filiales africaines », souligne notre source. Tout en insistant sur le fait que « le désengagement des banques européennes d’Afrique, et plus particulièrement les françaises, obéit à des impératifs de gestion, de risque et de rentabilité. Ils ne sont nullement politiques ».

Des raisons financières, de compliance, et non politiques

Un point que partage un expert financier contacté par Médias24 ayant plus de 30 ans de métier au niveau national et international. « Concernant la Société Générale, il s’agit essentiellement d’un calcul financier, notamment de la valorisation relative (local/extérieur) très favorable, de la stagnation du marché et de la part de marché, de l’optimisation de la réallocation des fonds propres chers et très rares au niveau du groupe, ainsi que du peu d’appétit par rapport à la banque de détail en raison de la réglementation à laquelle ils sont soumis au niveau mondial et peut-être du risque réel des actifs localement. C’est aussi une réflexion stratégique défavorable à long terme sur la distribution/réseau physique, notamment avec le développement des e-canaux », explique-t-il.

« Ils jugent que les fonds propres sont très bien valorisés au prix proposé pour la reprise et qu’il vaudrait mieux vendre avec une plus-value pour soigner le résultat du groupe immédiatement et réallouer le capital ailleurs sur d’autres activités », ajoute notre expert.

D’ailleurs, le plan stratégique 2026 de la Société Générale présenté fin septembre dernier affirme que celui-ci est « articulé autour d’une feuille de route qui a deux objectifs : être une banque robuste et promouvoir les activités performantes et durables ». Un plan qui avait été mal reçu par la place financière, qui a sanctionné la banque. En effet, juste après l’annonce, son cours boursier a sévèrement dévissé sur la place parisienne.

Les contraintes du marché africain

Par ailleurs, les déconvenues africaines du groupe, notamment sur le segment du mobile banking, a bien échaudé la banque et restreint sa capacité de distribution. En effet, dès 2022, la Sogé s’est vu contrainte d’abandonner son portefeuille de monnaie électronique Yup, déployé à l’époque dans sept pays africains, seulement cinq ans après son lancement sur le continent. Une perte sèche par la banque qui n’a pas pu faire le poids face aux opérateurs de téléphonie, notamment l’application Orange Money, ni ceux de la Fintech.

L’arrivée de Slawomir Krupa, le nouveau directeur général de la Sogé, qui vient de la banque d’investissement, a donc accéléré les choses. « Il semble que pour le banquier d’affaires, faire un bon deal sur le Maroc était plus alléchant qu’attendre de solder les cinq banques initialement mises en vente », conjecture notre source.

En effet, des discussions étaient déjà engagées sur la cession d’actifs au Congo, en Guinée équatoriale, en Mauritanie et au Tchad. La cession de la filiale tunisienne était, elle, jusqu’à fin 2023, « en réflexion stratégique », selon la communication du groupe.

Une réflexion confirmée par un banquier d’affaires spécialisé en MNA (fusions et acquisitions) basé à Paris. Pour lui, « la valorisation de près de 8 milliards de dirhams qui circule dans la presse marocaine est assez élevée, ce qui répond aux attentes d’un groupe comme la Sogé. Un montant qui reste à confirmer car souvent, les fuites sur les enveloppes financières se révèlent approximatives. Mais en général, ce genre de deal et proposé à quelques personnes. Le groupe Saham, qui cherchait depuis un certain temps une grosse opération à la hauteur de son cash disponible, n’a pas raté l’occasion, ce qui convient à tout le monde ».

Vers une seconde consolidation bancaire ?

Aujourd’hui, tous les regards se tournent donc vers la dernière banque française présente au Maroc, la BMCI, filiale de BNP Paribas. En plus de la participation de référence du Crédit mutuel au sein de BOA-Groupe BMCE. En effet, bien que comme signalé plus haut, la situation de chaque banque est unique, les contraintes règlementaires et prudentielles sont les mêmes pour toutes les banques issues des anciennes puissances coloniales en Afrique. On l’a bien vu avec les françaises, mais aussi avec les banques anglaises qui ont entamé depuis un certain temps leurs processus de désengagement du continent.

En 2022, Barclays avait déjà clos son engagement en Afrique en se délestant des 7,4% restants de sa participation au capital de la banque sud-africaine Absa. Après elle, en 2023, sa concurrente, Standard Chartered, a vendu cinq de ses filiales africaines et prévoit de se retirer de son ultime marché en Afrique, la Côte d’Ivoire.

Côté marocain, ce mouvement de capital entamé par les banques françaises en faveur de patrons marocains ouvre un nouveau chapitre de la finance nationale. Et des voix de plus en plus audibles parlent d’une deuxième phase de consolidation du secteur au Maroc. C’est le cas de notre ancien dirigeant de banque, qui n’hésite pas à partager sa réflexion dans ce sens : « Le sujet de consolidation bancaire va se poser. Avoir 3% de part de marché quand les deux leaders sont à plus de 25% n’a pas de sens. En revanche, la loi sur la concurrence devra exclure de facto ATW et BCP de ce mouvement. Ce qui ne laisse pas trop de choix. Les nouveaux acteurs pourraient jouer un rôle. Mais ont-ils l’expérience bancaire, l’assise institutionnelle, et dans certains cas l’assise financière, pour légitimer ce rôle ? Quant aux cibles, il n’y en a que deux : BMCI et CIH. Le Crédit Agricole, compte tenu de son capital et de son rôle, est hors champ de consolidation ».

Toutefois, précise-t-il, « la deuxième vague de consolidation ne semble pas imminente. En revanche, un changement de contrôle de la BMCI est très plausible ».

En attendant, le landernau économique et financier attend avec impatience le closing de l’opération Sogé-Saham pour mieux comprendre ce deal et ses implications.

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Saham s’apprête à prendre le contrôle de la Société Générale Maroc. Annoncée il y a deux jours, cette acquisition ne sera effective qu’après la validation du Conseil de la concurrence, indiquent plusieurs praticiens sondés par Médias24.

Le groupe dirigé par Moulay Hafid Elalamy doit ainsi notifier le Régulateur de cette opération de concentration et ce, avant sa réalisation définitive. C’est une obligation prévue par la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Le rapprochement entre Saham et SGMB a ceci de particulier qu’il implique trois autorités de régulation, dont deux sectorielles, à savoir Bank Al-Maghrib sur le volet bancaire, et l’ACAPS sur le volet assurance (la cession touche également La Marocaine vie, filiale de SGMB).

Cela étant, « l’autorisation de Bank Al-Maghrib ne dispense pas les parties de la notification au Conseil de la concurrence », explique ce praticien. L’institution d’Ahmed Rahhou dispose d’une compétence « générale » en matière de contrôle des concentrations.

Notre interlocuteur fait le parallèle avec le rachat de Crédit du Maroc par le groupe Holmarcom, autre opération touchant les secteurs bancaires et financiers. Ce rapprochement, qui a eu lieu en 2022, avait fait l’objet d’une notification au Conseil et n’a été officiellement consommé qu’après autorisation de ce dernier.

Pourquoi le contrôle des concentrations ? « Il s’agit de permettre au Conseil de veiller à ce que certaines de ces opérations n’entravent pas la concurrence sur les marchés concernés et d’identifier celles susceptibles de restreindre la concurrence sur le marché national, d’imposer des conditions pour atténuer les effets anticoncurrentiels lorsque cela est possible, ou de les interdire lorsque cela n’est pas possible », lit-on dans les lignes directrices diffusée par le Régulateur.

En somme, la notification n’est pas une fin en soi. Il faut que l’opération soit validée par le Conseil.

Quand est-ce que la notification est obligatoire ?

Pour rappel, les concentrations économiques ne sont pas toutes soumises à l’obligation de notification. Les opérations notifiables sont celles qui remplissent certaines conditions, tenant notamment au chiffre d’affaires des entités concernées.

Ainsi, la notification est obligatoire :

• Si le chiffre d’affaires total mondial, hors taxes, de l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 1,2 milliard de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins une des entreprises ou un groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si le chiffre d’affaires total, hors taxes, réalisé au Maroc par l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 400 millions de dirhams et le chiffre d’affaires, hors taxes, réalisé au Maroc individuellement par au moins deux des entreprises ou groupe de personnes physiques ou morales parties à la concentration économique est supérieur à 50 millions de dirhams ;

• Ou si les entreprises qui sont parties à l’acte, ou qui en sont l’objet, ou qui lui sont économiquement liées ont réalisé ensemble, durant l’année civile précédente, plus de 40% des ventes, achats ou autres transactions sur un marché national de biens, produits ou services de même nature ou substituables, ou sur une partie substantielle de celui-ci.

MHE va prendre le contrôle de Société Générale Maroc, deal en cours

A travers sa holding Saham, Moulay Hafid Elalamy est en train de finaliser l’opération de prise de contrôle de la Société Générale Maroc. Après le rachat de la part française, il deviendra actionnaire majoritaire de cette banque.

Le processus d’acquisition n’est pas finalisé mais les formalités, qui sont longues, sont en cours, et les deux parties se sont mises d’accord.

Le deal porte sur la cession, par Société Générale à Saham, des 57,66% que la banque française détient dans le capital de sa filiale marocaine. L’opération inclut les filiales de la Société Générale Maroc, notamment Eqdom (crédit), Sogelease (leasing), La Marocaine Vie (assurance). 

Le prix de cession sera environ de 8 milliards de DH, qui seront totalement décaissés par Saham sans endettement.

L’actionnariat actuel de la Société Générale Maroc se compose comme suit (source : AMMC / SGMB) :

En quelques mois, avec CDM, deux des trois banques françaises installées au Maroc passent donc sous giron marocain.

Notons que notre confrère Maroc Hebdo a été le premier à révéler cette information. Ci-dessus, nous apportons des précisions importantes qui complètent cet article.

https://medias24.com/2023/06/08/le-groupe-societe-generale-cede-4-de-ses-filiales-sub-sahariennes/

Protection sociale : Voici les objectifs des conventions signées devant le Roi

Trois conventions-cadres, marquant le démarrage de la mise en oeuvre du chantier de la généralisation de la protection sociale, ont été signées devant le Roi Mohammed VI ce mercredi 14 avril, au palais royal de Fès.

Elles portent sur la généralisation de l’assurance maladie obligatoire de base, au profit des commerçants, artisans, professionnels et prestataires indépendants, soumis au régime de contribution professionnelle unique, au régime de l’auto-entrepreneur ou au régime de la comptabilité, des artisans et professionnels de l’artisanat et des agriculteurs.

2,9 millions de bénéficiaires

2,9 millions de professionnels sont concernés, par ces conventions-cadres. Celles-ci ne contiennent pas les aspects techniques de l’intégration de ces professions au régime AMO, comme nous l’expliquent plusieurs parties prenantes.

Il s’agit plutôt d’une déclinaison sectorielle de la loi-cadre sur la protection sociale pour définir les responsabilités de chaque partie, fixer les échéanciers et engager les parties prenantes à respecter les délais.

« Les conventions contenaient les principes du chantier et des références aux textes de lois qui doivent être mis à jour pour être conformes aux objectifs qui ont été tracés par l’initiative royale. Les textes et les étapes qu’il faut respecter » nous explique, Mohamed Ammouri, Président de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (Comader).

« Le rôle de notre fédération est de sensibiliser les agriculteurs pour adhérer au système, pour qu’eux et leurs familles, soient couverts et profitent de cette protection, où l’Etat participe avec une part importante de financement », ajoute-t-il.

« Les détails techniques sont en cours de finalisation, avec le ministère de l’Agriculture qui a fait le recensement de la population rurale des producteurs. Il a défini une assiette, sa structuration, les revenus… Ce travail a été présenté à la Comader et aux différentes interprofessions qui prennent le relais, en expliquant le chantier aux populations-cible, le mécanisme de contribution de chacun, au prorata de son revenu, dans le cadre d’une mutualité,…  » avance le président de la Comader.

Les engagements de l’Etat

En effet, les conventions-cadres ont consigné les engagements de chaque partie signataire, l’Etat d’un côté, représenté par les différents ministères signataires et les représentants des professions bénéficiaires de l’AMO.

L’Etat s’engage à « mettre en place les mécanismes nécessaires, à l’application effective de l’assurance maladie obligatoire de base pour les bénéficiaires » et à « prendre toutes les mesures d’ordre législatif et institutionnel « , permettant l’aboutissement du chantier.

Il s’engage aussi à « développer les aspects administratifs ainsi que ceux liés à la gouvernance de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, pour accompagner la généralisation de l’AMO » et à « réformer et améliorer le système national de santé, pour fournir des services de santé de qualité aux assurés et à leurs familles ».

Il est, également, question de l’engagement de l’Etat à « fournir des services et un panier de soins similaires, à ceux dont bénéficient les salariés du secteur privé, dans le cadre de l’assurance maladie obligatoire de base ».

Sur l’aspect financier, l’Etat s’engage à « mettre en place les mécanismes nécessaires pour assurer, le transfert des sommes encaissées, au titre des droits complémentaires prévues par la loi de finances pour l’année 2021 ».

Enfin, l’Etat s’engage à « mener des actions de sensibilisation aux niveaux national, régional et local visant à expliquer, tous les aspects liés au système d’assurance maladie obligatoire de base » et à « soutenir les initiatives des fédérations, des  coordinations visant à sensibiliser et accompagner les bénéficiaires, pour souscrire au régime de l’AMO ».

Les engagements des fédérations signataires

Plusieurs représentations professionnelle ont signé les conventions-cadres. Il s’agit de la CGEM, de la Fédération des Chambres de Commerce, de l’Industrie et de services, de la Fédération des Chambres d’artisanat, de la Fédération des Chambres d’Agriculture et de la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural.

Celles-ci s’engagent à appliquer le contenu desdites conventions, en encourageant les bénéficiaires à adhérer au régime.

Elles s’engagent à « fournir le soutien logistique, nécessaire afin d’accompagner les bénéficiaires, dans l’opération d’inscription au régime » et à « prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter ce processus ».

Elles doivent également « organiser des campagnes de sensibilisation et de communication, pour expliquer le nouveau régime et ses mécanismes, aux niveaux national, régional et local et organiser des sessions de formation, au profit des bénéficiaires ».

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Contrôle à l’importation : Le Maroc serre la vis

L’Association nationale des professionnels de la céramique et du second œuvre (Apisa) a publié vendredi 17 juillet un communiqué pour dénoncer le renforcement du contrôle à l’importation.

« Depuis le début du déconfinement, les opérateurs économiques opérant dans le secteur de la distribution de manière générale et les membres de notre association en particulier font l’objet d’un harcèlement de la part des trois entreprises étrangères agréées par le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie Verte et Numérique pour procéder au contrôle de la conformité à la norme marocaine », reproche le président de l’APISA, Youssef Belkaid.

« Cela, en ayant recours à des méthodes qui ne reposent sur aucune légalité. De ce fait, elles sont en infraction avec la loi marocaine 24-09 relative à la sécurité des produits et des services », accuse-t-il. 

« Elles (sociétés de contrôle, ndlr) bloquent les marchandises au post-frontière et prélèvent en toute illégalité des échantillons qu’elles envoient par la suite au laboratoire aux frais de l’opérateur qui doit attendre les résultats pendant plusieurs jours avant de pouvoir sortir la marchandise. Ceci engendre un montant important de magasinage et surestaries et retarde la livraison de plusieurs chantiers structurants de notre pays », avance l’APISA dans son communiqué.

« Nous n’avons pas de remontée de terrain sur des problématiques saillantes. Je confirme que le contrôle normatif a été externalisé et la céramique fait partie des produits contrôlés à l’arrivée et non pas au pays d’origine. Les prestataires privés appliquent des normes rigoureuses », commente une source du dossier.

« Peut-être que les importateurs se plaignent de plus d’échantillons prélevés et plus d’analyses, mais c’est tout à fait normal. Ces bureaux ont aussi leur propre gestion du risque qui est dictée par le ministère de tutelle qui leur donne les orientations à suivre. Mais globalement, s’il y a plus de prélèvements et plus d’analyses, cela démontre qu’il y a plus de rigueur. C’est tant mieux », poursuit notre expert. 

De son côté, le ministère contacté par Médias24, répond aux accusations des importateurs de céramique en rappelant « qu’en vertu de la loi, la responsabilité de la conformité de tout produit mis sur le marché incombe au producteur, qu’il soit fabricant local ou importateur ». 

En ce qui concerne la procédure, « dans plus de 80% des cas, l’évaluation de la conformité est faite sur la base d’un contrôle documentaire. Les 20% restants font l’objet d’une inspection physique qui peut déboucher sur un prélèvement d’échantillons à analyser par un laboratoire agréé ». 

« S’agissant de la céramique, un focus a été fait sur les importations réalisées depuis la mi-juin pour s’assurer de la conformité des produits avec la reprise des chantiers de construction. Au cours de l’année 2020, même les carreaux céramiques ne dérogeront guère à la règle des 80-20 des dossiers respectivement contrôlés via un examen documentaire et visite physique », ajoute le ministère notant que « les contrôles à l’importation ont abouti au refoulement de plus de 153 tonnes de carreaux céramiques non conformes au de titre l’exercice 2019 ». 

Nouveau système de contrôle des produits industriels

Ce que l’APISA qualifie de « harcèlement » depuis le déconfinement, n’est en réalité que l’entrée en vigueur totale du nouveau système de contrôle des produits industriels mis en place par le ministère du commerce et de l’industrie début février 2020.

Un nouveau système qui a été appliqué progressivement avec une période transitoire qui devait prendre fin le 20 avril 2020. Mais crise sanitaire oblige, la période de transition a été prolongée jusqu’au 20 juin dernier, date à laquelle l’entrée en vigueur du nouveau système a été actée. 

De quoi s’agit-il exactement ? C’est une réforme engagée par le ministère de l’industrie depuis 2016 qui a commencé par la dématérialisation des procédures de traitement des dossiers jusqu’à la délégation au cours de l’année 2019 du contrôle de la conformité des produits industriels à des entreprises spécialisées sur la base de cahiers de charges précis. Trois organismes d’inspection agréés ont été choisis par le ministère. Il s’agit de  Applus Fomento, Bureau Veritas et TUV Rheiland.

L’objectif annoncé depuis le début de cette réforme est « d’assurer une meilleure protection du consommateur quant aux risques à l’usage des produits industriels non conformes et à sauvegarder les intérêts économiques, une plus grande fluidité dans les opérations d’importation des produits industriels et une concurrence loyale entre les opérateurs », et de mettre fin à plus de « 25 années de pagaille » dans les procédures d’importation, pour reprendre les termes du ministre Moulay Hafid Elalamy lors d’une des conférences tenues à ce sujet.

De ce fait, à partir du 20 juin dernier, les sociétés chargées du contrôle des produits industriels importés doivent procéder à l’évaluation de la conformité de ces produits selon un schéma bien déterminé.

Comme le précise le ministère de l’industrie dans l’une de ses communications, le contrôle est effectué au niveau des postes frontières du Royaume pour un ensemble de produits et il est effectué dans les pays d’expédition pour le reste des produits industriels. Les produits concernés par le contrôle à l’entrée sont :

– Les pièces de rechange automobiles suivantes : pneus, batteries, garnitures de frein, vitrage, éléments filtrants, câble de commande mécanique.

– Les produits de construction suivants : carreaux céramiques, ciment, feuilles d’étanchéité, les produits sanitaires, la robinetterie, tubes en matière plastique.

– Les panneaux en bois.

– Les appareils de chauffage à gaz et les chauffe-eaux à gaz.

– Le fil machine et le fer à béton.

– Les articles d’habillement autres que les vêtements de travail.

– Les chargeurs pour téléphones portables et les disjoncteurs.

– Les couvertures, les tapis, les moquettes et les tissus d’ameublement.

– Les couches pour bébé.

Selon un expert dans les procédures d’import/export, la procédure est somme toute simple.

« Lorsque la douane établit la déclaration d’importation dans le système Portnet pour un produit concerné par le contrôle de conformité, l’information remonte dans du système d’information du ministère de l’industrie. Les sociétés d’inspection délégataires procèdent alors au contrôle. Elles peuvent admettre c’est-à-dire donner le certificat de conformité après étude documentaire seulement, comme elles peuvent prélever un échantillon et procéder à son analyse. A la fin du processus et en fonction des résultats, elles délivrent ou non à l’importateur l’autorisation d’accès au marché », nous explique-t-on. 

Du protectionnisme déguisé en contrôle ?

Mais pour l’APISA, il s’agit de protectionnisme pur et dur. « Nous ne sommes pas sans savoir que ces comportements reflètent la tentation protectionniste ambiante. Pour cela, nous voudrions attirer l’attention de Monsieur le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Verte et Numérique que nous assistons au retour des vieilles recettes éculées, dépassées et d’un autre temps. Ici, les idées sont simplistes, plus de protectionnisme. Il suffit d’installer des barrières tarifaires et non tarifaires et de soutenir les vieilles fabriques d’un autre âge et servir n’importe quoi à un consommateur qui n’aura que le choix d’acheter leurs produits à n’importe quel prix », tonne le président de l’APISA.

« Le Maroc est un pays qui dispose d’une production. Si on ne protège pas par le tarif, on peut protéger par les normes. Nous sommes arrivés tout de même à un niveau de qualité et de standing dans notre production où on ne peut pas permettre à n’importe quel produit d’accéder à notre marché. Il y a des pays qui sont en crise et essayent de déverser leur excédent sur le maillon le plus faible qui n’a pas de contrôle, pas de normes… Ce n’est plus envisageable pour le Maroc. Derrière tout cela, il y a aussi la politique industrielle et commerciale du pays qu’il faut respecter », commente un expert en import/export. 

Le ministère pour sa part explique que « le Maroc s’est engagé depuis des décennies dans la voie de l’ouverture économique comme une option stratégique. Il respecte scrupuleusement ses engagements internationaux y compris en ce qui concerne les mesures non tarifaires. Le dispositif national de contrôle a été mis en place en convergence avec la législation de l’Union Européenne qui est notre principal partenaire économique et qui constitue un benchmark de référence au niveau mondial. Ce dispositif de contrôle est conforme aux pratiques internationales en la matière et est en constante amélioration pour tenir compte de l’évolution de la réglementation et des pratiques des opérateurs du commerce extérieur marocain ». 

Pour un marché local plus sélectif 

Il est vrai que la politique générale actuelle de l’Etat en matière de commerce extérieur va dans le sens de la préservation du marché intérieur plus que celui de sa protection. L’objectif déclaré est de laisser la place à l’industrie locale pour qu’elle puisse évoluer et performer. 

Cette politique qui se manifestait par des mesures disparates semble disposer depuis quelques mois d’une cohérence d’ensemble qui a été accentuée et accélérée avec l’éclatement de la crise sanitaire. Elle est visible à travers un ensemble de décisions prises par le gouvernement.

Cela a commencé d’abord par un recours plus prononcé aux mesures de sauvegarde et d’antidumping sur un ensemble de produits au cours de ces dernières années. Le mécontentement de certains acteurs importateurs a poussé à maintes reprises, le ministre Moulay Hafid Elalamy à éclaircir sa position sur ce point. 

« Nous défendrons bec et ongles nos opérateurs marocains contre des agressions qui ne sont pas ‘fair’ (justes, ndlr); c’est-à-dire quand on transgresse les règles de l’OMC ou un accord de libre-échange. Nous serons extrêmement fermes et intraitables. En revanche, le Maroc n’est pas là pour protéger les entreprises défaillantes. Ce n’est pas l’objectif du Maroc de dire je protège mon économie… Nous protégeons notre économie contre les agressions anormales. Mais les agressions commerciales techniques où les gens sont meilleurs que nous en compétitivité, on n’y peut rien… sauf que l’OMC prévoit une protection pour une période déterminée lorsqu’un secteur est en phase de décollage, le temps qu’il passe de petite pousse à arbre. Dans ce cas-là, nous pouvons l’utiliser », avait-il déclaré lors de l’université d’été de la CGEM le 13 septembre 2019. 

Dans le sillage de l’activation des mesures de sauvegarde, le Maroc a clairement annoncé son intention de réviser l’ensemble des ALE qui montrent des déséquilibres flagrants. Ce fut le cas avec la Turquie. D’ailleurs, la procédure de réexamen de l’accord de libre échange a bien été entamée. Il semble qu’un nouvel accord ait été trouvé mais l’élan de cette révision a été freiné par la crise sanitaire lié au Covid-19.

Parmi les autres mesures appliquées par le Maroc, la hausse des droits communs d’importation sur les produits finis de consommation qui sont passés de 25% à 40% entre 2019 et aujourd’hui grâce à deux hausses successives.

S’ajoute à cela l’activation du bouclier normatif. L’arsenal normatif marocain est en plein renforcement depuis plusieurs années avec pour objectif de verrouiller la qualité des produits offerts à la consommation. C’est bien là l’objectif premier. Vient ensuite celui de la protection du tissu productif.

Face à cette politique de plus en plus affichée et assumée du gouvernement, qui est soit dit en passant à saluer, il y a des gardes fous importants et nécessaires à mettre en place. Il faut s’assurer de la qualité et du rapport qualité-prix dans la production marocaine. Il faut vraiment accompagner la compétitivité de l’industrie marocaine en agissant sur les défaillances structurelles.

Il faut surtout et avant tout s’assurer des bonnes conditions d’une concurrence loyale. Car l’objectif ultime est de faire prospérer des entreprises marocaines qui créent des emplois et de la valeur ajoutée locale en fabricant des produits de bonne qualité et au meilleur prix pour des Marocains qui consommeront ces produits volontiers et non pas parce que c’est le seul choix accessible à eux. 

Vers le développement d’un nouvel écosystème autour de la « connectique »

Sur son compte Twitter Moulay Hafid Elalamy annonce avoir tenu une réunion de travail, mardi 11 juin à Osaka, avec Tetsushi Tado, CEO de Nippon Paint Holding, un des leaders mondiaux de la peinture industrielle, sur les opportunités d’investissement du groupe au Maroc.



MHE a ensuite rencontré Osamu Inoue, président du groupe Sumitumo Electric, premier employeur privé au Maroc. Ces derniers ont eu des échanges sur les perspectives de développement d’un écosystème autour de la connectique et les activités R&D.



Mercredi 12 juin, MHE a rencontré Shusaku Nagae, Président de Panasonic Corp., au siège de la société à Osaka.



Ensuite une rencontre a été organisée avec Marehisa Ishino, président d’AGC Automotive Company, un leader mondial de la fabrication de produits en verre et produits chimiques. Les deux personnalités ont eu des discussions sur les perspectives de développement des activités du groupe au Maroc.



Enfin, le ministre de l’Industrie a tenu une réunion de travail avec Toshimitsu Imai, directeur général délégué, responsable de la division Afrique de Toyota Tsucho.



Emplois industriels : 81% de l’objectif du PAI atteint selon MHE

« La dynamique de création d’emplois s’intensifie, en effet, depuis le lancement, en 2014, du Plan d’Accélération Industrielle (2014-2020). Le secteur a créé 405.496 nouveaux emplois entre 2014 et 2018 et réalise ainsi près de 81% de l’objectif fixé par la stratégie industrielle », affirme un communiqué publié par le département dirigé par Moulay Hafid Elalamy. 

Depuis la polémique sur la création d’emplois dans le secteur industriel entre le HCP et le département d’Elalamy, le ministère de l’industrie a décidé d’adopter une méthodologie différente pour comptabiliser les créations d’emplois dans son secteur. Une méthodologie qui se veut « exhaustive » selon le ministre qui l’avait présentée pour la première fois début 2018. « Nous avons listé toutes les entreprises industrielles formelles et nous avons croisé leurs données avec la CNSS pour ressortir les chiffres présentés », expliquait le ministre.

Ainsi, sur la base des données recueillies auprès de la CNSS par le ministère, le secteur a créé 405.496 emplois nouveaux entre 2014 et 2018. Notons qu’en mars 2018, le ministère a annoncé qu’entre 2014 et 2017, le secteur industriel a créé 288.126 emplois. Les chiffres de création par année, présentés en 2019, sont donc plus élevés que ceux présentés en 2018 (52.376 nouveaux emplois en 2015, 76.227 en 2016 et 89.884 en 2017).

Selon l’étude réalisée en 2019,le ministère avance que 49% des emplois créés sont occupés par des femmes, et plus de 21% des créations sont le fait d’entreprises mises en place suite au lancement du PAI. 

L’étude indique également, que le secteur de l’automobile enregistre la plus forte création d’emplois (116.611 postes créés entre 2014 et 2018, soit 28,8% du total des créations), reflétant la forte dynamique de croissance dans laquelle il s’inscrit. Il est suivi du textile avec 79.300 emplois créés (19,6%), de l’offshoring (69.932, 17%), de l’agroalimentaire (63.198, 15,6%), de l’industrie métallurgique et mécanique (19.776, 5%), de l’industrie des matériaux de construction (11.302) et de l’aéronautique (8.636). 

Des exportations en hausse 

Le ministère annonce également des performances à l’export en hausse. Les exportations du Royaume sont passées de 161 milliards DH en 2013 à 240 milliards DH en 2018, soit une hausse de 50% en cinq ans.

Othman Benjelloun clashe MHE sur la cession de Saham aux Sud-Africains

Le doyen des banquiers marocains, président de BMCE Bank of Africa et du GPBM, désapprouve la cession de Saham Assurances au groupe sud-africain Sanlam. Et il le fait savoir.

Interrogé ce mardi matin, lors de la présentation du nouveau plan stratégique du groupe bancaire, sur la possibilité d’une alliance capitalistique entre BMCE Bank of Africa et le groupe Saham de Moulay Hafid Elalamy (rumeur qui circule depuis plusieurs années), Othman Benjelloun s’est montré catégorique: 

« Celui qui pose cette question est en retard d’un an », a-t-il ironisé. 

« Il s’est passé beaucoup de choses à propos de Saham Assurance. C’était une société d’assurance marocaine, un confrère que nous respections. Mais depuis, ses actions ont été cédées à l’Afrique du sud. Je ne pense pas que les Marocains l’aient apprécié. C’est certainement le pays, parmi les 54 Etats africains, qui est le plus associé aux actions du polisario », se désole Benjelloun.

Othman Benjelloun ajoute: « Nous nous retrouvons avec un investisseur sud-africain, propriétaire d’une compagnie d’assurance qui était marocaine, sur notre territoire. On ne vous cache pas qu’on n’a pas apprécié cette action de Saham ». 

Pour lui, une société bancaire, d’assurance ou industrielle (il donne l’exemple d’OCP Group) sont des sociétés qui appartiennent à tous les Marocains. « Nous n’avons pas le droit de les céder ou de les donner à des étrangers », estime-t-il.

« On ne peut pas changer aujourd’hui le cours des choses. Mais il se peut que les choses changent avec le temps. Dans l’histoire, les partis, les chefs d’Etats et les opinons changent. L’Afrique du sud reconnaîtra peut-être un jour la souveraineté du Maroc sur le Sahara. A ce moment là, on applaudira le fait que Saham Assurance reste sud-africain. D’ici là, ils n’ont pas notre concours », insiste Othman Benjelloun.

Un coup dur pour MHE qui a toujours considéré Othman Benjelloun comme son mentor, et qui a justifié la cession de Saham Assurances par sa volonté d’utiliser l’argent pour créer un fonds d’investissement panafricain et de renforcer les relations économiques avec l’Afrique du Sud dans l’intérêt du Maroc. De plus, MHE avait expliqué après la cession, que le Fonds panafricain allait être au service de la politique marocaine en Afrique et que concernant les liens capitalistiques avec l’Afrique du sud, c’est leur argent qui est investi au Maroc et pas l’inverse.

(L’extrait en question se trouve à partir de la minute 01:00:14)