Sur instructions royales, démarrage ce mardi 10 juin de l’opération Marhaba 2025

La Fondation Mohammed V pour la Solidarité, qui contribue à l’opération avec l’ensemble des parties prenantes nationales, a activé le dispositif global d’accueil simultanément au Maroc, en France, en Espagne et en Italie, indique un communiqué de la Fondation.

Dakhla et Laâyoune, nouveaux sites d’accueil

Placée sous la présidence effective du Roi Mohammed VI, cette vingt-cinquième édition est marquée par la mise en place de nouveaux espaces nationaux, au niveau des aéroports de Laâyoune et de Dakhla, portant à vingt-six (26) le nombre total des sites d’accueil Marhaba.

Vingt (20) espaces sont ainsi opérationnels au Maroc. Ils se situent dans les ports de Tanger Med, Tanger Ville, Al Hoceima et Nador Bni Nsar, dans les aéroports de Casablanca Mohammed V, Rabat-Salé, Oujda Angad, Nador, Agadir Al Massira, Fès Saïss, Marrakech Menara, Tanger Ibn Battouta, Laâyoune Hassan 1er, Dakhla, dans les aires de repos Méditerranée, Jebha, Tazaghine et Smir M’Diq ainsi qu’au niveau des postes frontaliers de Bab Sebta et Mellila.

Six espaces Marhaba à l’étranger

À l’étranger, six (6) espaces Marhaba sont situés au niveau des ports européens de Gênes (Italie), Sète et Marseille (France), Motril, Alméria et Algésiras (Espagne).

Les services d’assistance sociale et de prise en charge médicale, mis à disposition des membres de la communauté des Marocains résidant à l’étranger du 10 juin au 15 septembre, sont déployés dans l’ensemble de ces sites afin de les accompagner au mieux lors des phases d’arrivée et de retour.

Un effectif de plus de 1.200 personnes comprenant les équipes de la Fondation, les assistantes sociales, les médecins, les cadres paramédicaux et les volontaires y sont mobilisés, pour être à l’écoute des Marocains résidant à l’étranger, les assister et leur fournir l’aide et les secours nécessaires.

Les prestations humanitaires disponibles dans les sites d’accueil Marhaba sont complétées par le Bureau central de coordination (BCC) qui est domicilié à Rabat. Supervisé par la Fondation, il suit l’activité des équipes d’assistance déployées sur le terrain, mobilise les parties-prenantes pour la gestion des sollicitations et assure l’assistance téléphonique Marhaba.

Le service d’appel Marhaba, disponible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pendant toute la durée de l’opération, est opérationnel aux numéros de téléphone suivants :

(Avec MAP)

Réciprocité, intérêt national et flexibilité : les trois principes de la politique de visas du Maroc (Bourita)

Intervenant le mardi 3 juin à la Chambre des conseillers, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a affirmé que le Maroc adopte une politique de visas souveraine, fondée sur des considérations politiques, historiques, économiques et sociales.

Chaque pays est libre de fixer ses propres règles, a-t-il souligné, mais pour le Royaume, cette politique repose sur trois principes essentiels : la réciprocité, la défense des intérêts économiques et politiques, et une flexibilité adaptée aux contextes.

Interpellé sur la question du e-visa marocain, le ministre a précisé que son coût et sa sécurité ont évolué, conformément aux standards internationaux.

Visas Schengen, un taux de refus d’environ 20%

En 2024, près de 610.000 visas Schengen ont été délivrés au Maroc, avec un taux de refus d’environ 20%, a détaillé Nasser Bourita. La France, principal pays émetteur, a accordé 283.000 visas, enregistrant une hausse de plus de 17% par rapport à l’année précédente.

Cependant, le ministre a mis en garde contre certaines pratiques, qu’elles proviennent de représentations diplomatiques ou d’intermédiaires, qui portent atteinte à la dignité des citoyens marocains. Le Royaume, a-t-il affirmé, ne peut tolérer de telles dérives, même si elles restent isolées, et se réserve le droit d’y réagir.

1.345 plaintes traitées

Dans un autre registre, le ministre a fait état de 1.345 demandes et plaintes traitées en 2024 via le portail national des réclamations « chikaya.ma« .

Ces réclamations se répartissent en quatre grandes catégories : consulaires, demandes liées à l’état civil, de nature pénale et à portée sociale.

Les plaintes relevant des compétences directes du ministère sont traitées en interne, tandis que les autres sont transmises aux départements concernés ou à la Fondation Hassan II pour les MRE. Une coordination étroite avec l’institution du Médiateur est également en place pour assurer un meilleur suivi.

Valoriser les compétences marocaines à l’étranger

Nasser Bourita a insisté sur la nécessité de mieux exploiter le potentiel des compétences marocaines établies à l’étranger, notamment à travers la création d’une banque de données dédiée.

Il a également souligné que les investissements des MRE, estimés à 6 millions dans plus de 100 pays, dont 80% dans six pays européens, ne représentent qu’environ 10% de leurs transferts, un chiffre qu’il est impératif de dynamiser. Selon lui, ces compétences doivent devenir un véritable levier de développement national.

A Marrakech, 3.000 emplois et 3 MMDH investis dans le tourisme en 4 mois

Nombre d’arrivées et de nuitées à Marrakech, taux d’occupation hôtelier, durée moyenne de séjour, évolution des marchés, récapitulatif des mouvements de passagers et d’avions, investissements dans l’hôtellerie, la restauration, le secteur du voyage et du transport touristiques constituent les grands indicateurs cumulés depuis janvier et qui sont contenus dans ce document dont Médias24 vous présente une synthèse.

Des arrivées et des nuitées en croissance

Selon les données du ministère, le nombre des arrivées réalisées en avril dernier à Marrakech et des nuitées générées dans les établissements d’hébergement touristique classés ont enregistré une augmentation respective de 10% et de 11% par rapport au même mois de 2024.

chiffre fréquantation touristique à marrakech premier trimestre 2025

De janvier à avril, la fréquentation touristique, qui s’est établie à 1.059.305 arrivées et à 3.304.452 nuitées, a également réalisé une croissance de 6% et de 8% par rapport à la même période de 2024.

Taux d’occupation en hausse, stagnation de la durée moyenne de séjour

Concernant le taux d’occupation hôtelier du mois d’avril, les établissements d’hébergement classés de la ville de Marrakech sont passés d’un taux d’occupation de 77% à 81%, soit 4 points en plus par rapport au même mois de l’année dernière, alors que la durée moyenne de séjour (DMS) a stagné avec un nombre de 3 nuitées.

Durant le mois d’avril 2025, la catégorie des hôtels-clubs a enregistré le chiffre le plus élevé avec un taux d’occupation de 98%, suivie des catégories hôtels 4 et 5 étoiles qui ont respectivement réalisé 86% et 83%.

Taux d'occupation hôtelière maroc premier trimestre 2025

Durant les 4 premiers mois, le taux d’occupation moyen a été de 70% soit 4 points de plus par rapport à la même période de 2024, et là encore la catégorie des hôtels-clubs a enregistré le TO le plus élevé (87%) suivi par les hôtels 4 étoiles (78%) et 5 étoiles (73%) pour une durée moyenne de séjour de 3 nuitées.

Le marché des MRE représente la moitié des arrivées

Les Marocains de la diaspora ont réalisé le plus grand nombre d’arrivées en avril avec une croissance de 12% par rapport au même mois de 2024 suivis par les Français dont le nombre a augmenté de 5% et les Britanniques qui ont marqué une importante croissance de 13%.

fréquentation touristique mre maroc premier trimestre 2025

Les chiffres cumulés des arrivées entre janvier et avril classent encore une fois premier le marché des MRE avec 9% de hausse par rapport aux 4 premiers mois de 2024, suivi par les Français avec un recul de 1% et enfin les Britanniques qui ont augmenté de 18%.

Le tourisme international a réalisé les ¾ des nuitées

En avril 2025, 81% des nuitées ont été réalisées par le tourisme international et 19% par le tourisme national. Les trois premiers marchés dominants sont le marché français (26%) suivi du marché national (19%) et enfin, en troisième position, le marché britannique (16%).

Dans la période cumulée entre janvier et avril 2025, 81% des nuitées ont été réalisées par le tourisme international et 19% par le tourisme national. Les trois premiers marchés dominants sont : le marché français (25%), le marché national (19%) et, en troisième position, le marché anglais (17%).

Hausse de 18% des passagers de l’aéroport Ménara

En termes de connectivité aérienne, l’aéroport Ménara de Marrakech a connu en avril une croissance de 16% du nombre de passagers (937.096) et de 12% des mouvements d’avions, soit 5.694 rotations.

Durant les quatre premiers mois, il a traité 3.432.630 passagers, soit une hausse de 18% par rapport à la même période de 2024, et 22.053 mouvements d’avions, ce qui correspond à une hausse de 16%.

Les chiffres aéroportuaires montrent que 58% des vols provenaient de France, de Grande-Bretagne et d’Espagne et que 70% ont été réalisés par 4 compagnies, à savoir Ryanair, Easyjet, Transavia et RAM.

Les hôtels, restaurants, agences de voyages et sociétés de transport touristiques qui ont vu le jour depuis janvier

Entre janvier et avril dernier, 142 projets relatifs à l’hébergement touristique ont vu le jour pour un total de 2.191 chambres et une capacité litière de 4.589 lits supplémentaires. Ces investissements ont mobilisé 2.795 MDH et ont généré 2.979 nouveaux emplois directs.

Côté restauration, 18 projets ont été autorisés pour un investissement global de 255,8 MDH qui a créé 460 emplois dans ce secteur.

En outre, 12 agréments d’agences de voyages ont été accordés pour un investissement de 2,6 millions qui a permis de créer 35 emplois directs. Enfin, 31 sociétés de transport touristiques ont également été créées, totalisant 357 véhicules pour un investissement de 218 MDH et 406 emplois.

Les transferts des MRE baissent de 3,7% à fin avril 2025

Transferts des MRE : baisse à fin avril 2025

Selon le dernier bulletin de l’Office des changes, les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l’étranger ont atteint 35,8 MMDH à fin avril 2025 contre 37,3 MMDH à la même période en 2024, soit une baisse de -1,4 MMDH ou 3,7%.

 

Medias24
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Marhaba 2025 : de nouvelles facilités douanières pour les MRE

À l’approche du lancement de l’opération Marhaba 2025, l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) annonce, dans une circulaire datée du 28 mai 2025, de nouvelles mesures en faveur des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Objectif : améliorer l’accueil des MRE et simplifier leurs démarches, notamment en matière de dédouanement des véhicules.

Allègement des conditions pour l’abattement de 90%

Première mesure phare : l’ADII facilite l’accès à l’abattement de 90 % sur la valeur à l’état neuf des véhicules importés par les MRE âgés de 60 ans ou plus, ayant vécu au moins dix ans à l’étranger.

Jusqu’ici, cet avantage était accordé uniquement sur présentation d’une attestation d’immatriculation couvrant l’ensemble de la période exigée. Or, de nombreux MRE n’avaient que des documents partiels, accompagnés d’autres preuves de résidence à l’étranger.

Désormais, les Directeurs provinciaux et préfectoraux des douanes peuvent accorder cette réduction sur la base de tout document officiel prouvant dix ans de résidence à l’étranger. Parmi les justificatifs acceptés figurent :

Retour définitif des MRE : fin des justificatifs de revenu

Deuxième allègement : les MRE en retour définitif bénéficient toujours d’un abattement équivalant à trois années d’ancienneté sur leur véhicule, ce qui réduit les taxes à payer. Mais la procédure est désormais plus simple.

L’ADII supprime l’obligation de fournir des fiches de paie ou déclarations fiscales des deux dernières années pour les salariés, commerçants ou professions libérales. Les autres conditions restent inchangées : l’avantage ne s’applique qu’une seule fois par personne et pour un seul véhicule (hors étudiants et diplomates), conformément à la circulaire n° 4158/312 du 16 mai 1991.

L’ADII rappelle enfin qu’elle mobilise chaque année l’ensemble de ses services pour offrir un accueil de qualité aux MRE, en accord avec les hautes orientations Royales. Cela se traduit par une simplification continue des procédures, un meilleur accès à l’information et un accompagnement ciblé des porteurs de projets, dans le cadre de la « Charte d’Accueil ».

Législation. Le PJD propose de fermer les portes du gouvernement aux binationaux

Au moment où le Maroc cherche à faciliter et à encourager l’implication des Marocains du monde dans la politique nationale, le PJD opte pour une option qui peut conduire à en expulser une bonne partie.

À l’occasion des amendements de la loi organique n° 065-13 relative à l’organisation et à la conduite des travaux du gouvernement et au statut de ses membres, promulguée par dahir royal en mars 2015, le parti de Abdelilah Benkirane a soumis à la Commission de la justice et de la législation à la Chambre des représentants un amendement qui vise à interdire aux binationaux de devenir membres du gouvernement.

Si l’article 31 de cette loi stipule que « Ne peuvent être membres du gouvernement les personnes ne jouissant pas de leurs droits civils et politiques », les élus du PJD veulent y ajouter une nouvelle disposition. « Ne peuvent être membres du gouvernement les personnes porteuses d’autres nationalités », lit-on dans l’amendement proposé par le PJD et qui porte la signature de la totalité des 13 membres de son groupement parlementaire.

L’amendement proposé par le PJD.

Le PJD propose un autre amendement à l’article 33 de la même loi pour obliger les membres du gouvernement à céder leurs participations dans toute sorte d’activités économiques et à se désengager de tout engagement professionnel dans le privé. L’objectif déclaré est d’éviter les conflits d’intérêt.

Pour l’article 35 de la même loi, ils proposent que les membres du gouvernement « régularisent leur situation dans un délai maximal de 30 jours » après leur investiture par le Parlement ou leur nomination.

Selon des sources parlementaires, l’écrasante majorité des partis représentés à la Chambre des représentants a fait des propositions de loi pour amender la loi organique n° 065-13, mais seul le PJD a choisi de s’attaquer de manière aussi brutale aux binationaux et à une partie des Marocains de la diaspora.

Les amendements des divers partis seront examinés en commission dès le 13 mai.

Une initiative critiquée

« En quoi cette initiative du PJD va-t-elle servir les intérêts du pays ? C’est tout le contraire. Les Marocains de la diaspora sont le fruit de l’addition. Ils veulent en faire le fruit de la division et de la soustraction », réagit Ahmed Ghayet, acteur associatif et culturel et président de l’ONG Maroc Pluriel, dans un échange avec Médias24.

Ahmed Ghayet, dans les années 1990, avait été membre des cabinets des ministres françaises Martine Aubry et Élisabeth Guigou. « Cela fait-il de moi un traître ? », s’interroge le militant associatif. « C’est tout le contraire et j’ai été décoré par feu Hassan II pour avoir servi de passerelle entre les deux pays », explique notre interlocuteur.

« Des Marocains de la diaspora ont occupé des postes de ministres, de maires de grandes villes, d’élus. D’autres se sont enrichis et désirent investir dans leur pays. Là, on veut leur dire : ‘Faites profiter le pays de votre richesse et de vos compétences, mais de la politique, non !’« , conclut Ahmed Ghayet.

Une initiative sans lendemain

Quelles chances la proposition de loi du PJD a-t-elle de réussir ? « Aucune ! Cette proposition va à l’encontre du discours officiel et des aspirations de l’écrasante majorité des partis pour ouvrir la scène politique nationale aux Marocains de la diaspora », répond une source parlementaire qui rappelle la série de discours royaux appelant à une meilleure implication des MRE dans la vie politique en leur permettant de voter et de se faire élire.

« Quand nous avons soumis des amendements à cette loi, nous visions à instaurer plus de transparence dans l’exercice des responsabilités gouvernementales, à lutter contre l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts. Quant à interdire à un Marocain porteur d’une autre nationalité d’assumer une responsabilité gouvernementale, cela revient à insulter une importante frange de nos concitoyens », commente un élu de l’opposition.

Au sein de la majorité, nos sources parlent d’un rejet total d’une telle proposition.

Round up. Ce que change la directive 2024/1619 pour la présence bancaire marocaine en Europe

Pour Abdellatif Jouahri, la conception des nouvelles règles européennes laisse entendre que les autorités de l’Union souhaitent limiter la sortie des flux financiers. Le wali a exprimé ses vives préoccupations à ce sujet lors de la conférence de presse tenue à l’issue de la réunion du Conseil de Bank Al-Maghrib, le 18 mars 2025.

« Ce qu’on peut dire, c’est qu’on n’est pas contents ; la manière dont ça a été rédigé, c’est pratiquement comme si on voulait que les flux financiers restent en Europe. », souligne-t-il

Il est à noter que la nouvelle directive redéfinit en profondeur les conditions d’exercice des succursales de pays tiers et représente, de ce fait, un véritable casse-tête pour le Maroc.

Ainsi, selon le Wali, toutes les options sont envisagées. « Nous examinons toutes les solutions, y compris les solutions technologiques et numériques, pour contourner les difficultés que l’Europe pourrait poser au fonctionnement des banques marocaines. », affirme-t-il.

Ci-après, les principales dispositions adoptées et en quoi elles peuvent heurter les intérêts des groupes bancaires marocains implantés en Europe :

→Une uniformisation du statut des succursales de pays tiers

Jusqu’ici, chaque État membre appliquait ses propres règles aux succursales de banques étrangères, entraînant une mosaïque réglementaire parfois souple. Désormais, la directive impose un cadre commun à toutes les succursales de pays tiers opérant dans l’UE. Cela signifie que les banques marocaines ne pourront plus s’appuyer sur des régimes nationaux plus cléments : elles devront respecter un socle minimal harmonisé à l’échelle de l’Union.

Ce principe est clairement posé dans le considérant (17) de la directive, qui souligne que « une fragmentation du paysage réglementaire […] crée des risques pour la stabilité financière […] qui doivent être traités par un cadre réglementaire harmonisé ».

La suppression des divergences nationales signifie la fin des stratégies d’optimisation réglementaire. Les succursales devront répondre à un référentiel plus strict et uniforme, ce qui risque d’alourdir les charges opérationnelles et de réduire leur souplesse d’implantation.

→Une classification stricte : succursales de classe 1 et classe 2

Dès l’entrée en vigueur de la directive, les succursales seront catégorisées en deux classes selon leur niveau de risque. Celles qui présentent un risque plus élevé – par exemple en raison d’un volume important d’actifs, de dépôts de détail élevés ou de l’origine dans un pays à supervision jugée insuffisante – seront rangées en classe 1. Les autres, plus petites ou non complexes, seront répertoriées en classe 2 et soumises à des exigences moindres.

Cette nouvelle typologie vise à proportionner les exigences prudentielles, mais elle pourrait reléguer les succursales marocaines les plus dynamiques dans la catégorie la plus contraignante. Ainsi, dans le considérant (19), on lit que « les succursales de pays tiers devraient donc être classées comme classe 1, lorsqu’elles sont jugées plus risquées, ou comme classe 2 dans le cas contraire ».

En raison de leur croissance et d’une supervision marocaine encore en voie de convergence avec les normes européennes, certaines succursales marocaines pourraient se retrouver catégorisées en classe 1, avec des obligations renforcées en matière de gouvernance, de fonds propres, de reporting et d’audit.

De même, la directive instaure un niveau inédit de coordination entre les autorités de supervision des États membres. Désormais, les succursales de classe 1 feront partie intégrante de collèges de superviseurs, qui coordonneront leur surveillance sur une base consolidée. Cela limite fortement la capacité d’une succursale à opérer dans un État membre sans être sous le radar des autres régulateurs européens.

Le considérant (23) explicite cette logique : « Les succursales de classe 1 devraient être incluses dans le périmètre des collèges de superviseurs afin d’assurer une supervision globale du groupe auquel elles appartiennent ».

Ainsi, les banques marocaines devront interagir avec plusieurs autorités européennes simultanément, renforcer leur transparence et professionnaliser leurs dispositifs de contrôle interne pour se conformer aux attentes multiples des régulateurs du collège.

→Le risque d’être contraint à devenir une filiale

Autre nouveauté majeure : les autorités nationales auront le pouvoir d’imposer à une succursale de se transformer en filiale agréée au sein de l’UE. Ce basculement, lourd en termes de capital, de gouvernance et de coûts réglementaires, pourra être exigé si la succursale est jugée systémique, si ses activités dépassent certains seuils, ou si le groupe bancaire dont elle dépend atteint une taille significative dans l’Union.

Ce pouvoir est énoncé explicitement dans le considérant (21) : « Les autorités compétentes devraient avoir le pouvoir d’exiger […] une demande d’autorisation en tant que filiale, notamment en cas de risque pour la stabilité financière ».

Transformer une succursale en filiale implique un changement radical de statut, des exigences de capitalisation propres, une gouvernance locale renforcée et des coûts structurels élevés, susceptibles de freiner leur stratégie d’expansion.

→Une vigilance renforcée contre les montages transfrontaliers abusifs

La directive cherche aussi à empêcher tout contournement du cadre par le biais de structures juridiques qui masqueraient la réalité du contrôle effectif exercé par une entité de pays tiers. Par exemple, une banque marocaine pourrait être tentée de créer une filiale agréée dans un État membre comme la France, dans le but d’ouvrir ensuite des succursales dans d’autres pays de l’UE en s’appuyant sur le passeport européen. Si cette structure est perçue comme un simple relais du siège au Maroc, sans autonomie opérationnelle réelle ni supervision effective dans l’Union, elle pourra être remise en cause par les autorités compétentes.

Dans le considérant (6), le texte met en garde contre de telles pratiques en déclarant qu’il convient de « prévenir le contournement des règles applicables à la prestation transfrontalière de services bancaires par les entités de pays tiers ». Cette exigence s’appuie notamment sur la modification de l’article 46 de la directive, qui renforce les conditions d’agrément et élargit les pouvoirs de retrait ou de restriction en cas de doute sur le respect du cadre prudentiel européen.

Ainsi, les stratégies fondées sur une filiale unique servant de tête de pont pour toute l’Union européenne risquent d’être remises en cause. Les groupes bancaires marocains pourraient être contraints de régionaliser leur présence, voire de créer plusieurs entités agréées distinctes selon les juridictions nationales.

→Des autorisations plus faciles à retirer

La directive donne aux superviseurs nationaux une latitude plus grande pour retirer l’agrément d’une succursale. Cette décision ne dépendra plus uniquement de procédures d’insolvabilité, mais pourra être prise pour des motifs prudentiels, dès lors que la continuité de l’activité pose un risque.

Le considérant (7) met en lumière cette évolution : « Les autorités compétentes devraient disposer du pouvoir de retirer l’agrément lorsqu’un établissement est en défaillance avérée ou prévisible, et qu’aucune autre mesure n’est susceptible d’empêcher cette défaillance dans un délai raisonnable. Ce pouvoir ne devrait toutefois pas être utilisé pour bloquer ou précipiter une procédure d’insolvabilité ».

Impact pour les banques marocaines : la sécurité juridique des implantations devient plus incertaine. Une succursale pourrait perdre son autorisation pour non-respect de standards prudentiels, même en l’absence de faillite manifeste.

Une mobilisation marocaine à plusieurs niveaux

Conscientes de l’ampleur des risques que cette nouvelle directive pourrait faire peser sur le secteur bancaire national, les autorités marocaines n’ont pas tardé à réagir.

Selon Abdellatif Jouahri, une forte mobilisation est en cours pour faire face à cet enjeu. « Il y a une task force permanente avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Finances, les régulateurs, les banques marocaines, qui s’est déplacée en Belgique à plusieurs reprises, qui a eu des discussions avec la direction FISMA, et où nous avons indiqué que, telles qu’elles sont rédigées et approuvées [les directives] par le Parlement européen, c’est très équivoque. Et que l’application qui va être faite par les pays eux-mêmes peut compliquer davantage les choses en ce qui concerne les résidents marocains à l’étranger. »

Les propos du gouverneur prennent tout leur sens lorsqu’on observe l’importance stratégique de l’implantation des banques marocaines en Europe. Cette présence est portée par les trois principaux groupes bancaires du Royaume : Attijariwafa bank, Bank of Africa (ex-BMCE) et Banque Centrale Populaire (BCP).

Selon le Rapport 2023 sur la supervision bancaire de Bank Al-Maghrib, à fin 2023, les groupes bancaires marocains disposaient de 6 filiales et 16 succursales en Europe, réparties dans 7 pays membres de l’UE. Cette présence représente un réseau important en termes d’interfaces financières pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE).

Il es à noter que, selon le wali de Bank Al-Maghrib, les dépôts des MRE constituent près de 20% de l’ensemble des dépôts bancaires au Maroc. « Croyez-moi, c’est un sujet que nous prenons très à cœur, parce qu’il pèse à la fois sur la balance des paiements, mais aussi sur les dépôts bancaires. Les dépôts des MRE, c’est 20% des dépôts bancaires. Donc ce n’est pas négligeable. Et ce sont des choses qui méritent d’être suivies de très très près. », conclut-il.

Analyse. Depuis 2020, les transferts des MRE ont bondi de 72,8%

L’évolution des transferts des MRE reflète les cycles économiques mondiaux et les mutations internes du Maroc. Après une croissance régulière entre 2004 et 2007, portée par une conjoncture européenne favorable, la crise financière de 2008 a marqué un premier ralentissement, notamment à partir de l’Espagne et de l’Italie.

La décennie 2010-2019 a été caractérisée par une reprise modérée, freinée par la crise de la dette européenne, mais soutenue par la diversification géographique des MRE et l’amélioration des circuits de transfert.

L’année 2020 a marqué un tournant, avec un bond historique des envois (68 MMDH), conséquence directe de la solidarité accrue en pleine pandémie. En 2021, un nouveau record de 95 MMDH a été atteint.

Malgré l’inflation mondiale, les flux ont poursuivi leur progression en 2022 et 2023, atteignant respectivement 110 et 115 MMDH.

Une saisonnalité marquée : le cycle récurrent des transferts des MRE

Les transferts des MRE suivent un cycle saisonnier bien établi, marqué par des fluctuations récurrentes. La période estivale constitue un point culminant, avec une hausse significative des envois, notamment en juillet et août. Ce pic s’explique par le retour temporaire des expatriés au Maroc, et les dépenses associées aux rassemblements familiaux et aux festivités. À l’inverse, les premiers mois de l’année enregistrent un repli des flux, souvent lié à l’érosion de la capacité d’épargne après la période estivale.

Le cycle des transferts s’amorce généralement en mars, atteint son apogée entre juillet et septembre, avant d’entamer une phase de repli qui s’étend jusqu’en février. Cette régularité traduit une structuration des comportements d’envoi, influencée autant par des facteurs économiques que par des considérations socioculturelles.

Cette cyclicité, qui s’observe chaque année avec une régularité notable, souligne l’importance des transferts saisonniers dans l’économie marocaine. Une meilleure compréhension de ces fluctuations pourrait orienter des stratégies visant à stimuler l’investissement à des périodes stratégiques, ou à optimiser l’accompagnement des ménages bénéficiaires lors des mois de forte affluence financière. Toutefois, toute interprétation doit tenir compte de la diversité des facteurs économiques et sociaux sous-jacents.

Répartition géographique : une domination française et une montée des flux du Golfe

L’analyse des statistiques faite par l’Office des changes des transferts des MRE, arrêtées à fin 2023, fait apparaître que la France domine avec un total de 35,5 MMDH, suivie de loin par l’Espagne avec 14,5 MMDH, l’Arabie saoudite avec 12,4 MMDH et l’Italie avec 10,6 MMDH.

Les écarts entre les pays d’origine reflètent les dynamiques propres aux marchés de l’emploi et aux contextes macroéconomiques. La France demeure la principale source de transferts, portée par une diaspora marocaine historiquement nombreuse. En revanche, les flux en provenance de l’Espagne et de l’Italie affichent des variations plus marquées, souvent influencées par les fluctuations économiques de ces pays.

Les transferts en provenance des pays du Golfe, notamment d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, se distinguent par une croissance soutenue. De même, les envois depuis le Canada et les États-Unis enregistrent une progression constante.

Avons-nous atteint un pic ?

Plusieurs indicateurs laissent entrevoir une possible stabilisation, voire un plafonnement des montants transférés. L’un des principaux éléments à considérer est la conjoncture économique des principaux pays d’accueil des MRE, notamment la France, l’Espagne et l’Italie. L’inflation persistante et la hausse du coût de la vie dans ces pays réduisent la capacité d’épargne des travailleurs marocains expatriés, ce qui pourrait, à terme, peser sur le volume des transferts. De plus, les politiques fiscales plus strictes mises en place dans certains pays européens pourraient affecter la dynamique des envois de fonds.

Toutefois, des facteurs structurels suggèrent que les transferts pourraient continuer à progresser. La montée en puissance des communautés marocaines dans les pays du Golfe, notamment en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar, ouvre de nouvelles perspectives. Ces pays, devenus des sources de transferts de plus en plus significatives, pourraient compenser une éventuelle stagnation des flux en provenance d’Europe.

Interrogé par Médias24, un économiste spécialiste des politiques de change nous livre son analyse sur un éventuel plafonnement ou une stagnation des transferts des MRE.

Pour notre interlocuteur, il est impossible de connaître avec certitude la dynamique future des transferts des MRE, ni de les théoriser ou de les modéliser. « L’évolution des transferts des Marocains résidant à l’étranger ne suit pas un schéma linéaire prévisible et échappe aux tentatives de modélisation. Contrairement à certaines hypothèses passées, la transmission intergénérationnelle du lien avec le Maroc s’est avérée plus forte qu’anticipé. Alors qu’on prédisait un affaiblissement des transferts avec la deuxième génération, les flux ont non seulement persisté, mais ont augmenté, portés par des mécanismes financiers modernisés et une attache culturelle durable », explique notre source.

« La pandémie de Covid-19 a révélé des dynamiques nouvelles. Face à la crise, les MRE ont accru leur soutien financier à leurs familles, mais cette période a également marqué une accélération de la bancarisation et de l’épargne au sein des institutions marocaines. Ce phénomène, associé à la régularisation de nombreux travailleurs marocains en Europe et dans le Golfe, a renforcé la formalisation des transferts, réduisant l’informalité qui prévalait auparavant ».

Par ailleurs, l’expansion continue de la diaspora marocaine contribue mécaniquement à la croissance des envois. L’augmentation du nombre de MRE entraîne une hausse structurelle des transferts, indépendamment des fluctuations économiques.

« Ces flux, loin d’être purement cycliques, sont portés par une combinaison de facteurs, mêlant conjoncture économique, innovations financières et, surtout, un fort ancrage familial », souligne notre interlocuteur.

« L’idée d’un plafonnement des transferts reste donc spéculative. À chaque tentative de prédiction d’un essoufflement, les faits ont montré une résilience et une capacité d’adaptation remarquables. Ces flux évoluent en réponse à des transformations sociales et économiques complexes, rendant toute hypothèse de stagnation ou de déclin prématurée », conclut notre source.

Les transferts des MRE en légère hausse de 44 MDH à fin janvier 2025

Selon le dernier bulletin de l’Office des changes, les recettes des MRE ont atteint 9,45 milliards de dirhams (MMDH) à fin janvier 2025, contre 9,4 MMDH à la même période en 2024, marquant une progression de +44 MDH, ou de +0,5%.
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Fondation Hassan II : 272 prédicateurs vont encadrer les MRE pendant le Ramadan

Cette délégation sera composée de 272 prédicateurs, dont 38 professeurs universitaires, 39 prédicateurs détenteurs d’un doctorat, 44 prédicateurs titulaires d’un master, 60 prédicateurs titulaires d’une licence et 60 prédicateurs qui assureront à la fois les prêches et les séances de mémorisation du Coran, et 31 imams chargés de diriger les prières des Tarawih, indique un communiqué de la Fondation.

Les membres de cette délégation seront répartis en fonction des demandes des MRE, à savoir : 75 en France, 40 en Allemagne, 38 en Espagne, 33 aux Pays-Bas, 33 en Belgique, 27 en Italie, 10 au Canada, 6 aux États-Unis, 4 en Suède, 2 en Angleterre, 2 en Norvège, 1 en Hongrie et 1 en Islande, précise la même source.

La Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger organisera, le mardi 25 février à Rabat, une rencontre de présentation de son programme « Ramadan 2025 ».

Afin de répondre aux besoins croissants de la communauté marocaine, la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger soutient, depuis 1992, les associations et les mosquées pour l’organisation de différentes activités, notamment des séminaires et des concours de récitation de Coran au profit des enfants.

Tourisme : le Maroc pulvérise son record avec 17,4 millions de visiteurs en 2024

En effet, ces chiffres représentent une progression de 20% par rapport à 2023, soit près de 3 millions de touristes supplémentaires.

Cette dynamique positive se reflète tant au niveau des touristes étrangers (TES) qui atteignent 8,8 millions de visiteurs (+23%) que des Marocains résidant à l’étranger (MRE) qui représentent 8,6 millions d’arrivées (+17%). La répartition équilibrée entre TES (51%) et MRE (49%) démontre l’attrait constant de la destination pour ces deux segments.

Ces résultats, dépassant de 35% les chiffres de 2019, attestent de la pertinence de la feuille de route du tourisme et confirment le positionnement du Maroc comme destination touristique incontournable et première destination en Afrique.

« Ce record de 17,4 millions de touristes témoigne des avancées considérables que connaît notre pays sous la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette performance exceptionnelle est le résultat d’investissements ciblés de notre gouvernement dans ce secteur vital pour l’économie de notre pays, ainsi que de la mobilisation constante des professionnels du secteur. Bravo à tous les acteurs publics et privés qui ont permis au tourisme marocain de briller”, déclare la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor.

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Voici les premières révélations sur la réforme du Code de la Famille

« Je suis honorée d’avoir été reçu, aux côtés des ministres, par le Roi et d’avoir assisté à la réunion de travail au terme de laquelle Sa Majesté a chargé le gouvernement d’entamer la révision du Code de la Famille sur la base des propositions de l’Instance chargée de la révision de la Moudawana ainsi que sur l’avis du Conseil des Oulémas. Sa Majesté a donné ses hautes instructions concernant les bases et les valeurs sur lesquelles s’articulera la révision du Code de la Famille et a exprimé ses attentes à cet égard, que nous mettrons en forme à travers l’élaboration d’un projet de loi dans les plus brefs délais pour qu’il soit présenté devant le Parlement pour approbation », a souligné, ce mardi 24 décembre, Aziz Akhannouch lors d’une rencontre de communication sur la réforme du Code de la Famille en présence des médias.

Le Roi Mohammed VI a présidé, lundi 23 décembre, une réunion de travail dédiée à la réforme du Code de la Famille. Lors de cette réunion, le Souverain a donné ses directives pour ce qui est des prochaines étapes d’élaboration de ce Code tant attendu.

Le Roi a validé les propositions qui lui ont été soumises pour la réforme du Code de la famille. Il appartient au gouvernement maintenant de communiquer, d’une part, et, d’autre part, d’élaborer le projet de loi portant réforme de la Moudawana. La réforme sera holistique et concernera également les tribunaux de famille et les procédures. Une nouvelle avancée historique est attendue après la réforme de 2004. Des étapes historiques portées par le Roi Mohammed VI.

139 propositions de réforme présentées au Roi par l’Instance chargée de la révision de la Moudawana

Intervenant également à cette occasion, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a souligné que l’Instance chargée de la révision de la Moudawana a présenté au Roi quelque 139 propositions de réforme portant sur les sept livres de la Moudawana. « C’est une nouvelle version de la Moudawana tenant compte de l’évolution de la société », se félicite-t-il.

Le ministre de la Justice s’est arrêté sur les propositions validées. Les voici :

Dix propositions approuvées par le Conseil des Oulémas

Le Conseil supérieur des Oulémas a donné son aval à dix propositions de l’Instance chargée de la révision de la Moudawana, fait savoir le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq. Elles concernent :

L’Instance de l’Ifta du Conseil supérieur des Oulémas a proposé des solutions alternatives conformes à la Charia et répondant aux besoins, qu’il serait préférable d’adopter, pour trois questions, précise-t-il en outre.

Les solutions alternatives 

La première question concerne la filiation d’un enfant né hors mariage. La solution alternative proposée consiste à rendre le père aussi responsable que la mère pour les besoins de l’enfant, sans établir la filiation, car cela serait contraire à la Charia et à la Constitution. L’établissement de la filiation risquerait de déstructurer la famille et de créer une famille de substitution.

La deuxième question porte sur le legs aux héritiers si les autres héritiers ne l’autorisent pas. La solution alternative proposée est de recourir à la donation.

La troisième question concerne l’annulation de l’héritage par agnation Taâsib dans le cas où seules des filles héritent sans fils. La solution alternative proposée consiste à faire une donation aux filles.

Deux autres questions ont également fait l’objet de solutions alternatives conformes à la Charia et répondant aux besoins, laissant au législateur la possibilité de décider en fonction de l’intérêt général.

La première concerne l’héritage entre époux de religions différentes. La solution alternative proposée est de permettre à chaque époux de léguer ou de faire une donation à l’autre par volonté personnelle. De plus, le législateur pourrait imposer un legs obligatoire à l’un des époux en fonction de l’intérêt général.

La deuxième question concerne l’héritage entre Kafil et Makfoul. Deux solutions alternatives sont proposées : permettre à chacun d’eux d’acquérir les biens en l’absence d’héritiers et permettre à l’État de renoncer à l’héritage, ou permettre à chacun de léguer ou de faire une donation à l’autre par volonté personnelle. Le législateur pourrait imposer un legs obligatoire au Makfoul dans l’intérêt général.

Enfin, une question sur laquelle l’avis du Conseil doit être pris en compte sauf en cas de décision du législateur en fonction de l’intérêt général. Elle concerne l’ajout de la condition d’accord de la première épouse en cas de polygamie. La réponse initiale ne soutient pas la légitimité d’imposer cette condition mais le législateur pourrait décider d’introduire cette exigence dans la loi.