La Princesse Lalla Hasnaa inaugure à Bakou l’exposition numérique « Le Tapis de Rabat, tout un art »

La Princesse Lalla Hasnaa, Présidente de la Fondation pour la Sauvegarde du Patrimoine culturel de Rabat, accompagnée de Leyla Aliyeva, vice-présidente de la Fondation Heydar Aliyev, et de Arzu Aliyeva, directrice du Centre des médias de Bakou, a inauguré, mardi 6 mai au Musée national du tapis d’Azerbaïdjan à Bakou, l’exposition numérique intitulée « Le Tapis de Rabat, tout un art », qui se veut une célébration de l’un des savoir-faire ancestraux les plus emblématiques du Royaume du Maroc.

Réalisée en partenariat avec le Musée national du Tapis à Bakou, la Maison de l’Artisan et la Fondation nationale des Musées du Maroc, cette manifestation culturelle, conçue selon une approche innovante alliant exposition physique et technologies immersives, propose une expérience interactive consacrée à la valorisation et à la transmission du savoir-faire artisanal, tout en consolidant le positionnement de Rabat en tant que capitale culturelle et créative.

Elle retrace les origines du tapis de Rabat, ses techniques minutieuses de fabrication et le rôle central des femmes artisanes dans la transmission de cet art authentique. Des photographies, des textes scientifiques et des infographies enrichissent cette exploration.

A cette occasion, Mme Melikova a prononcé une allocution dans laquelle elle s’est dite honorée de recevoir la Princesse Lalla Hasnaa au Musée national du Tapis à l’occasion de l’inauguration de cette exposition exceptionnelle, dédiée à l’art du tapis, en hommage à sa valeur fortement symbolique et à sa portée culturelle partagée entre le Maroc et l’Azerbaïdjan.

Mme Melikova a également souligné l’importance de cette belle initiative qui permet de découvrir les nombreux points de convergence entre les traditions du tapis dans les deux pays.

Cette cérémonie a été ponctuée par la présentation d’un film de dessins animés intitulé Le conte magique de Pari Khanum », qui met en avant la place de choix qu’occupe le tapis dans la culture azerbaïdjanaise, et d’une séquence musicale intitulée « Tisser avec amour », interprétée par Zabita Aliyeva, chanteuse de Mugham, dont les paroles sont écrites par Eldar Mikayilzade, artiste du peuple d’Azerbaïdjan et maître créateur du tapis, et la musique est composée par Faig Sujaddinov, artiste du peuple d’Azerbaïdjan.

Par la suite, la Princesse Lalla Hasnaa a visité l’exposition consacrée au tisserand de tapis azerbaïdjanais, qui met l’accent sur l’histoire du tapis de ce pays, ses outils de tissage, le rôle des femmes en tant que gardiennes de ce savoir-faire ancestral, ainsi que son évolution au fil du temps.

Par la même occasion, elle a suivi des présentations sur le tableau « Tisserands de tapis » de Khalida Safarova, artiste du peuple d’Azerbaïdjan, la Poupée « Muse » de l’artiste Elmira Abbasli, travailleuse culturelle distinguée, ainsi que sur un court film d’animation consacré à la poupée « Muse ».

La Princesse Lalla Hasnaa, accompagnée de Leyla Aliyeva et de Arzu Aliyeva, a suivi des explications sur cinq nouveaux tapis produits dans le cadre du projet « Renaissance de l’art du tissage de tapis azerbaïdjanais : originalité et innovation », avant de procéder, comme le veut la tradition azerbaïdjanaise, à la découpe du nouveau tapis tissé « Naqshi Jahan », produit au département des technologies traditionnelles du Musée national du tapis d’Azerbaïdjan, un acte symbolique marquant la naissance d’un nouveau tapis.

Par la même occasion, la Princesse Lalla Hasnaa a visité l’exposition permanente du Musée national du tapis d’Azerbaïdjan, avant de signer le Livre d’or de cette prestigieuse institution muséale.

(Avec MAP)

Le Musée Al Batha des arts islamiques de Fès rouvre après restauration

Ce musée, dont l’inauguration s’est déroulée en présence du président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, du wali de la région Fès-Meknès, gouverneur de la préfecture de Fès, Mouaad Jamai, du président du conseil régional de Fès-Meknès, Abdelouahed El Ansari, du président de l’université Euro-Méditerranéenne de Fès, Mustapha Bousmina, ainsi que d’autres personnalités, est l’un des plus anciens et des plus prestigieux musées du Maroc.

A cette occasion, une exposition a été inaugurée, permettant au public de découvrir des documents historiques illustrant les différentes dynasties qui se sont succédé au Maroc depuis le VIIIᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui, tout en retraçant les grands événements et moments marquants de l’histoire nationale.

Dans une déclaration à la MAP, Mehdi Qotbi a souligné que ce musée « exceptionnel » et « fascinant », qui est ouvert après sa restauration grâce à une initiative royale, contribuera à renforcer l’offre culturelle et touristique du Maroc et de Fès, une ville au patrimoine historique exceptionnel.

Il a ajouté que le Musée des arts islamiques d’Al Batha donnera une image splendide d’un islam de tolérance et de coexistence, mettant en avant l’harmonie et le vivre-ensemble qui unissent les communautés musulmane, juive et chrétienne au Maroc.

M. Qotbi a insisté sur le fait que le Maroc est un modèle de tolérance, de respect et de coexistence interreligieuse, dans un monde en pleine mutation et traversé par de nombreuses incompréhensions.

De son côté, Abdelaziz Idrissi, chef du département des musées à la Fondation nationale des musées et chargé de l’exposition inaugurale, a souligné que le musée, qui s’étend sur une superficie totale de 7.500 m², représente une réalisation majeure de la Fondation qui va contribuer à mettre en lumière la richesse culturelle marocaine à travers un parcours historique et thématique structuré.

M. Idrissi a précisé que le musée propose aux visiteurs une collection muséale d’une grande valeur, exposée pour la première fois, et qui peut rivaliser avec les plus prestigieuses collections dédiées à l’histoire de la civilisation islamique en Méditerranée.

Parmi les pièces exposées figurent des documents retraçant l’histoire de l’écriture au Maroc et l’évolution de la calligraphie arabe, ainsi que des objets emblématiques tels que le minbar « Adouate Al Andalous », l’un des rares dans le monde islamique, a-t-il poursuivi, précisant que l’exposition met également en avant le rôle du Maroc dans l’essor intellectuel et culturel du monde médiéval.

M. Idrissi a relevé que la collection du musée couvre les différentes périodes de l’histoire marocaine, depuis l’ère préislamique, la fondation de l’État islamique à Fès, les dynasties successives jusqu’à la dynastie alaouite, ajoutant que l’exposition aborde également des thèmes liés aux modes de vie et aux spécificités culturelles marocaines.

Un espace spécial est dédié à la ville de Fès, mettant en avant son rôle historique et son apport à la diffusion du savoir et à la culture marocaine à travers les siècles, a-t-il affirmé.

De son côté, le conservateur du musée, Alaa Fechtali a noté que la restauration du Musée Al Batha a été menée sous la supervision de la Fondation nationale des musées et l’Agence pour le développement et la réhabilitation de Fès, dans le respect de l’authenticité architecturale et historique du site.

Il a également mis l’accent sur l’histoire du musée, qui était au départ un palais construit sous le règne du Sultan Moulay Hassan Ier entre 1873 et 1894, en tant que résidence estivale et lieu de réception des dignitaires. L’achèvement et son embellissement ont été réalisés par le Sultan Moulay Abdelaziz en 1897.

L’inauguration du musée a été marquée par la présence de plusieurs personnalités culturelles de renom, dont les physiciens Alain Aspect et Serge Haroche, tous deux lauréats du Prix Nobel de physique.

Dans ce contexte, Serge Haroche, né au Maroc, a exprimé sa profonde joie de visiter ce musée, mettant en avant l’importance de son exposition sur l’histoire du Maroc et ses relations avec l’Espagne et le Portugal.

Il a ajouté que le musée offre une opportunité exceptionnelle d’explorer les échanges culturels entre les civilisations préislamiques et islamiques, notant que le Maroc constitue un modèle unique et exceptionnel de coexistence et de tolérance interreligieuse.

De son côté, Alain Aspect a fait part de sa fierté de visiter le Musée Al Batha des arts islamiques, saluant la qualité des explications fournies par les experts sur les trésors culturels que renferme ce lieu d’exception. Il a également exprimé son admiration pour la vision culturelle du Royaume.

(Avec MAP)

Fossiles. Serait-il possible de valoriser ce commerce au Maroc ?

Au Maroc, le commerce des fossiles a connu une croissance significative, stimulée par une forte demande internationale, une richesse du sous-sol et un savoir-faire artisanal.

Ce savoir-faire a permis à chaque région de développer une expertise spécifique pour certaines familles de fossiles. Oued Zem illustre bien cette spécialisation régionale, étant devenue une référence mondiale dans la préparation des squelettes de mosasaures et d’autres reptiles marins.

A l’échelle nationale, le secteur du commerce des minéraux et fossiles compte environ une cinquantaine d’entreprises exportatrices, desservant plus de quarante destinations à l’international.

Les exportations annuelles de ces entreprises sont estimées entre 20 et 30 millions de dirhams et ont suivi le processus réglementaire d’exportation nécessitant la validation de l’autorité gouvernementale en charge, à savoir la Direction de la Géologie, des mines et des hydrocarbures du Ministère de la Transition Energétique.

Cependant, les revenus déclarés de l’exportation des fossiles et minéraux ne reflètent pas totalement la réalité du marché où des ventes importantes de fossiles, à des prix plus élevés, sont réalisées chaque année notamment sur internet.

PaleoLab, une plateforme marocaine de préparation de fossiles

Au cours de notre enquête sur ce secteur, nous avons été orientés par les artisans vers PaleoLab, une entreprise de préparation de fossiles située près de Tamesna aux environs de Rabat.

Elle se différencie des entreprises exportatrices du fait qu’elle ne se contente pas d’exporter des fossiles mais opère également dans leur valorisation. En plus, elle aide également les artisans à identifier les espèces retrouvées, une étape cruciale pour la commercialisation car une identification précise est très importante pour déterminer la valeur marchande d’un fossile préparé.

Cette plateforme rassemble les fossiles provenant des quatre coins du Maroc. Lors de notre visite, nous avons découvert de vastes stocks de dents d’Oued Zem, d’ammonites et de trilobites d’Erfoud, d’ostracodes de Smara, et de minéraux variés.

Ces fossiles, une fois préparés, sont commercialisés sous forme de kits éducatifs destinés aux enfants et à l’enseignement, principalement à l’export. Comme nous l’explique Adam Aaronson, le marché intérieur, bien que présent, reste encore relativement limité.

Pour lever toute ambiguïté quant à la légalité de ses activités, Adam Aaronson nous a dévoilé les autorisations délivrées par le ministère de tutelle. Ces documents, conformément à l’article 116 de la loi 33.13, l’habilitent à mener des recherches et à commercialiser les fossiles qu’il découvre.

L’absence de mosasaures parmi les fossiles proposés a retenu notre attention. L’entreprise a auparavant commercialisé ces spécimens à l’international, après les avoir achetés à Oued Zem et obtenu les autorisations nécessaires pour l’exportation, nous explique le gérant de l’entreprise. Toutefois, il a dû abandonner momentanément en raison des textes qui ne sont pas très clairs et de la concurrence déloyale des réseaux de trafic illégal.

Serge Xerri, responsable recherche et développement à PaleoLab, nous a expliqué que les fouilles d’Oued Zem et d’Erfoud sont les propulseurs de son activité. Sans elles, l’entreprise n’existerait pas. Il estime que ces fouilles représentent une double opportunité : une source de revenus en devises pour le pays et un gagne pain pour les artisans locaux.

« Les fossiles ont l’air rare car on ne se donne pas les moyens intellectuels et monétaires pour les valoriser. Heureusement, qu’il y a ces personnes qui font de la prospection au Maroc. Ces trouvailles ne se limitent pas aux collections privées ou aux musées. Elles sont essentielles à l’avancement de la science, nous permettant de mieux comprendre l’évolution de la vie sur terre afin de mieux anticiper le futur», nous explique Serge Xerri.

Le second segment d’activité de l’entreprise concerne le moulage scientifique. Les moulages et gabarit sont construits à base de silicone à partir de squelettes originaux précédemment préparés. Après leur fabrication, ils serviront à produire des copies en plâtre ou en résine, plus économiques, destinées à être exposées dans des lieux attractifs comme les musées, les aéroports, les hôtels et les parcs.

Au lieu d’avoir un seul spécimen dans une seule localité, il est donc possible de réaliser plusieurs répliques et de les exposer dans différents lieux. C’est le cas de l’Atlasaurus, dont un véritable squelette est présenté à Rabat et une réplique à Azilal.

La 10ème Conférence internationale des Géoparcs mondiaux de l’UNESCO, tenue à Marrakech en 2023, a été l’occasion pour les différents acteurs de géoparcs du monde entier de partager leurs connaissances et leurs bonnes pratiques en matière de gestion et de valorisation de ces territoires exceptionnels. Pour l’occasion, les équipes de ce laboratoire ont exposé une réplique grandeur nature d’un Spinosaurus.

Exposition du Spinosaurus, en marge de la conference internationale de l’UNESCO sur les géoparcs tenue en 2023 à Marrakech.

PaleoTech prend son envol pour le marché l’international

Souhaitant étendre leurs activités, les dirigeants de PaleoLab ont créé PaleoTech, une entreprise spécialisée dans la préparation de fossiles à l’international, basée dans la zone franche de Kénitra.

Mettant à profit leur expertise dans le domaine de la préparation des fossiles, ils explorent de nouveaux marchés internationaux, principalement aux Etats-Unis, proposant désormais de nouvelles prestations, comme la préparation de dinosaures importés à la demande ou la fabrication de répliques de dinosaures.

Les équipes de PaleoTech et Paleolab sont composées d’une part, d’artisans locaux d’Erfoud, d’experts dans la préparation des fossiles, et d’autre part, de profils universitaires scientifiques en particulier en paléontologie. Ces dernières années, l’entreprise a décidé de développer son activité et vise désormais à rayonner à l’international.

Lors de notre visite, l’équipe de PaleoTech préparait un squelette de dinosaure terrestre : un  Hardosaurus provenant de la formation de Montana aux États-Unis et datant du Crétacé supérieur, comme les mosasaures marocains.

Avec ses fémurs de la taille d’un homme, ce dinosaure, pouvant atteindre une quinzaine de mètres, est méticuleusement préparé pièce par pièce et qui serait finalisé dans les mois prochains pour revenir aux Etats-Unis.

L’Hardosaurus, en cours de préparation

S’interrogeant sur la possibilité de concilier le patrimoine et le commerce des fossiles, Adam Aaronson estime que le Maroc, riche en fossiles et minéraux, ne tire pas pleinement parti de ce patrimoine malgré les milliers de personnes qui se sont spécialisées dans le domaine. Outre l’exportation, ce potentiel pourrait donner naissance à de magnifiques musées valorisant les richesses fossiles de chaque région. Paradoxalement, la région de Draâ-Tafilalet, qui recèle des millions de fossiles, ne possède aucun musée dédié.

« Cette région de Draâ-Tafilalet pourrait être le sujet non pas d’un seul musée mais plutôt de plusieurs dispersés dans les provinces de la région, dynamisant ainsi l’offre touristique de nombreuses villes », souligne Adam Aaronson.

L’ouverture du musée d’Azilal a montré la voie à suivre pour développer un réseau de musées d’histoire naturelle au Maroc qui pourront constituer un levier important pour le développement socio-économique de plusieurs régions. Malgré l’insuffisance de formations universitaires dédiées (une seule au niveau national), de tel projets constituent de véritables incubateurs de talents, permettant de former une nouvelle génération de professionnels hautement qualifiés et prêts à relever les défis de projets muséaux tels que le futur musée d’archéologie et des sciences de la terre à Rabat.

L’institution Archives du Maroc reçoit un don d’archives maritimes de Abdelfattah Bouzoubaa

En vertu de cette convention signée par le directeur des Archives du Maroc, Jamaâ Baida, Abdelfattah Bouzoubaaa fait don de la collection d’archives qui lui a servi pour la création du musée virtuel de la Marine marchande marocaine, indique un communiqué de l’institution.

La collection inclut des documents variés tels que des brochures d’armateurs marocains, des correspondances, des articles de presse, des photos et des descriptions de navires marocains, témoignant de ce que fut la Marine marchande marocaine au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, souligne la même source.

Ces documents et d’autres sont consultables en ligne, permettant ainsi un accès large et facilité à ce pan important du patrimoine national, explique le communiqué.

La flotte de la Marine marchande marocaine, dont l’idée de création remonte aux premières années de l’indépendance du Royaume en 1956, a connu son apogée à la fin des années 1980 avec environ 70 navires de tous types appartenant à une vingtaine d’armateurs publics et privés, rappelle l’institution Archives du Maroc. Cette flotte comprenait des porte-conteneurs, des navires frigorifiques, des general cargos, des chimiquiers, des pétroliers, des vraquiers et des car-ferries, précise la même source, ajoutant que les flottes de navires chimiquiers et frigorifiques occupaient une place importante à l’échelle internationale sur leurs marchés respectifs, tandis que les car-ferries assuraient plus de la moitié du trafic passagers entre le Maroc et le sud de l’Europe.

(Avec MAP)

Exposition à Doha d’une collection de bijoux berbères du Palais royal

Years of Culture Qatar-Maroc 2024 (L’année culturelle Qatar-Maroc 2024) a été ouverte, mardi 20 février, avec une exposition spéciale de bijoux berbères du Palais royal au Musée d’art islamique de Doha.

Cette collection, composée de 200 pièces d’importance historique et culturelle, représente les diverses régions et groupes ethniques du Maroc, des montagnes de l’Atlas aux provinces du Sud.

Exposée pour la première fois en dehors du Royaume, cette collection du Palais royal représente une fenêtre unique sur la culture marocaine.

Ouverte au public jusqu’au 20 mai 2024, la collection des bijoux en argent, qui constitue une partie importante de l’exposition permanente des Oudayas du Maroc appartenant au Musée national de la parure de Rabat, rend hommage aux artisans qui ont minutieusement ciselé ces pièces d’exception et, en particulier, aux femmes qui ont sauvegardé ces traditions.

Ces artefacts, présentant diverses techniques, formes et matériaux, révèlent les caractéristiques régionales des principaux centres de production de bijoux au Maroc et reflètent le riche patrimoine du Royaume, sublimant le savoir-faire artistique dans le travail du fil de fer, l’incrustation et l’utilisation du corail, de l’ambre, du verre, des perles et des pièces de monnaie.

Cette exposition, enrichie par une palette de bijoux berbères du Palais royal, est organisée par la Fondation nationale des musées du Royaume du Maroc et le Musée d’art islamique de Doha. Elle est coordonnée par Adel El Fakir, commissaire général de l’Année Qatar-Maroc 2024. Elle constitue le programme inaugural de cette année culturelle, qui est le fer de lance de partenariats culturels durables entre le Qatar et d’autres pays.

(Avec MAP)

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Les travaux du nouveau musée Timitar d’Agadir bientôt lancés

Les travaux de construction du nouveau musée d’Agadir comprennent, entre autres :

– les gros œuvres ;
– l’étanchéité ;
– le revêtement ;
– le faux plafond ;
– la menuiserie bois, aluminium et métallique ;
– la plomberie, sanitaire, protection incendie ;
– la climatisation, ventilation, désenfumage ;
– L’électricité courant fort et courant faible ;
– les réseaux extérieurs divers et aménagements extérieurs ;
– la peinture ;
– la signalisation et signalétique ;
– les branchements divers.

La durée prévue pour l’achèvement des travaux est de 18 mois, incluant les phases de préparation et d’installation du chantier. Le budget estimé par le maître d’ouvrage s’élève à 14,2 MDH.

La conception architecturale du musée a été préalablement confiée à Zakariae El Moudden et Rajae Agoumi. Quant à l’élaboration des études techniques et au contrôle technique, ils ont été attribués respectivement aux bureaux d’études Sogec et Socotec.

Complexe muséal de Rabat : le début des travaux suspendu à plusieurs autorisations imminentes

« Nous sommes toujours suspendus à l’accord de l’Unesco, qui doit être communiqué à la Direction du patrimoine avant de pouvoir démarrer le chantier du complexe muséal », nous déclare Mehdi Qotbi.

Avant d’être en mesure de se prononcer, l’Unesco doit en effet étudier la nature des changements architecturaux souhaités, par la fondation des musées, qui lui ont été soumis dans le cadre d’un dossier déposé depuis plusieurs mois.

Lesquels travaux concerneront l’ancien bâtiment du siège de la Marine royale à Rabat, qui devra être connecté par un tunnel au Musée d’art contemporain Mohammed VI afin de créer un ensemble muséal, nous explique-t-il.

Le président de la fondation nationale des musées attend également l’autorisation « imminente » de la mairie de la capitale pour que les bétonnières puissent emprunter les rues adjacentes qui sont normalement interdites à la circulation pour ce genre de camions.

Malgré le manque de visibilité, notre interlocuteur estime cependant que le début des travaux, qui doivent durer deux ans, ne serait « plus qu’une question de semaines au plus tard ».

 

La construction du Musée du patrimoine amazigh attribuée à l’Entreprise Mohcine pour 45,5 MDH

L’Entreprise Mohcine est spécialisée en construction génie civil et travaux de bâtiments. Elle est la filiale du groupe Ifssate, un acteur de l’immobilier et du BTP au Maroc.

Ce projet est chapeauté par la Société de développement local (SDL) Agadir Souss-Massa Aménagement. Il s’étale sur une surface couverte de 4.200 m² dont 2.200 m² dédiés au bâtiment. Il s’inscrit dans le programme de développement urbain (PDU) de la ville d’Agadir 2020-2024. Ce projet prendra place à l’arrière du Mur du Souvenir, sur la façade Nord de la place de l’hôtel de ville d’Agadir.

L’ambition du Musée du patrimoine amazigh est de créer un espace d’attraction touristique, qui servira également à promouvoir et à préserver le patrimoine culturel amazigh.

En plus de l’espace d’exposition permanente, le musée comprendra des espaces d’expositions temporaires, un auditorium, des activités pédagogiques, une « place publique » et des espaces de présentations permanentes pour les collections, les réalisations architecturales et les composantes du patrimoine immatériel.

Il comportera également un jardin avec tonnelle, des ateliers participatifs, une bibliothèque, une boutique, un restaurant amazigh et une boutique.

https://medias24.com/2022/04/11/agadir-concours-architectural-pour-la-conception-du-musee-du-patrimoine-amazigh/

Près de 7 MDH pour l’équipement du musée Mtamer de Tétouan

Selon l’appel d’offres, ces travaux consistent en la mise en place d’installations techniques et de l’équipement du musée. Ces derniers représentent le deuxième lot du projet d’aménagement et d’équipement du musée Mtamer de la ville de Tétouan.

Ces travaux devront être réalisés dans un délai de six mois, pour un budget estimé à 6,98 millions de dirhams.

https://medias24.com/2023/06/08/pres-de-65-mdh-pour-lamenagement-du-musee-mtamer-de-tetouan/

À Tanger, retour sur l’histoire oubliée du premier musée au Maroc (Entretien avec Ech cherki Dahmali)

Le passé culturel et artistique de Tanger continue de surprendre. Il est une invitation au voyage et à l’envoûtement. Dans son article « Histoire du premier musée au Maroc » publié en juin 2023 dans la revue Hespéris-Tamuda, Ech cherki Dahmali présente les circonstances historiques et culturelles qui ont mené à la création de la première institution muséale au Maroc en 1905 à Tanger, dix ans avant la création du Musée des arts indigènes de Fès. « Cette étude a été basée sur un dépouillement des archives relatives au rôle de la Légation française à Tanger dans la coordination des travaux de recherche menés par les expéditions “scientifiques” françaises sur le sol marocain », peut-on lire dans cet article.

Muséologue, directeur de musée et membre du conseil consultatif du Conseil international des musées (ICOM), Ech cherki Dahmali revient pour Médias24 sur le contexte géopolitique de la création de ce musée, ainsi que sur sa riche collection. Si ce musée n’existe plus aujourd’hui, son histoire offre aux amoureux de Tanger et du Maroc, une nouvelle piste pour voyager dans le passé hautement culturel de la Perle du Nord. Il faut ajouter que cette richesse culturelle de Tanger, elle, n’a pas disparu. Au contraire. Ses racines sont anciennes et solides, comme nous le rappelle d’ailleurs le muséologue dans cet échange.

Ech-cherki DAHMALI,
membre du Conseil Consultatif du Conseil International des Musées

Médias24 : Vous avez publié en juin dernier le document « Histoire du premier musée au Maroc », qui rend compte du contexte de la création de ce musée en 1905 à Tanger. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce sujet en particulier ? 

Ech cherki Dahmali : En tant que muséologue, lauréat de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), je m’intéresse beaucoup à l’histoire des musées au Maroc. Certes, la création de ce musée était orientée par une vision coloniale cherchant des moyens pour occuper le Maroc, mais la recherche des origines de l’introduction de cette institution peut nous aider à comprendre la situation actuelle de nos musées dans le champ culturel national.

– Quels sont les éléments ou les indices qui vous ont amené dès le départ à pousser plus loin votre enquête pour établir que le premier musée du Maroc était installé à Tanger, et non pas ailleurs ?

– Depuis la nuit des temps, « Tangis » était un carrefour de plusieurs civilisations. Elle était presque un passage obligé pour les voyageurs, les peintres et les explorateurs du patrimoine culturel marocain. Tanger avait acquis son statut de ville internationale avant 1923, avec l’installation des légations diplomatiques de plusieurs puissances étrangères depuis le XIXe siècle.

Durant cette période, plusieurs prospections archéologiques sont effectuées à Tanger et dans sa région, surtout par des chercheurs français sous l’égide de la Légation française. Les plus célèbres furent l’archéologue et diplomate Charles-Joseph Tissot (1828-1884), président de la Commission archéologique de Tunisie, et Henri Poisson de la Martinière (1859-1922), diplomate de la Légation de France à Tanger entre 1882 et 1890.

Ces recherches se sont intensifiées après l’installation de la Mission « scientifique » française à Tanger en 1903, dont les travaux ne se sont pas limités aux prospections archéologiques ; ils étaient aussi orientés vers les enquêtes sociologiques et ethnographiques. Cela a permis aux membres de la mission de rassembler un nombre considérable de documents et d’objets, dont une grande partie était transférée en France et une autre partie entreposée dans la villa de la mission.

Vue sur la baie de Tanger.

 

Ce musée était visité par les chercheurs et les touristes de Tanger, et a continué à être mentionné dans les guides touristiques jusqu’à la fin des années 1920

 – Quels types de documents viennent confirmer les faits que vous présentez ?

– J’ai réalisé des recherches documentaires sur les études effectuées par les chercheurs étrangers sur la ville de Tanger depuis le XIXe siècle. J’ai effectué un dépouillement de plusieurs archives éparpillées dans plusieurs services au Maroc et à l’étranger, dans les anciens périodiques et dans des ouvrages écrits avant et durant le période du protectorat. Ces recherches m’ont permis d’avoir un corpus documentaire très varié, où certains documents faisaient une mention très claire de l’existence du musée de Tanger dans le siège de la Mission « scientifique » française dans le quartier Marchan. Ce musée était visité par les chercheurs et les touristes de Tanger, et a continué à être mentionné dans les guides touristiques jusqu’à la fin des années 1920.

 

Catalogue du Musée de Tanger, publié dans le Volume XV de la revue des Archives marocaines en 1908.
Musée de Tanger mentionné dans, Les Guides Bleus, Le Maroc de 1919, p. 295-296.

 

– Pourriez-vous nous parler du contexte historique et politique de la création de ce musée, et pourquoi le choix de Tanger pour son implantation? 

– L’origine du musée de la Mission scientifique de Tanger remonte à la création du « Comité du Maroc » par le « Groupe colonial » (Parti colonial) de la Chambre des députés français en 1903, qui avait soulevé la « Question du Maroc » pour la création d’un empire africain allant vers les frontières marocaines. L’absence d’un budget militaire suffisant pour lancer une grande offensive sur l’empire chérifien avait poussé ce parti à chercher d’autres alternatives pour entamer une conquête pacifique progressive, favorisant les outils “scientifiques”. C’était l’objectif annoncé lors de la création du Comité du Maroc, qui avait alors décidé de lancer une mission scientifique permanente au Maroc.

Le choix de Tanger était donc dicté par la présence de la Légation de France dans la ville depuis la fin du XVIIIe siècle, où la majorité des explorateurs se présentaient au consul de Tanger pour recevoir des instructions ou pour chercher des conseils avant l’intrusion à l’intérieur du pays. Les Français trouvaient que, dans les autres villes marocaines à l’intérieur du pays, la plupart des populations étaient encore hostiles à la présence des étrangers.

Dans les sites punico-romains de la région de Tanger, une trentaine de tombes ont été découvertes, avec un riche mobilier funéraire

– Quelles sont les principales personnes qui ont participé à la mise en place de ce musée ? Et quels étaient leurs motivations et leurs liens avec le Maroc, et Tanger en particulier?

– Le Comité du Maroc, qui était derrière la création de la Mission scientifique de Tanger, était une initiative du chef du Groupe colonial français, le sénateur d’Oran Eugène Étienne (1844-1921) ; un Français né en Algérie, qui avait participé avec plus de deux cents parlementaires colonialistes au soulèvement de la “Question du Maroc” pour la création d’un immense empire africain allant vers les frontières marocaines. Cette mission était confiée à son ami Frédéric Alfred Le Chatelier (1855-1929), ancien officier des Affaires indigènes en Algérie et fondateur de la chaire de « Sociologie et de sociographie musulmanes » au Collège de France.

Pour trouver un chef pour cette mission scientifique, Le Chatelier avait demandé conseil à son ami Gaston Maspero (1846-1916), directeur du Service des antiquités égyptiennes au Caire entre 1881-1914, qui lui avait recommandé son collègue Georges Salmon (1876-1906), un jeune arabisant de 28 ans, membre de l’Institut cairote français depuis 1899. Ensuite, le diplomate et arabisant Édouard Michaux-Bellaire (1857-1930), qui était déjà au Maroc depuis 1884 pour des missions consulaires à Tanger, à Ksar El Kébir et à Fès, avait pris la direction de la mission après la mort précoce de Salmon en 1906.

Les recherches les plus fructueuses étaient menées au début par ces deux derniers. Ils avaient effectué des enquêtes sociologiques ciblées et des prospections archéologiques dans plusieurs régions de Tanger, surtout dans les sites punico-romains où une trentaine de tombes avaient été découvertes, avec un riche mobilier funéraire. Ces expéditions avaient permis de collecter une grande quantité d’objets archéologiques, de manuscrits et d’objets ethnographiques.

Le matériel non transféré aux musées de la métropole française ont servi à créer un petit musée dans le siège de la mission, après un travail minutieux de classement et d’inventaire. On estime que ce musée avait pris corps depuis 1905, après une année très fructueuse de travaux sur le terrain. Ce musée a été enrichi successivement par d’autres éléments pour devenir un véritable espace culturel qui était cité dans les premiers guides touristiques du Maroc jusqu’à 1934.

>> Lire aussi : Tanger. Aux origines de l’École du Nord

– Où se trouvait le bâtiment de ce musée à Tanger, et qu’est-il devenu aujourd’hui ?

– Nous avons suivi les indications présentées dans les anciens guides touristiques du Maroc, dont les textes s’accordaient sur le fait que le Musée de la Mission scientifique de Tanger se trouvait dans la villa de la mission sur le plateau de Marchan « en face de l’Institut Pasteur ». C’est l’exemple du Guide Bleu de 1919 qui indique : « On y voit l’Institut Pasteur, immense établissement entouré de beaux jardins. Dans une villa, en face, se trouve le siège de la Mission scientifique du Maroc, doté d’une bibliothèque de 10.000 volumes, dont 2.000 en langue arabe, et de nombreux manuscrits et d’un musée renfermant surtout des documents de l’époque romaine ».

La même indication géographique « en face de l’Institut Pasteur » était reprise dans plusieurs publications : le Volume VII de 1921 de la revue de la mission Villes et Tribus du Maroc, réservé à Tanger et sa région ; dans la version anglaise du Guide du Maroc de 1924 avec l’indication suivante : « In a villa, opposite, are the headquarters of the Mission scientifique du Maroc » ; et dans la page 22 du Guide Général du Maroc, édité à Casablanca en 1935.

Les recherches sur les lieux nous ont menés au début vers l’ancien siège de la Légation de France (actuel siège du syndicat de l’UMT et café du Parc), mais celui-ci se situe à un kilomètre de l’Institut Pasteur. À côté de ce dernier, on a remarqué un ancien bâtiment, qui est actuellement le siège de la Direction régionale de la Santé de Tanger, mais il s’est avéré qu’il était l’ancien siège de l’hôpital anglais construit avant 1890, quatorze ans avant l’installation de la Mission scientifique française.

D’après les discussions avec les habitants du quartier et avec quelques personnes intéressées par l’histoire de Tanger, on peut supposer que la villa de ce premier musée a été détruite ou réaménagée pour servir de locaux administratifs de l’actuel district urbain de Tanger-Médina ou aux locaux du service sanitaire de la Société de distribution de l’eau et l’électricité de Tanger.

– Quels sont les principaux objets qui constituaient la collection de ce musée ?

– L’importance de la collection de ce musée se manifeste dans son catalogue publié en 1909 dans le volume XV des Archives marocaines, publié par la Mission scientifique de Tanger. Ce catalogue fait une énumération de 103 objets composés d’inscriptions épigraphiques, des éléments d’architecture, des pierres tombales, des objets archéologiques de différentes époques (silex, ossements, pots, vases, plats, jarres, fresques, lampes en terre cuite, monnaies de Juba, morceaux de plomb de cercueils…), des estampages et moulages de plusieurs inscriptions et des plans de fouilles.

Les objets archéologiques du musée provenaient en grande partie des fouilles effectuées par les membres de la mission dans les grottes de Ras Achakar, la nécropole romaine de Bou Khanckkhach, le tombeau de Maghara Essighira, les sépultures du cimetière du plateau de Marchan, les termes de Aïn Hammam à Jorf Aqba et la grotte d’Achakar dite « caverne des Idoles », sans oublier les pièces archéologiques romaines et islamiques récupérées dans les autres régions du nord du Maroc.

La liste commence par deux pièces achetées dans la ville de Tanger par le premier chef de la mission Georges Salmon. Il s’agit d’une pierre tombale d’un soldat anglais de 1684 et d’un astrolabe qui a été donné à la grande mosquée de Tanger par le sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah (sultan entre 1757 et 1790).

Ensuite, on trouve 34 objets marqués comme « don de Gaston Buchet », et 7 autres objets « don de Michaux-Bellaire ». Mais le fait que ces deux chercheurs, qui sont des membres associés à la mission, fassent un don au musée, montre bien qu’ils détenaient d’autres objets et documents, certainement plus précieux, pour les garder ou les vendre aux particuliers et aux musées de la métropole. C’était le cas d’une série de collections ramenées par Buchet au Musée du Louvre, au Museum d’histoire naturelle de Paris et de Lyon et au Musée de l’Homme.

Le catalogue cite aussi des dons d’objets archéologiques collectés dans plusieurs régions de Tanger, appartenant à la Société immobilière du Maroc, créée en 1906 par la Banque de Paris et des Pays-Bas (BPPB), ainsi que quelques particuliers vivant à Tanger (Rittwagen, Dupré et Luret). Le reste des objets archéologiques de la collection du musée est cité sous l’indication de provenance « Fouilles de la mission ».

Mais la collection la plus riche est celle des monnaies, qui couvre plusieurs périodes et s’étend de Tanger à Carthage. Le catalogue de la collection numismatique de la mission, publié en 1921 dans le volume VII de Villes et Tribus du Maroc, présentait un ensemble de pièces très variées, qui témoigne de l’importance politique et économique de la ville de Tingis. La grande partie de cette riche collection était achetée ou collectée à Tanger et sur les sites archéologiques de Lixus et Banasa. Il s’agit des monnaies appartenant aux gouverneurs d’Afrique du Nord comme les deniers de Hanni-Baàl de Carthage (247-183 av. J.-C.), du Roi Massinissa (238-148 av. J.-C.), du Roi Juba I (85-46 av. J.C.), du Roi Juba II (52 av. J.-C. – 23 apr. J.-C) et du Roi Ptolémée (1- 40). Certaines monnaies correspondaient à d’autres empereurs et gouverneurs romains comme celles de Marc Antoine (83-30 av. J.-C.), Claude 1er (41-51 apr. J.-C.), Nerva (80-98), Trajan (98-117), Hadrien (117-138), Alexandre Sévère (222-235), Tetricus le père (268-273), Constantin (306-337), Gratien (367-383), Arcadius (395-408). La dernière partie de la collection numismatique concernait des monnaies de la Zeugitane, la province romaine de l’Afrique proconsulaire résiduelle (située dans une partie au sud-est de l’Algérie, le nord et le sud-est de la Tunisie et une partie du littoral de la Libye).

>> Lire aussi: Lixus. Fresque mythologique et historique des terres du Nord

Une grande partie des chercheurs français envoyés au Maroc étaient des hommes de lettres, lauréats des écoles des beaux-arts et des différentes institutions de recherche historique et géographique    

– À partir de quelle date ce musée a-t-il cessé d’exister, et pourquoi ? Où se trouvent aujourd’hui les objets de cette collection ? 

– Le sort de ce premier musée est lié au déménagement de la Mission scientifique de Tanger vers Rabat, après son rattachement par arrêté viziriel du 14 octobre 1919 à la Direction des Affaires indigènes du protectorat sous le nom de « Section sociologique des Affaires indigènes ». Nous savons que les archives de la mission et une grande partie des manuscrits furent transférés à Rabat en 1920, mais pour les collections archéologiques et ethnographiques du musée, nous ne pouvons que présenter certaines hypothèses basées sur des indications très rares :

*Une grande partie des objets ont été déposés pendant huit ans dans le lycée français Regnault à Tanger, sous la surveillance d’un professeur de dessin du nom de Julien Molle, en attendant la création du musée de la Qasbah au palais de Dar Makhzen de Tanger en 1928. Ce palais était, à ce moment-là, en cours de restauration par le Service des Beaux-arts du protectorat français.

*Une partie a pu aussi être transférée à Rabat, avec les archives de la mission, au musée des Oudayas et/ou au nouveau siège de la Bibliothèque générale du protectorat à Rabat, en attendant la création du Musée des antiquités de Rabat en 1932, actuel Musée de l’histoire et des civilisations.

*Il se peut aussi que d’autres objets aient été transférés au siège de la Légation française de Tanger.

*Certains objets, surtout les plus précieux, ont pu être récupérés par les donateurs et les membres de la mission rentrés en France pour les vendre ou les donner aux musées de la métropole.

On peut donc conclure que les objets de la collection du Musée de Tanger ont été dispersés, selon leur taille et leur appartenance, dans plusieurs endroits à Tanger, Rabat et peut-être en France. Mais la majeure partie a constitué le noyau du Musée de la Qasbah de Tanger qui a porté le nom de « Musée Michaux-Bellaire » après sa mort en 1930. Aujourd’hui il porte le nom de Musée la Kasbah des cultures méditerranéennes.

Lycée français Regnault à Tanger et Musée de la Qasbah de Tanger (Photos d’archives)

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Les objets de la collection de ce musée de Tanger ont été dispersés, selon leur taille et leur appartenance, dans plusieurs endroits à Tanger, Rabat et peut-être en France

– L’histoire de ce premier musée du Maroc nous renseigne sur l’intérêt de la France pour le patrimoine historique et culturel du pays… 

– Il faut indiquer que l’intérêt de la France pour le patrimoine culturel du Maroc depuis le XIXe siècle était lié à la concurrence entre les puissances coloniales pour effecteur plusieurs missions, souvent clandestines, d’exploration et de reconnaissance du Maroc en vue d’établir de futurs plans de conquête militaire. Une grande partie des chercheurs envoyés au Maroc étaient des hommes de lettres, lauréats des écoles des beaux-arts et des différentes institutions de recherche historique et géographique. Surtout que cette époque coïncidait avec le début de l’institutionnalisation des sciences humaines et sociales et la création des premières sociétés savantes qui incitaient ses membres à explorer des « terres inconnues ».

Depuis la colonisation de l’Algérie en 1830, la France n’a pas cessé de songer à l’expansion de sa colonie nord-africaine vers les frontières occidentales. Mais devant la convoitise des autres puissances européennes, et en l’absence d’un budget suffisant pour combattre un Royaume « farouche et guerrier », elle avait privilégié une « pénétration pacifique » via des entités de recherches « scientifiques » afin d’étudier la structure sociale du pays, son histoire et ses productions artistiques.

De l’autre côté, il ne faut pas nier l’importance des études réalisées par les chercheurs français sur les différentes composantes du patrimoine culturel marocain depuis le XIXe siècle jusqu’à 1956. Malgré leur présentation dans un cadre de propagande coloniale, les résultats de ces études ont beaucoup guidé les programmes de classification des arts marocains et la réalisation des scénarios des expositions dans les musées du Maroc.

La section civile du tribunal de première instance de Tétouan sera reconvertie en musée de la « mémoire tétouanaise »

Ce projet, qui nécessitera une enveloppe de 15,98 millions de DH, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de partenariat visant à valoriser le bâtiment du tribunal de première instance situé sur la place « Adala » à Tétouan.

Le ministère de la Justice avait annoncé, en avril 2021, la reconversion de l’ancien siège du tribunal de première instance, avec ses deux sections correctionnelle et civile, en deux musées. Le premier bâtiment, érigé sur 3.050 m2, devrait abriter le musée de la mémoire culturelle et historique de Tétouan, sous ses différents aspects, notamment en matière de documents historiques.

La deuxième structure, d’une superficie de 2.680 m2, serait convertie en musée national de la justice en tant que mémoire nationale dans ce domaine, où seront exposés des meubles, des vêtements, des équipements et des moyens de travail des magistrats, avocats, notaires, adouls, experts et traducteurs, ainsi que des documents, des manuscrits et des documentaires en relation avec le domaine de la justice.

Il convient de souligner que ces bâtiments ont été construits dans les années 30 et 40 du siècle dernier, selon les normes de l’architecture maroco-andalouse authentique caractérisant les édifices des villes du nord du Royaume.

Ce projet, financé par le conseil de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima à hauteur de 10 MDH, ambitionne de mettre en valeur le patrimoine culturel et historique, ainsi que de valoriser et recenser les manuscrits en possession des familles tétouanaises en vue de les exposer dans le musée.

La durée des travaux de reconversion est estimée à 12 mois.

(Avec MAP)

27 sites historiques ont été gravement endommagés par le séisme du 8 septembre selon un premier constat

Les secousses ont globalement provoqué des fissures dans les structures et des effondrements partiels plus ou moins importants, mais l’état des monuments historiques varie selon leur proximité avec l’épicentre et la vétusté des constructions. Seul un examen détaillé par experts permettra de se faire une idée précise.

Contacté par Médias24, un spécialiste des monuments historiques basé à Marrakech nous a fourni des informations provisoires quant à l’état des monuments qui ont été touchés par le puissant séisme.

Sur 48 sites historiques du Royaume recensés, 24 sont jugés dans un état « grave », et 3 dans un état « très grave ». Marrakech, Taroudant et Ouarzazate sont les trois villes dont le patrimoine historique a été le plus touché.

Les sites endommagés à Marrakech

Les tombeaux saadiens, le Palais Bahia et le Palais Badii sont dans un état grave. Les dégâts ont été constatés au niveau de la structure des bâtiments : effondrements partiels et fissures.

(cliquez sur les positions pour le détail des dommages supposés)

Si les constructions qui ont résisté au tremblement de terre présentent actuellement un risque majeur d’effondrement, une source autorisée nous explique que « les dégâts dans les monuments de la ville ne sont pas irréparables ni irréversibles ».

Des fissures importantes sur le minaret de la mosquée Koutoubia ont été constatées par nos journalistes sur place, ainsi que la destruction quasiment complète du minaret de la mosquée Khabrouch située sur la place Jamaâ El Fna. Ces deux monuments historiques ne sont pourtant pas cités.

À quelques kilomètres de Marrakech, la mosquée Tinmel , située dans la commune de Tlat N’Yaaqoub, a subi des « dégâts phénoménaux ainsi que de très graves destructions, à l’exception de quelques arcs. Le minaret a été détruit en grande partie, et la mosquée est réduite à l’état de ruines ».

Du côté d’Agadir Oufella, les dégâts sont jugés « graves » sur la base d’images collectées à travers les réseaux sociaux, illustrant des effondrements de la muraille.

(cliquez sur les positions pour le détail des dommages)

Plusieurs sites gravement endommagés à Taroudant

À Taroudant, les autorités font également état de fissurations et d’effondrements au niveau de Bab Lkhmiss, Bab Oulad Bounouna, Bab Zourgane, Bab Agafay, Bab Bizmane, Bab Targhont, ainsi que des risques d’écroulement et de basculement.

Au niveau de la muraille de Taroudant, de nombreux dégâts ont été constatés : des fissures verticales et obliques, des effondrements d’acrotères et de merlons, ainsi que des détachements d’enduit…

(cliquez sur les positions pour le détail des dommages)

Les sites endommagés à Tinghir

Le patrimoine national de Tinghir n’est pas non plus épargné. L’état des constructions de la Kasbah Glaoui Ait Sdrat, du Ksar Ait said et du quartier Taourirt est qualifié de « grave ».

(cliquez sur les positions pour le détail des dommages)

Les sites endommagés à Ouarzazate

La Kasbah Taourirt, le Ksar Ait Ben Haddou, le Siège Cerkas, la Kasbah Amridil et la Kasbah Tifoultoute sont gravement touchés par les tremblements de terre, et l’état du quartier Tikkirt à Ouarzazate est jugé « très grave ».

(cliquez sur les positions pour le détail des dommages)

Les sites endommagés à Casablanca et El Jadida  

Par ailleurs, l’église Portugaise à El Jadida présente un risque d’effondrement, tout comme la Kasbah Boulaouane, Kasbat Oualidia et Kasbat Akachtim à Ifrane.

Enfin, à 430 km de l’épicentre, la Maison de la culture Buenaventura à Casablanca, située au niveau de l’ancienne médina, est également menacée d’effondrement. L’état de ce patrimoine architectural du XIXe siècle est jugé « grave ».

Toujours à Casablanca, le Centre d’interprétation du Patrimoine-Ecole Abdellaouia a également été touché par les secousses meurtrières, mais l’état du bâtiment n’est pas jugé « grave ». 

(cliquez sur les positions pour le détail des dommages)

À Marrakech, trois musées temporairement fermés 

Plus tôt ce lundi matin, la Fondation nationale des musées a décidé de « fermer provisoirement trois musées endommagés à Marrakech », nous fait savoir le président de la Fondation Mehdi Qotbi. Les musées concernés par cette fermeture sont :

Au lendemain du séisme, la Fondation a mobilisé ses experts pour évaluer les dommages et garantir la sécurité des visiteurs dans les musées de Marrakech.

« Une équipe d’experts a été dépêchée dès samedi matin dans les musées de Marrakech pour examiner l’étendue des dégâts causés par le séisme et élaborer un dispositif de réparation dans les plus brefs délais », indique Mehdi Qotbi.

Le Musée des confluences – Dar El Bacha

Plusieurs zones à risque en plus de dommages plus ou moins importants ont été identifiés, selon le diagnostic d’experts dont Médias24 détient copie :

« La recommandation de fermeture s’applique principalement par mesure de précaution envers les visiteurs du musée. Le personnel peut continuer à travailler dans le musée, à l’exception de la zone de l’administration, qui nécessite une réaffectation temporaire », est-il indiqué.

Le Musée national du tissage et du tapis – Dar Si Said 

L’état général du musée « est grave et ne permet pas de garantir la sécurité des visiteurs ni du personnel ». Dans le détail :

Le Musée du patrimoine culturel immatériel de Marrakech à Jamaâ El Fna

Dans ce musée, les experts ont relevé un certain nombre de dommages :