Cheikh Lô à Mawazine : 50 ans de musique, l’Afrique en rythme, la vie en héritage

Entouré de dix musiciens venus des quatre coins du continent africain, Cheikh Lô a livré une performance chaleureuse, puissante et généreuse. Corde, cuivres, mais surtout percussions : l’instrument roi de la soirée. Le groove était omniprésent, entraînant un public conquis dans une transe collective. Sur scène, ça chantait, ça dansait, ça vibrait. La musique de Cheikh Lô, riche d’influences mandingues, jazz, blues, afrobeat, reggae et mbalax, ne prône qu’une chose : l’union des peuples et la paix.

Mais le moment le plus marquant du concert reste sans conteste celui où le maître quitte le devant de la scène pour s’installer derrière la batterie. Le public retient son souffle. Et là, sans fioritures, sans artifice, Cheikh Lô offre un drum solo magistral. Complexe, fluide, habité. Ce n’est pas qu’un chanteur. C’est un vrai musicien. Un artisan du rythme. Un amoureux de son art. Il ne joue pas la batterie : il la vit.

Vers la fin du concert, alors que la tension émotionnelle est à son comble, une jeune femme monte sur scène. Le public ne tarde pas à comprendre. Père et fille chantent en duo. Les regards complices, les sourires tendres, la transmission palpable d’un héritage. Ce moment suspendu, presque sacré, a ému l’audience jusqu’aux larmes.

Cheikh Lô n’a pas seulement célébré cinq décennies de carrière, il a rappelé ce que la musique peut faire de plus beau : rassembler, consoler, éveiller. À Mawazine, sur les rives du Bouregreg, il a prouvé qu’à 70 ans, il n’a rien perdu de son feu sacré. Et que tant qu’il y aura des artistes comme lui, l’Afrique chantera encore longtemps la paix, la liberté et l’amour.

 

À Mawazine, 50 Cent ravive l’âme du rap des années 2000

La ville de Rabat a vibré, ce samedi 21 juin, au rythme du hip-hop new-yorkais. Devant une foule électrisée, l’icône du rap des années 2000, 50 Cent, a revisité ses plus grands classiques avec une intensité intacte.

Dès les premières notes de « In Da Club », l’ambiance est montée d’un cran. Le public, majoritairement jeune mais visiblement connaisseur, s’est immédiatement laissé emporter, reprenant le célèbre refrain en chœur dans une ferveur quasi religieuse.

Avec son trio complices, 50 Cent a enchaîné les tubes comme « P.I.M.P. », « Candy Shop », « 21 Questions » ou encore « Many Men », dans une scénographie sobre mais percutante, portée par un jeu de lumières précis. Chaque morceau était accueilli par une clameur, comme une madeleine sonore pour toute une génération.

50 Cent à Mawazine
50 Cent à Mawazine

L’un des moments les plus forts de la soirée est survenu lorsque l’artiste a tenu à rendre hommage à Pop Smoke, figure montante du rap américain tragiquement disparue. Sous une lumière bleue, 50 Cent a diffusé un extrait de « The Woo », salué par une ovation émue du public. Une parenthèse solennelle, en contraste avec l’énergie du reste du show, mais qui a su toucher les cœurs.

Tout au long de la performance, l’artiste est resté fidèle à lui-même : direct, charismatique et généreux sur scène. Sa voix grave, sa présence imposante et sa gestuelle assurée ont rappelé pourquoi il reste l’un des poids lourds du hip-hop mondial. Sans artifices, juste l’essentiel : lui, ses morceaux, et une scène qu’il domine naturellement.

Le public marocain ne s’y est pas trompé. Entre les flashs des téléphones, les cris d’admiration et les bras levés, c’est tout un parterre de fans conquis qui a accompagné 50 Cent jusqu’aux dernières minutes du concert.

De son vrai nom Curtis Jackson, 50 Cent a rappelé qu’il n’était pas simplement une légende du passé, mais qu’il est encore et toujours un maître de la scène.

Gnaoua : les maâlems posent la base, la relève s’empare du rythme

À Essaouira, la 26e édition du Festival Gnaoua résonne plus que jamais comme une passerelle entre générations. Sur scène comme dans les coulisses, une conviction revient chez tous ceux qui font battre le cœur du festival : il est temps pour la jeune génération de Gnaouis de s’imposer. Avec travail, patience et authenticité, tout devient possible, à condition de rester fidèle à l’essence de cet art.

C’est ce que nous ont confié trois figures qui incarnent chacune à sa manière la richesse et l’évolution de la tagnaouite : les maâlems Hamid El Kasri, Mustapha Baqbou et l’artiste multi-instrumentiste Fahd Benchemsi.

Maâlem Baqbou, la transmission en héritage

Présent à chaque édition depuis les débuts du festival, Maâlem Mustapha Baqbou est une figure tutélaire de la tagnaouite. Originaire de Marrakech, il porte cet héritage depuis son enfance, transmis par son père et son grand-père. Aujourd’hui, il le transmet à son tour.

« C’est à notre tour de passer le flambeau », confie-t-il, après sa prestation avec Najib Bekkass, l’un de ses plus fidèles disciples, avec qui il a partagé la scène lors de la deuxième soirée du festival. Une transmission vivante, en musique, et pleine d’émotion.

Hamid El Kasri : « Les jeunes gnaouis prennent place »

Maâlem Hamid El Kasri, lui, savoure cette édition. « Les fusions de cette année, c’est exactement ce que je cherche », affirme-t-il avec enthousiasme. Tambours africains, voix profondes venues du continent, rythmes envoûtants : tout résonne à l’unisson avec les qraqeb gnaouis.

Initié dès l’âge de 7 ans, El Kasri est reconnu pour sa capacité unique de fusionner les styles du Nord et du Sud du Maroc, forgeant une signature musicale reconnaissable entre toutes. Sa voix, grave et vibrante, est devenue emblématique.

Pour lui aussi, le message aux jeunes est clair : « Il faut apprendre auprès des grands maâlems, travailler sans relâche et développer sa propre identité. Ce n’est pas facile, mais c’est possible ».

Fahd Benchemsi, entre passion et réinvention

Acteur et musicien, Fahd Benchemsi est un autre visage de cette nouvelle génération gnaouie. Il se dit «  piégé » entre deux amours : la tagnaouite traditionnelle, qu’il écoute pour lui, et les fusions, qu’il joue pour le public.

 

Pour sa première participation sur la grande scène de la plage, il a livré un concert vibrant aux côtés du maâlem Hicham Merchane, fils du légendaire Abdelkbir Merchane. Un moment fort, mêlant sonorités gnaouies, influences ghiwanies et énergie féminine, portée par son groupe The Lallas.

Fahd, passionné depuis toujours par les musiques marocaines, a enrichi son approche à Los Angeles, au contact de musiciens de jazz, soul et gospel. De retour au pays, il fusionne ces influences avec respect et audace. Son titre « Baba Mimoun« , entre groove et spiritualité, en est la preuve.

Une scène à prendre

Chez Baqbou, El Kasri et Benchemsi, une même conviction : la scène gnaouie est prête à accueillir ses jeunes héritiers. Mais cela demande du temps, de la rigueur et surtout une fidélité à l’âme de cet art.

Et comme le dit Hamid El Kasri : « Les jeunes doivent s’imprégner de tout, puis tracer leur propre chemin. Moi aussi, je suis passé par là ».

Afrojack électrise l’OLM Souissi pour l’ouverture de Mawazine

Une nuit, deux univers, un seul choc : celui de la fusion musicale et sensorielle qui a secoué la scène de l’OLM Souissi à Rabat.

Imad Kotbi : l’ADN marocain sous tension électronique

Dès les premières notes, Imad Kotbi a posé le décor : un set fluide, où se mélangent la chaleur du chaâbi digitalisé, des samples trap aux accents gnawa et des nappes électroniques puissantes.

Le DJ casablancais ne se contente pas de mixer ; il construit un paysage sonore où le Maroc moderne se raconte avec fierté. Des morceaux teintés de raï urbain ou d’électro chaâbi, à la croisée de la vibe de Saad Lamjarred, Douzi ou même Khlat Style, ont électrisé les fans, déjà en transe bien avant l’arrivée du headliner.

Afrojack : un séisme électro au laser près

Quand Afrojack surgit sur scène à 22h30, l’atmosphère bascule dans une autre dimension. L’ingénierie sonore est millimétrée : chaque kick de basse est une onde de choc dans la foule, chaque drop soulève un rugissement collectif.

Entouré de faisceaux laser, d’écrans LED synchronisés et d’un light show quasi cinématographique, il enchaîne les tubes planétaires Ten Feet Tall, Turn Up The Speakers, Hey Mama remixés avec des touches plus sombres et nerveuses, flirtant avec la trap et l’EDM undergroung.

Afrojack et Imad Kotbi électrisent l’OLM Souissi pour l’ouverture de Mawazine
Afrojack et Imad Kotbi électrisent l’OLM Souissi pour l’ouverture de Mawazine

Mais ce qui frappe surtout, c’est le choix audacieux de mixer ses classiques avec des inserts de mélodies orientales ou de percussions maghrébines, comme un clin d’œil à son hôte marocain. Le public répond par une frénésie rare : pogo, bras levés, cris, et une énergie constante pendant plus de 90 minutes de set.

Un pont sonore entre deux mondes

L’alchimie fonctionne : entre Kotbi et Afrojack, c’est une conversation entre deux scènes Rabat et Vegas, chaâbi 2.0 et EDM de festival. La sono, d’une précision chirurgicale, n’épargne aucun souffle. Les lumières, en séquences ultra-dynamiques, transforment l’OLM en boîte de nuit à ciel ouvert.

Des jeunes venus de tout le Royaume scandent les refrains, smartphones brandis, pendant que d’autres dansent pieds nus sur le goudron, les yeux rivés sur les écrans géants. Ce n’est pas juste un concert, c’est une immersion, une vague sonore dans laquelle la foule s’est noyée avec bonheur.

La foule vit la musique à plein cœur. Chaque beat fait vibrer les corps, chaque mélodie résonne comme une invitation à se laisser aller. Dans cette ambiance électrique, il n’y a plus de différence entre les générations ou les origines, juste une énergie commune qui unit tout le monde.

A Fès, le sacré a trouvé sa scène

Il était 21 h, les ruelles alentours vibraient d’une tension douce, les gens affluaient. Certains pressaient le pas, d’autres traînaient, comme pour savourer le moment avant le basculement. Puis soudain, les murs se sont mis à vivre. Des projections ondulantes, des images chaudes et organiques, comme des souvenirs lumineux. Le thème ? « Renaissances, de la Nature au Sacré ». Pas un slogan, une expérience.

Le show a commencé avec les femmes de Mayotte : Cercle solide, voix nues. Aucun effet, juste leur souffle. Des chants envoûtants, presque aquatiques. On aurait dit que la terre elle-même chantait à travers elles.

Puis changement de rythme. Les danseurs du Zaouli sont arrivés masqués, pieds martelant le sol. Le genre de moment où le public retient sa respiration. L’instant où tu ne regardes plus un spectacle : tu y es.

Et ça ne faisait que monter.

Les tambours du Burundi ont frappé. Fort. Brut. Primitif. On ne pouvait pas rester droit, même les plus calmes du public bougeaient, les épaules en rythme, les yeux brillants. Il y avait dans leurs frappes quelque chose de fondamental, de viscéral. Pas du divertissement. Un rappel.

Puis tout s’est figé. Le silence a pris sa place. Et dans ce silence : une voix, Battista Acquaviva. Cristalline, suspendue. Rien de théâtral, juste une présence. Elle chantait entre deux mondes — l’Italie de la Renaissance et la mystique soufie. C’était beau, mais surtout, c’était vrai.

Et puis, Habib Dembelé. Pas besoin de lumières, pas besoin de mise en scène : Il s’est levé, il a parlé, et la foule s’est tue. Il n’a pas joué, il a transmis des mots simples, mais lourds. Des silences pleins. Il racontait l’humain, le sacré, le quotidien. Il disait l’essentiel.

Le public ? Captif. Pas ébloui, connecté. Dans les yeux, cette lueur qu’on voit rarement : celle de ceux qui écoutent vraiment.

Bab Makina, ce soir-là, n’était pas une scène. C’était un pont entre générations, cultures et mondes. Et Fès, fidèle à elle-même, jouait son rôle d’intermédiaire avec une élégance qui ne force jamais.

Quand les dernières notes se sont éteintes, on n’a pas applaudi tout de suite. Il y avait ce moment suspendu, où chacun cherche à retenir ce qui vient de passer. Parce qu’on sait que ce genre de vibration ne se répète pas à la demande.

Le sacré, ici, ne criait pas. Il murmurait. Il ne s’imposait pas, il apparaissait dans un regard, une voix, une percussion. Et c’est peut-être ça, la vraie magie de ce festival : nous rappeler que le sacré n’est pas un lieu ou une foi, mais une sensation. Un battement commun.

Chœurs de sable, orchestres d’étoiles : Mozart conquiert le Maroc

Quatre concerts dans quatre villes vont susciter le même sentiment : celui inspiré par les œuvres sacrées de Mozart et Haydn interprétées avec une rigueur historique et une vibrance passionnée.

Une rencontre inédite au service de l’authenticité

C’est une première au Maroc : le Chœur de Chambre du Maroc, sous la direction d’Amine Hadef, s’associe à l’un des ensembles les plus emblématiques de la scène baroque mondiale. Le fruit de cette collaboration, née d’un profond désir de dialogue musical entre les deux rives de la Méditerranée, promet de ravir les amateurs de musique classique autant que les curieux en quête d’émotions artistiques rares.

Une immersion sonore d’époque

Ce qui rend cette tournée encore plus singulière, c’est le choix audacieux des instruments anciens. Violons montés en boyaux, hautbois baroques, timbales classiques, cors naturels et orgue positif : chaque sonorité a été pensée pour restituer la richesse acoustique du XVIIIe siècle, telle que l’aurait entendue Mozart lui-même. C’est l’un des fondements du travail d’Hervé Niquet, musicien multitalentueux et fondateur du Concert Spirituel en 1987, reconnu pour sa redécouverte du patrimoine musical sacré européen.

Quatre escales, un même souffle

La tournée s’articulera autour de quatre concerts dans des lieux emblématiques du Maroc :

Marrakech, mercredi 14 mai, 20h30 – Église des Saints Martyrs
Rabat, jeudi 15 mai, 20h30 – Cathédrale Saint-Pierre
Casablanca, vendredi 16 mai, 20h30 – Église Notre-Dame
Tanger, samedi 17 mai, 19h30 – Église Notre-Dame de l’Assomption

Chaque étape est pensée comme une célébration de la beauté musicale et de l’universalité des émotions. Les œuvres choisies –notamment des messes de Mozart et des pièces liturgiques de Haydn– mêlent ferveur et éclat, intériorité et grandeur.

Un chœur marocain au rayonnement international

Fondé en 2020, le Chœur de Chambre du Maroc s’est imposé en quelques années comme une référence. Composé de chanteurs sélectionnés sur audition et unis par une exigence d’excellence, l’ensemble a déjà marqué les esprits lors de l’ouverture du Festival des Musiques Sacrées de Fès en 2022. À sa tête, Amine Hadef, ténor lyrique et pédagogue, incarne cette génération de musiciens marocains formés à l’international et profondément engagés dans la transmission artistique au pays.

Hervé Niquet : l’art de faire revivre les chefs-d’œuvre

En guidant cette visite, Niquet apportera avec lui son énergie généreuse et sa riche connaissance. Connu pour ses interprétations puissantes et vives, Niquet est un spécialiste de la musique baroque et un aventurier du romantisme français. Ses interprétations vives font de chaque concert une expérience esthétique unique, avec des contraintes stylistiques structurées et une liberté d’expression libératrice.

Plus qu’un concert, une passerelle culturelle

Organisée par l’Institut français du Maroc, cette tournée incarne les valeurs fondamentales de la culture : transmission, dialogue et ouverture.

En rassemblant deux ensembles de haut niveau issus de mondes culturels différents, Mozart au Maroc dépasse le format de concert pour devenir un acte de création partagée, un geste artistique profondément humain.

Le 26e Festival Gnaoua dévoile une nouvelle série de fusions musicales

Depuis sa création en 1998, le Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira s’est imposé comme un événement musical unique, fondé sur une tradition essentielle, celle des maâlems gnaoua qui, maîtres incontestés de la transe et gardiens d’un héritage ancestral, ouvrent chaque année les portes de leur art à des musiciens venus du monde entier, soulignent les organisateurs dans un communiqué.

Au cœur de cette alchimie, des fusions inédites et envoûtantes, où le Maroc entre en résonance avec les musiques du monde, de l’Afrique subsaharienne aux Amériques, de l’Europe à l’Asie, en passant par les rives méditerranéennes, ont-ils relevé.

Après avoir levé le voile sur ses premiers temps forts, le festival a dévoilé ce lundi 11 mai une nouvelle série de fusions qui viendront marquer cette 26e édition, ajoute la même source, précisant que d’autres concerts et moments forts seront révélés dans les prochaines semaines.

Ainsi, le public aura rendez-vous avec un concert intitulé « Groove sacré, funk sans frontières » avec maâlem Khalid Sansi et Cimafunk.

« Artiste de Casablanca et figure montante de la scène gnaoua, maâlem Khalid Sansi incarne le renouveau d’un art ancestral qu’il fait dialoguer avec les rythmes du monde. Issu d’une lignée gnaoua et formé très jeune auprès de son père, il forge une esthétique à la croisée du spirituel, de la danse et de la performance contemporaine. De collaborations avec Jacques Schwarz-Bart à des créations avec des danseurs ou des jazzmen africains, il multiplie les ponts entre traditions et modernité », indique la même source.

« Cette année, il remonte sur la scène du Festival Gnaoua pour un face-à-face électrique avec Cimafunk, phénomène cubain du funk afro-latin. Véritable électrochoc musical, Cimafunk dynamite la musique cubaine avec une énergie irrésistible. Héritier spirituel de James Brown, il mêle funk incandescent, rythmes afro-cubains et conscience afro-descendante dans un cocktail explosif. Une collision incandescente entre groove caribéen et transe gnaoua, portée par deux artistes en quête de libération sonore », relève le communiqué.

Les festivaliers vibreront également avec maâlem Morad El Marjan et Dhafer Youssef, le temps d’un concert intitulé « Dialogue mystique entre deux héritages sacrés ».

« Figure de la nouvelle génération gnaouie, Morad El Marjan cultive un lien profond avec l’héritage musical et spirituel des anciens, tout en s’ouvrant à de nouvelles sonorités venues d’autres univers musicaux. Né à Rabat, formé sur scène dans les festivals du Royaume, il s’est imposé par son jeu expressif, son humilité et sa volonté de transmettre », selon la même source.

« Sa rencontre avec Dhafer Youssef, maître du oud et alchimiste du jazz spirituel, s’annonce comme un moment suspendu : une conversation entre deux formes d’élévation, où les lignes du guembri dialoguent avec les envolées mystiques du oud. Originaire de Tunisie, Dhafer Youssef est aujourd’hui l’un des artistes les plus respectés de la scène musicale internationale. Inclassable, il fait dialoguer oud, jazz, chant soufi et textures électroniques avec une virtuosité rare. Collaborateur de géants comme Herbie Hancock ou Marcus Miller, il incarne une vision libre et lumineuse des musiques du monde. Cette fusion s’annonce subtile, introspective, vibrante », poursuit le communiqué.

Au menu figure également le concert « Femmes puissantes, mémoires vivantes« , animé par Asmaa Hamzaoui, Bnat Timbouktou et Rokia.

« Fille du maâlem Rachid Hamzaoui, Asmaa Hamzaoui a su, avec talent et détermination, ouvrir un espace féminin dans une tradition longtemps masculine. Avec son groupe Bnat Timbouktou, elle réinvente la tagnaouite au féminin, abordant des thèmes profonds comme l’exil, les racines et la mémoire. Sa voix grave, son jeu de guembri assuré et sa présence scénique en font une figure majeure du renouveau gnaoui », font savoir les organisateurs.

« Elle partage aujourd’hui la scène avec Rokia Koné, chanteuse malienne à la voix puissante et engagée. Venue de Ségou et surnommée « la Rose de Bamako », Rokia Koné incarne la force des grandes voix africaines. Membre des Amazones d’Afrique, révélée au monde avec Bamanan, elle marie racines mandingues et influences modernes avec une intensité bouleversante », ajoute la même source.

Depuis ses débuts, le Festival Gnaoua a toujours mis à l’honneur les grandes voix féminines africaines, en fusion avec les maâlems, à l’image de figures telles qu’Oumou Sangaré ou Fatoumata Diawara, notant que ce nouveau duo s’inscrit dans cette lignée, entre transmission, sororité musicale et fusion des héritages.

« En plus de leurs fusions, Cimafunk, Rokia Koné et Dhafer Youssef se produiront également en concerts individuels sur la scène Moulay El Hassan, lieu emblématique du Festival Gnaoua. Chacun d’eux livrera au public un moment fort et personnel, une immersion dans l’essence de son univers musical. Avec ces concerts, le festival poursuit sa vocation de faire dialoguer les musiques du monde avec l’héritage gnaoui, tout en mettant en lumière les grandes figures de la création musicale contemporaine ».

« Depuis plus de vingt-cinq ans, le Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira écrit l’histoire d’une musique sans frontières. Chaque édition est une invitation à l’échange, à l’inattendu, à l’émerveillement partagé. Plus qu’un festival, il offre une expérience collective unique et régénératrice », poursuit le communiqué, avant de conclure que d’autres annonces suivront très bientôt pour dévoiler de nouveaux temps forts et refléter toute la richesse de cette 26e édition.

Décès de l’icône de la chanson marocaine Naima Samih

Née à Casablanca, feue Naïma Samih fut la doyenne de la chanson marocaine moderne, comptant à son actif un riche répertoire de chansons ayant connu un large succès dans le monde arabe.

La regrettée a entamé dès son jeune âge sa carrière de chanteuse avant de faire sa première apparition à la télévision au début des années 70, à travers le programme « Mawaheb » animé par le grand compositeur, feu Abdenbi Jirari.

La carrière artistique de la diva de la chanson marocaine a été marquée par la diversité de son répertoire qui comprend des chansons sentimentales, patriotiques et religieuses.

La défunte a collaboré avec des compositeurs et des poètes de renom, dont notamment Abdelkader Rachdi, Ahmed Alaoui, Ahmed Tayeb El Alj et Ali Haddani.

Parmi les chansons les plus célèbres de la regrettée figurent « Jrit W Jarit », « Yak A Jarhi », « Kif Lmaani » et « LBhara », ainsi que d’autres titres ayant connu un grand succès populaire et qui ont été repris par des artistes arabes.

Feue Naïma Samih fut aussi la plus jeune chanteuse arabe, la première chanteuse marocaine et la troisième artiste arabe à livrer un concert au célèbre « Olympia » de Paris, après les grandes Oum Kalthoum et Fairouz.

(Avec MAP)


Le maestro Boudchart de retour à Casablanca et à Rabat en février 2025

Le célèbre compositeur, chef d’orchestre et multi-instrumentiste marocain Amine Boudchar, plus connu sous le nom de Boudchart, reviendra avec « son concept révolutionnaire La chorale… c’est vous !«  à Casablanca et à Rabat en février 2025, apprend-on de sources proches de l’artiste.

Cette expérience musicale, où le public tient la vedette, a déjà conquis des milliers de participants à travers l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. La tournée de Boudchart à guichets fermés a rassemblé plus de 50.000 participants, avec des performances inoubliables lors du Festival international de Carthage et dans des lieux emblématiques à Paris, Londres, Genève, Amsterdam, Bruxelles, Dubaï, Doha, Riyad, Montréal, Marrakech, et bien d’autres villes. Sa dernière grande performance date du 5 décembre dernier à Bahrain à l’occasion de l’Exhibition World Bahrain.

Les concerts de Boudchart mettent en avant ses compositions exceptionnelles qui tissent des liens entre les cultures et racontent des histoires universelles à travers la musique. En mélangeant habilement des styles variés, il fusionne les traditions marocaines et arabes avec des sons globaux : des tonalités mystiques des gnaoua ou de la musique tunisienne aux rythmes de la reggada et du reggae, tout en s’inspirant des influences khalijies, amazighes, balkaniques et latines. Dans l’univers de Boudchart, tous les styles sont permis, faisant de chaque performance une célébration de créativité musicale.

« La chorale… c’est vous ! » se veut une rencontre culturelle vibrante où la musique devient un langage universel. Avec des participants de divers horizons et nationalités, ce concept transforme chaque représentation en une célébration de l’unité, de la créativité et des connexions humaines partagées.

EN IMAGES. Le 1er Festival international de la musique militaire à Rabat

Une foule nombreuse est venue sur la Place Al Barid à Rabat pour apprécier les prestations de sept formations musicales nationales relevant des différentes composantes des Forces armées royales, de la Garde royale, de la Gendarmerie royale, de la Direction générale de la sûreté nationale et des Forces auxiliaires, ainsi que des musiques militaires étrangères de six pays, à savoir l’Arabie Saoudite, la Côte d’Ivoire, les Émirats Arabes Unis, l’Espagne, les États-Unis d’Amérique et le Sénégal.

Le bal s’est ouvert par la prestation de la Garde royale, qui a enchanté le public avec un répertoire musical diversifié et captivant, mêlant tradition et modernité.

Les autres formations ont ensuite pris le relais, chacune apportant sa propre touche à l’événement. Le Régiment d’infanterie « Immémorial del Rey n°1 » d’Espagne a impressionné par sa précision et sa discipline, tandis que la formation musicale des Forces royales air a charmé l’audience avec un mélange harmonieux de compositions internationales et marocaines, illustrant la richesse culturelle du Royaume.

Les formations musicales de l’Arabie Saoudite, de la Côte d’Ivoire et des Forces auxiliaires Zone Nord ont signé des interprétations vibrantes et captivantes.

Par la suite, la formation musicale de l’État-Major des FAR a démontré, avec son impeccable performance, son rôle précurseur dans la formation des autres ensembles militaires.

Les autres formations des pays invités ont contribué à la diversité du festival avec des prestations remarquables, telles que celles des Émirats Arabes Unis, du Sénégal et de la 23e Fanfare de la Garde nationale de l’État de l’Utah (États-Unis).

La Gendarmerie royale, forte de son Institut de musique créé en 1985, a exécuté une performance marquée par l’expérience et le talent, suivie de la Direction générale de la sûreté nationale, qui a partagé avec le public son riche patrimoine musical.

Enfin, la Compagnie musicale de la Marine royale, l’une des formations les plus emblématiques du Maroc, a clôturé la soirée avec une performance éclatante.

Cette cérémonie a été marquée par la présence du Général de Corps d’Armée, Inspecteur général des FAR et commandant la Zone Sud, du Général de Corps d’Armée, commandant la Gendarmerie royale, et du wali de la Région Rabat-Salé-Kénitra, ainsi que d’autres personnalités civiles et militaires.

Le Festival s’est poursuivi le samedi par des spectacles qui se sont déroulés simultanément à Rabat, à Mahaj Riad, à Salé, à Bab El Mrissa, et à Témara, à la Plage Harhoura.

Il culminera le 30 juillet avec un concert de clôture à la Place El Mechouar à Tétouan, précédé le lundi 29 juillet par des prestations musicales sur la corniche de M’diq. Les musiques militaires présenteront les différents spectacles du festival à partir de 21h00.

Le Festival international de la musique militaire est une première permettant de mettre en lumière la richesse et la diversité des traditions musicales militaires des pays participants.

(Avec MAP)

Tomber de rideau sur la 19e édition du festival Timitar

A l’affiche du concert de clôture, figuraient notamment des prestations hautes en couleur données par le groupe Oudaden, l’une des icônes de la musique amazighe, ainsi que la star amazighe Fatima Tachtoukt.

Le public a eu droit également à un plateau d’artistes et de groupes musicaux de grand calibre dont DJ D33p Soul, Ahwach Imint Tanout, Abu, Dystinct, VJ Kalamour, Jubantoua, Cesaria Evora Orchestre, DJ Ndrk et Ribab Fusion.

Tout au long de de cette soirée musicale, ces grands noms de la scène artistique ont illuminé les scènes de la Place Al Amal, de la Place Bijaoune et du Théâtre de Verdure, qui ont drainé, à l’instar des autres jours de cette manifestation, une grande foule qui a été gratifiée par plusieurs tubes à succès.

Fidèle à sa devise : »Les musiques amazighes accueillent les musiques du monde », ce carrefour artistique a réunit une palette d’artistes représentant diverses cultures et styles musicaux, venus célébrer les valeurs universelles de la tolérance et de la paix.

Cette manifestation avait accueilli sur sa scène des artistes de renommée internationale tels que Marcel Khalifa, Yuri Buenaventura, Ziggy Marley, Nass al Ghiwan, Idir, les Gipsy Kings, Kadem Essahir, Majda Roumy, Izenziren, Samira Said et Najat Attabou.

Mawazine 2024 : Calvin Harris et Samira Saïd en tête d’affiche de la 19e édition

Du 21 au 29 juin 2024, le festival Mawazine Rythmes du monde présente une programmation musicale mettant en valeur des artistes internationaux de premier plan. Parmi eux :

Najwa Karam, la superstar libanaise de la musique surnommée « Soleil de la chanson arabe », enchantera le public avec sa voix puissante et ses mélodies envoûtantes sur la scène Nahda du festival, le 27 juin 2024. L’artiste Balqees Fathi se produira également le 23 juin sur la scène Nahda.

Quant à la scène orientale de Nahda, la chanteuse égyptienne Angham enchantera son public le vendredi 21 juin, tandis que le rappeur tunisien Balti prendra le relais le mercredi 21 juin.

Le 28 juin 2024, la scène du Théâtre national Mohammed V accueillera la diva marocaine Samira Saïd pour un spectacle exclusif. De même, la superstar libanaise Carole Samaha enchantera le public du théâtre le 21 juin.

Dans un autre registre musical, grand nom de la musique électronique, Calvin Harris, se produira pour la première fois au Maroc sur la scène internationale de l’OLM Souissi, le samedi 29 juin 2024, aux côtés d’une figure de l’Afrobeat, le mercredi 26 juin, le chanteur nigérien Burna Boy.

Le 29 juin 2024, le public pourra également goûter à une expérience sonore unique avec Marc Kinchen, mieux connu sous le nom de MK. Enfin, le 23 juin 2024, le groupe sud-coréen ATEEZ fera vibrer la scène d’OLM Souissi. Ces superstars de la K-pop sont connues pour leurs chorégraphies impressionnantes et leur énergie explosive.

En plus de ces artistes, Mawazine dévoilera chaque jour, jusqu’au 24 mai, les noms de quatre autres artistes qui animeront les scènes de Rabat.

Ce festival, qui figure parmi les plus importants au niveau international, offre non seulement une plateforme de premier plan aux talents locaux et internationaux, mais il contribue plus que jamais à renforcer les ponts culturels entre les nations à travers la musique.

Créé en 2001, Mawazine est le deuxième plus grand festival culturel au monde, attirant plus de 2 millions de participants chaque année. Engagé dans la promotion de la musique marocaine et internationale, le festival offre 90% de ses concerts gratuitement, contribuant ainsi à l’accessibilité culturelle et au dynamisme économique de la région.