Mutandis prépare le lancement de plusieurs nouveaux produits

Mutandis étend fortement sa marque d’hygiène corporelle Vitaya. « On a lancé le shampoing Vitaya. Et maintenant, on va lancer le savon Vitaya puis le gel douche Vitaya. Donc on va continuer à faire grandir la marque Vitaya », annonce Adil Douiri, fondateur de Mutandis.

Le groupe prépare également une offensive dans les boissons, notamment avec l’élargissement de la gamme Fruit. « On va lancer beaucoup de produits sous la marque Fruit. On va lancer des produits out of home, des 250 ml, des 400 ml, plusieurs parfums ».

Il rappelle que Fruit n’est pas un « pur jus », mais une boisson au positionnement accessible : « Ce sont des boissons à base de jus… des sodas sans gaz, à mi-chemin entre Fanta et Hawaii d’un côté et un jus de fruits de l’autre ».

Lancement d’une eau de table, un marché à fort potentiel

Mutandis prépare aussi un nouveau produit stratégique : une eau de table. « On va lancer une eau de table. L’eau de table, c’est comme Aquafina : ce n’est pas une eau de source, ni une eau minérale. C’est une eau du robinet osmosée, purifiée, à laquelle on rajoute des minéraux ».

Avec la demande croissante et la montée en capacité prévue sur Aïn Ifrane début 2026, l’eau devient un axe majeur du plan de développement.

Marine Maquereau : une nouvelle conserve dès janvier

Face à la rareté de la sardine et à la forte disponibilité du maquereau cette année, Mutandis ajuste son offre.

« Le maquereau… est là en abondance. On a produit beaucoup de maquereaux et, d’ici le mois de janvier, vous trouverez chez les épiciers Marine Maquereau (Marine macro), en plus de Marine Sardine sans peau sans arêtes ».

Ce lancement permet au groupe de sécuriser ses volumes tout en diversifiant sa gamme à l’international, notamment sur le marché américain.

Un premier produit en Afrique : la poudre de protéines de poisson

La nouveauté la plus structurante concerne un nouveau métier industriel : la production d’hydrolysat de protéines de poisson, destiné notamment à la nutrition sportive et à l’alimentation animale.

« On démarre un produit pour la première fois en Afrique : un produit qui traite le poisson inutile ».

Ce produit est obtenu à partir de poissons qui ne peuvent pas aller en conserverie.

Mutandis : un chiffre d’affaires en recul de 7% sur neuf mois, impacté par des facteurs ponctuels

Mutandis affiche un chiffre d’affaires consolidé de 1,5 MMDH à fin septembre 2025, en baisse de 7% par rapport à la même période de 2024.

Cette contraction, qualifiée de « ponctuelle » par le groupe, s’explique par une série de facteurs temporaires, notamment la fermeture de l’usine de Aïn Ifrane au premier trimestre et un effet de change défavorable sur le dollar.

Une activité globalement stable hors Aïn Ifrane

À taux de change constant, le recul du chiffre d’affaires ressort à -4%, confirmant une certaine résilience de l’activité sous-jacente.

Mutandis souligne que, mis à part l’usine d’Aïn Ifrane, les volumes sur l’ensemble des métiers sont stables ou en hausse sur les neuf premiers mois de l’année.

Dans le détail, le chiffre d’affaires du troisième trimestre s’élève à 592 MDH contre 638 MDH un an plus tôt, soit une baisse de 7%. À change constant, la baisse est limitée à 4%, pour un chiffre d’affaires trimestriel de 613 MDH.

Hygiène : volumes en hausse, chiffre d’affaires stable

Le pôle Hygiène enregistre un chiffre d’affaires stable à 575 MDH, porté par une hausse des volumes de +7%. La dynamique est tirée par les détergents liquides, dont la demande progresse au détriment des lessives en poudre et des petits formats.

« Notre nouvelle usine de détergents liquides nous permet d’accompagner ce basculement du marché », explique le groupe, qui se dit positionné pour capter la tendance structurelle vers les grands formats et les produits liquides.

Boissons : fort impact de la panne industrielle à Aïn Ifrane

L’activité Boissons affiche un repli marqué à 193 MDH (-30%). La panne industrielle survenue fin 2024 a entraîné la fermeture complète de l’usine de Aïn Ifrane entre janvier et mars 2025, suivie d’une reprise partielle à 65%-70% de sa capacité.

Une nouvelle ligne de production est attendue pour permettre un retour à la pleine capacité. Malgré tout, Mutandis signale un rebond encourageant : les boissons à base de fruits ont vu leurs volumes progresser de 14 % au troisième trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024. Mais sur neuf mois, les volumes restent en baisse de 30%.

Produits de la mer : progression à l’international et au Maroc

Le pôle Produits de la mer atteint 788 MDH, en baisse limitée de 5% par rapport à 2024, mais stable à taux de change constant.

La filiale américaine Season progresse de +3% en DH et +9% en dollars, tirée par des volumes en hausse de 6%. Au Maroc, la marque Marine enregistre une croissance spectaculaire de +100% en volume et +77% en chiffre d’affaires.

Les ventes d’Anny (Afrique et Europe francophone) bondissent de 66% après une année 2024 marquée par des contraintes de stock, tandis que les livraisons vers les marques de distributeurs européens reculent.

L’usine d’hydrolysats de Dakhla, désormais achevée, attend encore son homologation ; les exportations devraient débuter prochainement.

Investissements maîtrisés et dette en légère hausse

Les investissements nets s’élèvent à 49 MDH à fin septembre 2025. La dette nette bancaire atteint 885 MDH, en légère hausse par rapport aux 850 MDH enregistrés à fin 2024.

Malgré ces aléas, Mutandis maintient ses fondamentaux solides et anticipe un redressement progressif dès le quatrième trimestre, porté par la reprise complète de Aïn Ifrane et la montée en puissance de la nouvelle unité de détergents liquides.

Mutandis. Un chiffre d’affaires en recul de 4% au T1 2025

Le chiffre d’affaires de Mutandis ressort en légère baisse de 4% au premier trimestre 2025, à 452 MDH, selon le communiqué publié ce 5 mai.

Les boissons pénalisées par un arrêt industriel prolongé

Le repli global de l’activité est principalement attribuable à la mise à l’arrêt de l’usine d’Aïn Ifrane pendant deux mois et demi, consécutive à une double panne machine ayant nécessité le remplacement définitif d’une ligne de production en fin de vie.

Cet arrêt a permis, selon Mutandis, de remettre l’ensemble des installations aux meilleurs standards.

La production n’a repris qu’à la mi-mars, amputant fortement le chiffre d’affaires du segment boissons, qui s’effondre de 58% à 36 MDH sur le trimestre. Le mois de mars, coïncidant avec le ramadan et marqué par une météo peu clémente, n’a pas permis un rattrapage.

Hygiène : une dynamique solide au Maroc

À l’inverse, l’activité hygiène affiche une progression robuste de 6%, à 183 MDH, portée par une forte hausse des volumes (+16%), en particulier dans les détergents liquides. Le groupe souligne également la montée en puissance continue de Vitaïa, sa marque dédiée à l’hygiène de la personne. Cette performance confirme la solidité de la demande domestique sur ce segment et la pertinence du mix de produits proposé.

Produits de la mer : bonne tenue aux États-Unis, ralentissement en Afrique et en Europe

Les produits de la mer, premier contributeur au chiffre d’affaires du groupe, progressent de 11% à 238 MDH.

La marque Season réalise un excellent trimestre aux États-Unis, avec des volumes et un chiffre d’affaires en hausse de 35%. La marque Marine progresse également au Maroc (+10% en valeur).

Toutefois, les livraisons vers l’Afrique et l’Europe accusent un recul important (-37 MDH), en raison d’un niveau de stock insuffisant en début d’année, contrairement à 2024. Mutandis rappelle que le premier trimestre reste historiquement peu significatif dans cette activité, du fait de l’arrêt biologique et des maintenances sur la flotte de pêche.

Par ailleurs, le groupe annonce l’achèvement de son usine d’hydrolysats de poisson à Dakhla. Les premières exportations sont attendues une fois l’homologation obtenue.

Capex en hausse, endettement maîtrisé

Les investissements du trimestre atteignent 37 MDH. La dette nette bancaire s’établit à 950 MDH au 31 mars 2025, contre 850 MDH à fin décembre 2024, un niveau jugé soutenable au regard du profil de croissance du groupe.

Perspectives : guidance inchangée

Malgré un démarrage en demi-teinte, Mutandis maintient sa guidance annuelle communiquée en février : un excédent brut d’exploitation (EBE) en hausse d’environ 10%, et un résultat net courant attendu en progression de 10% à 15%. Le groupe semble confiant dans la capacité de ses différentes activités à converger vers une croissance plus marquée au fil de l’année.

L’impact des nouveaux tarifs douaniers US est positif pour Mutandis (Adil Douiri)

Les États-Unis ont décidé d’appliquer de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance de plusieurs pays. Pour le Maroc, le taux retenu à présent est de 10%. Une décision qui change la donne pour certains exportateurs marocains, jusque-là protégés par l’Accord de libre-échange signé avec Washington en 2006.

Sur le papier, les exportations vers les États-Unis ne représentent qu’environ 4% des ventes marocaines à l’international. Mais derrière ce chiffre global, il y a des entreprises bien réelles, parfois fortement tournées vers ce marché et qui doivent aujourd’hui faire face à une nouvelle équation : comment préserver leur compétitivité face à ce surcoût soudain ? Peuvent-elles l’absorber, le répercuter, s’adapter autrement ?

L’impact est loin d’être uniforme. Ce genre de mesure n’a jamais un impact homogène. Chaque entreprise vit la chose à sa manière, selon ses marges, son positionnement, ses accords commerciaux et sa dépendance au marché américain. Pour certaines, ce sera une formalité. Pour d’autres, un vrai sujet stratégique.

Il n’y a pas de réponse simple, ni de lecture universelle. Tout se joue dans les détails, dans les coulisses des filières exportatrices.

Et c’est justement en regardant de près le cas de Mutandis qu’on comprend à quel point cette nouvelle donne peut, parfois, se transformer en avantage.

Depuis l’acquisition de Season Brand LLC en 2021, Mutandis a franchi un cap stratégique dans son développement international. À travers cette marque centenaire spécialisée dans les conserves de sardines haut de gamme, le groupe marocain s’est ouvert une voie directe vers les foyers américains.

Un effet positif anticipé pour Mutandis

Pour Adil Douiri, fondateur et PDG du groupe, la nouvelle grille douanière mise en place par l’administration Trump crée, contre toute attente, un déséquilibre favorable à son entreprise. « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette mesure n’est pas une mauvaise nouvelle pour nous. Au contraire, l’impact est plutôt positif« .

En cause : la disparité des taux appliqués selon les origines. « Nos principaux concurrents sur le marché américain – la Thaïlande, le Vietnam et l’Union européenne – ont été frappés par des droits de douane bien plus élevés. On parle de 36% pour la Thaïlande, de 46% pour le Vietnam et de 20% pour l’Union européenne, contre 10% seulement pour le Maroc ».

Un écart qui, selon lui, change profondément la donne sur un marché où les marges sont étroites et la compétitivité cruciale. « Si ces nouveaux droits de douane sont effectivement maintenus, cela nous donnerait un avantage compétitif important ».

En clair, nous serions 10% plus compétitifs que les Européens, et jusqu’à 30% plus compétitifs que les producteurs asiatiques. Cela change complètement la donne

« On ne s’attendait pas forcément à un effet positif, mais au final, c’est une opportunité. Nos concurrents directs vont devoir composer avec des coûts supplémentaires, alors que nous restons relativement épargnés ».

Au-delà de cet avantage concurrentiel relatif, Mutandis a également évalué l’impact direct de la taxe de 10% sur ses propres coûts. Pour l’entreprise, le scénario d’une répercussion partielle sur le prix final reste envisageable, sans effet de rupture.

« Si on veut répercuter la hausse de 10% sur les prix d’achat par Season Amérique des conserves de sardines produites au Maroc, cela reviendrait à augmenter le prix de vente aux consommateurs d’environ 7%« , explique Adil Douiri.

Mais le groupe ne prévoit pas d’agir dans la précipitation : « On va d’abord observer la réaction de nos concurrents. Ensuite, on pourra ajuster nos prix, si besoin ».

Ce type d’ajustement ne serait pas une première pour le groupe qui a déjà traversé des périodes de hausse des coûts. « En 2021, 2022 et 2023, on a augmenté les prix de vente à la suite de la flambée des coûts des boîtes métalliques et de l’huile d’olive. Et cela ne s’est pas traduit par une baisse des volumes », rappelle Adil Douiri.

La nature même du produit – des conserves de sardines accessibles et peu onéreuses – limite les risques de sensibilité excessive au prix.

« Ce sont des produits très abordables. On a déjà montré qu’on pouvait répercuter des hausses sans perdre de clients. Donc, si on devait le refaire, je n’anticipe pas de difficulté majeure vis-à-vis des consommateurs américains », conclut-il.

Activité de Mutandis aux États-Unis

L’activité américaine de Mutandis repose essentiellement sur les produits de la mer, en particulier les conserves de poisson. Cette catégorie, portée par Season, représente à elle seule 25% du chiffre d’affaires global du groupe. Une proportion significative qui témoigne du poids croissant du marché nord-américain dans le modèle économique de l’entreprise.

Distribués via les grandes chaînes de la distribution américaine, notamment Costco et Walmart, les produits Season ont bénéficié d’un positionnement premium et d’une stratégie commerciale bien rodée.

En 2024, Mutandis a poursuivi un réajustement ciblé de son programme promotionnel, notamment en réduisant le nombre de mois promotionnels chez Costco (passant de trois à un). Ce recentrage a permis d’améliorer la rentabilité, tout en maintenant des volumes satisfaisants.

La filiale américaine, implantée à New York, joue aujourd’hui un rôle pivot dans la stratégie internationale du groupe. Cette implantation est à la fois un moteur dans la croissance du groupe et un laboratoire stratégique dans un marché très concurrentiel.

Mutandis: Adil Douiri propose une augmentation de capital réservée aux dirigeants du groupe

Mutandis va convoquer son assemblée générale pour proposer une augmentation de capital réservée aux cadres dirigeants du groupe, annonce un communiqué. L’objectif est de leur réserver une part de 4,7% du capital, pour un montant de 120 MDH. L’action serait cédée avec une petite décote: 263 DH au lieu de 310 DH constatés vendredi dernier, le 28 mars 2025.

Si l’opération aboutit entièrement, les cadres dirigeants monteraient alors à 12% du capital, contre 7,3% actuellement. Les parts de Adil Douiri sont comprises dans ce décompte.

Voici le texte du communiqué:

« Les succès passés et le développement futur de Mutandis reposent essentiellement sur son équipe de cadres dirigeants, un groupe patiemment assemblé au cours des 15 dernières années. Aujourd’hui soudée, cohérente et adhérant pleinement aux valeurs et à l’éthique du groupe, cette équipe a acquis un niveau de compétence et d’expertise précieux, en particulier dans le secteur des produits de grande consommation.

« En vue de fidéliser ses dirigeants, mais aussi de les faire bénéficier des fruits de la croissance dont ils sont les moteurs, Mutandis souhaite accroître leur actionnariat à moyen et long terme dans l’entreprise en organisant une augmentation de capital qui leur est réservée.

« L’augmentation proposée à l’assemblée générale qui sera convoquée dans les prochains jours, portera sur un montant maximum de 120 millions de dirhams, et concernera une trentaine de cadres dirigeants du groupe.

« Dans l’hypothèse où le montant effectif de l’opération est de 120 millions de dirhams, les cadres dirigeants du groupe détiendront près de 12% du capital de leur entreprise.

« Les actions seront émises au prix unitaire de 263 dirhams, soit une légère décote par rapport aux cours moyens récemment observés sur le marché. En contrepartie de cette décote, les titres seront placés dans des comptes bloqués et seront incessibles pendant une période minimale de 36 mois suivant leur date d’émission.

« L’ambition de Mutandis est qu’une partie de ces actions soit conservée à long terme par les dirigeants, contribuant ainsi à la constitution de leur patrimoine. Son objectif est également que la croissance future de Mutandis, telle qu’exposée lors du Capital Markets Day en mai 2024, bénéficie aux principaux cadres dirigeants.

« Le produit de l’augmentation de capital ira mécaniquement à la réduction de la dette nette du groupe (850 MDH au 31/12/2024),
accroissant la flexibilité financière du groupe dans la perspective de ses investissements futurs ».

Mutandis a terminé 2024 avec une rentabilité en nette amélioration

Au 31 décembre 2024, le chiffre d’affaires de Mutandis a atteint 2.116 MDH, en léger recul de 2% par rapport à l’exercice précédent.

Le pôle hygiène s’impose comme l’un des moteurs de croissance, avec un chiffre d’affaires en hausse de 14% sur les marques propres.

Le succès des détergents liquides a porté cette dynamique, tout comme le lancement de Vitaïa, la nouvelle marque de shampoing qui s’est installée dans le paysage selon les attentes du groupe. En incluant les marques distributeurs et l’export, l’activité progresse de 11%, avec des volumes en hausse de 14%.

Durement touché en début d’année par le retard du retour de la ressource halieutique, le segment des produits de la mer a limité la casse. Après un premier semestre compliqué (-33% sur les volumes produits à fin juin), l’activité s’est redressée pour clôturer l’année à -7% sur les volumes et à -19% sur le chiffre d’affaires.

Les marques Season et Marine sont restées au cœur de la stratégie, avec un accent mis sur la rentabilité plutôt que sur les volumes.

Le segment des boissons a affiché une croissance robuste. Les volumes des boissons à base de fruits et de l’eau minérale ont bondi de 27%, portant le chiffre d’affaires à 26%.

La marque Frut et l’eau minérale Aïn Ifrane continuent de progresser, malgré les défis logistiques liés au déménagement de l’usine de Kénitra vers Berrechid et aux ajustements industriels à Ifrane.

Aux États-Unis, Mutandis a fait un choix clair : réduire les promotions sur la marque Season pour préserver ses marges. Conséquence : une baisse des volumes vendus de 16%, mais un chiffre d’affaires qui ne recule que de 4%, grâce à la hausse des prix. Une stratégie qui a permis d’améliorer significativement la rentabilité du segment, malgré un effet change légèrement négatif (-2%).

Ces choix stratégiques ont porté leurs fruits. L’excédent brut d’exploitation (EBE) grimpe de 24% pour atteindre 351 MDH, porté par la montée en gamme des produits et la réduction des promotions aux États-Unis.

Le résultat net courant suit la même tendance, avec une progression de 25% à 128 MDH, malgré une forte hausse des amortissements liée à la mise en service de trois nouvelles usines (Berrechid pour les détergents, l’hygiène de la personne et les boissons). En intégrant des éléments exceptionnels, notamment la plus-value sur la vente de l’activité bouteilles et bouchons, le bénéfice net atteint 159 MDH.

L’année 2024 a également été marquée par des investissements conséquents, avec 261 MDH engagés, dont la finalisation d’une quatrième usine à Dakhla dédiée aux hydrolysats de sardine. Dans le même temps, Mutandis a poursuivi son désendettement, ramenant sa dette nette bancaire à 850 MDH, contre 1.019 MDH un an plus tôt.

Côté actionnaires, le dividende reste stable à 10,5 DH par action, signe de la volonté du groupe de maintenir une politique de distribution régulière.

2025 : poursuite de la montée en puissance

L’année 2025 s’annonce sous le signe de la continuité. L’EBE est attendu en hausse de 10%, tandis que le résultat net courant devrait progresser de 10% à 15%.

L’entrée en production de l’usine de Dakhla viendra soutenir cette dynamique, tandis que le groupe maintient ses objectifs de moyen terme : un EBE entre 390 et 430 MDH d’ici 2027, et un RN courant autour de 200 MDH.

Adil Douiri aux industriels : « Osez la Bourse pour booster votre croissance ! »

« Je vais parler de la bourse et de l’intérêt qu’elle peut apporter aux entreprises. Étant un professionnel de la finance et des marchés financiers, je suis convaincu de son utilité. Toutefois, je comprends qu’un industriel puisse hésiter à franchir ce cap. Si, aujourd’hui, je parviens à dissiper vos appréhensions et à vous encourager à sauter le pas, j’aurai atteint mon objectif ».

Adil Douiri, patron de Mutandis, entreprise cotée à la Bourse de Casablanca, a ouvert son intervention ce vendredi 30 par ces mots, lors de la conférence organisée par le ministère de l’Industrie en partenariat avec la Bourse de Casablanca et la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI), sous le thème « Marché boursier et secteur agroalimentaire marocains : un avenir de croissance et d’expansion ».

L’ex-ministre a partagé son expérience en tant qu’entrepreneur ayant introduit son entreprise en bourse.

L’histoire de Mutandis : une entreprise conçue pour la bourse

« Mutandis a été créée en 2008 avec une vision claire : aller en bourse. C’est-à-dire que, dès sa fondation, elle a été pensée pour une introduction en bourse ».

« Je ne disposais pas d’un patrimoine suffisant pour bâtir une entreprise de plusieurs milliards de dirhams. Donc, la bourse était, pour moi, un moyen incontournable de réaliser cette ambition ».

Il confie qu’au début de l’aventure, « nous avons constitué un large tour de table pour rassembler les capitaux nécessaires. Ne disposant pas moi-même des fonds pour créer une entreprise de cette envergure, il a fallu convaincre ceux qui étaient prêts à me faire confiance et à me suivre. »

Cette dynamique a permis d’accroître progressivement les capacités de financement de Mutandis.

Dans ses premières années, l’entreprise a suivi une stratégie d’acquisitions en rachetant des sociétés en difficulté ou en transition générationnelle. « Nous avons acquis, intégré et développé des entreprises dans l’hygiène, l’agroalimentaire, les produits de la mer et l’emballage, avec toujours l’ambition de structurer un groupe solide, inspiré des modèles de Procter & Gamble et Unilever, où l’épicier est notre client principal ».

Et d’ajouter : « Nous avons misé sur une intégration verticale complète, de la R&D au marketing stratégique, jusqu’à la vente aux épiciers et à l’exportation via des distributeurs étrangers. Une fois une certaine taille atteinte, nous avons pu réduire les acquisitions et commencer à développer nous-mêmes des usines à partir de zéro ».

L’introduction en bourse comme levier de croissance

L’introduction en bourse en 2018 a marqué un tournant décisif dans le développement de Mutandis. « Nous avons levé 200 millions de dirhams, ce qui nous a permis de changer d’échelle et d’entamer une nouvelle phase de croissance. Alors, nous avons investi massivement dans des projets de développement Greenfield, c’est-à-dire la création d’usines et de marques ex nihilo ».

Ce repositionnement s’est notamment traduit par une expansion à l’international. « En 2021, nous avons réalisé une acquisition stratégique aux États-Unis, un marché notoirement difficile d’accès pour une marque marocaine. En rachetant une marque américaine, nous avons pu pénétrer plus rapidement les réseaux de distribution des grandes surfaces ».

Depuis, Mutandis a également construit quatre nouvelles usines et renforcé son portefeuille de produits, notamment avec l’acquisition d’Ain Ifrane dans le secteur de l’eau minérale.

Une stratégie de financement bien rodée

« Avant son introduction en bourse, Mutandis comptait déjà 60 actionnaires et fonctionnait comme une entreprise cotée, avec des reportings trimestriels et une transparence financière rigoureuse. Nous avons levé 700 millions de dirhams avant la bourse, puis 200 millions le jour de l’introduction et 300 millions en 2022, soit un total de 1,2 milliard de dirhams ».

Douiri insiste sur les avantages patrimoniaux de la cotation en s’adressant aux chefs d’entreprises : « Même au plan patrimonial, la bourse valorisera largement votre entreprise, bien au-delà de ce que vous imaginez. Lever 500 millions de dirhams en fonds propres permet d’augmenter d’un montant équivalent sa capacité d’endettement bancaire ».

« En quatre ans, nous avons investi 1,5 milliard de dirhams, et la bourse a été un levier fondamental dans la concrétisation de cette ambition », souligne-t-il.

Grâce à cette stratégie, Mutandis, “qui n’était au départ qu’une idée sur papier avec des investisseurs convaincus”, emploie aujourd’hui 4 000 salariés, exploite 11 usines et exporte ses produits dans 50 pays.

« Nous générons environ 130 millions de dirhams de résultats nets courants, réalisons un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dirhams et distribuons 100 millions de dividendes par an ».

Conseils aux entrepreneurs

Adil Douiri partage quelques conseils clés à l’attention des entrepreneurs et chefs d’entreprises présents.

Premier conseil : « Adoptez une politique de dividendes régulière et prévisible. Verser un dividende, même en ayant besoin de capitaux, rassure les investisseurs et facilite les futures levées de fonds. Une entreprise qui verse un dividende stable et bien calibré inspire confiance aux marchés et lève plus facilement de nouveaux fonds lorsqu’elle en a besoin ».

Deuxième conseil : « Ne craignez pas la communication financière. Les idées appartiennent à tout le monde, ce qui fait la différence, c’est l’exécution. Soyez clairs, pédagogiques et synthétiques dans vos échanges avec le marché. Une bonne communication renforce la réputation de votre entreprise et facilite son accès aux financements ».

Pour Adil Douiri, la bourse est un outil incontournable pour accélérer la croissance des entreprises marocaines. « Nous comptons continuer à lever des fonds et à doubler de taille tous les cinq ou six ans en nous appuyant sur ce formidable mécanisme de financement ».

Options d’investissement et de placement en 2025 : l’avis de Adil Douiri

Investir en bourse, sur le marché obligataire ou dans d’autres placements n’est jamais une décision anodine. Cela exige une bonne compréhension du marché, des analyses techniques et une approche réfléchie pour choisir la meilleure option.

Cependant, l’analyse du marché peut s’avérer complexe pour les investisseurs particuliers, tandis que les institutionnels s’appuient sur l’expertise d’analystes spécialisés et des outils avancés pour affiner leurs décisions.

Le début de l’année 2025 est le meilleur moment pour poser la question : où investir ?

Adil Douiri, fondateur de CFG Bank et Mutandis, partage son point de vue sur les opportunités d’investissement.

Rotation sectorielle : vers de nouveaux moteurs pour la Bourse en 2025

Pour guider les choix d’investissement en bourse en 2025, une question essentielle se pose : les sociétés qui ont vu leur valeur s’envoler en 2024 et ont été réajustées à la hausse ont-elles encore le potentiel de tirer la Bourse vers le haut ? Jusqu’où cette dynamique peut-elle aller et quelles valorisations peut-on encore espérer ?

Après une année 2024 marquée par la forte progression de certaines valeurs, le marché pourrait entrer dans une nouvelle phase. « Il y a des sociétés qui sont pleinement valorisées, c’est-à-dire que leur valeur en bourse reflète pleinement tout ce qu’on peut espérer et imaginer de l’avenir pour elles« , explique Adil Douiri.  Les investisseurs ont déjà intégré dans les cours les potentiels flux futurs, ce qui limite les marges de progression.

Une rotation sectorielle semble engagée

« Les grands mouvements haussiers, les grandes vagues haussières se font avec un certain groupe d’actions qui tirent d’abord, ensuite elles deviennent un peu chères« .  Une fois ce cycle atteint, le marché cherche des opportunités ailleurs, en se tournant vers des secteurs encore moins valorisés.

Pour Adil Douiri, deux secteurs apparaissent comme les grands bénéficiaires de cette réorientation des investissements. « Le secteur bancaire va être l’un des leaders de l’année 2025, je pense ». Ces valeurs ont enregistré une croissance plus modérée en 2024 et affichent encore des valorisations attractives. « Il a déjà commencé, il y a un ou deux mois, parce que le mouvement de rotation a commencé à la mi-décembre ».

Le tourisme pourrait également connaître un regain d’intérêt

« Le secteur marche très fort, je suis très confiant pour le tourisme et le développement de la capacité hôtelière et des vols », annonce Adil Douiri. En 2024, une seule entreprise représentait ce secteur en bourse, mais son évolution a été particulière.

« Elle a décalé en 2023, mais pour des raisons qui lui sont propres, parce que le groupe Accor est sorti de la société Risma« , a-t-il évoqué. Cette sortie lui a offert une nouvelle liberté stratégique. « Elle s’est trouvée libre pour développer aussi vite qu’elle voulait, avec les marques qu’elle voulait », ajoute-t-il.

Jusqu’ici, cette valeur n’a pas suivi la dynamique du marché, mais cela pourrait changer. « Peut-être qu’en 2025, les excellents résultats touristiques du Maroc vont se poursuivre« , estime Adil Douiri.

Bons du Trésor et obligations 

Au-delà du marché actions, le marché obligataire constitue également une alternative d’investissement. Récemment, le taux d’intérêt a baissé de 0,25 point. Dans ce contexte, les bons du Trésor restent-ils une option pertinente ?

Pour Adil Douiri, « il y a une corrélation mathématique directe et immédiate entre la valeur d’une action et la valeur des bons du Trésor« .

Cette relation est forte et sans ambiguïté : « Quand les taux d’intérêt baissent, les valeurs des actions montent. Et quand les taux d’intérêt montent, la valeur des actions baisse, comme tout le monde l’a vu en 2022″, ajoute-t-il.

« En 2022, la bourse a baissé de 20% et les taux d’intérêt ont dû décaler de près de 200 points de base sur toute la courbe des taux obligataires« . Cette interaction est « arithmétique et mathématique » et doit être rappelée aux investisseurs.

Adil Douiri estime que les taux d’intérêt ont atteint un plancher et qu’une nouvelle baisse est peu probable. Pour illustrer cette tendance, il évoque le rendement des bons du Trésor marocains : « Le bon du Trésor à 10 ans offre actuellement un rendement de 3,15% ». Cela signifie qu’un investisseur qui l’achète aujourd’hui gagnera 3,15% par an s’il le conserve jusqu’à l’échéance.

L’achat d’obligations aujourd’hui ne permet pas de générer des gains en capital significatifs

Le faible potentiel de baisse des taux limite l’attrait des obligations. « Le coupon est bas, 3,20% sur un 10 ans. Une nouvelle baisse des taux n’apporterait qu’un faible gain en capital, peut-être 1% ou 2% sur 20 points de base », précise-t-il. Face à cette situation, Adil Douiri considère que les actions demeurent une meilleure alternative.

Placements sécurisés

Les placements monétaires représentent une part essentielle de l’épargne des ménages. « Les placements monétaires, c’est énorme, c’est une partie prépondérante de l’épargne des ménages« , observe Adil Douiri.

« Après la poussée inflationniste de 2022, les taux sont revenus à un niveau plus stable, autour de 2,5% pour le taux du jour le jour« .

Dans ce contexte, le rendement des placements monétaires demeure faible. « Après déduction de la marge du gérant d’OPCVM, il atteint au mieux 2,3% ou 2,4%. C’est sécurisé, prévisible, sans surprise, mais avec une performance limitée », explique-t-il.

Qu’en est-il du private equity ?

Selon Adil Douiri, le private equity complète les actions et les obligations. Contrairement aux placements cotés, il s’agit d’un investissement de long terme. « C’est une classe d’actifs illiquide, dans laquelle il faut s’engager pour 7 à 9 ans, mais avec un potentiel de performance supérieur à la Bourse et au marché obligataire sur le long terme », explique-t-il.

Sur le long terme, le private equity affiche des rendements supérieurs aux autres classes d’actifs. « Sur 30 ans, les obligations rapportent en moyenne 4% par an, contre 9% pour les actions cotées. Le private equity, lui, peut offrir entre 11% et 13% sur de longues périodes », ajoute-t-il.

Ce type d’investissement a toute sa place dans les portefeuilles des institutionnels

« Pour les professionnels, c’est une bonne classe d’actifs. Il faut en avoir un peu dans les bilans des compagnies d’assurance, des caisses de retraite, etc. Et des family offices », précise Adil Douiri.

Au Maroc, les fonds de private equity jouent un rôle important dans la transformation des entreprises en vue de leur introduction en bourse. « Il y a de plus en plus de sociétés qui ouvrent leur capital à des fonds pour préparer leur introduction en bourse, pour devenir modernes, transparentes, avec un bon tableau de bord« .

Or et matières premières

Pour Adil Douiri, les métaux et les matières premières ne sont pas une classe d’actifs. Ils ne doivent pas être traités au même titre que les actions ou les obligations. « Je n’ai pas d’expertise dans ce domaine mais, pour moi, ce sont avant tout des intrants industriels. Si l’épargne y afflue massivement, les prix augmentent, obligeant les industriels à répercuter cette hausse sur les consommateurs », explique-t-il.

Il estime que l’épargne ne doit pas être dirigée vers ces ressources, car cela fausse leur rôle dans l’économie réelle.

Conseils aux investisseurs

Adil Douiri insiste sur l’importance de la diversification. « Il ne faut jamais tout parier sur un seul actif. Un portefeuille doit être équilibré« , souligne-t-il.

Selon lui, les valeurs ayant fortement progressé en 2024 devraient connaître un ajustement : « Le plus logique, c’est qu’elles corrigent. Le marché va tourner et être entraîné par les sociétés en retard ».

Il recommande toutefois de ne pas les exclure totalement : « Un portefeuille doit en contenir une part, peut-être pour profiter d’une dernière phase de progression avant la correction. Mais elles ne sont pas toutes dans la même situation ».

Pour lui, le meilleur choix repose sur un équilibre entre les leaders de l’an dernier et les titres encore sous-évalués. « Il faut prévoir d’alléger les positions au moment de la correction, tout en se positionnant sur les sociétés de qualité qui restent en retard, notamment dans le secteur bancaire ».

Rappel : les raisons de la hausse du  marché boursier en 2024 

L’un des moteurs de cette croissance du marché boursier en 2024 a été l’accélération des investissements dans les infrastructures. La Coupe du monde 2030 a joué un rôle de catalyseur, poussant à l’anticipation de plusieurs projets d’envergure comme le TGV, les autoroutes, les ports et les stations de dessalement d’eau. Ce phénomène n’est pas inédit : des pays comme l’Espagne avaient connu une transformation similaire avant des événements majeurs comme la Coupe du monde 1982 et les Jeux olympiques de Barcelone.

Cette dynamique a permis une révision à la hausse des carnets de commandes des grandes entreprises de travaux publics qui se concentrent sur les infrastructures stratégiques.

Le secteur de la santé a également été un levier important du marché grâce à l’extension de l’AMO qui a élargi le marché des patients solvables. Le groupe Akdital, en particulier, s’est distingué avec un modèle de croissance structuré et reproductible lui permettant d’ouvrir de nouvelles cliniques à un rythme soutenu. Avec une nouvelle levée de fonds d’un milliard de dirhams, l’entreprise poursuit son expansion, confirmant son positionnement sur un marché en pleine transformation.

D’autres valeurs ont suivi une trajectoire positive, par exemple Marsa Maroc, qui bénéficie du développement des infrastructures portuaires. Avec l’ouverture de nouveaux ports à Nador, Dakhla Atlantique et Safi 2, ainsi que des concessions en Afrique (Bénin, Liberia, Djibouti), l’entreprise se positionne sur un marché en pleine croissance. Son activité étant directement liée à la gestion portuaire, elle profite du renforcement du commerce maritime et des investissements logistiques du pays.

Mutandis : des performances solides au T3-2024 confirment les objectifs annuels

Au troisième trimestre 2024, le groupe Mutandis a affiché un chiffre d’affaires consolidé de 637 MDH en hausse de 7% par rapport au T3-2023. Cette dynamique conforte les prévisions annuelles du groupe, révisées à la hausse en septembre. Par ailleurs, le chiffre d’affaires cumulé sur les neuf premiers mois de 2024 s’élève à 1.603 MDH.

Secteur de l’Hygiène

À fin septembre, les ventes du secteur de l’hygiène montrent une hausse de 12% par rapport à l’année précédente, atteignant 578 MDH. Cette progression est soutenue principalement par les marques propres de Mutandis au Maroc, qui représentent l’essentiel du chiffre d’affaires et enregistrent une augmentation de 17% par rapport à septembre 2023, notamment grâce aux détergents liquides.

De plus, les volumes globaux, y compris l’export et les marques de distributeur, sont en hausse de 14% sur un an. Le lancement de Vitatia, nouvelle marque de shampoing, répond aux attentes et contribue à cette performance positive.

Produits de la mer

Le segment des produits de la mer est en baisse de -20% sur les neuf premiers mois 2024, avec un chiffre d’affaires de 355 MDH.

Au troisième trimestre, l’augmentation de la production a permis de réduire le recul des volumes vendus, passant d’une baisse de -50% à fin juin à -32% à fin septembre. Mutandis poursuit également le lancement de sa marque de sardines SPSA, Marine, qui s’implante progressivement dans le commerce traditionnel.

Secteur des boissons

Avec une croissance de 43% du chiffre d’affaires de boissons au 30 septembre 2024, ce secteur se distingue par une forte demande pour ses produits phares, notamment Frut, Vitakids et Ain Ifrane. Bien que le déménagement de l’usine des jus de fruits ait légèrement perturbé les ventes, les volumes demeurent en hausse de 42%.

Season Brand

La marque Season enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 4%, atteignant 471 MDH. La réduction des périodes promotionnelles, malgré une baisse des volumes (-8%), a permis une amélioration des marges. Toutefois, l’effet change négatif (-2%) a impacté les résultats.

CAPEX et Dette nette

Les investissements de Mutandis à fin septembre 2024 s’élèvent à 155 MDH, incluant la finalisation de l’usine de Dakhla spécialisée dans la production d’hydrolysats de sardine.

En revanche, la dette nette bancaire a été réduite de manière significative, passant de 1.102 MDH au 31 décembre 2023 à 869 MDH au 30 septembre 2024, soit une diminution de 21,1%.

Guidance 2024

Fort des résultats obtenus, Mutandis confirme ses prévisions pour 2024. L’amélioration des marges devrait permettre une hausse de 20% de l’EBE et du Résultat Net Courant, témoignant d’une solide performance annuelle.

Moncef Belkhayat : « Nous finirons l’année 2024 avec un milliard de dirhams levés en Equity »

À la veille d’une annonce importante, marquant un tournant pour le groupe H&S Invest Holding de la famille Belkhayat, Moncef Belkhyat revient pour Médias24 sur les principales réalisations de l’année, sa vision et sa stratégie de levée de fonds et de croissance.

Il annonce dans la foulée qu’en termes de levée de fonds, le groupe finira 2024 avec plus d’un milliard de dirhams en Private Equity.

Lors de cet échange téléphonique avec Moncef Belkhayat, qui se trouvait à Paris pour finaliser les détails d’un deal annoncé en début d’année, celui qui se décrit comme un « fundraiser » revient sur son parcours de business developper depuis 2007 et la différence de son business par rapport à d’autres confrères nationaux.

Une opération d’acquisition d’une compagnie de transport nationale, dotée d’une centaine de camions, est en cours

Médias24 : Nous avons eu vent que vous vous prépariez à une grande annonce ; pouvez-vous nous en dire davantage ?

Moncef Belkhayat : Malheureusement, c’est encore confidentiel pour le moment. Nous communiquerons officiellement dans les prochains jours.

– S’agit-il d’une nouvelle acquisition ou d’une levée de fonds ?

– C’est plutôt une nouvelle levée de fonds. Pour le moment, la seule acquisition qui sera annoncée prochainement, c’est celle d’une compagnie de transport nationale, dotée d’une centaine de camions, et qui se concrétisera bientôt.

Sinon, nous avons réalisé le closing de l’acquisition de Megaflex, signée il y a quelques mois.

– La levée de fonds que vous préparez concerne lequel de vos pôles ?

– C’est sur Dislog qui ouvre son capital à de nouveaux investisseurs nous permettant de financer notre développement.

– Pouvez-vous nous parler de votre stratégie d’acquisition, au-delà de la logistique ? Vous vous êtes intéressés à l’hygiène, la santé, l’asset-management, l’immobilier, la presse, etc.

– C’est très simple. Il y a une holding familiale de participation qui contrôle quatre pôles. C’est Dislog Group, Building Logistics, WB Africa et Kaya Immobilier. Chacun des pôles est géré par un président indépendant.

Dislog, c’est un développeur de marques. C’était à l’époque un distributeur, devenu un industriel, qui investit dans trois business : l’alimentaire, l’hygiène et la santé. Il s’agit de l’économie de la vie. C’est-à-dire qu’il y a 150 marques qu’on apporte au quotidien aux consommateurs.

Ensuite, il y a un deuxième pôle qu’est le pôle logistique, BLS. C’est un opérateur logistique end-to-end qui fait du transit, de l’entreposage et du transport.

– Donc vous disposez d’espaces d’entreposage ?

– Oui et cela crée de la synergie avec Dislog. Mais Dislog est un client parmi d’autres. D’ailleurs, on vient de signer avec d’autres opérateurs comme Lesieur, Transmed, et Imperial Tobacco.

– Parlez-nous de votre activité dans l’immobilier… 

– On se lance à peine dans la promotion immobilière. Aujourd’hui on est sur 4 SPV, dont le total représente à peu près 25 hectares. Il y a 20 hectares en développement. Cela semble assez petit par rapport à l’ensemble parce que c’est naissant.

– Ce sont des terrains de la famille ?

– Non, ce sont des terrains qu’on a achetés à Marrakech et à Casablanca.  Deux villes sur lesquelles il y a un développement.

L’inflation en Europe a ouvert une autoroute pour l’industrie marocaine

– Quelle valeur ajoutée est apportée au groupe par l’extension européenne que vous opérez ?

– D’abord, on ne tourne pas le dos au Maroc, puisque 85% de nos activités restent au Maroc. Aujourd’hui, on emploie 3.600 personnes dans le Royaume et seulement 150 en Europe.

En Europe, nous avons saisi l’opportunité d’acheter un distributeur européen, parce qu’on considère qu’on peut rendre service à beaucoup d’industries marocaines. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en Europe, l’inflation des trois dernières années a fait grimper les prix de 40% à 50%, notamment sur les produits alimentaires. Elle a ouvert une autoroute pour l’industrie marocaine.

Donc, il leur faut un opérateur qui puisse agréger l’exportation industrielle marocaine et la placer en Europe, pour aider les entreprises marocaines à se développer en Europe.

– Mais quelle est la valeur ajoutée pour le groupe ?

– En fait, notre ambition est de devenir une multinationale mondiale. Nous avons démarré avec une opération à Singapour, où l’on est distributeur de Procter et Nestlé.

Nous avons actuellement des opérations dans neuf pays européens, et nous avons des visées pour aller et grandir en Amérique du Nord et en Afrique.

On veut être un champion national marocain, basé à Casablanca, qui opère dans les quatre continents et qui se développe partout dans le monde sur le secteur du FMCG (Fast Moving Consumer Goods) avec des marques marocaines.

Après vingt ans de travail et de croissance, je pense qu’il est temps aujourd’hui pour nous de grandir dans d’autres pays.

– Avez-vous réalisé les croissances espérées par rapport à vos objectifs de revenus ? 

– Je vais vous donner des chiffres concrets. Nous avons fait 22% de croissance continue de notre chiffre d’affaires, year on year, sur les quinze dernières années.

Sur l’EBITDA, nous avons fait 27% de croissance, année après année, sur les quinze dernières année.

Donc notre groupe se porte très bien et avance vite parce qu’on a acheté, en dix-neuf ans d’expérience, 24 entreprises.

En 2024, nous avons levé un milliard de dirhams en Equity au sein de notre groupe

– Et par rapport au revenu, est-ce que vous avez réalisé votre objectif qui était d’atteindre 4,5 milliards de DH en 2024 ?

– Nous allons finir 2024 à 3,7 MMDH de chiffres d’affaires et à 450 MDH en EBITDA consolidé. L’objectif des 4,5 MMDH sera atteint en 2025.

– Donc, si on a bien compris, votre modèle, c’est de lever des fonds, mais en même temps, de faire du développement avec vos fonds propres. Est-ce bien cela ?

– Notre modèle, c’est d’ouvrir le capital à des fonds d’investissement. C’est ce qu’on a fait depuis 2007. En dix-sept ans, nous avons fait 12 opérations de Private Equity. Nous sommes le groupe privé marocain qui a fait le plus d’opérations de Private Equity. Puis on achète des entreprises dans trois métiers : l’alimentaire, la santé et l’hygiène.

– Et c’est quoi les ratios dette/Equity ?

– Généralement, c’est 40% fonds propres et 60% levées de dettes. La Private Equity nous permet de renforcer nos fonds propres, ce qui nous permet de lever plus de dette.

– Vous avez levé combien cette année ?

– En 2024, nous avons levé 1 MMDH en Equity au sein de notre groupe. Les annonces vont arriver à partir de la semaine prochaine. L’une après l’autre. Ce sont des investisseurs qui vont investir dans le capital, qui vont renforcer les fonds propres de nos sociétés par augmentation de capital pour pouvoir acheter des entreprises de premier ordre.

N’oubliez pas qu’on a acheté cette année CMB Plastique, Chef Sam, Megaflex, et on est en train de finaliser d’autres acquisitions. Tout cela coûte de l’argent, il faut bien le financer.

À partir de 2025, nous arrêtons le développement, et nous nous focaliserons sur la rentabilité. Notre périmètre ne bougera plus

– Diriez-vous que vous avez un modèle d’investissement particulier ?

– Oui. C’est ce que j’appelle le modèle « build and run ». Vous avez beaucoup d’opérateurs qui savent construire, développer. Beaucoup d’opérateurs savent gérer les opérations. Maintenant, gérer les opérations et en même temps construire et développer, c’est un peu plus compliqué.

– On a l’impression que cela suit aussi un peu la démarche de Mutandis, à qui vous avez d’ailleurs acheté une affaire…

– Mutandis est un confrère. Je pense qu’on peut être assimilé à Mutandis comme Mutandis peut être assimilé à nous, sauf qu’ils ont commencé avant avec beaucoup plus d’argent que nous. Nous avons commencé avec un capital de 1,5 MDH de la famille et on n’a pas levé les fonds d’épargne.

Le premier fonds d’investissement n’est rentré chez nous qu’en 2007, c’était Capital North Africa Venture Fund. Il avait mis à l’époque 30 MDH dans Dislog. Et il a tellement été bien remboursé, avec un bon TRI à deux chiffres [13%, ndlr] que Capital North Africa Venture 2 est entré à nouveau dans notre capital en 2014.

– Justement, vous aviez déclaré à Médias24 il y a quelques temps que vous alliez vous focaliser sur la rentabilité dans les prochaines années, alors qu’en ce moment, d’après ce que vous dites, vous avez encore de l’appétit plutôt pour le développement.

– Alors je vous réponds très clairement. À partir de 2025, nous arrêtons le développement, et nous nous focaliserons sur la rentabilité. Notre périmètre ne bougera plus.

Nous avons grandi, on arrête la croissance et le développement, on stabilise le périmètre, et on se concentre sur la rentabilité pour préparer nos échéances financières.

– Avez-vous beaucoup d’échéances financières ?

– Oui, il y a de la dette qu’on doit rembourser. Nous allons tester le marché sur de l’obligataire. Nous allons faire beaucoup de choses.

– Prévoyez-vous une levée obligataire en 2025 ?

– Non, je n’ai pas dit cela. J’ai dit qu’on est en train d’analyser nos options par rapport à cela.

– C’est une option par rapport à l’IPO aussi ?

– C’est une option parmi plusieurs. Comme cela peut être une étape, on verra. De toute façon, ce n’est pas encore fixé. Ce qui est fixé, par contre, c’est qu’on arrête le développement et on stabilise le périmètre.

– Vous qui vous définissez comme un « fundraiser », que comptez-vous faire alors ?

(Rires) Je vais continuer à lever des fonds, mais cette fois-ci auprès de family offices, auprès d’institutionnels financiers, auprès de compagnies d’assurance. Donc je vais continuer mon métier. Mais à condition qu’on puisse toujours avoir les bons ratios financiers.

– Allez-vous réduire votre dette ?

– Exactement. Réduire la dette.

– La réduire relativement, pas en volume, on suppose ?

– Non. En volume, mais aussi de manière relative et absolue. Notre objectif est de ne jamais avoir de dettes supérieures à 3 fois notre EBITDA. Jamais !

– Et là vous en êtes à combien ?

– On y est. On est dans cet ordre.

– Mais avec ce qui vient, vous risquez d’exploser ce ratio…

– Pas du tout, parce que nous augmentons nos fonds propres grâce au milliard dont je vous ai parlé et qui sera en augmentation de capital.

Donc on grandit, mais dans le cadre d’équilibres financiers qui sont dans les normes de la profession.

– Par rapport à votre annonce de l’IPO, pensez-vous que vous allez la maintenir en 2025 comme déjà annoncé ?

– Non, je n’ai jamais donné de date. Je vais être très clair là-dessus. J’ai beaucoup de respect pour l’AMMC qui est l’Autorité marocaine des marchés. Et donc ce n’est pas à moi de déterminer la date de l’IPO, c’est à l’AMMC.

– Avez-vous déposé un dossier ?

– Non, nous n’avons pas encore déposé de dossier. Mais on le fera quand on jugera qu’il est temps de le faire. Et encore une fois, ce n’est pas à nous de dire à quelle date on va sortir, c’est à l’AMMC de nous dire si l’on est prêt ou pas encore.

Aujourd’hui, je considère que notre groupe est le champion de la création de valeur. Et par conséquent, j’interagis avec des investisseurs institutionnels, financiers et des family offices pour continuer à renforcer nos fonds propres, nos équilibres financiers et les opportunités de racheter des entreprises.

Patrimoine Gestion et Placements réduit sa participation dans Mutandis SCA sous le seuil de 5%

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a annoncé que la société Patrimoine Gestion et Placements a cédé, le 8 octobre 2024, un total de 135.000 actions de Mutandis SCA, à un prix unitaire de 300 dirhams. Cette transaction a entraîné un franchissement à la baisse du seuil de participation de 5% dans le capital de Mutandis SCA.

À l’issue de cette opération, Patrimoine Gestion et Placements détient désormais 406.634 actions, représentant 4,40% du capital.

La société a également indiqué qu’elle n’envisageait plus de vendre d’actions Mutandis SCA dans les six mois à venir.

Mutandis révise à la hausse ses prévisions annuelles pour 2024

Cette performance est tirée principalement par la progression des marges dans les segments d’hygiène et des boissons, ainsi qu’une solide performance de la filiale américaine Season USA. Ces résultats témoignent de la solidité financière de l’entreprise qui a révisé à la hausse ses prévisions annuelles : Mutandis table désormais sur une croissance de 20% pour l’EBE et le résultat net courant (RNC), contre une estimation initiale de 10% à 15%.

Par ailleurs, le RNC a également augmenté de 20% au premier semestre, atteignant 52 MDH. Cette hausse compense la montée des amortissements liés à l’ouverture de trois nouvelles usines. Le résultat net global, incluant une plus-value nette de cession, a atteint 106 MDH, renforçant encore davantage la solidité du groupe.

En ce qui concerne la gestion de la dette, l’entreprise a par ailleurs réduit sa dette nette de manière significative, passant de 1,1 milliard de DH à 710 MDH, en grande partie grâce à la cession de son activité de bouteilles et bouchons en avril. Parallèlement , les investissements (capex) de l’entreprise ont atteint 124 MDH durant la période, dépassant le niveau habituel, en raison de la poursuite des travaux de construction de la nouvelle usine d’hydrolysats à Dakhla, spécialisée dans la production d’hydrolysats de sardine, une première en Afrique. La fin des travaux est attendue pour le quatrième trimestre 2024.

Analyse des performances par secteur d’activité

Le segment de l’hygiène a réalisé un chiffre d’affaires de 366 MDH, en hausse de 9% par rapport à la même période en 2023. Cette performance est essentiellement due à une reprise des volumes de vente, après une année 2023 marquée par la stagnation des tonnages suite aux augmentations de prix opérées en 2022. Les produits liquides, tels que la lessive liquide et l’eau de javel, ont été les principaux moteurs de cette croissance.

Le lancement de la nouvelle marque d’hygiène personnelle, Vitaia, s’est déroulé conformément aux attentes, contribuant également à la croissance de cette catégorie. Aucun ajustement de prix n’a été appliqué en 2023 et 2024, confirmant que la progression est portée uniquement par l’augmentation des volumes.

Quant aux produits de la mer, leur chiffre d’affaires a chuté de 43%, atteignant 142 MDH. Cette baisse s’explique par un démarrage tardif de la saison de pêche, les stocks de poisson congelé n’étant pas disponibles en début d’année pour répondre à la demande toujours forte des marques Anny (Afrique Centrale) et Season (USA).

La production n’a donc pas pu suivre la cadence habituelle. Cependant, Mutandis prévoit un rattrapage au second semestre, avec une amélioration de la disponibilité des ressources halieutiques depuis juin et juillet, ce qui devrait permettre de récupérer une partie du retard accumulé. Le lancement de la marque Marine, spécialisée dans la sardine sans peau ni arêtes, dans le commerce traditionnel marocain a reçu un accueil favorable, soutenu par une vaste campagne de communication.

D’autre part, le segment des boissons a enregistré une performance exceptionnelle avec une augmentation de 74% du chiffre d’affaires, atteignant 176 MDH. Cette progression est principalement tirée par les marques Frut et Vitakids, qui ont vu leurs volumes augmenter plus rapidement encore que les revenus.

Le premier semestre a également été marqué par le déménagement de l’usine de Marrakech à Kénitra, ce qui a permis d’accroître de manière significative la capacité de production et d’améliorer la flexibilité industrielle. Ain Ifrane, marque d’eau minérale désormais intégrée à Mutandis, a connu une première année pleine de forte croissance, marquée par une utilisation optimale de sa capacité de production.

In fine, pour ce qui est de la filiale Season USA, aux États-Unis, son chiffre d’affaires a augmenté légèrement de 3% en dollars, en raison d’une réduction des mois de promotion intense imposée par les grandes surfaces américaines. Néanmoins, cette stratégie a permis une hausse des marges, contribuant positivement à la rentabilité globale de l’entreprise. Les effets de change sont restés légèrement défavorables au cours du semestre.