Tunisie: Nabil Karoui libéré

La décision a été prise par la Cour de cassation, a déclaré à l’AFP Me Ben Messoud, à quatre jours du second tour qui doit opposer son client Nabil Karoui – incarcéré depuis fin août et soupçonné de blanchiment d’argent – au juriste indépendant Kais Saied.

Tunisie: Nabil Karoui réclame un report de la présidentielle

Homme d’affaires et des médias, M. Karoui a été arrêté et incarcéré pour blanchiment d’argent le 23 août, mais il a obtenu 15,58% des voix au premier tour le 15 septembre, ce qui lui a permis de se qualifier pour le second tour.

Plusieurs demandes de remise en liberté ont été rejetées, la dernière en date le 1er octobre.

Selon l’un de ses avocats, Me Nazih Souei, un recours a été déposé au tribunal administratif, faisant valoir qu’il n’y a pas eu d’égalité des chances entre son client et son adversaire, le juriste Kais Saied, arrivé devant M. Karoui au premier tour.

Le tribunal administratif a confirmé avoir reçu ce recours, sans préciser dans quel délai il pourrait y répondre.

M. Karoui avait déposé le 30 septembre une demande officielle à l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) pour « pouvoir se déplacer dans tous les gouvernorats pendant la campagne, et être en contact direct avec les médias », a indiqué son parti Qalb Tounes, dans un communiqué.

« En l’absence de réponse de la part de l’Isie, nous avons demandé le report du second tour jusqu’à l’expiration des motifs de l’inégalité des chances« , selon le texte.

Le parti fondé il y a six mois par M. Karoui, « Qalb Tounes », est arrivé second aux législatives de dimanche selon plusieurs sondages, les résultats préliminaires sont attendus mercredi.

« Campagne du silence »

L’Isie ainsi que de nombreux responsables politiques tunisiens et des observateurs internationaux, avaient appelé à ce que M. Karoui puisse faire campagne de façon équitable.

Samedi, M. Saied a annoncé qu’il cessait de faire campagne en personne « pour des considérations morales et afin d’éviter tout doute concernant l’égalité des chances entre les candidats ».

Des groupes de militants continuent toutefois à mener une campagne de terrain comme il l’avait fait jusque-là.

La mission d’observation de l’Union européenne déployée pour les élections en Tunisie a déploré une « campagne du silence ».

« L’un ne peut pas faire campagne, l’autre ne veut pas » a souligné mardi le vice-président du Parlement européen, Fabio Massimo Castaldo, qui dirige la mission.

En revanche, les observateurs ont constaté que certains médias privés, dont la chaîne Nessma fondée par M. Karoui, n’ont pas assuré une couverture équitable et pluraliste.

En l’absence de l’homme de télévision incarcéré, sa campagne est en effet menée tambour battant par son épouse, Salwa Smaoui, une dynamique quinquagénaire, et par la chaîne Nessma, en dépit des reproches de l’autorité de contrôle de l’audiovisuel.

(Avec AFP)

Tunisie: amendements décriés du code électoral

L’Assemblée des représentants du peuple tunisien (ARP) a voté, mardi 18 juin, différents amendements posant de nouvelles conditions aux candidats, dont le fait de ne pas avoir distribué d’aide directe à des citoyens ni bénéficié de publicité politique.

Ce nouveau texte pourrait notamment empêcher une candidature du magnat des médias Nabil Karoui et de la mécène Olfa Terras Rambourg.

Le code amendé a été voté dans son ensemble par les députés avec 128 voix pour, 14 absentions et 30 contre.

L’article 42 bis de cette loi électorale écarte de la présidentielle toute personne qui a, durant l’année précédant ce scrutin, octroyé « des avantages quelconques en numéraire ou en nature au profit des citoyens et citoyennes ».

Est également écarté tout candidat ayant « accepté un financement direct ou indirect, en numéraire ou en nature en provenance d’une partie étrangère, (…) ou les aides, dons et donations de personnes morales publiques ou privées, à l’exception du financement imputé sur le budget de l’Etat ».

Selon cet article, toute personne ayant fait ou bénéficié de la publicité politique ne peut se présenter à la présidentielle.

L’amendement a été proposé par le gouvernement en réaction à l’annonce de la candidature du magnat des médias Nabil Karaoui, qui s’est fait connaître par des actions de charité diffusées quotidiennement sur la chaîne qu’il a fondée, Nessma.

Si les sondages sont à prendre avec précaution, plusieurs l’ont placé en tête des intentions de vote ces derniers mois.

Le texte de la loi modifié concerne également Olfa Terras Rambourg, qui s’est fait un nom via le mécénat culturel et sportif de la fondation Rambourg et de son mouvement Aich Tounsi, à grand renfort de campagnes de publicité.

Un autre amendement interdit en outre la participation à la présidentielle ou aux législatives de candidats ayant des antécédents judiciaires.

(Avec agences)

Tunisie: deux populistes favoris des élections

Le sondage sur les intentions de vote pour les élections présidentielles, publié mercredi 12 juin, par le quotidien Le Maghreb, met le fondateur de la chaîne TV Nessma, Nabil Karoui, en tête avec 24,7%, suivi de Kaïs Saïed, professeur en droit constitutionnel (22,9%).

Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), arrive 3e, avec 10,8%.

Le sondage effectué au cours de la semaine du 1er au 8 juin 2019, met le chef du gouvernement Youssef Chahed en 4e position (7,4% des intentions de vote), suivi de Mohamed Abbou (6,6%) et Moncef Marzouki (6,3%).

Pour ce qui est des intentions de vote aux élections législatives, le parti Ennahdha (16,8%) cède encore la première place au parti de Nabil Karoui, non encore officiellement créé, avec 29,8%.

 

Tunisie: le magnat des médias Nabil Karoui candidat à la présidentielle

Dans une interview accordée à sa chaîne Nessma TV, Nabil Karoui, a officiellement annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle.

Personnalité controversée, Nabil Karoui est accusé par le régulateur des médias tunisien et certains hommes politiques de se servir de Nessma TV pour nourrir des ambitions politiques.

Après s’être éloigné du parti présidentiel Nidaa Tounès, il s’est lancé ces trois dernières années dans des campagnes de charité à grand renfort de publicité, distribuant nourriture, habits et électroménager sous l’oeil des caméras.

(Avec agences)

Omar Azziman dévoile les orientations du Conseil supérieur de l’enseignement

A l’occasion d’un colloque organisé vendredi 4 octobre à la fondation du Roi Abdul-Aziz à Casablanca, Omar Azziman a apporté des éclairages sur le fonctionnement de l’institution, ses orientations et ses principaux objectifs. Réactivé après le discours royal du 20 aout 2013, le Conseil supérieur de l’enseignement est en phase de reconstruction.

« Pour réformer l’enseignement en profondeur, le Maroc a besoin de beaucoup plus de temps que celui d’une législature » estime M. Azziman, lors de son intervention, sans pour autant réduire  la responsabilité du ministère de l’Education nationale. « Il y a des chantiers urgents qu’il faut mener ; les constructions et l’équipement ne doivent pas relever du long terme. Au même titre que la lutte contre l’analphabétisme ou la modernisation des équipements » déclare-t-il.

Contrairement au rôle des acteurs de terrain qui auront la lourde tâche d’assurer le fonctionnement opérationnel, et contrairement à celui du ministère de l’Education nationale qui élaborera les politiques publiques en vue de leur mise en œuvre, le CSE aura pour mission de tracer les grandes orientations stratégiques tout en assurant une évaluation progressive des avancées réalisée.

Avant la mise en marche effective du CSE, M. Azziman dresse trois priorités :

-Premièrement, il faudra remettre en marche le conseil. En effet, à l’heure actuelle 45% des mandats ont expiré. Pour y remédier, un projet de loi régissant le CSE a été approuvé par le conseil de gouvernement. Ce texte fixe les modalités de nomination à partir de toutes les catégories représentant l’ensemble des acteurs opérant dans le domaine de l’éducation, suivant une démarche pluraliste et participative.

-Deuxièmement, faire en sorte qu’une loi qui mettra le conseil en conformité avec les dispositions de la nouvelle constitution soit adoptée dans les meilleurs délais. « Nous espérons que le nouveau conseil sera mis en place au printemps prochain » déclare Omar Azziman à Médias 24.

-Troisième priorité, évaluer la façon dont la charte nationale de l’éducation et de la formation a été mise en œuvre. Le but est d’identifier les difficultés et les dysfonctionnements en vue d’émettre des propositions qui permettront, par la suite, de dépasser les difficultés. Cette étude sera soumise après la formation définitive du CSE au printemps prochain. C’est l’instance nationale d’évaluation, un bureau nouvellement créé au sein du CSE, qui sera chargé de la délivrer.

Par ailleurs, concernant le projet pilote lancé par le ministère de l’Education nationale, et qui prévoit d’enseigner les matières scientifiques en français, il est trop tôt pour parler d’une orientation stratégique. « Il s’agit d’un projet qui relève des politiques publiques en matière d’enseignement. Le conseil se place dans une démarche d’évaluation. Cela veut dire que nous étudierons de près les réalisations du projet pilote, et que nous rendrons publiques les conclusions de notre évaluation » explique Omar Azziman.

Quoiqu’il en soit, la réforme du secteur de l’éducation est un travail à long terme qui nécessite entre autre la préparation des acteurs de terrain, qu’il faudra convaincre, former puis outiller. Espérons juste que cette réforme ne sera pas renvoyée aux calendes grecques !


 

Twitter dévoile son projet d’entrée en Bourse à 1 milliard de dollars

Le document d’enregistrement en vue de l’introduction sur le marché, consultable sur le site internet du gendarme boursier américain (SEC), souligne que l’opération aura lieu «aussi tôt que possible».

Néanmoins, le groupe doit respecter un délai d’au moins 21 jours avant d’entamer son «roadshow», la tournée des investisseurs institutionnels par ses dirigeants afin de leur présenter les futurs titres. L’entrée sur le marché ne devrait donc pas avoir lieu avant la fin octobre ou le début novembre.

Comme il est d’usage à ce stade de la procédure, une série de détails, tels le nombre ou le prix des actions, ne sont pas encore déterminés. Le document donne toutefois un ordre de grandeur provisoire, estimant que la levée de fonds pourrait monter jusqu’à un milliard de dollars.

En publiant son projet d’entrée en Bourse, Twitter donne surtout l’opportunité aux investisseurs d’avoir pour la première fois des détails sur ses données financières, jusqu’ici un secret bien gardé.

Le réseau revendique 218 millions d’utilisateurs actifs au moins une fois par mois à la fin juin, ce qui représente selon lui une progression de 44% sur un an. Au quotidien, plus de 100 millions de personnes publient en moyenne 500 millions de «tweets», ces messages de 140 caractères maximum qui font la spécificité du réseau.

Le chiffre d’affaires a pour sa part triplé l’an dernier, à 317 millions de dollars, et il atteint déjà 253,6 millions pour les six premiers mois de cette année.

A titre de comparaison, le champion mondial du secteur Facebook a réalisé au premier semestre, avec son plus d’un milliard de membres, quelque 3,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

Rentabilité incertaine

Twitter souligne aussi sa force dans le mobile, un indicateur suivi de près par les investisseurs du secteur internet et qui a longtemps été l’un de leurs grands sujet d’inquiétude chez Facebook. Le réseau dit avoir généré plus de 65% de ses revenus publicitaires du deuxième trimestre avec ses accès sur smartphones et tablettes (contre 41% chez son rival).

Twitter avoue en revanche une perte nette de près de 80 millions de dollars sur l’ensemble de 2012, et d’encore 69,3 millions pour le seul premier semestre 2013.

«Nous pourrions ne pas être capables de devenir ou de rester rentable», prévient-il dans la section du document où il détaille les risques auxquels s’exposent ses futurs actionnaires.

«Notre performance financière est et restera déterminée de manière importante par notre capacité à augmenter le nombre d’utilisateurs et leur niveau d’engagement sur notre plateforme, de même que le nombre de publicités», y souligne-t-il.

Le groupe prévient en particulier que ses résultats pourraient souffrir si la quantité ou l’intérêt des contenus publiés sur sa plateforme diminuait, et s’il perd en pertinence pour ses utilisateurs.

Il souligne aussi sa dépendance à la publicité, qui représentait 85% du chiffre d’affaires de l’année 2012 et 87% de celui du premier semestre 2013.

Le défi pour Twitter sera d’éviter de répéter les erreurs de Facebook, dont l’introduction sur la plateforme électronique Nasdaq l’an dernier s’était avérée catastrophique: la première séance avait été émaillée de multiples problèmes techniques, et le cours de l’action s’était très vite effondré, fondant de moitié en quelques mois.

Le cours de l’action Facebook n’est repassé que cet été au-dessus de son prix d’introduction de 38 dollars, mais semble avoir redressé la barre, avec encore cette semaine un plus haut historique à 51,24 dollars.

Twitter ne précise pas dans l’immédiat s’il optera lui aussi pour le Nasdaq ou pour la place concurrente du New York Stock Exchange, indiquant juste qu’il sera coté sous le symbole «TWTR».

(Avec AFP)

Le refus du PAM de participer au gouvernement ne touche pas l’intérêt public

Le refus du parti de l'authenticité et de la modernité (PAM) de participer au gouvernement ne touche en rien l'intérêt public, a affirmé Abdelhakim Benchammas, président du groupe parlementaire du PAM à la chambre des Conseillers.

Ce refus est principalement justifié par le fait que l'actuel exécutif conduit un « projet de société avec lequel nous sommes fondamentalement en désaccord, et cette divergence de vues ne touche en rien l'intérêt public », a souligné M. Benchammass.

« Le gel de la constitution » et de la mise en œuvre de ses dispositions, une absence de projets concrets de développement, outre une approche dépassée de la réalité du pays, sont les principales caractéristiques de la conjoncture politique nationale actuelle, a estimé M. Benchammas, à la chambre des Conseillers.

Il a assuré  en ajoutant qu'« il n'y a encore aucune concertation « institutionnelle » avec l'Union socialiste des forces populaires (USFP) ou le parti de l'Istiqlal (PI) dans le cadre de l'opposition ».