Verbatim. Ce qu’il faut retenir de l’entretien de Nadia Fettah Alaoui avec le Stimson Center

En marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a pris part à un entretien public organisé par le Stimson Center, l’un des think tanks américains les plus actifs sur les questions internationales.

Face à un auditoire composé de diplomates, d’experts et d’investisseurs, elle a exposé la vision économique du Maroc, revenant sur les défis de la croissance, la transition énergétique, la création d’emplois, et le rôle du pays dans la région.

Voici les éléments importants à retenir.

Politique commerciale et relations économiques

La ministre a rappelé que la force du Maroc réside dans sa vision de long terme et son attachement à l’ouverture commerciale.

« Nous avons une vision à long terme lorsqu’il s’agit de partenariats et d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Nous ne changeons pas notre ADN. Le commerce international n’est pas un choix, c’est une nécessité ».

Nadia Fettah Alaoui a insisté sur le fait que cette ouverture n’est pas conjoncturelle, mais structurelle. « Nous avons signé plus de cinquante accords commerciaux à travers le monde, ce qui reste une exception sur le continent africain. Le Maroc ne prend jamais de décisions à court terme. Lorsqu’il dit qu’il est ouvert, qu’il veut des ports, des industries, des échanges, c’est pour le long terme », explique-t-elle.

La ministre a ainsi défendu la continuité d’un modèle fondé sur l’intégration internationale, tout en soulignant la résilience du Maroc face aux chocs récents, notamment ceux liés à la pandémie et à la guerre en Ukraine.Les échanges commerciaux avec les États-Unis sont plus importants qu’avec la ChineInterrogée sur les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, Nadia Fettah a souligné que le Maroc reste un partenaire loyal de Washington.

« Nous sommes dans le monde et nous faisons partie des chaînes de valeur mondiales. Le commerce avec les États-Unis est beaucoup plus important que celui que nous avons avec la Chine. Au cours des cinq dernières années, les importations en provenance des États-Unis ont atteint environ 25 milliards de dollars« , souligne-t-elle.

Concernant les droits de douane américains, la ministre a précisé : « Nous faisons partie des pays soumis à des tarifs relativement faibles (10%). Nous importons beaucoup des États-Unis (avions, produits alimentaires, énergie, etc.) et, malgré ce déséquilibre commercial, ces tarifs n’ont pas eu d’impact massif sur notre économie« .

La problématique de l’emploi

Sur la question de l’emploi des jeunes, Nadia Fettah Alaoui reconnaît l’ampleur du défi. « Le chômage, en particulier celui des jeunes, est un problème massif. L’éducation, à tous les niveaux, de la petite enfance à l’université, constitue la base de toute solution durable. Nous avons besoin d’emplois qualifiés ».

Par ailleurs, la ministre admet que ces réformes éducatives et structurelles prennent du temps, alors que les attentes sociales sont immédiates.

« Nous ne pouvons pas attendre que les effets des réformes à long terme se fassent sentir. Les jeunes veulent un emploi aujourd’hui, pas dans dix ans. C’est pourquoi nous avons lancé dès le début de 2025 un plan global pour accélérer la mise en œuvre des réformes et obtenir des quickwins« , précise-t-elle.

« Les politiques de l’emploi ne relèvent pas seulement du ministère du Travail. Toutes les politiques publiques ont un impact sur l’emploi. Désormais, chaque programme financé par le budget doit inclure des indicateurs de performance liés à la création d’emplois ».

La ministre évoque également les dysfonctionnements du marché du travail. « Les entreprises se plaignent d’un manque de main-d’œuvre qualifiée, alors que des milliers de diplômés en géographie ou en biologie ne trouvent pas d’emploi. Cela montre que notre recette n’a pas encore fonctionné ».

Pour y remédier, Nadia Fettah Alaoui cite l’exemple du secteur de l’aéronautique, où la formation s’est faite dès le départ en partenariat public-privé. « C’est un modèle que nous pouvons étendre à d’autres secteurs, pour rapprocher la formation des besoins réels des entreprises ».

La ministre a par ailleurs souligné l’impact du climat et des mutations technologiques sur le marché du travail marocain.

« Nous avons perdu environ un million d’emplois agricoles en dix ans à cause de la sécheresse. Les autres secteurs ne peuvent pas absorber seuls ces pertes. Et demain, les transformations technologiques risquent de modifier la nature même de l’emploi. Nous devons innover et ne pas toujours rester une technologie derrière le monde développé ».

Transition énergétique et partenariats public-privé

Nadia Fettah Alaoui a longuement insisté sur la stratégie nationale des énergies renouvelables. « Sous la conduite de Sa Majesté le Roi, le Maroc a engagé dès 2009 une politique énergétique ambitieuse. Aujourd’hui, 40% de notre capacité électrique proviennent des énergies renouvelables. L’objectif est d’atteindre 52% d’ici 2030. Nous avons à la fois le soleil et le vent, souvent dans les mêmes zones, ce qui réduit les problèmes d’intermittence ».

Pour ce qui est du financement, la ministre a évoqué le rôle du secteur privé dans le financement des projets. « L’agence en charge des renouvelables était initialement financée par l’État, mais aujourd’hui, plus un seul dirham public n’est nécessaire. Les investissements se font via des partenariats public-privé, ce qui soulage le budget national ».

Investissement public et rôle du secteur privé

La ministre rappelé que le Maroc veut inverser la structure de l’investissement national. « Aujourd’hui, les deux tiers des investissements proviennent du secteur public. Notre objectif est d’arriver à deux tiers privés, un tiers public ».

Elle a expliqué que cette transition se fera sans réduire brutalement la dépense publique. « Nous ne pouvons pas arrêter les investissements publics. En revanche, nous privilégions désormais les PPP, notamment dans l’énergie renouvelable et le dessalement de l’eau ».

Nadia Fettah Alaoui plaide pour une approche collaborative. « J’ai commencé dans le privé, et je travaille aujourd’hui dans le public. Ce que j’ai appris, c’est que ni l’un ni l’autre n’a le monopole de la solution. Le succès du Maroc repose sur leur complémentarité ».

« Le secteur public n’est pas la solution, le privé non plus. C’est en travaillant ensemble que nous construirons l’avenir du pays », conclut-elle.

PLF2025. L’essentiel de la présentation de Nadia Fettah devant les parlementaires

« Le projet de loi de finances pour l’année 2025 a été préparé, en définissant ses priorités conformément aux hautes orientations royales et aux engagements du programme gouvernemental. Ces priorités visent à améliorer notre modèle social, économique et financier tout en maintenant ses équilibres, notamment à travers l’achèvement des grands chantiers sociétaux engagés par notre pays, et le renforcement de l’investissement créateur d’emplois et à forte valeur ajoutée, en particulier dans les secteurs qui renforcent la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire », a déclaré Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances devant les parlementaires, ce samedi 19 octobre.

La ministre explique que le PLF 2025 « repose sur des priorités réalistes et intégrées visant à répondre aux différents enjeux et défis économiques et sociaux, en se basant sur les résultats et acquis réalisés durant la première moitié de ce mandat gouvernemental ».

A travers les orientations du projet de loi de finances pour l’année 2025, le gouvernement cherche à répondre à quatre enjeux majeurs et complémentaires, avance la ministre. Il s’agit de :

– Poursuivre le renforcement des fondements de l’État social ;

– Consolider la dynamique de l’investissement et la création d’emplois ;

– Poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles ;

– Préserver la durabilité des finances publiques.

Les actions prévues dans le cadre de la généralisation de la protection sociale

Concernant le premier enjeu, le gouvernement s’emploiera à achever la mise en œuvre efficace du chantier de généralisation de la protection sociale, en généralisant l’assurance maladie obligatoire de base à toutes les catégories sociales et professionnelles, tout en continuant de prendre en charge les cotisations au titre du régime de l’assurance maladie obligatoire de base pour les personnes incapables de s’acquitter des cotisations, avec un budget annuel avoisinant les 10 milliards de dirhams.

En ce qui concerne l’aide sociale directe, le gouvernement continuera, à travers le projet de loi de finances pour l’année 2025, à mettre en œuvre ce programme, en augmentant le soutien qui atteindra :

Quant aux enfants orphelins de père, âgés de moins de six ans ou poursuivant leur scolarité, cette aide s’élèvera à 375 dirhams par enfant parmi les trois premiers, avec un minimum garanti de 500 dirhams par famille par mois.

L’enveloppe budgétaire du programme atteindra 26,5 milliards de dirhams pour l’année 2025.

Selon la ministre, l’année 2025 verra l’élaboration du cadre juridique et réglementaire pour élargir la base des adhérents aux régimes de retraite et étendre l’indemnisation pour perte d’emploi au profit des personnes ayant un emploi stable.

Par ailleurs, le gouvernement continuera de renforcer l’offre de soins en poursuivant la réhabilitation des centres hospitaliers régionaux et provinciaux, parallèlement à l’achèvement des travaux de construction et d’équipement des centres hospitaliers universitaires à Agadir, Laâyoune, Errachidia, Béni Mellal et Guelmim, ainsi qu’à la reconstruction de l’hôpital Ibn Sina à Rabat.

En 2025, le gouvernement poursuivra le programme de réhabilitation des établissements de soins de santé primaires. Il est prévu d’achever les travaux de réhabilitation de 524 centres. 

Concernant le personnel de la santé, 6500 postes budgétaires sont alloués à la santé et à la protection sociale dans le cadre du projet de loi de finances pour l’année 2025. Par ailleurs, le gouvernement a alloué un budget de 32,6 milliards de dirhams au secteur de la santé et de la protection sociale dans le cadre du projet de loi de finances pour l’année 2025, soit une augmentation d’environ 1,9 milliard de dirhams par rapport à l’année 2024.

En ce qui concerne la réforme du système d’éducation, en 2025, le gouvernement a alloué un budget supplémentaire de 11,7 milliards de dirhams au secteur de l’éducation, portant le budget total alloué à ce secteur à environ 85,6 milliards de dirhams pour le projet de loi de finances de 2025.

U-n budget global de plus de 16,4 milliards de dirhams est accordé au département de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique pour l’année 2025.

Les mesures de soutien au pouvoir d’achat

Nadia Fettah explique que « le gouvernement poursuivra en 2025 la mise en œuvre des mesures visant à renforcer ce pouvoir d’achat, notamment en continuant de subventionner les produits de base tels que le gaz butane, le sucre raffiné et la farine nationale de blé tendre, avec une allocation de plus de 16,5 milliards de dirhams à la caisse de compensation pour l’année 2025« .

Les engagements du dialogue social nécessiteront un budget de 20 milliards de dirhams pour 2025, et des engagements totaux avoisinant 45 milliards de dirhams à l’horizon 2026.

Dans cette même logique, poursuit la ministre, « l’année financière 2025 verra (…) la révision du barème progressif de l’impôt sur le revenu, en augmentant le seuil de revenu annuel exonéré d’impôt de 30.000 à 40.000 dirhams, ce qui permettra d’exonérer les salaires inférieurs à 6 000 dirhams par mois ».

« De plus, d’autres tranches du barème seront révisées afin de les élargir et de réduire les taux d’imposition qui s’y appliquent, ce qui pourrait entraîner une baisse allant jusqu’à 50 % de ces taux. À cela s’ajoute également la réduction du taux marginal de l’impôt de 38 % à 37 % », poursuit-elle.

De plus, le gouvernement s’efforcera d’assurer un approvisionnement régulier du marché national en produits à des prix raisonnables, en exemptant certaines importations d’animaux vivants et de produits agricoles de la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que de suspendre les droits de douane applicables du 1er janvier au 31 décembre 2025.

Le gouvernement poursuivra également en 2025 la mise en œuvre du programme d’aide directe à l’acquisition d’une résidence principale, qui a déjà bénéficié à plus de 25 000 familles au début du mois d’octobre de cette année. Parallèlement, le gouvernement continuera de déployer les programmes visant à éradiquer toutes les formes de logements insalubres et à améliorer les conditions de vie des familles.

 

Ce qui sera fait en matière d’emploi et d’investissement

Le deuxième enjeu du projet de loi de finances pour l’année 2025 concerne le renforcement de la dynamique d’investissement et la création d’emplois.

« La volonté qui nous anime aujourd’hui de consolider la trajectoire de développement ambitieuse, traduisant la vision sage et clairvoyante de Sa Majesté le Roi durant les 25 dernières années, (…) nous pousse à formuler des solutions alternatives pour réaliser nos aspirations légitimes à bâtir un modèle économique intégré et un projet de société durable, en exploitant les atouts dont dispose notre pays, en vue d’atteindre la place que méritent le Maroc et les Marocains », avance Nadia Fettah.

Et d’ajouter, « le gouvernement adoptera un nouveau modèle de croissance économique, davantage axé sur l’augmentation de la productivité et une répartition optimale des investissements, en les orientant vers une contribution plus forte du secteur privé et en renforçant la résilience de notre économie nationale grâce à une base productive plus diversifiée et créatrice d’emplois ».

La ministre explique que le gouvernement poursuivra la mise en place des mécanismes de gouvernance relatifs au suivi du système d’investissement, notamment :

Cette feuille de route se concentre sur l’amélioration des conditions structurelles de l’investissement et de l’entrepreneuriat, le renforcement de la compétitivité nationale, la rationalisation des coûts des facteurs de production, et le développement d’un environnement favorable à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

Du côté de l’investissement public, une enveloppe de 340 milliards de dirhams est prévue en 2025. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre des grands chantiers structurants en cours :

14 MMDH pour l’emploi en 2025

Pour le gouvernement, l’emploi est une priorité absolue dans la deuxième moitié de son mandat.  « Le projet de loi de finances pour l’année 2025 sera une étape clé pour concrétiser cette priorité », promet la ministre.

Et de poursuivre, « plusieurs mesures seront mises en œuvre, réparties en trois axes, selon une approche intégrée et multidimensionnelle visant à soutenir l’emploi, avec une enveloppe budgétaire de 14 milliards de dirhams pour 2025″ : 

Par ailleurs, le gouvernement entend poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles :

Indicateurs des finances publiques

« A travers le projet de loi de finances pour l’année 2025, le gouvernement veillera à la durabilité de nos finances publiques en adoptant un ensemble de réformes nécessaires pour atteindre les marges financières requises, notamment par la réforme de la loi organique relative à la loi de finances et la poursuite de la mise en œuvre de la loi-cadre relative à la réforme fiscale », explique la ministre.

Et de poursuivre, « les objectifs de ces réformes visent à continuer de contrôler l’évolution des finances publiques et à gérer le déficit budgétaire à moyen terme, fixant des objectifs de 4 % du PIB en 2024, 3,5 % en 2025 et 3 % en 2026, tout en maintenant le niveau de la dette en dessous de 69 % du PIB d’ici 2026, afin de permettre le rétablissement des marges financières nécessaires à la poursuite des divers chantiers de développement ».

Le gouvernement vise à atteindre en 2025 une croissance économique estimée à 4,6%, basée sur les hypothèses suivantes :

 

 

 

Casablanca accueille une exposition de fossiles archéologiques restitués au Maroc

Cette exposition permet de découvrir une collection de fossiles importants, parmi lesquels un crâne de crocodile récupéré des États-Unis datant de 56 millions d’années, des spécimens de trilobites et de dents de requin récupérés du Chili datant d’environ 500 millions d’années, et un fossile représentant une espèce de crocodilien récupéré d’Allemagne, datant d’environ 200 millions d’années.

Intervenant à cette occasion, le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a souligné que, dans le cadre de plusieurs accords signés avec des pays amis, notamment les États-Unis, le Chili et l’Allemagne, des fossiles d’importance scientifique, historique et culturelle ont été récupérés, indiquant que ces fossiles sont exposés dans l’espace archéologique Sidi Abderrahmane pour faire connaître aux citoyens et aux visiteurs l’histoire ancienne et riche du Royaume du Maroc.

Il a également affirmé que le ministère travaille en coordination avec les chercheurs et les archéologues marocains pour rapprocher les espaces écologiques des citoyens, en animant ces espaces pour attirer l’attention des jeunes et des générations montantes et les initier à ce domaine riche qui met en évidence l’antiquité et l’histoire du Royaume. Cette initiative commencera dans la ville de Casablanca avant de s’étendre aux autres sites et espaces archéologiques dans les autres régions du pays.

Dans une déclaration à la presse, Nabila Rmili, présidente du conseil de la commune de Casablanca, a indiqué que cette cérémonie s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre la commune de Casablanca et le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, visant principalement à renforcer la scène culturelle de la ville, notant que cet espace archéologique constitue une valeur ajoutée pour les habitants, leur permettant de découvrir de près l’histoire ancienne de la ville de Casablanca en particulier, et du Maroc en général, à travers les fossiles exposés.

De son côté, le directeur de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), Abdeljalil Bouzouggar, a souligné que l’inauguration de cette exposition est l’occasion de célébrer le retour et la restitution de plusieurs ossements d’animaux qui avaient été exportés illégalement vers l’Allemagne, les États-Unis et le Chili, ajoutant que ces fossiles récupérés sont très importants car ils comprennent une collection d’animaux éteints, tels que certains dinosaures, crocodiles et autres créatures marines.

Par ailleurs, il a mentionné que le site de Sidi Abderrahmane, qui accueille cette exposition, est un site archéologique important non seulement pour l’histoire ancienne de la ville de Casablanca, mais aussi pour l’histoire de l’Afrique du Nord.

La cérémonie d’inauguration a été marquée par le lancement d’un spectacle de drones lumineux, dans le cadre de l’événement « Nostalgia – Émotions d’antan » lancé par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication dans plusieurs villes.

Nadia Fettah préside la 15e session ordinaire du Conseil des ministres arabes des finances

Plateforme idoine consacrée aux ministres des finances et de l’économie des pays arabes afin de coordonner et se concerter autour des questions financières et monétaires, ce Conseil vise à favoriser le partage des expériences en matière de politiques de finances publiques au niveau des pays arabes et à coordonner les positions sur les sujets économiques et financiers au niveau des forums internationaux et soutenir les efforts pour stimuler les investissements inter-arabes.

Dans une allocution prononcée au nom des ministres arabes des Finances, Nadia Fettah a indiqué que l’économie mondiale et les économies du monde arabe étaient « confrontées à de nombreux défis et chocs économiques, nécessitant une série de mesures sur le plan des finances publiques pour préserver la stabilité économique et financière et protéger les couches les plus vulnérables ».

Ces mesures, a-t-elle poursuivi, ont eu un impact négatif sur la situation des finances publiques dans de nombreux pays arabes, comme en témoignent le resserrement des marges budgétaires et la hausse de l’endettement, notant que la hausse des taux d’intérêt dernièrement a exacerbé les effets négatifs de ces développements notamment, en matière de croissance économique et de soutenabilité de la dette publique, et parfois sur la confiance des investisseurs vis-à-vis de la stabilité économique de la région.

Nadia Fettah a relevé que l’ordre du jour de la réunion offre l’occasion d’échanger autour des sujets prioritaires et les développements et défis actuels, outre le rôle que les politiques de finances publiques peuvent jouer dans les pays arabes pour relever ces défis, stimuler une croissance globale et durable et soutenir la stabilité économique et financière.

Dans le sillage des crises et des évolutions géopolitiques, la région arabe est confrontée à des défis croissants relatifs à l’endettement, ce qui requiert des stratégies complètes axées sur le renforcement de la stabilité économique et du développement durable, ainsi que la promotion de la coopération internationale et régionale pour atténuer les pressions financières et renforcer les capacités à faire face aux défis futurs, a noté la ministre.

Organisée sous l’égide du Fonds monétaire arabe, cette réunion a été marquée par la participation en qualité d’observateur des représentants de la Ligue des États arabes, du Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES) et des directeurs exécutifs arabes au sein du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale.

(Avec MAP)

Le Maroc envisage une levée internationale en 2024

Le Maroc envisage de lancer une nouvelle émission obligataire internationale en 2024, pour la première fois depuis plus d’un an. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des finances publiques et de la réduction du déficit budgétaire, comme l’a indiqué la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui, rapporte Bloomberg.

En mars 2023, le Maroc avait déjà levé 2,5 milliards de dollars en vendant des titres à cinq ans et dix ans et demi. La qualité de crédit du Maroc s’améliore, avec une réduction significative des écarts sur sa dette en dollars.

La gestion prudente des finances publiques et la mise en œuvre de mesures pour contenir l’inflation, y compris la réduction des subventions au gaz butane, sont des facteurs clés dans cette décision. Les revenus fiscaux accrus ont permis de réduire fortement le déficit budgétaire en un an. Un programme d’aide directe de 2,5 milliards de dollars pour les ménages vulnérables, une couverture d’assurance maladie étendue et un accord sur les augmentations salariales avec les syndicats complètent ces mesures, ajoute la même source.

Nadia Fettah sonne la cloche d’ouverture des marchés à la Bourse de Londres

Cette cérémonie traditionnelle a été l’occasion pour Nadia Fettah et la directrice générale du London Stock Exchange, Julia Hoggett, de mettre en avant le partenariat vieux de 10 ans entre la Bourse de Casablanca et son homologue de Londres, ainsi que l’environnement macroéconomique favorable dont jouit le Maroc, grâce aux réformes lancées par le Roi Mohammed VI.

Dans cette même veine, la présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, Nezha Hayat, a indiqué que le marché des capitaux offre aujourd’hui un large éventail de solutions pour répondre aux besoins de financement et d’investissement des différents acteurs économiques. « Il est donc parfaitement en mesure de jouer un rôle déterminant dans la mobilisation des capitaux nécessaires pour accompagner les différentes stratégies nationales de développement », a assuré Nezha Hayat dans une déclaration à la presse.

Pour sa part, le président du Conseil d’Administration de la Bourse de Casablanca, Kamal Mokdad, a relevé que l’édition 2024 des MCMD est un « très grand succès », mettant l’accent sur sa thématique, qui s’articule autour des Fonds d’investissement et du lancement du Fonds Mohammed VI, ainsi que les réunions bilatérales fructueuses qui ont été organisées dans le cadre de cet événement. « Concrètement, 25 sociétés marocaines, représentant 16 secteurs d’activité, ont pu tenir plus de 130 sessions ‘one to one’ avec une quarantaine d’investisseurs basés à Londres », a détaillé Mokdad.

Cette édition scelle définitivement l’importance de ce rendez-vous, désormais annuel, réunissant les opérateurs financiers londoniens et l’écosystème marocain des marchés des capitaux autour des multiples opportunités qu’offre le Maroc, a-t-il ajouté. Après les six éditions organisées depuis 2016 dans les principales places financières internationales (Londres, New York et Dubaï), le MCMD s’impose dorénavant comme le rendez-vous incontournable de la Bourse de Casablanca, du marché des capitaux, des investisseurs internationaux et des entreprises marocaines cotées.

(Avec MAP)

APDN : 6,2 MMDH pour le programme de développement intégré pour le Nord 2024-2028

L’Agence pour la promotion et le développement du Nord (APDN) a tenu, mardi 7 mai à Rabat, la 12e session de son conseil d’administration sous la présidence de la ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah.

Cette réunion, à laquelle ont pris part la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, ainsi que plusieurs représentants de départements gouvernementaux, a été consacrée à la présentation du bilan des activités de l’agence pour la période 2019-2023. Cette dernière a ainsi réalisé plus de 3.668 projets dans le cadre de la mise en œuvre de sa plateforme stratégique 2013-2023 par son directeur général, Mounir El Bouyoussfi, indique un communiqué de l’APDN.

Par ailleurs, le directeur général a mis en avant le nouveau programme économique et social intégré de l’agence, étalé sur la période 2024-2028, pour lequel est prévu un budget de 6,2 milliards de DH soumis pour approbation par le conseil d’administration.

Ce programme vise à réaliser une justice territoriale entre les différentes régions du Nord à travers un programme multidimensionnel comprenant quatre axes principaux :

– 1er axe : mise à niveau territoriale prioritaire.

– 2e axe : amélioration des services sociaux destinés aux citoyens.

– 3e axe : renforcement de l’offre territoriale pour l’investissement et l’intégration économique.

– 4e axe : programme de développement intégré des centres ruraux relevant des territoires concernés par la loi des usages licites du cannabis.

À l’issue de cette session, la ministre a souligné la transformation importante qu’a connue la vision stratégique de l’agence, qui se focalise désormais sur les projets liés au développement rural et à la réduction des disparités territoriales, « et ce, à travers une approche participative basée sur l’identification des besoins réels des citoyens et la priorisation de ces besoins ».

Dans le but de valoriser l’expérience accumulée par l’APDN au cours de ses 28 années d’existence, la ministre a appelé à intensifier les partenariats et la coopération avec les autres institutions publiques afin de diffuser son expertise dans la conception et la préparation de projets de développement socio-économique, ajoute le communiqué.

Nadia Fettah représente le Roi Mohammed VI au 21e Sommet de l’Association internationale de développement à Nairobi

Organisé conjointement par le gouvernement kényan et le groupe de la Banque mondiale, le sommet est axé sur la question de la reconstitution des ressources de l’IDA et sur le soutien dont elle a besoin pour catalyser efficacement les investissements sur le continent.

Réunissant plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains, le Sommet vise à affirmer, auprès des donateurs de l’IDA et d’autres partenaires, les domaines prioritaires pour le financement du développement en Afrique. Il ambitionne notamment d’appeler les donateurs à envisager un niveau de financement nettement plus élevé afin de répondre aux défis et d’accompagner les opportunités de développement de l’Afrique.

La délégation marocaine à ce sommet comprend également Mohamed Tarik Bichr, conseiller spécial de la ministre, Abdelmajid Mellouki, coordonnateur des relations avec le groupe de la Banque mondiale au ministère de l’Economie et des finances, ainsi que de l’ambassadeur du Roi au Kenya, Abderrazzak Laassel.

Nadia Fettah et Ferid Belhaj dressent le bilan de la coopération entre le Maroc et la Banque mondiale

Lors de cette rencontre, Nadia Fettah et Ferid Belhaj ont dressé un « bilan positif des relations de coopération fructueuses entre le Maroc et le groupe de la Banque mondiale, caractérisées notamment par la qualité des programmes de réforme et d’investissement bénéficiant de l’accompagnement technique et financier de la Banque et un appui constant aux efforts de développement économique et social engagés par le Royaume », fait savoir le ministère de l’Économie et des finances dans un communiqué.

Cette rencontre a été également l’occasion pour Nadia Fettah de remercier Ferid Belhaj, au terme de ses fonctions en tant que vice-président pour la région MENA à la Banque mondiale, pour son engagement personnel et ses efforts continus pour le renforcement des relations de coopération financière et institutionnelle entre le Maroc et la Banque mondiale, ajoute la même source.

Accord entre Nadia Fettah et Nizar Baraka pour une gestion « efficace » du foncier de l’État

Paraphée par le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, et la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, cette convention s’intéresse à plusieurs questions inhérentes aux domaines public et privé de l’État, notamment les contentieux judiciaires, la gestion du foncier et les exigences de la conservation foncière.

Elle vise, en outre, à mettre en place une méthodologie générale de coordination et de coopération entre les deux parties, afin de régler les dossiers en cours ou à venir, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, outre le renforcement de la collaboration, le suivi de l’exécution des termes de la convention et l’échange d’expertises.

S’exprimant à cette occasion, Nizar Baraka a souligné l’importance de ce partenariat qui a pour objectif la « mobilisation du foncier nécessaire en vue de la réalisation des grands chantiers, ainsi que le règlement des contentieux judiciaires entre les deux départements ».

Pour sa part, Nadia Fettah a mis en avant le rôle majeur que peut jouer cette convention-cadre dans la gestion « efficace et efficiente » du foncier relevant des domaines public et privé de l’État, qui sont exploités par les deux départements dans le cadre de plusieurs projets d’envergure liés à l’équipement et aux infrastructures.

Cette convention-cadre est le fruit d’une série de réunions entre les deux ministères, avec la participation des directions concernées, dont la dernière en date a eu lieu le 3 décembre 2023.

Maroc-SFI : quatre accords de financement de 195 millions de dollars

« Ce financement contribuera également au soutien de la stratégie de redressement économique du Maroc à la suite du tremblement de terre dévastateur qu’a connu le pays en septembre », explique l’entité financière dans un communiqué.

Les investissements portent sur :

  1. Un prêt de 106 millions de dollars consenti à OCP, le plus grand producteur mondial d’engrais à base de phosphate, destiné à financer son ambitieux programme de centrales solaires et contribuer à l’écologisation des systèmes alimentaires mondiaux ;
  2. Un mécanisme de partage des risques de 36 millions de dollars mis en place avec la Banque Centrale Populaire (BCP) et la Compagnie marocaine de goutte-à-goutte et de pompage (CMGP), une entreprise marocaine qui produit et distribue des systèmes d’irrigation, destiné à soutenir l’agriculture durable au Maroc, notamment dans la région touchée par le tremblement de terre ;
  3. Une prise de participation de 10 millions de dollars, en partenariat avec Mediterrania Capital, au capital du fournisseur de services financiers marocain Cashplus, dans le but de favoriser l’inclusion financière et l’accès aux services financiers dans le pays ;
  4. Un prêt vert de 45 millions de dollars octroyé au cimentier marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf), visant à soutenir la production de ciment bas carbone en Afrique.

Par ailleurs, IFC a annoncé qu’elle fournira des services-conseils, en collaboration avec le Centre régional d’investissement (CRI) de la région de Marrakech-Safi, afin d’évaluer l’impact du tremblement de terre sur l’économie locale et de prendre les mesures adaptées pour soutenir les entreprises touchées.

« Ce soutien consultatif fait partie d’un programme de réponse plus large du groupe de la Banque mondiale visant à mobiliser des financements et de l’expertise pour aider le Maroc à reconstruire et à rétablir les communautés touchées par le tremblement de terre », explique t-on.

À cette occasion, Nadia Fettah a souligné « la qualité de ces nouveaux projets ciblant des domaines de coopération importants pour le Royaume du Maroc, notamment le développement durable, l’agriculture, l’inclusion financière et l’expansion en Afrique« .

La ministre se dit « convaincue que la qualité des projets financés par la SFI ne manquera pas d’avoir des effets positifs sur la croissance et sur l’inclusion économique et sociale, en particulier des jeunes et des femmes ».

Elle estime que « la qualité de l’appui apporté par la SFI » au Maroc et aux partenariats « qui se renforcent » entre l’institution et les entités publiques et privées du Royaume, permettent de confirmer la position de la SFI « en tant que partenaire privilégié pour la dynamisation du secteur privé au Maroc et pour l’expansion des entreprises marocaines en Afrique ».

Jamais un pays hôte n’a été aussi présent dans le programme des Assemblées FMI-BM que le Maroc (El Kharmoudi)

Mohamed El Kharmoudi, directeur des Affaires administratives et des affaires générales au ministère des Finances, et nommé fin septembre 2023 directeur des Domaines de l’Etat, a fourni plusieurs détails sur les caractéristiques du site Bab Ighli, le format, la communication, la logistique, la présence du Royaume dans le programme ainsi que les moyens mis en place par le Maroc, pays hôte, pour la réussite de cette manifestation à très forte connotation internationale. Il s’exprimait dans le cadre d’une rencontre avec la presse, tenue mercredi 5 octobre sous la présidence de Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des finances.

Jusqu’à sa nomination à la direction des Domaines de l’Etat, c’est lui qui a supervisé au jour le jour et depuis début janvier 2023 les préparatifs, l’organisation et le déroulement des travaux, ainsi que la coordination avec les instances FMI et Banque mondiale. Malgré sa nouvelle nomination, il continue sa mission relative à cet événement exceptionnel jusqu’au dernier jour.

La mobilisation a porté ses fruits

M. El Kharmoudi n’a pas manqué de rappeler que le programme des AA2023 est exclusivement élaboré par les deux institutions de Bretton Woods. Il a précisé que les travaux sur le site (d’une superficie totale de 45 ha) se sont déroulés sans retard, selon le chronogramme initial arrêté avec le FMI et la Banque mondiale. Selon lui, cette réalisation dans les délais impartis a été possible grâce à l’engagement et à la mobilisation de toutes les parties prenantes (autorités, entités publiques, entreprises marocaines, etc.).

De plus, vingt conférences et rencontres ont été organisées dans le cadre de la « Route vers Marrakech », a-t-il ajouté, visant notamment la promotion et la préparation des AA2023. Mohamed El Kharmoudi est formel : jamais un pays hôte n’a été aussi présent dans le programme des Assemblées que le Royaume, organisateur de plusieurs « évènements Maroc » mais aussi co-organisateur de manifestations avec le FMI et la Banque mondiale.

Par ailleurs, il a mentionné l’accréditation de 12.209 personnes (dont 1.000 journalistes et 1.732 ONG) avec 188 pays représentés. Toutes les institutions financières internationales ont été accréditées.

Au chapitre de la durabilité du site et des installations, selon la ministre Nadia Fettah, le bois utilisé pour la construction des chapiteaux et autres locaux sera réutilisé par des établissements universitaires marocains. De plus, l’entretien des espaces verts du site se fait grâce au traitement des eaux usées. C’est dire le niveau de prise en compte des exigences en matière de construction durable.