Nador West Med. Un potentiel de près de 100.000 emplois

Le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape de sa stratégie portuaire avec la mise en service progressive du complexe Nador West Med.

Nador West Med : bien plus qu’un port

L’entrée en activité de Nador West Med est appelée à produire des effets profonds sur la dynamique économique de la région de l’Oriental, un territoire qui demeure structurellement en décalage par rapport à la moyenne nationale.

Selon les données socioéconomiques du HCP, l’Oriental affiche l’un des taux de chômage les plus élevés du Royaume hors régions du Sud, à 21,1%, traduisant une fragilité persistante du marché du travail et une faible capacité d’absorption de la population active.

Cette vulnérabilité se reflète également dans le niveau de richesse produite. En 2024, le PIB par habitant de la région s’établit à 31.597 DH, un niveau inférieur à la moyenne nationale, confirmant le retard économique de l’Oriental et la faiblesse de sa base productive.

Dans ce contexte, la vocation de Nador West Med dépasse largement la seule fonction portuaire. À l’image de Tanger Med, dont l’impact s’est étendu bien au-delà des activités maritimes pour transformer en profondeur le tissu productif et social de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Nador West Med est conçu comme un levier de rééquilibrage territorial.

L’expérience du Nord montre en effet qu’un port intégré, adossé à des zones industrielles et logistiques, peut enclencher une dynamique cumulative d’investissement, d’emploi et de création de valeur, contribuant durablement à la montée en puissance économique de son hinterland.

Un port adossé à un écosystème industriel

Le port est conçu comme une infrastructure à haute capacité dès sa mise en service, avec une capacité annuelle d’environ 5 millions de conteneurs et des volumes significatifs de trafic en vrac liquide et solide pouvant atteindre 35 millions de tonnes.

À terme, la capacité du trafic conteneurisé pourrait atteindre 12 millions de conteneurs par an, tandis que le vrac liquide, principalement à vocation énergétique, est prévu pour des volumes pouvant aller jusqu’à 15 millions de tonnes par an.

Nador West Med n’a jamais été pensé comme un simple « Tanger Med bis ». L’étude d’impact réalisée selon les standards des bailleurs internationaux décrit le projet comme une plateforme portuaire intégrée, dans une logique de développement territorial intégré.

Et c’est là qu’intervient le second pilier du projet, à savoir la zone d’activités industrielle et logistique adossée à Nador West Med. Le rapport d’évaluation de la Banque africaine de développement publié en 2024 indique que cette zone est destinée à accueillir des industries relevant de plusieurs secteurs et qu’elle sera dotée d’infrastructures de base, notamment une station de dessalement, des installations électriques et des stations de traitement des eaux usées, afin de permettre l’implantation et le fonctionnement des activités industrielles.

Selon l’étude d’impact environnemental et social du complexe, la zone industrielle et logistique adossée au port est destinée à accueillir un éventail d’activités comprenant notamment l’agro-industrie, le textile et le cuir, les industries métallurgiques, mécaniques et électriques, la chimie et la parachimie, le stockage des hydrocarbures, ainsi que les services directement liés aux activités portuaires et logistiques.

Le développement d’infrastructures routières et ferroviaires est censé renforcer l’effet d’entraînement du port, en facilitant la circulation des biens et des personnes, en soutenant l’activité économique régionale et en améliorant l’accessibilité et les conditions de vie des populations.

Les retombées économiques du Nador West Med

Dans une étude publiée en 2022, Mokhtari et Mizab, chercheurs à l’École Supérieure de Technologie de Nador, rappellent la vocation industrialo-portuaire du projet et soulignent que son impact attendu dépasse la seule fonction de transit maritime, en visant l’activation de l’arrière-pays à travers l’implantation d’activités industrielles et logistiques.

Ils précisent toutefois que les retombées économiques demeurent conditionnées à l’exploitation effective du port et à la capacité à attirer des activités productives dans les zones prévues autour du complexe.

Une étude publiée en 2025 par Mansri et Belghiti, chercheurs à l’Université Mohammed Premier d’Oujda, souligne le rôle potentiel de Nador West Med comme facteur de renforcement de l’attractivité économique de la région de l’Oriental. Selon leur analyse, le port constitue un levier susceptible de favoriser la concentration d’activités productives et la création d’emplois durables, à condition que des investissements industriels s’y implantent effectivement et que le tissu économique régional se consolide autour du complexe.

La création d’emplois constitue la première attente associée à un projet de cette envergure. Si la phase de construction a généré des emplois temporaires, le lancement effectif des activités portuaires et industrielles est appelé à produire des emplois plus stables et durables, à travers l’exploitation du port et le développement des zones industrielles.

Le rapport de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement évoque un potentiel d’environ 100.000 emplois à terme, dont 45.000 emplois directs et 55.000 emplois induits à l’horizon 2034, dans un scénario de montée en charge complète du complexe.

La BERD souligne que ces retombées ne se limiteraient pas à la région de l’Oriental, mais pourraient produire des effets d’entraînement au-delà de son périmètre, notamment en soutenant le développement économique de la région voisine de Fès-Meknès.

https://medias24.com/2026/01/28/nador-west-med-le-roi-mohammed-vi-donne-ses-instructions-pour-un-demarrage-optimal-et-un-impact-territorial-elargi-1618661/

Le triptyque Nador–Tanger–Dakhla redessine la carte portuaire africaine

Selon des experts, cette stratégie positionnera le Royaume comme un hub logistique de poids entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique, dans un contexte mondial marqué par les crises et les recompositions commerciales.

Nador West Med, la pièce manquante

Contacté par Médias24, Idriss Aarabi, Directeur général de l’Autorité portuaire Tanger Med, souligne la double vocation assignée à Nador West Med.

« Nador West Med est un port dont la vocation a été clairement définie dès le lancement du projet, et qui a été récemment renforcée par la signature des concessions avec des opérateurs de premier plan tels que CMA-CGM et MSC. Il est destiné à être à la fois un port de transit et de transbordement de conteneurs, les terminaux étant déjà concédés et les travaux de construction en cours. Mais, sa spécificité réside également dans sa dimension énergétique« , explique-t-il.Le modèle de Tanger Med pourrait être progressivement reproduit à Nador West Med« Ancré dans son territoire, il sera accompagné de projets industriels et logistiques destinés à renforcer son intégration dans l’économie régionale. À terme, il est fort probable que le modèle de Tanger Med, qui a démontré son efficacité en combinant hub portuaire, zones industrielles et logistiques, soit progressivement reproduit au niveau de Nador West Med, adaptant cette réussite nationale à l’échelle régionale », poursuit-il.

Dans le même sens, Jean-Marie Koffi, Secrétaire général de l’Association de gestion portuaire de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, indique que le nouveau port de Nador viendra consolider la position du Maroc comme acteur portuaire et logistique majeur.

« L’avènement du port Nador West Med sera sans doute bénéfique et contribuera à consolider l’offre portuaire marocaine, en particulier sur la façade méditerranéenne », précise-t-il.

« À mes yeux, Nador West Med est la pièce manquante du dispositif. C’est une décision à la fois intelligente et stratégiquement visionnaire d’avoir conçu un port de cette envergure à proximité de Tanger Med. Lorsqu’il entrera en service, le Maroc connaîtra un nouvel élan, un véritable épanouissement dans le domaine maritime et logistique », poursuit notre interlocuteur.

Tanger Med, socle d’une stratégie gagnante

Pour Idriss Aarabi, le socle de cette montée en puissance reste Tanger Med. « Le choix du site pour la construction du port Tanger Med constitue un facteur clé de succès. Il est situé en plein cœur du détroit de Gibraltar, à la croisée des plus grandes routes maritimes reliant l’Est à l’Ouest et le Nord au Sud, sans nécessiter aucune déviation de trafic », explique-t-il.

Ce positionnement est renforcé par le poids stratégique du détroit. « Ce détroit est le deuxième au monde en termes de trafic maritime, avec près de 100.000 navires qui le traversent chaque année. Tanger Med se trouve au point le plus proche de la rive sud espagnole, à seulement 14 km de distance. L’emplacement choisi a donc été déterminant dans la réussite du projet », précise Idriss Aarabi.L’activité de Tanger Med est restée soutenue malgré les tensions économiques et géopolitiques

Selon Aarabi, malgré de nombreuses disruptions liées aux guerres économiques ou aux tensions géopolitiques, l’activité de Tanger Med n’a jamais été impactée.

« Le port a toujours su se positionner et capter le trafic maritime passant par le détroit. On l’a constaté récemment avec la crise de la mer Rouge, où la déviation des navires par le Cap de Bonne-Espérance a rallongé le trajet de 12 jours supplémentaires. Pourtant, Tanger Med continue à attirer et fidéliser ce trafic grâce à la confiance des plus grands opérateurs mondiaux. Parmi eux, on peut citer APM, Maersk Line, CMA-CGM, Eurogate ou encore Hapag-Lloyd, qui ont choisi Tanger Med comme hub stratégique pour la consolidation de leur trafic », souligne-t-il.

Nador – Tanger – Dakhla : un triptyque qui redessine la carte portuaire africaine

Pour Idriss Aarabi, avec l’entrée en service de Nador et de Dakhla, le Maroc comptera trois grands ports opérationnels, ce qui donnera une nouvelle dimension à sa dynamique économique et logistique.

« Il ne s’agit pas de concurrence entre ces projets, mais bien de complémentarité. Ensemble, ils forment une offre nationale consolidée, permettant au Maroc de se positionner comme une véritable porte d’entrée et de sortie des marchandises, tant pour la Méditerranée que pour l’Afrique de l’Ouest », explique notre source.

« Dans ce schéma, le Maroc consolidera encore davantage sa position de leader régional. Le port de Dakhla Atlantique, en particulier, aura un rôle stratégique, conformément à la vision exprimée par Sa Majesté dans ses discours. Il sera destiné à devenir un hub majeur de transbordement et de redistribution, non seulement pour la façade atlantique du Maroc, mais aussi pour l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest », poursuit-il.

Jean-Marie Koffi met ce projet en perspective avec la coopération africaine. « Pour nous, pays d’Afrique centrale et subsaharienne, le fait que le Maroc dispose bientôt de trois grands ports stratégiques ouvre un large éventail d’opportunités. À nous d’être prêts à les saisir, en particulier dans le cadre de l’Initiative Atlantique », conclut-il.

M.S.IN recommande d’alléger sur Marsa Maroc

En 2024, l’action Marsa Maroc a bondi de 92,8%, bien au-delà du MASI (+22,2 %). Cette envolée s’explique par des résultats records et un regain d’intérêt pour la logistique portuaire. Mais selon M.S.IN, le titre a déjà intégré ses principaux catalyseurs. Avec une valorisation estimée à 802 DH, contre un cours de marché de 869 DH au 10 juin 2025, la société de bourse recommande d’alléger les positions, compte tenu d’un potentiel de baisse de 7,7%.

Une dynamique opérationnelle record en 2024

Après deux années marquées par les effets de la guerre en Ukraine, la sécheresse et les perturbations logistiques mondiales, Marsa Maroc a retrouvé une trajectoire haussière en 2024.

L’opérateur portuaire a enregistré des niveaux historiques de trafic manutentionné, aussi bien sur les conteneurs que sur les vracs solides. Cette performance s’inscrit dans un contexte de croissance économique modérée, de taux de fret maritime toujours élevés et de tensions géopolitiques ayant bénéficié aux plateformes comme Tanger Med.

À fin 2024, Marsa Maroc capte 26% du trafic portuaire national, soit 63,3 millions de tonnes. Ce volume est tiré à 47% par le conteneurisé, à 30% par les vracs solides, et à 17% par les vracs liquides. Le trafic conventionnel reste marginal, à 5%.

Des perspectives soutenues par l’internationalisation et le transbordement

Selon M.S.IN, Marsa Maroc pourrait maintenir un taux de croissance annuel moyen de 13,7% sur la période 2025e–2028, tiré par le développement de nouveaux relais : Tanger Med II, Nador West Med, Jorf Lasfar, Dakhla Atlantique, mais aussi l’entrée en activité à l’international prévue au port de Cotonou dès octobre 2024.

Le chiffre d’affaires progresserait de 4.320 MDH en 2023 à 8.803 MDH en 2028, soit un TCAM 2022–2028 de 14,4%.

L’EBIT passerait de 2.110 MDH en 2024 à 4.066 MDH en 2028p, avec un TCAM de 19,9%. Le RNPG suivrait une trajectoire similaire, atteignant 2.632 MDH en 2028p contre 1.267 MDH en 2024, soit une croissance moyenne de 12,3%.

Le segment des vracs solides devrait croître à un rythme plus modéré, avec un TCAM de 3,2% sur la même période. L’activité de remorquage sur Nador West Med, prévue dès 2026, et les accords d’équipement avec CMA CGM renforcent les perspectives de moyen terme.

Une politique de dividende stable, mais à la baisse relative

Sur la période 2016–2025, le dividende ordinaire versé par Marsa Maroc varie entre 7,2 DH et 9,7 DH. En excluant le dividende exceptionnel de 2,7 DH distribué en 2017, le payout moyen ressort à 101%, avec un rendement de 4,3%. Depuis 2021, une discipline plus marquée est observée, avec un taux de distribution stabilisé autour de 70%.

Pour les années 2025e–2028p, M.S.IN prévoit un dividende moyen de 16,3 DH par action, soit un TCAM de 16,4%, et un taux de distribution moyen de 56,3%. Le rendement estimé en 2024 ressort à 1,09% au cours de 869 DH.

Un premier trimestre 2025 bien orienté

Au T1-2025, le chiffre d’affaires atteint 1.280 MDH, en progression de 12,3% par rapport à T1-2024. Le trafic global manutentionné a augmenté de 6%, atteignant 15,8 millions de tonnes.

Le segment conteneurisé domestique progresse de 13%, le transbordement reste stable, les vracs liquides gagnent 13%, et les marchandises diverses 23%. L’endettement net s’établit à 436 MDH contre 139 MDH un an plus tôt. Les investissements ont atteint 890 MDH sur le trimestre, contre 68 MDH au T1-2024, concentrés sur les équipements destinés à Nador West Med.

Une valorisation légèrement supérieure aux fondamentaux projetés

M.S.IN a utilisé la méthode DCF pour valoriser Marsa Maroc, sur la base d’un CMPC de 8,1%, d’un bêta de 1,2 et d’un taux sans risque de 2,7%. La valorisation obtenue est de 802 DH, contre un cours de 869 DH. Cela implique une surcote de 7,7%, considérée comme excessive à ce stade.

Mise en service de la première ligne 225 kV vers le complexe portuaire Nador West Med

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a procédé avec succès à la mise sous tension de la première ligne 225 kV reliant le poste 225/60 kV de Selouane au complexe portuaire Nador West Med.

D’une longueur de 31 kilomètres, cette ligne constitue un maillon essentiel du dispositif principal d’alimentation électrique du nouveau port Nador West Med, peut-on lire dans un communiqué de l’ONEE.

Sa réalisation a mobilisé d’importants moyens humains et techniques, ainsi que l’appui efficace des autorités locales, ce qui a permis de réaliser l’ouvrage dans les délais impartis, poursuit la même source.

Cette nouvelle ligne, qui permettra d’alimenter l’usine de fabrication des pâles d’éoliennes Aeolon, premier industriel à s’installer au niveau du port Nador West Med, s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’alimentation électrique du complexe portuaire, mené par l’ONEE.

Ces infrastructures permettront de satisfaire durablement les besoins en énergie électrique aussi bien du complexe portuaire que des futures industries qui s’y implanteront, constituant ainsi un levier majeur pour le développement économique de la région orientale et du Royaume, conclut le communiqué de l’ONEE.

Marsa Maroc : chiffre d’affaires en hausse de 12% à fin mars 2025

Le trafic global manutentionné de Marsa Maroc s’est établi à 15,8 millions de tonnes au premier trimestre, en croissance de 6% sur un an. Cette évolution est soutenue par la montée en puissance du trafic conteneurisé domestique (+13%), le rebond des vracs liquides (+13%) et la forte progression des marchandises diverses (+23%).

Le volume total traité s’élève à 718.576 EVP, en hausse de 5%. Mais la dynamique est portée exclusivement par les flux domestiques (296.942 EVP, +13%), tandis que le transbordement reste quasi stable à 421.634 EVP (-1%).

Les autres segments confirment cette reprise : les vracs solides atteignent 5,2 millions de tonnes (+2%), les véhicules neufs 33.100 unités (+43%) et le roulier 6.300 unités (+23%).

Indicateurs financiers

Le chiffre d’affaires consolidé de Marsa Maroc passe de 1.140 MDH au T1-2024 à 1.280 MDH cette année, soit une croissance de 12,3%.

L’augmentation du chiffre d’affaires traduit non seulement une intensification du trafic, mais aussi un élargissement de la chaîne de valeur logistique. Marsa Maroc profite ici de la diversification de ses prestations, notamment dans l’entreposage, la manutention spécialisée et la logistique à valeur ajoutée, qui renforcent la profitabilité globale.

Marsa Maroc affiche un endettement net de -436 MDH, contre -139 MDH un an auparavant. Ce solde créditeur souligne la solidité de la génération de trésorerie et confère à Marsa Maroc une marge de manœuvre stratégique notable pour financer ses projets à venir, sans pression bilancielle.

Cap sur Nador West Med

Côté investissement, Marsa Maroc a débloqué 890 MDH au premier trimestre 2025, contre seulement 68 MDH un an plus tôt. Cette accélération reflète la phase active de déploiement des équipements pour les deux nouveaux terminaux à conteneurs de Nador West Med, un chantier stratégique censé élargir la capacité nationale et capter une part accrue des flux méditerranéens.

Gaz naturel. Les premiers détails de l’AMI relatif au développement de l’infrastructure gazière

Tant attendu, l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le développement de l’infrastructure gazière nationale a été publié par le ministère de la Transition énergétique et du développement durable, une première étape vers la concrétisation de la feuille de route du gaz naturel (2024-2030).

Cet appel à manifestation d’intérêt permettra de sélectionner les candidats retenus pour développer des appels d’offres relatifs à la première infrastructure intégrée de réception, de stockage, de regazéification et de transport de gaz naturel, incluant également une centrale électrique à gaz.

Cette nouvelle infrastructure devrait répondre à un besoin national croissant en capacité, qui devrait atteindre 10 milliards de mètres cubes par an dans un horizon de cinq à six ans. Outre la grande demande en gaz naturel, ce projet est rentabilisé par le plan d’investissement 2025-2030 de l’ONEE qui prévoit la mise en service de 4.300 MW supplémentaires de capacité de production au gaz, contre une capacité actuelle de 834 MW, grâce à la construction de nouvelles centrales et à la conversion de centrales existantes.

Ouvert aux opérateurs nationaux et internationaux du secteur, l’AMI impose aux soumissionnaires, en plus de présenter leurs références sur le projet convoité, de répondre à des questions portant sur la disposition des navires, le modèle économique, le montage financier, les références techniques, les technologies maîtrisées…

L’objet de cet appel à manifestation d’intérêt concerne trois composantes qui devront être opérationnelles au plus tard à partir de l’année 2027  : la construction d’un terminal GNL au port Nador West Med, la construction d’une centrale électrique à turbine à gaz à cycle combiné à Nador, et le prolongement du gazoduc Maghreb-Europe (GME).

Plan de l’infrastructure à développer dans le cadre de cet appel à manifestation d’intérêt.

Un terminal LNG au nouveau port Nador West Med

Le développement du terminal d’importation de GNL comprend la conception, la construction, les équipements, l’exploitation et la maintenance de toutes les infrastructures en mer et à terre constituant le terminal d’importation, de stockage et de regazéification de GNL, ainsi que tous les systèmes de gaz à haute pression situés à l’intérieur du périmètre du port de Nador West Med, jusqu’au point de raccordement à la composante pipeline à la limite du port.

Le futur exploitant du terminal GNL de Nador sera chargé du développement et de l’exploitation complète de l’installation. Ce projet comprendra principalement une unité flottante, pouvant prendre la forme soit d’une FSRU (unité flottante de stockage et de regazéification), soit d’une FSU (unité flottante de stockage) associée à un système de regazéification installé à quai.

L’infrastructure inclura également les installations terrestres nécessaires, ainsi qu’un pipeline reliant la station de réception terrestre au point de raccordement avec le gazoduc longue distance situé à la limite du port de Nador West Med.

Plan de masse du premier terminal LNG du port Nador West Med.

 

Méthode de gestion proposée pour la nouvelle plateforme LNG de Nador.

Une centrale électrique à cycle combiné à Nador

Près du nouveau terminal d’importation de LNG, l’AMI inclut également la construction d’une nouvelle centrale électrique à cycle combiné qui sera développée sous le régime de la production indépendante d’électricité (IPP).

D’une capacité totale de 1.200 MW, cette centrale, composée de deux unités distinctes, sera directement alimentée en gaz naturel par le nouveau terminal d’importation de GNL voisin où la totalité de la production électrique de la centrale sera injectée dans le réseau national haute tension de 400 kV.

Conformément aux exigences internationales, la conception du projet devra intégrer les dernières technologies de pointe permettant de respecter strictement les normes d’émissions environnementales établies par la Banque mondiale, garantissant ainsi une production énergétique à la fois performante et respectueuse de l’environnement.

Prolongement du gazoduc Maghreb-Europe (GME)

Afin de répondre aux besoins énergétiques, la feuille de route a proposé un prolongement du gazoduc Maghreb-Europe pour satisfaire efficacement la demande en gaz naturel. L’AMI projette la construction de deux gazoducs qui seront connectés au gazoduc Maghreb-Europe. Ce dernier, après l’arrêt de son utilisation par l’Algérie, a été réaffecté pour approvisionner le Maroc en gaz naturel en provenance de l’Espagne, permettant ainsi la mise en service des stations nord au gaz naturel, notamment celle de Tahaddart.

Le premier gazoduc permettra une connexion au nouveau terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) du port de Nador West Med. Ce pipeline, d’un diamètre de 48 pouces, permettra un débit de 750 millions de pieds cubes standard par jour (MMSCFD). Le tracé de cette infrastructure a été soigneusement planifié pour longer, dans la mesure du possible, la nouvelle autoroute Guercif-Nador. En outre, il est prévu que ce pipeline se connecte également à la future centrale à gaz de Nador.

Tracé du gazoduc reliant le port de Nador West Med au Gazoduc Maghreb-Europe.

Le second gazoduc nord-ouest, d’une longueur totale de 220 km et d’un diamètre de 48 pouces, permettra notamment de relier le port de Mohammédia et d’offrir une opportunité de commercialisation du champ gazier d’Anchois après sa mise en service.

Le tracé du prolongement du gazoduc vers le port de Mohammédia en passant par Kénitra.

Ce gazoduc comprend deux embranchements secondaires de 16 pouces de diamètre chacun. Le premier, long de 19 km, approvisionnera la centrale thermique de Mohammédia et le quartier industriel de cette ville, tandis que le second, sur 13 km, desservira la zone industrielle de Kénitra. Cette dernière était précédemment desservie par la compagnie SDX avant que les volumes de production ne diminuent.

 

Tracé de l’embranchement du gazoduc vers le quartier industriel de Kénitra.

 

Tracé de l’embranchement du gazoduc vers la centrale thermique de Mohammédia.

Feuille de route de gaz naturel (2024-2030)

En 2023, le ministère de la Transition énergétique avait lancé, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC), le projet d’élaboration d’une feuille de route pour le développement du gaz naturel au Maroc.

Pour accélérer la concrétisation de cette vision, un protocole d’accord interministériel a été signé le 26 mars 2024, impliquant les ministères de la Transition énergétique, des Finances, de l’Équipement et de l’eau et de l’Intérieur, en plus d’institutions telles que l’ANP, l’ONEE, l’ONHYM et Nador West Med. L’objectif est d’harmoniser les efforts publics autour de la feuille de route gazière actualisée, tout en mobilisant l’expertise des différents intervenants sectoriels.

Les projets prioritaires à court terme (2024-2026) de cette feuille de route consistent à renforcer l’infrastructure gazière en intégrant, en amont, les nouveaux champs de Tendrara (région de l’Oriental), un projet qui sera mené par Mana Energy, qui est devenu l’opérateur du projet. Le programme à court terme comprendra :

À moyen terme, la feuille de route prévoit de raccorder le gazoduc nord au nouveau port de Dakhla Atlantique. Ce raccordement sera ensuite prolongé afin de connecter les réseaux gaziers mauritanien et sénégalais par le biais du gazoduc Afrique Atlantique (GAA). À long terme, une expansion vers l’hydrogène vert peut être envisagée, exploitant les synergies développées avec ses sous-produits.

Le ministère de la Transition énergétique lance l’AMI pour le développement de l’infrastructure gazière nationale

Lors de la conférence de l’Énergie organisée le mercredi 23 avril 2025 à Ouarzazate, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable (MTEDD), a annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) relatif au développement d’infrastructures de gaz naturel.

Leila Benali a expliqué l’importance de ce projet pour assurer la bonne voie vers la transition énergétique. Il intervient dans un moment opportun alors qu’un grand retard est cumulé de 20 ans par rapport à la première feuille de route dédiée à l’infrastructure gazière, élaborée en 2004.

Ouvert aux opérateurs professionnels nationaux et internationaux, cet AMI s’inscrit dans le cadre de la concrétisation de la feuille de route de gaz naturel (2024-2030). Il s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle vision pour le développement du secteur du gaz naturel du Maroc, qui permettra d’assurer la transition énergétique en raison de sa flexibilité et d’accompagner l’intégration intensive des énergies renouvelables, notamment à travers des projets de cycles ouverts ou combinés utilisant le gaz naturel (exemple de la centrale d’Ain Beni Mathar).

Carte synthétisante des différentes étapes de la feuille de route du développement de gaz naturel au Maroc.

A terme, il permettra la construction d’un premier terminal GNL au nouveau port de Nador West Med, ainsi que la réalisation d’un réseau de gazoducs pour la connexion avec le gazoduc Maghreb-Europe (GME) et l’alimentation des centrales actuelles et futures de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et des zones industrielles de Kénitra et de Mohammedia. À long terme, il se connectera au gazoduc Afrique Atlantique qui livrera son premier flux de gaz naturel à partir de l’année 2029 (date de finalisation de la phase 1 du projet reliant le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal).

Marsa Maroc et Boluda Towage assureront les services de remorquage au port de Nador West Med

Dans le cadre de cette concession, les deux partenaires créeront une coentreprise pour gérer les opérations et réaliser les investissements nécessaires, notamment l’acquisition d’une flotte de quatre remorqueurs d’une capacité de traction de 80 tonnes. Le coût de cet investissement est estimé à 45 millions d’euros (environ 470 millions de DH), indique un communiqué de Marsa Maroc.

Ce contrat de concession s’étend sur une période de 20 ans et débutera au quatrième trimestre 2026.

La répartition du capital de cette nouvelle entité sera de 51% pour Boluda Towage France et de 49% pour Marsa Maroc.

Ce partenariat stratégique permettra à Marsa Maroc de consolider sa business unit dédiée au remorquage, qui fournit déjà ce service dans sept ports marocains : Nador, Al Hoceima, Mohammedia, Safi, Agadir, Laâyoune et Dakhla, ajoute la même source.

Marsa Maroc, principal opérateur portuaire du Royaume, gère 25 terminaux répartis sur 11 ports et traite plus de 60 millions de tonnes de marchandises par an. Dans sa stratégie de développement, Marsa Maroc ambitionne de renforcer sa position en Méditerranée et de se positionner comme un acteur intégré dans les services portuaires, maritimes et logistiques.

De son côté, Boluda Towage France est une filiale de Boluda Corporación Marítima, un leader mondial des services maritimes qui opère une flotte de plus de 400 navires dans une centaine de ports à travers une cinquantaine de pays.

Un prêt de 110 millions d’euros de la BERD pour la zone économique de Nador West Med

Il s’agit de la troisième intervention de la BERD dans le complexe de Nador West Med, après des financements en 2015 et 2022.

Ce financement, accordé à Betoya Industriel et Logistic Zone (BILZ), est garanti par un prêt souverain, précise la BERD dans un communiqué. Il est complété par trois subventions d’investissement : 5 millions d’euros de la BERD, 3 millions de dollars (soit environ 2,8 millions d’euros) du Royaume-Uni dans le cadre du High-Impact Partnership on Climate Action (HIPCA), et 2,5 millions de dollars (soit environ 2,3 millions d’euros) du Global Environment Facility (GEF) dans le cadre du programme de transfert de technologies environnementales.

Le financement de la BERD soutiendra principalement les travaux de développement foncier pour les plateformes industrielles et logistiques au sein de la zone économique adjacente au port de Nador West Med. Il aidera également à financer une station de dessalement sur site, deux stations d’épuration des eaux usées et l’éclairage public.

Marsa Maroc opérera le Terminal Ouest de Nador West Med

Le Terminal Ouest disposera de 1.440 mètres linéaires de quai, fondés à une profondeur de 18 mètres, et sera réparti en 2 sections : une première section de 900 mètres dédiée à l’activité conteneur et une deuxième de 540 mètres pour le traitement des marchandises diverses, indique un communiqué de Marsa Maroc.

Ce nouveau terminal s’étendra sur une superficie de 60 hectares et sera équipé, à terme, de 8 portiques de quai (STS), de 24 portiques de parc (RTG) et de 4 grues mobiles de dernière génération.

Marsa Maroc mobilisera, avec ses partenaires, un investissement estimé à 280 millions d’euros pour la réalisation de la première phase de ce nouveau terminal dont la mise en service est prévue à partir de 2027.

Marsa Maroc dispose, désormais, dans son portefeuille de concessions de 3 terminaux de transbordement des conteneurs sur la façade méditerranéenne.

Avec le Terminal Ouest, la capacité de traitement du trafic conteneurisé de Marsa Maroc sera portée à 9 millions d’EVP, dont près de 7 millions d’EVP dédiés au transbordement des conteneurs.

Marsa Maroc opère 25 terminaux dans 11 ports, pour un trafic total dépassant les 60 millions de tonnes.

Dans le cadre de sa nouvelle vision stratégique, Marsa Maroc ambitionne de renforcer sa position en Méditerranée tout en se positionnant comme partenaire portuaire, maritime et logistique intégré à l’international.

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Marsa Maroc conclut un partenariat stratégique avec TIL pour le terminal de Nador West Med

Marsa Maroc a signé un accord stratégique avec Terminal Investment Limited (TIL), filiale du Groupe MSC, pour l’entrée de cette dernière dans le capital de la filiale concessionnaire du terminal à conteneurs du port Nador West Med. 

TIL, opérateur de terminaux à conteneurs adossé à Mediterranean Shipping Company (MSC), apporte une expertise clé dans le développement et l’exploitation d’infrastructures portuaires à travers le monde.

Selon les termes de l’accord, TIL détiendra 50% moins une action, tandis que Marsa Maroc conservera le contrôle avec 50% plus une action du capital et des droits de vote. L’opération reste soumise à l’approbation des autorités compétentes.

L’entrée de cette filiale dans le projet renforce l’attractivité de Nador West Med en tant que futur hub logistique, bénéficiant de la connectivité du premier armateur mondial.

À Nador West Med, Marsa Maroc s’implante au port en partenariat avec deux armateurs du Top 3 mondial : le Groupe MSC, 1ᵉʳ armateur mondial, et CMA CGM, 3ᵉ plus grand armateur au monde.

Avec ce partenariat, Marsa Maroc confirme son ambition stratégique à horizon 2030 et est déjà opérateur de 25 terminaux dans 11 ports.

Nador West Med, hub de transbordement de Marsa Maroc en Méditerranée

Le partenariat avec Terminal Investment Limited s’inscrit dans la continuité du projet initié en juin 2024, lorsque Marsa Maroc a signé la convention de concession du terminal.

L’infrastructure, qui disposera de 1.520 mètres linéaires de quai, d’une profondeur de 18 mètres et de 70 hectares de terre-pleins, vise une capacité de 3,4 millions d’EVP à pleine exploitation. La mise en service de la première phase est prévue pour début 2027.

Marsa Maroc fera de ce port son hub de transbordement en Méditerranée. Les activités de Marsa Maroc à Nador West Med représenteront un véritable levier de croissance qui accélérera le plan de développement de la société.

Avec Tanger Med et Nador West Med, le Maroc disposera de deux hubs pour le transbordement des conteneurs. Cette configuration placera le pays au cœur des échanges commerciaux mondiaux et améliorera sa connectivité maritime.

D’autres projets portuaires, notamment l’extension des quais du nouveau port de Safi et le développement du port de Dakhla Atlantique, viendront également consolider cette dynamique.

Maroc-BAD : trois accords de financement de 3,6 MMDH

Le Maroc et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé, jeudi 5 décembre à Rabat, trois accords de financement d’un montant total de 344,7 millions d’euros (plus de 3,6 milliards de DH).

Le premier accord de prêt, signé entre la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, et le président de la BAD, Akinwumi Adesina, porte sur un montant de 120 millions d’euros. Il est destiné à financer le Programme d’appui au renforcement de la gouvernance économique et de la résilience au changement climatique qui permettra d’opérer des réformes majeures dans la gouvernance économique et sectorielle, notamment celle en cours des entreprises publiques.

Le deuxième accord, d’un montant de 104,7 millions d’euros, a été signé par le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), Tarik Hamane, la vice-présidente de la BAD chargée du Développement régional, de l’intégration et de la prestation de services, Nnenna Nwabufo et le directeur de Tamwilcom, Hicham Serghini. Cet accord est destiné à mettre en œuvre le Projet de digitalisation, de renforcement de la production et d’amélioration de la performance de l’eau potable. Il permettra de renforcer la sécurisation de la production d’eau potable, l’amélioration des performances techniques dans plusieurs régions et agglomérations urbaines du Maroc, et de soutenir la digitalisation des processus.

D’un montant de 120 millions d’euros, le troisième accord a été signé par le directeur général de Nador West Med, Jamal Benjelloun, le directeur général de la BAD pour l’Afrique du Nord, Mohamed El Azizi et le directeur de Tamwilcom, Hicham Serghini. Il est destiné à soutenir le Projet d’aménagement de la zone d’activités industrielles du port de Nador West Med. Il permettra notamment de renforcer et de diversifier l’offre portuaire du Maroc en consolidant son rôle de plateforme logistique industrielle, tout en favorisant le développement économique et social de la région de l’Oriental.

Cette accord permettra, en outre, d’aménager des espaces économiques et des unités industrielles et logistiques au sein du port.