Dimagaz : le bal des saisies continue

Le tribunal de commerce de Casablanca vient d’annoncer une nouvelle vente aux enchères visant le patrimoine de Najib Jirari, dirigeant de Dimagaz. L’intéressé fait les frais d’un litige opposant son entreprise à Bank of Africa (BOA), qui invoque des centaines de millions de crédits impayés.

Cette nouvelle vente judiciaire se tiendra le 1er octobre 2024, selon l’avis dont Médias24 détient copie. Elle porte sur une villa de 1.300 m2 basée à Californie, quartier huppé à Casablanca. La mise à prix a été fixée à 20,8 MDH.

L’opération a été initiée à la demande de BOA, un des principaux créanciers de Dimagaz, important distributeur de gaz butane. Pourquoi saisir le patrimoine du dirigeant ? Parce qu’il a fait office de caution personnelle. Ses biens ont été donnés en garantie au moment de la souscription du prêt.

BOA fait valoir une créance de 370 MDH. Parallèlement aux saisies exécutives, la banque a engagé une action en paiement qui n’a pas encore débouché sur une décision. Dimagaz et son dirigeant – aujourd’hui incarcéré pour une affaire de chèque sans provision – contestent ce montant. Une expertise judiciaire est en cours. Elle balisera le terrain au jugement.

En attendant la confirmation judiciaire, BOA tente d’anticiper le recouvrement en multipliant les saisies exécutives. Outre les actifs de Dimagaz, le créancier a mis la main sur une dizaine de biens immobiliers du dirigeant répartis entre Fès, Casablanca, Mohammédia, Nador, Benguérir, Marrakech et El Jadida. La moitié de ces biens a déjà été expertisée. Elle correspond à une valeur dépassant les 100 MDH.

Pour l’heure, BOA n’a concrétisé qu’une seule vente. Il s’agit d’un terrain nu de quatre hectares situé à Jorf Lasfar, vendu le 5 septembre 2023 pour 21 MDH.

BOA n’est pas l’unique banque à lorgner les biens de Dimagaz et de Najib Jirari. Cette entité traîne un lourd contentieux avec d’autres opérateurs tels que BCP, Crédit Agricole du Maroc et Société Générale Marocaine de Banques, respectivement titulaires de 1,1 milliard de DH, 315 millions de DH et de 205 MDH correspondant à des crédits impayés. Soit une ardoise bancaire avoisinant les 2 MMDH.

Dimagaz : veto judiciaire sur la vente du fonds de commerce

Dans l’affaire Dimagaz, les parties ont l’impression de tourner en rond. Mis en vente pour une somme dérisoire (près de 325.000 DH), le fonds de commerce du distributeur de gaz a de nouveau été vendu, mais il se heurte encore au stade de l’homologation par le tribunal de commerce de Casablanca.

La dernière audience de vente aux enchères a eu lieu le 7 mai. Elle a débouché sur une offre officielle de 335.000 DH qui a été adjugée séance tenante à l’acheteur, mais qui n’a pas reçu le feu vert du président du tribunal.

Une scène qui se répète. On compte au moins quatre refus d’homologation depuis la première séance de vente aux enchères, tenue en décembre 2023. Cette position du tribunal s’explique, entre autres, par la modicité du prix d’achat, et ce, bien que la valeur initiale ait été fixée par une expertise judiciaire.

Cette réticence s’explique également par l’identité de l’acheteur, un frère de Najib El Jirari, dirigeant du groupe incarcéré depuis trois ans pour une affaire de chèque sans provision. En filigrane, il s’agirait ainsi d’empêcher la reprise du fonds de commerce par la famille El Jirari.

Dimagaz qui, autrefois, enchaînait les exercices à plus de 1 MMDH de chiffre d’affaires, est à l’arrêt depuis plus de quatre ans. Une des raisons tient à l’endettement colossal cumulé par l’entreprise, notamment auprès du secteur bancaire.

Entre BCP, Crédit Agricole, Bank of Africa et Société Générale Marocaine de Banques, le distributeur traîne une ardoise avoisinant les 2 MMDH. Cette situation justifie en partie la perte de valeur du fonds de commerce. Elle explique aussi pourquoi un seul acheteur a déposé une offre officielle pour l’acquisition du bien.

Selon nos sources, de grands opérateurs marocains de la distribution du gaz se sont renseignés sur le dossier, mais aucun ne s’est risqué à se positionner officiellement sur l’opération. Et pour cause, le rachat impliquerait non seulement l’actif, mais également le passif de l’entreprise.

Le secteur bancaire a les yeux rivés sur le dossier. Pour l’heure, seules BCP et SGMB sont fixées par des décisions exécutoires sur leurs créances respectives. Le premier établissement invoque une créance de 1,1 MMDH, le deuxième réclame 205 MDH.

Quant à Bank of Africa et Crédit Agricole, ils se positionnent respectivement à hauteur de 370 MDH et 315 MDH. Ces banques n’ont pas encore obtenu des jugements confortant leurs créances. Dimagaz conteste ces montants. Pour trancher, le tribunal de commerce a ordonné des expertises judiciaires qui se font attendre.

Obtenir des jugements est une chose. Récupérer les montants est une autre paire de manches. Ce volet donne lieu à une course entre les banques, qui scrutent depuis plus d’un an les biens de l’entreprise, tour à tour placés aux enchères. Amorcée par Crédit Agricole, la dernière vente annoncée concerne un terrain agricole de 11 hectares situé à Mohammédia, valorisé à 6 MDH.

Les créanciers s’appuient généralement sur les sûretés souscrites par le dirigeant de Dimagaz, Najib El Jirari. Dans le cas de BCP, ce dernier avait été condamné solidairement avec sa société au paiement du montant de 1,1 MMDH fixé par le tribunal.

Le PDG dispose d’un important patrimoine immobilier au Maroc. Pour les seuls biens donnés en garantie à Bank of Africa, la valeur totale est estimée à plus de 100 MDH. Elle se compose essentiellement de terrains répartis entre plusieurs régions du Royaume. Pour l’heure, une seule vente a été concrétisée. Elle concerne un terrain de quatre hectares situé à Jorf Lasfar, vendu en septembre 2023 pour 21 MDH.

Dimagaz : la vente du fonds de commerce face au veto du tribunal

La vente de Dimagaz n’a pas reçu l’homologation du tribunal. Adjugé à l’issue d’enchères judiciaires tenues le 13 février, le fonds de commerce du distributeur de gaz butane ne sera pas cédé à l’acheteur, faute de validation par le président de la juridiction commerciale.

C’est la deuxième fois que l’opération se heurte au refus d’homologation. Selon nos informations, cette décision s’explique par le prix jugé dérisoire auquel l’adjudication a été arrêtée. Le bien a reçu une offre de 325.000 DH pour une mise à prix démarrée à 315.000 DH.

On est loin, très loin de la créance invoquée par Banque Populaire Fès-Meknès, auteure de la saisie, qui réclame la vente pour récupérer une créance de 1,1 MMDH.

La personne à l’origine de la nouvelle offre est un proche de Najib El Jirari, le dirigeant du groupe actuellement incarcéré pour une affaire de chèques sans provision, rapporte une source judiciaire. Notre interlocuteur écarte les rumeurs faisant état d’une proposition émanant d’une grande société de distribution de gaz au Maroc.

Dimagaz : rebondissement dans la vente aux enchères

Déjà complexe, l’affaire Dimagaz connaît un énième fait marquant. Mis aux enchères judiciaires par un créancier, le fonds de commerce de ce distributeur de gaz a fait l’objet d’une offre officielle, mais la vente butte sur le refus d’homologation par la justice.

Au tribunal de commerce de Casablanca, le bien a même été adjugé lors d’une séance tenue la semaine dernière. Selon nos informations, c’est un membre de la famille El Jirari qui a formulé l’offre. Il s’agit précisément d’un frère de Najib El Jirari, dirigeant de Dimagaz condamné à cinq ans pour chèque sans provision.

Selon des sources proches du dossier, le refus d’homologation est justifié par la somme jugée dérisoire retenue pour la cession du fonds de commerce. Le montant d’adjudication avoisine les 315.000 DH, là où la mise à prix était fixée à 160.000 DH. Ce prix de départ est lui-même considéré comme « très faible ». Certaines sources y voient le résultat d’une expertise « complaisante ».

Les derniers chiffres disponibles sur Dimagaz remontent à 2017. Durant cet exercice, le distributeur a réalisé un chiffre d’affaires de 1,07 MMDH. L’expertise a-t-elle sous-évalué la valeur de l’entreprise ? Parmi les représentants des créanciers, certains le pensent.

D’autres sources judiciaires nous interpellent sur une pratique courante en matière d’enchères judiciaires. « Les tribunaux n’octroient généralement l’homologation qu’au bout de la troisième vente et de la troisième offre. Il n’y a pas de base légale claire à cette mesure, qui relève davantage d’une pratique judiciaire », explique cet avocat spécialisé dans le contentieux bancaire.

« Il ne faut pas systématiquement lier le refus d’homologation au montant de la mise à prix. La valeur d’un fonds de commerce devient souvent insignifiante quand l’entreprise est en litige et/où en arrêt d’activité », poursuit la même source.

Dimagaz cumule les deux facteurs : à l’arrêt depuis plus de trois ans, la société croule sous les actions en paiement et traîne près de 2 MMDH de créances bancaires, dont 1,1 MMDH auprès de la Banque populaire. Cette banque s’ajoute à la longue liste d’établissements qui lorgnent les biens de l’entreprise (BOA 370 MDH, Crédit Agricole 315 MDH, Société générale marocaine des banques 205 MDH).

https://medias24.com/2023/09/25/boa-bcp-sgmb-et-cam-la-dette-bancaire-de-dimagaz-atteint-2-mmdh/