Stress hydrique : les stratégies des agences des bassins hydrauliques pour optimiser les réserves des nappes en milieu aride

Durant ces dernières années de sécheresse, la pression sur les nappes a augmenté au Maroc, mettant en péril la disponibilité de cette ressource déjà impactée par la diminution de la recharge naturelle, en raison d’un réchauffement climatique qui s’installe progressivement dans le pays.

La 19ᵉ édition du Congrès international de l’eau, organisée du 1ᵉʳ au 5 décembre 2025 à Marrakech, a constitué une opportunité majeure d’échange entre les décideurs, les gestionnaires et la communauté scientifique pour chercher les solutions durables pour la préservation de l’eau, une ressource vouée à se raréfier face à l’intensification des phénomènes extrêmes.

En marge d’un panel dédié à la bonne exploitation des nappes, les directeurs des agences des bassins de Sakia El Hamra-Oued Ed-Dahab, Guir-Ziz-Ghéris et Moulouya ont exposé leurs plans d’adaptation pour optimiser l’exploitation durable de leurs nappes.

Pour ces trois territoires situés dans des milieux arides à hyperarides, l’eau souterraine n’est pas un complément, c’est le sang vital qui irrigue leur vie et leur développement.

À partir de 2026, substitution totale de la nappe de Dakhla par les eaux non conventionnelles

La nappe de Dakhla est une nappe multicouche dont le volume stocké pourrait dépasser 200 milliards de mètres cubes, d’après les études historiques basées principalement sur des forages pétroliers.

Elle sert à l’alimentation en eau potable des villes de Smara et Dakhla, à l’abreuvement du cheptel en milieu rural, et essentiellement à l’irrigation des projets agricoles dans les zones de Dakhla, Jraifia et Boujdour. Elle alimente également des projets touristiques en front de mer à Dakhla, ainsi que des activités industrielles halieutiques.

L’eau de cette nappe se caractérise par des débits artésiens quasi stables pouvant atteindre 120 litres par seconde, une température pouvant atteindre 83°C en profondeur et une salinité qui varie fortement, passant de 0,8 gramme par litre à l’est à plus de 10 grammes par litre sur le littoral.

Sur le plan hydrique, la situation de cette nappe est stable mais en même temps fragile. Les sorties annuelles totales (prélèvements de 46 millions de mètres cubes et écoulement vers la mer de 56 millions de mètres cubes) excèdent significativement la recharge naturelle moyenne (50 millions de mètres cubes), ce qui entraîne un déficit.

Bien que la pression sur la nappe ne soit pas encore critique, les décideurs ont fait le choix proactif de mobiliser des ressources non conventionnelles pour soutenir le développement agricole sans impacter l’aquifère.

Soutenu par un investissement de 560 millions de dollars, ce projet repose sur un système de management intégré incluant toutes les parties prenantes.

Cet investissement prévoit notamment la réalisation d’une station de dessalement destinée à sécuriser l’alimentation en eau potable de la ville, l’irrigation de 5.200 hectares de projets agricoles programmés ainsi qu’un projet de réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts.

À partir de 2026, il permettra de substituer 55 millions de mètres cubes par an de la nappe avec une tarification qui varie entre 2 centimes jusqu’à 2 dirhams le mètre cube selon la quantité consommée.

Afin de garantir la gestion durable de ses ressources, plusieurs mesures ont été décidées pour une approche intégrée :

Limitation des superficies irriguées à 15.000 hectares pour préserver la nappe de Meski-Boudnib 

Située dans la région d’Errachidia, la nappe de Meski-Boudnib est la principale ressource en eau souterraine du bassin du Guir-Ziz-Ghriss et sert principalement à l’irrigation des palmeraies dans cette région du Sud-Est.

Son exploitation s’effectue dans le cadre d’une gestion participative, via un contrat de nappe signé en 2022.

En 2024, l’évaluation réalisée par l’agence de bassin a révélé que le nombre de points de prélèvement dépasse désormais les 600 forages et que la superficie irriguée excède 13.000 hectares, avec une baisse moyenne du niveau piézométrique comprise entre 1 et 1,7 mètre par an sur la période 2016‑2024.

Cette situation accroît le risque de surexploitation de l’aquifère, d’autant que les besoins en eau pour l’irrigation sont essentiellement couverts par les eaux souterraines.

Pour l’Agence du bassin Guir-Ziz-Ghris, le scénario optimal retenu dans le cadre du contrat de nappe de Meski-Boudnib plafonne la superficie irriguée à 15.000 hectares. Il privilégie une gestion intégrée des ressources, combinant eaux souterraines et eaux de surface (issues du barrage Kaddoussa et du futur barrage Kheng Grou).

Avec des prélèvements fixés à 60 millions de mètres cubes par an (soit une dotation d’environ 8.000 m³/ha/an), cette option garantit le meilleur équilibre entre la pérennité des investissements agricoles et la sauvegarde de l’aquifère. Elle permet de contenir la baisse du niveau de la nappe entre 10 et 40 mètres à l’horizon 2050.

Finalisation du contrat de gestion participative de la nappe de Aïn Beni Methar

Concernant la nappe de Beni Methar, il s’agit d’un aquifère fossile, mais de bonne qualité, qui constitue la seule ressource en eau de la province de Jerada. Sa salinité varie entre 0,5 et plus de 2 grammes par litre, et sa profondeur s’étend de 50 à 800 mètres.

Lors de la crise hydrique qu’a connue le bassin de la Moulouya à partir de 2021, cette nappe a fait l’objet d’une étude en vue de son raccordement au réseau d’eau potable pour approvisionner les systèmes d’Oujda et de Taourirt.

Le bilan hydrique de la nappe d’Aïn Béni Methar est actuellement déficitaire. Avec des apports moyens de 61 millions de mètres cubes et des prélèvements de 72 millions de m3 (destinés à l’eau potable et à l’irrigation), il accuse un déficit de 11 millions de mètres cubes. Ce déséquilibre entraîne une baisse continue du niveau piézométrique, à un rythme pouvant atteindre 0,4 mètre par an depuis l’an 2000.

Face à cette situation, l’agence du bassin de Moulouya a interdit, en 2024, tout nouveau forage dans la zone artésienne. Cette mesure vise à préparer la mise en place d’un contrat de gestion participative et à limiter l’impact d’une baisse de la nappe dont le rythme dépasse désormais la vitesse normale.

Actuellement en cours de validation et de signature, ce nouveau contrat repose sur deux axes majeurs pour préserver la nappe d’Aïn Beni Methar :

De la théorie à la pratique : comment la science peut sauver nos eaux souterraines

La succession de sept années de sécheresse a démontré le rôle important de la science dans la recherche de solutions durables, tant pour la préservation de la ressource en eau que pour le développement de pratiques agricoles résilientes.

Des travaux se sont notamment concentrés sur la zone de la nappe du Haouz, qui subit également une pression hydrique extrême. Cette pression est principalement due à une irrigation intensive et à la diminution de ses sources de recharge naturelles.

Ces recherches, initiées par l’Office régional de mise en valeur agricole du Haouz (ORMVAH), puis poursuivies en collaboration avec l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), avaient pour objectif d’évaluer le bilan hydrique du bassin et de modéliser l’impact de différentes stratégies agricoles et de gestion de l’eau sur la durabilité de la ressource.

Les chercheurs ont utilisé la plateforme de modélisation WEAP couplée au modèle hydrogéologique MODFLOW pour évaluer la nappe du Haouz, réalisant ainsi des simulations qui ont permis de comparer plusieurs scénarios.

Scénario 1 (2025-2040) – Business as usual : le statu quo mènera à une augmentation des surfaces sèches (d’après El Mezouary et al., 2025).

 

Scénario 2 (2025-2040) – Impact isolé du changement climatique selon le RCP 4.5 : extension des zones sèches et diminution de la nappe (d’après El Mezouary et al., 2025).

 

Scénario 3 (2025-2040) – Impact du changement climatique et l’extension agricole : extension des zones sèches et diminution de la nappe (d’après El Mezouary et al., 2025).

 

Scénario 4 (2025-2040) – Impact du changement climatique et de la réduction de 25 % des activités agricoles : la nappe pourra se régénérer et les zones sèches se réduiront progressivement (d’après El Mezouary et al., 2025).

Dans un scénario de statu quo (Business as Usual), qui prolonge les pratiques de gestion actuelles (telles qu’observées en 2024), la tendance à l’épuisement de la nappe se poursuivrait de façon dramatique. Le stock d’eau souterraine continuerait à diminuer, conduisant à un assèchement progressif mais inéluctable de certaines parties de l’aquifère, année après année.

À l’inverse, un scénario supposant une réduction de l’ordre de 25% des surfaces agricoles irriguées ou une meilleure délimitation de ces périmètres montrerait une inversion de tendance. Les zones d’assèchement commenceront à se résorber, permettant à la nappe de se régénérer et d’entamer une lente remontée de son niveau.

Tout ce qu’il faut savoir sur la recharge des eaux souterraines

Les dernières fortes précipitations enregistrées au Maroc ont été bénéfiques à plus d’un titre. En plus d’augmenter les réserves des barrages et d’irriguer les terres agricoles, ces eaux tombées du ciel ont également réussi à se frayer un chemin vers les entrailles de la terre, afin de recharger les ressources stratégiques que sont les nappes phréatiques.

Ce processus est déterminant pour la pérennité des aquifères, notamment au vu de la surexploitation à laquelle ils font face. Mais comment se déroule-t-il ? Quels sont les facteurs qui l’influencent ? La recharge artificielle des nappes est-elle efficace ? Réponses du professeur Mohammed Hssaisoune, docteur en géologie, spécialité hydrogéologie-géophysique, de l’Université Ibn Zohr à Agadir.

130 nappes inventoriées dans le sous-sol du Royaume

Le phénomène de recharge est aussi important que ses spécificités sont peu connues. Intervenant à chaque fois qu’il pleut ou qu’il neige, il consiste en une infiltration des eaux « à travers les sols perméables jusqu’à la zone dite non saturée, située entre la surface du sol et le niveau piézométrique de la nappe. Ces eaux atteignent ensuite la nappe phréatique pour la recharger », explique le Pr Mohammed Hssaisoune. 

« Ces eaux s’écoulent à travers les couches géologiques pour alimenter notamment des sources dans les zones montagneuses ou des rivières« , ajoute-t-il.  

Selon la Direction de la recherche et de la planification de l’eau (DRPE), les eaux souterraines du Maroc sont contenues dans 130 nappes: 

– 98 nappes superficielles ; 

– 32 nappes profondes (plus de 1.000 mètres de profondeur).

Lorsque la météo est clémente, le Maroc peut recevoir jusqu’à 40 milliards de m3 de pluviométrie chaque année. Mais ce chiffre est théorique, d’autant que le pays n’a plus reçu autant de pluie depuis des décennies. Dans les faits, d’après Nizar Baraka, le ministre de l’Equipement et de l’eau, seulement 5 milliards de mètres cubes d’eau ont été enregistrés lors des dernières années de sécheresse.

Cela dit, en tenant compte du chiffre théorique de 140 milliards, la DRPE estime que sur ce total pluviométrique, 22 milliards de m3/an sont captés sous forme :

– d’eaux de surface (oueds, fleuves, lacs, barrages) : jusqu’à 18 milliards de m3/an ; 

– d’eaux souterraines : jusqu’à 4 milliards de m3/an viennent recharger les nappes phréatiques.

A cet effet, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. A commencer par la topographie et la surface de la terre. « Plus les terrains sont plats, plus le temps de contact entre l’eau et le sol est important. En conséquence, l’infiltration est plus grande », indique le Pr Mohammed Hssaisoune. On note toutefois que les zones montagneuses sont plus propices à la recharge des nappes du fait qu’elles reçoivent plus de précipitations et de neiges. C’est d’ailleurs au nord et au sud du Haut Atlas que sont localisées les grandes nappes du Maroc (nappes du Souss, Ouarzazate, Al Haouz, Tadla, Errachidia).

Types de sol, géologique, couvert végétal…

Le type de sol est aussi un facteur à prendre en considération. En toute logique, un sol perméable augmente les chances d’infiltration. En ce sens, des sols sableux et avec des graviers permettent davantage d’infiltration que ceux argileux et marneux. « Dans le Haut Atlas, il y a une partie totalement couverte par les argiles, notamment entre Marrakech et Agadir, donc l’infiltration y est très faible. À l’inverse, entre Aoulouz et le nord de Taroudant, les terrains sont calcaires, marno-calcaires et fracturés, ce qui plaide en  faveur de l’infiltration », affirme le Pr Mohammed Hssaisoune. 

En plus de la géologie qui représente également un facteur déterminant car la composition des formations géologiques du sous-sol peuvent affecter la recharge des nappes en influençant la perméabilité, la végétation joue elle aussi un rôle primordial.

« Les racines des plantes et le couvert végétal de manière générale participent activement à l’infiltration des eaux vers les nappes phréatiques car elles conduisent à la formation des fractures dans le sol, en créant des chemins pour l’eau », assure-t-il, mettant aussi en avant l’activité tectonique comme un élément majeur dans ce processus de recharge. 

Concrètement, les mouvements tectoniques créent des fractures et des fissures dans la roche qui permettent l’infiltration. « C’est ce qui s’est passé lors du tremblement de terre du Haut Atlas, où l’on a constaté l’apparition de nouvelles sources et la disparition d’autres. C’est principalement dû à ce réseau de fissures créées par l’activité tectonique », précise l’expert.

Enfin, c’est la température qui entre en ligne de compte. Dans les zones à climat arides et sahariens, comme dans le sud du Haut Atlas, même s’il y a de la pluie, une partie est perdue via le processus d’évaporation et d’évapotranspiration. Cela réduit par conséquent la quantité d’eau disponible pour la recharge des nappes. 

Sachant que durant les cinq dernières années, le Maroc a subi une sécheresse sévère, ce paramètre est plus que jamais d’actualité. La hausse des températures de +1°C en 2021-2022 et +1,8°C en 2022-2023 par rapport à la période 1981-2010 (30 années de référence), a induit un réchauffement qui fait perdre au Maroc 1,5 million de m3 d’eau par jour, sous l’effet de l’évaporation.

Des activités humaines aux conséquences néfastes 

Outre le réchauffement climatique, les activités humaines affectent également la recharge des nappes phréatiques. « L’urbanisation (bâtiment, trottoir, routes) augmente la surface imperméable et n’aide pas l’infiltration de l’eau vers la nappe, ce qui limite la recharge ».

La déforestation n’est pas non plus sans effet sur cette recharge puisqu’elle réduit le couvert végétal perméable.

De surcroît, « la mauvaise gestion des eaux pluviales comme l’élimination des eaux de surface par les égouts jouent contre la recharge des nappes », prévient le Pr Mohammed Hssaisoune. « Une contamination des cours d’eau par des substances toxiques, des déchets industriels ou des eaux usées non traitées, diminue la qualité de l’eau et rend les aquifères moins propices à la recharge ou polluées. » D’ailleurs, 31% des eaux souterraines sont affectées par la pollution humaine et la dégradation naturelle. 

Dans ce paysage, la surexploitation des nappes à cause de l’extraction excessive n’est pas moins impactante. « Si l’on a une recharge insuffisante en plus d’une surexploitation, il y a un déficit et un épuisement de la nappe, comme à Sidi Guerdane, dans le Souss », avance-t-il. À l’échelle nationale, la surexploitation des eaux souterraines dans le pays est estimée par la DRPE à 1,11 MMm3/an

La recharge artificielle, une bonne pratique à entretenir   

Dans l’optique d’inverser la tendance, il convient de déterminer les signes d’une nappe phréatique qui s’épuise. Généralement, il est possible d’en avoir le cœur net en analysant les fluctuations du niveau piézométrique. « Si l’on a des fluctuations du niveau piézométrique mais avec une tendance horizontale, dans ce cas, la nappe est en bon état. Au contraire, si la baisse est continue malgré les fluctuations, alors nous avons affaire à une nappe dégradée et qui s’épuise », décrit le Pr Mohammed Hssaisoune.

Par la suite, il s’agit d’activer des plans d’actions pour réussir à rehausser ce niveau piézométrique et éviter l’apparition de phénomènes aux sérieuses conséquences, dont l’affaissement des sols et l’intrusion marine. Parmi les solutions appliquées, des contrats de nappes pour assurer une gestion efficace des eaux souterraines, à travers l’installation de compteur mais aussi la recharge artificielle des eaux souterraines.   

« C’est une bonne pratique qui consiste à augmenter la quantité d’eau qui s’infiltre vers la nappe. Elle peut s’effectuer soit par l’injection directe avec de la pression pour forcer l’eau à s’infiltrer, en l’occurrence des eaux usées traitées qui subissent d’autres traitements naturels via les formations géologiques et les sols notamment », indique le docteur en géologie. 

En sus, les barrages collinaires ou de plus grande taille sont également très utiles pour recharger artificiellement les nappes. « Dans le Souss, une expérience a été lancée dans les années 1990, représentée par des lâchers d’eau à partir des retenues d’eau artificielles d’Aoulouz et de Mokhtar Soussi », se souvient-il.  

Une maintenance des seuils de rétention pour une meilleure infiltration 

Menée à différentes périodes par l’Agence du bassin hydraulique (ABH) de Souss-Massa, cette expérience devait notamment permettre à l’eau de s’infiltrer tout au long de l’Oued Souss, principalement dans la zone de Sidi Guerdane, où la baisse du niveau piézométrique de la nappe est prononcée. 

Si d’autres expérimentations de ce type ont été réussies dans le Royaume, l’objectif n’a pas vraiment été atteint dans le Souss, « car l’amont de l’oued Souss est très perméable, principalement entre Taroudant et Aoulouz. Plus de la moitié des eaux lâchées se sont infiltrées dans cette zone, surtout entre Ouled Berhil et Aoulouz. Donc l’eau n’a pas vraiment atteint Sidi Guerdane« , déplore l’expert.  

Pour ce qui est des méthodes de recharge artificielles dites indirectes, on peut citer les barrières souterraines au niveau des berges des oueds, en creusant des tranchées et des tunnels pour stocker l’eau et favoriser l’infiltration. Mais encore, des seuils de rétention au niveau des fleuves qui augmentent le contact entre l’eau et le sol, menant à une infiltration plus importante. 

Néanmoins, cette dernière solution nécessite un suivi minutieux pour en exploiter les avantages. Pour preuve, des seuils de rétention ont été construits tout le long de l’oued Souss, « mais la gestion n’est pas appropriée par rapport à la structure de recharge. Ces seuils doivent être entretenus avec une maintenance et des réparations, car ils sont endommagés par endroits », souligne le Pr Mohammed Hssaisoune.   

« On devrait éliminer les particules fines qui se sont déposées après chaque crue à la surface des seuils pour favoriser l’infiltration, sinon il n’y aura plus d’infiltration. Une mise œuvre de manière appropriée et intégrée de cette gestion rendra encore plus efficace le processus de recharge artificielle afin de restaurer et de maintenir le niveau d’eau souterrain », conclut-il.

Séisme. Comment expliquer l’apparition de nouvelles sources d’eau

Au cœur des débris et de l’indicible détresse des populations, de l’eau douce s’est frayée un chemin à travers la montagne. D’autres sources qui étaient quasiment taries ont vu leur débit augmenter. C’est notamment le cas dans le village de Ait Yahya, relevant de la commune de Ouneine. Même chose du côté du village de Tighitcht.

Selon un chercheur contacté par Médias24, les explications les plus probables sont les suivantes :

« Quand il pleut ou neige dans les zones montagneuses, il y a une accumulation d’eau qui s’infiltre dans la roche. Dans la montagne, il y a parfois des hétérogénéités ; une zone où l’eau qui s’infiltre peut rester confinée ».

« Lorsqu’il y a une activité tectonique comme un séisme, cela provoque des discontinuités géologiques et la fissure de la formation où l’eau est confinée. Cette fracturation à petite ou grande échelle crée un chemin d’écoulement de l’eau. »

« Dans le cas des sources dont le débit a augmenté, c’est grâce à l’interconnexion entre l’apparition de nouvelles sources et celles déjà existantes. »