Neo Dial-E de Neo Motors: troublantes analogies avec des modèles chinois, Belkhayat s’explique

La présentation de la nouvelle voiture électrique Dial-E de Neo Motors, lors de la 3ᵉ Journée nationale de l’industrie, tenue les 3 et 4 novembre et placée cette année sous le signe du Made in Morocco, a suscité un vif débat et placé l’entreprise marocaine sous le feu des critiques.

Plusieurs internautes affirment, images à l’appui, que le modèle marocain n’est en réalité qu’une copie d’un véhicule chinois déjà commercialisé en ligne. Des images circulant sur diverses plateformes montrent en effet des modèles très similaires, proposés à des prix nettement inférieurs au tarif annoncé par Neo Motors, qui est de 100.000 DH.

Une rapide recherche révèle que la Dial-E présente une ressemblance frappante avec plusieurs petites voitures électriques chinoises.

Le modèle Goxy, par exemple, partage presque les mêmes dimensions et la même structure.

Sur le site Made-in-China, des véhicules de la société Yiwu Gaoyue Trading Company affichent également un design et des caractéristiques quasi similaires.

De même, la Today Sunshine M1, produite par Haikou Jinlianrun International Technology Co. Ltd, affiche une conception presque identique à celle de la Neo Dial-E.

Le parallèle ne s’arrête pas là. La capacité de production annuelle annoncée par Neo Motors pour la Dial-E, soit 10.000 unités, correspond exactement à celle déclarée par Yiwu Gaoyue Trading Company pour son propre modèle vendu bien moins cher.

Selon les sources de Neo Motors, le projet marocain « s’appuie sur un travail d’adaptation et de remanufacturation à partir de modèles existants, selon des procédés d’ingénierie inverse ».Le projet repose sur un processus d’adaptation industrielle plutôt que sur un développement intégral à partir d’une feuille blanche L’entreprise affirme avoir revu et modifié de nombreuses pièces pour atteindre les standards européens en matière de sécurité et d’électronique. Cette distinction est importante selon Neo Motors, car la plupart des modèles chinois auxquels la Dial-E est comparée « ne disposent pas de certification européenne et ne peuvent donc pas être exportés ». La plupart, mais pas tous ? Nous n’avons pas pu vérifier cette affirmation.

La version « produite » au Maroc, en tous les cas, a obtenu cette homologation selon le fabricant, ce qui lui permet d’être vendue sur le marché européen. C’est ce « saut réglementaire et technologique » que Neo Motors revendique comme la véritable valeur ajoutée du projet.

Une remanufacturation à la marocaine

Contacté par Médias24, Nassim Belkhayat, PDG de Neo Motors, reconnaît « l’inspiration initiale venue de Chine » mais récuse toute idée de plagiat. Selon lui, il s’agit d’une « mise à niveau industrielle et technologique », destinée à adapter un concept existant aux standards de qualité et de sécurité européens.

« Dans notre cas, Neo Motors a étudié plusieurs architectures existantes afin de reproduire, adapter et, surtout, remettre à niveau certaines pièces pour répondre aux exigences de l’homologation européenne (catégorie L7e-CU). Ce processus a nécessité des ajustements techniques profonds : châssis, sécurité, électronique embarquée, compatibilité électromagnétique, etc. », explique-t-il.

Au-delà de la question du design ou de l’inspiration, le dirigeant met en avant « le saut qualitatif réalisé par l’entreprise sur le plan réglementaire et technique ». Selon lui, Neo Motors ne se limite pas à assembler un modèle existant, mais revendique un « véritable processus d’ingénierie » destiné à garantir la conformité aux standards internationaux.

« La différence fondamentale avec de nombreux véhicules chinois, souvent cantonnés à leur marché domestique faute de certification, c’est que nos modèles sont certifiés et exportables en Europe. Nous avons atteint un niveau de conformité reconnu, ce qui place le Maroc comme le premier pays africain à obtenir cette homologation », souligne Nassim Belkhayat.

Sur le plan industriel, Neo Motors met en œuvre un processus d’intégration progressive des composants fabriqués sur le territoire marocain, « allant bien au-delà du simple assemblage ». Cette stratégie, selon son dirigeant, vise à consolider « une véritable chaîne de valeur nationale » autour de la mobilité électrique.

« La batterie et son BMS sont produits et codés au Maroc, ainsi que la sellerie, les faisceaux, les freins, le set de verre, ce qui renforce la valeur locale et l’intégration industrielle nationale. L’ensemble du véhicule est désormais assemblé à Aïn Aouda, près de Rabat, dans notre unité de production », précise notre interlocuteur.

« Ce que nous faisons n’est donc pas de l’imitation, mais une remanufacturation intelligente, un travail d’ingénierie inversée maîtrisée et adaptée aux standards internationaux. C’est un pas de plus vers une véritable autonomie technologique marocaine dans la mobilité électrique », conclut-il.

En conclusion, Neo Motors a révélé pendant les journées de l’industrie un véhicule dont le design n’est pas original, remanufacturé et assemblé au Maroc. Cependant, il est encore loin de pouvoir prétendre au label Made in Morocco, lancé lors du même évènement et qui met des critères stricts à cette appellation désormais réglementée, exigeant au moins 40% de contenu local.

NEO Motors livre ses premiers véhicules aux FAR

Dans une publication sur LinkedIn, Nassim Belkhayat, fondateur et PDG de NEO Motors, a souligné l’importance de cette livraison, rappelant que l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de développement de l’industrie automobile au Maroc. Il a également mis en avant la reconnaissance royale dont a bénéficié le projet lors de sa réception par le roi Mohammed VI, le 15 mai 2023.

Concernant l’implication des FAR, il a affirmé que « le choix des FAR d’accompagner cette dynamique industrielle en étant les premiers à nous faire confiance est un honneur et une responsabilité », ajoutant que cela témoignait de leur « rôle précurseur dans le développement et la consolidation d’une industrie marocaine innovante et tournée vers l’avenir ».

Nassim Belkhayat a exprimé sa gratitude aux FAR, estimant que cette collaboration envoyait « un signal fort à l’ensemble de l’écosystème industriel national ».

NEO Motors a par ailleurs exprimé sa gratitude au ministère de l’Industrie et du commerce pour son accompagnement dans le développement de la marque.

Lancement officiel de la commercialisation des voitures NEO

Le constructeur marocain NEO Motors a organisé ce vendredi 1er décembre à son siège social à Ain Aouda, en présence du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, la cérémonie de remise symbolique des premiers véhicules NEO à leurs propriétaires, lit-on dans un communiqué du ministère de l’Industrie et du commerce.

Cette étape historique pour l’industrie automobile marocaine et pour NEO Motors marque officiellement le lancement de la commercialisation des véhicules NEO auprès du grand public, précise le communiqué.

Cet événement a également donné lieu à la signature entre NEO Motors, le ministère de l’Industrie et du commerce et l’OFPPT d’une convention visant à accompagner l’évolution et le développement en compétences de la société, par la préparation et la formation de ressources humaines qualifiées, en adéquation avec les besoins exprimés.

« En outre, des accords ont été signés avec des partenaires clés, offrant des avantages significatifs de nature à encourager la mobilité des jeunes entrepreneurs qui veulent s’offrir la NEO. Ainsi, le Crédit agricole du Maroc (CAM) et les organismes de financement Sofac, Maghrebail et Maroc Leasing offrent des conditions préférentielles aux jeunes entrepreneurs. L’accord conclu avec Speedy Maroc permet, quant à lui, de proposer des services d’entretien de proximité, conformes aux normes du constructeur », ajoute-t-on.

Lors de cet événement, NEO Motors a inauguré le lancement des travaux d’extension de son usine, révélant ainsi de nouvelles ambitions visant à accroître sa capacité installée et à développer de nouvelles gammes de véhicules, conclut le communiqué.

https://medias24.com/2023/11/09/nassim-belkhayat-nous-voulons-faire-de-la-neo-la-voiture-du-peuple/