Nettoiement à Casablanca : le marché pour le choix des nouveaux délégataires lancé d’ici début 2026
Le nouveau cahier des prescriptions spéciales (CPS) du futur marché de nettoiement à Casablanca a atteint un stade avancé. Il devrait être examiné au cours du mois de novembre, lors d’une session extraordinaire du conseil de la ville, selon une source communale.
Ce document fait toutefois polémique. Le PJD déplore l’opacité sur ce dossier, alors que le conseil de la ville assure avoir tenu des rencontres avec presque tous les gouverneurs et présidents d’arrondissements concernés par ce sujet, et que d’autres réunions sont encore prévues avec les syndicats et les élus, afin d’atteindre le consensus.
« Le nouvel appel d’offres pour la gestion du nettoiement à Casablanca sera lancé d’ici début 2026 »
Dans un post Facebook en date du 7 novembre, Abdessamad Haikar, élu de l’opposition au conseil de la ville de Casablanca, et ex-président dudit conseil, a déploré le fait que le PJD n’ait pas été inclus dans le processus d’examen du nouveau CPS de nettoiement à Casablanca.
« Malheureusement, nous n’avons connaissance ni de la session extraordinaire [prévue en ce mois de novembre, ndlr] ni du processus d’élaboration de ce contrat », a-t-il écrit, soulignant que « le précédent contrat était le résultat d’études, ainsi que de l’organisation d’un forum auquel ont participé le wali et les gouverneurs des préfectures de Casablanca, aux côtés des élus, présidents et membres, ainsi que des associations de la société civile et des universitaires. Ensuite, des consultations ont été menées au niveau des arrondissements afin d’impliquer leurs conseillers, suivies d’un appel public pour recueillir remarques et propositions ».
Contacté par nos soins, Moulay Ahmed Afilal, vice-président du conseil de la ville chargé du nettoiement, nous assure avoir tenu des réunions, depuis une vingtaine de jours, avec un ensemble de responsables concernés par ce dossier.
« Les contrats qui nous lient actuellement aux sociétés chargées du nettoiement dans la métropole se terminent en mai 2026. Nous sommes donc obligés de commencer à préparer le nouveau CPS, et de lancer un appel d’offres d’ici le début d’année prochaine, pour choisir les nouveaux délégataires », nous explique notre interlocuteur. Autrement, si la commune enregistre un retard dans ce processus, ce service pourrait se retrouver à l’arrêt.
Des réunions tenues avec la majorité des préfectures, d’autres sont prévues
Pour ce faire, le vice-président enchaîne les réunions. « Cela fait environ vingt jours que je fais le tour des préfectures. Je me suis réuni avec les gouverneurs et présidents d’arrondissement de chaque préfecture, en présence des pachas et caïds, puisque chacune a ses spécificités », nous explique Moulay Ahmed Afilal.
« Il ne me reste que trois préfectures, à savoir Hay Hassani, Ben M’sick et Anfa. Pour cette dernière, un nouveau gouverneur vient d’être nommé, et son prédécesseur a souhaité qu’il assiste aux réunions avec nous ». Il s’agit de Abdelkhalek Marzouki, nommé début novembre gouverneur de la préfecture des arrondissements de Casablanca-Anfa par le Roi Mohammed VI.
De plus, « pour préparer ce CPS, nous avons lancé un appel d’offres en mai dernier pour la réalisation d’une étude de faisabilité pour la gestion déléguée du service public de collecte des déchets ménagers et assimilés et de nettoiement des voies et des places de la métropole, lequel a été remporté par le bureau d’études Nareva« , ajoute notre interlocuteur.
Cette étude a pour objectif d’identifier les dysfonctionnements des contrats actuels, conclus en 2019 avec Averda et Arma (qui avait remplacé Derichebourg après son départ du Maroc), les points noirs et les axes d’amélioration, afin d’élaborer un nouveau CPS plus adapté aux besoins de la ville.
« Ainsi, au démarrage des réunions avec chaque préfecture, le CPS actuel était présenté ainsi que les problématiques qu’il connaît, avant d’entamer le débat, et d’écouter chaque responsable sur le sujet, notamment les gouverneurs, les présidents d’arrondissements, les pachas et caïds ».
« Dans certaines préfectures, nous avons également connu la participation de la société civile, pour n’exclure personne », souligne notre source.
« Une fois que les réunions avec les préfectures restantes seront achevées, nous entamerons des rencontres avec les syndicats pour prendre en considération les remarques des représentants d’ouvriers, avant de passer aux élus de la ville, afin d’atteindre un consensus sur les dispositions que devra contenir le nouveau CPS ».
« La dernière étape serait éventuellement de réunir tous les gouverneurs de la ville en même temps, pour revenir sur ces dispositions point par point », nous explique Moulay Ahmed Afilal. « Lorsque toutes les réunions prendront fin, le nouveau CPS sera élaboré, qui prendra en considération les besoins de la ville, ainsi que les remarques et interventions de chacun des membres consultés. Celle-ci sera examinée en session extraordinaire, prévue par le conseil en ce mois de novembre ».
Des propositions d’amélioration à l’examen
D’après notre source, l’étude de faisabilité réalisée par Novec a donné lieu à différentes propositions d’amélioration du service.
« Parmi les problèmes rencontrés actuellement, en particulier par Arma, les difficultés à disposer de lieux pour déposer le matériel. Les gouverneurs refusent que les parcs de matériel soient maintenus à l’intérieur des zones villas. Novec a donc proposé d’aménager certains points noirs. Ce sont des petits terrains de 20 à 25 m², mal entretenus dans certaines préfectures, qui peuvent être aménagés en espaces verts. Le bureau d’études propose également d’y aménager, en sous-sol, des vestiaires pour les ouvriers ou encore des parcs pour y déposer le matériel quotidien ».
Les élus exigent, quant à eux, une amélioration du service, notamment en termes de balayage, de nettoiement des bacs, avec davantage de passages. Ils réclament également plus de sensibilisation et de contrôle.
Une proposition intéressante a été avancée par la ville dans ce sens : la mise en place d’un système de surveillance par caméras, permettant notamment de sanctionner les situations de non-respect de la propreté. Il s’agit d’un projet ambitieux, encore au stade de proposition, mais dont la mise en œuvre reste complexe, dans la mesure où les caméras actuellement installées dans le Grand Casablanca sont sous le contrôle de la police.
À suivre…

