L’AES rappelle ses ambassadeurs en Algérie

Cette décision intervient suite à l’abattage d’un drone malien par l’Algérie alors que cet appareil survolait la frontière entre les deux pays du côté du Mali.

Dans un communiqué conjoint publié par le collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), ce collège exprime « sa vive condamnation suite à l’abattage d’un drone malien par l’Algérie ».

« Considérant cet acte comme une agression envers l’ensemble de l’espace confédéral, l’AES a décidé de rappeler ses ambassadeurs en poste à Alger », poursuit la même source.

Cette décision marque une escalade dans les tensions entre l’AES et l’Algérie, soulignant les préoccupations sécuritaires et territoriales partagées par les pays membres de l’alliance.

Football. Le Maroc s’impose difficilement face au Niger mais assure l’essentiel (2-1)

Comme ce fut le cas ce vendredi 21 mars au stade d’honneur d’Oujda, on signerait sans hésiter si le Maroc l’emportait à chaque fois dans les arrêts de jeu, tant que la victoire est au bout. Mais le but libérateur de Bilal El Khannouss face au Niger (2-1) a autant mis en lumière le coaching gagnant de Walid Regragui et de son staff que les difficultés rencontrées par ses hommes.

Car si les Lions de l’Atlas devaient à chaque fois attendre les derniers instants du match pour venir à bout de leur adversaire, ils iraient au-devant de grandes désillusions. Cela dit, il faut également souligner la combativité du Onze national, qui n’a rien lâché, même après avoir concédé l’ouverture du score au retour des vestiaires, par l’intermédiaire du Nigérien Youssef Oumarou (47’).  

Heureusement que le staff du sélectionneur national, n’a pas fait dans la dentelle pour apporter du sang neuf à un collectif mené, afin de rapidement recoller au tableau d’affichage, grâce à Ismail Saibari, l’un des trois joueurs lancés à l’heure de jeu.

Un début de match pied au plancher

Offensivement, articulés autour d’un 4-4-2, avec deux milieux excentrés sur le papier mais évoluant majoritairement à l’intérieur du jeu, les Lions de l’Atlas avaient entamé la rencontre pied au plancher, confisquant rapidement le ballon.

Soufiane Rahimi a failli ouvrir le score dès la première minute, après un numéro de Eliesse Ben Seghir sur le côté droit, mais l’attaquant marocain a trop enlevé sa frappe.

Sans complexe, les Nigériens ont immédiatement répliqué, obligeant Yassine Bounou à s’interposer sur une action rondement menée.

Comme attendu, les Marocains ont dirigé leur pressing vers l’axial droit adverse afin de le contraindre à allonger. Toutefois, le Onze national s’est montré friable dans la récupération des seconds ballons, concédant ainsi plusieurs situations dangereuses. La maîtrise initiale a progressivement laissé place à une surprenante fébrilité technique.

Il a fallu attendre un missile de Nayef Aguerd s’écrasant sur la barre transversale, suivi d’une volée de Eliesse Ben Seghir frôlant le cadre (14’), pour voir les Lions de l’Atlas retrouver un semblant de dynamisme. Mais ce regain d’énergie n’a pas suffi à corriger un manque de justesse technique dans les petits espaces, entraînant des pertes de balle dans des zones à risque et offrant aux attaquants du Niger des opportunités en profondeur. 

Au fil des minutes, le contre-pressing marocain s’est avéré de plus en plus inefficace. Ce léger retard à la perte du ballon a permis aux Mena de ressortir proprement et de se projeter vers l’avant. La physionomie de cette première période aurait pu être toute autre si la défense adverse n’avait pas privé Youssef En-Nesyri d’un but tout fait, après une remise intelligente de Soufiane Rahimi (43’). 

Ce dernier, le Lion de l’Atlas le plus en vue du premier acte, a incarné à lui seul les quelques éclairs dans une organisation offensive globalement défaillante, où Azzedine Ounahi a quasiment raté tout ce qu’il avait tenté. Au retour des vestiaires, le Niger a logiquement validé sa bonne première mi-temps en ouvrant le score suite à une tête suivie d’un tir à bout portant de Yousouf Oumarou (47′), qui n’a laissé aucune chance à Yassine Bounou. 

Walid Regragui n’a pas hésité à changé trois joueurs d’un coup

Trop peu influent et dominé physiquement, Brahim Diaz a pour une fois été quelque peu absent des débats. Il a été toutefois à l’origine des deux buts marocains. Aux antipodes d’Eliesse Ben Seghir qui s’est démené tout au long de la rencontre, malgré un déchet important. Il a d’ailleurs été à l’origine de la première vraie occasion dangereuse en seconde mi-temps, sur un tir difficilement repoussé par le portier, Mouhamadou Tanja. 

Face à l’apathie de ces attaquants, Walid Regragui n’a pas hésité à changé trois joueurs d’un coup à l’approche de l’heure de jeu, en lançant Ismail Saibari, Abdessamad Ezzalzouli et Bilal El Khannouss, à la place de Azzedine Ounahi, Eliesse Ben Seghir et Soufiane Rahimi. Le technicien marocain a eu le nez fin, puisque son coaching a été rapidement validé par I. Saibari, qui a coupé au second poteau un centre de Brahim Diaz, prolongé par la tête de Youssef En-Neysiri, qui a été crédité d’une passe décisive sur le coup (60’). 

Le but égalisateur a également mis en relief l’entrée dynamique de Bilal El Khannouss, dont la précision et la rapidité des transmissions a fait du bien et a participé à l’accélération de la circulation des transmissions de l’équipe nationale, qui a délaissé son animation offensive à deux attaquants de pointe pour retrouver une organisation à un avant-centre et deux ailiers purs, plus conforme à l’aptitude de ses joueurs offensifs. 

Plus à l’aise dans cette configuration, Youssef En-Neysiri était à deux doigts de donner l’avantage à ses coéquipiers, mais l’avant-centre de Fenerbahçe a étonnamment raté son face-à-face avec le dernier rempart Nigérien (83’), certainement par manque de lucidité. Raison pour laquelle il a laissé sa place à Hamza Igamane dont c’était la première cape.

Mais c’est Bilal Al Khannouss qui a finalement volé la vedette pour offrir à ses coéquipiers une précieuse victoire en reprenant un ballon de la tête, seul au second poteau, dans un copier-coller du but égalisateur, illustrant la lecture de jeu exemplaire du staff de l’équipe nationale. Une bonne habitude à conserver, même s’il serait préférable d’éviter un tel scénario à l’avenir.  

Le Maroc garde la tête du groupe E avec une large avance sur le deuxième:

Prochains matches du Maroc:

25 mars 2025: Maroc – Tanzanie à 21H30.

5 septembre: Maroc – Niger.

8 septembre: Zambie- Maroc.

13 octobre: Maroc- Congo.

L’Erythrée faisait partie du groupe mais elle a déclaré forfait. Il y a donc 8 matches par équipe, le Maroc en a déjà joué 4.

Le Mondial 2026 sera élargi à 48 équipes, pour la première fois. L’Afrique y disposera de 9 places. Le Maroc sera qualifié s’il arrive en tête de son groupe. La victoire de ce vendedi soir le rapproche fortement de la qualification.

 

Niger-Maroc : à quelle heure et sur quelles chaînes

Cette rencontre sera diffusée à partir de 21 h 30 sur Arryadia Live HD, SSC Extra 1 HD et L’Equipe TV.

Lors de la 6ᵉ journée des éliminatoires, les Lions de l’Atlas affronteront la Tanzanie le mardi 25 mars prochain au même stade d’Oujda.

Après trois matchs, la sélection nationale occupe la tête du groupe E avec 9 points.

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Football. Maroc-Niger : un pas de plus vers une qualification historique

Le Maroc a l’occasion de réaliser une performance historique, en se qualifiant pour une troisième phase finale consécutive d’un Mondial. Pour y parvenir, la bande à Regragui devra faire le plein lors des deux prochaines journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. À commencer par la confrontation face au Niger, ce vendredi 21 mars (21h30), à Oujda.

Cette rencontre, comptant pour la 5e journée du groupe E des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, devait se disputer en Afrique de l’Ouest. Cependant, à défaut d’avoir un stade satisfaisant comme l’exige le cahier des charges de la Confédération africaine de football (CAF), le Niger jouera son match à domicile… au stade d’honneur à Oujda.

Une aubaine pour les Marocains qui ont fait carton plein depuis qu’ils ont investi l’arène de l’Oriental. Mais ce ne sera pas une sinécure pour autant. Achraf Hakimi and Co seront opposés à un collectif en pleine bourre, après avoir empêché le Ghana de se qualifier pour la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une compétition à laquelle le Niger ne s’est toutefois pas qualifié.

Dirigé par Badou Zaki, le Niger n’a pas fait le déplacement pour « prendre des photos et faire de la figuration », a averti le technicien marocain dont les protégés joueront crânement leur chance pour revenir à hauteur des Lions de l’Atlas (9 points). Ce qui promet une opposition de styles intéressante, mettant en lumière la qualité des entraîneurs marocains et qui ne devrait pas rajeunir Badou Zaki, qui retrouvera, sur le banc d’en face, un de ses anciens joueurs, notamment lors de la cruelle épopée à la CAN 2004.

Walid Regragui ne sera pas non plus insensible à ces retrouvailles avec son ancien sélectionneur. Mais l’émotion sera de courte durée, car un ticket direct pour la plus belle des compétitions est en jeu. Le sélectionneur n’hésitera pas à aligner son équipe type. Objectif ? Composter son billet pour la Coupe du monde 2026 et clore rapidement ce chapitre afin de se concentrer exclusivement sur la préparation de la CAN 2025, dont le coup d’envoi sera donné à Rabat, le 21 décembre 2025.

À cet effet, il faudra non seulement une victoire sur le Niger, son poursuivant direct, mais aussi sur la Tanzanie (3e), mardi 25 mars. De quoi donner une avance confortable pour voir venir la compétition continentale avec l’esprit tranquille. Mais chaque chose en son temps. Pour l’heure, il s’agit de l’emporter face aux Mena (une espèce d’antilope sahélienne, ndlr). Une issue loin d’être utopique, du moins sur le papier. Même si les Nigériens ont des qualités à faire valoir.

Une bataille intense sur les seconds ballons

Les hommes de Walid Regragui sont prévenus : en deux ans et huit matchs à la tête du Niger, Badou Zaki a formé une équipe athlétique, dotée d’une intéressante flexibilité tactique. Sur le plan de l’animation offensive, ils ont changé leur système de jeu quatre fois lors des cinq dernières rencontres.

Le Niger a changé plusieurs fois de système de jeu lors des cinq dernières rencontres. Avec une préférence pour le 1-4-3-3

Mais avec une préférence pour le 1-4-3-3, notamment face à des équipes dominantes techniquement, afin de renforcer l’entrejeu. Dans cette stratégie, la place du 1, qui correspond au gardien, est capitale. En effet, dans l’animation de ce système de jeu qui oscille entre un style de jeu direct et de conservation, le gardien de but, Mahamadou Tandja, qui évolue dans le club local de l’AS Fan, brille par ses relances à la main.

L’axial gauche et la pointe basse du milieu de terrain sont à surveiller car ils s’occupent de la relance vers les côtés.

Cependant, lorsque le Niger opte pour une relance courte, avec un circuit de passe préférentiel de l’axe du terrain vers les côtés, cette tâche est principalement dévolue à deux joueurs clés : le défenseur central axe gauche, Oumar Sakho (Rostov, Russie), mais aussi la pointe basse du triangle au milieu de terrain, notamment Mohamed Ali.

L’un comme l’autre représentent des cibles privilégiées du Onze national en vue d’instaurer un pressing intense dès le début de la rencontre. L’objectif est de les mettre dans l’inconfort ou bien de les isoler afin que les premières relances soient effectuées par des joueurs moins copains avec le ballon, à l’image de Abdoulaye Boureima Katkoré.

Pour éviter le pressing, le Niger se résoudra sans doute à sauter les attaquants et les milieux de terrain marocains en jouant des ballons longs. Dans ce cas, les Lions de l’Atlas devront être prêts à batailler pour récupérer le deuxième ballon. D’autant que les Mena sont souvent en nombre dans le camp adverse sur cette phase de jeu.

Idem sur les remises en jeu après que le ballon soit sorti en touche dans les 20 mètres adverses, où Badou Zaki va jusqu’à demander à sept joueurs de se répartir entre la surface de réparation et ses abords, afin d’exploiter les longues touches dont ils sont des spécialistes.

Sur les longues touches, les Nigériens se placent en nombre dans et aux abords de la surface de réparation.

Un manque de compacité entre les lignes

À la perte du ballon, les Mena n’ont pas une attitude particulièrement agressive. Le Onze national aura l’occasion de manœuvrer à sa guise. Mais plus rapidement il trouvera des solutions de passe dans le sens de la verticalité, moins il laissera le temps à l’opposant de se recroqueviller dans sa moitié de terrain. Qui plus est, sachant que la gestion de la profondeur n’est pas la qualité première de leur portier.

Souvent en bloc bas, la défense du Niger est efficace à la récupération mais devant sa surface de réparation.

Sinon, Brahim Diaz et ses coéquipiers devront se montrer patients pour trouver des solutions dans un bloc à la hauteur basse et dont la principale zone de récupération se situe juste devant sa surface de réparation, à la faveur d’une animation défensive en 1-4-5-1. Et des fois même en 1-6-3-1, puisque les deux milieux de terrain excentrés reculent pour constituer une ligne défensive composée de six joueurs.

Une ligne défensive parfois composée de six joueurs

La faible intensité de pressing du Niger permettra donc aux Lions de l’Atlas de faire circuler le ballon sans trop d’accroc. Mais la rapidité et la justesse des transmissions, jumelées aux déplacements coordonnés des attaquants pour créer des espaces, seront salutaires.

Les Marocains auront des solutions entre les lignes

En plus, le manque de compacité entre les lignes défensives de leur adversaire offrira également aux Marocains des solutions entre les lignes et sur les côtés, car la gestion de la largeur des joueurs de Zaki n’est pas un modèle du genre. Ils sont en difficulté même dans des situations de 2 contre 1. Les ailiers marocains auront à charge d’en profiter.

Le Niger a des lacunes en termes de communication, notamment sur des situations de 2 contre 1 sur les côtés.

La Fondation Amal soutient le service de néphrologie de l’Hôpital général de référence du Niger

Placée sous le haut patronage du médecin colonel Garba Hakimi, une cérémonie de donation de matériel biomédical a été organisée par la Fondation Amal au profit du service de néphrologie et de dialyse de l’Hôpital général de référence du Niger, selon le ministère de la Santé publique, de la population et des affaires sociales.

La Fondation Amal, créée en 2009, est une organisation à but non lucratif dédiée au soutien des patients souffrant d’insuffisance rénale chronique.

Gérée par une équipe administrative de 15 personnes, en collaboration avec 10 médecins, 61 infirmières et divers employés, elle œuvre pour le bien-être des malades. Grâce à ses propres fonds, la fondation a également mis en place et équipé plus de 27 centres à travers le Maroc.

Otages occidentaux au Sahel : petit historique des médiations concluantes du Maroc

Happy-end pour quatre ressortissants français, membres de la DGSE, retenus au Burkina Faso depuis une année. Une intervention du Roi Mohammed VI auprès du président Ibrahim Traoré a mis fin à leur captivité et ils pourront bientôt retrouver les leurs. Dans un entretien avec le Souverain, le président Emmanuel Macron lui a exprimé sa gratitude.

Ce geste humanitaire illustre le leadership du Roi Mohammed VI  et le respect dont il jouit sur les scènes régionale, continentale et internationale.

Cependant, si cette opération a été menée au plus haut niveau de l’Etat marocain, d’autres interventions similaires ont eu lieu ces dernières années au profit d’otages occidentaux et qui ont été menées par les services marocains dans plusieurs pays du Sahel. En voici quelques exemples des plus parlants.

Iulian Ghergut, le « vétéran »

Iulian Ghergut, de nationalité roumaine, était officier de sécurité travaillant dans une mine de manganèse dans le nord du Burkina Faso et jouxtant la frontière entre le Mali et le Niger. Le 4 avril 2015, il a été assailli par cinq individus armés qui l’ont kidnappé.

Iulian Ghergut, otage roumain libéré par les services marocains.

Al-Mourabitoune, un groupe jihadiste qui écume la région et qui a fini par rallier Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué son enlèvement. Toutes les tentatives pour le libérer ont échoué car, entre autres, ses ravisseurs changeaient fréquemment de cachette. Il a ainsi passé huit ans en captivité avant une intervention concluante des services marocains.

 

Le 8 août 2023, il a été libéré grâce à la médiation des Marocains. Ce qui valut au Royaume des messages de gratitude des autorités de Bucarest et dont le président Klaus Iohannis.

 

Jörg Lange, l’humanitaire

Jörg Lange, ressortissant allemand, dirigeait l’ONG Help au Niger. Le 11 avril 2018, il a été abordé par des individus circulant à bord de motos alors qu’il se trouvait avec son chauffeur à la frontière du Mali.

Son chauffeur est relâché. Lui restera entre les mains de groupes jihadistes jusqu’au 8 décembre 2022, soit quatre ans et demi. Au terme de rudes tractations, les kidnappeurs multipliant les demandes de rançon, entre autres, les services marocains l’ont libéré et convoyé à l’ambassade allemande à Bamako.

Jörg Lange, humanitaire allemand enlevé au Mali.

Rien ne filtrera sur les dessous de cette opération qui a été précédée par plusieurs tentatives allemandes, dont de vaines opérations commando.

Serhani et Fatihi

Le Maroc intervient pour libérer des otages étrangers, mais il n’oublie jamais et surtout ses ressortissants qui commettent l’erreur de se hasarder dans des zones dangereuses.

C’est le cas de Abderrahmane Serhani et Driss Fatihi, deux cyclistes marocains qui s’étaient aventurés dans la région du Sahel. Le 1er avril 2024, ils avaient été enlevés du côté bukinabè de la frontière avec le Niger par des éléments armés dont l’allégeance n’a pas été établie.

Le 14 mai 2024, l’ambassade du Royaume à Niamey indiquait que les deux cyclistes étaient sains et saufs et qu’ils se trouvaient en lieu sûr. Ce résultat a encore été le fruit de plusieurs semaines d’un travail de coopération entre les services de sécurité marocains et leurs homologues nigériens.

Ni hégémonisme, ni ingérence

Mais comment les services marocains arrivent-ils à dénouer de telles inextricables situations sur lesquelles se cassent les dents plusieurs services assez chevronnés comme les occidentaux? La réponse est à trouver dans cette sage doctrine de la diplomatie du Royaume en général: offrir ses bons offices sans hégémonisme et sans ingérence. Dans plusieurs conflits internes, le Maroc a toujours appelé à faire prévaloir la voix de la raison et du dialogue pour asseoir paix et stabilité. L’un des exemples les plus parlants nous vient de la crise libyenne.

Depuis que le Maroc participe à trouver une solution à la crise libyenne, il s’est interdit de s’ériger en donneur de leçons ou de directives. Au nom du Royaume, Nasser Bourita ne cesse de répéter que la solution à la crise libyenne se trouve entre les mains des Libyens et nulle part ailleurs.

Les protagonistes au conflit ont commencé leurs tractations à Skhirat en 2015 où ils ont débouché sur un accord historique. Pas plus tard que ce mercredi 18 décembre 2024, ce processus a connu un début de solution à Bouznika où se réunissent les protagonistes de la crise, une réunion qui se poursuit ce jeudi 19 décembre.

Le Premier ministre nigérien transmet un message au Roi Mohammed VI

Le Premier ministre de la République du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, est à Rabat en émissaire du Général de Brigade Abdourrahman Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, chef de l’Etat.

Au cours de cette entrevue, M. Mahamane Lamine Zeine a transmis à Aziz Akhannouch un message du président nigérien adressé au Roi Mohammed VI.

Le Premier ministre nigérien en visite au Maroc, accompagné d’une forte délégation

Selon l’agence de presse nigérienne, la visite à Rabat de Ali Mahaman Lamine Zeine, qui occupe aussi la fonction de ministre de l’Économie et des finances, durera deux jours. Il est accompagné du ministre d’État et ministre de la Défense nationale, le général Salifou Modi, du ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Nigériens à l’étranger, Bakary Yaou Sangaré, ainsi que d’autres officiels.

Rappelons que le Niger est l’un des pays engagés dans l’initiative du Roi Mohammed VI visant à permettre aux pays de la région du Sahel d’accéder à l’océan Atlantique.

Cette visite des dirigeants nigériens survient tout juste deux semaines après l’annonce du retrait de leur pays, le 28 janvier 2024, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aux côtés du Mali et du Burkina Faso ; ces deux pays ayant également rejoint l’initiative royale, de même que le Tchad.

Badou Zaki, nouveau sélectionneur national du Niger

Selon un communiqué de la Fédération nigérienne de football (Fenifoot), relayé par l’Agence nigérienne de presse (ANP), en plus de ses fonctions de sélectionneur national, Badou Zaki aura comme mission, entre autres, la restructuration et la redynamisation de la direction technique nationale, la supervision et l’assistance technique des sélections nationales de catégories inférieures et la contribution à la mise en place et au suivi de l’académie d’élite nationale.

Aussi, la Fenifoot a assigné comme objectif au nouveau sélectionneur la qualification de l’équipe nationale pour une compétition majeure de la CAF ou de la FIFA pendant la durée de son mandat.

Il sera assisté par Zakariyaou Ibrahim, désigné comme sélectionneur national adjoint, renseigne le communiqué de la Fenifoot.

Selon la même source, la Fenifoot marque sa « reconnaissance à l’endroit du ministère de la Jeunesse, des sports, des arts et de la culture pour son accompagnement, et remercie la Fédération royale marocaine de football pour la facilitation jouée dans la conclusion de ce contrat ».

À la tête de la sélection nigérienne, Badou Zaki affrontera donc l’équipe nationale du Maroc lors des matchs éliminatoires pour la Coupe du monde 2026. En effet, les deux nations sont toutes les deux dans le groupe E, aux côtés du Congo, de la Tanzanie et de la Zambie.

La RAM reprend ce jeudi ses vols vers Niamey

La compagnie invite ses clients à vérifier et gérer leurs réservations sur ce lien.

La RAM avait suspendu ses liaisons aériennes de et vers Niamey à la suite du coup d’État du 26 juillet dernier.

La CEDEAO déploie sa « force en attente » pour restaurer l’ordre constitutionnel au Niger

L’organisation a ordonné « le déploiement de la force en attente de la CEDEAO pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger », a déclaré le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Touray, à l’issue du sommet extraordinaire sur le Niger.

Le président du Nigeria, Bola Tinubu, également président de la CEDEAO, avait affirmé avant la lecture des résolutions, espérer « parvenir à une résolution pacifique« , ajoutant que « tout n’est pas perdu« .

« Aucune option n’est exclue, y compris le recours à la force en dernier ressort. Si nous ne le faisons pas, personne d’autre ne le fera à notre place », a-t-il indiqué.

Le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a, quant à lui, affirmé à la presse « que la CEDEAO était intervenue par le passé au Liberia, en Sierra Leone, en Gambie et en Guinée-Bissau » lorsque l’ordre constitutionnel était menacé.

« Aujourd’hui, le Niger connaît une situation similaire et je tiens à dire que la CEDEAO ne peut l’accepter », a-t-il fait remarquer.

Les Etats-Unis soutiennent la décision de la CEDEAO

Dans un communiqué publié suite à cette décision, les Etats-Unis disent « se joindre à la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour appeler au rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger », ajoutant qu’ils apprécient la détermination de la CEDEAO à explorer toutes les options pour une résolution pacifique de la crise.

« La démocratie est le meilleur fondement du développement, de la cohésion sociale et de la stabilité au Niger. Nous sommes aux côtés du peuple nigérien pour travailler à la réalisation de ces objectifs », soulignent les Etats-Unis dans le communiqué.

Les Etats-Unis condamnent « la détention illégale du président Mohamed Bazoum, de sa famille et des membres du gouvernement, ainsi que des conditions inacceptables dans lesquelles ils sont détenus, et [demandent] leur libération immédiate ».

« À l’instar de la CEDEAO, les Etats-Unis tiendront le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) pour responsable de la sécurité du président Bazoum, de sa famille et des membres du gouvernement détenus », conclut le communiqué.

(Avec MAP)

Le Niger serait-il le théâtre d’une nouvelle guerre au Sahel ?

Ecrivain, réalisateur et journaliste mauritanien, Lemine Ould Mohamed Salem est considéré comme un des meilleurs experts du Sahel. Il couvre, depuis Paris où il est basé, l’actualité de la région pour plusieurs médias européens, et est l’auteur de plusieurs livres et documentaires sur le jihad et la montée du salafisme au sud du Sahara et dans le monde musulman, tels que Le Ben Laden du Sahara, un livre enquête publié en 2014 aux éditions La Martinière, sur Mokhtar Belmokhtar, l’émir local de la branche saharienne d’Al Qaida, et L’histoire secrète du Djihad, livre paru en 2018 chez Flammarion, tiré de plusieurs mois d’entretien avec le bras droit de Ben Laden. Il est également le réalisateur de Salafistes, film documentaire sur les djihadistes tourné pendant trois ans au Mali, en Mauritanie, en Tunisie, en Syrie et en Irak.

Dans cet entretien, il nous livre sa lecture du putsch militaire qui a eu lieu au Niger dans la soirée du jeudi 27 juillet. Un nouveau coup d’Etat militaire, mené par la garde présidentielle du président élu Mohamed Bazoum, avec à sa tête le Général Tchiani, dans un pays jusqu’alors considéré comme stable politiquement, et surtout comme le partenaire de choix des Occidentaux − la France en particulier − dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Depuis, les évènements se sont vite enchaînés, ajoutant une couche supplémentaire à la tension qui émaille déjà la région : condamnations internationales du coup d’Etat ; réunion d’urgence de la Cédéao, dont le Niger est membre, et lors de laquelle celle-ci a appelé le Général Tchiani à rendre le pouvoir au président élu au risque d’intervenir militairement pour rétablir l’ordre ; la convocation, le week-end dernier par le président français Emmanuel Macron, d’un Conseil de défense pour évaluer la situation sur place ; l’évacuation par les forces françaises des ressortissants français et européens du Niger ; la déclaration d’une alliance entre les pouvoirs militaires au Mali et au Burkina Faso, qui ont annoncé que toute intervention militaire contre le Niger serait considérée comme une déclaration de guerre contre eux également… Bref, tout laisse à penser que l’on n’est pas loin d’une intervention militaire qui risque d’embraser la région, sur fond d’une guerre par procuration entre Occidentaux et Russes.

Ce risque est-il réel ? Quels sont les acteurs qui pourraient intervenir ? Quelles seraient les conséquences d’une nouvelle intervention militaire sur la région ? Quel rôle le Maroc peut-il jouer ? Les réponses de notre expert.

Médias24 : Le coup d’Etat militaire au Niger contre le président élu, Mohamed Bazoum, a provoqué une série de réactions des partenaires du pays. Hormis les militaires au pouvoir au Mali et au Burkina Faso, le putsch a été condamné par tous. La France, dont plus d’un millier de militaires sont stationnés au Niger dans le cadre de la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel, a tenu un Conseil national de sécurité, puis entrepris d’évacuer ses ressortissants du Niger. L’organisation régionale, la Cédéao, a pris des sanctions diverses et envisage même une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel. Une opération militaire contre les putschistes est-elle à prendre au sérieux ?

Lemine Ould Mohamed Salem : Les partenaires étrangers du Niger préfèrent sans doute ne pas en arriver à ce stade. Mais ils semblent contraints d’agir si le général Abdourrahmane Tchani, le chef de la garde présidentielle qui dirige les putschistes de Niamey, ne renonce pas à son coup d’Etat.

La Cédéao, qui est en quelque sorte le mandataire régional des partenaires du Niger, ne peut pas reproduire les erreurs commises au lendemain des putschs au Mali, au Burkina et en Guinée. Ses hésitations et son manque de fermeté avaient permis aux putschistes, dans ces trois pays, de jouer les prolongations et de mener les transitions comme bon leur a semblé.

Au Niger, la Cédéao joue ce qui lui reste de crédibilité, d’autant qu’il s’agit du pays dont le président a été élu et qui ne connaissait pas de crise politique majeure.

– Pensez-vous que la Cédéao ait les moyens d’effectuer une intervention militaire efficace ?

– Si la Cédéao intervient au Niger, ce ne sera pas la première fois qu’une telle situation surviendrait dans un pays membre. L’organisation ouest-africaine a déjà mené plusieurs opérations militaires pour mettre fin à des crises politiques internes, notamment en Gambie, au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée-Bissau.

– Peut-on envisager une coordination entre la Cédéao, la France et les Etats-Unis, deux puissances présentes sur place avec des bases militaires et des soldats ?

– C’est évident. Si elle intervient au Niger, la Cédéao le fera en étroite collaboration avec l’Union africaine (UA), l’Union européenne, la France et les Etats-Unis d’Amérique, qui sont aux premiers rangs des partenaires du Niger et hostiles au renversement du président Mohamed Bazoum. Ces puissances étrangères, dont certaines disposent d’une présence militaire au Niger, pourraient notamment apporter aux contingents de la Cédéao des appuis techniques et logistiques : mise à disposition de satellites de renseignements, drones, avions de transport de troupes et de combats, etc.

– Comment qualifiez-vous la réaction des pouvoirs militaires au Mali et au Burkina, qui se sont empressés de déclarer que toute attaque contre les putschistes du Niger serait perçue comme une déclaration de guerre contre leurs propres pays ? Cela ne risque-t-il pas d’embraser toute la région ?

– Le Burkina et le Mali sont gouvernés par deux régimes issus de coups d’Etat et qui sont eux-mêmes confrontés à des problèmes sécuritaires graves et complexes. Comment est-ce qu’ils pourraient mobiliser des soldats ou des moyens militaires à l’extérieur de leurs pays ? Ça relève, à mon avis, beaucoup plus de la rhétorique politicienne que de l’intention réelle.

– Est-il possible que la main de la Russie et de sa milice Wagner soit derrière tout cela ? Assiste-t-on à une sorte de guerre par procuration entre la Russie et l’Occident dans cette zone du Sahel ?

– Le Sahel comme d’autres régions d’Afrique est devenu une terre de rivalité entre les Occidentaux et les Russes. Mais il semble très difficile de croire aujourd’hui que la Russie soit derrière le coup d’Etat du général Tchiani au Niger.

S’il est acculé ou mis sous forte pression par la Cédéao et ses alliés, il n’est pas à exclure, cependant, que ce dernier finisse par chercher un appui extérieur, notamment en Russie. C’est la puissance la mieux placée aujourd’hui pour faire alliance avec ce genre de régime, même si cela pourrait passer par le recours aux miliciens de Wagner, la compagnie militaire privée russe qui est déjà en activité dans certains pays africains comme le Mali voisin.

Des signes déjà visibles rendent cette hypothèse assez probable. Comme lors du coup d’Etat du capitaine Ibrahim Traoré survenu l’année dernière au Burkina Faso, on observe depuis les premières heures du putsch de Niamey une suractivité sur les réseaux sociaux de comptes − en grande partie présumé faux − qui défendent le renversement de Bazoum et appellent la Russie au secours du coup d’Etat au Niger, empruntant également la rhétorique panafricaniste, anti-française et plus généralement anti-occidentale, comme cela est visible autour du Mali et du Burkina, deux pays ayant mis fin à toute présence militaire française sur leurs territoires.

– Le Maroc a-t-il un rôle à jouer dans tout cela ?

– Le Maroc n’est ni membre de la Cédéao, ni du G5 Sahel. Ce qui lui ôte un statut d’acteur régional qui doit obligatoirement s’impliquer.

En revanche, Rabat a des intérêts économiques, politiques et stratégiques au Niger et dans la région. Les Marocains ne peuvent donc pas être indifférents à ce qui se passe au Niger.

S’il est sollicité par la Cédéao, un espace politique et économique auquel il est lié par des intérêts divers, le Maroc jouera naturellement le rôle qui lui est demandé. Mais l’organisation ouest-africaine comprend en son sein des pays qui pourraient ne pas être enthousiastes à l’idée de voir Rabat impliquée dans une crise comme celle du Niger. Ça pourrait être le cas du Nigéria. Ce géant politique et économique de la Cédéao est très proche politiquement de l’Algérie, qu’il soutient dans l’affaire du Sahara qui l’oppose au Maroc via le Front Polisario.

– L’Algérie voit depuis quelques années des pouvoirs frontaliers s’effondrer l’un après l’autre. Comment pourrait-elle réagir dans le cas du Niger ?

– Le Niger et l’Algérie sont très proches. Ce sont des pays voisins ; il y a une continuité humaine entre les populations frontalières des deux pays. Il y a aussi beaucoup d’intérêts communs entre les deux Etats.

L’Algérie suit évidemment de très près ce qui se passe chez son voisin du sud-est. Elle a condamné le coup d’Etat tout en mettant en garde contre les conséquences d’une intervention militaire étrangères au Niger. Mais vu la tradition algérienne vis-à-vis des pays frontaliers, il est peu probable qu’elle aille plus loin.

– Est-ce que l’Algérie pourrait cautionner une intervention militaire française au Niger ?

– Le gouvernement algérien a déjà exprimé ses réserves sur une éventuelle intervention militaire étrangère au Niger.

Quant à la France, après le retrait contraint de ses soldats du Mali et du Burkina après dix ans de présence dans ces pays, et dans un contexte où partout en Afrique se développe un sentiment hostile vis-à-vis de Paris que résument les slogans aujourd’hui affichés dans plusieurs pays africains, comme « France dégage », il devient impensable de voir les autorités françaises envoyer une nouvelle fois leur armée dans un pays africain.

– Une intervention militaire française est à écarter ?

– La France pourrait appuyer la Cédéao avec des conseillers militaires, du renseignement, du matériel de combat, etc. Mais elle ne pourrait plus intervenir physiquement dans un pays africain, à moins qu’elle soit suicidaire.

Une telle intervention ne sera pas acceptée par les opinions africaines et ne servirait qu’à conforter les sentiments anti-français en Afrique. Au Niger, même ceux qui sont contre le putsch finiraient alors par se rallier aux militaires.