Célébration en grande pompe du Nouvel An amazigh à Rabat

Le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, en collaboration avec le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, a organisé, le mardi 14 janvier, une cérémonie au Théâtre Mohammed V de Rabat pour célébrer le Nouvel An amazigh 2975.

 

L’événement, présidé par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, a réuni des membres du gouvernement ainsi que des personnalités du monde politique, culturel et médiatique.

Cette cérémonie a été marquée par la signature de deux conventions visant à promouvoir l’usage officiel de la langue amazighe.

La première convention-cadre, inscrite dans le programme gouvernemental, a été signée par plusieurs ministres, dont Amal El Fallah Seghrouchni, ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, et Moulay El Hassan Daki, chef du ministère public, ainsi que par d’autres responsables institutionnels. La seconde convention a pour objectif de renforcer les services d’accueil, d’orientation et de conseil en langue amazighe.

« Ces initiatives visent à simplifier les procédures administratives et à rapprocher l’administration des citoyens amazighophones », a souligné Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication. Le gouvernement s’engage également à intégrer la langue amazighe dans les documents officiels et à soutenir la culture amazighe, notamment dans les domaines de la musique et du théâtre.

Pour sa part, Lahcen Saadi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire, a précisé que l’intégration de l’amazighe concernera les plateformes numériques, les programmes artisanaux et les panneaux de signalisation. En outre, 156 guides seront formés pour accompagner les actions d’orientation et de conseil.

La soirée a également été animée par des performances artistiques célébrant l’héritage culturel amazigh, avec des chants et des danses issus de différentes régions du Maroc.

Philip Morris Maghreb célèbre le nouvel an amazigh dans ses magasins IQOS

Philip Morris Maghreb célèbre le nouvel an amazigh Yd’Ennayer 2975. Depuis le 12 janvier, les stores IQOS situés à Casablanca, Rabat et Marrakech mettent en avant la richesse et la splendeur de la culture de l’héritage Amazigh, indique un communiqué de Philip Morris Maghreb.

« Philip Morris Maghreb est profondément honoré de pouvoir partager cette expérience et de célébrer la richesse de la culture et du patrimoine Amazigh avec les utilisateurs adultes de notre technologie, IQOS « , a déclaré Faysal El Kawass, directeur des produits sans fumée chez PMI Maghreb, cité dans le communiqué.

Pour marquer le début de cette nouvelle année amazighe, des expériences exclusives sont proposées aux utilisateurs adultes qui visitent les stores. 

Yd’Ennayer coïncide cette année avec la célébration d’une décennie d’IQOS

Abdelkhalek Koullab : « Tous les Marocains sont amazighs, ce n’est pas une question de langue parlée »

Réaction à la fériérisation de Yennayer, histoire et origine du Nouvel An Amazigh, changements induits, apport de cette civilisation au Maroc d’aujourd’hui, opposants à la visibilité de cette culture, résultats d’une étude scientifique sur le génome de la population, crédibilité des chiffres du HCP sur l’utilisation de l’amazigh par seulement 25% de la population, qui a créé le calendrier amazigh, utilité et limites de l’alphabet tifinagh: l’éminent historien Abdelkhalek Khoullab revient sur toutes ces problématiques.

     Medias24 : Comment avez-vous reçu l’annonce de la fériérisation du Nouvel An Amazigh en 2023?

Abdelkhalek Koullab : Comme une reconnaissance de la culture amazighe. L’occasion de rappeler que lors du discours royal de 2001 dans la ville d’Ajdir, le Souverain avait déjà confirmé que la culture amazighe était une donnée importante de notre pays.

Mais il faut rappeler que bien avant cette déclaration royale, il y avait toujours eu de nombreuses célébrations de Yennayer au Maroc lors des journées des 13 et 14 janvier qui précédaient la fériérisation actuelle qui va donner une nouvelle dimension à cet événement.

Le plus important est que la nation marocaine célèbre aujourd’hui officiellement le Nouvel An Amazigh

     -Le Maroc n’est pourtant pas le premier pays qui a rendu férié Yennayer…

-Il n’y a pas lieu de comparer avec d’autres pays car le plus important est que la nation marocaine célèbre aujourd’hui officiellement le Nouvel An Amazigh grâce à la reconnaissance récente des plus hautes autorités de l’importance de sa contribution à notre identité marocaine.

L’occasion de préciser que son importance ne se mesure pas au degré d’utilisation de la langue, mais plutôt sur à sa participation à la constitution d’une identité à laquelle ont participé tous les Marocains en termes d’habillement, de gastronomie, de relations humaines…

Notre identité ne se limite pas à une simple question de langue sans quoi nous devrions exclure de son cercle de nombreux citoyens marocains qui ne parlent pas amazigh.

Idem pour la religion qui ne constitue pas le seul marqueur car si c’était le cas, nous devrions aussi éluder la contribution de la culture juive et même chrétienne à notre identité.

L’identité est en effet ce qui réunit tous les Marocains et qui nous distingue des autres peuples de la planète.

-Quels sont les changements que va entraîner la fériérisation du Nouvel An Amazigh?

-Après l’annonce royale de rendre officiellement férié cet événement, il y a eu depuis l’année dernière une multiplication des célébrations sur tout le territoire national ainsi que le lancement d’une dynamique qui a poussé de nombreux Marocains à s’interroger sur leur passé et à (re)prendre conscience de leur identité amazighe.

Le Nouvel An Amazigh, qui coïncide avec le moment des récoltes, illustre bien l’attachement quasi-viscéral des Marocains à leurs terres agricoles. Cette célébration qui consacre le fruit de leur dur labeur de semences dans les champs est en effet une occasion unique pour célébrer notre unité nationale à l’image des juifs marocains d’origine amazighe qui restent tous très attachés à leur patrie d’origine et à la monarchie malgré leur départ du Maroc.

Dans le cadre de la préparation de cet anniversaire, j’ai reçu hier [dimanche 12 janvier] plusieurs jeunes ainsi que des personnes âgées de 80 ans qui étaient heureuses de fêter le nouvel an sachant qu’il leur a permis de prendre conscience de leur amazighité et de se regrouper.

Au-delà de son côté festif et de rapprochement sociétal, cet événement nous protège des considérations idéologiques qui peuvent menacer la cohésion sociale de nos concitoyens.

Tous les Marocains sont d’essence amazighe y compris ceux qui n’utilisent que l’arabe pour communiquer.e

-Sachant que de nombreux historiens reconnaissent que le Maroc est d’origine amazigh, que faut-il penser des courants politiques qui rejettent toute visibilité supplémentaire de la culture amazighe?

-Malheureusement, les courants que vous citez sont les victimes d’une certaine idéologie véhiculée dans la région du Machrek avec des positions panarabistes qui priment sur l’intérêt national. Partant de ce constat, je considère qu’ils sont dangereux pour le Maroc.

Bien que je sois amazigh et que je ne parle pas la langue, j’estime que tous les Marocains sont d’essence amazighe y compris ceux qui n’utilisent que l’arabe pour communiquer.

A ceux qui pensent que les arabophones du Maroc sont avant tout arabes, je tiens à leur rappeler que l’histoire de notre pays est indissociable de son amazighité et que ceux qui se prétendent arabes devraient aller passer une semaine dans les pays de la Péninsule arabique avant de comprendre qu’ils n’appartiennent pas à cette culture.

L’identité amazighe n’a aucun rapport direct avec l’arabité qui n’est qu’un outil vernaculaire.

Pour se convaincre du fait que tous les Marocains sont d’origine amazighe, il suffit de les regrouper dans une grande place et essayer de faire la différence entre arabe et amazigh pour se rendre compte que c’est impossible car la langue ne permettra pas de les distinguer.

Bien que nos concitoyens utilisent en grande majorité la langue arabe pour travailler, communiquer ou prier, il n’en reste pas moins que l’identité amazighe n’a aucun rapport direct avec l’arabité qui n’est qu’un outil vernaculaire à l’image du français ou de l’anglais.

-Comment expliquer que certains opposants à sa reconnaissance soient d’origine amazighe à l’image du grand penseur Mohamed Abdel Jabri ?

-Pour comprendre son positionnement, il convient de rappeler que Mohamed Abdel Jabri, qui était un dirigeant de gauche, a toujours défendu le nationalisme arabe sans prendre en considération l’importance de l’amazighité du Maroc.

Tout aussi influencés par des idéologies étrangères comme le salafisme, d’autres politiques ont également toujours mis la culture et la langue arabe sur un piédestal au détriment de l’amazigh qualifié de barbaresque et de danger pour la cohésion arabe du Maroc.

Sauf que les différentes recherches archéologiques au Maroc ont montré que l’essentiel de notre culture découlait indéniablement de l’histoire amazighe et de ses fondements. Ces personnes sont par conséquent porteuses de convictions idéologiques étrangères comme le panarabisme ou le salafisme qui représentent une menace pour l’équilibre du Maroc sachant qu’elles ont échoué partout ailleurs.

     -De quand date l’implantation de la culture amazighe au Maroc ?

-Votre question n’a pas lieu d’être car l’amazighe est la première civilisation du Maroc et pour s’en convaincre, il suffit de citer le résultat de toutes les recherches archéologiques qui ont montré que l’homo-sapiens est apparu dans notre pays il y a plus de 315.000 ans.

L’utilisation de la langue amazighe a en effet commencé ici avant d’essaimer ailleurs.

-En d’autres termes, l’amazigh est apparu au Maroc il y a plusieurs millénaires ?

-Absolument et sachant que le Maroc est à l’origine de cette civilisation, je trouve qu’il n’est pas utile de s’interroger sur son point de départ.

-Avec le recul, qu’a apporté cette culture à l’humanité et au Maroc d’aujourd’hui ?

-Pour ne vous donner qu’un exemple de la richesse de sa gastronomie, il suffit de rappeler qu’un ouvrage intitulé “la cuisine au Maroc et en Andalousie pendant le règne des Almohades” a été édité dès le début du 12ème siècle qui contenait pas moins de 500 recettes sur les différents types de grillades, de couscous, de méchouis, de pains …

De plus, Hassan Lyoussi qui a vécu au 18ème siècle au temps du sultan Moulay Ismael a écrit un ouvrage sur le burnous (selham) dans l’habillement.

 -Qu’est-ce qu’une grande étude génétique d’ADN pourrait montrer au Maroc?

-D’abord qu’il n’y a pas lieu de redouter une telle initiative qui a déjà été menée en Europe et qui a montré que le gène amazigh était présent à 11% dans l’ADN espagnol et portugais. De mon côté, j’ai lancé une étude au Maroc qui a mis en évidence le fait que 84% de l’ADN des Marocains était amazigh et que 0,08% était arabe contre 7% andalou et 6% d’Afrique subsaharienne.

Loin des considérations raciales voire racistes, l’intérêt de ces recherches d’ADN réside dans leur réalité scientifique qui prouve de façon indéniable que la structure génétique des Marocains est majoritairement amazighe.

Ce constat sans appel de la science doit nous pousser à cesser de nous interroger sur notre prétendue arabité à 100% et à nous considérer comme une seule et même nation dont le socle commun est le fruit de notre extrace amazighe.

Tout cela pour dire que le discours de certains qui parlent de fitna, en prétendant que nous sommes un mélange d’arabe et d’amazigh, est complètement faux pour ne pas dire raciste.

L’occasion de rappeler que notre peuple est un des moins mélangés du monde car nous avions une nation puissante qui a été capable de repousser toutes les vagues d’invasions étrangères à l’inverse de celles de la péninsule arabique où l’ADN arabe est très faible par rapport à celui des étrusques, persans, turcs, européens…

-Une grande étude génétique serait donc utile pour convaincre les opposants à l’amazigh que le Maroc vient de cette civilisation ?

-Elle s’impose en effet pour mettre fin au discours idéologique qui prétend que nos racines sont arabes.

-Que pensez-vous du dernier recensement général du HCP qui laisse entendre que seulement 25% des Marocains parlent amazigh sachant que plusieurs activistes de la cause amazigh remettent en cause sa crédibilité ?

-Je n’aime pas commenter les conclusions d’institutions officielles comme le HCP mais d’un point de vue académique, on se rend compte que les Marocains parlent surtout en darija et que ce dialecte qui est propre à notre pays résulte également de la culture amazighe.

Sachant que les opposants à la généralisation de cette langue sont nombreux, il convient cependant de s’interroger sur l’utilité de la publication de ce chiffre. Faut-il y voir un bon début ou plus prosaïquement montrer que la langue arabe reste prédominante au Maroc ?

-Sur quel événement s’appuient les historiens pour dater le Nouvel An Amazigh qui a 2975 ans ?

-Toutes les recherches historiques montrent que l’origine du calendrier amazigh remonte au roi amazigh Chachnak qui a régné sur l’Egypte 950 ans avant Jesus Christ.

La langue n’est qu’un vecteur de communication qui ne détermine pas notre identité.

-Y-a-t-il aujourd’hui des régions marocaines plus amazighophones que d’autres ?

-Pardonnez-moi, mais votre question est raciste car encore une fois, tous les Marocains sont d’origine amazighe et la langue n’est qu’un vecteur de communication qui ne détermine pas notre identité.

-Dans ce cas, sur 37 millions de Marocains, combien d’amazighs s’ignorent au Maroc en ne connaissant pas leurs racines voire qui les rejettent ?

-Depuis deux ou trois ans, je me rends compte qu’un nombre croissant de nos concitoyens ont pris conscience de leurs racines amazighes. Lors de plusieurs conférences organisées à Marrakech ou à Agadir, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs compatriotes comme une dame qui était persuadée d’être d’origine arabe avant de découvrir son amazighité.

C’est aussi le cas d’un homme âgé de 90 ans qui m’a embrassé pour me remercier de lui avoir fait découvrir ses vraies origines. Ces exemples montrent qu’il y a une nouvelle dynamique où les gens prennent conscience et revendiquent leur identité amazighe.

C’est un phénomène positif qui aura pour effet de renforcer la cohésion sociale du Maroc et de nous protéger des idéologies étrangères qui réinventent notre identité et notre histoire.

Graphie tifinagh: on peut l’apprendre en une semaine et les élèves n’ont aucun mal à le faire

-Quid de la graphie Tifinagh qui est difficile à comprendre y compris pour les amazighs désireux de l’utiliser pour communiquer? Est-ce la meilleure solution pour ressusciter la transmission écrite de cette culture de nos origines ?

-Contrairement à ce qu’avancent les opposants à cet alphabet, je considère que son usage est facilité par le fait qu’on peut l’apprendre en moins d’une semaine alors que l’écriture de la langue arabe est bien plus difficile à assimiler.

Il faut en effet rappeler que le tifinagh peut s’écrire de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche alors que l’alphabet arabe est plus codifié.

De plus, les enseignants de l’amazigh m’ont tous confirmé que leurs élèves n’avaient aucune difficulté pour assimiler son apprentissage.

-Au final, quel va être l’impact de la fériérisation du Nouvel An Amazigh sur la société marocaine ?

-Cette célébration sera l’occasion de lancer une nouvelle dynamique grâce à la décision royale de mettre en avant l’amazighité de notre identité.

Kenz Maroc célèbre le Nouvel An amazigh avec une édition spéciale Yennayer 2975

Le Maroc célèbre, le 14 janvier 2025, Yennayer, le Nouvel An amazigh, marquant l’entrée dans l’année 2975 du calendrier amazigh. Pour la deuxième année, cette journée est reconnue comme un jour férié national, soulignant l’importance de la culture amazighe dans l’identité marocaine.

À cette occasion, Kenz Maroc, acteur de l’industrie agroalimentaire, a lancé une édition limitée de couscous. Arborant des designs inédits, cette collection met en lumière des symboles emblématiques de la culture amazighe, revisités dans un style contemporain, indique Kenz dans un communiqué.

Des symboles emblématiques de la culture amazighe

La collection spéciale se décline en deux designs :

Ces designs, à la fois modernes et enracinés dans la tradition, rendent un hommage visuel à l’héritage amazigh.

Une immersion sonore dans l’âme amazighe

En parallèle, Kenz Maroc propose une playlist intitulée « Bladna Kenz » sur Spotify, réunissant des artistes amazighs traditionnels, comme Mohamed Rouicha, Izenzaren et des artistes contemporains tels que Hindi Zahra et Silya Ziani.

Ces éditions spéciales sont disponibles dans une sélection de commerces et de grandes surfaces à travers le Maroc, offrant une opportunité de célébrer Yennayer à travers un produit culinaire emblématique, conclut le communiqué.

Le Maroc fête le Nouvel An amazigh

La célébration du Nouvel An amazigh, qui intervient à la suite de la décision du Roi Mohammed VI d’instaurer ce jour férié national officiel payé, a donné lieu à diverses activités. L’occasion de revisiter et de célébrer les us et coutumes liés à un segment important du patrimoine culturel national.

Cérémonie grandiose à Rabat

Une cérémonie a été organisée, le dimanche 14 janvier au Théâtre Mohammed V à Rabat, par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, en présence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.

Elle a connu la présence de membres du gouvernement, de personnalités du monde de la politique, des droits de l’Homme et des médias, de représentants de missions diplomatiques, et d’un public nombreux venu célébrer une tradition millénaire, profondément enracinée dans le patrimoine culturel national.

À cette occasion, l’assistance a assisté à une projection retraçant les étapes phares ayant jalonné le processus de promotion de l’amazighe en tant que composante essentielle et partie intégrante de l’identité nationale.

Cette cérémonie a été ponctuée de prestations artistiques et musicales, interprétées avec brio par des figures de la musique amazighe, classique et moderne, à l’instar de Raissa Fatima Tihihit, Kawtar Barani, Mimoune Rifi, Ahmed Soltane, Houssa 46 et Aicha Maya, en plus de chants, danses et mélodies authentiques puisés dans le registre populaire amazigh.

Outre la présentation de produits d’artisanat reflétant la richesse et la diversité du patrimoine amazigh marocain, cette cérémonie a été marquée par un hommage posthume rendu au mythe de la chanson amazighe, Mohamed Rouicha.

Le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a indiqué, à cette occasion, que le ministère n’a ménagé aucun effort pour assurer une célébration à la hauteur de cet événement, relevant que cette manifestation est une reconnaissance du rôle culturel de l’art amazigh dans ses différentes dimensions au niveau des différentes régions du Royaume.

L’IRCAM célèbre en grande pompe

L’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), a célébré le Nouvel An amazigh sur le thème « Yd’Ennayer : une célébration à la hauteur d’un événement enraciné dans la culture marocaine« .

À cette occasion, le secrétaire général de l’IRCAM, El Houssain Moujahid, s’est félicité de la célébration de cet événement qui revêt un caractère particulier cette année, suite à la décision du Roi Mohammed VI d’instaurer ce jour férié national officiel payé, à l’instar du 1er Moharram de l’année de l’hégire et du jour de l’an du calendrier grégorien.

« Il s’agit d’une louable initiative marquant une étape décisive dans l’histoire de la culture marocaine et de l’identité nationale qui se distingue par la pluralité de ses affluents et de ses expressions », a-t-il affirmé dans une déclaration à la presse, notant que cette cérémonie a une portée culturelle, historique et identitaire, symbolisant la célébration des liens avec la terre.

La célébration cette année du Nouvel An amazigh est marquée par la présentation des spectacles artistiques du groupe « Tskiwin« , issu des région touchées par le séisme du 8 septembre, en signe de solidarité avec les populations sinistrées ainsi qu’une exposition de photos de l’artiste Khalid Atlas sur des activités initiées par des enfants à Tifounit après le séisme d’Al Haouz, a-t-il fait savoir.

De son côté, le directeur du Centre de recherches didactiques et de programmes pédagogiques auprès de l’IRCAM, Abdelssalam Khalfi, a indiqué que la célébration du Nouvel An amazigh a connu d’importantes transformations au cours des dernières décennies, à mesure que les célébrations et les rituels qui accompagnent cet événement dépassent désormais le cercle des espaces familiaux et des cadres restreints, pour s’étendre à de larges espaces culturels et institutionnels, notant que ces célébrations, tenues dans les différentes régions du Maroc « reflètent la forte cohésion nationale« .

« La décision royale instaurant ce jour férié national officiel payé, « est venue conférer à cette fête un caractère institutionnel, reflétant la haute sollicitude dont S.M. le Roi Mohammed VI a toujours entouré la langue amazighe, une composante essentielle de l’identité marocaine authentique, riche de ses nombreux affluents, et un bien commun à tous les Marocains », a-t-il ajouté.

Yd’Ennayer 2974 par Attarik Foundation, We Speak Citizen et la Maison de l’oralité d’Aït Ben Haddou

We Speak Citizen, en collaboration avec l’équipe de la Maison de l’oralité d’Aït Ben Haddou et Attarik Foundation, a célébré les 13 et 14 janvier le Nouvel An amazigh « Yd’Ennayer 2974 » au Marina Shopping Center de Casablanca.

« Cette expérience a brillamment reflété la diversité et la richesse du patrimoine marocain », souligne Loubna Mouna, directrice exécutive de l’association We Speak Citizen, dans une déclaration à Médias24. « Les régions du Sud-Est se sont invitées au cœur du centre commercial, offrant une immersion authentique dans le monde amazigh où tous les sens ont été comblés ».

« Le goût a été éveillé à travers les délices préparés par les femmes d’Aït Ben Haddou, tandis que les arts ont pris vie grâce aux talents des artistes Hafida Zizi et Driss Ouaamar lors des ateliers artistiques », ajoute-t-elle.

Mais l’événement ne se limite pas à la cuisine et à l’art. « La quête de connaissance a été nourrie par les ateliers animés par l’équipe de la Maison de l’oralité d’Aït Ben Haddou, ainsi que par les éminents scientifiques et chercheurs tels que Mustapha Merouan, le Pr Fatima Zahra Salih, le Dr Mohamed Oubenal, Moumen Hary et Abdelkrim Jouity, qui ont captivé le public lors des conférences », explique Loubna Mouna.

« De plus, la lecture sublime des poèmes de la poétesse amazighe Mririda, présentée par Amal Ayouch, a constitué un moment particulièrement émouvant », partage Loubna Mouna.

Ce week-end a été riche en émotions et en partage, où pas moins de 200 enfants ont pu découvrir la culture amazighe. « Plus de 500 plats amazighs ont été dégustés, et nos stands ont accueilli plusieurs milliers de visiteurs », ajoute Loubna Mouna.

« Une exposition de photos signée Abdallah Azizi et Ken Wong Youk Hong se poursuit jusqu’au 31 janvier », conclut-elle.

À Bruxelles, focus sur les avancées du Maroc dans la promotion de la culture amazighe

Les avancées réalisées par le Maroc en matière de préservation et de promotion de la culture et de la langue amazighes ont été mis en avant, dimanche à Bruxelles, à l’occasion de la célébration du Nouvel An amazigh comme jour férié national.

Lors d’une rencontre organisée par l’ambassade du Maroc auprès du Royaume de Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg, Driss Khrouz, professeur à l’Université Mohammed V à Rabat, et Meftaha Ameur, directrice de recherche à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), ont passé en revue les acquis en termes de renforcement et de promotion de la composante amazighe de la culture marocaine et l’état des lieux de l’officialisation de la langue amazighe.

Driss Khrouz, ancien directeur général de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, a passé en revue les faits historiques sur la présence de la langue amazighe au Maroc depuis plus de 30 siècles et les mécanismes sociétaux et culturels qui lui ont permis de perdurer jusqu’à nos jours, notant que la célébration du 14 janvier est l’aboutissement d’un long processus de sauvegarde, de renforcement et de promotion de la langue et de la culture amazighes.

La langue amazighe est un patrimoine commun et une composante essentielle de l’identité culturelle de tous les Marocains, quelle que soit leur langue d’expression, a-t-il fait remarquer, notant qu’il appartient à tous de s’approprier cette langue, de l’apprendre, de la travailler et de la faire vivre.

Driss Khrouz a également mis en avant l’étape cruciale de l’officialisation de la langue amazighe dans la Constitution de 2011, qui a ouvert la voie à la promotion de cette langue notamment dans l’administration, l’enseignement et les médias, stimulant par la même occasion les travaux de recherche, de renforcement et de modernisation de cette langue initiés notamment depuis la création de l’IRCAM en 2001.

Pour sa part, Meftaha Ameur a estimé que la célébration du Nouvel An amazigh est une célébration d’un « Maroc pluriel, riche de ses différents affluents tout en étant uni autour de ses fondamentaux », ajoutant que la reconnaissance de la diversité linguistique et culturelle constitue l’un des chantiers principaux du Maroc moderne et démocratique, aux côtés d’autres chantiers comme la réforme du Code de la famille ou la consolidation de l’Etat social.

Elle a ensuite abordé l’état des lieux notamment des recherches scientifiques sur la langue amazighe, de la codification et de la généralisation de l’utilisation du tifinagh, de l’introduction progressive de cette langue dans l’éducation nationale et l’enseignement supérieur, soulignant que des progrès considérables ont été réalisés dans ce domaine.

Meftaha Ameur a en outre souligné l’importance d’œuvrer pour l’intellectualisation de la langue et de la culture amazighes afin de les faire sortir du seul cadre patrimonial ou folklorique, ce qui nécessite, selon elle, l’adhésion de l’ensemble des Marocains autour d’une composante essentielle de leur identité.

Le Nouvel An amazigh célébré les 13 et 14 janvier au Marina Shopping Center de Casablanca

Ce rendez-vous culturel, mettant en lumière les splendeurs de l’amazighité, s’inscrit pleinement dans le contexte de la reconnaissance et de la promotion de la culture amazighe par le Maroc, précise un communiqué de We Speak Citizen.

À travers des expositions, des ateliers et des conférences, cet événement encourage la découverte et l’appréciation des diverses facettes du patrimoine marocain, ouvrant ainsi des espaces de conversation et d’éducation mutuelle, poursuit la même source.

Les festivités de deux jours offriront aux visiteurs :

– Une exposition de photographies par Abdellah Azizi et Ken Wong Youk Hong, rendant hommage à la richesse de la culture amazighe.

– Des dégustations de plats traditionnels amazighs, mettant en valeur les saveurs locales.

– Une série de conférences portant sur des aspects divers de la culture amazighe, enrichissant la compréhension du patrimoine.

– Des spectacles vivants et des ateliers ludiques conçus pour engager les participants de tous âges.

We Speak Citizen est une association de droit marocain créée en 2016 œuvrant pour la valorisation du patrimoine culturel marocain, avec un accent particulier sur les savoir-faire ruraux et la culture amazighe.

Attarik Foundation, partenaire de We Speak Citizen dans cette initiative, est une association marocaine à but non lucratif qui s’engage dans la préservation et la promotion du patrimoine naturel.

Voici la liste complète des jours fériés au Maroc après l’ajout du Nouvel An amazigh

Il s’agit du projet de décret n° 2.23.1000 modifiant et complétant le décret n° 2.04.426 du 29 décembre 2004, fixant la liste des jours fériés payés dans les entreprises industrielles et commerciales, les professions libérales et les exploitations agricoles et forestières, ainsi que du projet de décret n° 2.23.688 modifiant et complétant le décret n° 2.77.169 du 28 février 1977, fixant la liste des jours fériés chômés dans les administrations publiques, établissements publics et services concédés.

Ces décrets déclarent officiellement le 14 janvier (Nouvel An amazigh) comme jour férié payé.

Voici la liste complète des jours fériés au Maroc :

Événements religieux (à titre indicatif)

– Aïd Al Fitr : mercredi 10 avril 2024 et jeudi 11 avril 2024.

– Aïd Al Adha : dimanche 16 juin et lundi 17 juin 2024.

– 1er Moharram : lundi 8 juillet 2024.

– Aïd Al Mawlid (2024) : lundi 16 septembre 2024.

Calendrier civil

– Nouvel An : lundi 1er janvier 2024.

– Manifeste de l’Indépendance : jeudi 11 janvier 2024.

– Nouvel An amazigh : dimanche 14 janvier 2024.

– Fête du Travail : mercredi 1er mai 2024.

– Fête du Trône : mardi 30 juillet 2024.

– Allégeance Oued Eddahab : mercredi 14 août 2024.

– Révolution du Roi et du Peuple : mardi 20 août 2024.

– Fête de la Jeunesse : mercredi 21 août 2024.

– Anniversaire de la Marche verte (2024) : mercredi 6 novembre 2024.

– Fête de l’Indépendance (2024) : lundi 18 novembre 2024.

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Le Nouvel An amazigh fixé au 14 janvier

« Considérant que c’est un élément principal de la culture et de l’identité marocaine authentique, riche de sa diversité, et confirmant l’engagement constant du gouvernement à promouvoir le caractère officiel de la langue amazighe dans divers aspects de la vie publique, il a été décidé l’adoption du Nouvel An amazigh, qui coïncide avec le 14 janvier de chaque année, comme un jour férié national officiel avec salaire, en exécution de la décision royale à cet égard, et en consolidation du caractère constitutionnel de l’amazighe comme langue officielle du pays aux côtés de la langue arabe », peut-on lire sur la note de cadrage du projet de loi de finances 2024.

Cette décision met fin aux spéculations qui penchaient plutôt pour le 12 ou le 13 janvier, jours de célébration habituels dans d’autres régions du monde.

Nouvel an Amazigh : à quand un jour férié ?

« Encore une occasion ratée », nous déclare Meryem Demnati déçue en parlant de ce lundi 13 janvier qui aurait pu être déclaré férié au Maroc,.

« Cela fait des années que nous mettons sur la table cette revendication mais il n’y a toujours pas de déblocage. Les choses tournent en rond avec des promesses non tenues alors que le Maroc aurait pu se distinguer comme l’Algérie qui a réglé cette question en 2018 », regrette l’activiste amazigh.

Célébrations avec feux d’artifice en présence du wali et des gouverneurs, à Agadir et Tiznit

A la question de savoir si la pression médiatique, bien plus forte que les années précédentes, n’augurait pas un déblocage imminent, Demnati rappelle y avoir cru autant en 2017 et 2018.

« La fériérisation du nouvel an Yennayer est une question qui se pose depuis un moment déjà car cela fait quelques années qu’on en parle beaucoup plus que dans le passé. Ainsi, nous avons fêté ce jour en grandes pompes à Agadir et à Tiznit avec des feux d’artifice.

« Malgré des célébrations quasi-officielles en présence des wali, gouverneur et maire, rien n’a abouti », affirme notre interlocutrice qui rajoute que « pour l’instant, on attend toujours ».

Selon Demnati, la seule autorité à même d’imposer la fériérisation du 13 janvier est le Souverain.

Des partis politiques qui se disent impuissants

« En privé, les partis politiques nous disent tous que si ça ne tenait qu’à eux, ils prendraient cette décision dès demain mais vu son importance, elle ne pourra être tranchée qu’au sommet de l’Etat.

« En fait, je pense que le statu quo s’explique par la forte opposition de certains groupes qui refusent d’accepter ou de digérer la banalisation de l’amazigh dans la vie quotidienne des Marocains.

« Depuis l’indépendance du pays en 1956, nous sommes malheureusement toujours dans une position de déni. Au prix d’âpres combats, nous n’avons réussi à arracher, très difficilement, que quelques acquis pour reconnaître quelques pans de cette culture qui est pourtant millénaire. »

« Un retard dû à l’opposition du lobby arabo-islamiste »

« A la manœuvre, un lobby conservateur arabo-islamiste qui ne veut pas entendre parler du moindre changement et qui préfère se limiter à reconnaître ce qui est arabe et musulman mais sans plus.

« C’est du racisme anti-amazigh avec des gens qui n’arrivent pas comprendre que l’ère du panarabisme où on voulait homogénéiser de force par l’arabisation les populations, est finie.

« Une drôle d’opposition alors qu’aujourd’hui nous sommes passés à une époque des droits humains, culturels et linguistiques où chacun peut se prévaloir de ses propres racines.

« Pour cela, il faudrait donc commencer par admettre que le Maroc et l’Afrique du Nord ont aussi une histoire amazigh qu’il importe de respecter », réclame cette porte-parole de la cause amazigh.

Appelée à réagir sur la violente opposition du salafiste Hassan Kettani qui a qualifié le nouvel an amazigh de rite païen à proscrire, Demnati affirme que tous les opposants à Yennayer sont des extrémistes.

« La plupart d’entre eux ne reconnaissent que la culture arabo-musulmane. Il n’y a qu’à voir comment ils excommunient tous ceux qui osent fêter Noël ou le nouvel an.

« Je suis d’une génération qui célébrait ces fêtes sans complexes. De mon temps, il y avait des pères Noël dans la rue qui faisaient le bonheur des enfants et cela ne posait aucun problème.

« Aujourd’hui, ils rejettent tous les symboles des autres cultures et veulent imposer uniquement ce qui correspond à leur vision de leur Islam.

« C’est le cas de l’Islam pratiqué par les amazigh comme la fête de Achoura qu’ils vouent aux gémonies car les enfants filles et garçons se déguisent et dansent. Pour eux, c’est malsain.

« Ils qualifient nos rites de païens. Dans leur bouche, ce terme est une insulte alors que le Maroc a connu plusieurs périodes païennes, chrétiennes, juives avant l’Islam arrivé en dernier.

« Sachant que le nouvel an amazigh date de 2970, ils veulent occulter ce pan millénaire de notre histoire », accuse Demnati qui précise que la date du 13 janvier s’appuie sur le calendrier agraire et correspond au jour le plus froid de l’année.

De plus, comme ce jour coïncide avec le nouvel an chrétien orthodoxe, les opposants à ceux qui veulent le rendre férié en profitent pour dénoncer une volonté de manipulation chrétienne.

Un Chef du gouvernement amazigh mais impuissant

Bien qu’opposée au PJD, elle tient à préciser que l’actuel Chef du gouvernement a toujours eu des positions plus « progressistes » que son prédécesseur à la tête de la primature et du parti.

« Il a toujours été de notre côté, il était pour l’officialisation de la langue amazigh alors que son parti était résolument contre.

« Contrairement à ses collègues, il a toujours été pro-amazigh mais encore une fois, pour fériériser le nouvel an amazigh, il n’est pas décisionnaire.

« Au mieux, il pourra soutenir notre revendication mais sans aller plus loin », rappelle Demnati qui ajoute que les médias se sont emballés inutilement sachant qu’il ne peut pas imposer une décision qui n’est pas de son ressort.

« Aujourd’hui, nous sommes le 13 janvier qui correspond au premier de l’an 2970 et il n’y a eu aucune annonce pour fériériser ce jour. C’est une mauvaise surprise car je ne sais pas ce que l’on attend pour le faire », affirme Demnati qui pense que le Maroc a raté une occasion de se distinguer.

« Pourquoi ne pas l’avoir fait alors que l’Algérie a réglé cette lacune ? Continuer à faire la sourde oreille est vraiment dommage car la communauté amazigh le prend mal.

« Quoi qu’il en soit, nous ne lâcherons pas l’affaire et la lutte va continuer. Fériériser le nouvel an amazigh tient plus de la symbolique car il y a des combats beaucoup plus importants comme renforcer la place de l’amazigh à l’école.

« En effet, tant qu’elle n’est pas enseignée à l’école comme une langue maternelle et nationale, elle est en danger de mort », se désole la militante qui espère qu’il ne faudra pas encore attendre plusieurs années avant que le 13 février devienne un jour chômé au Maroc..

Calendrier indicatif des fêtes religieuses pour 2014

Le ministère des Habous et des affaires islamiques vient de publier à titre indicatif le calendrier des événements religieux pour l'année 2014.

Ces dates ne sont pas définitives. En effet, c'est l'observation qui permettra, comme à l'accoutumée, de donner la bonne date. Il faut compter une marge de 1 ou 2 jours selon la confirmation de l’apparition de la lune par le Comité religieux et comportent deux jours fériés à savoir le jour et le lendemain de la fête. A noter également que le jour de Aïd Al Adha sera déterminé avec exactitude 10 jours à l’avance et le jour de Aïd el Mouloud 12 jours à l’avance. 

Les dates ci dessous sont basées sur le calcul:

Aïd Al Mawlid

 Mardi 14 janvier 2014   

1er Ramadan 

Mardi 29 juin 2014

Aïd Al Fitr  

Mardi 29 juillet 2014  

 

 

Aïd Al Adha

Dimanche 5 octobre 2014 

1er Moharram     

Dimanche 26 octobre 2014

 

Les Marocains champions d’Europe de la naturalisation

Les dernières statistiques d’Eurostat, l’institution européenne chargée de diffuser des statistiques concernant l’UE, viennent d’être publiées. Elles nous en disent plus sur les nouveaux Européens : d’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Quels sont les pays où ils obtiennent la nationalité ?

Pour ce qui concerne les Marocains, la première communauté en ce qui concerne les naturalisations, ils ont été 64.300 à recevoir un passeport rouge, dont plus de la moitié des mains de la France et de l’Espagne, et dans une moindre mesure de la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas.

En France, les Marocains arrivent en tête avec 18,3% des étrangers naturalisés, talonnés par les Algériens (13,1%), les Turcs (5,5%) et les Tunisiens (5,5%).

Même situation en Belgique où 23,6% des naturalisés sont Marocains, devant les Italiens (12,4%), les Turcs (7,9%) et les Congolais (3,9%).

Ce chiffre est quasi-identique à celui des Pays-Bas où 23,9% des concernés sont Marocains, suivis par les Turcs (17,6%), les Surinamiens (3,3%) et les Thaïlandais (2%).

Ils sont aussi premiers en Italie avec 19,1% des naturalisations, suivis des Albanais (14,4%), des Roumains (7,0%) et des Égyptiens (4,2%).

En Espagne enfin, 14.427 Marocains ont acquis la nationalité espagnole en 2011, derrière les Équatoriens et les Colombiens.

Seule l'Allemagne a octroyé plus de nationalité

Globalement, 783.000 personnes sont devenues nouveaux citoyens européens, soit une baisse de 4% par rapport à 2010.

En fait, cette baisse qui intervient après trois années consécutives de hausse, s’explique par les baisses observées dans quatre des cinq pays qui octroient généralement le plus la nationalité, à savoir

-le Royaume-Uni (177.600 personnes, -9% par rapport à 2010),

-la France (114.600, -20%),

-l'Espagne (114 600, -7%)

-et l'Italie (56 200, -15%).

Seule l'Allemagne (109.600, +5%) a enregistré une augmentation. Ensemble, ces cinq pays représentaient encore près des trois-quarts de toutes les nationalités octroyées par les États de l'UE.

En 2011, les nouveaux citoyens de l'UE étaient principalement originaires d'Afrique (26% du total), d'Asie (23%), de pays européens hors UE (19%), d'Amérique du Nord et du Sud (17%) ou d'autres États membres de l'UE (11%).

Après les Marocains : les Turcs, les Equatoriens et les Indiens

A l’échelle de l’ensemble de l’UE, les Marocains sont suivis des Turcs (48.000, dont 58% ayant acquis la nationalité allemande), des Équatoriens (33.700, dont 95% ayant acquis la nationalité espagnole) et des Indiens (31.700, dont 83% ayant acquis la nationalité britannique).

Ensemble, ces 5 communautés ont représenté près du quart du nombre total de personnes ayant acquis la nationalité d'un État membre de l'UE en 2011.

Les Roumains (26.000 personnes) ont constitué le premier groupe de citoyens de l'UE ayant acquis la nationalité d'un autre État membre, suivis des Polonais (11.000), des Italiens (7.500) et des Portugais (6.900).

Plus de femmes que d’hommes

Enfin, parmi les nouveaux Européens, plus de la moitié sont des femmes (52%), alors que l’âge moyen de l’acquisition de la nationalité est de 32,5 ans. Un tiers d’entre eux a moins de 25 ans, près de la moitié a entre 25 et 44 ans et seulement 7% a plus de 55 ans.

Lire le communiqué d’Eurostat publié le 27 novembre.