Abdellatif Zaghnoun dévoile la nouvelle charte de gouvernance des EEP

« J’ai le plaisir d’annoncer aujourd’hui la mise en place d’une Charte de gouvernance, définissant un cadre agile dont les établissements et entreprises publics sont invités à déployer les dispositions, chacun dans le contexte de son secteur d’activité », annonce le directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE). Abdellatif Zaghnoun intervenait dans le cadre d’un séminaire de présentation des lignes directrices de l’OCDE sur la gouvernance des entreprises publiques, ce mardi 20 mai.

Inspirée des lignes directrices de l’OCDE, la Charte s’articule autour de quatre axes fondamentaux :

 État actionnaire, autonomie des EEP et suivi de performances

Pour Abdellatif Zaghnoun, il s’agit de combiner actionnariat de l’État, autonomie opérationnelle des EEP et suivi rigoureux de leurs performances.

« Depuis son opérationnalisation, l’ANGSPE œuvre ainsi à renforcer le rôle stratégique de l’État en tant qu’actionnaire et à garantir un suivi rigoureux de la performance. Notre responsabilité est, pour ce faire, d’accompagner la transformation engagée, en contribuant à faire évoluer les modèles, à professionnaliser les pratiques et à promouvoir une culture de performance au niveau du périmètre, afin de faire bouger les lignes de la gouvernance publique, de manière structurée et cohérente », précise-t-il.

Dans le même sens, Nicolas Pinaud, directeur adjoint de la Direction des affaires financières et des entreprises de l’OCDE, a présenté les recommandations de l’organisation pour renforcer l’action de l’État dans son rôle d’actionnaire :

Adapter la gouvernance des EEP, un impératif face aux mutations économiques

À l’ouverture de cette rencontre, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, a rappelé l’importance des EEP en tant que piliers majeurs de l’économie marocaine. « Les EEP ont toujours constitué une composante essentielle de notre croissance. Elles interviennent dans des secteurs vitaux – énergie, transport, infrastructures, services de base – et portent des missions d’intérêt général indispensables à la cohésion sociale et territoriale ».

Pour la ministre, le contexte actuel marqué par des contraintes budgétaires et des transformations économiques rapides fait que les EEP doivent s’adapter pour répondre à ces défis.

« Dans cette perspective, il nous appartient de faire bouger les lignes de la gouvernance des EEP, en capitalisant sur notre expérience et notre expertise propres, tout en nous appuyant sur les références internationales que sont les Lignes directrices de l’OCDE. Car il ne s’agit plus seulement de gérer l’existant, mais d’interroger nos modèles, de repenser nos mécanismes de pilotage et d’élever le niveau d’exigence pour mieux répondre aux impératifs de performance, de transparence et de responsabilité », souligne Nadia Fettah.Le Maroc dispose d’une expérience confirmée dans la gouvernance des EEP« Le Royaume du Maroc dispose d’une expérience confirmée et d’une expertise accumulée en matière de gouvernance des EEP, fruit de plusieurs années de réformes et d’initiatives structurelles. Cette trajectoire s’est enrichie récemment avec la publication du Code révisé des bonnes pratiques de gouvernance applicable aux établissements et entreprises publics. Ce texte, publié au Bulletin officiel du 28 avril 2025, vient compléter notre arsenal juridique en faveur d’une gouvernance responsable. Il vise à promouvoir la transparence, la redevabilité et l’efficience à travers un ensemble de recommandations et de lignes de conduite structurant les rapports entre l’État et les EEP », précise-t-elle.

Dans le même sens, la ministre de l’Économie et des finances a mis en avant des principes qu’elle considère comme structurants et qui, selon elle, rendent impérative une transformation en profondeur des modes de gouvernance des EEP.

Elle cite :

Lignes directrices sur la gouvernance des EEP : la version révisée

Présentant la version révisée, Nicolas Pinaud, directeur adjoint de la Direction des affaires financières et des entreprises de l’OCDE, précise que les lignes directrices de l’OCDE sur la gouvernance des entreprises publiques constituent la norme internationale de référence en matière d’actionnariat d’État et de pilotage stratégique des entités publiques.

« Adoptées pour la première fois en 2005, puis révisées en 2015 et à nouveau en 2024, elles sont aujourd’hui approuvées par 43 États adhérents. Ces lignes directrices reposent sur une approche rigoureuse, fondée sur des principes exigeants, orientés vers les résultats, mais également marqués par une flexibilité et une proportionnalité adaptées aux contextes nationaux », explique-t-il.

Selon Nicolas Pinaud, la révision de 2024 porte sur quatre axes :

Dans le même esprit, Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’ANGSPE, souligne que les lignes directrices de l’OCDE, dans leur version révisée, s’alignent pleinement avec la feuille de route stratégique de l’Agence.

« L’alignement sur les standards de l’OCDE constitue aujourd’hui un levier puissant pour accélérer la dynamique d’accompagnement engagée par l’ANGSPE auprès de son périmètre. Les évolutions introduites dans la version 2024 des Lignes directrices, qu’il s’agisse du rôle stratégique de l’État actionnaire, de la composition et du fonctionnement des conseils d’administration, ou encore de l’intégration des enjeux de durabilité, correspondent aux priorités déjà inscrites dans notre feuille de route », indique-t-il.

Il convient de souligner qu’à la clôture du séminaire, le Club des femmes administrateurs d’entreprises (CFA) et l’ANGSPE, représentés respectivement par Samira Khamlichi et Abdellatif Zaghnoun, ont signé une convention de partenariat. Celle-ci vise à promouvoir la parité au sein des organes de gouvernance des établissements et entreprises publics relevant du périmètre de l’ANGSPE. Elle prévoit également l’organisation conjointe d’événements et de séminaires dédiés aux enjeux de la gouvernance.

En direct. Séminaire de présentation des lignes directrices de l’OCDE sur la gouvernance des entreprises publiques

Cette rencontre sera l’occasion de disséminer au niveau national la version révisée des Lignes directrices, adoptée en mai 2024 par l’OCDE et considérée comme la norme internationale de référence en matière de gouvernance des entreprises publiques.

 

Maroc 2024: le HCP répond à l’OCDE

Selon un communiqué des services de Ahmed Lahlimi, « contrairement aux affirmations du rapport, le Haut-Commissariat au Plan mène régulièrement des enquêtes de grande envergure couvrant divers aspects de la vie économique et sociale de notre pays et dont la publication se fait tout au cours de l’année, notamment :

De plus, le Haut-Commissariat au Plan réalise également des études spécifiques en réponse à des problématiques d’actualité, telles que celles réalisées sur les Objectifs de Développement Durable en 2016, l’enquête sur les revenus en 2019, l’enquête sur les entreprises et le climat des affaires en 2019, l’enquête sur la violence à l’égard des femmes et des hommes en 2019, ainsi que les enquêtes sur la situation des ménages, des réfugiés et des entreprises durant la période de la Covid-19.

En outre, le HCP mène également des enquêtes de structures de grande envergure telles que l’Enquête Nationale sur le Niveau de Vie des Ménages, l’Enquête Nationale sur les Structures Economiques, l’Enquête Nationale sur le Secteur Informel ainsi que le Recensement économique, mené en 2023 en parallèle des travaux de cartographie du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), actuellement en cours. Ces enquêtes sont réalisées à l’occasion de l’actualisation de l’année de base de la comptabilité nationale, conformément aux recommandations du Système de Comptabilité Nationale des Nations Unies, tous les 5 à 7 ans. Pour l’année de base 2022, la majorité de ces enquêtes sont achevées et en cours d’exploitation. Les statistiques relatives à ces enquêtes sont publiées dès leur finalisation.

En ce qui concerne la comptabilité nationale, nous sommes surpris par la critique formulée à l’égard des données publiées. Le Maroc, qui souscrit à la Norme Spéciale de Diffusion des Données (NSDD) depuis 2005, respecte ces normes en publiant les métadonnées et le calendrier de diffusion sur le site du FMI. Toutes les séquences des comptes nationaux, ainsi que les tableaux de synthèse, les rapports annuels, les nomenclatures des produits et des activités économiques, et les comptes des 12 régions du Maroc sont publiés régulièrement sur notre site en formats PDF et Excel, avec des séries longues d’agrégats disponibles depuis 1980.

Les normes du Système de Comptabilité Nationale des Nations Unies, strictement respectées par le HCP, constituent la seule référence pour valider la crédibilité des comptes nationaux lors de leur évaluation par des organismes régionaux et internationaux spécialisés. Ce domaine bénéficie d’une attention particulière de la part d’organisations telles que le FMI, qui envoie chaque année des équipes d’experts au Maroc pour suivre les travaux de la comptabilité nationale menés par le HCP et recueillir les données pour ses analyses et prévisions de l’économie nationale.

Ces travaux, ainsi que leur avancement, ont été largement communiqués et discutés avec les partenaires nationaux et internationaux, y compris l’équipe de l’OCDE lors de leur visite au Haut-Commissariat au Plan dans le cadre de la préparation du rapport en question.

Toutes les statistiques produites par le Haut-Commissariat au Plan sont accessibles via ses plateformes en ligne, tout en respectant les lois et législations en vigueur sur le secret statistique et la garantie de l’anonymat des personnes physiques et morales. Elles sont également partagées suivant les protocoles d’échange et les normes spéciales de diffusion des données, avec l’ensemble des utilisateurs et organismes nationaux et internationaux tels que Bank Al-Maghrib, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, pour qui l’intégrité et la transparence des données statistiques représentent un critère d’admissibilité à la ligne de crédit modulable que le FMI accorde à notre pays.

Il est regrettable que certaines des informations présentées dans le rapport ne reflètent pas ces éléments et que le Haut-Commissariat au Plan n’ait pas été pleinement consulté sur les aspects spécifiques relatifs à ses contributions. Ces inexactitudes peuvent induire en erreur sur la nature des travaux et de l’engagement du Haut-Commissariat au Plan en matière de collecte et de diffusion de données.

Force est de noter que le Haut-Commissariat au Plan et l’OCDE entretiennent une longue histoire de coopération à plusieurs niveaux, à travers des conventions, des échanges de données, l’organisation de conférences et le travail collégial au sein des groupes de travail de l’OCDE.

Nous invitons l’équipe de l’OCDE responsable du rapport « Études économiques de l’OCDE : Maroc 2024 » à revoir ses propos et à les corriger sur une base factuelle afin de garantir que le rapport reflète fidèlement les efforts consentis par le HCP dans le renforcement de l’appareil statistique nationale.

Le Haut-Commissariat au Plan réitère son engagement à poursuivre ses missions avec rigueur et transparence, tout en renforçant sa collaboration avec l’ensemble des parties prenantes nationales et internationales.

La taxe carbone devrait améliorer le solde budgétaire de 0,8% du PIB du Maroc (OCDE)

Comparativement à d’autres pays, le Maroc accuse un retard dans la mise en œuvre d’une taxe carbone et l’instauration d’un prix du carbone qui sont des étapes cruciales pour renforcer l’économie marocaine et réussir la transition énergétique.

Considérée comme l’un des outils les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en favorisant une transition écologique, la taxe carbone ne se limite pas au seul impact environnemental ; elle constitue également une opportunité précieuse de financement pour des projets verts, tout en contribuant à la réforme fiscale.

Dans le même sens, le récent rapport de l’OCDE sur l’économie marocaine souligne l’importance de cette taxe pour aider le pays à diversifier ses sources de revenus et à relever les défis économiques à long terme.

Voici les principaux points à retenir :

Les ambitions climatiques du Maroc

Le Maroc, par le biais de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) actualisée en 2021, s’est engagé sur la voie de la réduction des émissions de carbone avec des objectifs ambitieux. Il prévoit de réduire ses émissions de 45,5% d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2010, et aspire à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Ce virage écologique s’inscrit dans une stratégie nationale qui repose sur le développement des énergies renouvelables, en particulier la solaire et l’éolienne, en remplacement progressif des sources d’énergie fossiles.

Cependant, la transition énergétique pose des défis de taille. Il s’agit non seulement de concilier la réduction des émissions avec le maintien de la croissance économique, mais aussi de gérer les implications sociales de cette transformation. L’un des leviers clés pour réussir cette transition est l’instauration d’une taxe carbone.

L’instauration d’une taxe carbone : un passage obligé

La mise en place d’une taxe carbone est cruciale. Elle permettrait d’attribuer un coût aux émissions de CO2, incitant ainsi les entreprises et les ménages à adopter des pratiques plus durables. En orientant l’économie marocaine vers des activités à faible émission de carbone, la taxe favoriserait des comportements responsables tout en générant des revenus pour financer la transition écologique.

Toutefois, cette mesure pourrait avoir des répercussions sociales importantes, notamment sur les ménages les plus vulnérables et certaines entreprises. Pour atténuer ces impacts, il est nécessaire de prévoir un accompagnement pour les secteurs les plus touchés. Des incitations fiscales et un soutien technologique doivent également être mis en place pour encourager les entreprises à adopter des technologies plus propres.

Les réformes nécessaires

Outre la taxe carbone, une réforme plus large de la fiscalité verte est indispensable. Une augmentation progressive des taxes sur le gazole et d’autres carburants fossiles, par exemple, pourrait non seulement réduire les émissions, mais aussi générer des recettes supplémentaires pour financer la transition énergétique. Ces recettes, estimées à environ 1,4 à 1,5% du PIB, pourraient être réinvesties dans des projets d’énergies renouvelables et d’amélioration de l’efficacité énergétique.

En parallèle, un alignement progressif des taxes sur les carburants contribuerait à réduire les émissions du secteur des transports tout en encourageant le recours à des véhicules moins polluants. La transition énergétique nécessite également une modernisation des infrastructures. La dissociation des activités de production et de transport de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) est un projet crucial pour ouvrir le marché aux énergies renouvelables. Cette réforme renforcerait la compétitivité du marché énergétique et favoriserait l’entrée de nouveaux producteurs d’énergies vertes.

De plus, la mise en place de tarifs horaires pour l’électricité, qui permettrait une meilleure gestion des pics de consommation, ainsi que la réduction progressive des subventions au butane, font partie des mesures nécessaires pour accélérer cette transition.

Par ailleurs, la réalisation des objectifs de neutralité carbone au Maroc repose en grande partie sur les investissements privés. Selon les prévisions, plus de 85% des financements nécessaires à la transition énergétique proviendront du secteur privé. Le gouvernement a ainsi pour mission de combler les lacunes de financement et de mettre en place un cadre favorable à la mobilisation des capitaux, tout en garantissant une gestion durable et équitable des ressources.

Les secteurs les plus concernés par la transition

Le secteur du transport, responsable de 28% des émissions du pays, pourrait devenir une source majeure de croissance des émissions dans les années à venir, notamment avec l’urbanisation croissante et l’augmentation de la demande en véhicules individuels. Pour limiter cet impact, une révision des droits d’accise sur les carburants, en particulier sur le gazole, actuellement taxé à un niveau inférieur à celui de l’essence, est nécessaire, bien qu’il contribue de manière disproportionnée à la pollution de l’air.

De plus, l’adoption des normes Euro 6 en 2023 marque une avancée dans la réduction des émissions des véhicules neufs, mais le parc automobile vieillissant du Maroc nécessite une modernisation progressive. Une révision des normes d’émission pour les véhicules en circulation ainsi que des investissements dans les transports publics sont également essentiels pour limiter les émissions dans le futur.

Un impact potentiel sur les exportations

Une taxe carbone bien calibrée pourrait aussi aider le Maroc à se préparer aux nouvelles règles du commerce international, notamment avec l’Union européenne, principal partenaire économique du Royaume. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE, qui impose une tarification sur les importations en fonction de leur empreinte carbone, aura un impact direct sur 15% des exportations marocaines, notamment dans des secteurs comme la sidérurgie. En rapprochant sa politique de celle de l’Union européenne, le Maroc pourrait non seulement protéger ses industries stratégiques, mais aussi éviter des sanctions commerciales coûteuses.

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Le Maroc fait face à un virage décisif dans sa transition énergétique. L’instauration d’une taxe carbone, couplée à des réformes structurelles, constitue un enjeu central pour la réalisation des objectifs climatiques. Toutefois, la réussite de cette transition dépendra de la capacité du Royaume à concilier les impératifs écologiques avec les besoins de croissance et de justice sociale.

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Voici les principaux points à retenir concernant le rapport de l’OCDE sur l’économie marocaine

Le 11 septembre 2024, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté son rapport intitulé « Études économiques de l’OCDE : Maroc 2024 » lors d’un événement de haut niveau à Rabat. La cérémonie s’est déroulée en présence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, de la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, ainsi que de plusieurs figures de premier plan du paysage économique et politique.

Le rapport livre une analyse approfondie des réformes déjà engagées et des défis qui attendent le Royaume. Il met en lumière la solidité de la reprise économique après la pandémie et le séisme, tout en soulignant la nécessité d’intensifier les efforts pour accélérer la convergence avec les économies avancées, renforcer la productivité et favoriser une meilleure inclusion des femmes et des jeunes sur le marché du travail.

La feuille de route proposée par l’OCDE est claire : renforcer la gouvernance, libérer le potentiel du secteur privé et investir dans une économie plus verte et inclusive. C’est en poursuivant ces efforts que le Royaume pourra non seulement consolider ses acquis, mais aussi se projeter avec confiance dans une ère de prospérité durable.

Voici les principaux constats à retenir :

Une reprise économique solide malgré des crises successives

Le Maroc a fait preuve d’une résilience remarquable face aux chocs économiques des dernières années, marquées par la pandémie de Covid-19, la crise énergétique mondiale et le séisme de 2023 qui a frappé la région d’Al Haouz.

En dépit de ces événements déstabilisants, l’activité économique poursuit son redressement, tirée par la consommation, l’investissement et les solides résultats à l’exportation, affichant une croissance modeste mais solide, passant de 1,5% en 2022 à 3,4% en 2023, avec des prévisions optimistes tablant sur 4% d’ici 2025.

Cette reprise, bien que robuste, doit être consolidée par d’autres mesures pour éviter de mauvais tournants.

Source : rapport de l’OCDE, Maroc 2024 ; graphique réalisé par Médias24

 

La dette publique, proche de 70% du PIB, devrait se situer à 68,9% fin 2024 et à 68,2% en 2025. L’inflation, bien qu’en baisse après avoir atteint un pic de 10,1% au début de 2023, reste un défi que les autorités marocaines continuent de surveiller de près. Des politiques budgétaires prudentes ont été adoptées pour préserver la stabilité macroéconomique et ramener le déficit public à 3% d’ici 2026.

Pour l’OCDE, il est crucial, dans ce contexte, de mettre en place de nouvelles règles fiscales pour encadrer plus efficacement les dépenses publiques et la gestion de la dette. Parallèlement, il est essentiel de continuer à dynamiser l’investissement, en ciblant particulièrement les secteurs à fort potentiel.

Le défi de la productivité : un levier clé pour une croissance soutenue

La productivité du travail constitue l’un des enjeux les plus importants pour le Maroc. Si les investissements directs étrangers (IDE) ont permis de moderniser certains secteurs clés de l’économie, l’écart de productivité entre le Maroc et les pays de l’OCDE reste important.

Cette situation est exacerbée par la prédominance de l’économie informelle, qui continue de représenter plus de 67% de la main-d’œuvre nationale.

Source : rapport de l’OCDE, Maroc 2024 ; graphique réalisé par Médias24

La nouvelle Charte de l’investissement vise à encourager le secteur privé à prendre le relais des investissements publics, traditionnellement majoritaires. Cependant, la complexité administrative et les coûts bureaucratiques continuent de décourager bon nombre d’investisseurs.

Des mesures doivent être mises en place pour réduire les obstacles réglementaires, tout en garantissant une gestion plus efficace des ressources publiques.

Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas uniquement d’attirer de nouveaux investissements, mais aussi de mieux exploiter ceux qui existent déjà. L’amélioration du climat des affaires et une meilleure gestion des incitations fiscales sont des leviers que le gouvernement doit actionner pour libérer le potentiel du secteur privé et combler l’écart de productivité.

Le marché du travail : une situation préoccupante, mais réformable

La jeunesse marocaine, malgré ses compétences et ses aspirations, reste en grande partie en marge du marché du travail. Avec un taux de chômage des jeunes atteignant 30,3% en 2023 et une participation des femmes plafonnant à 15,5%, le Maroc fait face à un défi de taille pour intégrer cette force vive dans l’économie formelle.

Les secteurs ruraux, en particulier, sont fortement impactés par une économie informelle qui freine la création d’emplois de qualité. Pour financer les réformes et élargir la base d’imposition, il est nécessaire de réduire l’économie informelle et d’accroître certaines recettes.

Cette réalité impose une réflexion sur les politiques d’activation du marché du travail, en vue d’accompagner une transition vers des emplois formels. Ainsi, une révision des cotisations sociales est nécessaire, notamment pour les bas salaires, afin d’encourager la formalisation.

Source : rapport de l’OCDE, Maroc 2024. Graphique réalisé par Médias24.

De plus, des efforts doivent être faits pour renforcer l’inclusion des femmes, en particulier dans les zones rurales, et pour améliorer la flexibilité du marché du travail. Une révision des politiques actives en matière d’emploi, accompagnée d’une meilleure coordination entre les différents acteurs, pourrait offrir des opportunités réelles de redressement.

Transition climatique et gestion de la pénurie d’eau : des enjeux critiques

Avec une ambition affichée de neutralité carbone d’ici 2050, le Maroc se positionne en fer de lance de la transition écologique dans la région MENA, estime l’OCDE.

Le pays, qui dispose d’un potentiel considérable en énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, doit cependant accélérer la mise en œuvre de sa stratégie climatique.

Pour cela, une approche plus intégrée et cohérente de la tarification du carbone, ainsi qu’une meilleure planification des infrastructures d’énergies propres, sont cruciales.

Mais au-delà de l’enjeu climatique, c’est la gestion de l’eau qui constitue aujourd’hui l’un des défis les plus pressants pour le Royaume. Face à une demande croissante et à des précipitations en baisse, le Maroc doit revoir sa politique de tarification de l’eau, en s’assurant que les coûts reflètent non seulement les dépenses d’exploitation, mais aussi la raréfaction de cette ressource stratégique.

Source : rapport de l’OCDE, Maroc 2024 ; graphique réalisé par Médias24

Les recommandations de l’OCDE

Au-delà de l’analyse des défis, l’étude de l’OCDE propose plusieurs recommandations stratégiques pour renforcer la trajectoire de développement du Maroc. Ces recommandations couvrent des aspects cruciaux pour l’avenir économique du Royaume :

PISA 2022 : tout ce qu’il faut savoir sur le niveau des élèves marocains de l’école publique

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a récemment publié le rapport PISA 2022. Ce dernier révèle une baisse du niveau des élèves marocains des écoles publiques, en particulier en lecture et en sciences, par rapport à l’enquête menée en 2018. En revanche, les résultats moyens de 2022 sont presque similaires à ceux de 2018 en mathématiques. Le rapport pays, qui vient d’être mis en ligne, fournit d’intéressants détails.

Hausse de 5 points de la proportion d’élèves avec un faible niveau en mathématiques

Dans le détail :

Dans le rapport Maroc, l’OCDE souligne que la baisse des résultats dans les deux dernières matières (lecture et sciences) peut s’expliquer par l’intégration scolaire d’un plus grand nombre d’élèves de 15 ans issus de populations marginalisées. En effet, entre 2018 et 2022, le nombre de jeunes de 15 ans éligibles au test PISA a augmenté dans le Royaume.

Les filles ont un meilleur niveau en mathématiques et en lecture

Le même document estime également que l’écart entre les élèves marocains les plus performants (10% ayant obtenu les scores les plus élevés) et ceux ayant obtenu les scores les plus faibles (10%) s’est rétréci entre 2018 et 2022 en mathématiques. Un constat que l’OCDE explique par « l’amélioration du niveau des élèves peu performants en mathématiques, tandis que celui des élèves qui étaient performants a baissé ». Il n’a cependant pas connu de changement significatif en lecture et en sciences.

Et d’ajouter : « Par rapport à 2018, la proportion d’élèves ayant obtenu un score inférieur à un niveau de compétence de base (niveau 2) a augmenté de 5 points en mathématiques, mais n’a pas changé de manière significative en lecture ni en sciences ».

Si l’on compare les performances des participants en termes de sexe, il ressort que les filles ont un meilleur niveau en mathématiques et en lecture.

Ce que savent faire les élèves marocains de l’école publique dans les trois matières évaluées

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) évalue les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans dans trois matières : mathématiques, lecture et sciences. Les tests évaluent la capacité des élèves à résoudre des problèmes complexes, à réfléchir de manière critique et à communiquer efficacement. Ce rapport fournit donc un aperçu de la manière dont les systèmes éducatifs préparent les élèves aux défis de la vie réelle et à la réussite future.

Les élèves marocains ont obtenu des résultats inférieurs à la moyenne de l’OCDE dans les trois matières évaluées

Dans le cadre de la seconde participation du Royaume à cette enquête, 6.867 élèves marocains répartis dans 178 écoles y ont pris part, sur quelque 690.000 élèves ayant subi l’évaluation en 2022 dans 81 pays. Da manière générale, le constat est inquiétant : « Les élèves marocains ont obtenu des résultats inférieurs à la moyenne de l’OCDE dans les trois matières évaluées ».

En ce qui concerne les mathématiques, matière sur laquelle est focalisée cette dernière édition, seuls 18% des élèves marocains ont atteint au moins le niveau 2. Ce chiffre reste nettement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, qui se situe à 69%. Ainsi, au minimum, ces élèves peuvent interpréter et reconnaître, sans instruction directe, la façon dont une situation simple peut être représentée mathématiquement (par exemple, comparer la distance totale sur deux itinéraires ou convertir les prix dans une devise différente).

En mathématiques, presque aucun élève marocain n’a obtenu les niveaux 5 ou 6 

Presque aucun élève marocain n’a obtenu les niveaux 5 ou 6 contre une moyenne de l’OCDE de l’ordre de 9%. Notons qu’à ces niveaux, les élèves peuvent modéliser mathématiquement des situations complexes et sélectionner, comparer et évaluer des stratégies de résolution de problèmes appropriées pour y faire face. Seuls 10% des élèves au niveau de 16 des 81 pays participants ont atteint les niveaux de compétence 5 ou 6.

Lecture : environ 19% des élèves marocains ont atteint le niveau 2 ou plus, contre une moyenne de 74% de l’OCDE

Pour ce qui est de la lecture, environ 19% des élèves marocains ont atteint le niveau 2 ou plus contre une moyenne de 74% de l’OCDE. « Au minimum, ces élèves peuvent identifier l’idée principale d’un texte de longueur moyenne, trouver des informations basées sur des critères explicites, quoique parfois complexes, et réfléchir au but et à la forme des textes lorsqu’on leur demande explicitement de le faire ». La proportion d’élèves de 15 ans ayant atteint les niveaux minimums de compétence en lecture (niveau 2 ou supérieur) variait de 89% à Singapour à 8% au Cambodge.

Comme pour les mathématiques, presque aucun élève n’a atteint le niveau 5 ou plus dans cette matière (moyenne OCDE : 7 %). Les étudiants participant à cette enquête ne peuvent donc pas comprendre de longs textes, traiter des concepts abstraits ou contre-intuitifs, ni établir des distinctions entre faits et opinions, sur la base d’indices implicites relatifs au contenu ou à la source de l’information.

S’agissant des sciences, environ 25% des étudiants ont atteint le niveau 2 ou plus (moyenne OCDE : 76 %). « Au minimum, ces élèves peuvent reconnaître l’explication correcte de phénomènes scientifiques familiers et utiliser ces connaissances pour déterminer, dans des cas simples, si une conclusion est valide sur la base des données fournies ». Toutefois, comme pour les deux matières précédentes, presque aucun élève ne maîtrisait les niveaux 5 ou 6 (moyenne OCDE : 7 %). Ils ne peuvent donc pas appliquer de manière créative et autonome leurs connaissances scientifiques à une grande variété de situations, notamment celles peu familières.

Les élèves issus de milieux favorisés surpassent ceux des milieux défavorisés

Le rapport PISA a également analysé les écarts de performance entre élèves marocains de l’école publique, en termes de milieu socio-économique et de sexe.

Tout d’abord, il relève que 51% des participants au Maroc faisaient partie des élèves les plus défavorisés ayant passé le test PISA en 2022. « Leur score moyen en mathématiques était de 354 points. En Turquie et au Vietnam, les étudiants issus de milieux socio-économiques similaires ont tendance à obtenir des résultats nettement plus élevés », souligne l’OCDE.

Et de poursuivre : « Au Maroc, les élèves socio-économiquement favorisés ont surpassé ceux défavorisés de 43 points en mathématiques. Ce chiffre, qui est inférieur à l’écart moyen entre les deux groupes (93 points) dans les pays de l’OCDE, est cependant resté stable par rapport à 2018″.

Notons toutefois que l’écart de performance lié au milieu socioéconomique ne prend pas en considération les élèves scolarisés dans le privé.

Les filles plus performantes que les garçons en mathématiques et en lecture

En termes de sexe, le rapport relève que les filles surpassent les garçons de 4 points en mathématiques et de 22 points en lecture. Par ailleurs, la part des élèves peu performants est similaire chez les garçons (81%) et les filles (82%) en mathématiques. En lecture, en revanche, la part est plus importante chez les garçons. 78% des filles et 84% des garçons ont obtenu des résultats inférieurs au niveau 2 dans cette matière.

Entre 2018 et 2022, les performances en mathématiques sont restées stables tant chez les garçons que chez les filles.

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Économie marocaine : l’OCDE table sur un rebond de la croissance en 2023 et une consolidation en 2024

Selon l’organisation internationale, « la croissance devrait rebondir à 3,3% en 2023 [*], et se renforcer encore à 3,6% en 2024 et 3,8% en 2025 ». Il est indiqué qu’un rebond de la production agricole et du secteur des services, en particulier le tourisme, soutiendra l’activité économique globale du Royaume.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) rappelle que le séisme de Marrakech-Safi a eu un coût humain élevé. En revanche, celui-ci n’a pas perturbé les principales activités productives.

Au registre des bonnes nouvelles économiques, il est mentionné que l’inflation devrait diminuer progressivement au cours des deux prochaines années, grâce à la baisse des prix des matières premières et au resserrement de la politique monétaire.

Cela dit, de l’avis des experts de l’organisation internationale, les principaux risques qui pèsent sur l’activité économique ont trait à une prolongation de la sécheresse, un ralentissement de la demande européenne et des chocs sur les prix des matières premières.

« La Banque centrale devrait continuer de veiller à ce que l’inflation ralentisse et maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel aussi longtemps que nécessaire », prédit-on.

Notons que les auteurs des prévisions économiques suggèrent qu’un assainissement budgétaire progressif est nécessaire pour garantir la viabilité budgétaire, grâce à l’élargissement de la base de revenus et à un soutien plus ciblé aux ménages vulnérables.

Au chapitre des priorités figurent, selon les experts, les réformes structurelles visant à stimuler la croissance. Il s’agit de la stimulation de l’investissement privé, l’amélioration de la participation des femmes au marché du travail et l’accélération des mesures d’adaptation au changement climatique.

À l’origine du rebond

« La croissance s’est améliorée cette année grâce à la hausse de la consommation intérieure, à la reprise de la production agricole et aux solides performances des services et des exportations », explique t-on.

En clair, les transferts vers les entreprises publiques et les dépenses diverses ont stimulé la consommation publique. Autre très bon point relevé :  le tourisme a repris, et le nombre d’arrivées a dépassé son niveau d’avant-pandémie.

Le renforcement de la confiance des entreprises, l’augmentation de l’utilisation des capacités et l’accroissement des exportations industrielles ont également été profitables à l’activité économique de l’année. Il en est de même pour le repli de l’inflation annuelle globale et sous-jacente depuis mars (sous la barre des 4,5% en octobre).

L’autre situation bénéfique à l’économie nationale est la modération des prix internationaux des matières premières ayant contribué à la réduction des factures énergétiques et alimentaires, même si les exportations de phosphates ont été impactées.

Dans le même ordre d’idées, les experts de l’OCDE évoquent les bonnes performances des exportations des secteurs de l’automobile, de l’électronique et du textile, ajoutant que « la ligne de crédit modulable (LCM) de 5 milliards de dollars, ouverte par le FMI, a été approuvée en avril pour offrir au pays une marge de sécurité en cas de choc grave affectant la balance des paiements ».

Vers une baisse du taux d’endettement des administrations publiques

D’après les experts de l’OCDE, avec une baisse de l’inflation, la Banque centrale devrait maintenir, puis abaisser progressivement son taux directeur. Pour rappel, Bank-Al-Maghrib a relevé son taux directeur de 1,5%, en septembre 2022, à 3% en mars 2023, pour contrer les fortes poussées inflationnistes.

Au chapitre des finances publiques, il est précisé que « le déficit budgétaire des administrations publiques est bien supérieur au niveau d’avant la pandémie, mais il se réduira lentement à mesure que l’économie se redressera, et que la baisse des prix internationaux réduira le coût des subventions au gaz, au blé et au sucre. Dans ces conditions, le taux d’endettement des administrations publiques diminuera progressivement à moyen terme ».

Retour de la croissance?

Comme indiqué précédemment, la croissance réelle devrait selon l’OCDE atteindre 3,3% en 2023, et 3,6% en 2024, stimulée par l’agriculture, la demande intérieure, le tourisme et les exportations des industries manufacturières clés, telles que l’automobile et l’électronique.

« La reconstruction et les nouvelles incitations politiques renforceront l’investissement. Ces évolutions soutiendront les revenus et la consommation, la reprise de la production agricole stimulant l’emploi rural. La baisse de l’inflation, l’augmentation du salaire minimum et la résilience des envois de fonds, ainsi que la mise en place d’un système de transferts monétaires pour les ménages à faible revenu, stimuleront les dépenses privées« , avancent les experts de l’OCDE. Ils tablent sur un repli de l’inflation à 2,5% en 2024. Et ce, en raison de la baisse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, et de l’effet de la hausse des taux d’intérêt.

Au final, les auteurs des prévisions économiques assurent qu’en vue de stimuler la productivité, des réformes sont nécessaires pour accroître le rendement des investissements publics et privés et renforcer les compétences. « La poursuite des efforts actuels visant à accroître la formalité devrait contribuer à augmenter la productivité et la qualité de l’emploi », prédit-on.

Les experts de l’OCDE sont formels : le Maroc doit accélérer ses efforts pour atteindre les objectifs climatiques, notamment en augmentant la capacité d’énergie renouvelable et en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles, tout en planifiant l’adaptation au climat et en améliorant la gestion de l’eau.

[*] Médias24 émet des réserves sur cette prévision. Dans le meilleur des cas, si les exportations et les productions agricoles du dernier trimestre 2023 sont élevées, le taux de croissance de cette année se situera entre 2,8 et 3%. Sinon, il sera plutôt entre 2,6 et 2,8%.

Ce que signifie l’ouverture d’un bureau économique à l’OCDE pour le Maroc

Le Maroc entame une nouvelle phase dans sa relation avec l’OCDE. Le ministère de l’Economie et des finances annonce le lancement, ce lundi 20 février, des activités du bureau économique du Maroc à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« Ce projet stratégique vise à hisser la coopération économique avec cet organisme à un nouveau palier, en dotant le Royaume d’un outil dont disposent l’ensemble des 38 Pays membres de l’OCDE », explique un communiqué du département dirigé par Nadia Fettah Alaoui.

Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? « Jusque-là, le Maroc avait un cadre de collaboration avec l’OCDE dans lequel on disposait d’un programme de coopération et de projets. Nous étions invités aux réunions mais nous n’étions pas dans l’organisation. Ce nouveau palier nous permet d’avoir une structure permanente dédiée au Maroc à l’intérieur de l’OCDE« ,  nous explique une source au ministère de l’Economie et des finances.

Attention, cela ne veut aucunement dire que nous sommes devenus un pays membre de l’OCDE. En revanche, l’ouverture d’un bureau économique Maroc peut être traduite comme une sorte de « statut avancé ».

« Avoir un ‘Desk économique’ au sein de l’organisation est une étape nécessaire si un jour on veut y adhérer », précise notre source. Et d’ajouter : « L’équipe de ce bureau sera composée d’économistes de l’OCDE et de cadres mis à disposition par l’administration marocaine auprès de l’OCDE pour faciliter le partage des connaissances et méthodologies entre l’OCDE et le Gouvernement marocain. »

Des publications sur le Maroc similaires aux pays membres

Sur quoi va se pencher ce bureau économique ? Il aura pour mission de préparer, selon une méthodologie spécifique et des démarches précises :

– l’Etude économique de l’OCDE sur le Maroc à travers une analyse transversale, reposant sur des comparaisons internationales solides et promouvant le partage d’expériences.

– Des prévisions économiques, à l’automne et au printemps, avec une note par pays résumant les développements récents, les perspectives à deux ans, ainsi que les priorités de réformes. Ces prévisions et analyses sont publiées dans le cadre des Perspectives économiques de l’OCDE deux fois par an.

Une évaluation des réformes structurelles en cours. Cette évaluation repose sur la construction d’indicateurs de performance économique, sociale et environnementale ainsi que de politiques structurelles. Ces analyses sont publiées dans le cadre du rapport Objectif croissance.

« L’OCDE a déjà produit des études sur le Maroc. Mais là, il s’agit de l’étude de référence économique que produit l’OCDE pour ses pays membres. Ce rapport économique adresse les questions de l’emploi, de la croissance, de l’investissement, de la formation, du développement durable. Ce sont les thèmes standards. Il y a également une appréciation des réformes structurelles engagées, la note pays avec les prévisions… Nous aurons des prévisions économiques régulières. On va aussi rentrer dans le rapport Going for Growth de l’OCDE où elle donne des perspectives sur les contraintes structurelles à la Croissance », précise notre interlocuteur au ministère de l’Economie et des finances.

« Donc, au niveau économique, le Maroc va se reprocher des pratiques des pays membres. Ce qui offre une visibilité formidable au niveau de l’organisation mais aussi à l’international. Cela nous permet d’avoir le backup, le soutien et l’analyse des 38 pays de l’OCDE », poursuit-il.

Les premières prévisions pour le Maroc en novembre

Les publications de l’OCDE deviendront donc régulières et précises à l’image de ce qui se fait pour les pays membres. Selon nos informations, après le lancement effectué ce 20 février, une mission structurelle est prévue en mai prochain avec une première participation à la réunion STEP.

« Le Maroc sera invité à participer deux fois par an, à la réunion du Groupe de Travail de l’OCDE sur les Prévisions Économiques à court-terme (STEP) », nous précise-t-on.

S’en suivra en novembre 2023, la publication des premières prévisions pour le Maroc.

En 2024, le calendrier prévisionnel prévoit une mission politique en début d’année, suivie en avril d’une réunion du comité d’examen des situations économiques et du développement (EDR) sur le Maroc.

Enfin au printemps 2024, on doit s’attendre à la publication de l’étude économique.

« Le bureau économique du Maroc à l’OCDE suivra plusieurs  paramètres macroéconomiques, il n’y a pas que les questions de prévisions. Par ailleurs, le Maroc participera aussi aux groupes des prévisions de l’OCDE, ce qui permettra un important transfert de savoir-faire dans ce domaine », explique notre source.

« Nous parlons ici d’une organisation internationale qui fait autorité dans le domaine du développement et de l’économie, d’ailleurs ses prévisions sont autant si ce n’est plus suivies que celles d’autres organismes internationaux. Elle offre de la crédibilité. Juste pour donner un exemple, la France veut faire passer la réforme de la retraite. La chose qui va beaucoup l’aider ou pas, c’est la position de l’OCDE sur ce dossier », détaille notre interlocuteur.

L’ouverture de ce bureau économique entre dans le cadre du renforcement du partenariat entre le Maroc et l’OCDE sur le plan économique dans le cadre de la mise en œuvre la deuxième phase du Programme-Pays.

Le deuxième Programme-Pays, signé le 25 juin 2019 pour trois ans (objet d’une prolongation), vise en particulier à faire progresser les réformes engagées par le Maroc dans différents domaines de politiques publiques, à travers la mise en œuvre de 14 actions thématiques regroupées dans 4 piliers : la gouvernance publique, intégrité et lutte contre la corruption ; la croissance économique, investissement et fiscalité ; le renforcement du capital humain ; le développement territorial.

OCDE: sortie de crise en vue mais perspectives « très incertaines » en attendant

L’Organisation de coopération et de développement économique a également légèrement corrigé son estimation pour 2020, mais à la hausse: le PIB mondial devrait finalement se contracter de 4,2%, contre -4,5% prévus lors de ses précédentes prévisions, en septembre.

En revanche, les perspectives de rebond se sont assombries pour 2021. Car entretemps a déferlé la deuxième vague de Covid-19, qui a fait 1,46 million de morts depuis son apparition en Chine en décembre et continue à progresser rapidement dans certains pays, comme au Brésil où le PIB est attendu en hausse de 2,6% en 2021, après -6% en 2020.

Même si le monde ne devrait pas retrouver son niveau d’avant-crise avant la fin de 2021, la croissance sera toutefois partout au rendez-vous l’année prochaine, selon les prévisions de l’OCDE: +3,2% aux Etats-Unis, +3,6% en zone euro, +7,9% en Inde et +8% en Chine.

Pour 2022, l’OCDE table sur une croissance mondiale de 3,7%.

En France, après une chute inédite de 9,1% de l’activité en 2020, la croissance devrait rebondir de 6% en 2021 et 3,3% en 2022.

« La perspective d’une sortie de crise s’est améliorée grâce aux progrès réalisés dans la conception d’un vaccin efficace, mais les perspectives à court terme restent très incertaines, la reprise de l’activité étant de plus en plus hésitante », écrit l’OCDE.

En effet, la recrudescence de l’épidémie « et les mesures d’endiguement mises en place ont freiné le rythme de la reprise mondiale, après l’effondrement de la production constatée dans la première moitié de 2020 ».

Et cette tendance « devrait persister pendant un certain temps, étant donné les défis à surmonter, en termes de développement et de logistique, avant de pouvoir distribuer un vaccin à grande échelle dans le monde », prévient l’institution basée à Paris. Qui invite à ne pas se faire d’illusions: « vivre avec le virus pendant encore six à neuf mois au moins sera compliqué ».

Quant à la réponse macroéconomique, l’OCDE est sur la même ligne que le FMI: les politiques monétaires et budgétaires actuelles, expansionnistes, doivent être poursuivies, le moment n’est pas venu de serrer la vis. « S’assurer que la dette est supportable ne sera une priorité que lorsque la reprise sera sur les rails » prévient-elle.

(AFP)

L’OCDE renouvelle le « Programme-pays Maroc »

L’accord a été signé par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Otmani, et le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. Cette signature fait suite à la mise en place de la première phase du Programme-pays.

Le Programme-pays est un outil innovant de l’OCDE permettant à certaines économies partenaires de tirer profit de l’expertise et des bonnes pratiques de l’OCDE, de renforcer leurs institutions et d’accroître les capacités pour des réformes publiques réussies. Le Maroc est l’une des quatre économies partenaires, aux côtés du Kazakhstan, du Pérou et de la Thaïlande, à bénéficier de ce programme de coopération bilatérale. Celui-ci couvre divers domaines, comme l’investissement, la gouvernance publique, l’éducation ou le développement territorial.

Le Programme-pays Maroc inclut 15 projets et examens des politiques publiques, l’adhésion à 20 instruments juridiques de l’OCDE et une participation renforcée à six comités de l’OCDE.

La délégation ministérielle marocaine comprend Mohammed Aujjar, ministre de la Justice, Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie et des finances, Lahcen Daoudi, ministre délégué chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed Benabdelkader, ministre délégué chargé de la Réforme de l’administration et de la fonction publique et Abdelahad Fassi Fihri, ministre de l’Aménagement du territoire et Mounia Boucetta, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

Des sessions, au programme desquelles figure une intervention de l’ambassadeur du Maroc en France, Chakib Benmoussa, seront animés également par Khalid Safir, wali, directeur général des Collectivités locales, et Mohand Laenser, président de l’Association des régions du Maroc.

Le premier Programme Pays-Maroc était composé de 16 projets qui s’articulaient autour de trois domaines stratégiques pour le Royaume: la compétitivité, la gouvernance publique et l’inclusion sociale. 

Le suisse Eléphant Vert investit 65 millions d’euros dans la bio-agriculture au Maroc

"Ce projet inédit, d'une capacité de 500 emplois à l'horizon 2017, vise à faire du pays un hub pour exporter les trois-quarts de sa production en Europe et en Afrique", souligne-t-on auprès de la société helvétique.

La filiale marocaine d'Eléphant Vert, en partenariat avec la fondation suisse Antenna Technologies, a déjà inauguré un premier site à Meknès, actuellement en cours d'expansion. Cette unité a absorbé 25 millions d'euros d'investissements directs, auxquels s'ajoutera une enveloppe supplémentaire de 20 millions dans les années à venir.

Pour les sites d'Agadir et de l'agropole de Berkane, le groupe prévoit de consacrer à chacun, dans un premier temps, une enveloppe d'au moins 7 millions d'euros.

Selon le directeur général du groupe, Sébastien Couasnet, les engrais proviennent de l'usine à Meknès où ils sont produits à partir de la valorisation de déchets agricoles collectés auprès de divers fournisseurs locaux du bassin de Meknès, dont des agriculteurs, éleveurs et des sociétés d'agroalimentaire.

Le processus de production consiste d'abord à sélectionner, puis mettre en fermentation les matières premières (déchets). Ensuite, intervient la phase d'aérobie d'enrichissement à base d'azote et d'ammoniac, un procédé classé "secret de fabrication", suivi de la phase de conditionnement, explique-t-on auprès de l'entreprise.

En outre, la société propose des biofertilisants commercialisés sous les marques Fertinova et Orgavert, des produits enrichis en bactéries utilisés notamment pour le traitement des cultures (bioinsecticides, bioacaricides, biofongicides).

Pour M. Couasnet, "la perspective de l'expérience actuelle est de faire de la région de Meknès une vitrine d'innovation industrielle, de recherche et développement".

Autre investissement phare de la société, une station d'essai baptisée "Clinique des plantes" sera opérationnelle dès octobre 2014 afin de mener des expériences sur ses produits et développer des solutions aux problèmes spécifiques aux cultures.

"Les activités de la clinique s'étendent à plusieurs régions et nous travaillons à l'implantation de notre réseau de distribution qui permettra un large accès à nos biofertilisants et biopesticides", indique le groupe dans un communiqué.

La station d'essai devrait ouvrir ses portes aux exploitants agricoles qui pourront ainsi acquérir un savoir-faire en matière d'utilisation des micro-organismes du sol et des biopesticides pour un usage optimal des produits.

Situé sur une surface de dix hectares, le site de Meknès table sur une production de 50.000 tonnes de biofertilisants à base de micro-organismes et 120 tonnes de biopesticides à l'horizon 2015.

D'après la société, les tests des biofertilisants au Maroc sont menés sur des cultures aussi diversifiées que la banane, fraise, orange, blé, clémentine, pomme de terre, pastèque et betterave sucrière.

A cet effet, Eléphant Vert a noué un partenariat avec la Fondation marocaine pour l'innovation et la recherche (MASCIR) et l'université de Meknès.

(MAP)

Egypte: au moins 75 morts et des centaines de blessés dans les heurts

Au moins 75 partisans du président égyptien destitué Mohamed Morsi ont été tués dans des affrontements avec la police tôt samedi matin sur la route de l'aéroport du Caire, selon un hôpital de campagne géré par les Frères musulmans. L'hôpital de campagne installé par les partisans de M. Morsi à la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le nord-est du Caire, a fait état de 75 morts et 1.000 blessés dans des heurts avec la police sur la route de l'aéroport, non loin de la mosquée, a rapporté l'agence officielle Mena, qui a précisé que ces chiffres n'étaient pas confirmés par le ministère de la Santé, qui diffuse habituellement les bilans des affrontements.

De précédents bilans faisaient état de 10, puis de 23 morts. Aucune source médicale indépendante ou de sécurité officielle n'a pu être par ailleurs jointe dans l'immédiat par l'AFP.

Le directeur de l'hôpital de campagne, le Dr Hicham Ibrahim, cité par Mena a précisé que la majorité des morts avaient été atteints par balles à la tête et à la poitrine. Il a indiqué que l'hôpital souffrait d'une carence d'équipements médicaux en raison du grand nombre de blessés et a appelé à l'envoi d'ambulances pour les transporter vers les établissements hôpitaux proches.

Les heurts ont éclaté à l'aube entre manifestants tentant de bloquer un pont routier et policiers qui ont échangé jets de pierres et tirs de gaz lacrymogènes, a indiqué Mena, ajoutant que des tirs de chevrotine d'origine inconnue ont été entendus.

De leur côté, les Frères musulmans ont affirmé dans un communiqué que "les forces de sécurité et l'armée ont commis un nouveau crime samedi aux premières heures devant le mémorial de l'autoroute" menant à l'aéroport. Une vidéo diffusée par les partisans de M. Morsi montre un groupe d'hommes, presque tous en civil, s'affrontant à coups de pierres avec des personnes hors du champ de la caméra. Parmi les hommes filmés figurent deux en uniforme de police, dont l'un tire à plusieurs reprises en direction de l'origine des jets de pierres.

Un haut responsable de sécurité cité par l'agence Mena dément toute utilisation par les forces de l'ordre de tout autre moyen que les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Huit policiers ont été blessés, essuyant des jets de pierres et des tirs de chevrotine, selon la même source. Ces affrontements se sont produits après une journée de manifestations rivales massives vendredi à l'appel des partisans et adversaires de M. Morsi, au cours desquelles sept personnes ont été tuées à Alexandrie (nord).