4ᵉ baisse consécutive des exportations automobiles à fin avril 2025 (-7%)
Selon le dernier bulletin de l’Office des changes, les exportations du secteur automobile marocain continuent de décroître, avec une baisse de 7% à fin avril 2025. Parallèlement, les importations de véhicules de tourisme et utilitaires augmentent, accentuant le déséquilibre commercial du secteur.
Le secteur automobile marocain décroît pour le 4ᵉ mois consécutif
Le recul du secteur automobile marocain se confirme. À fin avril 2025, les exportations du secteur s’établissent à 49 MMDH, en baisse de 7% par rapport à la même période en 2024 (52,7 MMDH). C’est le quatrième mois consécutif de baisse d’une industrie pourtant pilier de la performance commerciale du pays.
Ce repli résulte principalement de la chute du segment « construction ». À fin avril 2025, ce segment a perdu plus de 5 milliards de dirhams, enregistrant une contraction de 22% par rapport à l’année précédente (17,8 MMDH contre 22,9 MMDH en 2024).
Cette tendance baissière s’inscrit dans la continuité des mois précédents : -10,9% en janvier, -8,2% en février, -23,7% en mars. Avril ne déroge donc pas à la règle.
Les autres segments du secteur offrent une résistance inégale. Les exportations de câblage automobile progressent légèrement de 1,7% (18,9 MMDH contre 18,6 MMDH), tandis que le segment intérieur (intérieur des véhicules et sièges) affiche une hausse plus dynamique de 10,3% (3,35 MMDH contre 3,03 MMDH). En revanche, les composants extérieurs accusent un recul de 10,1%.
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Importations : les véhicules de tourisme et utilitaires en forte hausse à fin avril
Les importations de biens atteignent 263 MMDH à fin avril 2025, en hausse de 9,1% sur un an. Les produits finis d’équipement arrivent en tête avec 61,8 MMDH (+13,3%), tirés par l’augmentation des achats de parties d’avions (+1.297 MDH), de voitures utilitaires (+1.120 MDH, +33,4%) et de matériel de génie civil.
Viennent ensuite les produits finis de consommation à 61,2 MMDH (+11,5%). Les voitures de tourisme y contribuent fortement, avec 8,3 MMDH d’achats (+14,5% ou +1.055 MDH), aux côtés des médicaments et du mobilier.
Les demi-produits totalisent 55,6 MMDH (+7,6%), les produits alimentaires 33,5 MMDH (+11,3%), et les produits bruts 13,2 MMDH (+25,4%). Seule baisse, la facture énergétique recule de 4,9%, à 37,3 MMDH.
Les véhicules de tourisme et utilitaires représentent ensemble plus de 12,7 MMDH d’importations, en hausse de 2,2 MMDH sur un an, accentuant le déséquilibre commercial d’un secteur automobile déjà en recul à l’export.
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Les recettes touristiques dépassent 34 MMDH à fin avril, en hausse de 7,5% par rapport à 2024
Les recettes touristiques poursuivent leur redressement, selon les données provisoires de l’Office des Changes.
Recettes touristiques
À fin avril 2025, les recettes générées par les voyages se sont établies à 34,44 MMDH, contre 32,04 MMDH un an plus tôt. Cela représente une hausse de 2,4 MMDH, soit une progression de +7,5% en glissement annuel.
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Dépenses touristiques
Les dépenses des Marocains à l’étranger ont également progressé, atteignant 9,2 MMDH à fin avril 2025, contre 8,88 MMDH à la même période de 2024, soit une hausse de 313 MDH, équivalente à +3,5%.
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Le solde de la balance des voyages
Le solde de la balance des voyages reste excédentaire et continue de s’améliorer. À fin avril 2025, il s’établit à 25,25 MMDH, contre 23,16 milliards un an auparavant. Il en ressort un gain de 2,09 MMDH, soit une progression de +9%.
Source : Office des changes, données provisoires à fin avril 2025.
Les transferts des MRE baissent de 3,7% à fin avril 2025
Transferts des MRE : baisse à fin avril 2025
Selon le dernier bulletin de l’Office des changes, les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l’étranger ont atteint 35,8 MMDH à fin avril 2025 contre 37,3 MMDH à la même période en 2024, soit une baisse de -1,4 MMDH ou 3,7%.
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Textile. « Le Maroc a une opportunité historique sur le marché américain » (Abderrahmane Atfi)
Les exportations marocaines du secteur textile et cuir ont de nouveau reculé au premier trimestre 2025, confirmant la tendance au tassement amorcée un an plus tôt.
Ce recul, bien que modéré, intervient après une première baisse de 3,9% enregistrée au premier trimestre 2024, soulignant une dynamique d’essoufflement que le secteur peine à enrayer.
Source : Office des changes
Entre le premier trimestre 2019 et celui de 2024, les exportations du textile marocain ont suivi une trajectoire en dents de scie. Après un niveau de 9.396 MDH au premier trimestre 2019, la crise du Covid-19 provoque un net repli à 8.360 MDH au premier trimestre 2020, puis à 7.845 MDH en 2021, sur fond de fermetures globales, de perturbations logistiques et de concurrence asiatique renforcée.
En 2022, le secteur connaît un fort rebond à 10.365 MDH grâce à la reprise de la demande européenne et au repositionnement du Maroc dans les chaînes d’approvisionnement. Cette dynamique se poursuit au premier trimestre 2023, avec un pic à 12.148 MDH, avant de s’infléchir en 2024 à 11.672 MDH, marquant ainsi le début d’un ralentissement. L’année 2025, enfin, vient confirmer cette inflexion.
Une stagnation prévisible, une opportunité à saisir
Contacté par Médias24 au sujet du repli des exportations textiles au premier trimestre 2025, Abderrahmane Atfi, industriel du secteur et ancien président régional de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) à Casablanca, estime que cette stagnation était prévisible.
« Cette baisse était attendue, au vu de la conjoncture économique en Europe et de la dégradation du pouvoir d’achat. Il était clair que la demande allait reculer en ce début d’année. Et c’est exactement ce qui s’est produit ».
Selon lui, les incertitudes liées aux relations commerciales sino-américaines renforcent cette prudence des marchés européens. « Les rumeurs autour d’une rencontre entre les États-Unis et la Chine alimentent cette incertitude. Les Européens sont dans l’expectative, en attente des résultats de ces discussions, mais aussi de leurs propres négociations avec Washington, notamment sur les taux finaux des droits de douane américains sur leurs produits. Cela crée plus de temporisation, donc plus d’attentisme ».Les relations commerciales sino-américaines ne redeviendront jamais ce qu’elles étaientConcernant les discussions prévues entre la Chine et les États-Unis, Atfi tempère les espoirs d’un retour au statu quo commercial. « Même en cas d’accord, rien ne sera comme avant. L’ère d’avant Trump et celle d’après Trump sont totalement différentes. Beaucoup de choses ont changé. Les relations économiques sino-américaines ne reviendront jamais à leur état antérieur. Et au-delà, c’est tout le commerce international qui entre dans une phase de recomposition profonde », précise notre interlocuteur.
Dans ce contexte, Abderrahmane Atfi estime que le Maroc a une carte majeure à jouer. « C’est là notre véritable opportunité : capter une part du marché américain. Cela doit devenir une priorité stratégique, aussi bien pour les professionnels que pour l’État. Il faut absolument la saisir ».
À ses yeux, la balle est aujourd’hui dans le camp des industriels. « Il revient aux professionnels de faire pression sur les autorités pour relancer les discussions autour de l’accord de libre-échange avec les États-Unis, notamment pour le secteur textile. Vu l’évolution actuelle du commerce mondial, c’est maintenant ou jamais qu’il faut négocier des conditions plus favorables, ouvrir de nouveaux marchés et diversifier nos débouchés ».
Abderrahmane Atfi va plus loin. Selon lui, le Maroc pourrait doubler ses exportations textiles si un accès compétitif à la matière première était garanti. « La confection marocaine est performante et résiliente. Mais si nous pouvions disposer de la matière première comme le font les pays asiatiques, nous pourrions très facilement doubler nos volumes à l’export« .
Par ailleurs, concernant les perspectives, Abderrahmane Atfi évoque avec prudence l’installation de Sunrise au Maroc. « C’est un projet structurant, mais il faudra compter en moyenne deux ans avant d’en ressentir les effets. Il sera sans doute bénéfique et contribuera à la modernisation de la filière, mais l’impact ne sera pas immédiat. Aujourd’hui, l’urgence, c’est de ne pas rater l’opportunité américaine. Elle est là, devant nous. Il faut la saisir », conclut-il.
Les nouvelles normes statistiques du commerce en débat à Marrakech
Dans un monde en mutation rapide, les statistiques du commerce extérieur ne sont plus de simples outils de mesure, mais de véritables leviers de pilotage au service des politiques publiques, des entreprises et des institutions internationales, a déclaré Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, à l’ouverture des travaux de cette réunion.
« Dans un monde où les chaînes de valeur se redéfinissent, les politiques commerciales doivent être plus résilientes et inclusives. Les données deviennent ainsi des outils incontournables pour anticiper, comprendre et agir ».
Entre 2000 et 2024, les échanges de biens du Maroc ont été multipliés par six
La ministre a retracé le chemin parcouru par le Maroc, engagé dès les années 1980 dans une ouverture économique progressive, concrétisée par son adhésion au GATT en 1987, puis par l’Accord de Marrakech instituant l’Organisation mondiale du commerce de l’OMC en 1995. Elle a également présenté des chiffres témoignant de la montée en puissance des échanges commerciaux :
– Les échanges de biens ont été multipliés par six entre 2000 et 2024, atteignant 1.217,6 milliards de DH.
– Les échanges de services ont quintuplé entre 2004 et 2024, dépassant 421 milliards de DH.
Nadia Fettah a rappelé que le Maroc place la qualité et la fiabilité des statistiques économiques au cœur de sa stratégie de développement : « La production de données harmonisées, comparables et accessibles est un préalable à toute politique publique efficace, à tout partenariat économique durable et à toute insertion réussie dans l’économie mondiale ».
Elle a également mis en avant les engagements du Maroc en matière de transparence statistique :
– Adhésion à la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD) du FMI en 2005 ;
– Engagement au titre de l’article VIII du FMI sur la convertibilité du dirham en 1993 ;
– Ouverture du Bureau économique du Maroc auprès de l’OCDE en 2023 ;
– Élection du Maroc à la Commission des Nations unies pour le droit commercial international (CNUDCI) pour un mandat de six ans.
La statistique, « outil fondamental pour l’évaluation des politiques publiques »
La ministre a cité le discours du Roi Mohammed VI, qui a qualifié la statistique de « véritable service public, au cœur des décisions économiques et sociales, et outil fondamental pour l’évaluation et l’ajustement des politiques publiques ».
Elle a salué la maturité institutionnelle de l’Office des changes et appelé à poursuivre les efforts de digitalisation et de modernisation du système statistique, afin de répondre aux exigences des opérateurs économiques comme des décideurs publics. « Les données ne doivent pas seulement être disponibles. Elles doivent être utiles, fiables, diffusées rapidement, et orientées vers les besoins réels du pays« , a-t-elle conclu.
Prenant la parole à son tour, le directeur général de l’Office des changes, Driss Bencheikh, a réaffirmé le rôle central de son institution dans la production des statistiques du commerce extérieur et des comptes extérieurs du Royaume. Il a présenté les axes de la stratégie 2025-2029 :
– Coopération renforcée à l’échelle nationale et internationale ;
– Généralisation de la télédéclaration et digitalisation des enquêtes ;
– Meilleure accessibilité des données à travers un portail interactif modernisé.
Il a également souligné la coopération Sud-Sud active du Maroc, notamment via des missions d’assistance technique auprès de pays africains, et la participation active du Royaume dans des programmes multilatéraux comme MEDSTAT ou TiVA.
Cette réunion marque l’ultime étape d’un long processus lancé en 2021, avec le Maroc en tant que coprésident du Groupe d’experts des Nations unies sur les statistiques du commerce international (TT-ITS). Les travaux menés à Marrakech permettront l’adoption des nouveaux manuels, y compris un guide innovant sur l’intégration des statistiques du commerce et des entreprises (HIBTS).
Cette réunion hybride, qui se poursuit jusqu’au 9 mai courant, rassemble également des experts de renom et de hauts responsables issus de plus de 32 pays.
À rappeler que le Groupe d’experts réunit 32 pays représentant toutes les régions du monde ainsi qu’un panel diversifié d’experts issus des offices statistiques, des administrations douanières, des banques centrales, des ministères techniques et 20 organisations internationales.
Exportations automobiles. Voici les premières explications du repli au premier trimestre 2025
L’analyse sectorielle met en lumière une hétérogénéité au sein même de la filière. C’est principalement le segment de la construction automobile qui tire les résultats globaux vers le bas. Les exportations de véhicules construits localement ont chuté de près de 4,2 MMDH au premier trimestre 2025, passant de 17,9 MMDH à 13,7 MMDH, soit une contraction de 23,7%.
De même, les exportations du segment dit « extérieur« , qui regroupe des composants et sous-ensembles destinés à l’étranger, ont également reculé, passant de 1,02 MMDH à 877 MDH, soit une diminution de 14,2%. Cette évolution, bien que de moindre ampleur en valeur absolue, témoigne d’une pression quasi généralisée sur l’ensemble des maillons de la chaîne de production automobile.
À l’inverse, le segment du câblage automobile a montré une relative résilience. Les exportations de ce segment ont progressé de 2,4% (333 MDH), atteignant 14,4 MMDH contre 14,1 MMDH un an plus tôt.
Repli du premier trimestre : retour d’un cycle ou choc inédit ?
En réalité, ce repli avait déjà laissé entrevoir ses premiers signes dès le mois de janvier. Ce mois-là, le secteur automobile enregistrait une contraction de 10% en glissement annuel. Toutefois, à ce stade, il demeurait prématuré d’en tirer des conclusions solides, toute analyse risquant de manquer de rigueur méthodologique. La tendance s’est confirmée en février, avec une nouvelle baisse de 8,2%, accentuant les signaux d’essoufflement.
Ainsi, à la clôture du premier trimestre, période suffisamment longue pour permettre une analyse fiable, la contre-performance du secteur se confirme : les exportations du secteur automobile (tous segments confondus), ont reculé de 7,8% par rapport au premier trimestre 2024.
S’agit-il d’un simple phénomène cyclique et propre au secteur, ou bien d’une tendance nouvelle et étrangère à la dynamique observée au cours des années précédentes ?
Une tendance étrangère à la dynamique habituelle des premiers trimestresL’analyse des exportations automobiles lors des premiers trimestres des quatre dernières années (2021, 2022, 2023 et 2024) confirme qu’il s’agit d’une tendance en même temps inédite et étrangère à la dynamique passée.
La dernière baisse des exportations automobiles sur un premier trimestre remonte à l’année 2020 (-25,3%), sous l’effet du choc lié à la crise sanitaire du Covid-19.
En effet, à fin mars 2021, les exportations automobiles avaient bondi de 38,9%. En 2022, le premier trimestre s’était également soldé par une nette progression, atteignant 6,9%. Cette dynamique haussière s’est poursuivie en 2023 et 2024, avec des hausses respectives de 44,8% et 13,1% au cours des trois premiers mois de l’année.
Il s’agit donc bel et bien d’une baisse étrangère à la dynamique habituelle du secteur. Mais comment l’expliquer ?
Depuis février, Médias24 a tenté de joindre plusieurs responsables du secteur afin d’expliquer les causes sous-jacentes du recul des exportations que connaît le secteur automobile en ce début d’année. Nos sollicitations sont restées sans réponses.
La demande européenne et la transition énergétique fragilisent l’automobile marocaine
En attendant que les responsables prennent la parole sur cette tendance qui suscite déjà quelques inquiétudes. Les premières explications tendent vers une baisse de la demande européenne.
Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles, au premier trimestre 2025, les ventes de voitures essence et diesel ont enregistré des baisses marquées, avec des reculs à deux chiffres dans la quasi-totalité des principaux marchés européens.
Ainsi, étant donné que les véhicules thermiques représentent le cœur des exportations automobiles marocaines vers l’Europe, à première vue, la baisse de la demande européenne constitue un facteur important, voire déterminant, dans la baisse des exportations enregistrée au premier trimestre 2025.
À titre d’exemple, en 2023, les exportations vers l’Europe ont connu une forte hausse de 44,8%. Cette dynamique s’est appuyée sur une demande européenne robuste en véhicules thermiques au premier trimestre 2023, avec une croissance des ventes, de 18,6% pour l’essence et de 11,8% pour le diesel.
En 2024, le rythme des exportations a ralenti (+13,1%), alors que la demande européenne bascule : -10,2% pour l’essence et -18,5% pour le diesel à fin mars.
La corrélation se confirme au premier trimestre 2025 avec une chute de 7,8% des exportations automobiles marocaines. En parallèle, les ventes européennes continuent de se contracter : -20,7% pour les véhicules essence et -25,5% pour les diesel sur la même période, marquant ainsi la deuxième année consécutive de baisse des ventes de voitures thermiques en Europe.
Alors, pourquoi la demande en véhicules thermiques commence-t-elle à décliner en Europe ? Les véhicules thermiques cèdent du terrain face à l’essor de l’électrique et de l’hybrideL’analyse de la dynamique des parts de marché en Europe fait apparaître un recul significatif des motorisations thermiques, au profit des véhicules électriques et hybrides.
Au premier trimestre 2025, les véhicules électriques ont représenté 15,2% de la part de marché totale dans l’Union européenne, marquant une nette progression par rapport aux 12 % enregistrés au premier trimestre 2024. Les véhicules hybrides ont connu une forte croissance, atteignant une part de marché de 35,5%.
À fin mars 2025, les motorisations thermiques ne représentaient plus que 38,2% des ventes, contre 48,3% un an plus tôt, 51,8% à la même période en 2023, et 54,1% en 2022*. Cela reflète une tendance structurelle de désengagement progressif des consommateurs européens vis-à-vis des véhicules à moteur thermique.
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* : La part des motorisations thermiques à fin mars 2022 peut être consultée via le même lien que celui de l’année 2023, en sélectionnant l’année 2022 à l’aide du curseur prévu à cet effet.
Cybersécurité. L’Office des changes va soumettre son système d’information à une expertise technique
« Cette prestation consiste en la réalisation des audits techniques et des tests d’intrusion pour vérifier la présence de vulnérabilités au niveau des systèmes d’information de l’Office des changes, puis de vérifier leur exploitabilité sur l’ensemble des surfaces d’attaques internes et externes », lit-on dans un avis d’achat lancé par l’Office.
Ces prestations, selon la même source, ont pour objectif l’identification de l’ensemble des failles techniques et des vulnérabilités pouvant être exploitées accidentellement ou volontairement pour corrompre la disponibilité, l’intégrité ou la confidentialité des actifs SI de l’Office des changes, puis de réaliser un ensemble de tentatives d’exploitation desdites vulnérabilités et failles découvertes dans l’objectif de faire apparaître les risques potentiels conséquents d’intrusions actives manuelles ou automatisées (tentatives de fraude, accès et manipulation illicites de données, interception de données critiques, arrêt de services SI, saturations de réseau, …) pouvant porter atteinte à la sécurité des systèmes d’information.
« Ces tests d’intrusions permettront ainsi à l’Office des changes d’évaluer l’herméticité des frontières du réseau, contre les tentatives d’attaques internes et/ou externes, puis d’apprécier la résilience des systèmes d’information, la robustesse des mesures de sécurité déployées, ainsi que la capacité desdites mesures à préserver les aspects de confidentialité, d’intégrité, de disponibilité et d’autorisation au niveau des systèmes d’information de l’Office des changes », précise l’organisme public.
Ainsi, les principaux objectifs de cette mission sont :
Évaluer le niveau de sécurité actuel du SI ;
Évaluer le degré d’exposition du SI à Internet par rapport aux dernières vagues d’attaques ;
Identifier les failles et les vulnérabilités existantes au niveau des systèmes, des réseaux et des applicatifs de l’Office des changes ;
Analyser les menaces internes et externes ;
Déterminer les risques cyber auxquels l’Office des changes est exposé ;
Proposer un plan d’actions concret et priorisé.
« Le prestataire devra prévoir tous les travaux nécessaires à la parfaite réalisation de la prestation conformément aux règles de l’art et aux directives de l’autorité nationale DGSSI », précise l’Office des changes.
L’équipe qui se chargera de ces travaux doit justifier d’un bac+5 en informatique ou équivalent pour chacun de ses membres, en plus d’une expérience de 5 ans dans le domaine de la cybersécurité.
Trading en ligne. Voici tout ce qu’il faut savoir sur les risques juridiques
Le trading en ligne séduit de plus en plus de jeunes Marocains, attirés par la promesse d’une autonomie financière rapide. Pourtant, cette activité, lorsqu’elle est exercée en dehors du cadre légal, comporte des risques importants.
Si le trading sur la Bourse de Casablanca est encadré, celui pratiqué via des plateformes étrangères échappe encore à la réglementation marocaine. Le droit en vigueur ne prévoit aucun statut spécifique pour les « traders particuliers », et un résident marocain s’adonnant à cette activité sans respecter les règles en place s’expose à des risques juridiques, d’autant que plusieurs institutions interviennent de manière indirecte dans le contrôle du secteur.
Ces risques sont d’autant plus préoccupants qu’ils sont amplifiés par les influenceurs qui, sur les réseaux sociaux, affichent un mode de vie luxueux pour attirer leur audience, voire la manipuler. Certains n’hésitent pas à orienter leurs abonnés vers des canaux Telegram et à les inciter au copytrading, une pratique qui consiste à reproduire automatiquement les transactions d’un trader.
Ce que beaucoup ignorent, c’est que ces influenceurs n’acquièrent pas des revenus à travers le trading, mais grâce aux commissions qu’ils perçoivent en fonction du nombre de personnes qui cliquent sur les liens qu’ils proposent.
En France, certains influenceurs ont été sanctionnés pour avoir adopté des pratiques commerciales trompeuses, en promettant à leur audience des gains garantis grâce au trading. Le simple fait de ne pas avertir leurs abonnés des risques de pertes associés à cette activité peut entraîner des sanctions sévères de la part de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
D’autres, bien que résidant à l’étranger, ont été visés par plusieurs plaintes déposées par des abonnés s’estimant victimes d’arnaques après avoir suivi leurs conseils. Leur localisation ne les met pas à l’abri des poursuites dès lors que leur contenu s’adresse à un public français.
Ce phénomène prend de plus en plus d’ampleur au Maroc, mais la législation ne suit pas. Face à ces dérives, la mise en place d’un cadre légal adapté devient indispensable pour réguler le trading en ligne, en particulier lorsqu’il est réalisé via des plateformes étrangères ou des instruments non couverts par la réglementation actuelle. Si le droit marocain encadre déjà partiellement ces activités à travers les lois sur les marchés de capitaux, l’appel public à l’épargne et le contrôle des changes, ces dispositifs, élaborés avant l’essor du trading en ligne et des cryptoactifs, s’avèrent insuffisants pour faire face aux nouveaux enjeux.
Dès lors, plusieurs questions se posent. Quels sont les risques légaux pour un particulier qui trade sans statut officiel ? Quid de la responsabilité des influenceurs qui en font la promotion sur les réseaux sociaux auprès des Marocains ?
Pour répondre à ces questions, Me Nasser Benwahoud, avocat au barreau de Casablanca, nous éclaire sur les implications juridiques du trading en ligne au Maroc et sur la responsabilité éventuelle des influenceurs qui en font la promotion.
Me Nasser Benwahoud, avocat au barreau de Casablanca
Des aspects régulés
« Le trading des particuliers au Maroc est encadré par plusieurs textes généraux du droit financier et du contrôle des changes, mais sans régime spécifique dédié uniquement aux traders particuliers », indique Me Nasser Benwahoud. Selon lui, il s’agit notamment de :
1. La loi 19-14 relative à la bourse des valeurs : elle encadre le marché boursier marocain et impose aux particuliers de passer par des intermédiaires agréés (sociétés de bourse) sous contrôle de l’AMMC.
2. La loi 44-12: qui dispose que toute offre publique d’instruments financiers, y compris vers les particuliers, doit être autorisée et validée par l’AMMC. Cela concerne aussi les plateformes étrangères qui ciblent des particuliers au Maroc, même sans présence physique.
3. La loi 103-12 dite loi bancaire : elle encadre l’activité des établissements de crédit et prévoit notamment que seuls les établissements de crédit ou leurs filiales agréées peuvent fournir certains services liés aux titres financiers.
4. L’instruction de l’Office des changes : elle régit les opérations en devises. À cet égard, elle encadre strictement les transferts de fonds à l’étranger à des fins d’investissement et implique qu’en principe, les particuliers ne peuvent pas librement investir via des plateformes de trading internationales.
« En résumé, le trading sur la Bourse de Casablanca est bien encadré, mais le trading en ligne via des plateformes étrangères reste souvent en dehors du cadre légal marocain, à la fois du point de vue de l’appel public à l’épargne et du contrôle des changes », précise-t-il.
En effet, le droit marocain ne « prévoit pas de statut officiel ou spécifique pour les ‘traders particuliers’. Cependant, un résident marocain qui exerce des activités de trading en dehors du cadre légal s’expose à plusieurs types de risques juridiques », indique l’avocat.
Selon Me Benwahoud, « il peut s’agir d’infractions au régime des changes. Conformément à l’instruction générale de l’Office des changes, les résidents marocains ne peuvent transférer des fonds à l’étranger que dans des cas limitativement énumérés. Le transfert de capitaux pour alimenter un compte sur une plateforme de trading étrangère sans autorisation préalable constitue une infraction aux règles du contrôle des changes, passible d’un emprisonnement d’un mois à 5 ans et d’une amende entre 500 à 1.000.000 de dirhams sans toutefois que cette amende puisse être inférieure à cinq fois la valeur légale de l’objet de l’infraction ».
Par ailleurs, « tout gain non déclaré à l’administration fiscale est susceptible d’entraîner l’application de sanctions prévues par la législation fiscale ».
À noter que, selon l’avocat, « au-delà des sanctions financières et pénales, et en l’absence d’un encadrement juridique propre, l’investisseur ne dispose d’aucun recours efficace en cas de litige avec une plateforme étrangère non régulée ».
Par ailleurs, notre interlocuteur souligne que même si « le trading en ligne n’est pas directement encadré au Maroc, plusieurs institutions interviennent de manière indirecte ». Dans ce sens, « l’AMMC supervise les sociétés de bourse et les opérations réalisées sur le marché financier marocain ».
L’avocat rappelle que l’AMMC a « publié plusieurs alertes mettant en garde les investisseurs contre les plateformes de trading en ligne non agréées opérant illégalement sur le territoire marocain ». De plus, « Bank Al-Maghrib, en coordination avec l’AMMC et l’ACAPS, a publié en novembre 2017 un communiqué officiel interdisant l’usage des cryptoactifs comme moyen de paiement et avertissant les particuliers contre les risques liés à ces actifs ; tandis que l’Office des changes contrôle strictement les transferts de devises vers l’étranger ».
Mais comment cela se passe-t-il sur le plan financier ?
Implications financières
Selon Me Nasser Benwahoud, « le droit marocain ne prévoit pas de statut de trader professionnel ou d’obligation d’immatriculation spécifique pour un particulier réalisant des opérations de trading pour son propre compte, même de manière régulière ».
Il convient de souligner que « l’accès aux plateformes de trading étrangères n’est pas interdit techniquement, mais il est difficilement compatible avec la réglementation des changes ». Comme l’explique Me Benwahoud, « l’ouverture d’un compte et son alimentation nécessitent des transferts de devises à l’étranger, strictement encadrés pour les résidents. Surtout, en cas de gains, la réglementation impose le rapatriement obligatoire des plus-values et revenus au Maroc, ce qui est rarement respecté en pratique par les particuliers opérant via ces plateformes ».
“En revanche, si le particulier fournit des services de conseil, de gestion, d’intermédiation ou de démarchage en matière d’instruments financiers, il entre dans le champ de la réglementation des prestataires de services d’investissement au sens de la loi 19-14 et doit obtenir un agrément de l’AMMC. Par ailleurs, si les gains issus du trading deviennent habituels et substantiels, l’administration fiscale peut requalifier l’activité sur le plan fiscal, en la considérant comme une activité génératrice de revenus professionnels, avec les conséquences fiscales qui en découlent”, précise l’avocat.
À noter que les gains issus du trading sont imposables et constituent des revenus et profits de capitaux mobiliers tels que définis par l’article 66 du Code général des impôts. Ces gains doivent faire l’objet de “la déclaration annuelle du revenu global”, également prévue par le CGI.
Risques de litiges et recours
Interroger la légalité du trading en ligne au Maroc soulève plusieurs questions, notamment en cas de litige avec une plateforme, sur la responsabilité des influenceurs qui en font la promotion et sur les risques encourus par ceux qui, parfois sans le savoir, participent à des arnaquesfinancières.
Dans le cas où un litige survient avec une plateforme de trading, la première étape, selon Me Benwahoud est de « recourir aux procédures internes de réclamation prévues par la plateforme elle-même. Même si, en l’absence de supervision ou d’agrément de ces plateformes par l’AMMC ou une autre autorité marocaine, l’investisseur marocain se retrouve souvent sans véritable recours juridictionnel ou administratif effectif au Maroc ».
Cela dit, « en cas de manquement grave (fraude, escroquerie, manipulation de marché), le trader peut :
porter plainte au Maroc auprès des autorités judiciaires compétentes, sans garantie d’efficacité si la plateforme est domiciliée à l’étranger ;
engager une procédure dans le pays de domiciliation de la plateforme, ce qui est souvent complexe et coûteux ;
ou encore signaler la situation à l’AMMC, qui pourra éventuellement émettre une alerte publique pour prévenir d’autres investisseurs », indique Me Benwahoud.
Ce vide juridique met en évidence la nécessité d’un cadre légalspécifique pour réguler le trading en ligne au Maroc. Celui-ci apparaît aujourd’hui indispensable pour « encadrer le trading en ligne, en particulier lorsqu’il est réalisé via des plateformes étrangères ou sur des instruments non couverts par la réglementation actuelle ».
« Le droit marocain encadre déjà partiellement ces activités à travers les règles relatives aux marchés de capitaux, à l’appel public à l’épargne et au contrôle des changes. Toutefois, ces règles, conçues avant l’essor du trading en ligne et des cryptoactifs, se révèlent insuffisantes pour couvrir les risques actuels (absence d’agrément des plateformes, protection limitée des investisseurs, contournement du contrôle des changes, etc.). Conscientes de ces limites, les autorités marocaines, notamment Bank Al-Maghrib, l’AMMC et l’ACAPS, travaillent actuellement à l’élaboration d’un cadre réglementaire spécifique visant à renforcer la protection des investisseurs particuliers, encadrer l’usage des cryptoactifs et des plateformes de trading, et à préserver la stabilité financière », indique l’avocat.
Selon lui, « ce futur cadre doit permettre de clarifier les conditions d’accès, d’utilisation et de fiscalisation des opérations de trading en ligne pour les résidents marocains ».
Mauvaises influences
Mais il existe d’autres phénomènes qui inquiètent, notamment celui des influenceurs qui, sur les réseaux sociaux, font la promotion du trading en ligne auprès des Marocains. Ont-ils le droit d’encourager cette activité ? « Non », répond Me Benwahoud, rappelant que la réglementation marocaine encadre strictement la promotion et le démarchage en matière d’instruments financiers.
En vertu de la loi n°44-12 relative à l’appel public à l’épargne, toute offre ou promotion de produits financiers à destination du public marocain, y compris via Internet et les réseaux sociaux, est soumise à l’obtention d’un visa préalable de l’AMMC.
De plus, la loi n°19-14 interdit à toute personne non agréée d’exercer une activité de conseil, de commercialisation ou d’intermédiation en instruments financiers. Or, les influenceurs qui recommandent des plateformes ou des produits financiers, souvent sans agrément, s’adonnent de facto à un démarchage illégal. Cette interdiction s’applique, qu’ils soient installés au Maroc ou à l’étranger, dès lors que leur contenu cible un public marocain.
Au-delà de cette interdiction, ces influenceurs peuvent-ils être poursuivis en cas de fausses promesses ou de conseils financiers trompeurs ? La réponse est oui, selon Me Benwahoud.
« Toute personne qui procède à un démarchage financier en violation de l’article 28 de la loi n°44-12 risque une amende allant de 20.000 à 500.000 DH et/ou une peine d’emprisonnement de trois mois à un an ».
Par ailleurs, « si les messages diffusés comportent des informations fausses ou trompeuses, leur responsabilité civile peut être engagée sur la base du Code des obligations et des contrats. Ils peuvent ainsi être condamnés à indemniser les victimes pour le préjudice subi », ajoute notre interlocuteur.
Mais les risques ne concernent pas seulement les influenceurs, il y a aussi ceux qui, parfois sans en avoir conscience, participent à des arnaques financières. C’est notamment le cas des systèmes de type pyramide de Ponzi, où les recruteurs attirent de nouveaux investisseurs en leur promettant des gains rapides. « Même de bonne foi, une personne qui recrute d’autres investisseurs dans un montage frauduleux peut voir sa responsabilité engagée », prévient Me Benwahoud.
Sur le plan pénal, elle peut être poursuivie comme complice si l’arnaque relève de l’escroquerie (article 540 du Code pénal) ou d’une collecte irrégulière de fonds (loi n°44-12). Sur le plan civil, elle peut également être tenue d’indemniser les victimes pour le préjudice causé.
Pour ceux qui souhaitent signaler une arnaque au trading, l’AMMC demeure l’autorité de référence. Elle peut être saisie en cas d’offre frauduleuse ou d’activité illégale visant les investisseurs marocains. En parallèle, les victimes peuvent également déposer une plainte pénale auprès du procureur du Roi ou saisir la police judiciaire.
Ces différentes problématiques révèlent un besoin urgent de régulation et de sensibilisation face aux risques du trading en ligne. Entre l’absence de supervision des plateformes étrangères, la promotion agressive par des influenceurs non agréés et la multiplication des systèmes frauduleux, les dangers liés au trading des particuliers sont nombreux. L’élaboration d’un cadre légal clair et efficace semble aujourd’hui indispensable pour mieux protéger le public et garantir une pratique plus encadrée du trading en ligne.
Les transferts des MRE stagnent autour de 18 MMDH à fin février 2025
Transferts des MRE : légère baisse à fin février 2025
Selon le dernier bulletin de l’Office des changes,les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l’étranger ont atteint 17,86 MMDH contre 18,02 MMDH à la même période en 2024, en léger recul de 0,9%.
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Les investissements directs étrangers progressent de 24,1% à fin janvier 2025
Selon les dernières données de l’Office des changes, à fin janvier 2025, les recettes liées aux investissements directs étrangers (IDE) ont atteint 4,95 milliards de dirhams (MMDH) à fin janvier 2025, enregistrant une hausse de 24,1% par rapport à la même période en 2024.
Les dépenses liées aux IDE ont également augmenté de 40,4%, s’établissant à 1,71 MMDH.Ainsi, le flux net des IDE s’est amélioré de 16,9%, atteignant 3,24 MMDH contre 2,77 MMDH un an auparavant.
De ce fait, les flux nets des IDE ont atteint +3,24 MMDH contre +2,77 MMDH à la même période en 2024.
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Les transferts des MRE en légère hausse de 44 MDH à fin janvier 2025
Selon le dernier bulletin de l’Office des changes, les recettes des MRE ont atteint 9,45 milliards de dirhams (MMDH) à fin janvier 2025, contre 9,4 MMDH à la même période en 2024, marquant une progression de +44 MDH, ou de +0,5%.
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Les recettes touristiques du Maroc atteignent 8,79 MMDH à fin janvier 2025
À fin janvier 2025, les recettes touristiques ont atteint 8,79 milliards de DH, contre 7,98 MMDH à la même période en 2024, marquant une hausse de +808 MDH, soit une progression de +10,1 %.
Les dépenses liées aux voyages ont également connu une augmentation. Elles sont passées de 2,06 MMDH à fin janvier 2024 à 2,55 MMDH un an plus tard, enregistrant une croissance de +491 MDH, équivalente à +23,8 %.
Le solde de la balance des voyages reste excédentaire et continue de s’améliorer. Cet excédent a progressé pour atteindre 6,23 MMDH à fin janvier 2025, contre 5,92 MMDH à la même période de l’année précédente, soit une augmentation de +317 MDH ou +5,4 %.
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Source : Office des changes, données provisoires à fin janvier 2025.