Restrictions d’accès aux aéroports : les loueurs de voitures dénoncent une concurrence déloyale
Différentes fédérations et associations nationales de location de voitures montent au créneau contre une décision de l’Office national des aéroports (ONDA) interdisant aux agences ne disposant pas de bail commercial au sein des aéroports de livrer les véhicules loués à leurs clients.
Cette mesure, qui suscite de vives préoccupations, écarte une large catégorie de professionnels opérant dans le secteur ; une exclusion qui engendre non seulement un déséquilibre économique, mais affecte également la liberté de choix du consommateur et affaiblit la concurrence. Elle nuit aussi à l’attractivité globale de la destination Maroc et menace des centaines d’emplois et de petites structures.
Trois catégories de loueurs au niveau des aéroports
Contacté par Médias24, Abdellah Achanan, président de la Fédération des associations de location d’automobiles au Maroc (FALAM), nous apprend qu’au niveau des aéroports marocains, on retrouve généralement trois catégories de loueurs de voitures :
– « Les grandes boîtes de location de voiture qui ont des contrats de bail avec l’ONDA et qui ont donc des représentations au sein des aéroports. Il s’agit de franchises internationales. Ce sont de grandes structures. D’ailleurs, ce sont les seules qui peuvent disposer d’un contrat de bail avec l’office, parce qu’il s’agit de sommes exorbitantes. Le loyer peut atteindre jusqu’à 3 millions de DH par an ».
– « Les loueurs qui disposent également de franchises, mais sans contrat de bail avec l’ONDA. Ils livrent également leurs clients dans les aéroports. D’ailleurs, lorsqu’ils font leurs réservations, tous les clients veulent être livrés au niveau des aéroports, afin d’éviter de se déplacer au centre-ville pour récupérer la voiture louée ».
– « Les petits et moyens loueurs, qui ont leur clientèle. Ces opérateurs travaillent localement dans leur ville, mais disposent, dans leur portefeuille, de clients fidèles, qui sont généralement des Marocains résidant à l’étranger (MRE), et qui souhaitent aussi être livrés au niveau des aéroports ».
« Ce service de livraison de voitures de location au niveau des aéroports est donc devenu un acquis pour les clients », assure notre interlocuteur.
Seules neuf sociétés disposent de contrats de bail avec l’ONDA
« Récemment, un courrier de l’Office (fac-similé ci-dessous) adressé aux agences de location de voiture a annoncé que seuls les opérateurs disposant dudit contrat de bail pourront livrer leurs clients dans les aéroports et utiliser les annexes de ces structures, y compris les parkings, ce qui est illogique, voire impossible pour les deuxième et troisième catégories citées ».
Il s’agit, au total, des neuf sociétés suivantes, opérant dans les différents aéroports du Royaume :
– Air Car ;
– France Car (SIXT) ;
– Marloc (Europcar) ;
– Holiday Drive International (Budget) ;
– STARC (Hertz) ;
– Société Chérifienne d’auto location (SCAL) ;
– Imalis Cars opérant à l’aéroport d’Al Hoceima ;
– Hire Automotive Groupe, opérant à l’aéroport de Tétouan ;
– Abddaime Car, opérant à l’aéroport de Guelmim.
« Cette situation crée une concurrence déloyale dans le secteur » et impacte particulièrement les petites structures, déplore Abdellah Achanan.
Le plus préoccupant, selon les professionnels, est que deux sociétés en particulier ont saisi cette opportunité pour adresser à leurs clients des messages laissant entendre qu’ils pourraient rencontrer des problèmes en réservant auprès d’opérateurs locaux, en raison du renforcement des contrôles de l’ONDA. Il s’agirait, d’après nos informations, des sociétés Hertz et Budget.
« Pour protester, nous avons adressé deux lettres, une première à la direction générale de l’ONDA et une seconde au ministère du Transport », nous confie notre source.
La Fédération des loueurs d’automobiles sans chauffeur au Maroc (FLASCAM), représentant également plusieurs agences de location, a, elle, décidé, fin mars à l’issue de son conseil d’administration, d’entamer une procédure judiciaire à l’encontre de ces deux sociétés, à la suite de la diffusion d’une communication qu’elle juge « discriminatoire, diffamatoire et attentatoire à l’image des loueurs nationaux ».
« Cette communication et correspondance à des émetteurs de réservations internationaux assimile l’activité de ces derniers à une pratique illégale, ce qui est fermement rejeté par l’ensemble des professionnels du secteur », lit-on dans son communiqué.
Les loueurs de voitures attendent toujours une réponse officielle de l’ONDA et du ministère de tutelle
Lors d’une récente réunion tenue avec le ministère du Transport le mercredi 26 mars, la FALAM a soulevé cette problématique. « Le ministère a assuré que n’importe quel loueur de voitures, disposant d’une réservation, a le droit de livrer la voiture louée à son client au niveau de l’aéroport, sans plus ».
« Nous attendons donc toujours un retour officiel de l’ONDA et du ministère de tutelle. Entre-temps, nous continuons d’exercer notre métier normalement, malgré quelques perturbations de la part des autorités locales, dont nous ignorons encore l’évolution« , conclut notre interlocuteur.
Contacté par nos soins, l’ONDA n’avait pas encore donné suite à notre requête au moment de la publication de cet article.
Voici par contre le point de vue et les propositions de l’association ALCD (Association des loueurs de courte durée):
https://medias24.com/2025/04/16/location-de-voitures-dans-les-aeroports-pourquoi-lacces-est-il-reglemente/
Courrier adressé par l’ONDA aux loueurs de voitures









