Offre Maroc pour l’hydrogène vert : les premières explications de Masen

319 MMDH d’investissements projetés dans l’hydrogène vert par cinq investisseurs sélectionnés dans le cadre de l’Offre Maroc. L’annonce a été faite ce jeudi 7 mars 2025 à la suite de la réunion du comité de pilotage chargé de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert.

Ces investisseurs nationaux et mondiaux projettent la réalisation de six projets dans les trois régions du sud du Royaume. La prochaine étape est le démarrage des négociations en vue de la signature de contrats préliminaires permettant de mobiliser l’assiette foncière. Ces projets s’ajoutent aux deux signés entre le Maroc et la France en octobre dernier.

Huit projets ont donc été retenus par l’État dans le secteur de l’hydrogène vert. Plusieurs questions se posent sur la suite à donner à cette annonce. Quelles sont les prochaines étapes ? D’autres investisseurs pourront-ils bénéficier de l’Offre Maroc ? Les projets visent-ils l’export, le marché local ou les deux ? Qu’en est-il des infrastructures ? Quelles seront les retombées économiques pour le Maroc… ?

Des interrogations que nous avons adressées à Masen, qui est le point focal de l’Offre Maroc et l’interlocuteur des investisseurs. Son président directeur général, Tarik Moufaddal, a répondu aux questions de Médias24 au lendemain de l’annonce. Interview.

Le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection interviendront dans un avenir proche

Médias24 : Quels critères ont fait pencher la balance en faveur des entreprises sélectionnées parmi les 40 demandes déposées ?

Tarik Moufaddal : Grâce à l’Offre Maroc, appelée de ses vœux par Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, nous avons pu attirer un nombre significatif d’investisseurs et de projets particulièrement prometteurs.

Afin de sélectionner les partenaires les mieux adaptés aux intérêts stratégiques de l’État marocain dans ce secteur émergent, les instances de gouvernance, établies par la circulaire, ont défini des critères de sélection rigoureux. Ceux-ci incluent, entre autres, la solidité financière des partenaires, leur expertise dans les différents maillons de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène vert, la pertinence de leur projet pour le Maroc, ainsi que les retombées économiques, sociales et environnementales attendues pour le Royaume.

Le choix des partenaires s’est appuyé sur un principe fondamental de diversification des risques, en veillant à un équilibre dans la répartition régionale des projets, à la diversification des débouchés sur les marchés consommateurs d’hydrogène vert, ainsi qu’à l’élargissement de la gamme des produits finis proposés.

Les entreprises sélectionnées sont celles qui se sont les mieux positionnées au regard de ces critères.

Il est aussi important de noter, que le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection interviendront dans un avenir proche.

– Tous les projets sélectionnés sont-ils des projets intégrés ? Le cas échéant, sont-ils orientés vers une intégration horizontale (maximisant le contenu local et la production nationale de tout ce qui est nécessaire à la production d’hydrogène vert), verticale (dérivés tels que l’ammoniac vert, l’acier vert, l’aluminium vert, le PVC vert) ou les deux ?

– L’Offre Maroc s’applique aux projets intégrés de l’amont, depuis la génération d’électricité à partir d’énergies renouvelables et l’électrolyse, jusqu’à l’aval avec la transformation de l’hydrogène vert en ammoniac, méthanol, carburants synthétiques, etc., ainsi que la logistique y afférente.

Les projets sélectionnés sont donc alignés avec le champ d’application défini pour l’Offre Maroc, et proposent des projets intégrés qui visent non seulement la production d’hydrogène vert, mais également d’autres dérivés tels que : l’ammoniac, les e-fuels et l’acier vert.

Cette diversification renforcera la compétitivité et l’attractivité de la filière marocaine de l’hydrogène vert sur les marchés internationaux.

Les projets présélectionnés visent également à maximiser le taux d’intégration industrielle et le contenu local. Des objectifs ambitieux qui seront affinés dans le cadre des études à mener par les investisseurs, tout en tenant compte des besoins identifiés dans les régions d’implantation des projets.

– Ces projets visent-ils principalement le marché local ou l’export ?

– La position géostratégique du Royaume est un atout indéniable pour l’export vers d’autres régions du monde, notamment l’Europe, mais aussi l’Asie ou les Amériques. Donc, les projets sont orientés vers l’export, mais visent aussi naturellement des industries du marché local.

– Quelles retombées financières concrètes pour le Royaume (redevances, loyers, participation aux bénéfices, etc.) ont été proposées par les projets sélectionnés ?

– Les projets sélectionnés proposent plusieurs externalités positives pour le Royaume en matière d’intégration industrielle, de création d’emplois, de développement socio-économique des territoires d’implantation, ainsi que des retours financiers pour l’État qui doivent faire l’objet de négociations conformément au processus contractuel défini dans l’Offre Maroc.

Au terme de ces contrats préliminaires de réservation de foncier, et dès lors que les parties auront respecté leurs engagements, l’investisseur et l’État entreront en négociations finales pour la conclusion d’une convention d’études avancées

– Quels sont les coûts de production de l’hydrogène (H2) indiqués dans les projets retenus ?

– Les données des investisseurs sont confidentielles. Ce que l’on peut néanmoins affirmer, c’est que le coût de la molécule d’hydrogène produite au Maroc est parmi les plus compétitifs au monde. Ce coût sera précisément déterminé en fonction de plusieurs paramètres, notamment la ressource énergétique disponible sur le site attribué, la technologie choisie, les infrastructures à déployer, ainsi que d’autres facteurs influençant l’investissement et l’exploitation. Par conséquent, ces coûts peuvent évoluer.

– Quelle est la prochaine étape ?

– Les négociations vont être engagées avec les investisseurs sélectionnés. Une fois que les parties se seront accordées sur tous les termes, ces négociations aboutiront à la conclusion d’un contrat préliminaire de réservation de foncier. Lesdits contrats seront conclus entre l’investisseur et l’État marocain. Au terme de ces contrats préliminaires de réservation de foncier, et dès lors que les parties auront respecté leurs engagements, l’investisseur et l’État entreront en négociations finales pour la conclusion d’une convention d’études avancées.

Comme je vous le disais, le processus de sélection des investisseurs dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène vert reste ouvert. De nouvelles phases de sélection pourront intervenir dans un avenir proche.

– La circulaire prévoyait une répartition précise des rôles entre ministères et institutions pour les infrastructures. Où en est concrètement cette coordination ?

– Le succès de l’Offre Maroc repose sur un parcours simplifié pour les investisseurs, garantissant clarté et visibilité dans la mise en œuvre de leurs projets. Masen joue un rôle de point focal et d’interlocuteur privilégié des investisseurs, en coordination avec plusieurs ministères impliqués dans la gouvernance de l’Offre Maroc.

Cette collaboration est renforcée par divers comités de suivi et ateliers thématiques (techniques, industriels, investissements, budget…), où l’ensemble des ministères et institutions concernés collaborent activement et apportent des propositions constructives. La gouvernance en place, structurée autour d’un Comité de pilotage, d’un Comité d’investissement et de sous-comités, dont celui dédié aux infrastructures, facilite l’intégration des projets et renforce la compétitivité de la filière hydrogène vert.

La chaîne de valeur de l’hydrogène vert pourrait ainsi offrir aux industriels de vastes opportunités d’intégration

– A-t-on mesuré les besoins nationaux en hydrogène vert ? 

– Plusieurs études classent le Maroc parmi les cinq pays présentant le plus grand potentiel en matière de production d’hydrogène vert. Un potentiel qui se confirme au regard du vif intérêt suscité par l’Offre Maroc depuis sa publication auprès d’acteurs majeurs du secteur énergétique. En moins d’un an, nous avons attiré plus d’une quarantaine de projets.

Le développement de la filière hydrogène vert au Maroc, soutenu par l’Offre Maroc, offre de belles perspectives en termes de création d’emplois, d’implantation d’industries locales et d’attraction d’investissements étrangers.

L’intégration horizontale et verticale de cette industrie émergente peut stimuler la création d’industries locales tout le long de la chaîne de valeur de la production d’hydrogène vert, contribuant, d’une part, à la compétitivité des projets et, d’autre part, à l’essor d’un écosystème industriel national. La chaîne de valeur de l’hydrogène vert pourrait ainsi offrir aux industriels de vastes opportunités d’intégration.

Les possibilités d’intégration verticale sont également significatives : des industries énergivores à forte empreinte carbone pourraient délocaliser une partie de leur production consommatrice d’hydrogène vert au Maroc, permettant ainsi de décarboner leurs activités tout en réduisant considérablement leurs coûts.

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Offre Maroc Hydrogène vert : 5 investisseurs marocains et mondiaux sélectionnés (liste)

Le chef du gouvernement a présidé une réunion du comité de pilotage chargé de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert, annonce un communiqué officiel.

La même source souligne que la réunion du comité de pilotage s’est tenue « conformément à la vision clairvoyante de S.M. Le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, visant à faire entrer le Maroc dans le club des pays à fort potentiel en matière d’hydrogène vert ».

Au cours de cette réunion, cinq investisseurs nationaux et mondiaux ont été sélectionnés pour la réalisation de six projets dans les trois régions du sud du Royaume, pour un coût de 319 milliards de dirhams, dans la perspective d’entamer des négociations avec les parties sélectionnées.

Il s’agit de sociétés leaders dans le domaine de l’hydrogène vert dans leurs pays respectifs :

– le consortium d’investisseurs ORNX, composé de la société américaine Ortus, de la société espagnole Acciona et de la société allemande Nordex, qui investira dans la production d’ammoniac ;

– le consortium d’investisseurs composé de la société émiratie Taqa et de la société espagnole Cepsa pour la production d’ammoniac et de carburant industriel ;

– la société marocaine Nareva, qui investira dans la production d’ammoniac, de carburant industriel et d’acier vert ;

– la société saoudienne ACWA Power ;

– le consortium d’investisseurs composé des sociétés chinoises UEG et China Three Gorges, qui devrait produire de l’ammoniac.

Aziz Akhannouch a déclaré au cours de cette réunion que le gouvernement a mis en place « une dynamique positive basée sur la minutie et la rigueur dans la mise en œuvre de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert, en droite ligne des Hautes Directives royales contenues dans le discours du Trône du 29 juillet 2023, dans lequel le Souverain, que Dieu Le préserve, avait engagé le gouvernement à entreprendre la mise en œuvre rapide et qualitative de l’Offre Maroc dans le domaine de l’hydrogène vert, de manière à valoriser les atouts dont dispose notre pays en la matière et à répondre au mieux aux projets portés par les investisseurs mondiaux dans cette filière prometteuse ».

La sélection des porteurs des six projets s’est faite selon une méthodologie scientifique et transparente, garantissant un partenariat équilibré et durable entre le Royaume du Maroc et ces investisseurs, en vue de parvenir à la signature de contrats préliminaires permettant de mobiliser l’assiette foncière destinée à la mise en œuvre de ces projets stratégiques, pour un plafond de 30 mille hectares par projet, indique la même source.

L’État veillera, à travers le cadre contractuel qui le lie aux porteurs de ces projets, à préserver et à garantir le bon usage de l’assiette foncière publique.

Ces six projets viennent s’ajouter aux deux projets prévus par les deux accords signés devant le Roi Mohammed VI, et le président français, Emmanuel Macron, en octobre 2024 à Rabat, dont le premier porte sur la mise en œuvre de l’Offre Maroc pour le développement de la filière de l’hydrogène vert, et lie le Royaume du Maroc au groupe TotalEnergies.

Le second accord porte sur le développement commun entre OCP et la société ENGIE, lequel comprend cinq projets, dont l’un concerne la filière hydrogène vert.

À noter que la procédure de sélection des projets, dans le cadre de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert, demeure ouverte aux investisseurs.

« La dynamique enregistrée au niveau de la mise en œuvre de l’Offre Maroc en matière d’hydrogène vert couronne l’action entamée par la publication, le 11 mars 2024, de la circulaire du chef du gouvernement pour la mise en œuvre de cette offre, conformément aux Hautes Directives royales, en vue de développer la filière de l’hydrogène vert, à travers la mise à contribution de la position privilégiée du Royaume, de ses ressources naturelles riches et diversifiées, de sa situation  géographique stratégique et de ses infrastructures aux normes internationales », conclut la même source.

Ont pris part à cette réunion Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, Karim Zidane, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des finances, chargé du Budget, et Tarik Moufaddal, président-directeur général de MASEN.

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Projet White Dunes : Hydrogène de France quitte le tour de table de Falcon Capital Dakhla

Il y a une année, presque jour pour jour, Falcon Capital Dakhla, filiale du groupe marocain Falcon Capital, annonçait le lancement d’un gigantesque projet d’hydrogène vert à Dakhla. Ce projet devait voir le jour grâce à la mobilisation d’un foncier de quelque 120.000 hectares et un financement de 20 milliards de dirhams rien que pour la phase I.

Hydrogène de France (HDF), leader mondial en la matière, devait être de la partie, mais ce n’est plus le cas.

Selon nos informations, le groupe français a cédé ses parts (1.899 actions), soit 5%, à la maison mère, Falcon Capital. Cette cession a été notifiée au tribunal de commerce de Dakhla en date du 11 octobre 2024.

L’information a été confirmée à Médias24 par Anas Belmamoun, directeur général de Falcon Capital Dakhla. Notre interlocuteur parle de « divergence de visions » entre les associés marocains et français. Quant à HDF, nos sollicitations sont restées sans réponse.

Cela aura-t-il un impact négatif sur le projet « White Dunes » dont on n’entend pratiquement plus parler depuis plusieurs mois ?

« Aboslument pas ! », rassure le directeur général de Falcon Capital Dakhla. « Nous sommes toujours en contact avec les autorités locales, le CRI et MASEN, et nous avions le choix entre plusieurs autres grands acteurs internationaux du secteur de l’hydrogène vert pour nous accompagner ».

En fin de compte, à en croire la même source, Falcon Capital Dakhla a vu l’arrivée d’un grand acteur international, dont les actionnaires marocains taisent le nom. « Ce groupe international sera majoritaire dans le tour de table de Falcon Capital Dakhla, et nous avons présenté notre offre à MASEN il y a plusieurs mois », promet Anas Belmamoun.

Hydrogène vert. Le Maroc a reçu près de 40 demandes pour des projets dans différentes régions

Présidé par le chef du gouvernement, ce comité de pilotage « a examiné l’état d’avancement de la mise en œuvre des différents chantiers relatifs à l’opérationnalisation de « l’Offre Maroc », pour l’hydrogène vert », annonce un communiqué.

Le comité a débattu dans ce cadre de la méthodologie qui sera adoptée pour l’évaluation et la sélection des projets, à travers une définition précise des critères.

La même source ajoute que lors de cette réunion, qui survient moins de 6 mois après la publication de la circulaire du Chef du gouvernement relative à la mise en œuvre de « l’Offre Maroc », la plateforme mise en place par  l’Agence Marocaine pour l’Energie Durable ( MASEN), a reçu jusqu’à présent près de 40 demandes de projets.

« Ce qui confirme le vif intérêt et l’interaction effective des investisseurs nationaux et des grands opérateurs internationaux dans le domaine énergétique pour « l’Offre Maroc » », est-il expliqué, précisant « que cet intérêt témoigné par les investisseurs, porte sur les différentes régions du Royaume, du nord du Maroc jusqu’à ses provinces du sud ».

Ont pris part à cette réunion, M. Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, Mme Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances, M. Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau, M. Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, M. Mohcine Jazouli, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques, M. Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget, M. Tarik Moufaddal, président-directeur général de  l’Agence Marocaine pour  l’Energie Durable, ainsi que le Secrétaire Général du ministère de la Transition Energétique et du Développement Durable.

 

Hydrogène vert : Masen lance un appel d’offres aux investisseurs intéressés

Consulté par Médias24, ce document fournit des orientations indicatives aux investisseurs et consortiums potentiels.

Les capacités techniques et financières à démontrer

Dans leur candidature, les investisseurs doivent :

– démontrer leur capacité technique à développer, financer, mettre en œuvre et exploiter des projets énergétiques et/ou industriels à grande échelle. Chaque candidat est ainsi invité à fournir un historique de projets techniques principalement dans les secteurs des énergies renouvelables, industriels (énergie conventionnelle, produits chimiques, engrais, pétrochimie, raffinerie, sidérurgie, industrie du ciment, etc.) et des infrastructures (notamment le dessalement de l’eau, transport d’énergie, etc.). En ce qui concerne les consortiums, les références de chaque membre seront considérées en fonction de leur rôle prévu dans le projet et de leur implication dans la chaîne de valeur.

– démontrer leur capacité financière à entreprendre le projet proposé et/ou son rôle dans la chaîne de valeur dans le cas d’un consortium. Cela comprend le chiffre d’affaires, le taux de rentabilité et le ratio d’endettement (dette de financement/capitaux propres).

– expliquer leur vision du projet. Cette partie englobe plusieurs aspects clés, notamment techniques, financiers, environnementaux et sociaux, y compris notamment la composition et les rôles du consortium, la capacité de production (si en phases, la capacité pour chaque phase), ainsi que la taille du terrain requis, le produit final, les choix technologiques pour la centrale électrique à énergie renouvelable et l’électrolyseur, le coût estimé, l’infrastructure et la logistique requises (y compris les attentes et les contributions potentielles du soumissionnaire) et le calendrier du projet. Toute utilisation partielle de combustibles fossiles doit également être divulguée.

– fournir un aperçu global de la stratégie commerciale et financière du projet, y compris les marchés ciblés et les accords d’achat, le positionnement sur le marché (importation ou exportation), le financement (type de dette, capitaux propres, subventions et sources attendues pour chacun), etc.

– évaluer les impacts sociaux et environnementaux des projets, ainsi que la promotion de l’approvisionnement local, la création d’emplois et le développement et/ou la contribution des infrastructures.

Priorité à l’approvisionnement local et à la création d’emplois

En donnant la priorité au développement local, l’objectif est de garantir que les bénéfices des projets d’hydrogène vert soient étendus aux communautés à travers le Maroc, contribuant ainsi à une croissance socio-économique inclusive et durable. Seront ainsi évalués les critères suivants :

L’objectif est de garantir que le développement de projets d’hydrogène vert contribue de manière significative à la croissance industrielle et socio-économique du Royaume à travers la création d’emplois.

L’intégration horizontale implique des partenariats fournisseurs (réels ou prévus). Il s’agit notamment de collaboration avec des fournisseurs et partenaires locaux déjà existants que les investisseurs ou consortiums ont l’intention de faire venir au Maroc pour les matières premières, les équipements et les composants nécessaires à la production d’hydrogène vert et de ses dérivés, ainsi qu’avec les fournisseurs ou partenaires étrangers, que les investisseurs ont l’intention d’amener à fabriquer leurs produits au Maroc.

L’intégration verticale implique quant à elle l’investissement ou les partenariats pour le développement d’installations de fabrication pour les industries consommatrices d’hydrogène vert et/ou ses dérivés au Maroc, l’investissement dans des centres de recherche et développement axés sur les technologies de l’hydrogène vert, en collaboration avec les universités locales, les instituts de recherche et les acteurs de l’industrie.

Notons que ce marché intervient après la publication par le chef du gouvernement, le 11 mars dernier, de la circulaire de mise en œuvre de « l’Offre Maroc » pour le développement de la filière de l’hydrogène vert.

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Offre Maroc d’hydrogène vert : la CGEM travaillera avec les parties prenantes pour la priorisation de la demande nationale

À la suite de la publication de la circulaire relative à la mise en œuvre de « l’Offre Maroc » pour le développement des filières de l’hydrogène vert, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) s’est « réjouie de cette offre qui arrive avec des mesures et leviers importants pour encourager les projets d’hydrogène vert, dans une optique de réduction de la dépendance énergétique du Maroc, mais également de décarbonation de son économie ».

« Cette offre se veut holistique et répond à des impératifs économiques de développement régional et de protection de l’environnement. Elle est également flexible et évolutive afin de permettre de capitaliser sur les avancées mondiales en la matière, qu’elles soient d’ordre technologique, financier ou réglementaire », s’est félicité le président de la CGEM dans une correspondance adressée aux membre de la Confédération.

La CGEM se dit « pleinement engagée à contribuer à la réussite de la mise en œuvre de l’Offre Maroc pour le développement des filières de l’hydrogène vert », et accompagnera les entreprises marocaines pour qu’elles en saisissent les opportunités.

Dans ce sens, la CGEM travaillera avec les parties prenantes pour :

Parmi les principales avancées de l’Offre Maroc, le président de la CGEM a énuméré :

– la mise en place d’un processus clair dans toutes les étapes du projet, depuis la sélection et l’allocation du foncier jusqu’au suivi des projets ;

– l’encouragement de l’émergence d’une filière nationale compétitive, et la création de nouveaux emplois dans la production des composants de centrales solaires et de parcs éoliens, d’osmoseurs pour le dessalement d’eau de mer, d’électrolyseurs, d’infrastructures énergétiques de transport et de stockage, ainsi que dans une multitude de services ;

– la mise en place d’incitations fiscales et douanières ;

– la mutualisation des infrastructures, notamment les ports, les pipelines et les stations de dessalement, en s’appuyant sur celles de nos champions nationaux.

« La CGEM a mis la décarbonation des entreprises marocaines au cœur de ses priorités et déploie, dans ce sens, un certain nombre d’actions pour l’accompagnement des opérateurs économiques dans leur transition énergétique, en comptant sur l’expertise de plusieurs partenaires nationaux et internationaux », a rappelé son président.

Hydrogène vert : Mohcine Jazouli décrypte l’Offre Maroc pour Médias24

Dévoilée ce lundi 11 mars par un communiqué du chef du gouvernement, l’Offre Maroc pour le développement de la filière de l’hydrogène vert instaure le cadre dans lequel le Royaume va déployer, au long cours, sa stratégie.

Le lendemain, mardi 12 mars, Médias24 a rencontré Mohcine Jazouli pour décortiquer à chaud ce document d’une quinzaine de pages sur lequel repose la mise en place de cette nouvelle filière.

Pendant près d’une heure, le ministre chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, nous a expliqué le contenu de cette circulaire ainsi que les enjeux, pour le Maroc, de la réussite de cette stratégie. Entretien.

L’intérêt exprimé concerne des projets de taille inédite dans l’histoire économique du pays.

Médias24. Comment s’articule l’Offre Maroc par rapport à la Charte de l’investissement ? Je suis un investisseur porteur d’un projet d’hydrogène vert. À qui dois-je m’adresser en premier ?

Mohcine Jazouli : L’Offre Maroc s’adresse aux projets intégrés d’hydrogène vert. Donc tout investisseur qui souhaite développer un projet d’hydrogène vert intégré, depuis la production d’énergie renouvelable à celle de l’hydrogène vert puis à sa transformation, devra s’adresser à Masen comme point de contact unique.

Quand Masen réceptionne la demande de l’investisseur, il y a tout un mécanisme qui s’enclenche avec les différentes parties prenantes concernées. Parmi les organes de gouvernance figure le Comité d’investissement hydrogène vert, présidé par le ministère chargé de l’Investissement. Ce comité, c’est comme une antichambre qui analyse tous les dossiers et les remonte ensuite au comité de pilotage de l’offre d’hydrogène Maroc. Lequel comité, présidé par le chef du gouvernement, sélectionne les projets et attribue les zones en concertation avec les différentes parties prenantes.

À partir de là, le projet entre dans le circuit classique de la Charte de l’investissement. Il fera l’objet d’une convention d’investissement dans le cadre du dispositif dédié aux projets stratégiques.

– Le passage par la Charte de l’investissement est un choix fait par l’investisseur. Mais ce dernier peut, s’il le souhaite, engager son investissement sans passer par elle, tout en respectant la réglementation en vigueur bien évidemment. Est-ce envisageable pour le cas de l’hydrogène vert ? 

– Un investisseur qui ne se positionne que sur la fabrication d’hydrogène vert, par exemple, parce qu’il a un fournisseur d’énergies vertes, est libre de venir placer des électrolyseurs sur un terrain qu’il va acheter et y produire de l’hydrogène vert, conformément aux réglementations en vigueur. Il peut aussi fabriquer de l’ammoniac vert s’il le souhaite. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un projet intégré d’hydrogène vert. Donc ceux qui ne se positionnent que sur un maillon peuvent rentrer dans les programmes nationaux, dont la Charte de l’investissement.

– Donc ils ne sont pas obligés de passer par l’Offre Maroc ?

– Non. Celui qui veut faire de l’hydrogène avec un électrolyseur à petite échelle peut le faire. Ce sont des projets à une échelle réduite qui n’entrent pas obligatoirement dans le cadre de l’Offre Maroc. Celle-ci s’adresse aux projets de grandes dimensions et à échelle industrielle dont le point de départ ne se fait jamais en-dessous de 10.000 hectares.

Nous parlons de plusieurs milliards de dollars et de dizaines de milliers d’hectares par projet

– Qu’entendez-vous par échelle industrielle ? Y a-t-il un minimum ciblé en termes de volumes de production ?

– L’intérêt exprimé à ce jour concerne des projets de taille inédite dans l’histoire économique du Maroc. Nous parlons de plusieurs milliards de dollars et de plusieurs dizaines de milliers d’hectares par projet. Cela s’explique par le fait que la rentabilité de tels projets réside en grande partie dans les économies d’échelle à réaliser.

La taille minimum des projets dans le cadre de l’Offre Maroc est quant à elle fixée par la taille minimum des lots de foncier à attribuer et à valoriser par l’investisseur, qui est de 10.000 hectares.

– Masen est désigné pour jouer le rôle de point focal. Pourquoi ce choix ?

– Cette stratégie est une Vision Royale. Ce projet est un vrai Game changer pour le pays. L’idée était d’opter pour une entité qui transcende le temps et l’espace, si je me permets l’expression, pour assurer une continuité, car nous sommes sur une stratégie qui va transcender les gouvernements et qui s’installe sur plusieurs décennies. Il était important d’avoir un point de contact qui restera stable à l’avenir.

Cela dit, nous avons tous quelque chose à apporter, que ce soit au niveau du gouvernement ou des partenaires de ces projets-là. D’ailleurs, la circulaire est très claire et définit le rôle et la mission que doit assumer chaque acteur. Nous avons besoin de l’énergie de toutes et de tous, car nous n’avons pas le droit à l’erreur. C’est un rendez-vous important avec l’Histoire, qui peut apporter un vrai changement à l’économie de notre pays sur plusieurs aspects. Étant donné les enjeux importants de ce secteur, le mot d’ordre est de travailler en harmonie. Le chef du gouvernement, sur haute instruction royale, nous réunit lorsqu’il le faut. Et chacun de nous joue sa partition. Parce que c’est une très belle mélodie qui est en train d’être écrite.

– Vous dites que c’est une stratégie Game changer pour le pays qui peut avoir des effets positifs sur l’économie de façon générale. Avez-vous fait des projections ou estimations de ces effets ?

– Dès le début, nous avons parlé des externalités positives pour le pays, et de toute façon, nous ne voyons pas ce projet autrement que par ses externalités positives. Nous demandons aux investisseurs d’aller le plus loin possible dans la chaîne de valeur. Nous demandons aussi à nos partenaires, par exemple au ministère de l’Industrie et du Commerce, de faire des études sur notre potentiel à tout fabriquer localement. Cela nous permettra ensuite de mesurer précisément l’impact du développement de ce secteur sur le pays et sur son économie.

Nous ne pouvons pas répondre précisément à cette question par un nombre d’emplois projeté et une valeur ajoutée estimée. C’est un peu prématuré. Mais nous aurons dans les prochains mois les données qui nous permettront d’apprécier précisément toutes ces externalités positives en termes d’emploi, de création de valeur, de revenus pour l’État, d’emplois connexes, d’emplois indirects, d’emplois induits et de valeurs induites.

Plus l’investisseur ira loin dans la chaîne de valeur, meilleurs seront les avantages accordés.

– L’Offre Maroc arrive avec des incitations. Des exonérations fiscales et douanières sont prévues. Il y a donc aussi les avantages de la Charte. On lit également dans la circulaire que les projets peuvent être éligibles aux avantages des ZAI. Toutes ces incitations sont-elles cumulables ?

– Il y a l’avantage pour l’investisseur et l’avantage pour le pays. Il faut que chacun y trouve son compte.

Pour le pays, il s’agit bien évidemment de la création d’emplois, de la création de valeur à long terme et de la souveraineté énergétique. Ce point est non négociable.

Pour l’investisseur, il ne faut pas oublier qu’il bénéficie d’abord et avant tout des avantages naturels du pays, à savoir le soleil et le vent. C’est un atout considérable dans l’Offre Maroc, qui a été souligné par la Vision de Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, qui depuis plus de quinze ans met en avant les énergies renouvelables. Donc, c’est le premier gros avantage dont bénéficie l’investisseur.

Ensuite, il bénéficie, dans la transparence totale, des avantages inscrits dans les différentes lois en vigueur, que ce soit la Charte de l’investissement ou la loi de finances pour ce qui est des exonérations fiscales et douanières.

Nous sommes convaincus que ce que vient chercher avant tout l’investisseur au Maroc, ce n’est pas une prime d’investissement ou des exonérations, mais bien ce soleil et ce vent marocains qui ont une particularité : ils génèrent l’une des meilleures intermittences dans l’énergie renouvelable, ce qui est essentiel pour l’hydrogène.

– Ces avantages ne constituent donc pas un package fixe ?

– Non. Les avantages sont discutés en fonction des projets. Et puis comme ce sont des projets stratégiques, le package varie en fonction de ce que propose l’investisseur. Plus il ira loin dans la chaîne de valeur, meilleurs seront les avantages accordés.

 

Faire exclusivement de l’export d’hydrogène vert n’est pas notre priorité au Maroc

– Lorsque vous dites « aller loin dans la chaîne de valeur », j’imagine que vous faites référence à l’intégration locale… Justement, c’est un sujet qui revient à plusieurs reprises dans la circulaire. Comment le Maroc imagine-t-il cette intégration locale ? Quel est l’idéal que vous visez ?

– Il y a deux types d’intégration. D’abord, l’intégration horizontale. Nous cherchons à avoir le maximum de local content et de production nationale de tout ce qui va servir à produire de l’hydrogène vert. Cela va des éoliennes aux systèmes qui permettent de produire l’hydrogène vert en passant par les panneaux photovoltaïques, les électrolyseurs, et ainsi de suite. Nous souhaitons que tous ces composants soient produits au Maroc.

Ensuite, il y a l’intégration verticale. Nous voulons aller au-delà de la simple production d’hydrogène vert en ciblant aussi ses dérivés comme l’ammoniac vert, l’acier vert, l’aluminium vert, le PVC vert… Enfin, tous les dérivés possibles nous permettant d’aller au bout de la chaîne de valeur.

– Y a-t-il aujourd’hui un opérateur qui puisse porter seul un projet intégré de bout en bout ?

– C’est difficile. Mais un opérateur pourra aller aussi loin que possible dans l’utilisation de son hydrogène vert. Par exemple, un opérateur peut faire de l’hydrogène, puis après de l’acier vert. Et donc, il va utiliser tout son hydrogène pour fabriquer un produit transformé à plus forte valeur ajouté et non pas chercher simplement à exporter de l’hydrogène vert.

Au final, certains feront peut-être exclusivement de l’export d’hydrogène vert, mais ce n’est pas notre priorité au Maroc. On veut créer le maximum de valeur ajoutée et le maximum d’emplois au Maroc. C’est le critère de base.

– Nous sommes sur une industrie ou sur un secteur qui n’est pas encore mature mondialement. On parle beaucoup de l’hydrogène vert et de son potentiel, mais finalement, il n’y a pas encore de projets concrets qui ont prouvé ce potentiel. Comment le Maroc appréhende-t-il ce volet ?

– C’est la raison pour laquelle, avec la sérénité et la vision stratégique du Souverain, nous n’avons pas cherché à faire des effets d’annonce rapidement alors même que nous le pouvons, puisque depuis deux ans, nous sommes sollicités par le monde entier, connaissant la position géostratégique du Royaume.

Nous aurions pu réagir et signer très vite des accords, faire beaucoup de bruit, mais la vision de Sa Majesté nous a justement imposé de bien comprendre où en était ce secteur et d’offrir une réponse adaptée à ses spécificités. Un secteur qui, effectivement, n’est pas mature, et pour lequel il faut faire des choix stratégiques.

Nous avons par exemple au Maroc un consommateur naturel d’ammoniac vert, qui est OCP, et qui va produire des engrais verts. Le monde entier cherche à produire de l’hydrogène vert pour le vendre à ce que l’on appelle des off-takers. Au Maroc, nous avons notre propre off-taker, ce qui nous permet déjà de mettre un pied à l’étrier.

Nous avons un deuxième off-taker, qui est notre voisin européen, qui a déclaré son intention d’acheter vingt millions de tonnes d’hydrogène vert, dont dix millions seront importés à l’horizon 2030. Le Maroc est le candidat idéal pour le leur exporter.

Tout cela a fait que dans un premier temps, il était urgent d’attendre et de voir où allait le monde sur ces grands sujets, pour prendre des positions stratégiques et non pas des tactiques.

Dans l’intervalle, nous n’avons pas chômé. Nous avons fait le tour du monde, nous avons rencontré les opérateurs du monde entier. Et l’on sait aujourd’hui où en est ce secteur. Et je peux vous affirmer que l’Offre Maroc arrive au bon moment. Le Maroc est robuste ; grâce à la vision de Sa Majesté, depuis quinze ans, nous avons inscrit des succès au niveau des EnR, qui représentent 70% de l’investissement dans l’hydrogène vert. Et même si les technologies avancent, nous les faisons avancer aussi et tout en avançant avec elles. Nous sommes aussi des faiseurs de marché.

Le rapport du PLF sur le foncier de l’Etat ne fait que reprendre les demandes. Il n’y a aucune autorisation ni aucune réservation, et toute autre compréhension est erronée.

– Dans son offre, le Maroc propose son soleil et son vent, mais aussi son foncier qui est un facteur déterminant pour ce secteur. Le gouvernement a identifié une assiette foncière d’un million d’hectares. Est-ce toute la réserve disponible pour le secteur ou une partie seulement ? N’y a-t-il pas un risque de concurrence avec les projets d’EnR pour l’électricité et la décarbonation de notre industrie ?

– Le Maroc, c’est plus de 71 millions d’hectares. Donc, il y a encore de la marge… Le million, c’est un million qui est identifié, cartographié et pour lequel le potentiel éolien et solaire est clairement avéré. Il y en a d’autres, il y a encore de la réserve. C’est l’une des forces de l’Offre Maroc. Par ailleurs, des synergies sont recherchées entre les projets hydrogène et la fourniture d’électricité au réseau national marocain.

– Puisque l’on a une centaine d’investisseurs intéressés, pourquoi commencer par une tranche de 300.000 hectares seulement ?

– Parce que tous les projets vont se faire en scaling up. Aucun investisseur ne va démarrer directement par 100% de son investissement. Nous savons que les investissements se feront entre 10 et 30% du volume total d’investissement. C’est la raison pour laquelle nous avons mis dans un premier temps 30% de l’assiette disponible. Cela dit, l’attribution du foncier sera évolutive avec les investissements et les projets.

– Le rapport sur le foncier de l’État publié annuellement en marge du PLF a eu pour particularité en 2023 l’annonce de plusieurs projets dans le secteur de l’hydrogène vert avec des réservations de foncier. Comment allez-vous gérer ces projets ?

– Je pense qu’il y a un malentendu autour de ce rapport, puisqu’il ne fait que reprendre auprès des différents Centres régionaux de l’investissement les demandes et les reporte. Donc, il n’y a aucune réservation faite et encore moins d’autorisations. Ce sont juste des demandes. Il n’y a aucune autorisation ni aucune réservation, et toute autre compréhension est erronée.

Nous parlons de dizaines de milliers d’hectares destinés à des projets robustes, donc la spéculation est impossible

– Certains observateurs craignent que cette réserve foncière inestimable n’attire les spéculateurs. Comment se prémunir ou prévenir ce genre de pratiques ?

– A mon avis, la spéculation peut parfois se faire sur quelques centaines de mètres carrés, quelques milliers, voire quelques petits hectares de foncier fortement valorisé compte tenu de sa destination immobilière essentiellement, voire parfois industrielle. Mais cela n’a rien à voir avec ce dont nous parlons. C’est une autre dimension.

Nous parlons de dizaines de milliers d’hectares par projet ; la spéculation est donc impossible, d’autant plus qu’aucun foncier ne sera attribué à un projet qui n’est pas robuste. J’entends par là un projet qui est porté par des opérateurs avec un business plan clair et une vision qui correspond à ce que nous attendons au Maroc, à savoir la création d’emplois et la création de valeurs.

Un investisseur peut mettre 50 millions de dollars sur la table uniquement pour les études…

– Vous disposez déjà d’un pipe d’une centaine d’investisseurs ayant manifesté leur intérêt pour le secteur. Quand est-ce que les premiers projets seront signés ?

– Nous avons eu le courage de fixer dans notre circulaire une première échéance, à savoir le troisième trimestre 2024 pour la signature des premiers contrats préliminaires. Cela démontre que nous sommes confiants dans notre capacité à aller vite grâce à la vision de Sa Majesté le Roi que Dieu L’assiste, et à la validation qu’il a faite de cette offre. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a des opérateurs qui ont déjà posé leurs mâts de mesure depuis un certain temps parce qu’ils y croyaient déjà.

Maintenant, ce sont de gros investissements. La phase d’études est très coûteuse et peut parfois mener à un no go. Un investisseur peut mettre 50 millions de dollars sur la table uniquement pour ses études, et au final, se rendre compte que son investissement n’est pas rentable car certains paramètres ne correspondent pas à ce qu’il souhaite faire. Cela pour dire qu’il y a un temps incompressible pour lancer réellement les travaux. Il faut faire les pré-études qui donnent une idée, puis mener les études approfondies qui donnent une certitude et ensuite investir.

L’Offre Maroc est conçue de telle manière à ne pas faire entrer les investisseurs dans un tunnel et à nous laisser tous les deux à l’aveugle pendant trop longtemps. Nous avons instauré des étapes intermédiaires, avec des clauses de rendez-vous qui vont nous permettre de nous rencontrer régulièrement avec l’investisseur et de ne pas nous retrouver enchaînés l’un à l’autre.

– La circulaire consacre une partie aux infrastructures détaillant le rôle de chaque département ministériel ou institution concernés. Connaissant l’importance des infrastructures pour les investisseurs potentiels et les délais de réalisations que cela nécessite, le travail sur ce volet a-t-il commencé ?

– Nous avons bien évidemment déjà commencé à travailler. Il y a des choses qui sont déjà dans les tuyaux, c’est le cas de le dire. Mais il faut savoir que c’est un travail qui se fait sur deux dimensions. D’abord c’est itératif, parce qu’une partie va dépendre des partenaires que nous allons avoir. Ces derniers ne sont pas des spectateurs, ils sont également acteurs sur ce volet.

Certains projets se feront en partenariat public-privé. Certains aspects peuvent figurer dans l’offre de l’investisseur. Parce que quand on investit plusieurs dizaines de milliards de dollars, on vient avec tout un package également.

Nous avons tout type d’investisseurs, à savoir des opérateurs qui sont dans les énergies, des financiers, des industriels, des majors pétroliers et des juniors également. Nous avons aussi des start-up qui veulent faire du deal-making.

– Qu’en est-il du financement ? Comme vous le dites, ce sont des dizaines de milliards de dollars d’investissements pour un projet… 

– Il y a le financement commercial, et puis il y a les financements institutionnels. Le premier est dédié à la rentabilité des projets ; le deuxième a l’aspect durable des projets. Ce sont des projets verts, donc ils vont pouvoir attirer une bonne partie du financement vert. Quand on produit de l’hydrogène vert, c’est du CO2 en moins, bien entendu. Et donc les financements verts concessionnaires sont beaucoup plus présents.

Et on le voit déjà chez les investisseurs avec lesquels on a eu l’occasion de discuter. Ils viennent justement avec ce type de financement.

Pour la partie commerciale, compte-tenu de la nouveauté du secteur, il y a un côté risqué, mais qui est en grande partie « dérisqué » si je puis dire, par la partie énergie renouvelable. Je m’explique : près de 70% de l’investissement dans l’hydrogène vert consiste à mettre en place une capacité de production de l’énergie renouvelable. Cette énergie étant très accessible au Maroc, que l’on aille au bout de l’hydrogène ou pas, l’investissement restera un investissement rentable et pérenne, car a minima, on aura des énergies vertes disponibles et à bas coût. Et ça, les financiers l’ont compris aussi.

– Que pouvez-vous nous dire, sans trahir la confidentialité des projets, des investisseurs potentiels avec qui le Maroc est actuellement en discussion ?

– Depuis deux ans, nous avons d’abord été proactifs. Nous avons fait des roadshows et rencontré des investisseurs et opérateurs un peu partout aux quatre coins de la planète parce qu’il fallait susciter l’attention. Il fallait créer l’interrogation en faisant valoir les atouts du Maroc : la Vision Royale, la stabilité du pays, la position géostratégique, la disponibilité des énergies renouvelables à bas coût, la jeunesse de la population, tous les accords de libre-échange ; tout ce qui aujourd’hui met en valeur notre pays et donne envie aux investisseurs de venir investir au Maroc. C’était la première étape. Ensuite, nous avons eu une deuxième phase où ce sont les investisseurs qui sont venus des quatre coins de la planète.

Nous avons tout type d’investisseurs : des opérateurs qui sont dans les énergies, des financiers, des industriels, des majors pétroliers et des juniors également. Nous avons aussi des start-up qui veulent faire du deal-making. Il y a donc de tout dans la centaine d’investisseurs. Et puis, il y a le Tier 1 qui est aussi là et avec lequel nous allons très rapidement engager les discussions.

– Avez-vous une estimation sur un potentiel d’investissement ?

– Plusieurs dizaines de milliards de dollars.

– Peut-être un mot de la fin, si vous deviez résumer l’Offre Maroc en deux ou trois mots… 

– Au risque de me répéter, c’est un vrai Game changer pour le développement socio-économique du pays. C’est la mise en œuvre d’une Vision Royale qui ne s’est jamais trompée et a toujours fait les bons choix. On y va donc en toute confiance.