Où placer son argent en 2026 ? Les arbitrages changent, la sélectivité s’impose

Où placer son argent en 2026 ? La question revient avec d’autant plus d’acuité que le contexte d’investissement n’est plus celui des deux dernières années. Après une phase de forte expansion portée par la revalorisation des marchés actions, l’environnement devient plus sélectif. Les opportunités existent toujours, mais elles ne se situent plus aux mêmes endroits ni au même niveau de risque.

Entre la Bourse, le marché obligataire, les placements monétaires sécurisés, la gestion collective via les OPCVM et certains actifs comme les métaux précieux, les arbitrages évoluent. Voici la lecture d’un directeur de gestion d’actifs, contacté par Médias24, sur les choix d’allocation en 2026.

La Bourse : toujours un moteur clé en 2026

Pour notre interlocuteur, les actions restent la classe d’actifs offrant le meilleur potentiel à moyen terme, même si le marché est entré dans une phase plus sélective.

« La Bourse reste centrale dans une allocation, mais la performance dépend beaucoup plus des résultats des entreprises. On n’est plus dans une hausse généralisée, le marché est devenu plus exigeant ».

« Les replis actuels correspondent surtout à des prises de bénéfices après deux années de forte progression. C’est un phénomène normal dans la vie d’un marché, pas un changement de tendance de fond ».

Le potentiel se concentre désormais sur les entreprises capables de maintenir une croissance bénéficiaire solide, avec des fondamentaux visibles et une bonne exécution opérationnelle.

Côté secteurs, la préférence va vers les segments offrant de la visibilité : banques, télécoms, BTP et matériaux de construction, ainsi que la santé. « Ce sont des secteurs ancrés dans la dynamique domestique, avec des revenus récurrents ou une forte visibilité sur l’activité. Dans un marché plus mature, cette lisibilité devient déterminante ».

Pour 2026, l’exposition aux actions reste donc un pilier du portefeuille, mais avec une sélection plus rigoureuse et une attention accrue au couple rendement/risque.

Pour 2026, l’exposition aux actions reste donc un pilier du portefeuille, mais avec une sélection plus rigoureuse et une attention accrue au couple rendement/risque

Obligataire : du portage, mais peu de levier de performance

Sur le marché obligataire, notre interlocuteur reste plus mesuré. Les niveaux actuels de taux offrent du rendement et surtout de la visibilité, mais le potentiel de gains en capital apparaît limité, notamment après la remontée observée sur les maturités intermédiaires.

Les rendements se situent autour de 2,7% sur le 2 ans, à près de 3% sur le 5 ans et autour de 3,2% sur le 10 ans, avec un 15 ans proche de 3,5%. La hausse récente sur le 2 et le 5 ans traduit un ajustement des anticipations de taux plutôt qu’un véritable changement de régime.

« Les obligations redeviennent intéressantes en logique de portage, mais il ne faut pas en attendre un moteur de performance comme lors des phases de forte détente monétaire. Les niveaux actuels offrent surtout un rendement courant et de la sécurité, pas un fort potentiel de plus-values ».

Autrement dit, le rôle de l’obligataire dans le portefeuille est d’abord stabilisateur. « Avec un 10 ans autour de 3,2%, l’investisseur sécurise un rendement connu à l’avance s’il conserve le titre. Mais sauf choc majeur sur les taux, la marge de baisse reste réduite, donc les gains supplémentaires sont mécaniquement limités ».

« Les obligations servent donc surtout à équilibrer le risque global du portefeuille, à lisser la volatilité et à sécuriser une partie du rendement, davantage qu’à rechercher une surperformance. L’achat d’obligations aujourd’hui ne permet pas de générer des gains significatifs en capital ».

OPCVM : du sécuritaire au dynamique selon le profil

Les OPCVM restent un outil central d’allocation, car ils permettent d’accéder aux différentes classes d’actifs avec une gestion professionnelle.

« Les fonds monétaires évoluent autour de 2,5% à 2,7% de rendement. Ils offrent sécurité et liquidité, mais avec une performance limitée. Les OPCVM obligataires court terme tournent autour de 3% à 3,5%. Là aussi, la logique reste celle du portage : stabilité et visibilité, mais peu de potentiel de forte hausse ».

« Ces fonds monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement est modéré, mais le risque aussi ».

Les OPCVM monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement est modéré, mais le risque aussi

Les fonds diversifiés permettent un compromis entre obligations et actions, en captant une partie de la dynamique boursière tout en conservant un coussin obligataire. Quant aux fonds actions, ils suivent naturellement l’évolution du marché boursier.

« Les OPCVM actions restent le moteur de performance sur le long terme, mais ils sont exposés aux mêmes mouvements que la Bourse. La volatilité fait partie du parcours, surtout dans un marché devenu plus sélectif ».

Métaux précieux : records de prix et limites comme actif d’épargne

Sur les marchés internationaux des matières premières, les métaux précieux ont enregistré des mouvements spectaculaires depuis la fin de 2025 et au début de 2026. Le prix de l’or a récemment franchi pour la première fois la barre des 5.000 $ l’once, avec des pics à plus de 5.090 $/oz, témoignant d’un intérêt fort des investisseurs en période d’incertitude mondiale. Dans le même temps, le prix de l’argent a dépassé 100 $ l’once dans les échanges récents, ce qui montre une volatilité élevée sur ces marchés.

« Certains grands établissements financiers révisent également leurs prévisions à la hausse pour 2026. Par exemple, Goldman Sachs a relevé son objectif de prix de l’or à 5.400 $ l’once en fin d’année, reflétant une demande soutenue des investisseurs et des banques centrales ».

Pour notre interlocuteur, « ces niveaux extrêmes illustrent davantage un mouvement de refuge et de spéculation plutôt qu’une classe d’actifs comparable à des actions ou des obligations dans une allocation structurée ».

« Les métaux précieux ne génèrent pas de revenus, de dividendes ni de cash-flow. Leur prix est fortement lié aux anticipations macroéconomiques, aux tensions géopolitiques et à des flux spéculatifs. Cela peut créer des pics remarquables, mais aussi des replis tout aussi importants », explique-t-il.

« L’accumulation de métaux précieux présente des risques spécifiques. En particulier, leur volatilité peut être nettement supérieure à celle des actions ou des obligations, et ils manquent de rendement courant (intérêts ou dividendes). Dans un portefeuille équilibré, ces instruments ne doivent pas être considérés comme une classe d’actifs principale, mais plutôt comme un élément de diversification limité et ciblé, pour ceux qui veulent une exposition très prudente aux conditions de marché extrêmes ».

Conseils pratiques : fiscalité et régularité

Au-delà des marchés eux-mêmes, notre interlocuteur rappelle que la manière d’investir compte tout autant que le choix des actifs.

« Les produits d’assurance-vie et les enveloppes comme le PEA peuvent constituer des solutions intéressantes pour investir en actions ou en OPCVM tout en bénéficiant d’un cadre fiscal plus favorable sur la durée ».

« La performance ne dépend pas uniquement du marché. La fiscalité joue aussi un rôle important, surtout pour les placements de long terme ».

« Investir une somme chaque mois en bourse permet de lisser les points d’entrée et de réduire l’effet de la volatilité. Chercher le moment parfait pour entrer est souvent plus risqué que d’investir progressivement ».

Dans un marché devenu plus sélectif, cette approche progressive aide à construire une exposition sur la durée sans concentrer le risque sur un seul moment. « Sur le court terme, il peut y avoir des mouvements de marché. Sur le long terme, ce sont la croissance et les fondamentaux qui font la différence ».

OPCVM : 15 MMDH de la CDG, ce qui change et ce qui ne change pas

La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a décidé d’externaliser progressivement la gestion de 15 MMDH. 

Le déploiement de cette enveloppe de 15 MMDH doit débuter à partir de début 2026, via des appels d’offres ouverts à l’ensemble des sociétés de gestion marocaines.

Cette décision s’inscrit dans une logique assumée de repositionnement, que le directeur général de la CDG, Khalid Safir, explique en ces termes : « Nous sommes toujours, au départ, pionniers. On lance une activité, on est très présents. Puis, petit à petit, le privé vient et se lance. Lorsqu’il y a ensuite un marché concurrentiel, mature et suffisant, nous faisons notre introspection et nous considérons que notre présence n’est plus nécessaire. Alors, nous nous retirons doucement, pas de manière brutale, pour laisser les acteurs du marché ».

Aujourd’hui, le secteur de la gestion d’actifs au Maroc compte une vingtaine de sociétés de gestion, adossées à des groupes bancaires ou indépendantes, avec des équipes de gestion que la CDG juge désormais de grande qualité.

« Nous considérons que notre mission est terminée à ce niveau de structuration du marché. Nous allons nous retirer petit à petit et confier la gestion des fonds que nous gérions au départ par notre propre société de gestion à des gestionnaires privés », ajoute Khalid Safir.

« Ce retrait ne se fera pas de manière brutale, mais progressivement. La société ne peut pas disparaître ; elle va changer de positionnement ».

De quelle société il s’agit ? Khalid Safir n’a pas explicitement cité le nom de la filiale. Quoi qu’il en soit, cette filiale ne va donc pas disparaître. Comme l’explique Khalid Safir, le retrait sera progressif et se traduira par un changement de localisation, la gestion étant appelée à passer chez un autre opérateur.

Pourquoi ce retrait ?

« Aujourd’hui, le marché est mature. Il n’y a plus de valeur ajoutée à maintenir une gestion directe de notre part« . La CDG applique ainsi une démarche déjà observée dans d’autres segments, notamment le capital-investissement : après avoir longtemps mobilisé ses propres équipes pour structurer l’activité, elle a progressivement confié la gestion opérationnelle à des équipes privées, marocaines comme étrangères, à mesure que le marché gagnait en profondeur et en compétences. Là aussi, la montée en puissance d’acteurs crédibles et la disponibilité de talents spécialisés ont justifié ce passage de relais.

La justification avancée reste la même : la maturité du marché

Sur le segment des OPCVM, Khalid Safir réfute toute lecture visant à assimiler le retrait progressif à une démarche de sécurisation défensive des fonds les plus liquides.

« Ce n’est pas une question de sécurisation. C’est un changement d’attitude sur la gestion d’un segment. Nos équipes travaillent sur la structuration de notre ALM ».

La CDG gère en effet des ressources de nature et d’horizons très différents. Certaines, comme les fonds de retraite, s’inscrivent dans le long terme ; d’autres relèvent de l’épargne à moyen-long terme.

À côté de ces ressources structurelles, la CDG reçoit également des fonds de court terme, à l’image des fonds des notaires, qui restent généralement quelques mois seulement. Pour chacun de ces profils, des études structurelles sont menées afin de déterminer le segment d’investissement le plus adapté, qu’il s’agisse de véhicules de court, moyen ou long terme.

Cette approche s’inscrit dans un cadre de gestion actif-passif consolidé, intégrant également un segment dédié aux marchés financiers. L’existence de sollicitations de l’État est, selon Khalid Safir, une réalité ancienne et durable, qui n’altère pas pour autant l’autonomie de décision de l’institution.

« Des demandes, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Mais nous avons suffisamment d’indépendance pour pouvoir dire parfois non ». Cette indépendance s’appuie notamment sur un cadre juridique et prudentiel strict. Régie par la loi bancaire, la CDG applique des règles de vigilance et de diversification destinées à répartir les engagements entre court, moyen et long terme, en tenant compte à la fois des exigences de sécurité, de liquidité et de prise de risque.

Dans ce contexte, l’évolution engagée sur le segment marché financier ne modifie ni le portefeuille ni les volumes concernés. Le portefeuille ne change pas. Le volume ne change pas. C’est la même enveloppe, seule la manière de la gérer va évoluer.

Khalid Safir s’exprimait le 4 décembre 2025 devant un groupe de journalistes.

Cartographie des encours OPCVM par société de gestion

Au 5 décembre 2025, les encours des OPCVM s’élèvent à 803,7 MMDH. La répartition par société de gestion montre que Wafa Gestion détient 21,6% du total, suivie par Upline Capital Management (12,7%) et BMCE Capital Gestion (12,6%).

CDG Capital Gestion et Valoris Management affichent respectivement des parts de 9,5% et 8,3%. L’ensemble des cinq premières sociétés de gestion concentre un peu plus de 65% des encours OPCVM, tandis que les autres acteurs se partagent le solde.

Quelles implications ?

Contactés à ce sujet, deux professionnels du secteur partagent la même lecture : « L’externalisation de 15 MMDH par la CDG s’inscrit dans une continuité des investissements sur les marchés financiers ».

« Les encours concernés demeurent investis dans le système financier, en particulier sur des segments à forte liquidité, et leur transfert entre gestionnaires s’effectue sans modification des volumes globaux ni des grands équilibres de marché. À court terme, l’effet macro-financier se traduit ainsi par une stabilité des conditions de liquidité, accompagnée d’éventuels ajustements techniques marginaux dans la répartition des flux entre instruments ou contreparties ».

« L’enjeu principal de cette opération réside dans l’évolution de la gouvernance de la gestion collective. En confiant progressivement la gestion de ces encours à des sociétés de gestion privées à travers des appels d’offres, la CDG renforce son positionnement d’allocataire institutionnel, centré sur la définition des objectifs, la sélection des gestionnaires et l’évaluation des performances, tandis que la gestion opérationnelle revient aux acteurs spécialisés du marché. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de convergence avec les pratiques observées chez de grands investisseurs institutionnels ».

Pour les sociétés de gestion, « l’ouverture de ces encours crée un cadre de mise en concurrence structuré et exigeant. L’accès à des volumes institutionnels repose sur la capacité à répondre à des cahiers des charges précis, à démontrer la solidité des processus d’investissement, la qualité du contrôle des risques et la robustesse de la gouvernance. Cette configuration favorise les acteurs disposant d’une organisation et d’un historique adaptés aux standards institutionnels et contribue à une montée graduelle des exigences professionnelles dans l’ensemble du secteur ».

« Sur le plan de la stabilité financière, cette évolution s’intègre dans un cadre prudentiel déjà établi. Les règles de diversification, de liquidité et de gestion actif-passif qui encadrent l’action de la CDG demeurent appliquées, tandis que les sociétés de gestion opèrent sous la supervision de l’AMMC. L’opération traduit ainsi une phase de normalisation du fonctionnement de la gestion collective, avec des effets principalement qualitatifs et structurels à moyen et long terme ».

https://medias24.com/2025/12/04/cdg-les-ambitions-financieres-et-sectorielles-du-plan-cap-2030-1589495/

Légère contraction des OPCVM depuis septembre, mais un rebond marqué de plus de 14% en novembre

Après avoir atteint 813,6 MMDH à la mi-septembre, les encours des OPCVM se stabilisent à 806,5 MMDH au 21 novembre 2025, selon les données de l’ASFIM, soit une légère contraction proche de 0,9%. Mais il faut rappeler qu’entre la fin octobre, lorsque les encours s’élevaient à 790 MMDH, et le 21 novembre, le marché a enregistré une hausse de plus de 14%.

Dans ce contexte, quelles tendances ressortent réellement de l’évolution des OPCVM et des choix d’allocation des investisseurs ?

Des flux qui reflètent un ajustement tactique des investisseurs

Les mouvements observés entre le 14 et le 21 novembre confirment explicitement le positionnement actuel des investisseurs face au contexte de marché.

D’abord, la baisse de -2,6% des fonds actions, soit un repli de 79,02 MMDH à 77 MMDH, n’est pas surprenante. « La correction du marché boursier, combinée aux arbitrages pour dégager du cash en vue des IPO à venir, a entraîné des sorties ciblées. Nous voyons bien que les investisseurs institutionnels ont réduit leur exposition actions pour renforcer leur trésorerie », confie un gérant d’actifs.

Le recul des fonds diversifiés, passés de 104,05 MMDH à 102,5 MMDH (-1,5%) et des fonds contractuels, qui diminuent de 9,34 MMDH à 9,2 MMDH (-1,5%), s’inscrit dans la même logique.

« Lorsque la visibilité diminue entre la baisse des actions, la tension sur la liquidité et la remontée ponctuelle des rendements obligataires, les stratégies mixtes souffrent mécaniquement. Les investisseurs préfèrent attendre avant de reprendre du risque ou de se repositionner durablement ».

À l’inverse, les fonds monétaires enregistrent l’une des progressions les plus nettes de la période, passant de 115,07 MMDH à 116,7 MMDH, soit +1,4%. « C’est très cohérent avec l’assèchement de la liquidité institutionnelle : dans ces phases-là, les investisseurs arbitrent naturellement vers les supports de court terme, plus liquides et plus prévisibles. Le monétaire sert de zone d’attente, surtout dans un moment où les trésoreries sont mobilisées pour les levées de fonds et les opérations de marché ».

« En fin d’année, la liquidité institutionnelle se resserre souvent : banques, assurances et grands investisseurs privilégient temporairement la préservation de leurs ressources, ce qui réduit leur capacité à intervenir sur les adjudications ou à renforcer leurs positions sur le secondaire. Cette moindre absorption des titres pousse les taux à la hausse et affecte mécaniquement la valorisation des fonds obligataires ».

Quant aux fonds OMLT, ils progressent légèrement, de 372,19 MMDH à 372,9 MMDH (+0,2%). Cela montre que malgré la hausse des rendements observée récemment – un mouvement plutôt technique lié à un affaiblissement temporaire de la demande –, l’intérêt pour les obligations moyen-long terme reste présent.

« Les souscriptions se poursuivent, mais de manière mesurée, dans l’attente d’une stabilisation durable de la courbe. Les investisseurs cherchent visiblement à capter les nouveaux niveaux de rendement, tout en restant prudents dans le calibrage de leurs positions ».

« Les investisseurs se préparent aux IPO, préservent la liquidité, profitent des rendements obligataires redevenus attractifs et réduisent temporairement le risque actions dans un marché en consolidation ».

Un contexte de fin d’année marqué par la prudence et la montée en puissance de la réforme des OPCVM

Ces variations interviennent dans un contexte de marché marqué par une dynamique de fin d’année bien particulière. « À cette période, les investisseurs institutionnels adoptent traditionnellement une approche plus prudente, ce qui se traduit par des arbitrages plus fréquents, une gestion plus serrée de la trésorerie et un recours accru aux supports liquides ».

« Cette attitude se reflète d’abord sur le marché actions, où la baisse récente s’est accompagnée d’un recul de la liquidité. Plusieurs acteurs ont procédé à des ventes ciblées pour dégager du cash, notamment en vue des introductions en bourse attendues dans les prochaines semaines. Ce repositionnement a logiquement pesé sur les OPCVM actions, mais aussi sur les fonds diversifiés et contractuels, qui combinent plusieurs classes d’actifs ».

« Le marché de la gestion d’actifs a connu une très belle année 2025 et a bien évolué : on parle de plus de 800 MMDH d’encours, ce qui est très encourageant ».

« Il faut dire qu’il y a une montée en puissance du secteur, surtout avec la réforme des OPCVM consacrée par la loi 03-25. Cette modernisation, qui introduit de nouveaux véhicules, notamment les ETF, et assouplit les règles de fonctionnement, arrive à un moment où le marché exprime un besoin croissant de diversification et d’outils plus agiles ».

« Le nouveau cadre offre des perspectives élargies pour la gestion d’actifs et renforce le potentiel du secteur à absorber les variations saisonnières de flux. Cette mise à niveau structurelle complète les comportements de fin d’année en offrant, à moyen terme, un environnement plus solide pour les investisseurs institutionnels comme pour l’épargne individuelle ». Ces nouvelles classes d’actifs vont contribuer à améliorer la liquidité et à accroître les encours.

Tarik Senhaji : « Les OPCVM sont l’un des principaux apporteurs directs de financement à l’État »

L’édition 2025 de la conférence de l’ASFIM intervient dans un moment charnière pour le marché des capitaux, marqué par l’adoption de la loi 03-25 qui réforme le cadre régissant les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, instauré lors de la première réforme du marché en 1993.

« L’industrie des OPCVM ne cesse de battre des records, des records en termes d’encours avec 800 MMDH sous gestion, mais également des records en termes de contribution au développement économique de notre pays », déclare Tarik Senhaji, président de l’AMMC.

Une industrie devenue un pilier macro-financier

Lors de son discours, Tarik Senhaji insiste sur la place centrale qu’occupe aujourd’hui l’industrie de la gestion d’actifs dans le financement global de l’économie marocaine.

« Les montants collectés par les OPCVM auprès des investisseurs, qu’ils soient particuliers ou institutionnels, peuvent ainsi être réinvestis en instruments financiers émis par des émetteurs publics ou privés, permettant ainsi de financer le budget de l’État et d’accompagner les projets d’investissement des opérateurs publics et privés », a-t-il expliqué.

Dans le même esprit, il souligne que cette mécanique d’allocation de l’épargne en fait une véritable force motrice pour l’économie nationale, affirmant que « cette formation de capital devient alors une véritable locomotive du financement de l’économie marocaine », a-t-il indiqué. Pour lui, la puissance de transformation du secteur repose précisément sur cette capacité à réorienter l’épargne vers les besoins réels du pays.

« Derrière cet acronyme technique OPCVM, quelque peu obscur pour le grand public, se cache en effet l’un des grands piliers de la stabilité macroéconomique de notre pays », a-t-il souligné.

Les OPCVM sont l’un des principaux apporteurs directs de financement à l’État marocain. Ils détiennent à fin septembre près de 40% de l’encours total des bons du Trésor en circulation

Les OPCVM sont également présents dans plusieurs secteurs publics. Tarik Senhaji a ainsi cité « 47% pour le portuaire, 69% pour l’aéroportuaire, 80% pour l’eau et l’électricité et jusqu’à 88% pour les télécommunications », a-t-il précisé.

Sur la Bourse de Casablanca, leur empreinte n’est pas moins marquante. Il a rappelé que « les OPCVM détiennent 43% de la capitalisation flottante et représentent 37% des volumes pour cette année », a-t-il affirmé.

Une nouvelle loi pour ouvrir un cycle de modernisation

Pour Tarik Senhaji, l’adoption de la loi 03-25 ouvre un véritable tournant pour l’industrie, en offrant aux sociétés de gestion un champ élargi d’outils, de stratégies et d’opportunités. Il rappelle ainsi que « l’adoption de la nouvelle loi sur les OPCVM marque un nouveau tournant. En ouvrant la voie à de nouvelles classes de produits, elle offre un cadre réformé et modernisé pour insuffler un nouvel élan de croissance et d’innovation », a-t-il expliqué.

Dans ce sens, plusieurs innovations majeures vont façonner la prochaine étape de développement de la gestion d’actifs au Maroc. Il souligne notamment que « les fonds cotés, autrement appelés ETF, et les OPCVM participatifs, vous permettront de redoubler d’efforts pour démocratiser le marché des capitaux auprès des investisseurs particuliers », a-t-il annoncé.

Or, cette démocratisation reste nécessaire alors que la participation des épargnants individuels demeure encore faible, malgré une progression notable ces dernières années. Il a ainsi rappelé qu' »avec une part de 8,2% des actifs gérés et un nombre en deçà des 25.000 personnes physiques participantes, il y a encore un énorme potentiel à exploiter« , a-t-il observé.

« Cette classe d’investisseurs a grandement augmenté sa participation au marché boursier ces dernières années, la multipliant par plus de quatre fois », a-t-il souligné.

« D’autres nouveautés telles que les OPCVM à règles de fonctionnement allégé (RFA), les OPCVM en devise et l’élargissement de l’univers d’investissement aux titres d’OPCI ainsi qu’aux produits dérivés ouvriront la voie à de nouvelles stratégies d’investissement et permettront ainsi de mieux répondre aux besoins des investisseurs institutionnels », a-t-il détaillé.

Une régulation plus exigeante pour renforcer la confiance

L’ouverture d’un nouveau cycle pour l’industrie des OPCVM implique aussi une responsabilité accrue pour les sociétés de gestion.

Tarik Senhaji insiste sur ce point en rappelant que l’AMMC restera ferme sur les principes qui fondent la confiance du public dans les marchés financiers. Il souligne ainsi que « cette réforme, en offrant de nouvelles perspectives, nous impose de maintenir les mêmes engagements de rigueur », a-t-il indiqué.

« Les sociétés de gestion devront respecter de nouvelles règles pour une meilleure protection des investisseurs et seront amenées à renforcer leurs ressources pour assurer un suivi approprié des risques, qu’ils soient opérationnels ou de portefeuille », a-t-il ajouté.

 La protection des investisseurs et l’intégrité des marchés sont les piliers qui nous ont guidés et nous ont portés à ces grandes réalisations

Une vision stratégique alignée sur les orientations royales

« En tant qu’autorité, notre ambition est claire : continuer à bâtir pour le long terme ». Cette ambition repose sur un marché plus robuste, plus inclusif et davantage orienté vers l’investissement productif. Comme il l’a souligné, il s’agit de « bâtir un marché des capitaux robuste, efficient et inclusif capable d’orienter davantage l’épargne nationale et internationale vers le financement de notre économie réelle, vers l’investissement productif », a-t-il expliqué.

Pour lui, cette orientation s’inscrit directement dans la vision royale qui fait de l’investissement productif un levier essentiel du développement. Il rappelle ainsi que « cette orientation s’inspire directement de la vision royale de Sa Majesté que Dieu l’assiste, qui a clairement désigné l’investissement productif comme un levier essentiel du développement économique et social durable de notre pays ».

Tarik Senhaji insiste également sur la dynamique exceptionnelle d’investissement que connaît le Maroc depuis plus de deux décennies. Il rappelle à ce propos que « le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi, s’est engagé depuis plus de 25 ans dans une dynamique d’investissement exceptionnelle portée par un vaste programme d’infrastructures », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, l’industrie de la gestion d’actifs prend une dimension stratégique. Elle devient un outil capable de canaliser efficacement l’épargne vers les priorités nationales : transition énergétique, développement durable, renforcement du positionnement du Maroc en tant que hub financier africain, intégration des opportunités liées à la digitalisation et à la fintech, ou encore inclusion financière et territoriale.

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Marchés des capitaux : une migration partielle des flux des OPCVM vers les OPCI

Entre le 26 septembre et le 17 octobre 2025, les encours des OPCVM sont passés de 789,8 à 786,6 milliards de DH, soit une baisse d’un peu plus de 3 MMDH.

Un mouvement modeste, mais qui arrive après plusieurs mois de forte collecte et dans un moment où les marchés ont connu une phase de tension.

Les retraits ont surtout concerné les fonds actions, en baisse de près de 3,8 MMDH, et les monétaires, qui ont perdu environ 2 MMDH sur la période.

Les fonds obligataires moyen-long terme et diversifiés se sont eux aussi légèrement contractés.

Autrement dit, la gestion collective a marqué une légère pause : les gérants ont ajusté leurs positions, parfois pour sécuriser les gains accumulés depuis 2023, d’autres fois pour reconstituer des marges de manœuvre dans un environnement redevenu plus volatil. Pour rappel, en août, les encours avaient franchi le seuil des 800 MMDH de dirhams. Alors, qu’est-ce qui explique ces constats ?

Une réallocation partielle des flux vers les OPCI

« Le repli observé, même en bourse récemment, s’explique en partie par une réallocation des flux. On constate une migration partielle des capitaux investis dans les OPCVM vers les OPCI, qui gagnent en poids dans les portefeuilles institutionnels« , explique une source de marché.

« Ce mouvement reste contenu, mais il est installé progressivement. Les investisseurs institutionnels, notamment les compagnies d’assurances, les caisses de retraite et les sociétés de gestion, réajustent leurs portefeuilles. Les OPCI, dont les encours dépassent désormais les 100 MMDH, offrent des rendements locatifs réguliers et une meilleure visibilité à long terme dans le contexte actuel », ajoute notre interlocuteur.

« Cette réallocation correspond à des arbitrages naturels. Après une forte progression des marchés et une collecte soutenue, la gestion collective entre dans une phase d’équilibre. Les flux se déplacent, les positions se consolident et la liquidité se répartit entre différents supports. Cette transition a permis au marché de respirer et de retrouver une dynamique plus saine ».

« Ces arbitrages ont eu un effet positif. Ils ont permis aux gérants de sécuriser une partie des performances et de repositionner la liquidité vers d’autres supports. On observe d’ailleurs une reprise sur l’ensemble du marché, aussi bien dans la gestion collective que sur la Bourse« , précise la même source.

« Les données les plus récentes confirment ce redressement. Les encours OPCVM atteignent actuellement 876 MMDH, en hausse par rapport à la mi-octobre. La Bourse de Casablanca retrouve aussi une tendance haussière, soutenue par la position des investisseurs institutionnels« .

« Donc, cette réallocation illustre la capacité du marché à s’adapter. Les capitaux circulent entre les différentes classes d’actifs selon les cycles et les opportunités, tout en maintenant la dynamique globale d’investissement ».

« Les OPCI s’imposent désormais comme un relais naturel pour les investisseurs institutionnels. Ils offrent une exposition à l’immobilier d’entreprise à travers des actifs loués et générateurs de revenus réguliers, dans un cadre réglementé par l’AMMC. Ce modèle attire la liquidité en quête de stabilité et complète la gestion collective traditionnelle », explique notre interlocuteur.

Une reprise progressive et un nouvel équilibre de marché

« La baisse de liquidité constatée ces dernières semaines reste temporaire« , indique notre source de marché. Après la période d’ajustement de septembre et octobre, « les indicateurs repartent à la hausse, aussi bien pour les encours des OPCVM que pour les volumes échangés sur la Bourse de Casablanca. Les flux reviennent progressivement, soutenus par le repositionnement des institutionnels et par un environnement de taux plus stable ».

Ce rétablissement traduit une normalisation du marché après la consolidation. Les gérants de fonds reconstituent leurs expositions, tandis que la liquidité circule à nouveau entre actions, obligations et immobilier collectif. Les arbitrages opérés depuis la rentrée ont permis de rééquilibrer les portefeuilles, sans altérer la dynamique globale d’investissement.

« Les ajustements de septembre ont permis d’assainir le marché. Aujourd’hui, la liquidité revient progressivement, les flux se stabilisent et les investisseurs réengagent des positions de moyen terme », poursuit la même source.

« Cette stabilisation marque une nouvelle phase pour la gestion d’actifs au Maroc. Les OPCI s’imposent désormais comme un complément structurel aux OPCVM, et les investisseurs institutionnels répartissent leurs allocations de manière plus diversifiée. Le marché évolue ainsi vers un modèle plus équilibré, où la performance financière s’appuie davantage sur la complémentarité entre classes d’actifs que sur un seul canal de placement ».

La Chambre des représentants adopte le projet de loi sur les OPCVM

Le texte a été adopté à une large majorité, avec 45 voix favorables et une seule abstention. Cette réforme est une étape importante dans l’évolution du droit financier marocain.

Elle vise à mettre à jour les règles qui régissent les fonds d’investissement collectifs afin de mieux protéger les épargnants, de renforcer la transparence du marché et d’adapter la régulation aux pratiques internationales.

Stimuler l’épargne et renforcer l’attractivité du marché

L’objectif est double : faciliter la mobilisation de l’épargne nationale vers le financement de l’économie réelle, d’une part, et consolider l’image du Maroc comme plateforme régionale de capitaux, d’autre part. En modernisant le cadre juridique, le législateur cherche à attirer de nouveaux investisseurs institutionnels, notamment étrangers, en leur offrant un environnement plus clair, plus flexible et plus sécurisé.

La loi renforce également les outils de supervision de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Celle-ci disposera désormais de pouvoirs étendus pour contrôler les sociétés de gestion, les banques dépositaires ainsi que toutes les entités impliquées dans la commercialisation des parts d’OPCVM. Ce volet vise à renforcer la confiance des investisseurs et à limiter les risques liés à la gestion d’actifs.

Plusieurs innovations introduites

Le texte introduit plusieurs nouveautés structurantes pour l’industrie de la gestion collective :

https://medias24.com/2025/05/13/reforme-des-opcvm-comprendre-les-principales-nouveautes-du-projet-de-loi-03-25/

Bourse, OPCVM, OPCI, immobilier… : le point sur les rendements

Il existe plusieurs types de placements au Maroc, répondant à des stratégies d’épargne et d’investissement très différentes selon l’horizon choisi, court, moyen ou long terme.

Les rendements qui en découlent varient fortement d’un produit à l’autre : certains privilégient la sécurité et la liquidité, d’autres misent sur la performance et la prise de risque.

Pour optimiser son épargne, l’investisseur peut combiner plusieurs approches, en mixant placements prudents et dynamiques. Mais il n’existe aucune recette miracle, car chaque épargnant agit selon ses objectifs, son profil et son appétence au risque.

Pour mieux évaluer les rendements offerts par les différents supports au Maroc, Médias24 a croisé les données les plus récentes et sollicité plusieurs acteurs du marché.

L’objectif est de dresser une photographie fidèle des rendements moyens observés sur les cinq dernières années, tout en mettant en lumière les tendances qui se redessinent sur le marché des placements.

Le marché boursier

La Bourse de Casablanca affiche une hausse de près de 26% depuis le début de l’année 2025. Sur un horizon de cinq ans, la progression dépasse 80%, illustrant le potentiel de rendement élevé qu’offre ce segment pour les investisseurs disposés à accepter une certaine volatilité.

« La Bourse reste un levier d’investissement puissant, mais elle exige une approche sélective et une vraie discipline de gestion », explique un analyste de marché. « Les investisseurs doivent raisonner en termes de stratégie de long terme, de diversification et de tolérance au risque ».

« Si le rendement moyen annualisé du MASI ressort autour de 12% à 13% sur les cinq dernières années, il s’accompagne d’une volatilité bien supérieure à celle des produits de taux ou de l’immobilier. Par ailleurs, le marché actions se distingue par sa capacité à créer de la valeur sur la durée, mais il demeure exposé aux cycles économiques et aux comportements spéculatifs », explique le même analyste.

Les OPCVM : un éventail de rendements selon la stratégie et l’horizon

Les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) continuent d’occuper une place centrale dans les portefeuilles d’épargne au Maroc. Leurs performances reflètent la diversité des stratégies d’investissement, entre prudence monétaire et exposition aux actions.

Les fonds monétaires affichent un rendement moyen de 2,7% sur un an, tandis que les obligataires court terme (OCT) se situent autour de 3,4%. Ces produits, à faible volatilité, restent privilégiés pour les placements de trésorerie à court horizon.

Les fonds obligataires moyen et long terme (OMLT) enregistrent une performance moyenne de 7,1% sur un an et un rendement annualisé de 3,1% sur cinq ans.

« Les niveaux de taux observés depuis deux ans demeurent attractifs. La détente amorcée par Bank Al-Maghrib soutient les portefeuilles obligataires, notamment sur les maturités longues », explique un gestionnaire d’actifs.

Les fonds diversifiés, qui combinent actions et obligations, se distinguent par leur capacité à capter la hausse des marchés. Ils affichent 18,2% sur un an et environ 5,5% par an sur les cinq dernières années.

« Ces fonds offrent un bon compromis entre rendement et risque. Ils profitent de la dynamique boursière tout en conservant une composante obligataire qui limite la volatilité ».

Enfin, les fonds actions dominent largement le paysage. Leur performance atteint 34,6% sur un an, soit la meilleure progression du marché et environ 18,8% par an sur cinq ans, selon les rendements annualisés.

L’action reste la classe d’actifs la plus performante sur le long terme, mais aussi la plus exposée aux corrections de marché. Sur cinq ans, les fonds actions ont presque doublé, ce qui illustre la profondeur du rebond boursier.

Immobilier locatif et OPCI

« Le rendement locatif brut pour un appartement à usage résidentiel oscille en moyenne entre 5% et 8% par an », estime une source de gestion des actifs immobiliers.

Cette performance dépend fortement de la localisation du bien, et du rapport entre le prix d’achat et le loyer perçu.

« Dans les grandes villes comme Casablanca ou Rabat, un appartement bien situé rapporte rarement plus de 5% à 6% brut. En revanche, dans les zones périphériques ou dans certaines villes secondaires, on peut atteindre 7% à 8%, mais au prix d’un risque de vacance plus important ».

Pour évaluer la rentabilité réelle d’un investissement locatif, il faut déduire plusieurs éléments du rendement brut. Les frais d’acquisition, les charges de copropriété, d’entretien et de gestion, la vacance locative structurelle ainsi que la fiscalité sur les revenus locatifs.

« Quand on intègre l’ensemble de ces paramètres, le rendement net réellement perçu tourne plutôt autour de 3% à 4% par an. C’est un rendement raisonnable, mais surtout régulier, ce qui fait tout l’intérêt de l’immobilier dans un portefeuille à long terme ».

Sur un horizon de cinq ans, le rendement cumulé d’un placement locatif se situe entre 16% et 22%, selon les hypothèses retenues

« Autrement dit, un investissement d’un million de dirhams génère entre 160.000 et 220.000 DH de revenus locatifs nets sur cette période, hors éventuelle plus-value », poursuit notre source.

« L’immobilier n’est pas un produit de spéculation rapide. C’est un placement de construction patrimoniale, stable, tangible, et qui sert souvent d’ancrage de sécurité face à la volatilité des marchés financiers », conclut-il.

Par ailleurs, le secteur offre aussi d’autres portes d’entrée. Les investisseurs peuvent y accéder indirectement via le marché actions, notamment à travers des sociétés comme Aradei Capital ou Immorente Invest, spécialisées dans l’immobilier professionnel et qui rémunèrent régulièrement leurs actionnaires grâce à la distribution de dividendes issus de loyers commerciaux.

En ce qui concerne les OPCI, ce sont des placements de long terme, conçus pour générer des revenus réguliers à partir d’actifs locatifs : bureaux, commerces ou plateformes logistiques.

Leur horizon d’investissement est généralement de dix ans, même si les investisseurs peuvent souscrire ou racheter leurs parts deux fois par an, selon les dispositions prévues dans le règlement de gestion.

Leur modèle repose sur un équilibre entre performance, sécurité et liquidité, l’objectif étant de produire un flux de revenus stable tout en préservant la valeur du capital investi. Un gestionnaire de fonds souligne que la vocation première d’un OPCI est de « créer de la valeur à long terme à travers un immobilier structuré et professionnellement géré, offrant des rendements durables et maîtrisés ».

« En moyenne, le rendement locatif brut des actifs immobiliers intégrés dans les OPCI se situe entre 6% et 9%, selon les catégories d’immeubles et la qualité des locataires ».

Un placement en OPCI offre sur un horizon de cinq ans une rentabilité globale située entre 34% et 53% cumulés

« Le métal jaune reste une valeur refuge. C’est un placement qu’on peut intégrer dans une stratégie d’investissement à long terme, mais il ne faut pas en abuser. Accumuler trop d’or comporte ses propres risques, notamment en matière de sécurité ou de volatilité du cours », estime un autre gestionnaire interrogé.

L’or évolue aujourd’hui à des niveaux records, portés par les incertitudes économiques mondiales. « Cela reste un actif complémentaire, précise-t-il. En général, on recommande d’y consacrer entre 3% et 5% d’un portefeuille bien diversifié. Il est très difficile de prévoir son rendement et son évolution », poursuit le même gestionnaire.

Comptes sur carnet, dépôts à terme et bons du Trésor

« Les comptes sur carnet restent un placement de précaution plus qu’un produit de rendement. Sur les cinq dernières années, leur rémunération est restée particulièrement basse, autour de 1,8% en moyenne, avec un point bas proche de 1% en 2022″, explique une source de marché contactée par nos soins.

« Même lorsque les taux ont commencé à se redresser, l’ajustement sur les carnets d’épargne est resté très limité. En 2025, les taux se situent entre 1,9% et 2,2%, soit leur niveau le plus élevé depuis 2019. Mais c’est une amélioration symbolique car en termes réels, le rendement reste faible et à peine supérieur à l’inflation ».

« Dans ce cadre, les comptes sur carnet restent une épargne d’attente, pratique et sans risque, mais qui ne protège pas contre l’érosion du pouvoir d’achat ».

Concernant les dépôts à terme, ils restent un choix rassurant pour beaucoup d’épargnants. Ils permettent de placer son argent en toute sécurité, avec une visibilité claire sur le rendement, même si celui-ci reste modeste.

« Sur les cinq dernières années, la rémunération de ces produits s’est en effet située autour de 2,4% pour les dépôts à court terme et un peu moins de 2,7% pour ceux dépassant un an. Après plusieurs années de recul, une amélioration a commencé à se dessiner à partir de 2023″, ajoute notre interlocuteur.

« On a vu une petite tension sur les taux à partir de 2023. Les banques ont légèrement relevé leurs grilles, mais la hausse est restée contenue. En 2024, les rendements se sont stabilisés autour de 2,8% à 3% pour les dépôts d’un an, avant un léger repli observé depuis le début de 2025.

Sur cinq ans, en cumul, un compte sur carnet a généré à peine 9% de rendement, contre environ 13% à 15% pour les dépôts à terme, selon la durée et les conditions offertes par les banques

« Maintenant, si on parle du marché obligataire, il est globalement détendu. Sur le court terme, les bons du Trésor à un an se négocient autour de 2,2%, tandis que ceux à cinq ans s’établissent à environ 2,5%. Les maturités à dix ans affichent un rendement proche de 2,8%, et la courbe se redresse progressivement pour atteindre 3,3% sur vingt ans et 3,7% sur trente ans ».

« Les conditions d’émission sont restées confortables depuis le début de l’année », indique notre interlocuteur. « La demande des investisseurs institutionnels demeure forte, ce qui permet au Trésor de financer ses besoins sans exercer de pression sur les taux ».

Les arbitrages des investisseurs portent les encours des OPCVM à 813,6 MMDH

L’encours des OPCVM a atteint 813,6 MMDH au 12 septembre 2025, en hausse de 23% par rapport aux 661 MMDH enregistrés début janvier.

Ainsi, ces OPCVM ont enregistré 88,6 MMDH de souscriptions nettes cumulées à fin juillet 2025.

Cette progression est synonyme à la fois de l’effet de la reprise boursière et de celui des flux nets de souscriptions, avec une dynamique contrastée selon les compartiments.

« Nous observons un changement marqué dans les préférences d’investissement. Après la revalorisation obligataire portée par la détente monétaire, une part croissante des investisseurs privilégie désormais le marché actions, attirée par des entreprises offrant à la fois un rendement élevé et un historique solide en matière de dividendes et de performances financières », commente un gestionnaire des actifs.

« Les valeurs de rendement, qui distribuent régulièrement une part importante de leurs bénéfices, figurent parmi les plus recherchées dans un environnement de taux d’intérêt en repli. Elles apportent une visibilité sur les cash-flows et un potentiel de performance boursière, tout en répondant à la volonté des investisseurs de sécuriser des revenus et de profiter du rebond des marchés ».

« Cette réallocation veut dire que de plus en plus d’institutionnels et de particuliers considèrent la Bourse comme une source attractive de rendement à moyen terme, complémentaire aux placements obligataires ou monétaires, dont les rendements futurs devraient s’atténuer avec la poursuite de la détente monétaire », conclut-il.

La détente monétaire engagée en 2025, avec la baisse du taux directeur et le recul des rendements obligataires, a eu un effet immédiat. Elle a mécaniquement dopé la valeur des titres déjà émis, surtout sur les obligations moyen et long terme (+14,3%) et, dans une moindre mesure, sur les obligations court terme (+30,5%).

La baisse des taux améliore la performance immédiate des portefeuilles existants, tout en réduisant le potentiel de rendement des nouvelles émissions, qui offriront des coupons plus faibles si la tendance se prolonge.

Ce contexte a favorisé une réallocation massive des investisseurs : après avoir renforcé les fonds obligataires pour profiter de la revalorisation, une partie croissante des liquidités s’est orientée vers les OPCVM actions et diversifiés, portés par la recherche de rendement et le rebond boursier. Les fonds monétaires, en progression de 26,8%, continuent de jouer leur rôle central dans la gestion de trésorerie, tandis que les contractuels, moins liquides, ont été délaissés.

Voici en détail les chiffres des OPCVM par catégorie…

OPCVM Actions 

Les OPCVM actions affichent la plus forte croissance relative, avec une envolée de 46% depuis le début de l’année, passant de 56,8 MMDH à 83 MMDH.

Donc, il y a un regain d’intérêt des investisseurs pour les actifs risqués dans un contexte de marché haussier.

Ces fonds actions ont enregistré 7,3 MMDH de de souscriptions nettes cumulées à fin juillet 2025.

OPCVM diversifiés

Les OPCVM diversifiés suivent la même tendance, avec une hausse de 37,1%, atteignant 107,6 MMDH contre 78,4 MMDH en janvier, ce qui montre un fort appétit pour les portefeuilles mixtes actions-obligations.

Ces fonds diversifiés ont également capté des montants significatifs, soit 13,6 MMDH de souscriptions.

OPCVM obligataires

Du côté des fonds obligataires, les OCT (obligations court terme) progressent de 30,5%, pour atteindre 117,5 MMDH.

Les OMLT (obligations moyen et long terme) enregistrent une hausse de 14,3%, atteignant 378,1 MMDH.

Même si les OMLT restent de loin le premier compartiment en termes d’encours avec près de 46% du total, la dynamique est clairement plus marquée sur les OCT, qui bénéficient d’une détente sur les taux courts et d’un environnement monétaire plus favorable.

Les obligations court terme dominent largement la collecte avec 41,8 MMDH de flux positifs, soutenus par la détente monétaire et les arbitrages de trésorerie des investisseurs institutionnels.

Les obligations moyen et long terme suivent avec 20,5 MMDH, profitant d’un environnement de taux en repli qui a soutenu la valorisation des portefeuilles obligataires.

OPCVM monétaires

Les fonds monétaires enregistrent une progression de 26,8% à 118,3 MMDH.

Pour rappel, ces fonds sont considérés comme des actifs refuges mais aussi de solutions de gestion de trésorerie performantes dans le contexte actuel.

Ils ont attiré 8,7 MMDH de souscriptions nettes à fin juillet 2025.

OPCVM contractuels

En revanche, les OPCVM contractuels sont les seuls à afficher un repli, avec une baisse de 21%, revenant à 9 MMDH contre 11,4 MMDH en début d’année.

Les souscriptions restent limitées à 0,46 MMDH.

Investir quand on débute : les bons réflexes pour construire un portefeuille solide

Dans un contexte de taux en baisse, de marchés agités mais globalement haussiers, de nombreux particuliers s’interrogent : faut-il investir ? Comment le faire sans expérience préalable ? Et surtout, comment structurer un portefeuille de façon simple et prudente, sans tomber dans les pièges classiques ?

En 2025, la dynamique boursière marocaine donne envie d’agir. La Bourse de Casablanca connaît un regain de confiance sans précédent. Depuis le début de l’année, l’indice MASI a progressé de plus de 20%, atteignant début mai un record historique au-dessus des 18.000 points. Les particuliers reviennent en force, avec plus de 4 MMDH investis sur les actions au quatrième trimestre 2024, soit une multiplication par 2,6 en un an.

En parallèle, les taux d’intérêt sont orientés à la baisse. Depuis que Bank Al-Maghrib a réduit son taux directeur en mars 2025, les rendements des produits obligataires et de l’épargne classique sont en diminution. De ce fait, les liquidités non investies perdent de leur valeur réelle avec la présence de l’inflation.

Sur le papier, les conditions semblent réunies pour se lancer en bourse. Mais cette dynamique cache aussi des fragilités. La volatilité reste élevée, les valorisations atteignent des niveaux tendus (PER moyen autour de 21x), et la hausse du marché repose en grande partie sur un petit nombre de valeurs dominantes. Pour un investisseur débutant, le risque est donc réel de se positionner trop vite, sans cadre clair, ou de céder à l’euphorie ambiante.

C’est dans ce contexte que de nombreux débutants cherchent à faire leurs premiers pas en bourse ou en OPCVM. Comment répartir ses avoirs entre liquidité, rendement et prise de risque mesurée ?

Les professionnels du conseil et de la gestion d’actifs insistent sur une chose : même avec peu d’expérience, il est possible de construire une stratégie simple, réfléchie et adaptée à son profil.

Structurer un portefeuille débutant

Quand on débute en bourse, l’écueil le plus courant, c’est de vouloir aller trop vite. On investit sans vision d’ensemble, on empile des produits sans cohérence, ou pire encore, on mise tout sur une valeur « conseillée » sur les réseaux.

« La première chose qu’on essaie de faire comprendre à un investisseur débutant, c’est que l’investissement n’est pas un sprint. C’est une marche organisée. Il faut poser les fondations, puis construire étage par étage », explique un conseiller en gestion de patrimoine dans une société de gestion.

Dans le contexte marocain actuel, où les taux sont en baisse et la liquidité en quête de rendement, structurer son portefeuille avec rigueur devient une nécessité.

« Un bon portefeuille commence toujours par une poche de sécurité. On parle ici de 30% à 40% du total, placés dans des OPCVM monétaires ou obligataires à court terme. Ces produits sont peu volatils et offrent une réserve mobilisable en cas de besoin », poursuit-il.

Vient ensuite la poche dite de stabilisation, composée d’OPCVM obligataires moyen et long terme, ou diversifiés équilibrés. « Cette poche peut représenter 30% à 40% aussi. Elle permet de générer un rendement modéré, tout en limitant les à-coups. Dans la configuration actuelle du marché, ces fonds sont redevenus intéressants, avec la détente sur les taux obligataires depuis mars 2025″, indique notre interlocuteur.

Enfin, la partie dynamique du portefeuille, à savoir entre 20% et 30% selon le profil, doit être exposée aux actions.

Mais là aussi, il est inutile de tout miser sur une ou deux valeurs. « L’idéal, pour débuter, reste l’OPCVM actions diversifié, de préférence un fonds orienté sur les blue chips marocaines. Cela permet d’entrer en douceur, avec une exposition large au marché », recommande l’analyste.

Les valeurs individuelles viendront plus tard, lorsque l’investisseur aura acquis une meilleure connaissance des secteurs et de leur comportement boursier.

Quels secteurs privilégier aujourd’hui ?

À la Bourse de Casablanca, plusieurs thématiques offrent actuellement des points d’entrée attractifs.

L’immobilier est en phase de redémarrage. « Les valeurs comme Addoha ou Alliances ont connu un rebond spectaculaire, soutenu par des carnets de commandes solides et une réorganisation stratégique. Le marché a redonné confiance à ces acteurs. Pour un investisseur moyen-long terme, ces titres peuvent compléter une poche actions, à condition de bien mesurer le risque inhérent à ce secteur cyclique ».

Le BTP et les matériaux de construction, de leur côté, affichent des performances intéressantes, portées par la commande publique, les projets d’infrastructure, et la reprise des mises en chantier. « LafargeHolcim, TGCC ou Jet Contractors ont publié des résultats solides. C’est un segment qui bénéficie d’une dynamique macroéconomique favorable au Maroc », explique notre interlocuteur.

« La technologie et les télécoms restent aussi stratégiques. Maroc Telecom demeure une valeur importante. Et avec le lancement prochain du cloud souverain, le digital gagne en importance dans les portefeuilles institutionnels ».

Enfin, « le tourisme revient progressivement dans les radars des investisseurs, via les valeurs hôtelières (Risma) ou logistiques (Marsa Maroc). La montée en puissance de la destination Maroc post-Covid, appuyée par des campagnes de promotion ambitieuses, redonne de la visibilité à ce secteur ».

Débuter en bourse : horizon clair, risque mesuré, discipline

« Commencer à investir sans objectif précis est l’une des erreurs les plus fréquentes. Une épargne pour la retraite n’a rien à voir avec un capital mis de côté pour un projet dans trois ans. Le risque, le type de placement et même l’état d’esprit doivent être différents », rappelle un professionnel du secteur.

« Autre piège courant, céder à l’émotion. Monter ou sortir du marché au gré des nouvelles ou des rumeurs revient souvent à s’auto-pénaliser. Ce n’est pas en anticipant les hauts et les bas qu’on construit une performance. Ceux qui réussissent sont souvent ceux qui investissent chaque mois, tranquillement, même avec de petites sommes », insiste notre interlocuteur.

« Ce qui fait la différence, ce n’est pas la trouvaille du siècle, mais la capacité à tenir une stratégie simple, régulière et adaptée à son propre rythme. Pas besoin de prévoir l’avenir. Il suffit de savoir pourquoi on investit et de s’y tenir », conclut-il.

OPCVM. À fin avril, les obligations à court terme captent l’essentiel des flux

Dans un marché toujours marqué par la prudence, les investisseurs semblent peu à peu reprendre position. À fin avril 2025, les actifs sous gestion des OPCVM frôlent les 750 MMDH, selon les dernières statistiques de l’AMMC.

Il s’agit d’une progression annuelle de près de 15%, qui traduit à la fois le retour d’un environnement monétaire plus favorable et la bonne tenue des marchés financiers. Mais dans le détail, cette croissance repose sur des logiques très différentes d’une catégorie à l’autre.

D’un côté, les OPCVM actions profitent pleinement du rebond du marché boursier et affichent des encours en forte hausse. Pourtant, les souscriptions nettes restent modestes. De ce fait, la performance est là, mais l’argent frais ne suit pas vraiment. De l’autre, les fonds obligataires à court terme, perçus comme plus sûrs, continuent d’attirer massivement les capitaux.

Les arbitrages observés montrent une phase de transition. Les investisseurs s’exposent davantage, mais avec prudence. Le rendement reste une priorité, à condition de ne pas compromettre la sécurité. L’envie de revenir sur le risque est là, mais elle avance à petits pas.

Comment expliquer ces évolutions ?

Les OPCVM actions affichent une hausse remarquable de 29% de leur encours depuis le début de l’année. Pourtant, cette progression est largement attribuable à la performance boursière elle-même, et non à des souscriptions massives.

Comme l’indique un gérant de portefeuille interrogé, « la valorisation des portefeuilles actions explique l’essentiel de la hausse. Le rebond du MASI a dopé les valeurs, mais sans provoquer un engouement généralisé des investisseurs ».

Selon les données de l’ASFIM, les performances des OPCVM actions sur un an glissant varient entre 23% et 49%. La majorité des fonds se situent dans une fourchette de 30% à 40%, en cohérence avec la tendance du marché actions sur la période.

Les OPCVM obligataires à court terme confirment leur statut de catégorie la plus attractive au début de 2025. À fin avril, ils cumulent un encours de 111 MMDH, en hausse de 40,9% depuis le début de l’année.

Cette croissance est largement soutenue par un afflux net de capitaux. En effet, les souscriptions ont atteint 8,93 MMDH contre 3,46 MMDH de rachats, soit un flux net positif de 5,47 MMDH sur le mois.

Cette dynamique s’explique notamment par l’environnement de taux plus bas, qui a renforcé l’attrait des instruments à court terme pour les investisseurs en quête de placements liquides et faiblement risqués.

À un an, la plupart des OPCVM obligataires se situent entre 8% et 11% de performance, des niveaux historiquement élevés. Sur les horizons plus longs, certains véhicules enregistrent des rendements remarquables, jusqu’à 22,4% sur 5 ans pour les meilleurs profils.

Côté OPCVM diversifiés et monétaires, la dynamique est modérée mais bien orientée. Les fonds diversifiés progressent de 21,6%, portés par une combinaison de valorisation et de collecte positive, tandis que les fonds monétaires poursuivent leur redressement avec une hausse annuelle de 6,3%.

Les performances des OPCVM monétaires sur un an glissant s’établissent dans une fourchette allant de -0,39% à +5,85%.

À cinq ans, les rendements cumulés varient entre -3,81% et +14,18%, confirmant la diversité des profils de gestion au sein de cette catégorie pourtant perçue comme prudente. Sur l’année 2025 (YTD), les fonds monétaires affichent des performances comprises entre 0,04% et 3,85%, en ligne avec la détente progressive des taux interbancaires et la baisse du taux directeur à 2,25% décidée par Bank Al-Maghrib en mars.

Selon plusieurs professionnels du marché, cette configuration reflète une reprise sélective de l’activité de gestion collective, dans laquelle les investisseurs réallouent prudemment leur épargne. « Ce n’est pas encore un retour massif au risque. C’est une logique de repositionnement graduel, en phase avec la baisse des taux, mais toujours marquée par une certaine prudence ».

Les flux confirment une préférence claire pour le court terme et le revenu sécurisé

Derrière la progression globale des encours OPCVM, les mouvements de souscriptions et de rachats révèlent les véritables choix d’allocation des investisseurs. Et à ce jeu-là, une tendance se détache nettement : la recherche de stabilité, dans un environnement encore incertain.

Les OPCVM obligataires à court terme concentrent l’essentiel des nouveaux capitaux. Cette catégorie profite pleinement de la détente des taux intervenue depuis la décision de Bank Al-Maghrib en mars 2025, qui a ramené le taux directeur à 2,25%.

« La baisse du taux directeur a modifié nos anticipations de rendement sur les obligations. Nous avons renforcé nos positions sur les produits à court terme, moins sensibles à la volatilité et immédiatement valorisés », explique le gérant de portefeuille.

« Dans le contexte actuel, le rendement court terme redevient attractif pour nos clients institutionnels. On privilégie des durées maîtrisées et des produits très liquides ».

À l’opposé, les OPCVM actions, bien qu’en forte hausse de valorisation depuis le début de l’année, n’ont enregistré que 263 MMDH de flux nets à fin avril. Leur encours s’établit à 69,1 MMDH, en progression de 29% depuis début 2025, mais cette dynamique provient quasi exclusivement de l’effet marché, en particulier sur le premier trimestre.

En avril, le mouvement s’est inversé, avec une baisse mensuelle de -1,53%, traduisant un net retournement du sentiment des investisseurs face à la correction du MASI.

« En début d’année, l’optimisme sur les actions marocaines était réel, porté par la détente obligataire et une lecture favorable des résultats des entreprises. Mais la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a ravivé les tensions, et on a vu un coup d’arrêt dans les flux vers les fonds actions ».

« Nos clients restent exposés aux actions, mais avec prudence. Le regain de volatilité internationale nous pousse à adopter une gestion plus tactique, sans augmenter fortement les allocations », résume-t-il.

Les autres catégories enregistrent des dynamiques intermédiaires. Les fonds monétaires bénéficient de flux nets positifs de plus de 2,3 MMDH, utilisés comme instruments de gestion de trésorerie. Les fonds diversifiés, eux, progressent grâce à une combinaison modérée de performances et de collecte. En revanche, les fonds obligations à moyen et long terme affichent un flux net négatif, pénalisés par leur exposition plus longue à la courbe des taux.

« Il est encore trop tôt pour allonger les durations. Tant que le cycle de baisse des taux n’est pas pleinement engagé, on préfère rester positionnés sur des maturités plus courtes ».

Ces choix montrent le retour progressif de l’appétit pour le risque, reste conditionné par la stabilité des repères macroéconomiques. Pour l’heure, les portefeuilles se repositionnent, mais sans basculement massif.

Volatilité, incertitude… Comment les investisseurs réajustent leurs portefeuilles

Il aura suffi d’une déclaration de Donald Trump pour raviver la nervosité sur les marchés. Dans un climat déjà chargé, les réactions ne se sont pas fait attendre  : replis soudains, volumes agités, et retour des questions que tout investisseur se pose dans ces moments-là. Faut-il revoir ses positions  ? Réduire l’exposition au risque  ? Attendre ?

Ce regain d’incertitude, provoqué par un contexte international mouvant, a mis à l’épreuve les portefeuilles des investisseurs marocains. Car au-delà des chiffres et des indices, ce sont bien des choix concrets qui se posent  : que garder, que vendre, et à quel moment.

Face à ces mouvements de marché, les investisseurs et les sociétés de gestion d’actifs sont en première ligne. Comment réagissent-ils  ? Et quels arbitrages opèrent-ils  ?

Quand la panique s’installe, les portefeuilles s’ajustent dans la précipitation

Dès l’annonce de Donald Trump sur l’augmentation des droits de douane, le marché casablancais a subi une chute brutale, perdant près de 10% en quelques séances. À l’origine de ce recul, un mouvement vendeur d’ampleur, principalement porté par les investisseurs particuliers.

« Ce qui s’est passé, c’est une réaction de panique. Beaucoup de personnes physiques ont choisi de solder leurs positions. La prise de bénéfices s’est transformée en un désengagement massif, alimenté par la peur », explique un analyste de la place.

Le comportement des investisseurs était irrationnel

Ce réflexe intervient dans un contexte où la Bourse de Casablanca venait d’enchaîner trois années de hausse, avec une performance cumulée supérieure à 50%. L’annonce politique a agi comme un déclencheur. Les gains enregistrés ont été sécurisés dans l’urgence, parfois sans discernement. « La nervosité qui a gagné les marchés internationaux a rejailli sur le marché marocain ».

Cette dynamique a également influencé les arbitrages entre classes d’actifs. Sur le segment des OPCVM, les investisseurs ont fortement réduit leur exposition aux fonds actions, au profit des produits monétaires jugés plus sûrs.

« Le flux s’est orienté vers les OPCVM monétaires. Ce n’est pas un mouvement marginal, on parle d’un vrai transfert de position. La priorité, pour beaucoup, était de protéger le capital ».

« Dans ce contexte, certaines catégories de valeurs ont davantage souffert. Les titres dominés par les personnes physiques, notamment dans les secteurs de l’immobilier ou du BTP, ont été plus exposés à la vente. À l’inverse, les valeurs dites défensives ont mieux résisté, bien qu’elles n’aient pas échappé à la tendance générale ».

« On a observé un recul sur l’ensemble des valeurs, mais plus marqué sur les valeurs à forte présence individuelle ».

Les investisseurs institutionnels ont été globalement plus stables, certains ayant même profité des niveaux de valorisation pour se repositionner

« Malgré l’ampleur de la correction, le professionnel se veut nuancé. Cette phase reste conjoncturelle, même si elle met en lumière la sensibilité structurelle du marché marocain aux signaux externes ».

Mais comment réagir en cette période de volatilité et d’incertitude ?

Un investisseur reste un être humain. Et à ce titre, il peut être influencé par une série de biais cognitifs qui altèrent sa capacité à prendre des décisions lucides.

« Il n’y a pas de réaction parfaite face à une crise, car l’investisseur n’est pas une machine. Il peut être affecté par l’effet de disposition, par le biais d’ancrage ou encore par la panique ».

Cette irrationalité partielle n’est pas exceptionnelle, ni propre au Maroc. Elle s’est déjà manifestée dans des épisodes antérieurs, notamment au début de la crise sanitaire. « Au moment des premières annonces liées au Covid au Maroc, le marché avait plongé de plus de 25% en trois jours. C’était une surréaction des investisseurs. Par la suite, il y a eu un réajustement, car le marché avait identifié une anomalie et l’a corrigée ».

Ce type de phénomène, selon lui, est révélateur d’une certaine forme d’efficience dynamique du marché marocain. Les investisseurs peuvent réagir de manière excessive à court terme, mais le système finit par se stabiliser dès que l’émotion cède la place à la rationalité.

« Les gens rentrent ensuite pour corriger cette surréaction, ce qui est sain, et c’est ce qu’on observe actuellement dans la tendance de notre marché boursier ».

Pour un gestionnaire d’actifs, « la pire réaction serait de céder à la précipitation. C’est dans ces moments-là que les réajustements impulsifs, souvent guidés par la peur ou l’excès de prudence, conduisent à des décisions incohérentes ». « Lorsqu’un investisseur change de cap brutalement à chaque choc de marché, il finit par perdre ses repères », explique-t-il. « L’enjeu n’est pas de deviner le prochain mouvement du MASI, mais de s’assurer que son portefeuille reste aligné avec ses objectifs initiaux ».

La priorité n’est pas d’agir vite, mais d’agir juste

Dans ce type de contexte, l’approche la plus prudente consiste à éviter les réajustements radicaux. Tenter de sortir totalement du marché pour y revenir plus tard expose à un risque majeur, c’est celui de rater les phases de rebond, qui se produisent souvent sans prévenir. L’idée n’est donc pas d’anticiper les retournements, mais de se conformer à une stratégie d’investissement claire.

Enfin, il faut rappeler que la volatilité n’est pas permanente. Les périodes de panique ont tendance à s’estomper une fois l’émotion passée, et le marché retrouve progressivement ses fondamentaux.

Ce que le marché attend dans les prochaines semaines

L’élément le plus difficile à gérer reste l’incertitude liée à des facteurs exogènes, comme les annonces de politique étrangère. À l’heure actuelle, les investisseurs évoluent au rythme des déclarations de Donald Trump.

« Tout dépend des annonces. Si demain on apprend qu’il n’y a pas d’escalade sur les tarifs, c’est positif. Mais s’il annonce une mesure plus dure, cela changera complètement l’équation », conclut notre analyste.

Qu’en est-il des sociétés de gestion ?

Quand la volatilité se prolonge et que les marchés deviennent moins lisibles, les sociétés de gestion marocaines activent des mécanismes internes de suivi et d’adaptation.

« Lorsqu’un événement majeur survient, comme récemment avec les annonces américaines sur les droits de douane, on suit l’évolution des classes d’actifs heure par heure, en fonction des réactions de marché », explique notre gestionnaire d’actifs.

« En interne, les sociétés distinguent généralement deux niveaux d’analyse : l’allocation stratégique globale, qui fixe les grands équilibres entre actions, obligataire, monétaire, et produits alternatifs ; puis l’ajustement tactique, qui affine le positionnement selon l’actualité ».

« Le marché peut très vite déséquilibrer une allocation cible. Par exemple, si les actions chutent brutalement, leur poids relatif diminue. La question devient alors : faut-il revenir à l’équilibre initial ou rester sous-pondéré ? Ce sont des arbitrages que nous réévaluons avec prudence », ajoute-t-il.

« Face à cette complexité, les choix diffèrent selon les sociétés. Certaines privilégient une approche contracyclique, qui renforce les actifs devenus attractifs après la correction. D’autres préfèrent stabiliser les portefeuilles en privilégiant les valeurs défensives ou les supports monétaires, notamment au sein des OPCVM ».

Ce qui reste commun, en revanche, c’est la priorité donnée à la lisibilité des portefeuilles, particulièrement pour les clients les plus exposés.

L’italien Azimut dans le tour de table de deux filiales de Red Med Capital

Après s’être implanté en Égypte en 2019, Azimut Holding poursuit son expansion dans la région MENA avec cette nouvelle entrée sur le marché marocain. Le groupe a ainsi acquis 29% de Red Med Asset Management et 25% de Red Med Securities, deux entités phares du groupe Red Med Capital, selon deux communiqués du groupe.

Fondé en 2004 et basé à Rabat, Red Med Capital intervient dans plusieurs domaines : gestion d’actifs, courtage, finance d’entreprise, private equity et immobilier.

Red Med Asset Management gérait environ 18 milliards de DH d’actifs à fin 2024, se positionnant parmi les principaux gestionnaires d’actifs indépendants au Maroc. L’entreprise a connu une croissance significative, avec une augmentation annuelle moyenne de 30% des actifs sous gestion depuis 2017.

De son côté, Red Med Securities a doublé sa part de marché en un an, passant de 2,3% en 2023 à 4,4% en 2024, notamment grâce à ses activités de trading et d’introduction en bourse.

L’investissement d’Azimut Holding s’inscrit dans un contexte favorable. En effet, le marché de la gestion d’actifs marocain connaît une expansion rapide. Depuis l’introduction des OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) en 1995, ce secteur affiche une croissance annuelle moyenne de 33,5%. Fin 2024, les actifs sous gestion au Maroc dépassent 640 milliards de DH, dans un cadre réglementaire strict supervisé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Pour Giorgio Medda, CEO d’Azimut Holding, cette opération constitue « une opportunité stratégique majeure dans un marché en forte croissance, de plus en plus tourné vers des solutions d’investissement sophistiquées ». En s’alliant à Red Med Capital, Azimut espère combiner son expertise internationale avec une connaissance approfondie du marché marocain.

De son côté, Abdeslam Ababou, fondateur et président de Red Med Capital, souligne que « cette collaboration permettra d’élargir notre offre de produits, de renforcer nos compétences et d’affronter les nouvelles dynamiques du marché des capitaux au Maroc ».

L’opération reste soumise à l’approbation des autorités de régulation marocaines, mais elle constitue déjà une avancée significative pour Azimut et Red Med Capital dans leur ambition commune de développer le secteur financier marocain et d’attirer davantage d’investissements internationaux.