Partenariats stratégiques : Orange Maroc s’allie à l’AUSIM pour accélérer la digitalisation

Hind Lfal. Le partenariat vient à un point nommé pour traiter une multitude de sujets sur la transition digitale des entreprises au Maroc. Un enjeu majeur pour les entreprises, quelle que soit leur taille, qu’elles soient publiques ou privées. Qui dit transition digitale dit forcément utilisation du cloud.

Avec l’Ausim, la communauté des DSI du Maroc, nous allons travailler sur la manière de vulgariser le cloud auprès des DSI. Nous souhaitons apporter l’expertise d’Orange auprès d’eux pour les accompagner dans cette aventure du cloud. Car, c’est une manière différente de faire les choses et de construire les systèmes.

Nous allons œuvrer avec l’Ausim pour vulgariser le cloud au Maroc à travers la rédaction d’un livre blanc, la mise en place de formations, etc. Nous sommes très fiers d’avoir signé ce partenariat qui aura des effets positifs sur les entreprises marocaines dans la montée en compétences, dans la maturité des entreprises dans leur transformation digitale.

– Nous souhaitons mettre à disposition le savoir-faire d’Orange et du groupe sur ces sujets cloud. Nous sommes un opérateur multicloud. Nous avions annoncé, l’année dernière, ici même au Gitex, le partenariat avec Amazon Web Services (AWS). Ces derniers ont ouvert dans notre datacenter à Casablanca avec la première Wavelength en Afrique. C’était une première africaine. Mais pas que : nous sommes partenaires d’un certain nombre de cloud providers, Azure, OpenStack, VMware, Google et j’en passe. Par ailleurs, nous sommes en train de signer d’autres partenariats avec d’autres hyperscalers mondiaux.

L’objectif est qu’Orange soit l’interlocuteur de tous les clients marocains par rapport à leurs besoins sur le cloud pour qu’ils aient une interface physique pour les aider, les accompagner, que ce soit sur le volet infrastructure ou service.

– Les besoins sont très importants. Parmi les premiers bénéfices du cloud, il y a la capacité à monter en charge très rapidement. Quand vous avez une infrastructure propre, elle n’est pas aussi scalable ou extensible qu’une infrastructure cloud.

Aujourd’hui, nous avons des use cases en intelligence artificielle ou IA générative qui demandent des capacités de stockage importantes qui doivent être extensibles. Le cloud offre ce type d’avantage qu’une infrastructure physique propre ne peut pas offrir.

– Ce livre blanc entre l’Ausim et Orange Maroc sera une co-construction pour donner les outils aux DSI pour l’approche de leur move to cloud. L’objectif est de leur expliquer les étapes, les offres qui existent, les risques à éviter, etc.

– Nous espérons que cette contribution sera un accélérateur de ce « move to cloud ». Nous avons une organisation qui adresse les PME, une autre qui s’occupe des grandes entreprises, des administrations publiques, etc. Nous voulons apporter un support technique à nos équipes commerciales sur ces activités du cloud, afin qu’elles puissent elles-mêmes accompagner les clients cibles dans cette aventure move to cloud. Le but est de contribuer à l’accélération du cloud au Maroc.

– Nous souhaitons tirer profit au maximum des partenariats que nous avons déjà signés avec nos différents partenaires, notamment les hyperscalers, mais pas que. Nous voulons faire bénéficier nos clients au maximum de cette compétence et continuer à signer des partenariats et de ramener de la technologie au bénéfice de nos clients au Maroc.

– Je pense qu’elle est très bien amorcée. Quand on voit le Gitex, le nombre d’exposants, toutes les conventions qui ont été signées, que ce soit par les différents ministères, les opérateurs, etc. Je pense qu’aujourd’hui, le sujet est très bien pris en main, que ce soit par les institutions publiques ou par les entreprises privées.

C’est de toute façon une transformation qui ne peut se faire qu’en co-construction avec tout l’écosystème. C’est tous les opérateurs publics ou privés qui sont présents au Maroc qui vont pouvoir réussir ce pari. Le digital est une formidable opportunité pour les entreprises marocaines et l’économie marocaine en général. Je lisais la dernière fois un rapport qui disait que les pays qui avaient adopté le digital gagnaient à peu près 2% de PIB par an.

Le digital permet aussi une inclusion économique et financière des populations qui n’ont pas forcément l’opportunité d’être incorporées dans l’économie locale et mondiale. Tous les ingrédients sont là. Les levées de fonds qui se font pour les startups se sont accélérées entre l’année dernière et cette année. L’écosystème est en mouvance.

Avec les enjeux qui nous attendent des événements sportifs majeurs, notamment de la Coupe du monde, je pense que nous n’avons pas trop le choix. Nous, les opérateurs, Télécom, avons engagé sous la houlette de l’ANRT un grand programme de partage d’infrastructures, notamment dans la fibre.

Il y a tous les enjeux et les ambitions de Maroc Digital 2030 sur la couverture du pays. Les 5,6 millions de foyers couverts par la fibre optique. Les 70% de la population couverts en 5G. Les ambitions sont là. Le cap est donné. Les entreprises privées et publiques sont en ordre de bataille. Les ministères, et notamment notre ministère de la Transition numérique, donnent le cap. Je pense qu’il n’y a aucune raison que nous n’y arrivions pas.

Orange parie sur le multicloud pour faire du Maroc un pôle régional du numérique

Claire Gaborit : Le cloud, promu par des entreprises comme Orange, constitue un levier essentiel de compétitivité pour des secteurs clés comme la finance, l’agriculture ou encore la santé. Il permet de disposer d’infrastructures évolutives, capables de s’adapter aux besoins réels des entreprises, tout en garantissant un haut niveau de sécurité.

Chez Orange, nous opérons à partir de data centers certifiés, qui assurent cette sécurité. L’autre grande force du cloud réside dans son accessibilité économique : les entreprises peuvent ajuster leur consommation à leurs besoins, optimisant ainsi leurs dépenses.

– Chez Orange, nous accompagnons les entreprises marocaines sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Nous commençons par une phase d’écoute et de compréhension des besoins afin d’identifier comment le cloud peut améliorer leur productivité, favoriser leur développement et encourager l’innovation.

Une fois ces besoins identifiés, nos experts techniques interviennent pour définir la solution la plus pertinente. Ensuite, nous accompagnons nos clients durant la phase post-migration, avec la possibilité de former leurs équipes et de renforcer leurs compétences internes.

– Le cloud reste une technologie relativement nouvelle pour de nombreuses entreprises. Comme pour toute nouveauté, il existe des freins liés à la méconnaissance ou à des appréhensions. Notre rôle est justement de démystifier le cloud et de clarifier les enjeux pour éviter toute mauvaise interprétation.

Un autre défi important concerne l’infrastructure existante de l’entreprise. Nous réalisons alors un audit de l’existant afin de proposer la solution cloud la plus adaptée.

– Notre approche multicloud nous permet de proposer une gamme complète de services : cloud privé, public, hybride… En fonction des besoins spécifiques de chaque client, nous construisons la solution la plus adaptée.

Nous collaborons avec des partenaires technologiques de référence, tels que Microsoft ou AWS. Cela nous permet de proposer les services de ces hyperscalers via Orange, tout en offrant également des solutions de cloud privé sur nos propres infrastructures. Cette flexibilité permet de bâtir des architectures hybrides, entièrement sur mesure.

Cette stratégie multicloud est une vraie force pour Orange comme pour nos clients. Elle nous permet d’apporter des réponses précises à leurs problématiques et de répondre à leur quête d’optimisation des investissements.

– Le cloud est justement une solution idéale pour optimiser les investissements. Il offre une grande flexibilité : au lieu d’investir lourdement dans des équipements (CAPEX), les entreprises peuvent opter pour un modèle en OPEX, basé sur la consommation réelle, en « pay-as-you-go ».

Chez Orange, nous construisons un véritable business case avec le client, avant toute migration. Nous menons une étude financière détaillée, afin d’identifier les coûts, les gains potentiels, et de faciliter la décision. Cela permet au client de visualiser concrètement les économies et bénéfices avant même le déploiement de la solution.

– Nous avons de nombreux projets en préparation. L’intelligence artificielle, par exemple, requiert des capacités de calcul considérables. Le cloud est naturellement l’infrastructure adaptée, car il permet une montée en charge rapide, notamment en GPU.

Nous n’en sommes qu’au début. Nous poursuivrons le développement de nouveaux partenariats, toujours dans cette logique multicloud, pour enrichir notre écosystème.

Cet écosystème doit bénéficier aux clients, mais également aux administrations marocaines et aux start-up. Nous nous inscrivons pleinement dans les chantiers stratégiques du Maroc : transformation digitale des entreprises, digitalisation des services publics, accompagnement des start-up. Notre ambition est claire : être un acteur clé de cette dynamique nationale vers un Maroc numérique, souverain et compétitif.

Mohamed Bennis : “Nous serons prêts pour la 5G” (Orange Maroc)

À l’approche des grands événements sportifs internationaux que le Maroc va accueillir, à commencer par la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030, l’enjeu technologique est plus crucial que jamais.

Dans ce cadre, le Maroc ambitionne d’atteindre un taux de couverture en 5G de 70% de la population d’ici 2030, d’étendre l’accès à l’internet haut débit et d’améliorer l’infrastructure IT dans les stades. Dans ce contexte, les opérateurs télécoms ont un rôle stratégique à jouer.

Sur le plateau de M24 studio, Médias24 a reçu Mohamed Bennis, directeur des ventes B2B chez Orange Maroc.

Médias24. Le Maroc s’engage activement dans l’amélioration ou la mise à niveau de son infrastructure IT et sa connectivité en préparation de ces évènements sportifs de haut niveau. Quel état des lieux, selon vous ?

Mohamed Bennis. Le Maroc a fait beaucoup de progrès dans ce domaine, dans le secteur de l’infrastructure numérique en général, de la connectivité en particulier. Et la stratégie Maroc digital 2030 va accentuer tous les efforts qui sont faits par l’ensemble des acteurs du secteur.

Le Maroc s’est énormément développé sur les infrastructures des réseaux mobiles, ce depuis la libéralisation des télécoms en l’an 2000. Nous avons participé à densifier ce réseau mobile, à le rendre performant à travers les différentes technologies 3G, 4G et bientôt la 5G. Il existe aussi une intensification des investissements.

Le Maroc peut être fier des infrastructures développées, nous allons continuer à les renforcer. Nous ne jouons pas uniquement à l’enjeu d’une entreprise ou d’un opérateur, il s’agit d’un enjeu national.

Nous devons être prêts le jour J du lancement de la CAN, de la Coupe du monde 2030, mais aussi de tous les événements, y compris du GITEX dans lequel nous nous trouvons. C’est un défi technologique d’envergure que d’accueillir 45.000 personnes en 3 jours et de leur offrir, aussi bien aux exposants qu’aux visiteurs, une connectivité performante, un contenu digital qui soit adapté à chaque manifestation.

Nous sommes vraiment fiers, à Orange Maroc, de contribuer à ce développement. Justement, les opérateurs télécom sont en première ligne des préparatifs.

– Les opérateurs télécom sont en première ligne des préparatifs. Avez-vous anticipé les exigences de connectivité dans des lieux à forte affluence comme les stades, les aéroports ou les fan zones ?

– Absolument. Depuis des années, c’est notre travail de monitorer les usages. Le trafic de data au Maroc double tous les 4 ou 5 ans. Déjà, lorsque vous êtes à la maison, vous pouvez sentir que le réseau s’est amélioré depuis les années précédentes, ceci grâce au monitoring, au développement des infrastructures en termes de capacité pour qu’on ait plus de tuyaux, davantage de bandes passantes, d’abord sur les réseaux mobiles, aussi sur les réseaux fixes.

– Quelles solutions technologiques Orange Maroc développe-t-elle ou propose-t-elle visant à accompagner l’organisation de ces événements ?

– Technologiquement parlant, nous avons plusieurs solutions. Je tiens à rappeler qu’Orange Maroc fait partie du groupe Orange et nous sommes fiers d’avoir été l’opérateur de référence pour les JO de Paris en France dernièrement. L’ensemble de la manifestation des JO a été opérée d’un point de vue connectivité et infrastructure digitale par Orange. C’est grâce à cette expérience accumulée, que ce soit dans le foot, dans les JO, ou la Coupe d’Afrique des Nations.

Nous allons tout simplement répliquer les meilleures pratiques à l’international ici, au Maroc. Nous sommes prêts à mettre en place les mêmes solutions, que ce soit des solutions connectées pour le spectateur, pour le fan, pour que nous puissions avoir une solution de gestion des accès au stade, et pour qu’on puisse développer un accès Wi-Fi dans les enceintes des stades, mais aussi sur l’ensemble des fan zones.

Nous sommes en 4G aujourd’hui, mais nous serons prêts en 5G. Nous sommes en train de s’y préparer. Nous avons des dizaines de milliers de kilomètres de fibre optique au Maroc et nous allons continuer à développer cette infrastructure.

Nous avons l’ensemble de l’infrastructure cloud aujourd’hui, qui va permettre à l’ensemble de l’écosystème du monde sportif d’héberger leurs applications qui sont développées pour la billetterie, pour les accès, pour les fans, comme ce que nous avons vu pour le Qatar avec cette fameuse application qui permet à tous d’accéder à l’ensemble des événements.

– En tête des sujets cruciaux : la 5G et le déploiement de la fibre. Quels sont les plans d’Orange ?

– Le plan d’Orange, c’est d’être prêt. Nous sommes en train de NOUS préparer depuis des années. Ce qui nous manque, c’est simplement le feu vert qui va être donné par le régulateur. Chez Orange, on planifie depuis tout le temps. On ne va pas improviser un lancement. Orange Maroc, vous allez voir, nous allons avoir une des meilleures connectivités 5G et nous allons avoir les meilleurs usages en 5G.

– Avez-vous identifié des cas d’usages prioritaires pour des secteurs comme l’hôtellerie ou les transports qui nécessitent une transformation numérique accélérée ?

–  Aujourd’hui, nous avons une transformation de folie sur le secteur de l’hôtellerie. Nous accompagnons plusieurs de nos clients et nous sommes fiers que les grandes chaînes hôtelières au Maroc soient clients d’Orange parce que nous installons pour eux l’ensemble des solutions Wi-Fi, mais pas que. Il faut l’expérience client de l’hôtel.

Par rapport à l’ensemble de ces lieux, les solutions sont des solutions de Wi-Fi connecté, de Wi-Fi enrichi, les solutions pour les stades, comme je l’ai dit tout à l’heure, de billetterie, de contrôle d’accès et en fait tout le cloud qui sera un atout pour l’ensemble des développeurs parce qu’une manifestation ne se fait pas uniquement par un acteur.

Donc nous sommes fiers d’avoir un écosystème très riche qui va pouvoir bénéficier de ces infrastructures, qui va pouvoir lui aussi être prêt en installant sur le cloud d’Orange l’ensemble des applicatifs qui vont permettre de rendre l’expérience des clients une expérience riche et dans les normes internationales.

– Peut-on imaginer des collaborations publiques-privées renforcées autour de l’infrastructure digitale des événements sportifs ? Orange est-elle déjà engagée dans des discussions ou des projets de ce type-là ?

– Nous ne pouvons pas développer des projets d’infrastructure ou des projets de taille au Maroc sans cette collaboration public-privé. D’abord, je prends l’exemple dans le monde rural aujourd’hui. Nous sommes fiers d’avoir développé une connectivité grâce aux leviers réglementaires. Ainsi, nous avons mis en place des solutions d’accès et de partage avec les autres opérateurs pour qu’on puisse mutualiser les infrastructures les uns avec les autres.

Je prends l’exemple du séisme d’Al Haouz. Nous étions très contents de pouvoir réagir très rapidement pour pouvoir offrir l’accès sur nos infrastructures aux autres opérateurs, parce que nous travaillons pour notre pays.

L’accès au domaine public ne se fait pas uniquement par les acteurs d’infrastructures. Nous sommes en train de le faire avec les communes, les wilayas, les différentes mairies pour que nous puissions avoir accès au domaine public et pouvoir mettre nos accès-fibres au profit des citoyens et des administrations.

Sans collaboration privée-public, sans accès au domaine public, nous ne pouvons pas développer les infrastructures. Je suis certain que cette collaboration va même devoir s’intensifier dans l’avenir proche.

– Les médias marocains, mais aussi internationaux qui seront présents pour couvrir, auront un rôle central durant la CAN et la CDM. Quelles solutions spécifiques Orange propose-t-elle pour répondre à leurs besoins en matière de diffusion, de connectivité ou de logistique technologique ?

– Pour les manifestations sportives, nous devons absolument assurer ce qu’on appelle le broadcast. Ce que j’espère, c’est que le Maroc, à l’occasion de la Coupe du Monde 2030, soit le pays hôte pour l’International Broadcast Center (IBC) de l’événement.

Mais dans tous les cas, qu’on accueille l’IBC ou pas, nous devons, à partir du Maroc, à partir des stades marocains, permettre aux médias de transmettre en temps réel les images des compétitions  : lorsqu’un but est marqué, il faudra absolument, à la seconde qui suit, pouvoir relayer l’information avec la vidéo. Donc, il faudra des tuyaux, des pipes avec des débits importants, nous allons être prêts par rapport à ça.

Nous devons avoir non seulement une connectivité, mais avec un temps de latence très faible, qui permet de favoriser un streaming avec une bonne expérience, pour ceux qui vont accéder, pour les clients qui vont accéder aux images médias qui seront diffusées.

– Concernant les solutions IOT, est-ce qu’elles sont en préparation, ou sont-elles opérationnelles dans des lieux comme les hôtels, les aéroports, les enceintes sportives, pour améliorer l’accueil et la sécurité des usagers ?

– Pour l’accueil et la sécurité, Orange se positionne comme un fédérateur d’un écosystème. Nous ne développons pas ces solutions par un seul acteur, elles sont développées par tous les acteurs. Notre rôle, c’est d’ouvrir la porte des infrastructures, de donner l’accès à nos infrastructures aux différents développeurs d’applicatifs dans tous les domaines, l’agriculture, la santé, les mines, les ports, les aéroports.

Nous avons des clients, y compris sur le port de Tanger Med, par exemple, où le chargement-déchargement des conteneurs est opéré à travers l’infrastructure d’Orange. Donc, nous allons également pouvoir favoriser les usages IOT au sein de nos stades, au sein des hôtels, au sein des différentes fan-zones.

Streaming illégal : au Maroc, pas de trêve entre BeIN Sports et les opérateurs télécom

BeIN Sports n’en démord pas dans sa guerre contre le piratage de ses chaînes au Maroc. Selon nos informations, le groupe qatari a déposé de nouvelles actions visant les opérateurs marocains de télécommunications. Objectif : les pousser à agir pour bloquer l’accès à des sites de streaming accusés de violer les droits « exclusifs » de la chaîne.

Ces mêmes prétentions avaient donné lieu à un triple procès initié en octobre 2024. Selon notre suivi, ces actions, ouvertes simultanément contre Ittissalat Al Maghrib, Wana et Orange, ont été stoppées à la suite d’un désistement de BeIN Sports. En cause, la plateforme de streaming visée a été bloquée à l’international.

Selon nos informations, BeIN Sports compte revenir à la charge pour le blocage d’un autre site de streaming. La chaîne en a listé une dizaine, chacun faisant l’objet d’une expertise technique.

BeIN Sports ne met pas en cause les trois opérateurs de télécommunications. Elle ne leur demande pas de dédommagements. L’objectif est plutôt de faire jouer leur responsabilité « en tant qu’intermédiaires techniques ».

Citant des jurisprudences étrangères, la chaîne qatarie estime que les opérateurs de télécommunications sont « tenus de prendre les mesures nécessaires afin d’interdire à leurs clients l’accès à des services Internet qui violent les droits de la propriété intellectuelle ».

En France, la demanderesse avait réussi à court-circuiter une soixantaine de sites en faisant valoir le même principe juridique.

Le sujet est plus que jamais d’actualité. Le Maroc s’apprête à organiser deux évènements sportifs majeurs, à savoir la Coupe d’Afrique des nations 2025, suivie de la Coupe du monde 2030. Pour le groupe qatari, l’objectif est de sécuriser une décision judiciaire avant ces compétitions.

La démarche de la demanderesse est une première au Maroc. Dans ce domaine, il n’existe pas de précédent judiciaire, et tout verdict fera office de décision de principe. Encore faut-il que les procès accèdent à l’étape de l’examen au fond…

Les nouvelles actions seront, elles, déposées devant les tribunaux de première instance de Casablanca pour Orange et Wana et de Rabat contre IAM.

Orange Maroc lance « Max it », l’application tout-en-un qui remplace « Orange et moi »

Représentant une première dans l’écosystème digital au Maroc, Max it se veut une révolution en matière d’expérience client intégrant notamment la gestion des lignes Orange, le digital content, le gaming et l’achat de tickets de festivals ou concerts, indique un communiqué de Orange Maroc.

Cette nouvelle Super App, qui remplace « Orange et moi », se veut « plus intuitive, sécurisée et complète, en englobant plusieurs services pratiques ». Conçue pour être un véritable hub de services sur mobile, Max it a avant tout été pensée pour faciliter l’expérience de ses utilisateurs, souligne la même source.

 

« Le lancement de Max it marque une nouvelle étape dans notre engagement pour la transformation numérique au Maroc. Cette plateforme innovante incarne un écosystème digital conçu pour répondre aux attentes de nos clients et soutenir l’inclusion numérique », a déclaré Hendrik Kasteel, directeur général d’Orange Maroc.

La Super App Max it proposera effectivement une transformation de l’expérience client, puisqu’à partir de son téléphone, l’utilisateur bénéficie d’un écosystème complet de services pour répondre facilement et rapidement à tous ses besoins quotidiens, précise Orange Maroc. L’interface unique de la nouvelle application propose concrètement trois principales offres de services. Le client y retrouve ainsi toutes les fonctionnalités pour gérer sa ligne mobile ou fixe. En deuxième lieu, il peut bénéficier de tous les services de paiement mobile avec Orange Money.

Une multitude de services e-commerce et de contenus digitaux sont proposés comme les jeux en ligne, la musique, la TV, les vidéos et les actualités, en plus du service de billetterie digitale permettant aux clients d’acheter tout type de billets comme pour des concerts.

Max it est, par ailleurs, une plateforme ouverte et évolutive qui laisse la porte ouverte à de nombreuses perspectives de développement, en fonction des besoins et des attentes des clients, ajoute le communiqué.

Streaming illégal : au Maroc, beIN Sports revient à la charge

BeIN Sports veut stopper l’hémorragie du streaming illégal au Maroc. Selon des sources proches de la chaîne qatarie, des actions en justice sont en préparation pour le blocage de plusieurs sites pirates qui retransmettent des événements sportifs en direct.

Ces démarches visent précisément les opérateurs de télécommunications locaux. Itissalat Al-Maghrib, Orange et Wana Corporate sont appelés à bloquer l’accès aux plateformes en question. Une liste préliminaire des sites a été établie par beIN Sports qui a diligenté des expertises pour constater le piratage.

Les actions seront portées par beIN Sports Mena, réseau de télévision qatari axé sur sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Le groupe invoque, entre autres, ses droits exclusifs pour la diffusion de la Liga et de la Premier League, respectivement championnats espagnol et anglais de football. Organisateurs de ces compétitions majeures, la Liga nacional de fútbol profesional et The Football Association Premier League Limited sont eux-mêmes présents dans ces dossiers en tant que requérants.

On s’attend à ce que les dossiers soient ouverts devant le tribunal de première instance de Casablanca et celui de Rabat. Ce choix correspond aux sièges sociaux des opérateurs concernés. Itissalat Al-Maghrib est basé à Rabat, Wana Corporate et Orange à Casablanca.

Il s’agira d’actions au fond même si le diffuseur qatari n’entend pas réclamer des dédommagements. Malgré un préjudice que l’on soupçonne colossal, l’objectif est surtout d’inciter les trois opérateurs à bloquer les sites pirates. Une action distincte sera déposée pour chaque adresse illégale. Mais des sources proches du dossier rapportent des difficultés techniques à juguler le phénomène. Les sites en question arrivent à se régénérer presque automatiquement après le blocage. C’est un cercle vicieux, amplifié par les difficultés à identifier les individus à l’origine de ces contournements.

Pour beIN Sports, l’initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne internationale. Une première salve avait été lancée en 2022 en prévision de la Coupe du monde au Qatar, suivie de la Coupe d’Afrique. En France, la chaîne avait alors réussi à court-circuiter plus de 70 sites.

Le Maroc était également concerné. Selon nos recherches, le trio de demandeurs avait déposé une vingtaine d’actions en référé devant les juridictions commerciales de Casablanca et de Rabat. Ces demandes, qui visaient les mêmes opérateurs, n’avaient pas débouché sur une décision puisque ces tribunaux s’étaient déclarés « non compétents » à statuer. D’où les nouvelles requêtes annoncées devant les juridictions civiles…

Amir Rao : « AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés »

Le partenariat entre AWS et Orange promet de transformer le paysage technologique en Afrique. Selon le directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, Amir Rao, il permet de poser les bases d’une croissance technologique durable et inclusive sur le continent, en apportant, entre autres, des services de cloud computing localisés et en investissant dans la formation des talents locaux.

M24 Brand Studio : Pouvez-vous nous parler de votre partenariat avec Orange et du déploiement des zones WaveLAN au Maroc et au Sénégal ?

Amir Rao : Bien sûr. Nous apportons des services de calcul et de mise en réseau AWS localement au Maroc et au Sénégal, grâce aux zones AWS WaveLAN. Cela signifie que nous déployons une infrastructure AWS multi-tenant, permettant aux clients d’Orange et autres d’accéder facilement aux services de calcul AWS.

>> LIRE AUSSI : Partenariat Orange-Amazon: Brahim Sbaï nous dit tout sur cette alliance stratégique

– Que proposez-vous en termes de cloud exactement ?

– Le cloud est un système de calcul virtualisé qui offre divers services. AWS propose plus de 200 services cloud. Historiquement, ces services étaient accessibles via notre infrastructure régionale, comme celle de Cape Town en Afrique du Sud ou plusieurs localisations en Europe. Désormais, avec les zones AWS WaveLAN, les mêmes services sont disponibles localement au Maroc et au Sénégal.

     

– Quels sont les avantages pour les clients au Maroc et au Sénégal ?

– Les clients peuvent créer des applications, stocker et traiter leurs données localement, ce qui répond aux exigences réglementaires. Cela accélérera l’écosystème des développeurs et des start-up dans ces régions.

– Envisagez-vous d’étendre ces services à d’autres pays d’Afrique ?

– L’Afrique est importante pour nous. Nous voulons réduire la fracture numérique et saisir les nombreuses opportunités. Nous espérons continuer à étendre nos services en Afrique, mais je préfère ne pas spéculer sur les plans futurs.

>> LIRE AUSSI : Orange introduit les services AWS au sein de ses datacenters au Maroc

– Quels types de clients bénéficieront des services AWS locaux ?

– Les banques, les start-up et les jeunes développeurs en bénéficieront grandement. Par exemple, une start-up développant une application d’argent mobile pourra stocker et traiter des données localement. Les entreprises publiques et les agences gouvernementales avec des restrictions de données en profiteront également.

Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS.

 

– Comment les entreprises marocaines bénéficieront-elles des services AWS, notamment en matière d’analyse de données et d’IA ?

– Les clients peuvent accéder aux services via les régions AWS et les zones AWS WaveLAN. Cela leur permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés comme l’analyse de données et l’IA générative. Notre partenariat avec Orange permet un choix et une flexibilité pour les clients finaux.

– Quelles initiatives AWS propose-t-elle pour former les équipes des entreprises marocaines à ces technologies ?

– Orange est un excellent partenaire et, ensemble, nous avons mis en place plusieurs initiatives pour former les équipes locales. Orange utilisera les zones AWS WaveLAN pour leurs propres applications, ce qui renforcera les compétences techniques de leur personnel. En plus de cela, nous collaborons sur des programmes de formation, notamment l’architecture de solutions et des journées d’immersion pour rendre la technologie plus accessible. Nous investissons également dans la formation des formateurs pour assurer une diffusion plus large des compétences nécessaires pour tirer pleinement parti des services AWS. Ensemble, nous nous engageons à renforcer l’écosystème technologique local et à préparer les talents pour l’avenir.

Brelotte Ba : « L’inclusion digitale et financière est au cœur de la stratégie d’Orange »

L’inclusion commence par la connectivité. C’est en substance ce qu’a expliqué le directeur général adjoint d’Orange Moyen-Orient et Afrique, Brelotte Ba, au micro de Médias24, à l’occasion de la 2e édition du Gitex Africa. Sans accès aux services de base, la participation au monde digital reste hors de portée. C’est pourquoi Orange investit massivement, avec plus d’un milliard d’euros par an, pour développer les réseaux dans les zones urbaines et rurales africaines. Cet investissement couvre les infrastructures essentielles, telles que les câbles sous-marins et la fibre optique, pour assurer une connectivité robuste et fiable.

Il précise que depuis son lancement il y a 15 ans, Orange Money est devenu un pilier de l’inclusion financière, avec plus de 90 millions d’utilisateurs. Ce service permet non seulement les transferts d’argent, mais aussi les paiements et les crédits, comme avec Orange Bank Africa en Côte d’Ivoire. Chaque semaine, plus de 800 millions de transactions sont effectuées, ce qui illustre l’impact significatif de ces services sur la vie des populations.

 

Aussi, un autre élément d’inclusion : l’accès à l’électricité. « Dans les zones rurales subsahariennes, où un habitant sur deux n’a pas accès à une électricité de qualité, Orange propose des kits solaires abordables. Grâce à des solutions de paiement échelonné via Orange Money, même les foyers à faible revenu peuvent accéder à l’électricité et à la télévision, améliorant ainsi leur qualité de vie », affirme-t-il.

Enfin, pour combler le fossé des compétences digitales en Afrique, Orange a lancé les Orange Digital Centers. Ces centres, présents dans 18 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, offrent des formations gratuites en codage, des Fab Labs pour les prototypes et des accélérateurs de startups. À ce jour, « plus d’un million de personnes ont été formées grâce à des partenariats avec des géants de la technologie comme AWS, Microsoft et Meta », souligne-t-on.

Max  It, une super-app pour l’inclusion

À travers des investissements stratégiques dans la connectivité, des solutions innovantes pour l’inclusion financière et énergétique et des initiatives de formation digitale, l’opérateur télécom s’assure que personne n’est laissé pour compte dans la transition numérique. Max It, en particulier, est un exemple éclatant de cette stratégie inclusive. Elle vise à offrir un accès égal aux opportunités du monde digital à des millions de personnes à travers le continent africain. Défini par le directeur comme un écosystème intégré, la solution est prête à répondre aux besoins diversifiés de ses utilisateurs et à soutenir la croissance économique et numérique du continent. En combinant accessibilité, sécurité, soutien aux startups et innovation technologique, Max It se divise en trois parties :

Actuellement présente dans sept pays − le Cameroun, le Botswana, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Tunisie −, Max It vise à s’étendre à 17 pays d’ici la fin de l’année. « L’objectif est d’atteindre 45 millions de clients d’ici 2025 parmi les 150 millions de clients potentiels d’Orange », souligne-t-il.

Par ailleurs, grâce à un modèle de co-développement, une équipe centrale basée à Casablanca collabore avec des équipes locales pour adapter la plateforme aux besoins spécifiques de chaque pays. Cette approche permet une intégration pertinente des contenus locaux, comme l’ajout de la langue Wolof au Sénégal.

Orange introduit les services AWS au sein de ses datacenters au Maroc

Paraphé par Amir Rao, directeur de Telco Product Management, EC2 Edge Services à AWS, et Hendrik Kasteel, directeur général de Orange Maroc, en marge du Gitex Africa Morocco 2024, cet accord de partenariat vise à accompagner la dynamique du marché du Cloud territorial au Maroc. Ce secteur, en pleine croissance, figure parmi les marchés les plus dynamiques du continent, avec une prévision de croissance annuelle importante portant son poids économique à 7 milliards de DH d’ici à 2027, selon les résultats de la première monographie sectorielle dédiée au secteur des Datacenters publiée par le Conseil de la concurrence en septembre 2023.

Cette collaboration, première du genre au Maroc et en Afrique du Nord, permettra également l’accélération du développement des secteurs de la finance, de la santé, et des applications de réalité augmentée et virtuelle, explique un communiqué d’Orange. Elle renforcera également l’écosystème numérique local, en favorisant l’innovation et en soutenant la croissance des entreprises émergentes et des start-ups grâce à un accès simplifié aux ressources Cloud et aux outils de développement.

La territorialité des données étant un pilier fondamental de ce partenariat, Orange Maroc s’engage pleinement à garantir aux entreprises « la sécurité, la conformité et le contrôle de leurs données ». Cela se traduit par une présence physique des services AWS au sein des Datacenters Orange Maroc ce qui offre plusieurs avantages clés :

Latence ultra-faible : AWS Wavelength intègre les services de calcul et de stockage d’AWS directement dans les réseaux de télécommunications à la périphérie. Cela permet aux développeurs de créer des applications nécessitant une latence ultra-faible, en les déployant plus près des utilisateurs finaux, améliorant ainsi la performance des applications critiques.

Résidence des données : En garantissant que les données restent localisées au Maroc, le partenariat assure la conformité avec les législations locales en matière de résidence des données. Cela renforce la sécurité juridique sous les lois marocaines et établit un écosystème numérique fiable.

Écosystème cloud complet : Orange Maroc apporte tout l’écosystème AWS au Maroc, offrant aux administrations publiques et entreprises locales un accès à un large catalogue de services AWS. Ces services couvrent divers domaines tels que le calcul, le stockage, les bases de données, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets (IoT), entre autres.

Facturation locale en dirhams : Les services AWS fournis par Orange Maroc sont facturés en dirhams marocains, simplifiant ainsi la gestion des coûts et offrant une solution de facturation locale pratique.

La filière agrumicole fait face à une crise structurelle, voici les pistes de sauvetage

L’optimisme né des avancées majeures réalisées par le Plan Maroc Vert (PMV) dans le cadre de la filière agrumicole est aujourd’hui à conjuguer au passé. L’un des fleurons de l’agriculture marocaine traverse une crise structurelle qui impacte fortement les performances en matière de production, d’exportation et de transformation.

A la base de ce triptyque autour duquel s’articule la filière des agrumes au Maroc, le processus de production est contrarié par des conditions climatiques marquées par plusieurs années de sécheresse successives. Le réchauffement climatique et ses conséquences sont désormais bien là. A tel point que les rendements moyens sont en baisse, au même titre que les superficies cultivées, à cause de l’arrachage des arbres. 

En conséquence, les exportations des produits agrumicoles ont chuté quasiment de moitié lors des deux dernières campagnes. Une brèche dans laquelle les concurrences turque et égyptienne se sont engouffrées pour grignoter des parts de marché, propulsées par des dévaluations successives et des politiques agricoles avantageuses. 

Les secteurs de la transformation et du conditionnement ne se portent pas mieux. La faible utilisation des capacités d’écrasement pour produire du jus est déplorée par la profession, et peut être améliorée par les pistes proposées par les professionnels.

Cette année, plusieurs unités de conditionnement, indispensables à l’export, ont mis la clé sous la porte. Celles qui résistent encore à la crise dépendent d’une courte période d’activité de 4 à 5 mois par an.

Arrachage et abandon de verger 

Dans le contexte actuel, marqué par des conditions climatiques extrêmement défavorables, la pérennité du développement de la filière agrumicole est menacée. La mise en place du Plan Maroc Vert avait permis d’augmenter la superficie agrumicole de 45.000 ha, passant de 85.000 en 2008 à 130.000 ha en 2020. Sauf que les dernières années sèches ont mis à mal ce développement. 

Pis, l’investissement et les efforts consentis sont tombés à l’eau par manque de… ressources hydriques. « A cause de la diminution des ressources en eau destinées à l’irrigation dans les régions de production, plusieurs agriculteurs ont dû opter pour l’arrachage des arbres. C’est un véritable gâchis« , déplore une source professionnelle. 

Selon nos informations, environ 35.000 ha d’agrumes ont été arrachés ces dernières années, ramenant de fait la superficie agrumicole en dessous des 100.000 ha. Cette diminution des superficies aurait pu être compensée par une amélioration des rendements. Or, les professionnels subissent également une baisse de ces derniers.  

Plusieurs raisons sont avancées. Au-delà d’une maîtrise imparfaite des itinéraires techniques et des rendements faibles des anciens vergers, dans la région de Souss-Massa, où est concentrée la majorité des capacités de production agrumicole, les phénomènes climatiques successifs ont eu de graves répercussions.

Des conditions climatiques moins favorables

Outre un déficit pluviométrique et des dotations à l’irrigation à partir des barrages en baisse, les épisodes caniculaires à répétition, survenus plus tôt que d’habitude, ont impacté les rendements et la qualité des fruits. Contacté par Médias24, un ingénieur agronome, au plus près des vergers, explique que dans le Souss, des phénomènes climatiques extrêmes ont perturbé le cycle de production des agrumes. 

« Ces conditions ont principalement impacté le calibre des fruits. Il y a aussi eu un phénomène de dessèchement des fruits de l’intérieur. C’est ce que l’on appelle la granulation, notamment sur les variétés précoces de clémentines », précise notre source. Et de lister les vagues de chaleur et leur impact sur les agrumes, dans la région Souss-Massa en particulier : 

– Du 24 au 28 avril : une première vague de chaleur est intervenue lors de la floraison, stade le plus sensible. Quand il y a de fortes températures, les arbres sacrifient en premier les fleurs. 

« Dans un premier temps, les producteurs ont vu le côté positif en pensant que les fleurs qui tombent permettraient d’apporter un équilibre à l’arbre, car la floraison avait été abondante. Mais par la suite, au moment de la formation des fruits, nous avons remarqué une baisse du rendement. »

– Du 8 au 10 mai : une seconde canicule s’est abattue sur la région du Souss. Cela a causé la brûlure de 15% des fruits à cause des coups de soleil. 

– Du 24 au 28 juin : cette troisième vague de chaleur a eu pour conséquence la chute des fruits, et donc une baisse de rendement en perspective.

– Du 9 au 26 août : cette quatrième vague de chaleur, qui a duré près de deux semaines, a été marquée par un record de températures (51°C). Elle a freiné le développement des calibres et causé la chute de quelques fruits (variétés Nadorcott et Nour). 

– Du 1er au 17 octobre : une cinquième vague de chaleur a été enregistrée. Elle a eu des effets négatifs sur la peau du fruit. Au début, la peau est épaisse. Mais plus le fruit se remplit de jus, plus la peau s’amincit. De fait, il y a des brûlures sur la peau du fruit à cause de la chaleur et des coups de soleil. 

– Enfin, la tempête et les vents violents qui ont touché l’ensemble du Royaume, y compris le Souss, ont fait des dégâts sur la variété Nadorcott. 

« Par le passé », reprend notre interlocuteur, « la hantise des producteurs était que les vagues de chaleur soient enregistrées lors du mois de juin. Cette année, elles ont commencé dès le mois d’avril, ce qui a poussé l’arbre à s’adapter et à se délester de ses fleurs ». 

L’autre problématique relative aux rendements moyens des agrumes réside dans des pratiques loin d’être optimales. Pour approvisionner le marché local, « on cueille le plus tard possible. Sauf que selon des experts, cette technique pénalise les rendements de l’année suivante », souligne une source professionnelle. 

Une concurrence acharnée à l’export 

Plus de la moitié de la production marocaine d’agrumes est destinée à l’export, en particulier vers l’Union européenne. Grâce à des variétés de petits fruits (clémentine, mandarine) d’une qualité supérieure, le Maroc s’est fait une place de choix au sein d’un marché mondial des agrumes ultra concurrentiel. 

En plus de l’Espagne, auquel la position géographique assure une position dominante sur le marché européen, le Maroc est désormais concurrencée par l’Egypte et la Turquie sur les marchés russe et du Moyen-Orient. C’est également le cas sur le marché européen, mais principalement concernant les oranges. 

Pour les professionnels du secteur, ces pays sont avantagés par rapport au Maroc car ils bénéficient non seulement d’une monnaie dévaluée qui garantit des prix assez bas, mais aussi d’un coût de production inférieur à celui assuré par les producteurs marocains, en plus de subventions logistiques à l’export.

Résultat : l’objectif d’exportations fixé dans le cadre du contrat- programme ne semble pas réalisable en l’état. Cet accord, signé en avril 2023 par le ministère de l’Agriculture et la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc Citrus), prévoit d’atteindre 1 million de tonnes d’agrumes exportés contre 450.000 tonnes enregistrés lors de la précédente campagne. 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Maroc est l’un des principaux producteurs d’agrumes dans le monde, mais importe du concentré d’oranges d’Egypte. Un flux commercial facilité par les accords de libre-échange qui unissent les deux pays mais qui complique le développement et le renforcement des capacités de traitement des unités de transformation des agrumes. 

D’ici 2030, le Maroc espérait atteindre un taux de transformation de 10% de la production agrumicole totale, contre environ 2% actuellement, soit une capacité de transformation additionnelle de 100.000 T/an. Cependant, la filière prend le chemin inverse. 

En somme, la crise traversée par la filière agrumicole est multifactorielle. Agir pour réduire le pouvoir de nuisance d’un de ses facteurs risque d’être insuffisant. L’idéal serait d’agir de manière transversale. D’autant que les solutions ne manquent pas, telles que celles prônées dans le contrat-programme de la filière. 

Pour y parvenir, les rendements moyens devront également être améliorés à travers une meilleure utilisation des ressources en eau disponibles, via notamment des subventions destinées au renouvellement partiel des équipements de l’irrigation localisée. 

La profession demande des subventions à lexport

Concernant les problématiques liées à l’exportation, l’Etat s’est justement engagé, dans le cadre du contrat-programme, à accorder des nouvelles aides pour les exportations basées sur des niveaux différenciés selon le type de produit oranges et petits fruits.

« La subvention à l’exportation permettra aux exportateurs marocains dêtre plus compétitifs et améliorera le rendement. Les exportateurs procèdent à une cueillette précoce et ne pénalisent pas les rendements de la campagne suivante. Rien quavec cette mesure, on peut gagner 20 T/ ha pour les oranges et 10 T/ha pour les clémentines », assure une source professionnelle.

Booster l’export règle plusieurs problèmes à la fois et rééquilibre le fonctionnement du secteur : il y aura un étalement du calendrier qui engendrera à son tour la hausse du taux d’utilisation des stations de conditionnement, permettra la mise à niveau des équipements et l’augmentation des taux d’occupation des stations en le doublant, passant de 4 à 8 mois.

Il est également prévu par l’Etat et Maroc Citrus de sensibiliser et d’accompagner les opérateurs pour investir dans le secteur de la transformation et mettre en place un mécanisme permettant de garantir un approvisionnement minimum des unités d’écrasement.

En ce sens, il sera nécessaire de conclure un accord interprofessionnel ou une convention entre l’Association des conditionneurs d’agrumes du Maroc (ASCAM) et l’Association marocaine de l’industrie de transformation des agrumes (AMITAG) fixant les modalités pratiques d’approvisionnement de ces unités en écarts de triage et les engagements de chaque partie. Sans oublier d’encourager l’agrégation autour des unités de transformation des agrumes et de promouvoir la consommation du jus de petits fruits.

Accompagnement de start-up : après Rabat et Casablanca, Agadir aura son « Orange Digital Center »

L’inclusion numérique est un enjeu crucial pour nombre d’Etats africains, dont le Maroc et certains pays émergents. Pour Jérôme Hénique, l’inclusion numérique « est étroitement liée à la connectivité ; et le rôle de notre groupe est de fournir de la connectivité aux populations de toutes les régions grâce aux réseaux mobile, fixe et à la fibre optique ».

Notre interlocuteur considère que l’inclusion numérique implique que chacun puisse avoir des compétences numériques, exigées par le monde d’aujourd’hui et la transformation du continent africain. « C’est pour cela que nous avons lancé depuis plusieurs années des programmes – incarnés par les Orange Digital Centers (ODC) – permettant d’accompagner la transition numérique de l’ensemble de nos clients, établis dans les 18 pays de présence d’Orange ».

Plus de 220 start-up accompagnées au niveau régional

 « Les Orange Digital Centers sont des lieux de stimulation et d’accompagnement des projets entrepreneuriaux et des start-up. Au niveau régional, plus de 220 start-up ont été accompagnées dans les ODC, et plus d’un million de personnes formées au codage » révèle Jérôme Hénique.

Dans le même ordre d’idées, notons que l’ODC de Rabat, étendu à Casablanca (ODC Club), a permis d’accompagner, en un an et demi, 35 start-up et la formation de près de 5.000 personnes au Maroc.

« Un autre ODC verra bientôt le jour dans la ville d’Agadir », confie notre interlocuteur, ajoutant que « l’objectif visé par les ODC est d’offrir l’accompagnement nécessaire pour la réussite des projets entrepreneuriaux ».

Concrètement, l’accompagnement peut consister, entre autres, à compléter les projets sur différents types de compétences ou à assurer le financement grâce au fonds Orange Digital Venture. En effet, ce véhicule financier est doté d’un compartiment de 50 millions d’euros réservés aux investissements en Afrique.

Ainsi, Orange s’attelle à identifier et à promouvoir des start-up ayant un fort impact sociétal, et qui apportent des solutions aux grandes problématiques du continent. D’où la création, il y a quelques années, du Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique et au Moyen-Orient (Poesam). Ce prix récompense, chaque année, les start-up qui se distinguent en la matière.

De plus, chaque été, un Orange Digital Summer Challenge est organisé. L’initiative donne la possibilité aux start-up de se former dans les ODC et de travailler sur des problématiques sociétales particulières. In fine, les meilleures solutions portées par les start-up sont récompensées.

7 start-up, dont une marocaine, et 9 entrepreneurs mis en avant

Cette dynamique, Jérôme Hénique l’a consignée dans un livre, de son initiative, portant sur les African Digital Champions 2023. « Ce livre a pour but de mettre en avant 7 start-up (dont une marocaine, DabaDoc) et 9 entrepreneurs représentatifs du succès, de la diversité et de la créativité des entrepreneurs en Afrique, mais aussi de la pertinence pour le continent des problématiques et domaines adressés, qui vont du stress hydrique aux fintechs en passant par l’éducation, la santé, l’agriculture et la logistique ».

La publication du livre s’inscrit dans une logique de démultiplication des vocations, afin d’avoir plus d’entrepreneurs à même de nourrir ce cercle vertueux.  

           Forte présence d’Orange au Maroc

À la question de savoir ce que le Royaume représente pour Orange, notre source explique : « Le Maroc est un pays important pour Orange qui est un opérateur direct via Orange Maroc. Le Royaume abrite aussi le siège social d’Orange pour l’Afrique à CFC ».

Le groupe Orange a d’autres filiales au Maroc, notamment Orange Business, et Sofrecom qui conseille et accompagne le développement et la transformation numérique des principaux acteurs du secteur des télécommunications.

« Le Maroc est un hub régional, servant de support pour l’ensemble des filiales africaines d’Orange. Le choix du Royaume est aussi justifié par les conditions d’accueil au sens large, et le positionnement du Maroc qui est un point de départ facile pour les filiales situées en Afrique et au Moyen-Orient », précise Jérôme Hénique.

Autre explication apportée par notre interlocuteur en guise de conclusion : la disponibilité des compétences au Maroc permet d’avoir les activités de service de Sofrecom ou des centres de services mutualisés pour toute l’Afrique.

D’ailleurs, « les ingénieurs radio dédiés au continent sont basés à Rabat, au Radio Engineering Center » ; un centre de services centralisé et mutualisé sur l’optimisation et l’ingénierie.

Expérience mobile : Maroc Telecom en tête du classement dans le rapport d’Opensignal

Opensignal est une norme mondiale indépendante qui analyse l’expérience mobile des consommateurs. Les résultats de ce rapport sont basés sur des données et mesures collectées auprès des trois opérateurs mobiles nationaux – Maroc Telecom (IAM), Inwi et Orange – sur une période 90 jours, du 1er mai 2022 au 29 juillet 2022.

Maroc Telecom remporte largement les prix “Download” et “Upload Speed ​Experience” avec des vitesses de téléchargement moyennes de 37,1 Mbps. Les utilisateurs de Maroc Telecom ont connu l’expérience de vitesse de téléchargement la plus rapide au Maroc, soit 61,2% à 81,7% de plus que les vitesses de téléchargement moyennes enregistrées sur Inwi (23 Mbps) et Orange (20,4 Mbps).

Les utilisateurs de Maroc Telecom ont également signalé les vitesses de téléchargement globales les plus rapides de 9,7 Mbps, soit 33,9% à 46,4% plus rapides que celles observées sur Inwi (7,2 Mbps) et Orange (6,6 Mbps).

Source : Opensignal Limited

Maroc Telecom remporte par ailleurs le prix de l’expérience vidéo avec un score de 54,8 (sur 100), avec au moins dix points d’avance sur les scores statistiquement à égalité d’Orange (44,1) et d’Inwi (44,8 points).

Les utilisateurs marocains de smartphones sur inwi et le réseau mobile de Maroc Telecom ont signalé la meilleure qualité d’expérience lorsqu’ils jouent à des jeux mobiles multi-joueurs et utilisent des services d’applications vocales over-the-top (OTT), tels que WhatsApp, Skype et Facebook Messenger. Ainsi, inwi et Maroc Telecom se partagent la première place des trophées Games and Voice App Experience.

De plus, inwi et Maroc Telecom remportent conjointement le prix de la disponibilité de couverture avec des scores statistiquement ex aequo entre 95,5 et 96,2%. Pendant ce temps, Orange rate la barre des 95% de 0,6 point de pourcentage.

Enfin, Maroc Telecom remporte les deux prix de la cohérence, devant Orange, deuxième, avec le score le plus élevé de 66,3% pour l’excellente qualité constante et de 86,8% pour la qualité constante de base (Core Consistent Quality) :

L’excellente qualité constante évalue dans quelle mesure les réseaux des opérateurs respectent les seuils de performances minimum recommandés pour regarder des vidéos HD, effectuer des appels de vidéoconférence de groupe et jouer à des jeux.

De son côté, le Core Consistent Quality mesure le pourcentage d’utilisateurs qui ont atteint les seuils pour les applications moins performantes, y compris la vidéo SD, les appels vocaux et la navigation Web.