Marouane Ghanimi : « Marchica n’est pas seulement une destination, c’est une expérience »

– Médias24 : Pouvez-vous nous raconter la naissance de cette lagune ?

– Marouane Ghanimi : la lagune de Marchica, située à Nador, est l’une des plus grandes lagunes littorales de la Méditerranée. Sa formation naturelle remonte à des millénaires, façonnée par les dynamiques marines et géologiques. Longtemps marginalisée, elle a été placée au cœur d’un ambitieux projet de réhabilitation et de valorisation.

Lancé en 2007 dans le cadre de la vision stratégique du Roi Mohammed VI en faveur du développement économique et social de la région de l’Oriental, le projet a pour objectif de valoriser les potentialités et les richesses naturelles que recèlent la lagune et la province de Nador.

Revêtant un caractère multidimensionnel, ce projet prend en considération les préoccupations d’ordre économique, touristique, urbanistique, culturel et écologique. L’objectif ultime est de transformer la province de Nador en une nouvelle destination touristique attractive et de la positionner comme un pôle de compétitivité reconnu à l’échelle du bassin méditerranéen.

C’est dans ce cadre qu’ont été créées l’Agence pour l’aménagement et la mise en valeur du site de la lagune de Marchica et sa filiale Marchica Med, chargées de piloter ce projet, en conciliant développement durable, inclusion sociale et excellence environnementale.

Marouane Ghanimi, directeur général délégué Marchica Med SA – filiale de l’Agence pour l'aménagement du site de la lagune de Marchica.
Marouane Ghanimi, directeur général délégué de Marchica Med SA – filiale de l’Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica. Ph : Marchica SA

– Quel investissement a été nécessaire pour ce projet ?

– Le projet de réhabilitation et de développement de la lagune de Marchica a mobilisé un investissement global de plus de deux milliards de dirhams. Ces fonds ont été alloués à la dépollution de la lagune, l’aménagement de la corniche, la création d’infrastructures touristiques, culturelles et environnementales, ainsi qu’à la mise en place de projets pilotes comme la cité d’Atalayoun, première des sept cités prévues dans le cadre du projet global de développement de la lagune. C’est un investissement à long terme, pensé pour conjuguer attractivité économique et préservation écologique.

C’est un investissement à long terme, pensé pour conjuguer attractivité économique et préservation écologique.
C’est un investissement à long terme, pensé pour conjuguer attractivité économique et préservation écologique. Ph : Marchica SA

– Qu’a apporté cette lagune à la population de Nador, et aux touristes internationaux ?

– Pour la population de Nador, la lagune est devenue un espace de vie, de loisirs et d’opportunités économiques. Elle a permis la création d’emplois, le développement de l’artisanat local, et l’émergence d’un tourisme durable. Pour les visiteurs internationaux, Marchica est une destination unique, entre mer et montagne, où l’on peut découvrir une biodiversité exceptionnelle, pratiquer des activités nautiques, ou simplement profiter d’un cadre naturel préservé.

Pour les visiteurs internationaux, Marchica est une destination unique, entre mer et montagne.
Pour les visiteurs internationaux, Marchica est une destination unique, entre mer et montagne. Ph : Marchica SA

— Que peut-on y trouver en termes de faune et de flore ?

– La lagune de Marchica abrite une biodiversité remarquable grâce aux actions de dépollution entreprises par Marchica Med qui ont permis de rétablir ses équilibres écologiques et la préservation de cet écosystème unique. On peut désormais y dénombrer plus de 200 espèces d’oiseaux, dont des flamants roses, des hérons, et certaines espèces migratrices rares qui avaient disparu par le passé.
La flore est tout aussi riche, avec des plantes halophiles adaptées aux milieux salins, des zones humides, et des herbiers marins qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème. C’est aujourd’hui un véritable sanctuaire écologique, reconnu au niveau international, qui lui vaut son classement en tant que site RAMSAR et site d’intérêt biologique et écologique (SIBE).

Pour les visiteurs internationaux, Marchica est une destination unique, entre mer et montagne
Une faune et une flore riches distinguent la lagune de Marchica. Ph : Marchica SA

– Vous avez lancé, en janvier, un appel aux investisseurs désireux de participer à la transformation de la lagune, plus spécifiquement trois projets de la cité d’Atalayoun. L’appel a-t-il abouti ?

– Oui, l’appel à projets lancé en début d’année a connu un franc succès. Nous avons finalisé, en mai, le processus de sélection des investisseurs pour trois composantes majeures de la Cité d’Atalayoun : les Résidences du Port, la Cité des Riads et les Villas de la Baie – T2. Ces projets couvrent une superficie de 12 hectares et représentent un investissement global de 1,4 milliard de dirhams, à déployer sur les trois prochaines années.

Nous avons reçu 11 dossiers de candidature émanant de six soumissionnaires, nationaux et internationaux, ce qui témoigne de l’attractivité croissante du site. Cinq offres ont été retenues à l’issue d’un processus rigoureux, et les projets ont été attribués à de grands opérateurs marocains, confirmant la confiance du secteur privé dans la dynamique de Marchica.

Certains lots sont toujours commercialisés.
Certains lots sont toujours commercialisés. Ph : Marchica SA

Je saisis cette occasion pour préciser que certains lots, notamment ceux dédiés à une clinique de bien-être, un établissement scolaire et une structure hôtelière, sont toujours en cours de placement auprès de potentiels investisseurs, nationaux ou internationaux. Nous étudions actuellement les meilleures options pour la concrétisation de ces projets dans les meilleurs délais.

Cette étape marque un tournant stratégique pour Marchica Med, qui s’affirme comme un catalyseur de l’investissement et un accélérateur du développement durable dans la ville de Nador.

– Quels sont les projets à venir pour la mise en valeur de la lagune ?

– Dans le cadre de notre plan d’action triennal 2025-2027, Marchica Med poursuit avec rigueur la mise en œuvre de ses projets stratégiques. Trois nouveaux projets structurants sont en cours de lancement : la zone commerciale et d’animation, la deuxième tranche des résidences de la Colline 2, et le lotissement du port. Ces projets ont franchi des étapes clés, notamment la finalisation des études architecturales, la clôture des dossiers de consultation des entreprises, ainsi que le lancement anticipé des procédures d’appel d’offres.

Ainsi, grâce à la consolidation de l’ensemble de ces projets structurants, le développement de la cité d’Atalayoun aura atteint sa vitesse de croisière. Désormais, l’accélération du développement des six autres cités sera au centre des priorités de Marchica Med.

Ces avancées témoignent de la capacité opérationnelle consolidée de notre société à piloter plusieurs projets complexes, tout en garantissant la qualité, la rigueur budgétaire et le respect des délais. Ces projets visent à renforcer l’attractivité de la lagune, à diversifier l’offre touristique et résidentielle, et à créer un écosystème économique durable au service du territoire.

– Quel message souhaitez-vous adresser aux visiteurs de la région de Nador ?

— Je souhaite dire aux visiteurs que Marchica n’est pas seulement une destination, c’est une expérience. C’est un lieu où la nature, la culture et le bien-être se conjuguent. Nous les invitons à découvrir cette lagune avec respect, à s’immerger dans son authenticité, et à devenir, eux aussi, des ambassadeurs de sa préservation. Nador et Marchica vous accueillent les bras ouverts.

Autoroute Guercif-Nador : les travaux achevés à 50% sur la section Nador

Projet d’envergure pour l’Oriental qui connecte le port Nador West Med au réseau autoroutier national, l’autoroute Guercif-Nador progresse dans sa phase de mise en œuvre, dont l’achèvement est prévu en 2028.

Long de 105 km, ce nouvel axe structurant est divisé en trois grandes sections : Guercif–Saka (36,5 km), Saka–Driouch (40,5 km) et Driouch–Nador (27 km), et comprend au total 8 lots de travaux.

Contactée par Médias24, la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM) indique que la section 3, située du côté de Nador et s’étendant sur 27 km, est divisée en deux lots et affiche un taux d’avancement de 50% à fin mai 2025.

Pour la deuxième section, entre Saka et Driouch, les choses s’accélèrent : neuf entreprises viennent d’être préqualifiées pour participer aux travaux, à l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par ADM.

L'autoroute Guercif-Nador est divisé en trois grandes sections

Des entreprises marocaines, chinoises et des groupements mixtes

Sélectionnées parmi onze candidats, les neuf entreprises ou groupements retenus sont :

La section actuellement en cours d’attribution sera divisée en trois lots, pour lesquels les entreprises candidates ont manifesté leur intérêt :

Le démarrage effectif des travaux pour cette section reste conditionné par la sélection finale des entreprises attributaires, mais les préparatifs avancent. Selon Ilyasse El Moueden, représentant de la Société nationale des autoroutes du Maroc, dans une déclaration à la MAP, le dégagement de l’emprise routière est d’ores et déjà achevé pour les deux premières sections, facilitant ainsi l’intervention rapide des futurs adjudicataires.

Cette phase du projet s’inscrit dans un chantier global de 7,9 milliards de DH, cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD). L’institution apporte une contribution de 246 millions d’euros, dont 200 millions proviennent directement de la BAD et 46 millions du fonds Africa Growing Together Fund (AGTF).

l’autoroute Guercif–Nador
L’ensemble de l’axe autoroutier comprendra quatre échangeurs stratégiques : un premier au niveau de la jonction avec l’autoroute Taza–Oujda, un second à Saka pour connecter la route régionale n° 512, un troisième à Driouch au croisement avec la route nationale n° 2, et enfin un giratoire terminal reliant la route nationale n° 16, à proximité du port Nador West Med.

Les travaux prévus sont de grande ampleur : plus de 30 millions de mètres cubes de terrassements (excavation et remblayage), la construction de 15 grands ouvrages d’art, ainsi que plusieurs passages inférieurs et supérieurs pour assurer la fluidité du trafic. Des gares de péage et une aire de repos sont également au programme.

Fermée depuis 2020, un sort incertain pour la Grotte du Chameau et ses plus anciennes gravures rupestres d’Afrique du Nord

La grotte du chameau abrite les plus anciennes gravures rupestres d’Afrique du Nord. Le site est d’une rare richesse.  Les stalactites et stalagmites et autres formations rocheuses à l’intérieur de la grotte avaient été déclarés patrimoine national en 1953.

Niché dans les montagnes de Bni Znassen, le lieu était prisé par la population locale en quête de découvertes naturelles et de plein air. Médias24 s’est rendu sur place pour en savoir plus sur cette fermeture prolongée.

Nous avons rencontré le responsable de la grotte, Mounir Hamdaoui, qui nous a autorisés à visiter les lieux. Il nous confie que, depuis 2020, pendant la période du Covid-19, les travaux de mise à niveau des lieux ont été suspendus, “sans aucune raison”.

 

La Grotte du Chameau, de l’intérieur. Ph : Z.A

Le président du Conseil régional du tourisme de l’Oriental, Youssef Zaki évoque “des problèmes d’entrepreneurs”. Il explique à Médias24 que « le développeur du projet a été obligé de changer l’entreprise qui s’occupait des travaux puisque les résultats étaient décevants. Cela a entraîné un retard dans la livraison des travaux. » 

Une source bien informée explique à Médias 24 qu’une association prenait en charge les travaux de revalorisation, mais “ils se sont vite retrouvés dépassés par les événements”. La Grotte du Chameau et ses alentours ont alors été fermés sans préavis aux visiteurs. Le lieu était prisé par les habitants de la région qui venaient y faire des pique-niques, des activités en famille, ou juste pour profiter de l’air de la montagne.

Notre interlocuteur nous confie que des études sont en cours pour voir “comment repositionner la grotte du chameau pour qu’elle soit intégrée dans le circuit touristique”.

Insécurité et manque de financements

Pour Hassan Aouragh, professeur de géologie et d’archéologie à l’université Mohammed Ier d’Oujda, spécialiste des grottes de Zegzel, les travaux se sont arrêtés parce qu’il n’y a “pas de financement en plus d’un risque de sécurité”. Une perte pour le tourisme de l’Oriental puisque, selon notre interlocuteur, “le site est prêt à accueillir des visiteurs, les niveaux supérieurs, le 1 et le 2 sont visitables et accessibles ».

“La grotte du chameau est la première du Maroc à être illuminée avec des spots. C’est un beau site, un musée pour moi, et je regrette ce qui se passe”, confie Hassan Aouragh.

Par contre, les missions des archéologues et spécialistes n’ont jamais cessé. Ce que nous confirme Mounir Hamdaoui, qui accompagne ses spécialistes dans leurs missions “parfois sous l’eau”, dans les profondeurs de la grotte.

 

La grotte du chameau, nichée dans les montagnes de Bni Znassen. Ph : Z.A

Médias 24 a contacté, en vain, le développeur du projet d’embellissement de la grotte du chameau, Dr Mohamed Kadiri Boutchich, et la direction du patrimoine au sein du département de la Culture.

En 2023, le président du Conseil régional du tourisme de l’Oriental, Youssef Zaki, avait annoncé à Médias 24 “une ouverture opérationnelle au premier semestre de 2024, en respectant les normes internationales”. Nous sommes en janvier 2025, sans aucune visibilité pour le devenir de ce site.

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Projet cuivre-or Alouana : début imminent des forages par Royal Road Arabia dans la province de Taourirt

Initialement prévue en juin 2024, la compagnie Royal Road a annoncé l’obtention des permis nécessaires pour le début de la campagne de forage du projet minier qu’elle compte développer à Alouana, une région qui a connu des extractions minières historiques à petite échelle et où plusieurs sites de travaux dans des galeries sont encore présents dans la région.

À la suite de l’obtention des autorisations nécessaires, l’entreprise débutera prochainement sa campagne de forage qui cumulera au moins 2.000 mètres et qui devrait commencer une fois construits les accès et les aires de forage.

Photos montrant la minéralisation cuprifère dans la région d’Alouana. À droite : minéralisation en cuivre horizontale (source : Royal Road). À gauche : minéralisation disséminée dans une exploitation souterraine abandonnée.

Bien que la compagnie soit confiante que la minéralisation cuprifère pourrait s’étendre au-delà des filons connus, des travaux de forage supplémentaires seront nécessaires pour confirmer cette hypothèse ainsi que les potentialités apparues à la suite des travaux d’exploration préliminaire. Cette campagne de forage vise principalement à déterminer l’épaisseur de l’empreinte minéralisée et son extension latérale, notamment vers le sud-ouest, afin de se faire une première idée sur la viabilité économique du projet. Ils devront prospecter un système d’auréoles thermiques de cuivre et d’or formées au-dessus et à côté d’une intrusion de granite.

Lors de la phase d’exploration préliminaire, Royal Road a mené des travaux de reconnaissance géologique, géophysique et géochimique. Ces études ont mis en évidence plusieurs potentialités, notamment des échantillons avec des teneurs en cuivre atteignant 4,4% et en or 5,9 g/t, ainsi que des traces de bismuth, d’argent et de tungstène. À la lumière de ces résultats, quatre zones stratégiques ont été identifiées au sein de la zone centrale d’Alouana. Ces zones seront les cibles de la prochaine campagne de forage. Il s’agit de :

 

Carte montrant les résultats des teneurs en cuivre dans le permis d’Alouana, ainsi que les cibles de la prochaine campagne de forage exploratoire (source : Royal Road)

« Les objectifs sont clairs, et les forages ont été soigneusement planifiés afin de tester pleinement le potentiel du système minéralisé d’Alouana. Nous sommes impatients de lancer ce programme », a déclaré Tim Coughlin, président-directeur général de Royal Road.

La compagnie minière opère principalement dans quatre pays : Argentine, Colombie, Arabie saoudite et Maroc.

Au cours du mois dernier, la compagnie d’exploration minière a signé une lettre d’intention pour l’exploration et le développement de la mine de cuivre de Lalla Aziza située aux environs d’Imintanoute. Celle-ci constituera, une fois validée la décision d’investissement, le second projet minier après celui d’Alouana initié en 2023.

Un programme spécifique de renaissance et de résilience agricole dans trois régions du Maroc

Le renforcement de l’attractivité et de la résilience du secteur agricole en milieu rural est un pilier de la stratégie Génération Green (2020-2030). C’est aussi l’un des principaux objectifs du programme IHYAE (Renaissance, résurrection), initié en 2023 par le ministère de l’Agriculture, en collaboration avec l’Agence française pour le développement (AFD) et l’Union Européenne.

Financé à hauteur de 760 millions de dirhams, ce programme a pour but de promouvoir l’entrepreneuriat agricole et de faciliter la transition vers des pratiques plus écologiques dans trois régions : l’Oriental, Fès-Meknès et Souss-Massa. Le mercredi 2 octobre, Agadir, la capitale du Souss, a accueilli la deuxième réunion du Comité de coordination régional pour dresser un premier bilan annuel d’un programme qui s’étend jusqu’en 2027. 

« Nous avons mis en place des actions structurantes pour la région en collaboration avec des acteurs engagés dans la promotion d’une agriculture durable, résiliente et inclusive », a déclaré Nor-Eddine Kessa, Directeur régional de l’Agriculture (DRA) de Souss-Massa, où les principaux résultats obtenus se déclinent comme suit :

– Plus de 130 coopératives ont bénéficié de programmes d’accompagnement, de renforcement des capacités et d’équipements essentiels;

– 372 projets dans les secteurs agricole et para-agricole en cours de lancement;

– Mise en place d’un soutien spécifique aux agriculteurs dans le cadre de l’agro-écologie;

– Lancement des rénovations des établissements de formation professionnelle agricole.

Accompagner les petites exploitations agricoles

Les petites exploitations dominent le paysage agricole national, augmentant sa fragilité face à la nouvelle donne climatique. L’un des volets du programme IHYAE consiste justement à améliorer la résilience des agriculteurs les plus fragiles. Cela passe par l’introduction de nouvelles techniques de production, à l’image du semis-direct. Une technique de semis sans labour permettant de préserver la structure du sol, de réduire l’érosion et d’améliorer la gestion de l’eau.

« Plusieurs semoirs ont été distribués aux agriculteurs afin de les inciter à utiliser le semi-direct, tout en les accompagnant sur le plan technique », affirme Mohamed Amine Dani, responsable de l’assistance technique du programme IHYAE. En outre, l’initiative mise sur l’agro-écologie et sur des systèmes de production qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes.

Un appel à manifestation d’intérêt (43,2 MDH) a été lancé en mai 2024 « pour présélectionner des ONG nationales et internationales pour la mise en œuvre de projets en agro-écologie dans les cercles ciblés », précise le document de l’appel à manifestation d’intérêt. Dans la région de Souss-Massa, les cercles concernés sont Ighrem, Taliouine et Foum Zguid.

En plus d’être rentables, ces projets auront l’obligation de valoriser les savoirs locaux et les pratiques traditionnelles résilientes comme la collecte et la conservation des eaux pluviales, l’utilisation d’engrais organiques (fumier mûr, compost) et la rotation des cultures. « Le lancement des projets sélectionnés est prévu fin 2024 », précise le responsable de l’assistance technique du programme IHYAE.

Renforcer l’attractivité du secteur agricole

Cette année, environ trois cents coopératives ont bénéficié du programme IHYAE, « à travers un accompagnement personnalisé et en rapport avec leurs besoins », assure notre interlocuteur. Une analyse des performances des structures a été réalisée au préalable. Les coopératives concernées ont été réparties en trois catégories :

– Les coopératives performantes qui n’ont besoin que d’un soutien commercial;

– Les coopératives qui nécessitent une aide au niveau de la chaîne de la production et de la commercialisation;

– Les coopératives qui requièrent un accompagnement global, au niveau de la gouvernance, du renforcement des capacités de production et de commercialisation.

Il s’avère que 70 % des structures diagnostiquées sont performantes, mais nécessitent un soutien pour la commercialisation. « L’appui à la commercialisation inclut la construction d’infrastructures et un appui au niveau de la promotion. Le programme les aide à accéder à des plateformes de vente, comme les salons, les marchés solidaires et les grandes surfaces”, souligne Mohamed Amine Dani.

Concernant l’appui au niveau des capacités de production, l’un des exemples mis en avant est celui de certaines coopératives qui produisent du safran à Taliouine. « L’objectif est d’améliorer leur productivité en les équipant en matériel de séchage, d’emballage et de tri », ajoute-t-il.

Le programme IHYAE soutient également l’entrepreneuriat dans les services agricoles, en aidant les entrepreneurs en herbe à miser sur les activités agricoles et para-agricoles. Les centres régionaux de jeunes entrepreneurs agricoles (CRJEA) y jouent un rôle central. « Ce volet a pour but de faire émerger des entrepreneurs agricoles et para-agricoles car il y a un besoin au niveau des services en amont, comme la vente des intrants, ou en aval, à l’image des services de taille des arbres fruitiers ou des systèmes d’irrigation », avance M. Dani.

Par ailleurs, dans les établissements de formation professionnelle, des améliorations sont apportées au cursus et des rénovations ont été lancées pour assurer de meilleures conditions d’accueil, notamment pour les étudiantes. « Dans la région de Souss-Massa, les établissements de formation professionnelle agricole de Oulad Teima et Tiznit bénéficient d’un appui au réaménagement des internats », conclut notre interlocuteur.

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L’amandier, une autre filière qui trinque à cause de la sécheresse

La stratégie agricole Génération Green mise sur les filières éco-responsables, dont l’amandier. Toutefois, la deuxième plus importante culture arboricole du pays par sa superficie (derrière l’olivier), n’est pas épargnée par la pénurie d’eau, en particulier dans les zones montagneuses. 

La superficie totale consacrée à la culture de l’amandier au Maroc est d’environ 230.000 hectares, générant une production supérieure à 170.000 tonnes d’amandes non décortiquées, selon les données de la FAO (2022). Ces chiffres positionnent le Maroc au 5e rang mondial des producteurs, derrière les États-Unis (1,8 million T), l’Australie (360.228 T), l’Espagne (245.990 T) et la Turquie (190.000 T). 

La production d’amandes au Maroc est dominée par les petites exploitations de moins de 1 hectare, représentant 80% des exploitations d’amandiers, y compris les variétés locales connues sous le nom de « Beldi ». Ces variétés commencent généralement leur floraison au début du mois de février et nécessitent au moins 400 mm de précipitations annuelles pour garantir une production dans les vergers traditionnels situés en zones montagneuses.

Les plantations modernes d’amandiers se trouvent principalement dans les provinces de Fès, Meknès, Béni Mellal, Azilal, Marrakech, Safi et Essaouira. Selon la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès, la région (environ 100.000 hectares) a produit 93.835 tonnes d’amandes en 2023.

Les amandiers de la région Fès-Meknès relativement épargnés

Dans ce bassin de production, l’amandier continue de faire preuve d’une grande résilience. « Cet arbre est capable de résister à la sécheresse grâce à son système racinaire en pivot (une racine principale profonde qui s’enfonce verticalement dans le sol, permettant à l’arbre d’accéder à l’eau en profondeur et de s’ancrer solidement, ndlr) », explique Mustapha Mrhari à Médias24.

Le chef de division des filières de production agricole à la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès souligne également que la résistance de cette espèce fruitière varie « en fonction de son emplacement, notamment si l’amandier se trouve sur un versant exposé au soleil. Le type de sol a aussi son importance ».

« Les zones bour sont généralement plus touchées par la sécheresse, reprend-il, mais dans la région de Fès-Meknès, les précipitations ont été favorables cette année, avec une moyenne de 300 mm, certaines zones ayant même reçu jusqu’à 500 mm. Par conséquent, les amandiers de la région ont été relativement épargnés par les effets de la sécheresse ». 

Bien qu’il soit sensible aux gelées de fin d’hiver, l’amandier montre une bonne adaptation au froid hivernal. Cette capacité à s’acclimater aux conditions pédoclimatiques variées explique sa présence sur les flancs de montagnes, notamment dans la province d’Azilal. Cependant, comme les oliviers, les amandiers sont confrontés à la raréfaction des ressources hydriques, ce qui a eu un impact significatif lors de la floraison. 

Le rendement en baisse

La sécheresse peut en effet réduire la croissance des amandiers et diminuer le rendement des récoltes en limitant la disponibilité de l’eau nécessaire à leur développement. La région de l’Oriental, qui est la deuxième plus grande zone de production d’amande du Royaume, subit également des vagues de sécheresse successives. Ces conditions climatiques difficiles ont un impact notable sur les amandiers depuis quelques années.

Un article publié l’année dernière dans la revue « GéoMaghreb », rédigé par le Laboratoire de dynamique des milieux arides de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Mohammed Ier, à Oujda, dresse un bilan du Projet de développement de la filière de l’amandier dans la région de l’Oriental (PROFAO).

Initié par la précédente stratégie agricole nationale, le Plan Maroc Vert, le PROFAO a bénéficié à 2.631 agriculteurs. Des vergers d’amandiers d’une superficie totale de 6.000 ha ont été plantés et 3 grandes unités de valorisation ont été mises en place, avec une capacité de concassage de 700 à 1.000 kg/h.

Néanmoins, le contexte hydro-climatique défavorable a eu un effet considérable sur les amandiers plantés. Le rendement des arbres du projet a fluctué entre 0,3 et 9 kg par arbre, n’atteignant pas l’objectif d’une moyenne de 2 kg par arbre. Dès lors, l’amélioration des techniques d’irrigation est une nécessité pour minimiser l’impact de la sécheresse sur les cultures d’amandiers.

En outre, l’Institut national de recherche agronomique (INRA) recommande la sélection d’un porte-greffe autochtone d’amandier performant, capable de tolérer la sécheresse et de produire des rendements intéressants en culture pluviale. Le porte-greffe désigne la partie d’un arbre, dans ce cas de figure un amandier, sur laquelle une autre variété d’amandier est greffée. Ainsi, le porte-greffe aide à faire pousser d’autres amandiers de manière plus efficace et productive, en fournissant un soutien racinaire essentiel à la partie greffée.

https://medias24.com/2024/06/25/conjoncture-amere-pour-les-producteurs-damandes-douces/

Dans les régions oléicoles, la sécheresse persistante menace la survie des oliveraies

Les six années de sécheresse consécutives mettent à rude épreuve les oliviers dans les différents bassins de production. En dépit des mesures mises en place pour réduire l’impact des conditions climatiques défavorables sur la principale culture fruitière du pays, la rareté des précipitations et des ressources en eau pour l’irrigation laisse présager une baisse de la production.

« Cette année, la floraison ne s’est pas déroulée dans de bonnes conditions en raison de la sécheresse et du manque de journées froides. Puis en été, la chaleur et le chergui ont fait tomber les fruits », affirme à Médias24 Rachid Benali, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive).

C’est notamment le cas dans les régions de Fès-Meknès (389.000 ha) et de Marrakech-Safi (192.000 ha). Même constat dans les zones oléicoles de Béni Mellal-Khénifra, où les oliviers s’étendent sur une superficie de 102.500 ha. « De nombreux oliviers n’ont pas donné de fruits cette année. Il s’agit d’un mécanisme de survie actionné par l’arbre », confirme la Direction régionale de l’agriculture (DRA) de Béni Mellal-Khénifra.

Ci-dessus, les principales régions oélicoles au Maroc. Le tonnage est celui de la campagne 2019-2020, une année inférieure à la moyenne.

Les différentes actions entreprises par le ministère de l’Agriculture visent principalement à préserver les arbres. « Les irrigations à partir des lâchers d’eau des barrages servent uniquement à sauver les plantations », souligne Rachid Benali. Dans la province de Béni Mellal, « quatre lâchers d’eau ont été effectués cette année pour soutenir l’arboriculture, y compris les oliviers. Ces irrigations visent à aider les oliviers productifs mais surtout à garder en vie les arbres qui n’ont pas fleuri cette année« , précise la DRA de Béni Mellal-Khénifra.

En début d’année, la dotation agricole pour l’ensemble des filières à partir des barrages relevant du bassin hydraulique d’Oum Errabia était estimée à 56 millions de mètres cubes, selon la même source. Dans le détail, cette dotation se répartit ainsi :

– Barrage Bin El Ouidane : 40 millions de mètres cubes ;

– Barrage Ahmed El Hansali : 16 millions de mètres cubes.

Une aide précieuse, mais insuffisante. En cause, le tarissement des ressources en eau dans ce bassin en raison d’une sécheresse persistante. D’ailleurs, selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau, le taux de remplissage des barrages relevant du bassin hydraulique d’Oum Errabia dépasse à peine 4 % (217,2 Mm3). Les ressources des nappes phréatiques ont également chuté drastiquement ces dernières années à cause de la surexploitation. 

De fait, la production risque d’être en deçà des attentes. « Au cours des six dernières années, la production a chuté de 60 % par rapport à une année normale, passant de 220.000 tonnes à environ 100.000 tonnes. Si la sécheresse persiste, la production baissera encore, » déplore la DRA de Béni Mellal-Khénifra.

Toutefois, des précipitations en septembre et octobre pourraient limiter ce recul. « Dans le cas où des précipitations et des orages surviennent en septembre et en octobre, cela pourrait aider à obtenir une meilleure production que celle attendue, » poursuit la même source.

L’eau dessalée attendue avec impatience

Un scénario optimiste espéré avec fébrilité par les agriculteurs « qui se trouvent actuellement dans une situation catastrophique », regrette Rachid Benali, également à la tête de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER). Pour notre interlocuteur, la hausse des prix redoutée est en réalité une bouffée d’oxygène pour les exploitants agricoles.

« Une augmentation de 20 dirhams du prix de l’huile d’olive ne sera pas dramatique pour le citoyen marocain, qui consomme en moyenne 4 litres par an. Mais il faut penser à sauver l’agriculteur, car il est en train de disparaître, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour l’avenir de la filière », prévient notre interlocuteur, en faisant allusion à la perte d’attrait de ce secteur aux yeux des jeunes.

En attendant des années pluvieuses, le dessalement de l’eau de mer pourrait sauver non seulement les oliviers, mais aussi les agriculteurs qui en vivent. Les millions de mètres cubes qui seront produits annuellement par les différentes stations de dessalement qui verront le jour dans les années à venir, permettront de redynamiser directement ou indirectement les bassins de production oléicole.

« Le dessalement au niveau de l’Oriental servira à une irrigation directe des oliviers. La grande station en construction à Nador, avec une capacité de 350 millions de mètres cubes annuellement, permettra d’irriguer les oliviers de Berkane, Nador et de toutes les régions environnantes », assure Rachid Benali. 

Concernant la station de dessalement de Casablanca, elle sera quant à elle indirectement bénéfique aux zones de production de la région de Béni Mellal-Khénifra.

« Ces dernières années, les difficultés d’approvisionnement en eau potable à Casablanca ont été notamment résolues grâce aux ressources en provenance du Bassin hydraulique d’Oum Errabia. Cette eau est normalement réservée à l’irrigation dans la région de Béni Mellal. Si la station de dessalement de Casablanca avait été opérationnelle, ces ressources auraient permis d’irriguer les zones agricoles de Béni Mellal, » conclut notre interlocuteur.

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Le Conseil régional de l’Oriental adopte des conventions de partenariat pour dynamiser le secteur touristique

Lors de cette session, présidée par le président du Conseil régional de l’Oriental, Mohamed Bouarourou, en présence du wali de l’Oriental, gouverneur de la préfecture Oujda-Angad, Mouad Jamaï, il a été procédé à l’approbation du projet de contrat de mise en œuvre de la feuille de route touristique de l’Oriental.

Ce projet vise à activer les programmes stratégiques régionaux et à organiser les produits touristiques selon neuf chaînes thématiques sur le tourisme balnéaire, les villes, les excursions, l’océan, le tourisme dans le désert, les oasis, les phares culturels et le tourisme d’affaires, en plus de cinq chaînes horizontales sur la valorisation et la préservation du patrimoine immatériel.

Les membres du Conseil ont également approuvé des projets de conventions de partenariat portant sur la création et l’activation d’un mécanisme de soutien à l’investissement et aux micro, petites et moyennes entreprises touristiques dans la région de l’Oriental, pour un montant estimé à 80 millions de DH, ainsi qu’un mécanisme de soutien à l’investissement pour la construction d’unités d’hébergement touristique classées, d’installations et de nouveaux équipements sportifs dans la station touristique de Saïdia, pour un montant de 200 MDH.

Il s’agit également de l’approbation du projet de statuts de la société de développement touristique « Achark Tourisme » ainsi que du projet de convention de partenariat pour la valorisation de la station touristique de Saïdia et des médinas d’Oujda, Figuig et Debdou (Taourirt).

Au cours de cette session, les membres du Conseil ont également examiné et approuvé quatre projets de conventions de partenariat relatifs à la mise en œuvre de programmes d’appui aux activités génératrices de revenus pour les femmes en situation difficile et les personnes handicapées dans les provinces de Guercif, Taourirt, Berkane et Figuig, ainsi que le projet d’annexe d’amendement à un accord de partenariat relatif au projet de protection de la ville de Sidi Slimane Ech-charaa (province de Berkane) contre les inondations.

L’annexe d’une convention de partenariat pour le financement de la finalisation d’un projet de relogement des habitants du bassin de Tarka Oumadi dans la province de Guercif a également été étudiée et approuvée, ainsi qu’un projet de convention pour la réhabilitation de la station d’épuration de l’abattoir régional de Berkane, la mise à niveau de ses canaux d’eaux usées et la création de nouvelles filières de valorisation des sous-produits.

Dans une déclaration à la presse, le vice-président du Conseil régional de l’Oriental, Alaeddine Berkaoui, a souligné l’importance de ces conventions pour la promotion du secteur touristique dans la région, notamment en soutenant les petites, moyennes et micro entreprises touristiques, ainsi que la construction d’unités d’hébergement touristique et l’attention portée au tourisme de montagne, côtier et culturel.

(Avec MAP)

En parallèle aux SRM, l’Etat met en place la société de développement des services publics de distribution

Une nouvelle structure entre en jeu dans la réforme en cours du secteur de la distribution de l’eau et de l’électricité et de l’assainissement.

Il s’agit de la Société de développement des services publics de distribution. Elle a été créée en mai dernier, dotée d’un capital de 10 millions de DH, avec pour siège la région de Casablanca-Settat.

Ce qui est intéressant à noter pour le cas de cette nouvelle entreprise, c’est qu’elle a pour actionnaires  les quatre groupements des collectivités territoriales concernés par la première phase de création de leurs Sociétés régionales multiservices (SRM), ainsi que l’Etat marocain. Il s’agit ainsi du :

– Groupement des collectivités territoriales de « la région de l’Oriental pour la distribution », avec 12.000 actions ;

– Groupement des collectivités territoriales « Souss-Massa pour la distribution », avec 12.000 actions ;

– Groupement des collectivités territoriales « Marrakech-Safi pour la distribution », avec 12.000 actions ;

– Groupement des collectivités territoriales « Casablanca-Settat pour la distribution », avec 12.000 actions ;

– L’Etat marocain, avec 52.000 actions.

Quel rôle va-t-elle jouer ? Dans son objet social, on peut lire : « les prestations relatives à la gestion des services publics de distribution ».

Mais selon nos informations, elle sera dédiée à la gestion des dettes héritées du transfert des actifs de l’Office nationale de l’électricité et de l’eau (ONEE) et peut-être aussi des dettes des autres acteurs de la distribution aux différentes SRM. Elle se chargera de la réalisation de l’opération de transfert, de paiement et de liquidation des dettes de l’ONEE.

A Casa-Settat, une convention-cadre relative à la mise en œuvre de la stratégie de transfert des dettes du secteur de distribution a été adoptée précédemment par le groupement.

Cette opération sera par ailleurs dupliquée dans les autres régions du Royaume, qui procèderont également à la création de leurs propres SRM.

L’objectif étant d’avoir une procédure unifiée dans tout le royaume, mais aussi pour que les créanciers nationaux ou internationaux disposent d’un seul interlocuteur.

Composition du Conseil d’administration

Le conseil d’administration de la Société de développement des services publics de distribution est présidé par Belkbir Hamza, Gouverneur, directeur des Finances des Collectivités Territoriales. Il est constitué de :

– El Habti Mustapha ; Gouverneur, directeur des réseaux publics locaux

– Ahmed El Mahmoudi, représentant le groupement des collectivités territoriales de la région de l’Oriental pour la distribution ;

– Mohamed El Mouden, représentant le groupement des collectivités territoriales de Souss-Massa pour la distribution ;

– Tarik Hnich, représentant le groupement des collectivités territoriales de Marrakech-Safi pour la distribution ;

– Nabil Rmili, représentant le groupement des collectivités territoriales de Casablanca-Settat pour la distribution  ;

– Mustapha Loudini ;

– Mohamed Rifki ;

– Elarbi El Azzouzi.

Report de la session de juillet du conseil régional de l’Oriental jusqu’à l’élection d’un président

Lors de la séance d’ouverture de cette réunion, qui s’est déroulée en présence du wali de la région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda, Mouad Jamaï, il a été procédé à l’approbation, à l’unanimité des membres présents, de la proposition du report de l’ensemble des points à l’ordre à la prochaine session, qui sera convoquée par le président élu en compagnie des membres de son nouveau bureau.

La wilaya de la région de l’Oriental avait annoncé l’ouverture des candidatures (27 juin-1er juillet), pour l’élection du nouveau président de la région, à la suite de la vacance du poste.

Le président de la session ordinaire du conseil pour le mois de juillet, Mohamed Moknif, a indiqué que la conjoncture que vit la région « nécessite la mobilisation des efforts pour traverser cette phase délicate avec succès, et ce, en faisant preuve de sérieux et de responsabilité et en érigeant l’intérêt supérieur de la région en base de l’action du conseil ».

Figuraient à l’ordre de cette session l’examen et l’approbation de plusieurs projets de conventions de partenariat touchant à différents domaines.

Il s’agit notamment du projet de contrat d’exécution de la feuille de route touristique de la région, et des projets d’amendement des conventions de partenariat portant sur le développement de la station touristique de Saïdia et des médinas d’Oujda, Figuig et Debdou, outre la création et l’activation d’un mécanisme de soutien aux investissements et aux petites, moyennes et très petites entreprises touristiques de la région, et le développement d’un outil de soutien aux investissements pour réaliser de nouvelles unités hôtelières, infrastructures et équipements sportifs.

(Avec MAP)

Figuig. Pérégrination dans le clair-obscur des ksours de l’Oriental

Médias24 : La ville-oasis de Figuig est célèbre pour ces sept ksours, encore habités. Pourquoi ils bénéficient d’une telle notoriété, aussi bien au niveau local qu’international ? 

Youssef Zaki : Les ksours de Figuig suscitent un vif intét en raison de leur caractère unique et historique, incarnant un précieux patrimoine culturel et architectural de la région. Leur préservation et leur utilisation continue permettent aux visiteurs de vivre une immersion authentique dans la vie et la culture locales, faisant ainsi des ksours de Figuig de véritables trésors du patrimoine marocain à explorer et à savourer.

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Les ksours de Figuig représentent un héritage architectural et culturel précieux, témoignant de l’ingéniosité et de la créativité des habitants de la région

Youssef Zaki, président du CRT de l’Oriental.

 

Quelles sont les principales spécificités architecturales des ksours de Figuig ? 

Les ksours de Figuig présentent une architecture remarquable, mettant en avant plusieurs spécificités distinctives. Construits en utilisant la technique traditionnelle du pisé, ces ksours offrent solidité et durabilité avec des matériaux locaux. Leurs murs fortifiés assurent une protection contre les éléments et les invasions, tandis que leur disposition compacte favorise la convivialité et la sécurité au sein de la communauté. Les terrasses offrent des espaces de rassemblement, tandis que les tours de guet permettent de surveiller les environs. Ornées de décorations traditionnelles, les façades ajoutent une touche esthétique distinctive à ces structures. En somme, les ksours de Figuig représentent un héritage architectural et culturel précieux, témoignant de l’ingéniosité et de la créativité des habitants de la région dans la construction de leurs habitats traditionnels.

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Trois ksours incontournables à explorer lors d’un voyage à Figuig : Ksar Tizimi, Ksar Maadid et Ksar Zenaga.

Lever du soleil sur la vallée de palmiers dans l’oasis de Figuig.

 

Quel est votre top 3 des ksours qu’un visiteur en voyage à Figuig doit absolument explorer? 

Trois ksours incontournables à explorer lors d’un voyage à Figuig : Ksar Tizimi, Ksar Maadid et Ksar Zenaga. Situé au cœur de la ville, Ksar Tizimi offre une immersion dans l’architecture en pisé traditionnel et abrite des sites historiques. Ksar Maadid, niché au pied des montagnes, séduit par son cadre verdoyant et son architecture préservée. Quant à Ksar Zenaga, célèbre pour ses murs fortifiés et ses tours imposantes, il offre une plongée dans l’histoire avec ses sites historiques et permet des rencontres authentiques avec les habitants locaux. Ces trois ksours offrent une expérience immersive dans l’histoire et la culture de Figuig, avec leurs architectures uniques, leurs sites historiques et leurs vues spectaculaires.

La Palmeraie et le centre urbain de Figuig vers 1912. « Sur les confins du Maroc, d’Oujda à Figuig ». Gravure M. L. Rousselet. Librairie Hachette.

 

Au-delà des ksours, Figuig c’est aussi pas moins de 26 oasis. En hauteur, elle est un océan de palmiers verdoyants. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la richesse paysagère de Figuig ainsi que sur son climat et sa géologie très particuliers ? 

Absolument. Figuig se démarque par sa riche diversité paysagère, notamment avec ses 26 oasis de palmiers. Ces oasis, alimentées par des sources d’eau souterraines, offrent un contraste verdoyant au milieu du désert, abritant une variété de cultures et de faune locale tout en étant essentielles à la préservation de l’écosystème régional.

Le climat désertique chaud de Figuig, avec ses étés torrides et ses hivers doux, favorise la formation et la préservation des oasis, tandis que les précipitations rares, concentrées principalement pendant les mois d’hiver, contribuent à leur vitalité. La géographie unique de Figuig, marquée par des formations rocheuses anciennes, des montagnes et des plateaux, enrichit le paysage et abrite des sources d’eau souterraines associées à des formations géologiques spécifiques. En résumé, Figuig offre un paysage singulier où se mêlent désert, oasis luxuriantes et formations géologiques fascinantes, créant un équilibre délicat mais durable qui soutient la vie végétale et animale locale.

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Les 26 oasis offrent un contraste verdoyant au milieu du désert, abritant une variété de cultures et de faune locale      

Construits en utilisant la technique traditionnelle du pisé, les ksours de Figuig offrent solidité et durabilité avec des matériaux locaux.

 

L’oasis de Figuig se démarque par ailleurs par ses jardins étagés qui sont le terreau de culture d’arbres fruitiers, céréales, plantes fourragères. Qu’est-ce que cela nous dit sur le savoir traditionnel des ksouriens et leur capacité à s’adapter à un milieu désertique ?

La présence de jardins étagés dans l’oasis de Figuig témoigne, en effet, de la remarquable capacité des ksouriens à s’adapter à un environnement désertique en utilisant leur savoir traditionnel. Cette technique agricole ancestrale, qui consiste à cultiver des cultures variées sur des terrasses successives, illustre leur profonde compréhension du terrain et des ressources en eau locales. Leur ingéniosité dans l’utilisation efficace de l’eau disponible et leur capacité à créer des microclimats favorables démontrent leur adaptabilité et leur résilience face aux défis environnementaux. En combinant leur savoir-faire traditionnel avec des méthodes d’irrigation innovantes, les ksouriens ont réussi à établir un écosystème agricole durable et productif dans un milieu désertique, soulignant ainsi leur remarquable capacité à prospérer dans des conditions difficiles.

Le système d’irrigation ingénieux des habitants est basé sur les foggaras, qui fait acheminer l’eau jusqu’aux palmeraies. Pourquoi est-il nécessaire de préserver aujourd’hui ce patrimoine culturel inédit ? 

La préservation du système d’irrigation des foggaras et du patrimoine culturel associé revêt une importance capitale pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il témoigne de l’ingéniosité des générations passées dans l’exploitation des ressources en eau dans des environnements arides, préservant ainsi une part importante de l’histoire et de la culture locales.

De plus, les foggaras sont essentiels pour l’irrigation des cultures dans les oasis, contribuant à maintenir la fertilité des terres agricoles et assurant la sécurité alimentaire des communautés locales. Cette préservation est également liée à la sauvegarde de la biodiversité locale, les oasis abritant souvent des écosystèmes fragiles. Enfin, le système des foggaras offre un exemple de développement durable et de gestion des ressources naturelles, inspirant les solutions aux défis contemporains liés à la gestion de l’eau dans les zones arides et renforçant la résilience des communautés face aux changements climatiques.

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L’accueil chaleureux des locaux reflète la tradition d’hospitalité de la région, offrant aux visiteurs une immersion sans pareille dans la culture et le patrimoine vivant de Figuig

Sentier au milieu de palmiers dans la ville-oasis de Figuig.

 

Qu’est-ce qu’un classement de Figuig sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco apportera in fine à cette oasis ? 

Ce classement apportera de nombreux avantages à cette oasis. Tout d’abord, il assurera une reconnaissance mondiale de sa valeur exceptionnelle en tant que site culturel et naturel unique, potentiellement stimulant pour le tourisme et favorisant le développement économique local. De plus, ce classement encouragera la préservation et la conservation du patrimoine de l’oasis, garantissant ainsi sa pérennité pour les générations futures. Enfin, cela ouvrira la voie à des programmes de coopération internationale et de financement pour soutenir le développement socio-économique et environnemental de la région, contribuant ainsi au bien-être des communautés locales et à la préservation de leur mode de vie traditionnel.

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La présence de jardins étagés dans l’oasis de Figuig témoigne de la remarquable capacité des ksouriens à s’adapter à un environnement désertique en utilisant leur savoir traditionnel    

Gravure ancienne représentant les murs de Ksar Ouled Slimane au début du XXe siècle à Figuig.

 

Comment décririez-vous les habitants de Figuig en quelques mots ?

Les habitants de Figuig incarnent la richesse et la profondeur de l’histoire locale, ainsi que les valeurs d’économie, de patience, de courage, de générosité et d’amour-propre. Leur accueil chaleureux reflète la tradition d’hospitalité de la région, offrant aux visiteurs une immersion sans pareille dans la culture et le patrimoine vivant de Figuig.

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Quels sont pour vous les cinq lieux incontournables à visiter à Figuig ? 

Explorez l’essence de Figuig à travers cinq destinations emblématiques. Tout d’abord, plongez dans l’histoire en explorant les ksours traditionnels comme Ksar Tizimi, Ksar Maadid et Ksar Zenaga, où l’architecture en pisé et les ruelles étroites vous transportent dans le passé. Ensuite, découvrez les oasis de palmiers, véritables joyaux de verdure où les jardins étagés révèlent le talent ancestral des habitants pour la culture des plantes et des arbres fruitiers. Poursuivez votre exploration en vous détendant dans les sources d’eau chaude naturelles, telles qu’El Maader et Ain Chaaïr, offrant des moments de bien-être et de relaxation au cœur de la nature. Ne manquez pas de visiter la majestueuse palmeraie de Ziz, avec ses vastes étendues de palmiers dattiers, offrant des paysages époustouflants à admirer. Enfin, imprégnez-vous de l’atmosphère du vieux quartier de Figuig, où les ruelles pittoresques, les souks animés et les monuments historiques comme la Grande Mosquée et la Zaouia vous plongent dans la culture et l’histoire riches de la région. Ces cinq lieux offrent une expérience immersive et inoubliable dans la culture, l’histoire et la nature exceptionnelles de Figuig.

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Vue sur les palmiers dans un Ksar à Figuig.

 

Qu’est-ce que vous imaginez comme propositions pour développer Figuig comme destination touristique de choix ?

Pour faire de Figuig une destination touristique attrayante, plusieurs mesures sont nécessaires. Tout d’abord, il faut mettre en valeur ses atouts uniques tels que ses ksours traditionnels, ses oasis luxuriantes et son riche patrimoine culturel. Des campagnes de promotion ciblées peuvent sensibiliser les voyageurs à ces aspects authentiques de Figuig.

De plus, le développement des infrastructures touristiques comme les hébergements de qualité, les restaurants proposant une cuisine locale et les activités culturelles et de plein air est essentiel pour offrir une expérience complète aux visiteurs. La création de circuits touristiques permettant de découvrir les différentes facettes de Figuig, ainsi que des initiatives de préservation de l’environnement et de développement durable, contribueront également à attirer les touristes en quête de destinations authentiques et préservées.

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Figuig, gravure ancienne vers 1912. Un cavalier près de Jbel Arja.

L’embouchure de la Moulouya. Escapade méditerranéenne entre eaux turquoise et flamants roses

On peut compter sur les doigts d’une main les destinations touristiques qui peuvent offrir à leurs visiteurs des plages méditerranéennes aux eaux turquoise et à seulement quelques kilomètres, des sites naturels où paradent de flamboyants flamants roses. L’Oriental tient le haut du pavé sur ce registre avec sa station balnéaire de Saïdia juxtaposant l’embouchure de la Moulouya.

Il est en effet « rare de trouver au Maroc une station balnéaire très fréquentée par les estivants, comme c’est le cas de la plage de Saïdia, et qui soit aussi proche d’un site naturel de l’importance de l’embouchure de la Moulouya », confirme Imad Cherkaoui, ornithologue et auteur de plusieurs études sur les systèmes écologiques. « C’est bénéfique dans le sens où cette zone humide peut être promue comme site à double attraction : balnéaire et écotouristique », poursuit-il. Ce qui est juste.

Car Saïdia offre aujourd’hui à ses visiteurs une station balnéaire qui ne déçoit pas : plusieurs hôtels classés, deux golfs de 18 trous chacun, un aquaparc pouvant accueillir jusqu’à 2.000 personnes par jour, une marina à trois bassins avec 800 anneaux d’accostage, un centre commercial… Et juste à côté, l’embouchure de la Moulouya, une aire protégée, constituant la plus importante Zone humide de la Méditerranée marocaine. Ce site naturel « forme la plus grande rivière méditerranéenne du Maghreb et le plus grand complexe estuarien méditerranéen au Maghreb », précise d’ailleurs notre interlocuteur.

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Entre vallées, montagnes et gouffres

Pour Imad Cherkaoui, également professeur à l’Université Ibn Tofail de Kénitra, « l’embouchure de la Moulouya représente une attractivité ornithologique incontournable pour les birdwatchers, les naturalistes et les voyageurs. L’aspect paysager et la proximité de la plage de Saïdia, les îles Chaffarinas, le village Cap-de-l’Eau [appelé aussi Ras El Mas, ndlr] et les massifs de Beni Snassen peuvent être exploités pour développer des sentiers de visite combinant plages, zones humides, forêts, agrosystèmes, etc ».

D’ailleurs, les touristes inscrivent bien souvent à leur agenda des escapades dans l’arrière-pays. Car, rappelons-le, au-delà de la station balnéaire de Saïdia, l’arrière-pays de l’Oriental vaut aussi le détour. Entre vallées, montagnes, forêts, grottes, oasis et autres plages cachées, la région d’Oujda offre une immersion dans des paysages hétéroclites. Cette richesse paysagère permet d’ailleurs d’explorer cet Oriental en y pratiquant diverses activités sportives et de loisirs : randonnées pédestres, cyclisme, circuits en âne, etc. Promis : il y en a pour tous les goûts.

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Les portes ouvertes sur la nature

Et si vous vous interrogez sur la meilleure période pour visiter l’embouchure de la Moulouya, la réponse ne décevra personne : c’est toute l’année. Chaque période donne à voir des espèces différentes. Imad Cherkaoui a néanmoins une préférence pour « la période hivernale et printanière [qui], qui restent les meilleures périodes pour voir le maximum d’espèces d’oiseaux puisqu’on peut observer aussi bien les espèces sédentaires que les migrateurs » (voir la vidéo).

Un poste de Birdwatching à l’embouchure de la Moulouya.

 

En été, l’avantage serait plutôt de s’offrir une baignade dans les plages de Saïdia et d’avoir le temps, par la suite, de visiter ce site naturel exceptionnel. Autre bon point ? L’embouchure de la Moulouya est un site ouvert au public. Imad Cherkaoui nous conseille néanmoins de « visiter le site en empruntant les pistes balisées et aménagées à cet effet. Ces pistes mènent vers les huttes d’observation d’oiseaux ». Mais attention, met en garde l’ornithologue, « sortir de ces pistes peut s’avérer néfaste pour les oiseaux nicheurs, surtout au moment de la reproduction, une période où les oiseaux deviennent très vulnérables au dérangement ». Solliciter ainsi l’assistance d’un guide professionnel est très important pour ne pas perturber les écosystèmes naturels en place. Des associations locales organisent régulièrement des visites guidées thématiques de ce site, ciblant petits et grands.

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Une grande biodiversité

Il faut savoir que plus de la moitié des espèces d’oiseaux que l’on trouve dans le Royaume peut être observée dans cette partie du pays. L’embouchure de la Moulouya est un site de nidification de plusieurs espèces rares, non seulement au Maroc mais dans toute la région méditerranéenne. On peut citer notamment le Héron pourpré, le Busard cendré, le Butor étoilé, la Sarcelle marbrée, le Râle aquatique, l’Avocette élégante, le Chevalier gambette, etc.

Le clou du spectacle de ce site reste sans conteste le flamant rose, une espèce observable toute l’année. « C’est d’ailleurs la même espèce qui visite le Parc de Khenifiss et les autres zones humides du Royaume », nous apprend Imad Cherkaoui.

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L’embouchure de la Moulouya est aussi un site côtier (voir carte ci-dessous) qui se caractérise par une grande diversité d’habitats. Il couvre ainsi cinq systèmes : marin, estuarien, fluvial, palustre et lacustre. Il comporte un habitat dunaire côtier et quelques milieux artificiels. Pour résumer, la faune est constituée d’oiseaux nicheurs dont 208 espèces identifiées ainsi que 24 espèces de mammifères et 23 espèces d’herpétofaunes (amphibiens et reptiles).

Ce site d’intérêt biologique et écologique correspond à un complexe estuarien d’environ 4.500 hectares couvert de sansouïres (un écosystème présent en bord de lagune ou d’étang salé), de roselières, de dunes et de forêts de tamarix.

Carte de l’embouchure de la Moulouya. Source : RSIS-Ramsar

 

« Le cordon dunaire et le cortège végétal qui y poussent jouent un rôle très important dans la protection du littoral contre l’érosion océanique et la dérive continentale qui se sont accentuées ces dernières années suite aux effets du changement climatique, la remontée des niveaux d’eaux océaniques et l’urbanisation de l’embouchure. Ainsi, la protection et la restauration écologique de ce cordon sont très importantes », tient à souligner le spécialiste des systèmes écologiques.

Le site de l’embouchure de la Moulouya est d’ailleurs classé Ramsar (zone humide d’importance internationale). Ce classement justifie son importance nationale et internationale au vu de la grande biodiversité du site. « Il accueille plusieurs espèces de faune et de flore remarquables, rares et endémiques telles que Limonium cymuliferum (plantes), le barbeau de la Moulouya, Barbus moulouyensis (poisson) et beaucoup d’oiseaux menacés comme le Butor étoilé, le Sarcelle marbrée, le Goéland d’Audouin, etc. », précise l’ornithologue. Autant de raisons de conserver ce site exceptionnel dans son état de nature, dont seule la région de l’Oriental a le secret.

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